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samedi, juillet 13, 2024

Un p'tit truc en plus

 Comme je dois être un des très rares en France qui n'avaient pas encore vu ce film, je ne vais pas m'éterniser.

Deux braqueurs, père et fils, se réfugient dans une colonie de vacances pour handicapés, afin d'échapper à la police.

C'est bien fait, sans mièvrerie. C'est marrant, on passe un bon moment.

Les fins observateurs auront remarqué la plaque « Simone Veil » à la fin du film. Il est très douteux que ce soit un hommage.

On notera, phénomène désormais habituel, que ce film est boudé par Paris dans les mêmes proportions qu'il est plébiscité par la province (« si l'on examine les chiffres relayés par le site CBO Box-office, les entrées parisiennes du film représentent moins de 10% du total. A la date du 29 mai, les entrées représentaient 345 000 entrées à Paris sur un total de 4,5 millions »). Les Parisiens sont vraiment des connards, des handicapés mentaux dans leur genre, mais ce n'est pas une découverte.

mardi, décembre 12, 2023

Blow Up

 Le chef d'œuvre d'Antonioni. Tout ça, tout ça.

Je me suis fait chier comme un rat mort.

Le symbolisme à deux balles ...

Si vous avez envie de cinéma, voyez autre chose. Il n'y a que les pédants d'ARTE que ça intéresse.

samedi, novembre 04, 2023

Killers of the flower moon


Certains crient au chef d'œuvre, c'est très exagéré mais c'est un bon film avec de bons acteurs. Et qui rappelle que les Etats-Unis sont un pays raciste (comme la France et le Québec ne l'ont jamais été).

lundi, mai 22, 2023

Jeanne du Barry

 Ce qui ne va pas dans ce film :

1) Johnny Depp en Louis XV. Ridicule (Louis XV qui parle français avec un accent ricain !).

2) Maïwenn ne ressemble pas du tout à la du Barry.

3) Les gens d'Eglise forcément méchants (alors que la du Barry était plutôt du parti dévot).

4) Le très dispensable couplet antiraciste.

Mais, pour le reste, c'est plutôt un bon film dans le contexte de 2023.

dimanche, février 12, 2023

Vaincre ou mourir

La gauche hurlait au navet truffé d'erreurs historiques. Comme la gauche est l'incarnation du mensonge, je n'ai pas été surpris que ce film ne soit ni un navet ni faux.

Il est sain, il est juste (ah, la justice, une notion bien oubliée), que le grand massacre de la paysannerie française commencé en 1793 (et achevé en 1918) par la bourgeoisie urbaine ne soit plus ignoré.

Le film n'est pas un navet, mais il manque de souffle et de talent (par exemple, un dialoguiste plus audacieux se serait permis une ou deux pointes d'humour pour jouer sur l'humeur du spectateur), c'est un film très moderne pour des conservateurs ! Le personnage principal est tellement prenant, c'est un héros à l'antique, que cela efface les défauts du film.

Je sais bien que les gauchistes sont incultes, mais c'est Gracchus Babeuf, de la Montagne (l'extrême-gauche de l'époque), qui a inventé le terme « populicide » pour qualifier et dénoncer ce que le gouvernement de la raie-publique faisait aux Vendéens. Il avait le bon goût d'appeler Robespierre « l'exterminateur ».

Je ne veux pas discuter si la politique vendéenne de la Raie-volution est un génocide. Ce débat sémantique détourne de l'essentiel : ce fut horrible et déshonorant.

Il y a fouletitude de différences superficielles mais au fond les « patriotes », comme se baptisaient les exterminateurs, sont les ancêtres de nos « bobos/bourgeois bolchéviques », toujours la bourgeoisie urbaine décadente et exterminatrice (priver les gens d'hydrocarbures et d'électricité nucléaire est plus lent en matière d'extermination que de leur couper la tête, mais plus efficace à terme).

Bref, un film à voir malgré ses défauts.

jeudi, juin 17, 2021

Gigi

 J'aime bien cette comédie musicale de 1958, qui contourne avec habileté la censure sur un sujet scabreux, tiré d'une nouvelle de Colette.

