samedi, juin 18, 2011
Communicants de DSK : ce sont bien des enfoirés
«Gilles Finchelstein, Ramzi Khiroun ou Anne Hommel, les trois mousquetaires de la communication de DSK, ont refusé de faire le voyage pour afficher publiquement leur soutien à leur ancien poulain».
Ce sont bien des enfoirés : les rats quittent le navire, ils abandonnent l'homme qui a fait leur carrière, qu'ils nous présentaient il y a quelques semaines encore comme le sauveur de la France et dont ils espéraient places et prébendes en cas de victoire.
Rien d'étonnant : «communicant» est un euphémisme pour «menteur professionnel», puisqu'ils ont fait de la tromperie sur les hommes et les choses leur métier. On n'est donc pas surpris que la morale, la gratitude et la décence ne fassent pas partie de leurs habitudes.
Il est dommage qu'on donne à ces escrocs par profession tant de pouvoir.
Sortir du bio !
********************
Sortir du bio !
A la suite de la catastrophe de Basse-Saxe, créons, sur le modèle admirable de Sortir du nucléaire, une association intitulée : "Sortir du bio". Les raisons d'y adhérer, amis écologistes, sont fortes et nombreuses.
Tout d'abord, le bio tue. La fameuse bactérie ECEH, sortie des serres de Gärtnerof a déjà fait plus de trente victimes. Cette catastrophe est d'autant plus significative – et inquiétante – qu'elle survient en Allemagne. L'Allemagne est l'un des pays les plus prudents du monde (qui prévoit jusqu'au cas d'un tsunami en Bavière), connu pour sa propreté méticuleuse, et le pays où les Verts sont le plus étroitement associés au pouvoir.
La vérité est que le bio foule aux pieds le principe de précaution : personne ne peut démontrer que les produits bio sont toujours et en tous lieux absolument sans danger pour l'homme et, ce qui est plus grave encore, pour la nature. A Gärnerof, ils sont fabriqués dans des serres chauffées au gaz ou au charbon qui rejettent de grandes quantités de CO2, notre ennemi no1. Il faut donc les interdire en France, comme on vient d'interdire l'exploitation des gaz de schiste.
Ensuite, le bio coûte cher. Toutes les études le montrent, les produits bio sont vendus à un prix environ 30 % plus élevé que les produits agricoles ordinaires. Leur achat signe et signale l'appartenance aux couches supérieures de la société. De plus, ces produits sont souvent fabriqués et vendus par des groupes capitalistes qui réalisent des profits et paient des dividendes injustifiés. Le bio s'appuie ainsi sur les structures de classe, et les renforce. Il est proprement réactionnaire. C'est une autre bonne raison de le mettre hors-la-loi.
Troisièmement, le bio affame les peuples déshérités. Les denrées bio produites et consommées en Europe se substituent souvent à des denrées agricoles importées d'Afrique, d'Amérique latine, d'Asie. Plus les bourgeois européens consomment de produits bio, moins les paysans pauvres du tiers-monde produisent et vendent. L'achat de produits bio casse donc leur maigre gagne-pain, les enfonce dans la misère. Il creuse encore le fossé causé par le FMI et l'impérialisme américain entre peuples du Nord et peuples du Sud. Tous ceux qui s'indignent avec Stephane Hessel de ce fossé et qui militent pour le combler voudront avec nous sortir du bio.
Rejoignez notre association. Si vous venez assez nombreux, je pourrai me salarier en tant que président, me présenter à une primaire écologiste, me porter candidat à l'élection présidentielle, et faire ainsi enfin sortir la France, puis l'Europe, du bio – en même temps que du nucléaire.
Rémy Prud'homme, professeur des universités
********************
La deuxième raison pour laquelle j'ai publié cet article est que son ironie permet de critiquer à la fois l'association Sortir du nucléaire, qu'il parodie, et les sectateurs du bio. Or, 90 % des commentateurs du Monde ont ignoré, malgré un premier paragraphe explicite, cette dimension parodique. Pas vous, cher lecteur, n'est-ce pas ?
Le sacré et la bien-pensance
L'arme ultime contre la bien-pensance, c'est le sacré. Le sacré est ce qui mérite qu'on y sacrifie sa vie : Dieu, la patrie, la famille.
En effet, l'homme réduit à des droits sans devoirs, l'homme obsédé par son ego, l'homme des droits-de-l'hommistes, est privé de sa dimension sacrée. Tout ce qui lui rend sa dimension sacrée est une épine dans le flanc de la bien-pensance, c'est pourquoi le salut viendra de ceux dont la vocation est le sacrifice (pas nécessairement de la vie) : militaires, prêtres, enseignants de banlieue difficile, policiers dans la rue ...
Les années à venir vont être intéressantes.
vendredi, juin 17, 2011
Mariage homosexuel : la campagne 2012, ça troue le cul
Ceux, dont je suis, qui pensaient que la campagne présidentielle de 2012 serait navrante baignaient dans un optimisme béat. A ce niveau de ridicule, il va devenir difficile de trouver des mots.
Aujourd'hui, il semble que le maraige homosexuel mérite d'être débattu. Allons toujours plus loin dans la bêtise et acceptons de débattre de cette mesure nihiliste (1) ... Très peu pour moi.
Finalement, il y a de la cohérence dans tout cela : une parodie de démocratie pratique une parodie de débat au sujet d'une parodie de mariage.
***************
(1) : on pourrait finir par aboutir à ce résultat ironique : à force de dépouiller le mariage civil de tout sacré et de le rendre grotesque, on fera du mariage religieux le seul qui ait une valeur.
