J’aime beaucoup à moitié Woody Allen. Je veux dire qu’avec une régularité de métronome, il sort une fois sur deux un bon film. Vous me direz : « Il n’a qu’à tourner moitié moins ». D'accord, mais si c’est la mauvaise moitié ?
Quelques citations de mémoire :
Ne dites pas de mal de la masturbation. C’est l’occasion de faire l’amour avec une personne qu’on aime.
Dieu est mort et moi-même je ne me sens pas très bien.
J’ai lu tout Guerre et paix : il neige et ça parle de Russie.
Chaque fois que j’écoute du Wagner, ça me donne envie d’envahir la Pologne.
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Mémoires de Woody Allen : Quand la censure prépare la fin de l’État de droit
FIGAROVOX/TRIBUNE - Pour Laurent Dandrieu, le refus d’Hachette et d’autres maisons d’édition de publier les mémoires du cinéaste Woody Allen sonne comme une immense injustice. Et illustre un terrifiant recul des libertés face auquel il convient de réagir avant qu’il ne soit trop tard.
Par Laurent Dandrieu
Publié hier à 10:48, mis à jour hier à 18:35
Laurent Dandrieu est rédacteur en chef à Valeurs actuelles. Il a notamment publié Woody Allen, portait d’un antimoderne (CNRS Éditions, 2010) et Dictionnaire passionné du cinéma (Éditions de l’homme nouveau, 2013).
Avant toute chose, il convient de rappeler ce qui risque fort d’être oublié, noyé dans la tourmente médiatique: Woody Allen est un immense cinéaste, l’un des plus importants de ces cinquante dernières années. Le réalisateur de Stardust Memories et de La Rose pourpre du Caire, de Match Point et de Blue Jasmine est l’un des plus formidables satiristes de notre modernité tardive, de ses névroses, de son obsession paralysante de l’autoanalyse, de son abrutissement hédoniste, de son culte de la vulgarité, de la façon dont elle piétine allégrement les droits de l’intelligence, de son nivellement par le bas, de la vacuité de son matérialisme, de la façon dont elle a sacrifié l’amour au sexe et à la passion. Le cinéaste d’Annie Hall ou de Hannah et ses sœurs est également un merveilleux apologiste du pouvoir qu’a l’art de soigner les blessures de la vie, et aussi, ce dont bizarrement notre époque obsédée de postures féministes ne semble lui savoir aucun gré, l’un des plus passionnés chantres de la femme, seule voie d’accès possible pour lui à l’infini et «réponse de Dieu à Job» (comme il le dit dans Manhattan), preuve ineffable et sublime que la création n’est pas aussi ratée que ce que l’on peut penser dans les moments de découragement ou de désespoir. Scrutateur hilarant et angoissé du chaos dans lequel se trouve plongé l’homme moderne par son désir de ne plus se soumettre au regard de Dieu, comme cet agnostique l’a magistralement démontré dans Crimes et délits, Woody Allen est un moraliste d’autant plus cruel et pertinent que c’est aussi lui qu’il flagelle à travers l’époque, dont l’homme qu’il est dans la vie réelle partage souvent les errements et les vices.
Woody Allen est un moraliste d’autant plus cruel et pertinent que c’est aussi lui qu’il flagelle à travers l’époque.
Car, bien sûr, moraliste, Woody Allen n’en est pas moins un pécheur, avec ses faiblesses et ses indignités. Des faiblesses et des indignités que le manichéisme de l’époque voudrait voir tout occulter, comme si l’homme était assez monstrueux pour effacer l’artiste, pour qu’on doive le réduire au silence. Ses films ne sont plus distribués aux États-Unis, le studio Amazon ayant rompu le contrat qui le liait au cinéaste, et le groupe Hachette, qui avait finalement accepté de publier ses mémoires après que nombre de grands éditeurs américains ont refusé de prendre ce risque, a fait volte-face devant la protestation d’une partie de ses employés et surtout de l’un de ses auteurs vedettes, Ronan Farrow, «tombeur» de Weinstein grâce à ses enquêtes journalistiques et en guerre depuis des années avec son père Woody Allen, dont il est le seul enfant biologique.