Paris 1900. De riches oisifs s'offrent des poules (Liane de Pougy, Emilllienne d'Aleçon, la belle Otero, etc ...).

Le jeune Gaston Lachaille (Louis Jourdan), héritier d'un empire du sucre, s'ennuie à mourir. Il est entrainé à la débauche, par son oncle Honoré Lachaille (Maurice Chevalier), qui chante pis que pendre du mariage.

Gaston fréquente le petit appartement de Mamita, une ancienne maitresse de son oncle, chez qui il trouve un havre de tranquillité à l'écart de sa vie mondaine. Mamita est la grand-mère de Gigi (Leslie Caron), une jeune fille que Gaston considère comme une enfant, mais que Mamita et sa soeur éduquent dans le but de la transformer en demi-mondaine de haut vol.

Mais Gigi a un caractère entier et ne se prête pas à ces bassesses.

Bien entendu, Gaston finit par découvrir que Gigi est devenue une femme et veut en faire sa maitresse. Mais la fraicheur de Gigi le conquiert et il demande sa main à Mamita.

C'est finement construit et Leslie Caron est splendide.

Et c'est tourné dans le Paris d'avant Delanoë et Hidalgo.

 

 Allez, une photo d'Emilienne d'Alençon :




vendredi, avril 09, 2021

Le seigneur des anneaux (DVD)

 J'ai regardé la trilogie du Seigneur des anneaux en DVD, version longue.

Bof, bof.

Les effets spéciaux sont impressionnants mais ce n'est pas spécialement ce que je recherche dans un film.

Le premier épisode, ça va.

Les deux autres, ça tourne en rond.

C'est toujours le même cirque : des gentils en nette infériorité numérique se font péter la gueule par de très nombreux méchants, qui ont une tête à avoir mangé du poisson vraiment pas frais (je serais Orc, je vérifierais mon congélo. A mon avis, il déconne grave).

Je soupçonne d'ailleurs les Orcs d'avoir très mauvaise haleine (à aucun moment dans le film, on évoque Hollywood chewing-gum chlorophylle).

Puis, la cavalerie arrive in extremis et sauve les gentils. Répétez 3 ou 4 fois et vous avez 10 heures de film.

Bref, je me suis bien fait chier. Surtout dans les 8 dernières heures.

A part un adolescent inculte en quête de sensations faciles (certes, les choses étant ce qu'elles sont, cette description correspond aux 3/4 de la population française), je ne vois pas qui ça peut intéresser.

samedi, octobre 17, 2020

Un sentiment de décapitation (gaslight)

J'aime beaucoup Ingrid Bergman. J'ai plusieurs fois hésité à la demander en mariage.

Dans le film Gaslight (le premier Oscar d'Ingrid Bergman), de 1944, son mari, qui est en réalité un criminel, essaie de la rendre folle en niant ses perceptions. Par exemple, il lui fait des cadeaux qu'il lui vole ensuite pour lui faire croire qu'elle les a égarés. Le KGB et la Stasi faisaient de même avec les dissidents : ils entraient chez eux en leur absence et volaient, ou simplement déplaçaient, des objets.

Le titre du film vient du fait que le mari nie que l'éclairage au gaz diminue alors que c'est lui-même qui le baisse. Ce film a donné en anglais l'expression « gaslighting » pour désigner le comportement manipulateur des pervers narcissiques.

Pas la peine que je fasse beaucoup appel à votre imagination pour comprendre combien le procédé est déstabilisant.

Or c'est exactement ce que font les gouvernements français depuis 40 ans, nier nos perceptions, quand ils nous expliquent que l'immigration est une chance pour la France, que l'islam n'est pas terroriste ou que l'insécurité est juste un sentiment, pas une réalité. C'est, évidemment, au sens propre, nous prendre pour des cons. Mais c'est plus que cela : c'est l'effort de manipulateurs chevronnés pour nous rendre fous et donc vulnérables.

Heureusement, je ne suis pas le seul à le penser, puisqu'Alain Finkielkraut a dit un jour que les gouvernements occidentaux faisaient des efforts pour rendre leurs populations folles.