Quelques nouvelles des présidentielles
François Hollande : il m'est sympathique mais il perdra les élections, comme Martine Aubry. Il est trop prisonnier du politiquement correct.
Le peuple déteste le politiquement correct (même Terra Nova, lobby strauss-kahnien, l'admet). La gauche politiquement correct gagne les élections où le peuple ne se déplace pas pour voter et perd celles où il se déplace pour voter, c'est-à-dire les présidentielles. Seule Ségolène Royal l'a compris, d'où son iconoclasme vis-à-vis du politiquement correct. C'est l'analyse d'E. Zemmour depuis logtemps. Je la partage.
Nicolas Sarkozy : lui aussi est prisonnier du politiquement correct, un peu en paroles, beaucoup en action. Aucune des mesurettes qu'il a prises n'est à la hauteur des enjeux justement parce qu'il a eu peur d'attaquer de front et en actes le politiquement correct. Se faisant, il a trahi sa promesse de rupture. Il ne pourra une deuxième fois nous faire le coup de «j'ai changé».
Les Verts : leur culture groupusculaire les aide à infiltrer les medias. En revanche, elle les désavantage dès qu'il sagit de s'oragniser : mettez trois Verts dans une pièce, et vous aurez deux scissions et trois ou quatre haines bien recuites.
En 2012, tout se jouera au premier tour. Si Sarkozy parvient au deuxième tour, il est élu. S'il n'y parvient pas, c'est le candidat de gauche qui est élu.
Le «vote utile», chantage de l'oligarchie
Bien, entendu, cette pratique favorise à outrance les deux gros partis, qui sont les véhicules de l'oligarchie.
Il faut avoir le courage de reconnaitre que la différence entre les deux est trop faible, pour que la détestation de l'un oblige à voter pour l'autre.
Si je ne vote pas Sarkozy, Aubry passera. Et alors ? Puisque les deux sont à mes yeux quasiment équivalents, est-ce bien nécessaire d'en faire un fromage ?
Mieux vaut briser le cercle vicieux de la fausse alternance pratiquée par l'oligarchie depuis quarante ans, soit en s'abstenant, soit en votant à l'extrême.
La sécurité routière, vecteur de la guerre idéologique
La sécurité routière, vecteur de la guerre idéologique
jeudi, juin 16, 2011
La philo dès la seconde, et pourquoi pas l'orthographe, pendant qu'on y est ?
Vraiment, il n'y a plus rien à tirer de l'éducation nazionale : elle tourne systématiquement le dos à tout ce qui pourrait ressembler à un début de tentative de velléité d'assumer sa mission.
Elle est devenue l'«entertainer» numéro un. Entre la sortie pédagogique dans un squat de rappers et la classe
mercredi, juin 15, 2011
L'oligarchie au pouvoir (Y. Blot)
Je résume le propos de l'ouvrage :
> nous vivons en oligarchie. La démocratie n'est qu'une façade trompeuse. Y. Blot se fonde sur des sondages, des études ou des réalités objectives, comme le «revote» sur le traité constitutionnel européen. L'oligarchie elle-même avoue son refus de la démocratie quand elle fait du populisme l'insulte suprême.
> l'oligarchie a besoin pour régner d'hommes déshumanisés, consommateurs interchangeables. En effet, l'homme vivant dans l'instant, réduit à ses seuls rôles de producteur et de consommateur est incapable de révolte, puisqu'il n'est pas : l'Etre humain s'inscrit dans le temps et c'est précisément ce que lui refuse la plongée permanente dans l'immédiateté. (La télévision joue un rôle essentiel dans cette déshumanisation, c'est de moi, pas de Blot).
> L'oligarchie vise donc à éliminer tout ce qui fait l'Etre particulier de chaque homme : racines, culture, sexe, famille, mode de vie, traditions, religion, race, histoire, langue etc.
> C'est pourquoi l'oligarchie est immigrationniste (destruction des races et des racines), laïciste (destruction des religions), anti-militariste (destruction du sacrifice), libertaire (destruction de la famille et des sexes), pédagogiste (destruction de la transmission de la langue et de l'histoire) etc.
D'une manière générale, l'oligarchie s'oppose à tout ce qui se tient droit, à tout ce qui résiste au désir immédiat. On comprend alors mieux son obsession de la dépénénalisation du cannabis ou du «mariage» homosexuel.
> Ce n'est pas l'effet d'un complot (quoique, sur ce point, je suis moins affirmatif qu'Y. Blot), mais d'une vision du monde partagée, le Gestell, qui voit en l'homme une matière première, une ressource humaine.
> mais «partout croit le danger, croit le remède». En effet, le Gestsell ne survit que parce qu'il est indolore : ceux qui en souffrent ne comprennent pas la source de leur mal. Or, parmi ceux qui sont le plus atteints de ses effets, certains sentent plus ou moins clairement d'où vient leur souffrance, les victimes de l'immigration, de la délinquance, du déracinement. Ils ne sont pas toujours conscients : par exemple, je reçois la lettre de UFAL (Union des Familles Laïques) d'obédience communiste. Ces gens comprenent les maux de l'école mais n'en détectent la source que dans un prétendu libéralisme, ce qui est à coté de la plaque.
Les victimes du Gestell ne sont pas encore organisées, l'oligarchie y veille, mais d'elles viendront les futurs héros, ceux qui auront compris et se dresseront.
> l'idéal est la Suisse, ou mieux encore, le Liechtenstein : un prince incarnant la permanence, la continuité historique, et une démocratie directe dessaisissant l'oligarchie. Yvan Blot s'amuse à faire la liste des articles de la déclaration des droits de l'homme bafoués par notre consititution et qui permettraient de fonder une démocratie directe. Plus sur ce sujet dans le prochain livre.
