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samedi, décembre 21, 2019

« Satan a reparu visiblement dans le monde » (Bernanos)

Pour un chrétien solide (sur le plan dogmatique, je n'ai pas cette prétention sur le plan du comportement), c'est très simple : le refus conscient de Dieu est satanique (1). Ca n'épuise pas le sujet, bien sûr, ça permet au moins de le cadrer et de ne pas verser dans les explications à la con.

Mais nous méritons ce qui nous arrive : quand quelqu'un se plaint de l'islamisation ou du saccage des églises et autres marques d'anti-christianisme, je finis toujours par lui dire : « Mon gars tu as une solution simple : il y a une église près de chez toi, va à la messe tous les dimanches et je t'assure que si tous ceux qui ont les mêmes plaintes que toi le faisaient, ces problèmes disparaitraient vite. Non ? Tu as piscine ?

Ah oui, tu aimerais bien que la France reste chrétienne mais sans que tu aies à sortir de ton lit le dimanche. Un peu comme le type qui aimerait une armée pour le défendre, mais sans faire de service militaire ».

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Mathieu Bock-Côté: « Réflexions sur l’antichristianisme primaire »

CHRONIQUE - Le moindre commentaire critique à l’endroit de l’islam est transformé en scandale médiatique alors que le procès systématique du catholicisme est banalisé.

Par Mathieu Bock-Côté

«Le vandalisme contre les églises ne semble pas émouvoir exagérément les médias, qui n’y voient généralement qu’une série de faits divers sans signification politique », estime Mathieu Bock-Côté.

L’agression contre une crèche vivante à Toulouse le 14 décembre dernier avait quelque chose de sidérant. On a compris qu’elle était le fait de militants radicaux déambulant à la fin d’une manifestation qui n’ont pu cacher leur hostilité devant cette expression de la religion populaire. Le catholicisme suscite apparemment chez eux une aversion irrépressible. « Stop aux fachos ! ». Le slogan lancé par ces manifestants apparemment anticapitalistes, aussi stupide soit-il, est révélateur de l’empoisonnement idéologique du vocabulaire politique par des termes n’ayant plus aucun rapport avec la réalité. L’homme de notre temps, lorsqu’il veut maudire quelque chose, est-il capable de ne pas la réduire au fascisme ?

Que l’attaque ait été préméditée ou non ne change rien à l’hostilité affichée à l’endroit de ceux qui témoignaient paisiblement leur foi, même si plusieurs médias ont voulu relativiser l’agression, en expliquant qu’elle n’avait pas vraiment eu lieu ou qu’elle ne serait finalement qu’un fâcheux incident. Comme d’habitude. Soyons toutefois sans crainte : s’il fallait un jour que des hooligans troublent les prières de rue musulmanes, on décréterait assurément la République en danger et les cortèges citoyens défileraient à Paris en disant « plus jamais ça », avec la classe politique au premier rang. Nous aurions alors droit aux discours les plus emportés sur le vivre-ensemble à sauver.

De même, le vandalisme contre les églises régulièrement rapporté ne semble pas émouvoir exagérément les médias, qui n’y voient généralement qu’une série de faits divers sans signification politique. On l’explique rarement, sinon jamais, par la haine, un sentiment apparemment réservé aux populations majoritaires, dans leurs rapports avec les minorités, toujours victimes de la société où elles se sont installées. Il est difficile de ne pas voir là une forme singulière d’asymétrie symbolique. Le moindre commentaire critique à l’endroit de l’islam est théâtralisé et transformé en scandale médiatique, alors que le procès systématique du catholicisme est banalisé.

Si l’antichristianisme ne prend pas toujours une forme aussi brutale, il semble toutefois bien imprégné dans le discours public dominant. On l’a encore vu dans une étrange publicité de Monoprix qui a beaucoup circulé sur les réseaux sociaux cette semaine. À l’approche des fêtes de fin d’année, formule qui se substitue de plus en plus aux fêtes de Noël, l’entreprise invitait ses clients à réveillonner en s’affranchissant de la « tradition », qui ne tiendrait pas suffisamment compte de la diversité des situations familiales et qui nous enfermerait dans un calendrier usé, déphasé et désuet.