Soyez en conscients. Soyez conscients que vous n'êtes pas fous mais qu'on essaie de vous rendre fous en niant vos perceptions. Nos gouvernements essaient de nous gaslighter.

Ce touit est si peu parodique :

dimanche, juin 28, 2020

L'ombre de Staline

Film sur l'Holodomor et Gareth Jones, le courageux journaliste qui l'a dénoncé. Aussi, un portrait de Walter Duranty, le journaliste du New York Times corrompu par le gauchisme et qui a menti comme un arracheur de dents pour son idéologie (rien de nouveau sous le soleil).

Puisque le temps des massacres revient (je ne sais pas encore si les noirs vont massacrer les blancs ou l'inverse, mais il y a de ça dans l'air), mieux vaut s'informer.


samedi, mars 21, 2020

Doux, dur et dingue / Ca va cogner

Deux films (1978 et 1980) comme on ne peut plus en faire : pas de noirs, pas d'homosexuels, pas de prêchi-prêcha éocologiste. Rien, mais vraiment rien, de « conscientisé ». Une ode au prolétaire américain mâle blanc, quelle horreur !

Phil Beddoe (Clint Eastwood) est un mécano automobile qui arrondit ses fins de mois en participant à des combats de boxe clandestins à mains nues sur les chantiers. Il vit avec un orang-outang, Clyde, qui s'enfile autant de bières que son maître et a un certain talent pour la destruction des vieilles voitures (et une droite d'enfer).

Phil a aussi quelques problèmes avec sa nana, chanteuse de country.

Bien que (ou « parce que ») descendus par la critique (on s'en serait douté), ces deux films sont très sympas, de bons films de confinement et font partie des plus gros succès du Clint.








mardi, mars 17, 2020

Suzy Delair est morte.

102 ans. Pas mal.

Quand on l'interrogeait sur sa carrière en demi-teinte, elle répondait : « Je n'ai pas du coucher avec les bonnes personnes ».

Fille de bourrelier, royaliste, elle était un peu à la droite de ... après tout le monde. Elle n'a jamais exprimé de regrets du fameux voyage à Berlin en 1942.

Je la préférais à Arletty, je la trouvais moins titi parisien.

mardi, mars 10, 2020

En défense de Woody Allen

J’aime beaucoup à moitié Woody Allen. Je veux dire qu’avec une régularité de métronome, il sort une fois sur deux un bon film. Vous me direz : « Il n’a qu’à tourner moitié moins ». D'accord, mais si c’est la mauvaise moitié ?

Quelques citations de mémoire :

Ne dites pas de mal de la masturbation. C’est l’occasion de faire l’amour avec une personne qu’on aime.

Dieu est mort et moi-même je ne me sens pas très bien.

J’ai lu tout Guerre et paix : il neige et ça parle de Russie.

Chaque fois que j’écoute du Wagner, ça me donne envie d’envahir la Pologne.



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Mémoires de Woody Allen : Quand la censure prépare la fin de l’État de droit

FIGAROVOX/TRIBUNE - Pour Laurent Dandrieu, le refus d’Hachette et d’autres maisons d’édition de publier les mémoires du cinéaste Woody Allen sonne comme une immense injustice. Et illustre un terrifiant recul des libertés face auquel il convient de réagir avant qu’il ne soit trop tard.

Par Laurent Dandrieu Publié hier à 10:48, mis à jour hier à 18:35

Laurent Dandrieu est rédacteur en chef à Valeurs actuelles. Il a notamment publié Woody Allen, portait d’un antimoderne (CNRS Éditions, 2010) et Dictionnaire passionné du cinéma (Éditions de l’homme nouveau, 2013).