Je vous conseille cette lecture fort instructive, car elle donne un structure cohérente, théorique et philosophique à ce que beaucoup d'entre nous ressentent.
Liberté d'opinion et lois de censure : les processus de régression de la pensée juridique française
Liberté d'opinion et lois de censure : les processus de régression de la pensée juridique française
Un mot : j'entendais Maxime le fox terrier répliquer à Eric Zemmour qui se plaignait de la censure du politiquement correct que la parole était plus libre aujourd'hui qu'avant les années 70.
C'est absolument faux : la parole de gauche, libertaire et destructrice de l'ordre, est peut-être plus libre (et encore je n'en suis pas sûr) mais la parole dans l'ensemble est plus restreinte. L'éventail de ce qu'on peut dire est beaucoup plus étroit. La censure de fait commence au centre droit (par exemple, réactions aux propos de Wauquiez sur l'assistanat) et la censure juridique au conservatisme.
Une preuve ? Vous pouvez le faire vous-même. Relisez ou regardez les oeuvres de naguère et comptez les prétextes à procès aujourd'hui.
Jean Raspail en a trouvé une cinquantaine dans Le camp des saints. Mais sans aller dans les ouvrages polémiques, j'en ai vu deux dans les Tontons flingueurs, film grand public et bon enfant de 1963.
La fin de l'Euro : un entretien de JJ Rosa dans le Figaro
INTERVIEW - Faillite en Irlande, mouvements de rue en Grèce et en Espagne, inquiétude en France: l'euro s'est révélé un fardeau intolérable pour nombre d'économies européennes, estime l'économiste Jean-Jacques Rosa, qui recommande une dévaluation de la monnaie unique et un retour au franc.
LE FIGARO. - Peut-on dire que la France est en partie malade de l'euro?
Jean-Jacques ROSA. - Oui, car vous ne pouvez pas appliquer la même politique monétaire, c'est-à-dire le même taux de change et le même taux d'intérêt, à des économies dont les trajectoires et les structures sont différentes. Notre économie n'évolue pas de la même façon que celle de la Grèce ou de l'Allemagne: les taux d'inflation divergent, les phases conjoncturelles ne coïncident pas, et il n'y a pas de taux de change idéal et unique, globalement applicable.
Le taux de change détermine vos exportations et vos importations, il est lui-même lié aux taux d'intérêt, et si vous n'avez pas le bon change par rapport aux conditions de votre économie, cela pénalise votre croissance. Tel est le point fondamental. La monnaie unique est un fiasco pour les économies nationales qu'elle a privées d'un amortisseur de crise essentiel dans les remous de la grande récession. Les eurosceptiques ont donc eu raison sur toute la ligne en cernant les nuisances à venir de la monnaie unique, mais la victoire de la raison a quelque chose d'amer.
Déplorez-vous qu'une politique d'intégration de l'Europe n'ait pas précédé sa construction économique ?
La politique peut corriger les inconvénients d'une même monnaie appliquée à des économies différentes. Aux Etats-Unis, par exemple, où le Massachusetts ne fonctionne pas comme le Texas, l'appareil étatique fédéral et l'impôt fédéral font que, lorsque le Texas est en plein boom, les rentrées fiscales provenant de cet Etat permettent de subventionner le Massachusetts qui est en récession. Les Etats-Unis peuvent donc supporter une monnaie commune qui, idéalement, ne convient pas à la fois au Texas et au Massachusetts, mais les transferts fiscaux permettent d'amortir le choc. Nous n'avons pas cela en Europe.
Faut-il des Etats-Unis d'Europe? C'était l'objectif des fédéralistes, mais une telle construction n'est pas possible pour des raisons de fond. Les Etats-Unis se sont constitués au XIXe siècle, dans un contexte d'impérialisme et d'extension territoriale des nations. Un siècle et demi plus tard, et particulièrement depuis la révolution de l'information des années 1970-1980, nous observons l'exacte tendance inverse. L'Empire soviétique a éclaté. Les nations se fragmentent, on l'a vu en Europe de l'Est, et les nations qui ne comportent que quelques millions d'habitants sont le plus souvent prospères. Ainsi des pays nordiques, de la Suisse, du Canada ou de la Nouvelle-Zélande. Grâce à l'ouverture des marchés mondiaux et à la révolution de l'information, au lieu d'être un handicap, la petite dimension est devenue un avantage. Et les plus petits pays sont nécessairement plus ouverts au commerce extérieur. Dans un monde de libre circulation, même si elle vient d'un tout petit pays, une entreprise peut se développer et vendre sur tous les marchés de forts volumes à faible coût.
Une Europe fédérale aboutirait donc, selon vous, à une régression ?
Regardez l'Histoire: après la Première Guerre mondiale, dans une économie où les marchés étaient fragmentés et le protectionnisme de règle, le calcul économique consistait à dire: puisqu'il n'y a plus d'accès à un marché mondial, nous devons avoir notre grand marché impérial. Telles ont été les politiques de la Grande-Bretagne et de la France. Ces temps-là sont révolus. Il vaut mieux vendre partout dans le monde plutôt que de se limiter à un sous-ensemble régional.
À qui profite l'euro ?
Je me suis posé cette question dès l'écriture de L'Erreur européenne, en 1998, alors que la monnaie unique n'était encore qu'à l'état de projet. C'était un tel contresens économique! Pourquoi tous ces gens de gouvernement, fort intelligents, ont-ils choisi de s'engouffrer dans cette nasse? Il s'agissait à l'époque d'obliger les Européens réticents à construire un super-Etat, par l'artifice technique de l'union monétaire qui les contraindrait tôt ou tard à accepter aussi l'union budgétaire, et donc un Etat fédéral. Certains milieux patronaux ne sont pas demeurés en reste. L'euro a été soutenu de bout en bout par une coalition de dirigeants politiques, d'élites administratives, de responsables du grand patronat, parce que toutes nos industries européennes sont le plus souvent cartellisées.
