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vendredi, juillet 03, 2020

Une contre-révolution de la classe ploutocratique.


This ‘revolution’ isn’t what it looks like. We’re really witnessing a counter-revolution of the neoliberal class.

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But when national institutions bow (or kneel) to the street fighters’ demands, it should tell us that something else is going on. We aren’t dealing with a Maoist or Marxist revolt, even if some protagonists spout hard-leftish rhetoric. Rather, what’s playing out is a counter-revolution of the neoliberal class — academe, media, large corporations, ‘experts’, Big Tech — against the nationalist revolution launched in 2016. The supposed insurgents and the elites are marching in the streets together, taking the knee together.

They do not seek a radically new arrangement, but a return to the pre-Trump, pre-Brexit status quo ante which was working out very well for them. It was, of course, working out less well for the working class of all races, who bore the brunt of their preferred policy mix: open borders, free trade without limits, an aggressive cultural liberalism that corroded tradition and community, technocratic ‘global governance’ that neutered democracy and politics as such.
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samedi, mars 21, 2020

Il y a président et président.


Leur président :





Et notre président d'enculé d'idéologue de merde :


jeudi, février 06, 2020

Excellente sortie du Z sur la prétendue violence de Trump.




Soyons clair : l'argument de la violence politique est un excellent marqueur. Ceux qui accusent leurs adversaires de diviser le pays sont toujours, toujours, toujours, des partisans du statu quo. Ils peuvent raconter ce qu'ils veulent par ailleurs, cet argument les révèle dans leur vérité.

jeudi, août 22, 2019

« Trump et le Groenland : derrière le coup médiatique, un objectif stratégique »

« Trump et le Groenland : derrière le coup médiatique, un objectif stratégique »

Surprise ! Gaspation ! Bouleverschtroumpf ! Horreur et abomination ! Quoi ? Trump ne serait pas aussi con que ce que prétend la presse française et poursuivrait des objectifs cachés ? Je tombe de la commode Louis XIII avec triple rebond par salto arrière !

Bon, ok, je veux bien reconnaître que la moquerie est facile et que l'ironie est du cancre, mais, avouez tout de même, la tentation de se foutre de la gueule des journalistes français est irrésistible, ils sont tellement bêtes.


jeudi, août 15, 2019

Edouard Husson fait le point sur Hong-Kong (et c’est important pour la France)

Vous allez me dire que je fais une fixette (mais c’est juste parce que l’essentiel est ... essentiel), le mercantilisme allemand se révèle une fois de plus un poison économique et politique pour l’Europe.

Nous risquons de nous retrouver dans les prochains jours dans une configuration très classique : les Etats-Unis du côté de la liberté et l’Allemagne du côté de l’oppression. Mais chut ! On va m’accuser d’américanophilie naïve et de germanophobie (1) compulsive.

Les événements de Hong Kong marqueront-ils un tournant dans la politique très pro-chinoise (et de moins en moins libérale) de l’Occident ?

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Or, faire alliance avec le régime post-maoïste - et aujourd’hui néo-maoïste - a non seulement permis au quantitative easing américain de se déployer sans freins mais cela a aussi conduit à affaiblir la démocratie en Occident. Que les démocrates américains puissent, encore aujourd’hui, passer leur temps à mettre en cause la légitimité de Donald Trump, a beaucoup à voir avec leur fréquentation assidue du régime chinois ; que l’Union Européenne, Allemagne en tête, puisse développer un mépris tel de la démocratie que le moindre « non » majoritaire à un référendum sur la politique européenne soit immédiatement disqualifié par la bureaucratie bruxelloise et les gouvernements nationaux, est indéniablement le résultat d’une fascination pour le « bolchevisme consultatif » qui caractérise le même régime chinois, que le leader s’appelle Mao, Deng ou Xi.

Tout se tient : en même temps que nous avons rétréci nos marchés intérieurs, la mondialisation poussant le pouvoir d’achat des classes moyennes à la baisse, nous avons aussi réduit nos libertés politiques. Nous voici donc à un tournant. Sommes-nous capables de voir dans les événements de Hong Kong l’incitation à un changement radical de la politique occidentale ? Il s’agit de mettre fin à la parenthèse oligarchique prochinoise (mais que pouvait-on attendre d’autres des soixante-huitards arrivant au pouvoir?) qui a rongé de l’intérieur nos démocraties durant trente ans. Il s’agit de redécouvrir le secret de l’Occident: liberté économique et liberté politique sont inséparables si nous voulons avoir une chance que nos démocraties reviennent à la stabilité et prospèrent. Il est temps de mettre fin à notre fascination pour un régime qui a encore une très longue marche à entreprendre vers la liberté.
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(1) : le plus marrant est que j’aime beaucoup les Allemands avec qui je travaille, plus que les Anglais. Mais c’est toujours le problème du passage de la micro à la macro. Ce n’est pas parce je préfère 3 Allemands à 3 Anglais que je préfère 30 millions d’Allemands à 30 millions d’Anglais.

vendredi, août 09, 2019

Anti-trumpisme : une mise au point


mardi, août 06, 2019

Question

Y a-t-il un rapport entre les événements de Hong-Kong et la guerre commerciale de Trump ? Si oui, lequel ?

Je suis dans le brouillard.

mercredi, juillet 31, 2019

Chef ! On en tient un !

Enfin un démocrate qui comprend dans quels pièges les emmènent les touits de Trump.






On attend désormais la même lucidité des journalistes et des politiciens français. On va attendre longtemps !

Rappelons qu’en deux semaines, Trump a réussi à se faire traiter de raciste en critiquant, sans dire un seul mot sur leur race :

1) une parlementaire ouvertement anti-américaine  et antisémite fichée pour sympathies terroristes.

2) le maire de la ville la plus sale des Etats-Unis.

3) un pasteur corrompu et violemment antisémite.

Le Donald se régale !

Si les démocrates et la presse bien-pensante continuent à tomber à ce rythme dans chacun des panneaux que leur tend Trump, il n’y aura bientôt plus besoin de voter en 2020, il sera réélu par acclamations.

lundi, juillet 22, 2019

Trump comme tremblement de terre

Y a-t-il une élite intellectuelle trumpiste ?

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Et si, de manière pour le moins inattendue, Trump s’avérait être depuis Reagan le président ayant eu le plus d’impact sur la fabrique des idées et des élites dans son pays ?
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De manière inattendue pour un abruti qui écrit dans le Figaro, pas pour mes fidèles lecteurs.