Que reproche-t-on à Woody Allen? D’abord d’avoir eu une relation sexuelle avec une jeune femme de 35 ans sa cadette (qu’il a épousée ensuite et qui est toujours sa femme), alors même qu’il était en couple avec la mère de celle-ci, Mia Farrow (contrairement à ce qu’écrivent régulièrement des journalistes peu scrupuleux, Woody Allen a donc épousé la fille adoptive de son ex-compagne, et non pas sa propre fille adoptive, ce qui aurait ajouté à l’immoralité de la chose une illégalité flagrante). C’est évidemment une conduite moralement peu reluisante, voire répugnante ; mais n’étant pas illégale et ayant eu lieu entre adultes consentants, on est en droit de considérer que c’est une affaire qui ne regarde que les personnes concernées, même si elle jette sur l’homme privé Woody Allen une lumière peu flatteuse. Mais l’accusation la plus grave n’est pas celle-là. Elle est née dans la foulée de la séparation particulièrement houleuse, on s’en doute, qui s’est ensuivie entre Woody Allen et Mia Farrow.
Dans cette famille dysfonctionnelle, les choses sont visiblement plus compliquées que ne le voudrait le simplisme de l’époque, qui réclame un coupable - de préférence masculin - et une victime.
C’est en effet en pleine bataille judiciaire pour la garde de leurs enfants, en 1992, que Mia Farrow accuse son ex-compagnon d’attouchements sexuels sur la personne de leur fille adoptive, Dylan, alors âgée de 7 ans. Woody Allen a toujours nié les faits, mettant ces accusations sur le compte de la rancune de Mia Farrow [qui est complètement cinglée, mais ça ne compte pas quand c'est une femme] à son égard. Si Ronan prendra le parti de sa mère contre son père, la presse oublie toujours de signaler qu’un autre fils adoptif de Woody et Mia, Moses Farrow, a pris la défense d’Allen et accusé sa mère d’avoir manipulé sa sœur Dylan «par haine de son père» - Moses a publié sur son blog un témoignage extrêmement circonstancié sur l’affaire où il explique pourquoi, selon lui, l’agression de Woody Allen contre Dylan ne peut pas matériellement avoir eu lieu, mais aussi décrit les mauvais traitements infligés à ses frères et sœurs comme à lui par Mia Farrow.
Après une enquête approfondie, la justice américaine a refusé de poursuivre Woody Allen tout en jugeant sa conduite « inappropriée », les services sociaux de New York ayant conclu à l’inexistence d’abus sexuel sur Dylan. L’affaire se solde par une restriction des droits de visite du cinéaste à l’égard de ses enfants. Depuis la dernière intervention de la justice dans l’affaire, en 1995, aucune accusation supplémentaire n’a été portée contre le cinéaste ; et ce n’est que parce que Dylan et Ronan Farrow ont saisi le contexte de #MeToo pour remettre l’accusation contre leur père en pleine lumière médiatique que celle-ci a ressurgi, sans qu’il y ait le moindre élément nouveau depuis que la justice a classé l’affaire. Il ne s’agit donc pas, en défendant Woody Allen, de prétendre que son talent le placerait au-dessus de la justice. Il s’agit, au contraire, de rappeler qu’être soumis à la justice, c’est aussi bénéficier du droit d’être innocenté ; qu’un artiste a, comme les autres, droit à la protection de la justice et à la présomption d’innocence ; et que la souffrance, la colère et l’indignation ne donnent pas tous les droits et ne placent personne, non plus, au-dessus de la justice.