L'intérêt d'un cartel est de fixer les prix ensemble, pour supprimer ainsi la concurrence, hausser les tarifs et dégager des profits plus importants. Le mouvement, élargi à l'Europe, est clair: un cartel national fonctionnera sans grand problème dans un espace fermé, sous la houlette d'autorités professionnelles adéquates. Mais dès que l'on ouvre les frontières, on se trouve aux prises avec des concurrents qui ne jouent pas le même jeu. D'où la tentation de reconstituer un cartel dans une zone plus large, avec ces nouveaux concurrents. Se pose alors le problème du contrôle des prix convenus. Si le taux de change bouge chaque jour, la tâche devient complexe. Il faut renégocier en permanence, alors que si vous supprimez les variations de change, tout redevient simple, comme à l'intérieur d'une seule économie nationale. La volonté de reconstituer le cartel industriel au niveau européen fonde la volonté de supprimer toute variation de change. Les Etats, finalement, considérés comme des entreprises, sont dans la même situation...
Cette simplification que vous reconnaissez n'a-t-elle pas des aspects positifs ?
Cela dépend pour qui ! Positifs assurément pour les cartels qui augmenteront leurs profits, mais certainement pas pour tous les autres joueurs: les cartels font monter les prix et contractent les volumes de production aux dépens des citoyens et des consommateurs. «Les gens d'une même profession, observe Adam Smith dans La Richesse des nations,ne se rencontrent que rarement, même pour s'amuser ou se distraire, sans que leur conversation n'aboutisse à quelque collusion au détriment du public...»
Manière élégante de faire du populisme...
Mais il arrive que le populisme ait raison. Il peut certes devenir outrancier et préconiser de fausses solutions, mais il reste qu'en démocratie écouter le peuple est le principe fondamental.
Le peuple va-t-il pour autant réclamer la suppression de l'euro ?
Je ne le pense pas dans l'immédiat, parce qu'il faut d'abord comprendre qu'une très large part de nos difficultés provient de cette erreur économique majeure, ce qui nécessite une assez bonne connaissance des mécanismes monétaires. Mais il n'est pas nécessaire d'être un expert pour sentir que quelque chose ne va pas et comprendre que nous faisons fausse route.
Que répondez-vous aux économistes qui voient dans l'abandon de l'euro une porte ouverte sur l'apocalypse ?
L'Etat et les entreprises ayant des dettes libellées en euros détenues à l'étranger, sortir de la monnaie unique et dévaluer le nouveau franc soutiendrait l'activité mais majorerait le poids de cette dette, exprimée désormais en francs. Les charges des contribuables et des entreprises en seraient alourdies, ce qui, en sens inverse, ralentirait la croissance. On pourrait alors envisager de ne rembourser ces dettes que pour partie (un défaut partiel de paiement), mais alors les créanciers internationaux ne nous feraient plus confiance, d'où difficulté accrue de trouver du crédit à l'étranger. Les taux d'intérêt augmenteraient, ce qui pénaliserait les finances publiques et l'activité des entreprises.
Tels sont les principaux arguments des tenants de la monnaie unique. À cela deux réponses: en abaissant le coût de nos produits à l'étranger, la dévaluation stimulera la croissance, et nous donnera par conséquent davantage de moyens pour le service de la dette.
La seconde réponse est conditionnelle: dévaluer l'euro préalablement à l'instauration d'un nouveau franc nous procurera tous les avantages de la dévaluation, mais sans majorer la dette extérieure. En effet, il ne sera plus nécessaire de dévaluer le nouveau franc après la sortie de l'euro, puisque la dépréciation de ce dernier aura déjà reconstitué notre compétitivité. Il n'y aura donc pas de nécessité de dévaluer le franc proprement dit, ni par conséquent de majoration de la dette extérieure.
La solution est là: dévaluer la monnaie unique pour en sortir ensuite sans dommages. Ce n'est nullement une utopie. Aujourd'hui, l'euro vaut à peu près 1,42 dollar. Lorsqu'il a été créé, c'était à parité: un dollar contre un euro. Il est même tombé à un moment à 0,85. Abaisser son prix en dollars n'est donc pas impossible à réaliser.
Comment expliquez-vous alors le dogme si souvent réitéré d'une monnaie forte ?
À quoi sert une monnaie forte sinon à abaisser le coût des emprunts à l'étranger? Avec une monnaie forte, les prêteurs se disent qu'ils ne seront pas volés au moment du remboursement, si bien qu'ils n'exigent pas de taux d'intérêt élevés. En revanche, avec une monnaie faible, les prêteurs exigeront des taux majorés pour compenser par avance une éventuelle perte de capital. La conclusion à en tirer est qu'une monnaie unique et forte est une redoutable machine à emprunter parce qu'elle abaisse le coût de l'emprunt. Le cas espagnol illustre parfaitement l'aspect pervers de cette facilité. Avec 6% d'inflation environ dans le pays et un taux d'intérêt fixé par la BCE à 2%, les ménages et investisseurs locaux empruntent au taux réel de -4%. D'où une frénésie d'investissement immobilier qui a provoqué un déséquilibre complet de l'activité nationale et de la position patrimoniale des emprunteurs. Ils sont allés beaucoup trop loin, puisqu'ils étaient subventionnés pour emprunter...