Nous sommes nombreux (pas dans les medias, dans la vraie vie) à considérer que Donald Trump est un président pivot, qui change la politique américaine.

Il n'est donc pas surprenant qu'il suscite de nouvelles idées chez les intellos.

Je pense que l'enjeu des prochaines présidentielles américaines, même s'il ne sera pas déclaré franchement, tournera autour de la dissolution des GAFAM, une menace mortelle pour la démocratie.

Il est déjà clair que Google fera tout ce qu'il peut (et il peut beaucoup) pour empêcher la ré-élection de Trump. Mais ce n'est pas le genre du Donald de se laisser faire, ce n'est pas un Fillon ou Wauquiez.

lundi, avril 01, 2019

Hommage au Donald

Trump contre le retour de la tribu

Si je ne partage pas l'optimisme de Charles Gave (les magouilleurs Clinton et Obama sont très loin du tribunal et les universités ne seront pas assainies de sitôt), j'ai cependant un point d'accord total avec lui  : j'admire le courage de Donald Trump.

Quand je compare avec la lâcheté des (pseudo-)opposants français (Wauquiez, Le Pen, Dupont-Aignan, Asselineau) vis-à-vis du politiquement correct (soit ils se couchent, soit ils s'abstiennent d'en parler, une forme à peine plus subtile de soumission), je mesure à quel point Donald Trump est exceptionnel.

Pourtant, ça serait une erreur de voir seulement du courage. Il est de ces rares caractères qui s'épanouissent dans le conflit. Je suis prêt à parier que la présidence l'amuse beaucoup.

Surtout, il a une intelligence très au-dessus de la moyenne. Il n'y a qu'à voir l'usage qu'il fait de Twitter pour brouiller les pistes et, plus important encore, pour pousser ses ennemis à la faute, en les rendant hystériques.

Stratégiquement, il a compris l'essentiel : quand on veut plaire au Système pour passer dans ses medias, on se fait bouffer par le Système. La seule manière d'y échapper, c'est l'attaque orchestrée, voulue, pensée.




D'autres pourraient prendre modèle de ce courage et de cette intelligence. Le pape François, par exemple.

mardi, mars 26, 2019

La posture de l'homme qui ne cède pas

Bock-Coté, Québecois en souffrance :




Beaucoup ne comprennent pas vraiment ce qu’écrit Bock-Coté.

Par exemple, Peter Hitchens et Gilles-William Goldnadel, avec qui je suis souvent en accord, reprochent à Trump d’être Trump (comme Alain Finkielkraut ou Philippe Bilger, que j’estime beaucoup moins).

Ils ne voient pas (ne veulent pas voir ?) que, dans un système aussi verrouillé que le nôtre, la contestation vient nécessairement d’un caractère rebelle, qu'il y faut un grain de folie, de donquichottisme, qu’espérer un homme pratiquant la politique de Trump avec un comportement policé est incohérent et vain.

Sans oublier la fonction très politique des outrances de Trump : montrer à ses partisans qu'il pratique la rupture avec le Système, qu'il ne se contente de la prôner.

Même Roger Scruton, qui est d’un autre calibre, me semble superficiel dans sa critique de Trump.

Je me demande si cet attachement un rien ridicule au respect des convenances n’est pas le paravent de la pusillanimité, le désir d’une autre politique sans rien bousculer et, en vérité, d’un changement sans changement.

Le temps est aux guerriers mais l’idéal du guerrier-philosophe à la Socrate ou à la Marc-Aurèle s’est éloigné depuis longtemps. Nos philosophes sont mous du genou et nos guerriers rase-moquette.



jeudi, février 07, 2019

Politique politicienne : pourquoi François-Xavier Bellamy va échouer aux élections européennes

Le candidat LR aux prochaines élections européennes, François-Xavier Bellamy, me semble un bon petit gars assez respectable, mais il va échouer à remonter LR.

Il se dit conservateur mais Trump a montré que ce qui marche n'est pas le « discours des valeurs » seul, mais de l'associer à une politique économique ouvertement anti-mondialiste et protectionniste. Sans quoi, le « discours des valeurs » apparaît comme une simple incantation, ça ne coûte pas cher de se payer de mots.

De plus, pour sceller cette volonté de rupture avec l'ordre progressiste-mondialiste, il faut refuser le magistère moral des médias, ces nouveaux curés. Un journaliste vous agresse ? Coup de pied où je pense, coup de boule, coup de boule et coup de pied dans le ventre quand il est à terre.

Bref, sur les trois points majeurs, valeurs, protectionnisme, médias, il en manque au moins deux à Bellamy.

Le problème est plus profond que ses idées : il faut un tueur, un guerrier, un Trump, un Salvini, un type qui jette sur l'ennemi tout ce qui lui tombe sous la main, pas un gentil philosophe qui remportera des succès d'estime mais aucun succès politique, les seuls qui comptent ... quand on fait de la politique.


mardi, janvier 01, 2019

2 articles pour attaquer 2019, année intéressante

2 articles sur les thèmes qui formeront probablement l'année 2019.

A l'international.

L'économie internationale redevient ce que l'idéologie mondialiste dissimulait derrière son bla-bla : un rapport de forces.

Trump déploie le potentiel révolutionnaire qui est le sien et que j'ai analysé depuis le début de sa campagne électorale (merci Scott Adams, Emmanuel Todd, Christophe Guilluy et compagnie).

Je m'en réjouis puisque cela change l'ordre d'un monde que j'estime profondément injuste pour la France et  pour le peuple français (et pour toutes les nations et pour tous les peuples, en général).

Mais je ne me fais aucune illusion. Les révolutions indolores sont aussi rares que les poissons volants. Il y aura des morts, qui ne se relèveront pas à la fin (on n'est pas à Hollywood), et des gens jetés à la rue. Il se pourrait que j'en fasse partie : aucun décret divin ne me protège des soubresauts de l'histoire.