Avant toute chose, il convient de rappeler ce qui risque fort d’être oublié, noyé dans la tourmente médiatique: Woody Allen est un immense cinéaste, l’un des plus importants de ces cinquante dernières années. Le réalisateur de Stardust Memories et de La Rose pourpre du Caire, de Match Point et de Blue Jasmine est l’un des plus formidables satiristes de notre modernité tardive, de ses névroses, de son obsession paralysante de l’autoanalyse, de son abrutissement hédoniste, de son culte de la vulgarité, de la façon dont elle piétine allégrement les droits de l’intelligence, de son nivellement par le bas, de la vacuité de son matérialisme, de la façon dont elle a sacrifié l’amour au sexe et à la passion. Le cinéaste d’Annie Hall ou de Hannah et ses sœurs est également un merveilleux apologiste du pouvoir qu’a l’art de soigner les blessures de la vie, et aussi, ce dont bizarrement notre époque obsédée de postures féministes ne semble lui savoir aucun gré, l’un des plus passionnés chantres de la femme, seule voie d’accès possible pour lui à l’infini et «réponse de Dieu à Job» (comme il le dit dans Manhattan), preuve ineffable et sublime que la création n’est pas aussi ratée que ce que l’on peut penser dans les moments de découragement ou de désespoir. Scrutateur hilarant et angoissé du chaos dans lequel se trouve plongé l’homme moderne par son désir de ne plus se soumettre au regard de Dieu, comme cet agnostique l’a magistralement démontré dans Crimes et délits, Woody Allen est un moraliste d’autant plus cruel et pertinent que c’est aussi lui qu’il flagelle à travers l’époque, dont l’homme qu’il est dans la vie réelle partage souvent les errements et les vices.

Woody Allen est un moraliste d’autant plus cruel et pertinent que c’est aussi lui qu’il flagelle à travers l’époque. Car, bien sûr, moraliste, Woody Allen n’en est pas moins un pécheur, avec ses faiblesses et ses indignités. Des faiblesses et des indignités que le manichéisme de l’époque voudrait voir tout occulter, comme si l’homme était assez monstrueux pour effacer l’artiste, pour qu’on doive le réduire au silence. Ses films ne sont plus distribués aux États-Unis, le studio Amazon ayant rompu le contrat qui le liait au cinéaste, et le groupe Hachette, qui avait finalement accepté de publier ses mémoires après que nombre de grands éditeurs américains ont refusé de prendre ce risque, a fait volte-face devant la protestation d’une partie de ses employés et surtout de l’un de ses auteurs vedettes, Ronan Farrow, «tombeur» de Weinstein grâce à ses enquêtes journalistiques et en guerre depuis des années avec son père Woody Allen, dont il est le seul enfant biologique.

Que reproche-t-on à Woody Allen? D’abord d’avoir eu une relation sexuelle avec une jeune femme de 35 ans sa cadette (qu’il a épousée ensuite et qui est toujours sa femme), alors même qu’il était en couple avec la mère de celle-ci, Mia Farrow (contrairement à ce qu’écrivent régulièrement des journalistes peu scrupuleux, Woody Allen a donc épousé la fille adoptive de son ex-compagne, et non pas sa propre fille adoptive, ce qui aurait ajouté à l’immoralité de la chose une illégalité flagrante). C’est évidemment une conduite moralement peu reluisante, voire répugnante ; mais n’étant pas illégale et ayant eu lieu entre adultes consentants, on est en droit de considérer que c’est une affaire qui ne regarde que les personnes concernées, même si elle jette sur l’homme privé Woody Allen une lumière peu flatteuse. Mais l’accusation la plus grave n’est pas celle-là. Elle est née dans la foulée de la séparation particulièrement houleuse, on s’en doute, qui s’est ensuivie entre Woody Allen et Mia Farrow.

Dans cette famille dysfonctionnelle, les choses sont visiblement plus compliquées que ne le voudrait le simplisme de l’époque, qui réclame un coupable - de préférence masculin - et une victime.

C’est en effet en pleine bataille judiciaire pour la garde de leurs enfants, en 1992, que Mia Farrow accuse son ex-compagnon d’attouchements sexuels sur la personne de leur fille adoptive, Dylan, alors âgée de 7 ans. Woody Allen a toujours nié les faits, mettant ces accusations sur le compte de la rancune de Mia Farrow [qui est complètement cinglée, mais ça ne compte pas quand c'est une femme] à son égard. Si Ronan prendra le parti de sa mère contre son père, la presse oublie toujours de signaler qu’un autre fils adoptif de Woody et Mia, Moses Farrow, a pris la défense d’Allen et accusé sa mère d’avoir manipulé sa sœur Dylan «par haine de son père» - Moses a publié sur son blog un témoignage extrêmement circonstancié sur l’affaire où il explique pourquoi, selon lui, l’agression de Woody Allen contre Dylan ne peut pas matériellement avoir eu lieu, mais aussi décrit les mauvais traitements infligés à ses frères et sœurs comme à lui par Mia Farrow.