Chacun est évidemment libre de penser, en ne sachant rien de plus de cette affaire que ce que la justice américaine a eu à en connaître, que celle-ci s’est trompée. Chacun a le droit de penser que la vie privée de Woody Allen est répugnante et que le cinéaste est un salaud. Il n’en reste pas moins que, au regard de la justice, c’est un homme innocent. L’amalgame avec Roman Polanski, condamné par la justice américaine après avoir été accusé de viol sur une enfant de 13 ans et qui a partiellement reconnu les faits, et par ailleurs accusé de viols et agressions sexuelles par plusieurs femmes mineures au moment des faits, est donc tout à fait mensonger. Comme l’a dit Woody Allen dans un entretien donné pour la sortie de son dernier film :
« J’ai été accusé une fois dans ma vie par une personne. Il y a eu une enquête sérieuse menée par deux juges qui ont conclu ensemble que cela n’avait aucun sens. »
Ce qui n’empêche pas, sur les réseaux sociaux, des gens qui ignorent tout de l’affaire de le décrire comme un pédophile en série qui « sodomise des bambins »…
Vouloir priver quelqu’un dont la justice a estimé qu’il était innocent du droit de faire entendre sa parole, tandis que ses accusateurs ont toute latitude de continuer à lui reprocher ce qu’il nie avoir commis, n’est pas seulement une injustice flagrante, c’est un effrayant recul de nos libertés. Si on accorde au tribunal de l’opinion publique le droit de décider, sur des critères moraux subjectifs et fluctuants, de qui a le droit ou non de s’exprimer, qui ne voit qu’on met en branle un engrenage qui ne peut que broyer inexorablement, recul après recul, lâcheté commerciale d’éditeur trop prudent après lâcheté commerciale, le droit fondamental à la liberté de parole ? Beaucoup ont réagi au recul d’Hachette par un haussement d’épaule, soit qu’ils affirment que Woody Allen n’a qu’à s’autoéditer, soit qu’ils pensent, par antipathie pour le personnage, que c’est bien fait pour lui. À ces réactions à courte vue, on préfère la lucidité de Stephen King quand il écrit : « La décision d’Hachette de laisser tomber Woody Allen me met très mal à l’aise. Ce n’est pas lui, je me fiche de M. Allen. Ce qui m’inquiète, c’est qui sera muselé la prochaine fois. »
Ronan Farrow a déclaré que la décision initiale d’Hachette de publier Woody Allen témoignait d’un manque « de compassion pour les victimes d’agressions sexuelles ». Mais l’indispensable compassion pour les victimes ne saurait justifier qu’on piétine et la liberté d’expression et la justice, en ignorant le droit des accusés à faire entendre leur point de vue, et plus encore lorsqu’ils ont été blanchis des accusations portées contre eux.
Si l’on ne résiste pas à cette pente, en arrivera-t-on bientôt, dans les procès, à interdire aux accusés de se défendre, au prétexte que leur parole offenserait les victimes ?
C’est bel et bien à ce déni de l’État de droit que la censure dont est victime Woody Allen ouvre la porte.
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Affichage des articles dont le libellé est hystéries médiatiques. Afficher tous les articles
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mardi, mars 10, 2020
vendredi, février 22, 2019
J'suis pas content !
Ca me fait bien marrer …et ça assène quelques vérités.
Libellés :
hystéries médiatiques
samedi, février 10, 2018
Connerie féministe : attendre que ça passe ?
L’affaire Hulot à l’ère de la grande confusion du #BalanceTonPorc : qui sait encore donner du sens au moloch politico-médiatique ?
**********
Je ne crois pas qu’on puisse pousser très loin l’opposition des situations françaises et américaines, dans la mesure où les phénomènes de mode idéologique et d’emballement médiatique sont les mêmes des deux côtés de l’Atlantique – l’Amérique donnant d’ailleurs le ton en matière de « politiquement correct ». La « confusion », en matière de politisation et de médiatisation de l’intime, est structurelle : on s’efforce de produire de la transparence et un discours simple dans un domaine opaque et ambigu par essence. Au sein de la zone grise que l’on entreprend d’explorer, et qui s’étend du viol au rapport de séduction heureux et harmonieux, tous les cas de figure et toutes les interprétations sont possibles. En matière de harcèlement sexuel, la confusion est du reste d’ores et déjà inscrite dans la loi française depuis 2002 - la réécriture de la loi ayant délibérément omis de donner de la notion une définition précise et rigoureuse.
Nous sommes donc je pense, pour le meilleur et pour le pire, durablement voués à la confusion des problèmes, de l’information et de la discussion. Pour le meilleur, parce cette confusion permet en effet de débattre de questions dont on ne débattait pas auparavant, et de mettre au jour quelques injustices. Pour le pire, on le voit tous les jours, parce que l’objectivité, la mesure et l’honnêteté intellectuelle ne sont pas les points forts des médias et des idéologues qui, sur ce sujet, travaillent main dans la main.
[…]
A propos des ennuis des ministres, on peut noter que les politiques creusent leur propre tombe en se plaçant sous l’emprise du populisme médiatique. Chaque gouvernement rajoute une couche de « moralisation de la vie publique » et se prend ensuite le boomerang sur le front. L’argent et le sexe sont désormais les deux thèmes du débat démocratique « grand public ». Le gain est que les hommes qui aiment trop les femmes ou les costumes de luxe ne peuvent plus faire de politique. La perte est qu’on ne plus parler ailleurs que dans de petits cercles élitistes du gouvernement et de l’avenir de la France. Chacun jugera s’il convient de voir dans cette évolution un progrès de notre démocratie.