Pourquoi une crise économique américaine en 2019 pourrait signifier la fin du néolibéralisme

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L'administration Trump ne cesse de souffler le chaud et le froid en matière commerciale. Tantôt elle menace ses partenaires commerciaux d'une hausse unilatérale de droits de douane, tantôt elle annonce la conclusion d'un accord ou d'une trêve, lorsqu'elle parvient à obtenir quelques concessions chez la partie adverse. La stratégie commerciale américaine est en réalité loin d'être erratique. Depuis qu'il est au pouvoir, Donald Trump applique une politique déterminée qui consiste à négocier en position de force avec la Chine et l'Union européenne à tour de rôle. Cette stratégie fonctionne dans la mesure où ni les autorités européennes ni la Chine ne parviennent pour l'instant à lire clairement les objectifs américains de long terme qui semblent varier en fonction des circonstances.

[…]

Le mythe d'une économie mondiale qui serait organisée autour de règles décidées en commun a vécu. La gestion contemporaine de l'économie en revient à un ordre mondial originel, bien éloigné de celui anticipé par George Bush senior en 1990. Ainsi, le nouvel ordre mondial qui émerge n'est pas celui de la règle mais celui d'un ordre fondé sur la logique des rapports de force, qui pousse chaque pays à mettre ses armes économiques au service de ses seuls intérêts. Ce passage d'une gestion par la règle à une gestion par la force suppose le retour du pouvoir politique et de sa capacité à agir de manière discrétionnaire.

Voilà qui permet de mieux comprendre les tensions actuelles entre Donal Trump et la Fed. En effet, derrière le conflit relatif au niveau des taux d'intérêt se trouve une question bien plus fondamentale : une banque centrale doit-elle être indépendante du pouvoir politique ? Lorsque vendredi 21 décembre, Bloomberg annonce que le président américain a demandé à ses conseillers s'il était possible de démettre Powell de ses fonctions, la presse américaine et la plupart des économistes ont crié à l'hérésie. Interrogé par le Washington Post, le Sénateur démocrate Mark Warner, membre de la Commission bancaire sénatoriale, a parfaitement résumé le sentiment général: « Ce que le Président ne comprend pas, c'est que la politique monétaire doit être séparée de la politique. Toute mesure prise pour démanteler l'indépendance de la Fed serait non seulement inappropriée, mais menacerait les institutions qui protègent notre État de droit. »

[…]

Mais dans un monde où les règles s'affaiblissent et où les rapports de force deviennent prédominants, ne serait-ce pas Trump qui aurait raison ? La doctrine selon laquelle la banque centrale doit être strictement indépendante du pouvoir politique repose sur l'idée qu'il faut à tout prix éviter l'interférence du politique sur l'économie. C'est une doctrine d'obédience libérale qui consiste à mettre la politique monétaire sur une sorte de pilotage automatique confié à un comité d'experts chargés de créer un cadre favorable à l'épanouissement des marchés.

Mais dans un monde où l'incertitude domine et où la gestion économique est un important levier d'action, on ne peut plus gérer la politique monétaire en s'extrayant de toute considération politique.

[…]

Ce qui est sûr c'est que l'affaiblissement des règles et le retour de la souveraineté politique sur les marchés impliquent de reconsidérer l'ensemble des vérités établies auxquelles nous nous sommes habitués. Car c'est une véritable gouvernance économique illibérale qui est en train d'émerger aux États-Unis, mais également en Chine et en Russie.

[…]

C'est la raison pour laquelle le prochain retournement économique n'aura rien à voir avec ceux de 2001 et de 2008. Les principes libéraux qui ont tracé les grandes lignes de l'économie mondiale au cours des dernières décennies sont en train de voler en éclat. La politique qui avait été mise à distance de la sphère économique et des marchés au nom d'une gouvernance d'experts d'inspiration libérale est en train de faire son grand retour. Aussi, si une crise économique apparaît aux États-Unis en 2019 elle ne manquera pas d'ouvrir une nouvelle ère dont la gestion marquera le grand retour des politiques économiques souveraines. C'est une ère à laquelle l'Union européenne, avec son système institutionnel extrêmement rigide, figé dans l'idéologie des années 80 et 90, n'est absolument pas préparée.
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En France.

Je continue (plus que jamais) à prendre ceux qui ont voté Macron au second tour pour des crétins bêtes. Je l'ai répété sur tous les tons à mon entourage et j'ai saoulé un certain nombre de personnes (je trouve un plaisir facile à faire chier le monde 😀).

Je regrette moins que jamais mon vote Le Pen du second tour.

Il est des situations où la sagesse n'est pas de temporiser et de choisir le moindre mal, mais de crever l'abcès. Et je crois que nous sommes dans une de ces situations : laisser pourrir rendra l'explosion d'autant plus violente. Il me semble que Charles Gave, qui dit qu'il faut cesser de voter utile et désormais voter intelligent, est sur la même ligne.

Le vote Macron était (et sera, car je n'ai guère de doutes que ceux qui ont voté Macron en 2017 referont la même erreur avec les mêmes arguments en 2022) de la fausse sagesse et de la vraie lâcheté.

Je suis obsédé par le destin des aristocrates d'ancien régime. Ils n'ont cessé de retarder les réformes indispensables (pour nous, c'est dire « Merde ! » aux contraintes européistes), puis ils ont encouragé une révolution qu'ils croyaient pouvoir maîtriser (suis-je dans ce cas ?) pour finalement être éjectés de l'histoire.

Je ne dis pas comme François-René « Levez vous, orages désirés ! ». Je constate juste que les orages qui crèvent précocement sont moins violents que les orages qu'on laisse gonfler et j'en tire les conséquences.

François Bazin : « Macron a ouvert la voie à un nouveau monde qui n'était pas celui qu'il disait »

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Macron a cru qu'il était la solution d'une crise démocratique dont il n'était en fait que l'expression. On peut même aller plus loin en avançant l'idée que son élection, passé un moment de sidération, a été l'accélérateur d'une crise qui vient de loin et qui est appelée à durer. Quelques esprits imaginatifs ont prétendu que Macron, au lendemain de son triomphe, c'était « l'esprit du monde », un peu comme Napoléon passant à Iéna sous les fenêtres de Hegel. Pareilles références mériteraient d'être pour le moins discutées et si j'avais pour ma part à en choisir une, je me tournerais plutôt vers Victor Cousin, père de l'éclectisme du temps de la Monarchie de Juillet. Cela étant, on est en droit de se demander, à la lumière de ce qui se passe aujourd'hui, si le vrai rôle de Macron n'a pas été de nourrir ce que l'on pourrait appeler « une ruse de la raison populiste ». Pour le dire autrement, ne fallait-il pas qu'il advienne, qu'il s'impose puis qu'il échoue à ce point pour que le populisme dont il prétendait être l'ennemi principal puisse désormais se déployer sans complexe ni résistance ?