Globalement, au niveau européen, il ne faut pas non plus se cacher que ces facilités de financement ont exonéré certains gouvernements des efforts nécessaires en termes de réformes structurelles et de réduction des dépenses. Au lieu d'imposer une libéralisation de l'économie, l'euro a encouragé le statu quo et a paralysé les réformes véritables.
La France peut-elle concrètement retourner à une monnaie nationale ?
Tous les pays issus du démembrement de l'URSS l'ont fait. Du rouble, ils sont passés à des monnaies nationales. Dans les années 1990, après la scission de la République tchèque et de la Slovaquie, j'ai posé la question au président tchèque Vaclav Klaus de la difficulté de créer ainsi sa propre monnaie. Il m'a répondu en exactement deux mots: «Une semaine»... En une génération, une soixantaine de pays sont sortis d'une union monétaire. Aussi, lorsqu'on nous présente cette proposition comme une sorte d'horrible et exceptionnel fantasme, il faut bien prendre conscience qu'elle n'a rien que de très banal. Aujourd'hui, la monnaie est essentiellement scripturale, concrètement, des comptes en banque. Du jour au lendemain vous décrétez que votre compte de 3000 euros est désormais de 3000 francs...
À quoi correspondra exactement cette équivalence entre l'euro et le franc ?
Chez le boulanger, la baguette qui était à un euro, passera à un franc - à quoi cela sert-il? A restaurer la compétitivité internationale de nos entreprises. Cela se fera soit après une dévaluation de l'euro, comme je le préconise, avec de réels effets sur les importations, les exportations et la croissance, ou bien après la recréation du franc. Dans ce dernier cas, nous pourrons aussi en profiter pour rétablir notre compétitivité non seulement vis-à-vis des pays tiers, mais aussi vis-à-vis de l'Allemagne. Ce qui ouvrirait enfin de réelles perspectives de retour à une croissance soutenue dans un pays où l'exportation représente un tiers environ de l'acti vité totale. Le résultat de la sortie de l'euro ne peut qu'être positif, tant pour la croissance que pour notre capacité de remboursement de la dette, qui repose au bout du compte sur l'accroissement du revenu national.
Dans votre livre vous posez la question: comment tout cela va-t-il se terminer ?
Mal pour l'euro, j'imagine, mais les configurations potentielles des choix de chacun des 16 partenaires de la zone - entre sortie isolée et maintien dans un groupe restreint - sont trop nombreuses pour que l'on puisse deviner à l'avance le scénario le plus probable. Néanmoins, il y a urgence. L'euro étant surévalué par rapport au dollar, les industries françaises sont pénalisées par rapport à tous les pays dont la monnaie est liée au dollar. Nous sommes aussi surévalués par rapport à l'Allemagne, sans possibilité aucune de correction par le change. Cela fait beaucoup de handicaps pour nos exportateurs et nos industries concurrencées par les importations.
L'urgence n'est-elle pas plus pressante encore pour les PIGS ?
Avec des inflations plus élevées que la nôtre - et surtout que l'allemande -, une compétitivité fortement dégradée, des problèmes aigus de dette, certains de ces pays vont sortir très probablement de la zone euro. Je pense à la Grèce, mais aussi au Portugal, à l'Irlande, et peut-être même l'Espagne.
C'est une prédiction sérieuse ?
Pour les Grecs, assurément. Le pire est le problème du renouvellement de la dette qui arrive à terme. Il leur faudra réemprunter beaucoup entre 2012 et 2014. On multiplie donc les plans de prétendu sauvetage, alors qu'en vérité on alourdit encore leur dette en pourcentage du revenu national. Et les plans d'austérité contractent davantage l'activité écono mique, si bien que le rapport de la dette à la capacité de remboursement augmente au lieu de se réduire. Chaque prêt aggrave leur problème. D'où les réactions de rue à Athènes ou à Madrid. Pour s'en sortir, ils ne pourront que renoncer à rembourser une partie de la dette et dévaluer, c'est-à-dire sortir de l'euro.
Et nous ?
Seuls les pays les moins pénalisés par la monnaie forte pourraient rester dans l'euro: l'Allemagne et ses voisins, les Pays-Bas, l'Autriche. Si les moins bons débiteurs sortent, les marchés internationaux auront davantage confiance dans la monnaie unique. Je doute alors que l'on puisse obtenir une dévaluation importante de l'euro, comme je le souhaite. Or, à supposer que l'euro monte encore, la France devrait alors recourir à une dévaluation majeure qui augmenterait beaucoup sa dette externe. D'où la nécessité d'envisager une rapide sortie. Entre 2012 et 2014, nous allons vivre une phase critique. Si les pays du Sud sortent de la zone euro avant la France, ce sera mauvais pour nous.
Le cartel multinational de l'euro ne durera pas, la guerre de sécession a déjà commencé, dites-vous...
Oui, pour toutes les raisons évoquées précédemment: un ensemble de pays pour lesquels une monnaie unique n'est pas un élément positif peut malgré tout fonctionner s'il dispose d'un Etat central et de finances publiques fédérales, comme aux Etats-Unis. C'est ce qu'avaient en tête les partisans de l'euro qui voulaient construire un super-Etat continental. Malheureusement cette erreur de stratégie, historique, a produit des conséquences économiques désastreuses. On s'est engagé dans la voie conduisant à la centralisation pour s'apercevoir finalement qu'elle était impraticable du fait des disparités entre pays. La guerre de sécession a donc commencé.