La cause profonde des emballements médiatiques absurdes auxquels nous assistons en matière de pseudoaffaires de moeurs est à mon sens à situer dans le tournant pris par le féminisme à l’occasion du débat sur la parité, durant la période de la cohabitation Chirac/Jospin. Auparavant, toutes les conquêtes féministes étaient parfaitement en phase avec l’humanisme libéral. Le féminisme avait alors pour adversaire une pensée conservatrice différencialiste, qui justifiait la différence des droits et/ou des devoirs de l’homme et de la femme par la différence de nature. Comme en matière d’antiracisme, le progressisme féministe était anti-essentialiste : l’objectif était de faire de la femme « un homme comme les autres ». On a oublié que nombre de féministes, sur la base de cette conception humaniste et universaliste du féminisme, se sont à l’époque opposées à la parité.
La notion même de parité suppose en effet la distinction de deux humanités définies par la nature : l’humanité mâle et l’humanité femelle.
Le féminisme qui s’est imposé lors du débat sur la parité se conçoit donc comme un progressisme différencialiste. De même que le néo-antiracisme est un antiracisme essentialiste et différencialiste, un racisme inversé en réalité, le nouveau féminisme est un sexisme inversé, qui reconduit les stéréotypes sexistes – la femme est faible, pure et innocente, l’homme, violent et dominateur – tout en inversant les signes. Ce néo-féminisme est particulièrement adapté à la politisation de l’intime, dans la mesure où en matière de sexualité et de séduction, la différence des sexes paraît insurmontable. La stratégie argumentative et politique consiste donc à construire l’image d’une femme faible et souffreteuse, incapable de se défendre par elle-même face aux « prédateurs » qui la « sidèrent » avant de l’agresser, et qu’il importe de protéger au moyen d’une législation prohibitive. Le complément indispensable de ce dispositif est la confiance aveugle en la parole de la femme - pure et innocente par nature -, afin que cette parole puisse avoir valeur de preuve. On n’en pas encore là, fort heureusement, sur le plan du droit, mais cet imaginaire domine désormais l’espace médiatique, installant en France comme aux Etats-Unis une culture de la délation.
Concernant l’avenir, je suis optimiste pour le long terme mais plutôt pessimiste à court terme. Je pense qu’il va falloir faire avec le délire néo féministe un bon moment. Un retour de balancier se produira, mais aucun intellectuel ni aucun politique n’est en mesure de le provoquer. On pourrait comparer ce qui se passe aujourd’hui avec l’emballement politico-médiatique qui s’est produit il y a quelques années autour de la pédophilie. La dérive fut stoppée net par l’affaire d’Outreau. Il est possible qu’une affaire du même genre conduise l’opinion à basculer sur ces questions de harcèlement sexuel.
La limite de la comparaison réside toutefois dans le fait que l’emballement médiatique autour de la pédophilie n’était pas alimenté par l’idéologie comme l’est le mouvement de délation des pratiques masculines « inappropriées » à l’égard des femmes. Une autre comparaison peut sur ce plan être faite avec la domination du marxisme en France, des années 50 aux années 70 du vingtième siècle. Le néo féminisme est un nouvel opium idéologique - opium des intellectuels mais aussi, dans le cas présent, opium des médias et des réseaux sociaux.
Une telle mode idéologique peut durer plusieurs décennies. Il est en tout cas difficile de prévoir son terme.
Tant que durera l’emprise du néo féminisme, quiconque aura une position équilibrée et raisonnable passera pour un « conservateur » ou un « réactionnaire » et restera quasi-inaudible. On continuera à mettre en place des Hauts conseils ou des ministres dont la fonction sera de donner un caractère officiel au délire idéologique commun. Dans l’attente que cela cesse – et cela cessera, comme a fini par cesser l’emprise du marxisme –, il faut faire de la résistance, en anticipant notamment les dérives juridiques possibles, car c’est à ce niveau que se situe le véritable danger, comme le voit en Suède, où se prépare une loi instituant le viol « par négligence ». Il importe de ne pas fuir le problème ni la discussion, en adoptant la posture qui fut celle de Raymond Aron en son temps : injurié, méprisé, isolé, il tenait stoïquement le langage de la raison, entreprenant de discuter calmement les arguments des plus délirants, et persévérant dans la volonté de convaincre ceux qui préféraient avoir tort avec Sartre.