Le nouveau monde, pour vous, c'est le populisme ?

On peut le craindre [Pourquoi le craindre ? Il faut l'espérer, au contraire]. Macron a liquidé ce qui restait d'un vieux monde qui ne s'en remettra pas. Il a ouvert la voie à un nouveau qui n'était pas celui qu'il disait. En ce sens, il n'est peut-être qu'un passeur destiné à être bientôt dévoré par plus barbare que lui.

C'est la seule lecture que vous faites du mouvement des gilets jaunes ?

C'en est en tout cas une lecture possible. Une autre, plus modeste mais pas moins inquiétante, serait de penser, comme Tocqueville, qu' « un régime n'est jamais aussi fragile qu'au moment où il commence à se réformer ». Tocqueville, je le rappelle, parlait là de la situation de la France à la veille de la Révolution …

[…]

Le quinquennat d'un an et demi, par nature, ça n'existe pas et il ne suffit pas de scander « Macron démission » sur les ronds-points pour que cela se produise. Ce qui me frappe surtout, si l'on compare la situation du Président à celle de ses prédécesseurs en butte à des épreuves comparables, c'est d'abord le caractère très personnel de la détestation dont il est l'objet. Normal, dit-on souvent, à l'ère de l'hyperprésidence. Sauf que Sarkozy qui la pratiquait plus que quiconque au point d'électriser l'ensemble du champ public, polarisait à l'extrême contre lui mais aussi avec lui. Là est la vraie différence avec Macron qui, dans l'adversité, semble incapable de constituer un bloc politique et électoral suffisamment compact pour résister aux tempêtes. C'est la lecture en tout cas que je fais des événements de ces six derniers mois qui vont du début de l'affaire Benalla à la crise des gilets jaunes. Quand l'opinion bouge désormais, c'est de manière homogène dans une contestation directe ou indirecte du pouvoir élyséen. Quand ce dernier met un genou à terre, c'est à chaque fois les fidélités que l'on pensait assurées qui défaillent. Quand il est faible - et Dieu sait s'il l'est aujourd'hui - Macron me paraît bien seul. Sa disparition de la scène médiatique au lendemain de Noël me paraît hautement symbolique, même si je ne confonds pas les plages tropéziennes et la lande irlandaise ou Brigitte avec tante Yvonne.

L'absence d'alternative crédible est-elle, à vos yeux, l'ultime bouée du pouvoir macronien ?

Telle a été, en 2017, la formule de sa victoire face à Marine Le Pen. Ce peut être en 2019 et ensuite celle de sa survie à ceci près qu'à force de couler à plein bord, le populisme peut finir un jour par briser les digues qui l'ont jusque-là contenu. Pour le moment, c'est vrai que la gauche, tous courants confondus, est divisée comme jamais et que son potentiel électoral, dans les récents sondages, est à un niveau de faiblesse historiquement inégalé. La droite de gouvernement ne vaut guère mieux et ce qu'a réussi le mieux Macron, depuis son élection, est de trouver en son sein des alliés de fortune. Hier Juppé et ses amis après que l'on a fait - déjà ! - des appels du pied à Bertrand. Demain, Sarkozy et les siens ? Ce n'est pas l'aspect le moins étonnant de l'affaire Benalla que de montrer par la bande - si on ose dire - combien des poutres travaillent encore dans ces secteurs de la droite.

Mais pour quoi faire ?

Rien, précisément, si ce n'est durer en attendant l'embellie. Vu la nature des institutions, on peut imaginer un Président impuissant et indéboulonnable à la fois. Cela dit, je ne vois pas comment, dans le contexte actuel, une telle situation pourrait ne pas provoquer à la longue une crise sociale et politique à côté de laquelle celle des « gilets jaunes » apparaîtra comme de la petite bière.
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dimanche, octobre 14, 2018

Hillary et Donald : moi aussi, je me suis trompé

Charles Gave regrette de s'être trompé, moi aussi :

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A deux reprises déjà, j’ai entretenu les lecteurs de l’IDL des difficultés judiciaires que risquaient de connaitre le parti Démocrate aux Etats-Unis. Et là, je dois confesser un peu de naïveté. Je m’attendais à ce que le tir soit concentré sur madame Clinton, tant elle avait commis de crimes et de fautes.

En réalité, ce n’est pas ce qui s’est passé.

Dans les faits, monsieur Trump s’est rendu compte que les trois grandes organisations qui contrôlent la vie judiciaire aux USA, c’est-à-dire le Ministère de la Justice, le FBI et la CIA avaient été soigneusement noyautées par l’administration Obama, selon les bons vieux principes de ses maitres Trotskystes, Frank Marshall Davis, Saul Alinsky et Bill Ayers.

A l’évidence, ces trois organisations travaillant en étroite collaboration les unes avec les autres avaient monté une vraie opération de commando, d’abord pour empêcher monsieur Trump d’être élu (raté) et ensuite, une fois leur ennemi élu, pour l’empêcher de gouverner et si possible pour le faire révoquer au nom d’une soi-disant entente avec la Russie grâce a la procédure de « l’impeachment ».

Semblent être compromis dans cette opération, l’ancienne ministre de la Justice du Président Obama aux USA, les numéros deux et trois du même ministère, les numéros un deux, trois et quatre du FBI, l’ex numéro un de la CIA (un ancien membre du parti communiste américain) et pas mal de petit fretin.

Déjà, les numéros un du FBI et de la CIA ont été virés de leurs positions et seraient l’objet d’enquêtes diverses et variées. Le numéro deux du FBI a lui aussi été viré, et a perdu tous ses droits à la retraite, tout en étant l’objet d’une enquête judiciaire qui risque de l’amener en prison pour au moins vingt ans, le numéro trois vient d’être viré, le numéro quatre, chef des services juridiques a donné sa démission, mais serait en train de témoigner à charge (plea- bargain) contre ses anciens complices devant un Jury spécial qui aurait été installé à l’intérieur même du DOJ.


Bref, ça sent le sapin. Watergate va apparaitre comme de la roupie de sansonnet car cette fois ci, il s’agit non pas de quelqu’un qui cherche à couvrir maladroitement des malversations de ses subordonnés mais bel et bien de la première tentative de coup d’Etat dans l’histoire des USA.