Après une enquête approfondie, la justice américaine a refusé de poursuivre Woody Allen tout en jugeant sa conduite « inappropriée », les services sociaux de New York ayant conclu à l’inexistence d’abus sexuel sur Dylan. L’affaire se solde par une restriction des droits de visite du cinéaste à l’égard de ses enfants. Depuis la dernière intervention de la justice dans l’affaire, en 1995, aucune accusation supplémentaire n’a été portée contre le cinéaste ; et ce n’est que parce que Dylan et Ronan Farrow ont saisi le contexte de #MeToo pour remettre l’accusation contre leur père en pleine lumière médiatique que celle-ci a ressurgi, sans qu’il y ait le moindre élément nouveau depuis que la justice a classé l’affaire. Il ne s’agit donc pas, en défendant Woody Allen, de prétendre que son talent le placerait au-dessus de la justice. Il s’agit, au contraire, de rappeler qu’être soumis à la justice, c’est aussi bénéficier du droit d’être innocenté ; qu’un artiste a, comme les autres, droit à la protection de la justice et à la présomption d’innocence ; et que la souffrance, la colère et l’indignation ne donnent pas tous les droits et ne placent personne, non plus, au-dessus de la justice.

Chacun est évidemment libre de penser, en ne sachant rien de plus de cette affaire que ce que la justice américaine a eu à en connaître, que celle-ci s’est trompée. Chacun a le droit de penser que la vie privée de Woody Allen est répugnante et que le cinéaste est un salaud. Il n’en reste pas moins que, au regard de la justice, c’est un homme innocent. L’amalgame avec Roman Polanski, condamné par la justice américaine après avoir été accusé de viol sur une enfant de 13 ans et qui a partiellement reconnu les faits, et par ailleurs accusé de viols et agressions sexuelles par plusieurs femmes mineures au moment des faits, est donc tout à fait mensonger. Comme l’a dit Woody Allen dans un entretien donné pour la sortie de son dernier film :

« J’ai été accusé une fois dans ma vie par une personne. Il y a eu une enquête sérieuse menée par deux juges qui ont conclu ensemble que cela n’avait aucun sens. »

Ce qui n’empêche pas, sur les réseaux sociaux, des gens qui ignorent tout de l’affaire de le décrire comme un pédophile en série qui « sodomise des bambins »… Vouloir priver quelqu’un dont la justice a estimé qu’il était innocent du droit de faire entendre sa parole, tandis que ses accusateurs ont toute latitude de continuer à lui reprocher ce qu’il nie avoir commis, n’est pas seulement une injustice flagrante, c’est un effrayant recul de nos libertés. Si on accorde au tribunal de l’opinion publique le droit de décider, sur des critères moraux subjectifs et fluctuants, de qui a le droit ou non de s’exprimer, qui ne voit qu’on met en branle un engrenage qui ne peut que broyer inexorablement, recul après recul, lâcheté commerciale d’éditeur trop prudent après lâcheté commerciale, le droit fondamental à la liberté de parole ? Beaucoup ont réagi au recul d’Hachette par un haussement d’épaule, soit qu’ils affirment que Woody Allen n’a qu’à s’autoéditer, soit qu’ils pensent, par antipathie pour le personnage, que c’est bien fait pour lui. À ces réactions à courte vue, on préfère la lucidité de Stephen King quand il écrit : « La décision d’Hachette de laisser tomber Woody Allen me met très mal à l’aise. Ce n’est pas lui, je me fiche de M. Allen. Ce qui m’inquiète, c’est qui sera muselé la prochaine fois. »

Ronan Farrow a déclaré que la décision initiale d’Hachette de publier Woody Allen témoignait d’un manque « de compassion pour les victimes d’agressions sexuelles ». Mais l’indispensable compassion pour les victimes ne saurait justifier qu’on piétine et la liberté d’expression et la justice, en ignorant le droit des accusés à faire entendre leur point de vue, et plus encore lorsqu’ils ont été blanchis des accusations portées contre eux.