**********
Je suis loin de partager ce relatif optimisme à long terme.
Acceptons le parallèle avec le marxisme.
On voit bien alors que les dégâts provoqués lors de la période où l'idéologie est la plus virulente sont considérables, que leurs effets sont irréversibles et que l'idéologie, même atténuée, ne disparait jamais complètement et sa nocivité continue en sourdine.
Je pense que le problème du néo-féminisme hystérique « des pétasses bitophobes du MLF de Kensington City en Californie » comme dit Desproges, va être résolu autrement : par l'islamisation. Je ne le souhaite pas et je ne m'en réjouis pas, mais c'est ce qui nous pend au nez.
Et les pétasses bitophobes du (etc.) seront contentes car c'est au fond ce qu'elles cherchent : la séparation des hommes et des femmes et je soupçonne que beaucoup d'entre elles sont des névrosées qui se plieraient très bien à une remise à leur place par un « vrai mâle » tel qu'elles l'imaginent dans leurs cerveaux grillés par la connerie.
En fait, ce sont de pauvres connes incapables d'assumer avec raison et mesure la liberté qui leur est donnée, elles en font trop et ne se calmeront que le jour où on les remettra à leur place. Ce sont des enfants de dix ans qui jouent avec une mitrailleuse : il faut leur retirer la mitrailleuse et les mettre au coin après une paire de gifles.
Mais tout cela n'est pas que de la faute des femmes : je suis navré de la lâcheté des hommes publics sur ces questions. A part un Zemmour qui ne lâche rien, combien sont-ils à s'opposer aux délires néo-féministes non pas dans quelques circonstances particulières « elles ont raison mais elles s'y prennent mal » mais au fond « elles ont tort, complètement tort, et voici pourquoi » ?
Considérer que les hommes n'ont plus le droit de parler des femmes et du féminisme, ou seulement pour approuver servilement, c'est écoeurant de connerie.
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Je ne crois pas qu’on puisse pousser très loin l’opposition des situations françaises et américaines, dans la mesure où les phénomènes de mode idéologique et d’emballement médiatique sont les mêmes des deux côtés de l’Atlantique – l’Amérique donnant d’ailleurs le ton en matière de « politiquement correct ». La « confusion », en matière de politisation et de médiatisation de l’intime, est structurelle : on s’efforce de produire de la transparence et un discours simple dans un domaine opaque et ambigu par essence. Au sein de la zone grise que l’on entreprend d’explorer, et qui s’étend du viol au rapport de séduction heureux et harmonieux, tous les cas de figure et toutes les interprétations sont possibles. En matière de harcèlement sexuel, la confusion est du reste d’ores et déjà inscrite dans la loi française depuis 2002 - la réécriture de la loi ayant délibérément omis de donner de la notion une définition précise et rigoureuse.
Nous sommes donc je pense, pour le meilleur et pour le pire, durablement voués à la confusion des problèmes, de l’information et de la discussion. Pour le meilleur, parce cette confusion permet en effet de débattre de questions dont on ne débattait pas auparavant, et de mettre au jour quelques injustices. Pour le pire, on le voit tous les jours, parce que l’objectivité, la mesure et l’honnêteté intellectuelle ne sont pas les points forts des médias et des idéologues qui, sur ce sujet, travaillent main dans la main.
[…]
A propos des ennuis des ministres, on peut noter que les politiques creusent leur propre tombe en se plaçant sous l’emprise du populisme médiatique. Chaque gouvernement rajoute une couche de « moralisation de la vie publique » et se prend ensuite le boomerang sur le front. L’argent et le sexe sont désormais les deux thèmes du débat démocratique « grand public ». Le gain est que les hommes qui aiment trop les femmes ou les costumes de luxe ne peuvent plus faire de politique. La perte est qu’on ne plus parler ailleurs que dans de petits cercles élitistes du gouvernement et de l’avenir de la France. Chacun jugera s’il convient de voir dans cette évolution un progrès de notre démocratie.