Étrange formulation, qui présente la tradition à la manière d’une contrainte symbolique dont les hommes de notre temps devraient s’affranchir pour vivre enfin libres. Le pragmatisme commercial masque ici une forme de relativisme déconstructeur. Que des publicitaires aient pu imaginer une telle manière de vendre leurs produits en dit beaucoup sur l’image qu’ils se font de la société française. Un jour, on en trouvera pour vouloir effacer toutes les références chrétiennes du calendrier, pour éviter qu’il ne soit discriminatoire envers ceux qui ne s’y reconnaissent pas. Pourquoi s’entêter à fêter Noël le 25 décembre ? Et pourquoi continuer de confondre l’an zéro avec la naissance du Christ ?

Ces manifestations d’antichristianisme primaire ont bien moins à voir avec la poursuite de la laïcité, dont nul ne contestera la nécessité pour reconstituer un monde commun dans une société fragmentée, qu’avec une forme d’aversion décomplexée à l’endroit de tout ce qui ressemble d’une manière ou d’une autre aux symboles historiques distinctifs de la civilisation occidentale. On prétend construire une société inclusive ouverte à toutes les croyances : en fait, on prépare un monde vide, hostile à son héritage, devenu étranger à lui-même.

Faut-il vraiment rappeler que le catholicisme, en France, n’est pas qu’une religion mais la matrice d’une civilisation ? Et si l’État doit sans le moindre doute être neutre devant les convictions de chacun, il ne saurait l’être par rapport à l’identité historique qui le fonde, à moins de consentir à sa désincarnation. On pourrait consacrer un long développement pour rappeler cette évidence mais il suffit de rappeler la portée symbolique de l’incendie de Notre-Dame de Paris en avril dernier pour s’en convaincre. Qu’il soit devenu audacieux de mentionner les racines chrétiennes de la France a quelque chose d’absurde.

L’antichristianisme primaire si complaisamment ignoré par les médias n’est peut-être rien d’autre qu’un autre symptôme de cette passion morbide bien singulière qu’est la haine de soi. Comme si une société progressait en s’effaçant. Comme si elle s’humanisait en se dénoyautant. Comme si elle grandissait en se déracinant.
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(1) : aujourd'hui, le refus de Dieu passe souvent par le chemin hypocrite du refus de la tradition (rien n'existe avant moi, je n'hérite de rien, je me suis fait tout seul), jusqu'à la Maitrise de Notre Dame  (l'Eglise est très malade puisqu'elle a porté à sa tête un idolâtre, hérétique et schismatique, excusez du peu. Pas étonnant que cette maladie se manifeste un peu partout) :

Entendra-t-on encore le chant grégorien àNotre-Dame de Paris ? Les amoureux du chant grégorien craignent que derrière le licenciement du professeur de musique sacrée médiévale de Notre-Dame de Paris, justifié par des motifs économiques, se cache une volonté de moderniser le répertoire de la Maîtrise.




jeudi, décembre 12, 2019

Noël dans notre grande fabrique à isolés

Misère de la solitude

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La solitude est de toutes les époques. Mais notre époque la radicalise. Elle célèbre une forme d’individualisme qui pousse chacun dans son coin, dans l’attente d’une relation idéale, sans obstacle, en oubliant que la vie ne fonctionne pas ainsi.

Les relations les plus riches, qu’elles s’inscrivent sous le signe de l’amour ou de l’amitié, sont celles qui se construisent dans le temps, en permettant aux individus de se compléter.

Ils construisent ensemble un monde qui donnera du sens à l’existence. Encore doit-on vouloir s’y engager et ne pas se replier sur son île dès que la vie se complique.
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Ayez une pensée et une prière pour eux.





mardi, mars 26, 2019

La posture de l'homme qui ne cède pas

Bock-Coté, Québecois en souffrance :




Beaucoup ne comprennent pas vraiment ce qu’écrit Bock-Coté.

Par exemple, Peter Hitchens et Gilles-William Goldnadel, avec qui je suis souvent en accord, reprochent à Trump d’être Trump (comme Alain Finkielkraut ou Philippe Bilger, que j’estime beaucoup moins).

Ils ne voient pas (ne veulent pas voir ?) que, dans un système aussi verrouillé que le nôtre, la contestation vient nécessairement d’un caractère rebelle, qu'il y faut un grain de folie, de donquichottisme, qu’espérer un homme pratiquant la politique de Trump avec un comportement policé est incohérent et vain.

Sans oublier la fonction très politique des outrances de Trump : montrer à ses partisans qu'il pratique la rupture avec le Système, qu'il ne se contente de la prôner.