Si l’on ne résiste pas à cette pente, en arrivera-t-on bientôt, dans les procès, à interdire aux accusés de se défendre, au prétexte que leur parole offenserait les victimes ?

C’est bel et bien à ce déni de l’État de droit que la censure dont est victime Woody Allen ouvre la porte.
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lundi, mars 02, 2020

A propos de l'affaire Polanski aux Césars : le naufrage moral de la « grande famille » Thénardier du cinéma français.

En tant que vieux réac de droite, j'ai toujours été opposé à la licence sexuelle soixante-huitarde. Ne me faites pas le sketch de « tu défends un pédophile ».

Dans l'affaire Polanski, plusieurs choses me gênent :

1) Même si Polanski est toujours considéré comme en fuite, la seule affaire dans laquelle il a été impliqué et qui a été jugé est réglée.

2) Je suis contre l'imprescriptibilité, y compris des crimes contre l'humanité. L'homme est faillible et changeant, juger 40 ans et plus après les faits est injuste.

3) La concentration des attaques sur cet homme en particulier est malsaine. On sait tous que certains ministres roses sont des pédophiles notoires qui allaient (vont) faire leurs courses au Maroc. C'est le principe du bouc-émissaire, pas la justice.

4) Le jury populaire, ce n'est vraiment pas mon truc. Même pour nos politiciens que je veux faire fusiller dans les fossés de Vincennes, j'attends un procès dans les règles, alors pour Polanski ... Le lynchage par la foule déchainée (tout le monde sommé d'être unanime sinon lynché aussi), pas mon style.

Et puis, il faut voir qui compose ce tribunal populaire : un cinéaste, c'est un demi-maquereau et une actrice, c'est une demi-pute. Et, dans la plupart de cas, le « demi » est une gentillesse excessive qui devrait être ôtée par souci de la vérité.

Le jury est donc plus que douteux. Ils ont d'ailleurs prouvé qu'ils étaient des minables par leur attitude fuyante. Darroussin écorchant volontairement le nom de Polanski remportant la palme de la bassesse.

Lâches, veules, vindicatifs, incultes aussi, ils ont bonne mine les justiciers.

C'est de la putasserie à l'état brut. On vilipende le vieux mâle blanc, maitre d'hier, et on encense le jeune coloré, maitre de de demain (croient-ils). Mon cul est au vainqueur. On en revient toujours à ça : le cinéma, c'est un milieu de putes.

Alexandre Devecchio : « César, le cinéma victime de la tyrannie des minorités »

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« Si vous gagnez un prix ce soir, ne faites pas un discours politique, vous n’êtes pas bien placé pour donner des leçons à la population. Vous ne connaissez rien au monde réel, (…) donc si vous gagnez, venez prendre votre prix, remerciez Dieu et votre agent et barrez-vous! », lançait l’humoriste britannique, Ricky Gervais, lors de l’ouverture de la cérémonie des Golden Globes en janvier dernier, devant un parterre de stars hollywoodiennes, riant jaune. On aurait aimé qu’un Ricky Gervais français se livre à un pareil dynamitage en règle lors de la 45e cérémonie des César. Hélas, Florence Foresti n’était pas Ricky Gervais.

[…]

Ce fut la bonne surprise d’une soirée pénible à regarder: le palmarès vint contredire les discours. Par leur vote à bulletin secret en faveur de Polanski, mais aussi à travers les trois prix accordés à La Belle Époque, ode nostalgique à la liberté des années 60-70, la majorité des membres de l’Académie ont semblé vouloir résister silencieusement à ce nouveau maccarthysme et signifier que l’art devait l’emporter sur l’idéologie.
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Violences à la gare de Lyon : « Une société multiculturelle est une société de conflits multiples ».