Elle n'oppose pas uniquement des Etats entre eux, mais des populations soucieuses de leur niveau de vie, d'une part, et des Trésors publics, grandes banques et grandes entreprises, d'autre part, qui entendent défendre jusqu'au bout leur avantage d'emprunteurs et leurs cartels intra-européens. Cette guerre ne s'arrêtera qu'avec la dissolution de l'euro. Catastrophe économique oblige : le mouvement est amorcé.
mardi, juin 14, 2011
A propos du «mariage» homosexuel
vendredi, juin 10, 2011
Le mystère Battisti
Les 170 jours de Dien Bien Phu (E. Bergot)
Quelques points saillants :
> La France pouvait gagner la bataille : 5 % de l'armée française en Indochine était engagée à Dien Bien Phu contre 60 % de l'armée Viet Minh. Cela laissait de la marge d'initiative au commandement si il avait eu du caractère et de la compétence.
> les soldats français combattaient non pas pour que l'Indochine restât française, personne n'y croyait, mais pour une certaine idée de la liberté. De Lattre a dit que c'était la guerre française la plus altruiste depuis les croisades. Ce n'est pas la liberté qui est entrée à Saigon en 1975.
> les Français de métropole s'en foutaient, sauf les communistes qui sabotaient l'effort de guerre (Jacques Duclos : «faire battre l'armée française partout où elle se trouve»).
> à Dien Bien Phu, 11 721 soldats de l'union française ont été capturés. 3 290 ont été rendus. La France n'a jamais demandé de comptes sur les disparus. Veule indifférence qui préfigure l'abandon des harkis.
Les anciens d'Indo avaient quelques raisons de se sentirent trahis et d'être amers. Ce n'est donc pas étonnant qu'on en retrouvât dans les putschistes d'Algérie.
Je comprends ceux qui considèrent que nos deux guerres coloniales perdues furent le signe du destin que, désormais, nous entrions en décadence. Les volontaires pour Dien Bien Phu, qui ont sauté alors que tout espoir était perdu, l'avaient compris.
..
jeudi, juin 09, 2011
L'Euro est mort, mais les Européistes ne le savent pas encore
L'Euro est mort, mais les Européistes ne le savent pas encore. Ou font semblant de ne pas le savoir.
Le mécanisme mortel est limpide : la Grèce est obligée de dévaluer pour s'en sortir, donc de revenir à la drachme. L'Euro s'évaluant à mesure que les pays-boulets le quittent, le Portugal, puis l'Espagne, puis la France suivent. L'Euro devient la monnaie de la ligue hanséatique moderne.
La seule manière d'échapper à ce mécanisme : réduire la dette grecque, c'est-à-dire donner de l'argent à la Grèce (ou acheter des créances grecques en sachant qu'elles ne seront pas remboursées).
C'est une idée qui peut se défendre économiquement mais en aucun cas politiquement. Justement parce qu'il n'y a pas de peuple européen. On peut demander aux New-Yorkais donner de l'argent aux Californiens, pas aux Allemands de se serrer la ceinture pour les Grecs.
C'est le naufrage de l'européisme, produit de la bien-pensance. La caractéristique principale de la bien-pensance est la négation de la réalité : elle nous explique que les hommes sont des femmes comme les autres, que les races n'existent pas, que tout le monde il est égal, que le mariage n'unit pas un homme et une femme, que l'effort n'est pas la condition de l'instruction, que la nation européenne existe ...
Il fallait bien qu'un jour ou l'autre, la réalité se manifestât sur un point ou sur un autre. Aujourd'hui, c'est sur l'Europe : la nation européenne n'existe pas, le peuple européen n'existe pas.
Cela n'empêche pas l'Europe d'exister, comme entité géographique, historique et culturelle, certainement pas comme entité politique. L'Europe politique est un fantasme de technocrates et de politicards qui rêvent d'étendre ainsi leur pouvoir.
«Si vous êtes contre l'Euro, vous êtes un mauvais Européen.» C'est une escroquerie de confondre l'Europe avec le projet européiste. Montaigne, qui voyagea de France en Italie en passant par l'Allemagne et la Suisse sans recourir à l'Euro, était-il un mauvais Européen ?
En congé de virilité
Roselyne Bachelot propose d'étendre le congé paternité. C'est un petit pas de plus dans le sens, bien engagé, de transformer les hommes en femmes.
Cette volonté soviétique de changer les hommes me paraitrait seulement ridicule :
1) Si je n'étais pas un homme ! Je ne sais pas, je me serais peut-être trouvé bien d'être une femme, mais voilà, je suis un homme et j'estime plus que ridicule, navrant, de faire semblant d'être une femme.
2) Si l'homme n'avait pas des fonctions de défense et d'autorité. Peut-être que dans une société Bisounours idéale, ces fonctions n'auraient pas lieu d'être, et donc la virilité non plus, mais nous vivons dans le vrai monde, où la faiblesse ne suscite pas un surcroît d'applaudissements, mais un surcroît d'agressivité de la part des forts.
Paraît-il que les sexes n'existent plus, il ne resterait que des "genres", échangeables à volonté. Nous sommes plongés en pleine irréalité typique de la bien-pensance actuelle.
Ce qui est marrant, c'est que ce «progrès» est fait pour «la présence du père dans la famille». Encore une fois, la bien-pensance sirupeuse mélange tout, ne comprend rien : ce n'est pas la présence du père dans la famille qui est nécessaire, c'est son action, son exemple et son influence sur l'Èducation, en un mot (mot honni, horrible), son autorité, c'est totalement diffèrent. Ce n'est certainement pas en transformant l'homme en mère-bis qu'on renforcera son autorité.
Il vaut mieux un père travailleur peu présent qu'un père chomeur très présent.