Même Roger Scruton, qui est d’un autre calibre, me semble superficiel dans sa critique de Trump.

Je me demande si cet attachement un rien ridicule au respect des convenances n’est pas le paravent de la pusillanimité, le désir d’une autre politique sans rien bousculer et, en vérité, d’un changement sans changement.

Le temps est aux guerriers mais l’idéal du guerrier-philosophe à la Socrate ou à la Marc-Aurèle s’est éloigné depuis longtemps. Nos philosophes sont mous du genou et nos guerriers rase-moquette.



samedi, mars 23, 2019

Entre escrocs ...


Bien évidemment, comme d'habitude, l'extrême-gauche est l'allié objectif de la pire bourgeoisie d'argent.

Les Blacks blocks sont des escrocs au même titre que les macroniens car ils mentent sur ce qu'ils sont (d'un coté, des êtres vides qui s'amusent de violence ; de l'autre, des apatrides égoïstes).

Mathieu Bock-Côté: «Aux racines de la violence d'ultra-gauche»


Mathieu Bock-Côté


CHRONIQUE - Une société qui prend peur devant une bande de fanatiques encagoulés fantasmant sur une utopie anarcho-communiste révèle par effet de contraste sa dévitalisation.
Il ne sert à rien de critiquer le mouvement des «gilets jaunes» sans rappeler que la révolte des débuts, indéniablement légitime, n'a rien à voir avec la poussée émeutière de samedi dernier. Certes, une frange des premiers insurgés s'est radicalisée et ne sait plus trop comment s'arrêter. Plus encore, une crise qui s'éternise, quelle qu'en soit l'origine, favorise la remontée à la surface de la lie de la société. Les pulsions nihilistes se désinhibent. Les personnalités extrêmes, généralement écartées de la vie sociale, croient leur chance arrivée. Si on parle encore des «gilets jaunes» aujourd'hui, c'est essentiellement parce qu'une minorité militante entretenant un rapport décomplexé à la violence est parvenue à détourner la révolte à son avantage.
La possibilité de la violence est inscrite dans les replis intimes de la nature humaine, et à toutes les époques, elle a séduit une petite minorité qui croit s'accomplir à travers elle. Si la société démocratique parvient généralement à censurer la violence en apaisant les passions, elle n'y parvient jamais complètement. Comme l'avait noté Roger Caillois, c'est dans sa nature même de susciter la révolte des personnalités qui recherchent l'exaltation dans la vie publique, à la manière d'aventure romantique. Bien des jeunes hommes sont portés à ne voir dans la délibération démocratique qu'un vain bavardage et ne rêvent que d'action révolutionnaire. Ce sont alors les sectes politiques, idéologiques et religieuses qui les attirent, et même, qui parviennent à les hypnotiser.

«L'ultra-gauche se présente ainsi comme une aristocratie militante, qui prétend paradoxalement se battre pour une société absolument égalitaire»


Une civilisation qui refoule le désir de violence et d'aventure sans parvenir à le canaliser vers des institutions servant le bien commun le verra se retourner contre elle. L'histoire nous le confirme, il arrive qu'une idéologie parvienne à s'approprier cette pulsion, comme on l'a vu à l'époque du fascisme. C'est l'ultra-gauche qui canalise aujourd'hui cette violence en Occident. Bien des conversions à l'islamisme relèvent aussi probablement de cette quête d'une existence héroïque accouplée avec une aspiration explicitement sacrificielle. L'ultra-gauche se présente ainsi comme une aristocratie militante, qui prétend paradoxalement se battre pour une société absolument égalitaire.
Ses militants se croient illuminés par une vérité révolutionnaire révélée : derrière les apparences de l'ordre légal se cacherait une société fondamentalement indésirable. Un autre monde est possible à condition de mettre le feu au nôtre. À tout le moins, il faudrait jeter à terre son décor institutionnel pour qu'enfin se dévoilent les intérêts qui s'y affrontent, et que les dominants comme les dominés se voient pour ce qu'ils sont, sans fard idéologique. Mais ce grand dévoilement ne sera possible, jugent les militants d'ultra-gauche, qu'en poussant à leurs extrêmes les grandes contradictions sociales, pour qu'advienne une situation insurrectionnelle où la possibilité du compromis disparaîtra. C'est en allant jusqu'au bord du gouffre qu'on liquidera pour de bon l'illusion réformiste.
Concrètement, il s'agit de créer une situation révolutionnaire évacuant les modérés de la scène publique pour mettre en scène un combat à finir entre l'ultra-gauche insurgée, qui s'imagine réveiller les classes populaires et autres dominés de leur sommeil politique par une violence spectaculaire, et les forces de l'ordre, ramenées au statut de gardiennes d'un système avantageant exclusivement les bourgeois et les banquiers. Cette montée aux extrêmes est théorisée à la manière d'une lutte finale entre le fascisme et l'antifascisme, où tout est permis. L'ultra-gauche conteste le monopole de la violence légitime de l'État, qu'elle réclame désormais pour elle seule.