La cause profonde des emballements médiatiques absurdes auxquels nous assistons en matière de pseudoaffaires de moeurs est à mon sens à situer dans le tournant pris par le féminisme à l’occasion du débat sur la parité, durant la période de la cohabitation Chirac/Jospin. Auparavant, toutes les conquêtes féministes étaient parfaitement en phase avec l’humanisme libéral. Le féminisme avait alors pour adversaire une pensée conservatrice différencialiste, qui justifiait la différence des droits et/ou des devoirs de l’homme et de la femme par la différence de nature. Comme en matière d’antiracisme, le progressisme féministe était anti-essentialiste : l’objectif était de faire de la femme « un homme comme les autres ». On a oublié que nombre de féministes, sur la base de cette conception humaniste et universaliste du féminisme, se sont à l’époque opposées à la parité.
La notion même de parité suppose en effet la distinction de deux humanités définies par la nature : l’humanité mâle et l’humanité femelle.
Le féminisme qui s’est imposé lors du débat sur la parité se conçoit donc comme un progressisme différencialiste. De même que le néo-antiracisme est un antiracisme essentialiste et différencialiste, un racisme inversé en réalité, le nouveau féminisme est un sexisme inversé, qui reconduit les stéréotypes sexistes – la femme est faible, pure et innocente, l’homme, violent et dominateur – tout en inversant les signes. Ce néo-féminisme est particulièrement adapté à la politisation de l’intime, dans la mesure où en matière de sexualité et de séduction, la différence des sexes paraît insurmontable. La stratégie argumentative et politique consiste donc à construire l’image d’une femme faible et souffreteuse, incapable de se défendre par elle-même face aux « prédateurs » qui la « sidèrent » avant de l’agresser, et qu’il importe de protéger au moyen d’une législation prohibitive. Le complément indispensable de ce dispositif est la confiance aveugle en la parole de la femme - pure et innocente par nature -, afin que cette parole puisse avoir valeur de preuve. On n’en pas encore là, fort heureusement, sur le plan du droit, mais cet imaginaire domine désormais l’espace médiatique, installant en France comme aux Etats-Unis une culture de la délation.
Concernant l’avenir, je suis optimiste pour le long terme mais plutôt pessimiste à court terme. Je pense qu’il va falloir faire avec le délire néo féministe un bon moment. Un retour de balancier se produira, mais aucun intellectuel ni aucun politique n’est en mesure de le provoquer. On pourrait comparer ce qui se passe aujourd’hui avec l’emballement politico-médiatique qui s’est produit il y a quelques années autour de la pédophilie. La dérive fut stoppée net par l’affaire d’Outreau. Il est possible qu’une affaire du même genre conduise l’opinion à basculer sur ces questions de harcèlement sexuel.
La limite de la comparaison réside toutefois dans le fait que l’emballement médiatique autour de la pédophilie n’était pas alimenté par l’idéologie comme l’est le mouvement de délation des pratiques masculines « inappropriées » à l’égard des femmes. Une autre comparaison peut sur ce plan être faite avec la domination du marxisme en France, des années 50 aux années 70 du vingtième siècle. Le néo féminisme est un nouvel opium idéologique - opium des intellectuels mais aussi, dans le cas présent, opium des médias et des réseaux sociaux.
Une telle mode idéologique peut durer plusieurs décennies. Il est en tout cas difficile de prévoir son terme.
Tant que durera l’emprise du néo féminisme, quiconque aura une position équilibrée et raisonnable passera pour un « conservateur » ou un « réactionnaire » et restera quasi-inaudible. On continuera à mettre en place des Hauts conseils ou des ministres dont la fonction sera de donner un caractère officiel au délire idéologique commun. Dans l’attente que cela cesse – et cela cessera, comme a fini par cesser l’emprise du marxisme –, il faut faire de la résistance, en anticipant notamment les dérives juridiques possibles, car c’est à ce niveau que se situe le véritable danger, comme le voit en Suède, où se prépare une loi instituant le viol « par négligence ». Il importe de ne pas fuir le problème ni la discussion, en adoptant la posture qui fut celle de Raymond Aron en son temps : injurié, méprisé, isolé, il tenait stoïquement le langage de la raison, entreprenant de discuter calmement les arguments des plus délirants, et persévérant dans la volonté de convaincre ceux qui préféraient avoir tort avec Sartre.
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Je suis loin de partager ce relatif optimisme à long terme.
Acceptons le parallèle avec le marxisme.