Je crains que le réveil soit fort brutal. Les barbares sont à nos portes, comme de tous temps (certains les ont même déjà franchies), ils ne s'embarrassent pas de congés paternité.
mercredi, juin 08, 2011
La République pour les nuls
La République pour les nuls
Pour moi, la république est un régime politique parmi d'autres, et pas le meilleur.
Pour ceux qui veulent détruire la France en la fondant dans l'Humanité, c'est un moyen de terreur. Dans les urnes, comme le remarque Peli, le front républicain s'oppose au front national : on ne saurait mieux dire que leur république est une arme contre notre nation.
..
Bienvenue dans la société de la peur !
Bienvenue dans la société de la peur !
La chronique d'Yves de Kerdrel (Le Figaro).
Petit résumé, en accéléré, de la semaine passée. L'Allemagne a surpris l'Europe entière en décidant d'arrêter, en dix ans, tous ses réacteurs nucléaires. Un couperet qui est la conséquence de la catastrophe de Fukushima. Puis une étude, attribuée à l'Organisation mondiale de la santé, a établi pour la première fois un lien entre l'usage intensif du téléphone portable et un possible cancer du cerveau. À cela s'est ajoutée une panique irrationnelle qui a amené des millions de consommateurs à fuir les concombres, en raison d'une bactérie présumée tueuse découverte en Allemagne.
Sauf à vivre en ermite, il y avait de quoi se dire, ces derniers jours, que la peur a fini par l'emporter sur la raison. Au point de créer un climat anxiogène, dont nous n'avons pas besoin, dans un monde qui, lui, tourne de plus en plus vite, quelles que soient les peurs et les phobies que l'on nous invente.
Depuis que l'homme se tient debout et qu'il pense, il a conscience que par la connaissance et l'intelligence, il peut dominer les situations les plus difficiles et surmonter les peurs, fussent-elles millénaristes. C'est ce que l'on appelle le mythe de Prométhée, par référence à ce Titan grec qui se rendit sur le char du soleil avec une torche afin de donner le feu aux hommes. Ensuite, il leur enseigna la métallurgie et d'autres arts, c'est-à-dire le savoir, de manière à ce qu'ils puissent se mesurer aux dieux. Le philosophe Gaston Bachelard a parlé du complexe de Prométhée à propos de cette soif de connaissance qui «nous pousse à savoir autant que nos pères, plus que nos pères, autant que nos maîtres, plus que nos maîtres».
Et s'il y a bien un pays où le mythe de Prométhée a amené des générations d'hommes et de femmes à apprendre, à comprendre, à prendre des risques, à inventer et à innover, c'est bien la France. Une France marquée par les philosophes des Lumières et leur fameuse «raison éclairée» qu'importèrent les tout jeunes États-Unis d'Amérique. Une France également marquée par le positivisme. Une France qui a connu le miracle des Trente Glorieuses où se sont trouvés associés le progrès technique et la croissance économique.
«Le phare de la pensée positive»
Cette France, qui était considérée comme «le phare de la pensée positive», est aujourd'hui le seul pays à avoir donné au principe de précaution une valeur constitutionnelle. Faut-il s'étonner dans ces conditions que les «bourgeois-bohèmes» qui rêvent d'un pays sans atome, sans usine et sans voiture, installent progressivement la peur dans les esprits. Pendant qu'à Tokyo, les Japonais font la queue pour acheter les légumes poussant dans la région de Fukushima, nous autres regardons d'un œil torve n'importe quelle rondelle de concombre. Comme Shakespeare faisait dire à Roméo : «C'est de ta peur que j'ai peur.» Tel est aujourd'hui l'état d'esprit qui semble régner dans notre «vieille Europe».
Jamais l'âge moyen des Français, des Allemands, des Suisses ou des Belges n'a été aussi élevé. Il se situe au-delà de 42 ans de l'autre côté du Rhin, plus près de 41 ans de ce côté-ci, comme en Belgique, et autour de 40 ans en Suisse. À l'inverse, il s'établit à 24 ans en Inde, 28 ans au Brésil et 32 ans en Chine. Or ce sont là les trois puissances qui enregistrent aujourd'hui la plus forte croissance économique. Des sociétés aussi jeunes n'ont pas d'autre solution que de prendre des risques pour avoir leur part de la mondialisation. Alors que les pays de la «vieille Europe» préfèrent conserver leurs acquis, leurs rentes et faire de leur pays un musée.
C'est sans doute ce qui justifie que la même semaine où l'institut de l'environnement du Brésil a donné son autorisation à la construction du barrage géant de Belo Monte qui produira, sans pollution, autant d'électricité que trois réacteurs nucléaires, la France fermait définitivement le dossier du gaz de schiste, à l'initiative des parlementaires. Alors que le sous-sol français contient un siècle de consommation nationale en gaz, nous allons garder nos réserves sous nos pieds, préférant dépendre pour nos approvisionnements de la Libye ou de la Russie. Il fut pourtant une époque où la France du général de Gaulle et de Guillaumat était fière d'exploiter le sous-sol de Lacq.
Si cette entrée dans une société de la peur est désolante, ce n'est pas tant parce qu'elle reflète le vieillissement de nos modes de pensée, ou notre manque de confiance dans l'avenir, mais plutôt parce qu'elle est une négation de tout ce que l'intelligence humaine peut réaliser. Et cela intervient, de surcroît, au moment précis où le monde entier bascule dans une société de la connaissance et du savoir. Le pied de nez que nous avons fait à Prométhée, en consacrant le principe de précaution, constitue bien, à la fois, une injure à la raison, une insulte aux savants qui nous ont précédés et un mépris incroyable pour la France dont hériteront nos enfants.
mardi, juin 07, 2011
Un duel Marine - Nathalie ?