Je ne sais pas si le lecteur a remarqué, mais personne ne parle de tout cela en France. On se demande pourquoi ?
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Je croyais que Trump faisait exprès de laisser pisser les enquêtes sur sa prétendue collusion russe pour que celles-ci finissent par déboucher sur la mise en cause d'Hillary Clinton (qui a beaucoup trempé dans ces histoires) pile-poil pour les élections de mi-mandat. Je me suis trompé.

Je m'aperçois que non, que le problème est encore plus grave que ce que je pensais. Trump a presque tout l'appareil d'Etat américain contre lui.

Prenant le temps de lire des journaux anglais et américains, je confirme que Charles Gave ne se trompe pas sur les faits.

La suite ? C'est une question de temps pour que les vrais conservateurs reprennent la main sur l'Etat profond, c'est pourquoi les démocrates transforment chaque élection, chaque nomination (on l'a encore vu récemment avec Kavanaugh) en une bataille à mort : chaque mois gagné par Trump est un coup sur les doigts pour leur faire lâcher le manche. Et les mois passent.

Prochaine étape : les élections de mi-mandat.

Les enjeux sont clairs : Trump (ce fou qui ne sait pas ce qu'il fait, si l'on en croit la presse française. Mais bon, si vous croyez la presse française, vous avez l'âge mental d'un enfant qui croit au Père Noël) veut démondialiser, considérant d'une part que la mondialisation ne profite plus à l'ouvrier américain, d'autre part que la mondialisation profite trop à la Chine, le grand rival, et qu'il faut lui couper l'herbe sous le pied avant qu'il soit trop tard (pas étonnant que les analyses les plus subtiles de Trump nous viennent de Chine. L'Europe étant vassale des Etats-Unis, elle n'a plus aucune stratégie, donc plus besoin d'analyses, les caricatures suffisent). On notera que le mouvement de démondialisation a commencé sous Obama (depuis 2008, les échanges internationaux de biens ont diminué d'un tiers, plus qu'après la crise de 1929).

Les ennemis de Trump sont la petite coterie d'hyper-milliardaires (ceux qui ont fait élire Macron en France) qui profite réellement de la mondialisation et la bourgeoisie mondialisée, beaucoup plus nombreuse, qui croit en profiter (j'en ai plein autour de moi. Vous savez, ceux qui envoient leurs enfants étudier à l'étranger).

Le match n'est pas tranché et va durer encore longtemps. Pour l'instant, la démondialisation a le vent en poupe dans les opinions publiques mais cela tarde à se traduire par des pertes de pouvoir effectives des mondialisateurs. Nous vivons des temps intéressants (en Italie aussi, ce qui se passe est intéressant. Par contre, en France, nous sommes en retard sur les événements).







dimanche, octobre 07, 2018

Kavanaugh à la Cour Suprême

Après des manoeuvres gauchistes qui font honte à tout démocrate digne de ce nom,  Brett Kavanaugh est enfin nommé à la Cour Suprême américaine. Je n'aime pas particulièrement ce personnage mais c'est ainsi.

Sur le plan de la politique intérieure américaine et de la guerre culturelle entre progressistes et conservateurs (qui, hélas, puisque nous sommes une colonie américaine, a des répercussions chez nous), le mandat de Donald Trump est fini, il a accompli sa mission.

Rappelons que les conservateurs conséquents donnaient à Donald Trump deux missions : empêcher l'élection d'Hillary Clinton et le mandat démocrate de trop ; faire basculer durablement (les juges sont nommés à vie) la Cour Suprême du coté conservateur. Carton plein des deux cotés. Le reste, les élections de mi-mandat, la lutte contre l'Etat Profond, c'est du bonus.

Les Américains ayant sacralisé leur constitution et ne la faisant plus évoluer, le pouvoir d'interprétation de la Cour Suprême est devenu un enjeu essentiel (probablement à l'opposé des idées des pères fondateurs). Toutes les damnables innovations « sociétales » de ces cinquante dernières années ont un rapport avec une décision de la Cour Suprême.

Si vous ne le comprenez pas, il y a des gens qui l'ont bien compris : les ennemis (à ce stade de violence, on ne dit plus adversaires) de Trump.

mardi, octobre 02, 2018

A l’exemple de Manuel Valls et de l’ONU : où l’on commence par un petit personnage et on finit par la grande stratégie

 « Manuel Valls met en lumière l'absence cruelle de la figure de l'homme d'État »

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La politique n'est plus qu'un « job » parmi d'autres. Et, en vertu de la flexibilité alliée au boniment du développement personnel, on serait en droit de changer de « nation » comme on change d'entreprise quand on n'y trouve plus son compte [quand je vois le nombre de Français de souche qui fuient à l’étranger, ça me fait mal]. La traversée du désert ? Rester fidèle à son engagement d'élu national malgré les aléas de la basse-cour politicienne ? Très peu pour Manuel Valls. Qu'à cela ne tienne, puisque la France est mauvaise mère d'adoption, il retourne dans les jupons de sa mère biologique, la Catalogne. Rappelons quand même que Manuel Valls n'a fait que naître à Barcelone, volonté de ses parents qui étaient déjà installés en France où il a donc grandi et vécut toute sa vie. Puisque l'horizon semble désormais bouché en France, allons voir si l'herbe est plus verte chez le voisin. Ce qui compte n'est-ce pas d'abord l'épanouissement personnel du petit Manuel, et non, en homme d'État, le dévouement à la patrie ?

Oui, un grand mot que la patrie. Elle mérite ici, dans toute sa noblesse, d'être interpellée car Manuel Valls n'a pas manqué au cours de plus de trente ans de vie politique de faire de grandes déclarations d'amour à la France. Tout cela sonne aujourd'hui comme un mensonge à celle qu'il disait aimer follement, une tromperie des plus ordinaires. La France qu'il prétendait aimer ne lui donne pas ce qu'il veut, il va voir ailleurs. La France se sent trahie, il ne peut venir lui en faire le reproche puisqu'il lui avait conté fleurette pour s'en détourner à la moindre déconvenue. Osera-t-il une fois perdue l'élection à la mairie de Barcelone lui demander de «passer l'éponge» pour le reprendre au sein du chaleureux foyer ?