On voit bien alors que les dégâts provoqués lors de la période où l'idéologie est la plus virulente sont considérables, que leurs effets sont irréversibles et que l'idéologie, même atténuée, ne disparait jamais complètement et sa nocivité continue en sourdine.
Je pense que le problème du néo-féminisme hystérique « des pétasses bitophobes du MLF de Kensington City en Californie » comme dit Desproges, va être résolu autrement : par l'islamisation. Je ne le souhaite pas et je ne m'en réjouis pas, mais c'est ce qui nous pend au nez.
Et les pétasses bitophobes du (etc.) seront contentes car c'est au fond ce qu'elles cherchent : la séparation des hommes et des femmes et je soupçonne que beaucoup d'entre elles sont des névrosées qui se plieraient très bien à une remise à leur place par un « vrai mâle » tel qu'elles l'imaginent dans leurs cerveaux grillés par la connerie.
En fait, ce sont de pauvres connes incapables d'assumer avec raison et mesure la liberté qui leur est donnée, elles en font trop et ne se calmeront que le jour où on les remettra à leur place. Ce sont des enfants de dix ans qui jouent avec une mitrailleuse : il faut leur retirer la mitrailleuse et les mettre au coin après une paire de gifles.
Mais tout cela n'est pas que de la faute des femmes : je suis navré de la lâcheté des hommes publics sur ces questions. A part un Zemmour qui ne lâche rien, combien sont-ils à s'opposer aux délires néo-féministes non pas dans quelques circonstances particulières « elles ont raison mais elles s'y prennent mal » mais au fond « elles ont tort, complètement tort, et voici pourquoi » ?
Considérer que les hommes n'ont plus le droit de parler des femmes et du féminisme, ou seulement pour approuver servilement, c'est écoeurant de connerie.
mardi, juin 06, 2017
Le chômage et l’islam : les deux gourdins du Système
Le chômage et l’islam sont les deux gourdins du Système en Europe, les moyens de pression qui empêchent les peuples de se révolter.
D’un côté, on dissout ta communauté de proximité, ton village, ton quartier, ta ville en déversant des tombereaux d’étrangers inassimilables c’est-à-dire musulmans (1). Les Américains, qui n’ont pas nos lâches pudeurs, ont montré que l’hétérogénéité ethnique sapait la cohésion sociale (2). Les CPF jouent le rôle des kapos du Système.
D’un autre côté, si tu mouftes, chômage.
Comme ces choses là sont bien faites.
Un complot ? Même pas. Une simple convergence d’intérêts de l’hyper-classe mondiale. C’est au fond une mauvaise nouvelle : un complot est plus localisé et plus facile à combattre.
Un espoir ? La refermeture des frontières. Les attaques hystériques comme Trump nous font rire tellement elles paraissent dépasser les bornes de la raison, mais elles sont en réalité raisonnables : Trump est bien une menace mortelle pour l'hyper-classe mondialisée et ses laquais car il légitime l'idée que l'avenir pourrait ne pas être à toujours plus d'ouverture.
*****************
(1) : c’est une question de nombres. Un musulman est assimilable, pas un million de musulmans. Encore moins six ou sept millions.
(2) : c’est évident, comme l’effondrement du niveau scolaire. Mais nous vivons dans un monde où il faut des études longues et couteuses pour prouver que la pluie mouille.
D’un côté, on dissout ta communauté de proximité, ton village, ton quartier, ta ville en déversant des tombereaux d’étrangers inassimilables c’est-à-dire musulmans (1). Les Américains, qui n’ont pas nos lâches pudeurs, ont montré que l’hétérogénéité ethnique sapait la cohésion sociale (2). Les CPF jouent le rôle des kapos du Système.
D’un autre côté, si tu mouftes, chômage.
Comme ces choses là sont bien faites.
Un complot ? Même pas. Une simple convergence d’intérêts de l’hyper-classe mondiale. C’est au fond une mauvaise nouvelle : un complot est plus localisé et plus facile à combattre.
Un espoir ? La refermeture des frontières. Les attaques hystériques comme Trump nous font rire tellement elles paraissent dépasser les bornes de la raison, mais elles sont en réalité raisonnables : Trump est bien une menace mortelle pour l'hyper-classe mondialisée et ses laquais car il légitime l'idée que l'avenir pourrait ne pas être à toujours plus d'ouverture.
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(1) : c’est une question de nombres. Un musulman est assimilable, pas un million de musulmans. Encore moins six ou sept millions.