NKM m'insupporte, me tape sur les nerfs. Pardonnez la violence de l'expression : c'est une salope. Vous pourrez trouver le propos excessif, mais ma réaction est viscérale. A ce stade de détestation, le ressentiment est nourri par le physique : son allure de BCBG éthérée m'irrite. Mais là n'est pas le fond de mon mépris.
Elle représente tout ce qui me dégoute dans la fausse droite : le moralisme bon marché, l'hypocrisie, la mollesse intellectuelle, l'abdication devant le terrorisme gauchiste, le sacrifice aux totems verts, la démagogie. Les gens du genre NKM sont ce que Philippe Muray appelait les passeurs des idées de gauche, comme il y a des passeurs de drogue. Les idées que la gauche défend ouvertement, eux les rendent tolérables et leur fournissent une légitimité en ne les attaquant pas, en les adoptant à moitié, en se soumettant systématiquement au référentiel moral de la gauche. Quand on partage les valeurs de la gauche, comment peut-on ensuite ne pas en partager les idées ?
Elle ne vaut pas plus qu'une caricature de dame patronnesse.
C'est une bourgeoise bobo, née avec une cuillère en argent dans la bouche, dans une famille qui lui permettait d'être ministre sans à peine lever le petit doigt (ou presque), elle n'a jamais souffert et eu à se battre pour assurer le quotidien. Et elle vient jouer la grande âme, fait part de ses leçons de morale à un petit peuple qui a la trouille, du chômage, de la dépossession, de la déchéance. C'est dégueulasse.
NKM fera une grande carrière, elle a déjà tous les vices des vieux politicards. Elle pourra faire équipe avec son alter ego masculin, François Baroin.
Je ne suis pas sûr qu'un duel NKM-MLP serait passionnant, mais cela la remettrait peut-être en place. En tout cas, ça ne vaudrait pas un autre duel :
Les Petroleuses Brigitte Bardot vs Claudia... par sexe-symbole
lundi, juin 06, 2011
Retour sur l'aveu d'un maire dépassé
Par Ivan Rioufol le 6 juin 2011 10h02
Cette semaine écoulée m'a tenu un peu plus éloigné des médias. Cependant, il me semble que les propos de Stéphane Gatignon, maire Génération écologie de Sevran (Seine-Saint-Denis), réclamant des "Casques bleus" pour "des opérations de maintien de paix" dans sa commune n'ont pas eu la résonance qu'ils méritaient. A ceux qui mettent en garde contre la libanisation progressive de certains quartiers, qualifiés aimablement de "sensibles", cet appel à la militarisation d'espaces publics n'est pas une surprise. Mais il est incroyable que cela vienne d'un élu Vert dont la famille politique, la gauche, ne cesse de dénoncer les fantasmes et l'extrémisme de ceux qui constatent l'extension des isolats ethniques au cœur de la République. Or c'est bien ce phénomène que décrit l'élu dépassé, confronté à des échanges quotidiens de tirs entre bandes rivales ayant pris possession de zones hors-la-loi. Ne serait-il pas temps de s'interroger sur la faillite du vivre-ensemble, quand il ne peut être respecté sans l'aide de la force publique?
La gauche ne peut plus se défiler, si elle veut redevenir crédible. Le repliement communautaire, encouragé par des discours sottement universalistes où tout deviendrait interchangeable (1), va devenir une menace pour l'ordre public. Il est urgent de redonner un contenu à des valeurs jugées dépassées comme la nation, la nationalité, l'Etat, le peuple, le citoyen, la loi souveraine, la frontière : autant de concepts qui, s'ils ont été relativisés par le discours mondialiste convenu, sont restés proches de la société civile, qui entend bien préserver son harmonie, sa culture, son mode de vie. C'est chez elle, cette France oubliée, que se trouvent les véritables Indignés. Ils ont peu à voir avec le prêchi-prêcha moralisateur et auto-satisfait de Stéphane Hessel. Ils ne sont pas, non plus, des électeurs acquis, loin de là, à Marine Le Pen. Répondre à cette France exaspérée n'est pas flatter le FN, comme aimeraient le faire croire ceux qui, à droite comme à gauche, voudraient maintenir la tête dans le sable.
Dominique de Villepin a raison quand il s'adresse ainsi à son "Cher Nicolas", sur son nouveau blog : "L'état de stupeur et de sidération dans lequel s'enfonce la France m'inquiète, et je ne vous entends pas". Ce constat est fait ici depuis longtemps. Lui-même a été un des acteurs des Trente calamiteuses. Cependant, quand l'ancien premier ministre conseille au chef de l'Etat de "retourner dans le pays pour mesurer les attentes et affronter courageusement les déceptions", il pourrait s'appliquer également ce conseil, en ne privilégiant plus seulement la France des cités ( "la France des quartiers", dit-il) et ses votes. Villepin comprendrait également que les électeurs rebelles, qui rejettent les hommes politiques et les partis qui se sont tant trompés, ne veulent plus d'égos surdimensionnés, de mots creux et de ces envolées lyriques qui restent son talent suranné.
(1) Lire à ce propos l'analyse qu'en fait Yvan Blot, à partir du concept du Gestell développé par Martin Heidegger ( L'oligarchie au pouvoir, Editions Economica)
Je participerai, ce lundi, à On refait le monde, sur RTL (19h10-20h)
Je participerai, mardi, à Choisissez votre camp, sur LCI (10h-11h)
Dernière heure: je participerai, ce lundi, à C dans l'air, sur l'affaire DSK (France 5, 17h50-19h)