[…]

Les Français attendent d'un homme d'État qu'il serve les intérêts de la nation avant ceux de l'Europe ou d'une virtuelle « communauté internationale », et qu'il ne serve pas d'abord ses intérêts personnels. Un homme d'État lucide, dont la vision serait fondée sur une analyse de la situation ne cédant pas aux appréciations moralistes du moment et/ou aux injonctions de technocrates, de lobbies, qui n'ont comme boussole que la loi du Marché. Un homme d'État peut avoir une ambition démesurée, mais à condition que celle-ci serve la France et non son narcissisme. L'homme d'État a de la patience dans l'adversité, il accueille les traversées du désert comme des occasions de reprendre contact avec une réalité qu'il a perdue de vue, avec des composantes de la nation qu'il a négligées, il n'est pas cet homme pressé qui continue à s'agiter dans le landerneau politico-médiatique pour exister. Le désamour des Français pour leur classe politique n'est pas prêt de cesser, à observer « les profils » aujourd'hui sous nos yeux.

Depuis la naissance de l'État moderne théorisé par le français Jean Bodin (XVIè) puis l'anglais Thomas Hobbes (XVIIè), les qualités attendues d'un homme d'État ont pu connaître quelques inflexions suivant l'évolution du système politique démocratique. Néanmoins, la mission ultime de l'homme d'État demeure la défense des intérêts de sa nation, la loyauté à l'égard de sa patrie, dans le dépassement de sa vanité individuelle et ses petites ambitions personnelles. En cela donc on peut dire que Manuel Valls n'était pas un homme d'État français. Mais catalan, qui sait : chaque patrie a les grands hommes qu'elle mérite …
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Certains, ici, s’insurgent quand je dis qu’il y a trop de métèques en politique française, trop de politiciens aux origines douteuses et au patriotisme de même, aux doubles, voire aux triples, allégeances. Mais c’est tout de même bien un problème de fond : comment obéir à quelqu’un qu’on peut légitimement soupçonner d’être un traitre ou, du moins, un homme au patriotisme douteux ?

On me citera Mazarin et Gambetta. Mais cela renforce mon propos : le patriotisme d’un métèque doit être insoupçonnable, plus que celui d’un Français de France, pour que le soupçon ne puisse accrocher. Quand un métèque fait une politique qui ne paraît pas au service du pays mais d’autre chose, il faut se débarrasser du métèque.

Les organisations internationales sont-elles une forteresseprogressiste imprenable dans la lutte entre libéraux etconservateurs ?

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Aujourd’hui - Trump le premier - se heurtent aux plus grosses oppositions [dans les organisations internationales].

Les organisations internationales sont les forteresses dans lesquelles le progressisme, battant en retraite sur une partie de la planète, va se réfugier pour tâcher de résister - et d’où il pourrait bien, si nous sommes naïfs, nous empêcher de prendre le pouvoir. Nous autres conservateurs sommes sans doute trop optimistes lorsque nous faisons confiance aux forces de l’histoire pour substituer une ère conservatrice à l’ère du libéralisme dominant en train de s’achever. Il faut plutôt nous préparer à un combat sans merci. Et les progressistes disposent, dans la bataille, de positions très solides qui peuvent leur permettre de rester au pouvoir de bien des manières. Avez-vous jamais réfléchi à ce paradoxe : Emmanuel Macron élu, dans votre pays, alors qu’il est le plus fervent des européistes et que la cause de l’Europe fédérale est devenue minoritaire en France au plus tard lors du référendum de 2005 ? Mais le jeu politique est bloqué par l’appartenance de votre pays à cette fédération qu’est l’Union Européenne: les candidats pro-Union partent avec un avantage compétitif quasi-insurmontable pour leurs adversaires; ils peuvent s’appuyer sur un appareil médiatique, des réseaux de grandes entreprises et une « sainte alliance » des gouvernants quasi-unanimement acquis à la cause européiste. Avec l’élection présidentielle française de 2002 au plus tard, il est devenu clair que le jeu normal des forces politiques ne pouvait plus s’exprimer - quelle que soit l’expression du vote populaire, à la fin c’est l’européisme qui gagne. C’est au nom de l’Union Européenne que vos gouvernements successifs font passer la plupart des réformes qu’ils entreprennent. C’est au nom de l’Europe que toute position économique ou politique réaliste est systématiquement écartée. Je m’attarde sur l’Union Européenne mais je pourrais prendre d’autres exemples. Prenons la question du réchauffement climatique.

Personne d’honnête intellectuellement n’en connaît les causes ni n’est capable d’en dire avec certitude l’ampleur. C’est une question qui devrait être laissée aux scientifiques, sans récupération. Mais vous trouverez toujours suffisamment d’hommes politiques et de hauts fonctionnaires internationaux prêts - contre leur discours affiché de souci pour l’environnement - à brûler des millions de litres de kérosène pour se rencontrer à différents points de la planète, décréter que c’est l’activité humaine qui explique le réchauffement et décider ensemble de contre-mesures dont ils vous diront, aussitôt prises, qu’elles sont tout à fait insuffisantes. il faudra à nouveau brûler beaucoup de kérosène pour la réunion suivante.

[…]

Une fois que l’on a cela en tête, on comprend mieux ce qui se joue à l’échelle mondiale. Dans l’euphorie progressiste de l’après-Seconde Guerre mondiale, les organisations internationales se sont multipliées, sur à peu près tous les sujets de la vie collective. Des bureaucraties internationales se sont établies; elles sont devenues pléthoriques, au service d’intérêts puissants - de l’intérêt des puissants, devrait-on dire: les logiques transnationales sont des logiques oligarchiques, où la voix des dominants est prépondérante. Aujourd’hui, ces organisations et ces intérêts sont d’autant plus solides qu’au progressisme socialiste de l’après-guerre a succédé le progressisme libéral à la fin du XXè siècle. De Roosevelt à Obama, il existe une profonde continuité « multilatéraliste ». La puissance des réseaux ainsi mise en place est telle qu’elle conduit à verrouiller de plus en plus les politiques nationales, qui adoptent des objectifs « collectifs » dont il est quasiment impossible de sortir puisqu’ils ont été adoptés dans des traités signés par les gouvernements et ratifiés par les parlements. Assez naturellement, les classes aisées de la société produisent, à chaque génération, toujours plus de défenseurs des systèmes trans- ou supranationaux mis en place. Et lorsque se lève un politique prêt à défendre d’autres intérêts, il le fait, le plus souvent, au nom du peuple, c’est-à-dire des couches précarisées par l’ordre international.