(2) : c’est évident, comme l’effondrement du niveau scolaire. Mais nous vivons dans un monde où il faut des études longues et couteuses pour prouver que la pluie mouille.
lundi, octobre 31, 2016
J'ai du mal à croire que Trump n'a pas déjà perdu
Je pense chaque mot du titre : ce n'est pas un billet d'analyses sur les chances de gagner de Trump mais sur l'effet d'une campagne médiatique.
Rationnellement, je sais que les sondeurs sont des enfoirés qui mentent comme des arracheurs de dents et biaisent les sondages et que ce n'est pas dans les sondages qu'il faut chercher les éléments permettant d'anticiper le résultat d'une élection aussi importante.
Mais, dans la partie irrationnelle de mon cerveau, l'avalanche de sondages favorables à Clinton fait son effet et me décourage.
C'est d'autant plus marrant que je suis parfaitement conscient des biais cognitifs impliqués :
1) Instinct grégaire : coût psychologique de ne pas penser avec le troupeau.
2) Effets de répétition : on croit que ce qui est répété souvent ne peut être totalement faux.
Les sondages donnant Alain Juppé gagnant m'influencent beaucoup moins :
1) Je connais mieux les sondeurs français, il m'est plus facile de croire que ce sont des escrocs.
2) J'attache moins d'importance à l'élection française, je suis déjà convaincu que le prochain quinquennat sera cinq ans perdus pour la France, alors que je pense, à tort ou à raison, que l'élection de Trump peut changer un petit quelque chose.
Rationnellement, je sais que les sondeurs sont des enfoirés qui mentent comme des arracheurs de dents et biaisent les sondages et que ce n'est pas dans les sondages qu'il faut chercher les éléments permettant d'anticiper le résultat d'une élection aussi importante.
Mais, dans la partie irrationnelle de mon cerveau, l'avalanche de sondages favorables à Clinton fait son effet et me décourage.
C'est d'autant plus marrant que je suis parfaitement conscient des biais cognitifs impliqués :
1) Instinct grégaire : coût psychologique de ne pas penser avec le troupeau.
2) Effets de répétition : on croit que ce qui est répété souvent ne peut être totalement faux.
Les sondages donnant Alain Juppé gagnant m'influencent beaucoup moins :
1) Je connais mieux les sondeurs français, il m'est plus facile de croire que ce sont des escrocs.
2) J'attache moins d'importance à l'élection française, je suis déjà convaincu que le prochain quinquennat sera cinq ans perdus pour la France, alors que je pense, à tort ou à raison, que l'élection de Trump peut changer un petit quelque chose.
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mardi, mars 15, 2016
Barbante affaire Barbarin
En fait, il n'y a pas d'affaire Barbarin : des salopiauds médiatiques lui reprochent de ne pas avoir éloigné un prêtre présumé pédophile vingt ans après les faits. Cela pue à plein nez la vengeance de la Manif Pour Tous.
Et le charmant public de tomber dans le panneau à toute berzingue. Remarquez bien, il suffit de se souvenir qu'il s'est trouvé une majorité pour élire François Hollande pour savoir ce qu'il faut en penser, de l'avis du grand public
Le seul reproche que je puisse faire à Mgr Barbarin, c'est de rester sur la défensive, de ne pas passer à l'offensive.
Quant aux victimes ou prétendues telles, elles ne gagneront rien à un procès si tardif qu'une ré-ouverture des plaies, à supposer qu'il y ait un quelconque procès, vu que les bases juridiques de ces histoires semblent très très faibles.
Et le charmant public de tomber dans le panneau à toute berzingue. Remarquez bien, il suffit de se souvenir qu'il s'est trouvé une majorité pour élire François Hollande pour savoir ce qu'il faut en penser, de l'avis du grand public
Le seul reproche que je puisse faire à Mgr Barbarin, c'est de rester sur la défensive, de ne pas passer à l'offensive.
Quant aux victimes ou prétendues telles, elles ne gagneront rien à un procès si tardif qu'une ré-ouverture des plaies, à supposer qu'il y ait un quelconque procès, vu que les bases juridiques de ces histoires semblent très très faibles.
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jeudi, juin 02, 2011
A propos des déclarations de Luc Ferry
Vous noterez une allusion à DSK tout à fait savoureuse avec ce qu'on sait aujourd'hui.
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