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Les personnes qui ont regardé la soirée des César à la télévision n’ont peut-être pas compris les propos tenus par la comédienne noire Aïssa Maïga: « À chaque fois que je me retrouve comme ça, dans une grande réunion du métier, je ne peux pas m’empêcher de compter le nombre de noirs dans la salle. » Sauf qu’Aïssa Maïga n’était pas «dans une grande réunion du métier», mais à la télévision, devant toute la population française. Comme les Congolais de la gare de Lyon ou les migrants d’Ouistreham, elle a réglé en public un conflit racial, le sien. Aïssa Maïga a tenu à dénoncer la société française et le milieu du cinéma comme outrageusement racistes. Elle n’a pas dit combien de noirs il aurait dû y en avoir dans la salle pour que le secteur professionnel qui est le sien et qui l’emploie et la fait tourner sans discontinuer ne soit pas considéré comme raciste. Il s’est trouvé des gens dans la salle pour applaudir Aïssa Maïga. Les mêmes sans doute qui se sont levés et sont partis quand le film du juif Roman Polanski, J’accuse, a été primé.

Bienvenue dans la société multiculturelle.
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Cérémonie des César: « On a refusé de dire le nom de Roman Polanski, comme si celui-ci n’avait plus le droit d’exister ».

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Comment en est-on arrivé là ? Comment, dans la France de 2020, Florence Foresti peut-elle trouver drôle de dire que J’accuse est « un film sur la pédophilie dans les années 70 » ? Et l’ensemble de l’assistance rire de bon cœur comme à une bonne blague, alors qu’elle est en train, tout simplement, de nier l’importance de l’Affaire Dreyfus ?

J’avoue que cette soirée m’a fait peur et que, quelles que soient les justifications de celles qui ont accusé, souvent à juste raison, des hommes d’avoir eu des comportements honteux, rien n’excuse ces agissements. Rien n’excuse de contester un vote parfaitement démocratique - d’un panel de votants certes particuliers, mais c’est ainsi - de gens qui, à bulletins secrets, ont choisi de nommer « Meilleur Réalisateur » Roman Polanski.

Il y avait vendredi soir, salle Pleyel, comme lauréats des César les plus prestigieux, deux « repris de justice », l’un, Ladj Ly, à qui rien ne fut reproché et qui fut même acclamé, l’autre, Roman Polanski, qui n’a même pas pu venir recevoir son César et dont le nom a été nié. Deux poids, deux mesures.

Le cinéma français va mal. La crise qu’ont déclenchée celles qui en sont à l’origine ne l’entraîne pas dans le bon sens. C’est le moins que l’on puisse dire.
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Olivier Babeau me rejoint sur la critique du cinéma subventionné :

Babeau : Du cinéma étatisé et subventionné... au puritanisme à l’américaine.

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Le cinéma devait être la célébration d’une certaine idée de la France, d’une fierté de ce que nous sommes, il est en passe de se transformer en rite piaculaire au cours duquel, quels que soient les efforts et les progrès réalisés, les coupables désignés sont tenus de faire acte de contrition. L’actrice Rosanna Arquette écrivait dans un tweet: « Je suis désolé, je suis née blanche et privilégiée ; cela me dégoûte. Et je ressens tellement de honte. » Peu nombreux sont ceux qui relèvent les contradictions de ces combattants de la justice sociale : indignations à géométrie variable, censure au nom de la liberté, exclusion au nom de l’inclusion, discrimination au nom de la lutte contre la discrimination... Par un retournement stupéfiant, la dénonciation de « l’essentialisation » dont se rendait coupable la société d’hier (cataloguer des gens en fonction de leur race, de leur sexe, de leur sexualité) se mue en une essentialisation permanente, radicale et revendiquée avec violence. Chaque locuteur est désormais renvoyé à son statut supposé dans l’architecture sociale victimaire. Il doit d’abord déclarer «d’où il parle», annoncer son appartenance à telle ou telle catégorie qui fera de lui une victime patentée ou au contraire un coupable par construction. En fonction de ce classement a priori seront définis précisément les discours que l’on peut tenir, l’attitude que l’on peut avoir.