C’est moins souvent, au départ, l’outrance du propos qui fait traiter de populisme ce qui est dit, que l’opposition exprimée aux objectifs partagés par les élites nationales et internationales. Ou, pour le dire autrement, le système progressiste ne laisse souvent pas d’autre choix aux opposants que celui de l’outrance pour se faire entendre.

Les organisations supranationales de toute sorte sont des machines à générer des populismes: et ceux-ci, au fond, les arrangent bien car ils ne mettent pas fondamentalement en cause le système. En 2002, la gauche s’est bouché le nez mais elle a voté Jacques Chirac contre Jean-Marie Le Pen. En 2005, les « populistes » ont réussi, en s’additionnant, à faire voter non, majoritairement, au traité constitutionnel européen; mais Nicolas Sarkozy a repris les choses en main, depuis la droite, en mettant ce qu’il fallait de populisme dans son discours pour être élu puis en faisant adopter le traité de Lisbonne, à peine élu. Sarkozy avait le potentiel d’un Donald Trump mais il n’était pas fait de la même trempe: il ne voulait pas lutter pendant cinq ou dix ans contre l’establishment libéral. Nous en sommes arrivés au moment où les populismes se sont tellement multipliés partout dans le monde qu’ils semblent en mesure de l’emporter. Certains prédisent par exemple une victoire des populistes aux prochaines élections européennes. Mais cela produirait-il quelque chose? Le problème des populismes, c’est qu’ils n’ont pas encore pu effectuer leur mue conservatrice. Ils restent fort démunis face à la puissance de ces forteresses progressistes que sont les organisations inter-, trans- ou supranationales. L’establishment libéral dispose encore d’une puissance de feu considérable. Regardez comme le parti démocrate a passé deux ans à tenter de renverser Trump, par une série de coups d’Etat institutionnels avortés ; regardez la multiplication des lois sur les fake news , expression de la connivence entre élites politiques, médias, et GAFA au service de la préservation de l’ordre progressiste. Regardez comment, malgré la méfiance profonde des populations, un véritable eugénisme progressiste s’est mis en place depuis quelques décennies, les travaux de l’ONU ou les votes du Parlement européen servant à préparer le vote des parlements nationaux.

Bien entendu, il s’agit de faire en sorte que les conservateurs s’emparent des bastions du progressisme.

Remarquez que je dis bien : les conservateurs ! Le populisme doit effectuer sa mue conservatrice. C’est-à-dire qu’il doit s’assurer le soutien d’une partie des élites. Personnellement je ne crois pas au populisme de gauche. Il fabrique des faire-valoirs du système progressiste, tels Tsipras ou Mélenchon. Au contraire, on voit bien, dans le cas britannique, comme UKIP est susceptible de perdre ses électeurs au profit des grands partis, à commencer par le parti conservateur, à partir du moment où les partis de gouvernement respectent les intérêts populaires. C’est ce qui s’est passé dans les mois qui ont suivi le référendum sur le Brexit. Remarquez aussi comme UKIP remonte dans les sondages, mécaniquement, dès que le parti conservateur faiblit dans sa volonté d’appliquer le Brexit. Theresa May n’est pas une conservatrice complète car elle cherche un compromis avec les principes l’Union Européenne au lieu d’établir un rapport de force qui débouche sur un accord politique.
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jeudi, septembre 27, 2018

Accusations contre Brett Kavanaugh : les gauchistes, piliers du Système, sont de grands dégueulasses

Stéphane Montabert rappelle (bien que cela soit difficile à oublier) à quel point les gauchistes, piliers du Système, sont de grands dégueulasses :

Brett Kavanaugh, prédateur sexuel : plus c'est gros plus ça passe

L'enjeu est simple : Kavanaugh est le candidat de Donald Trump à la Cour Suprême américaine. S'il est validé, les progressistes perdront pour longtemps (les juges sont nommés à vie) la majorité dans ce tribunal dont l'importance peut difficilement être surestimée. Sans la validation de la Cour Suprême, pas de dérive sociétale.

Imaginer que l'irruption, pile-poil au moment névralgique des auditions, de témoignages d'universitaires ouvertement démocrates dénonçant des comportements plus ou moins sexuels de Kavanaugh (38 ans auparavant !) soit le fait du hasard et d'un goût aigu de la vérité relève de la naïveté la plus attendrissante.

Bien sûr, c'est un coup soigneusement monté.

Les faits allégués sont anodins et il n'y a pas de quoi fouetter un chat. Qui n'a pas pas fait de conneries lors de soirées étudiantes trop arrosées lui jette la première pierre. Et puis même ..

Dans un monde bien fait, ces comportements, s'ils étaient vrais, ne devraient pas empêcher Kavanaugh d'accéder à la Cour Suprême.

Mais, hélas, nous ne sommes pas dans un monde bien fait. Nous sommes dans le monde satanique de l'hystérie médiatique, de la mauvaise foi massive, de l'obsession puritaine et, il faut bien le dire, de l'effondrement de l'intelligence des électeurs (au fait, quelqu'un a entendu parler récemment de l'affaire Fillon ?) et des dirigeants.

Les gauchistes sont d'autant plus à vomir qu'ils ont idolâtré deux authentiques prédateurs sexuels : John Kennedy et Bill Clinton (et DSK en France).

La conclusion de Montabert fait froid dans le dos :

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Nommé en 1991, le juge Clarence Thomas fut le premier à être accusé d'agression sexuelle juste au moment de sa nomination. Encore un Républicain, encore une accusatrice démocrate, encore un timing parfait. Sa réponse reste dans les mémoires. Les Démocrates comprirent alors l'intérêt d'amener plusieurs accusatrices.

Nous ne savons pas encore si Brett Kavanaugh sera élu juge de la Cour Suprême ou non, mais cette affaire laissera des traces. Dans la famille du candidat à la Cour Suprême, pour commencer. Dire que Brett Kavanaugh a été traîné dans la boue serait bien en-deçà de la réalité. L'affaire remet aussi en question la présomption d'innocence et l'exercice du droit: il n'y a plus de procès, plus de confrontation contradictoire, plus d'éléments à charge ou à décharge. Il suffit d'une volée d'accusations portant sur des faits invérifiables remontant à plus de trente ans et un individu parfaitement qualifié peut être jeté au rebut sans autre forme de procès.

