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dimanche, novembre 07, 2010

Fair game



Un film comme les aime Hollywood : un couple d'Américains seul contre les méchants washingtoniens. C'est d'autant plus attirant que Valerie Plame n'est pas un laideron.

Dans le genre, c'est un assez bon film.

Sur le fond, ça me permet de revenir sur la guerre d'Irak.

J'étais férocement pour, basé sur trois arguments :

1) L'argument colonial (appelons les choses par leur nom) : apporter la démocratie aux Irakiens.

2) Le danger des armes de destruction massive.

3) L'avantage stratégique à avoir des troupes occidentales au cœur de la région.

Aujourd'hui :

1) Je rejette l'argument colonial, à la fois parce que je suis beaucoup moins enthousiaste que je l'étais vis-à-vis de la démocratie et parce que chacun doit se démerder chez soi.

2) Les AMD n'existaient pas. Je me suis laissé prendre au même argument que les réchauffistes : parce qu'un danger est immense si il existe, faisons comme si il existait. L'histoire de Valerie Plame est très significative à cet égard : détruire la couverture d'un agent pour l'emporter dans une polémique est non seulement une preuve de cynisme débridé, mais aussi une grave erreur de jugement.

3) La stratégie était mauvaise. Elle a favorisé l'Iran.

Bref, où me suis-je trompé ? En tombant dans le piège classique de toute analyse politique dans notre monde médiatico-émotionnel : les ennemis de mes ennemis sont mes amis. Puisque je n'aimais pas Villepin, je ne pouvais me retrouver à être d'accord avec lui.

Mais il arrive que, dans le monde non-manichéen de la réalité, des gens que je n'aime pas aient raison.

Est-ce que je suis désormais protégé de ce genre d'erreurs par l'expérience ? J'aimerais le croire. Hélas, la pulsion pour prendre parti est si forte que je ne suis pas sûr d'être capable d'y résister.

J'en retire tout de même qu'une «real politik» de long terme doit conserver une part d'honnêteté et d'idéalisme car celui-ci protège du cynisme qui détruit les réputations (bien intangible inestimable) et qu'il n'est souvent qu'un autre nom d'une projection au-delà des avantages immédiats.

Ainsi, il est certes impoli de parler au gouvernement chinois des drôitsdel'homme toutes les trente secondes, mais il me semble que se coucher pour vendre trois Airbus n'est pas très judicieux.

Le juste équilibre ne peut être trouvé qu'en se disant «que voulons nous comme relations avec la Chine dans trente ans ?» Or, nous avons des gouvernements particulièrement inaptes à ce genre de projections . C'est un des inconvénients de la mauvaise démocratie, le gouvernement dictatorial chinois se projette couramment à cinquante ans et plus.