[…]

Le prochain stade n’est que trop prévisible : l’État, qui tient les cordons de la bourse, va réformer son système pour complaire aux plus enragés. Nous allons bientôt voir fleurir quotas, critères moraux dans les choix des thèmes et commissions de censures. Sombre futur pour les salles obscures.
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Le cinéma français zombie



C'est à vérifier, mais il me semble qu'un rapport de la cour des comptes disait que la moitié des films tournés ne sortent jamais en salle et sont quand même rentables grâce aux subventions. Ca explique bien des choses.

samedi, février 29, 2020

Parlons de l'affaire Polanski

Voici ce qu'en dit la victime. C'est autrement impressionnant et intelligent que le mauvais cinéma (c'est leur spécialité, le mauvais cinéma. Netflix a de belles perspectives) de la vertu outragée des connasses des Césars.



Samantha Geimer: «Personne n'est en droit de dire à une victime ce qu'elle doit pense »

 Temps de lecture : 10 min Peggy Sastre — 28 février 2020 à 8h45 — mis à jour le 28 février 2020 à 9h38

Alors que l'«affaire Polanski» resurgit à l'occasion de la cérémonie des César, Samantha Geimer, violée par le réalisateur en 1977, s'élève contre l'emballement médiatique autour de son histoire

dimanche, février 16, 2020

Breezy

Troisième réalisation de Clint Eastwood, 1973.

Le film n'a pas très bien marché, ce qui prouve que le public n'a pas toujours bon goût. Eastwood pense que le studio a décidé que le film ne marcherait pas et a saboté sa diffusion.

Une jeune hippie, peut-être mineure (le film est ambigu), et un promoteur immobilier à la cinquantaine bien avancé tombent amoureux à Los Angeles.

Eastwood sait installer une atmosphère. Quelques touches réalistes empêchent de tomber dans le romantisme sirupeux. Les deux acteurs sont excellents et font beaucoup pour rendre cette histoire crédible (les couples avec 20 ou 30 ans d'écart entre un vieil homme et une jeune femme sont rares mais pas inconnus, parce qu'ils ne trompent pas la nature, ils peuvent avoir des enfants).

La touche politiquement incorrecte d'Eastwood : alors que d'autres histoires d'amour plus classiques échouent, celle-ci, qui est peut être illégale, fonctionne et se termine bien. Pas de punition divine hollywoodienne d'avoir brisé un tabou.

Les histoires de pédophilie qu'on nous fait en ce moment ajoutent à l'audace de ce film  (par la complexité des sentiments, il montre à quel point les notions d'emprise et de consentement sont idiotes, comme si tout amour n'impliquait pas des formes d'emprise et de consentement).




jeudi, novembre 28, 2019

La gifle

Claude Pinoteau, comme Jean-Paul Rappeneau, était un réalisateur sans talent, apprécié des vedettes parce qu'il ne les bousculait pas. Vaut-il mieux se faire pourrir par Melville et jouer dans un chef d'oeuvre ou tourner un navet confortablement avec Pinoteau ?

Cependant, l'association de Pinoteau avec Jean-Loup Dabadie a produit des scénarios assez fins, dont La gifle est le meilleur (je ne mets pas l'extrait où Ventura gifle Adjani, tout le monde le connaît) :

mercredi, novembre 27, 2019

L'ombre d'un doute

On dit que c'est le film préféré d'Hitchcock. On comprend bien pourquoi : c'est l'un des plus subtils.

Ici, pas de terreur genre Psychose ou Les oiseaux. Et ce n'est pas vraiment une enquête à suspense.

Une jeune adulte (Teresa Wright) découvre petit à petit que son jeune oncle (Joseph Cotten), dont elle est amoureuse, est un tueur de veuves pour l'argent, façon Landru. Parallèlement à cette découverte, elle tombe amoureuse du détective qui enquête sur les disparitions. Ce biseau amoureux, où un amour remplace l'autre, fait la ligne de basse du film.

Les deux acteurs principaux sont excellents : un ton un peu trop enjoué qui se fige, un sourire contredit par un regard de travers ...