Les Démocrates se sont lancés dans un pari extrêmement risqué. Quoi qu'affirment les sondages, il n'est pas certain que le citoyen américain se reconnaisse beaucoup dans les élucubrations de Mme Blasey Ford. La manœuvre pourrait ne pas réussir non plus: le vote se déroule au Congrès, entre des politiciens expérimentés, qui ne sont normalement pas aussi influençables que le quidam moyen. La volonté des Démocrates de jouer la montre est par trop évidente.

Que les Démocrates réussissent ou non, la carrière de Brett Kavanaugh sera définitivement entachée, et à travers lui la réputation de la Cour Suprême et la confiance du peuple américain dans ses institutions. Gageons que toutes les prochaines nominations républicaines verront surgir leur lot de "scandales de la onzième heure".

Et si Brett Kavanaugh l'emporte et rejoint finalement la Cour Suprême, espérons pour les Démocrates qu'il soit aussi bon juge qu'il doive l'être, parce qu'il est peu probable qu'il oublie la façon dont il aura été traité lors de sa nomination.
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Pour vous rasséréner, la conclusion cinglante du juge Thomas, qui est maintenant à la Cour Suprême depuis 27 ans :



Et une conclusion bien française, trouvée dans un commentaire :

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Les Américains sont pusillanimes et paradoxaux : ils n'hésitent pas à balancer deux bombes atomiques sur le Japon, et à tuer plus de 100 000 civils innocents sans états d’âme, mais une simple main aux fesses datant de près d'un demi-siècle les choque, les pauvres choux. Allez comprendre ! 
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Et, pour ces raisons, je regrette que nous nous américanisions à la vitesse grand V :




Compléments :

Peter Hitchens partage mon dégoût de la saloperie gauchiste, se draper dans la vertu tout en faisant un deux-poids-deux mesures de compétition :

It's one rule for Clinton, and another for Trump's Judge

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But here is the inconsistency. Why is Judge Kavanaugh being barbecued by the US Senate, while Bill Clinton goes unscathed? Well, yes, they did try and fail to impeach Mr Clinton, but it was the very people who voted against his impeachment who are now trying to unhorse Judge Kavanaugh. It is plainly about politics, not personal morals.

But nobody wants to revisit this because, really, this issue is about politics, not about principle. The outrage, as so often, is selective and so not real. I am, above all, sorriest for the families of those accused, and of their accusers. And I wish it wasn’t futile to suggest that a return to the stricter sexual morals of the pre-Pill years would make relations between men and women a lot kinder and more civilised than they seem to be now.

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mardi, septembre 11, 2018

Bientôt la guerre ?

Please write to your MP now without delay - War, terrible war, may be on the way again.

Je ne suis pas toujours d'accord avec Peter Hitchens, mais je lis toujours ses chroniques avec grand intérêt.

Ceux qui réfléchissent (non, pas vous, électeurs de Macron, passez votre chemin, vous êtes les pigeons de la manipulation médiatique. Je n'écris pas pour les crétins) sentent bien le parfum de montée vers la guerre désormais classique en Occident (Irak 1, Kosovo, Irak 2, Libye ...) :

♘ désignation d'un grand méchant forcément émule d'Hitler (pourquoi jamais de Staline ?)

♘ atrocités inhérentes à toute guerre désignées comme insupportables crimes contre l'humanité

♘ ardente nécessité d'intervenir très vite, c'est-à-dire sans réfléchir, sans douter de l'honnêteté de nos dirigeants et sans aucun contrôle démocratique ...

Vraiment, un grand classique.

Je vous rappelle au passage les critères de Volkoff pour reconnaître la désinformation :

1) Tout le monde dit la même chose. L'Huma et le Figaro sont d'accord. Dans le monde réel, avec toutes ses complexités, c'est impossible. Nous sommes donc en face de la désinformation.

2) Nous sommes informés jusqu'à saturation d'un certain coté du problème et pas du tout des autres.

3) Tous les bons sont d'un coté et les méchants de l'autre.

4) L'acquiescement de l'opinion débouche sur une psychose collective.

Rappelons aussi que, d'après Volkoff, la désinformation la plus réussie est d'avoir implanté la croyance que tout est économique (macronistes, encore une pierre dans votre jardin).

Bruno Bertez a détecté le même parfum de ses sensibles narines :

JEUX DE GUERRE, JEU DE MAINS, JEU DE VILAINS,UN JOUR OU L’AUTRE IL FAUDRA QU’IL Y AIT LA GUERRE, ON LE SAIT BIEN…

La raison de cette montée vers la guerre est limpide (les petits gnenfants gazés, c'est pour les gogols) :

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Depuis la crise de 2008, depuis la fin de la coopération internationale en 2013, depuis le début de la déglobalisation : « un jour ou l’autre il faudra qu’il y ait la guerre, on le sait bien … »

Les USA n’acceptent pas la mutation d’un monde qui s'écarte de l’ordre qu’ils ont instauré grâce à la Seconde Guerre Mondiale et les autres, les puissances montantes ou ressuscitées ne veulent plus de l’unilatéralité camouflée sous les caresses doucereuses de la soft politique.
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 C'est le piège de Thucydide :

Destined for war. Thucydides' trap (G. Allison)

A ces raisons géographiques s'en ajoutent deux autres qui se complètent :

1) Les banques centrales arrivent au bout de leurs politiques dites non-conventionnelles. Une « bonne guerre » est le prétexte tout trouvé à des mesures encore plus confiscatoires, au nom du patriotisme. Comme de bien entendu.

Cela permettrait aussi de détourner l'attention à un moment crucial des négociations du Brexit.

2) Donald Trump est engagé dans une politique isolationniste, c'est de plus en plus clair. Il fait beaucoup de bruit avec la bouche, il donne des gages aux bellicistes, mais le schéma général est de plus en plus difficile à nier : les légions américaines repassent la mer et rentrent chez elles. Ou du moins, c'est ce qui arriverait si Donald Trump était libre. Comme les élections de mi-mandat arrivent et qu'il n'est pas du tout sûr que Trump les perde, l'Etat Profond, impérialiste et anti-Trump, a tout intérêt à déclencher la guerre avant.

Beaucoup de raisons pour qu'il y ait une guerre.

Maintenant, il n'est pas sûr que ça marche. La crédibilité des gouvernements occidentaux sur les questions de guerre et de paix est réduite à zéro après tant et tant de mensonges moralisateurs. Il est tout à fait possible que cela suffise à empêcher la guerre : l'hystérie aussi est une arme qui s'use.