Stratégie du coucou

Mais l'ultra-gauche n'a pas les moyens politiques de ses ambitions théoriques. Pour arriver à ses fins, elle entend donc profiter des crises qu'elle ne saurait provoquer. C'est ce que nous rappelle Éric Delbecque dans son excellent ouvrage Les Ingouvernables (Grasset) en disant des black blocs qu'ils pratiquent la stratégie du coucou, consistant à faire son nid dans un mouvement social pour le détourner à leur avantage. Ils guettent alors les crises sociales dans l'espoir de les détourner et de les enflammer.
Il faut savoir tenir tête à l'ultra-gauche. Une société qui prend peur devant une bande de fanatiques encagoulés fantasmant sur une utopie anarcho-communiste révèle par effet de contraste sa dévitalisation. Mais quand pour restaurer son autorité perdue et en finir avec sa réputation humiliée, l'État mise sur une répression démesurée, presque vengeresse, seulement rendue nécessaire par sa faiblesse d'hier, qui a laissé dégénérer la situation, il risque d'enfoncer la société dans une crise encore plus grave. Rien n'est moins simple que de restaurer l'ordre dans une société où la tentation du chaos est sortie des marges et qui sent bien que bientôt encore, elle pourrait se faire sentir, sous un visage ou un autre.












dimanche, novembre 19, 2017

Des individus, et une société, malades de narcissisme

Exécution médiatique

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Peut-être faudrait-il aussi réflé­chir à cette étrange société qui se met en place, où le ressenti de chacun devient un absolu. Suffit-il de se sentir brusqué par un professeur pour transformer cela en traumatisme éternel qui justifierait une vengeance sans fin ?

Fabriquons-nous une humanité exagérément fragile et vengeresse ?
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Ingrid Riocreux, toujours très pertinente, à propos d'un reportage, évidemment laudateur, sur les « transgenres ».

Transgenres sur M6 : le sexe en zone trouble


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Derrière le ton guilleret et enthousiaste de la voix off, malgré les grandes musiques envahissantes censées nous tirer des larmes d’attendrissement bienveillant, ce reportage est donc particulièrement triste. Et l’on a l’impression d’être invité à se réjouir d’assister à autant de suicides qu’il y a de témoins. D’abord le suicide symbolique : le changement de prénom qui s’accompagne de propos du type « cette personne n’existe plus ». L’automutilation avec les sévices infligés au corps, soit directement (« Iris » racontant les douleurs que lui impose la nécessité de faire disparaître son sexe d’homme quand il s’habille), soit par une intervention que l’on peut difficilement qualifier de médicale (« ils ont un corps sain, nous leur donnons un corps imparfait », dit le médecin). Et au bout, parfois, l’auto-éradication réelle et absolue : « le taux de suicide est plus élevé que la moyenne chez les jeunes transgenres » (45:36). Et l’on nous donne l’exemple d’un ado qui s’est suicidé… parce que son école refusait son changement de prénom !

« Respecte mon choix » = approuve ou ferme ta gueule !

De fait, on ne peut qu’être dérangé par l’obsessionnel besoin que manifestent ces personnes d’être approuvées dans leurs choix. Choix de changer de sexe, de prénom, choix d’être opéré, choix de n’être pas opéré. Or, faire un choix, c’est toujours s’exposer à la critique. L’expression « respecter le choix de quelqu’un » n’a aucun sens : si l’on doit évidemment respecter tout le monde, on n’est absolument pas tenu d’approuver les choix de chacun. On est même parfaitement libre de les critiquer, de les réprouver, de les juger dégradants, de considérer que justement, le respect que l’on doit à toute personne humaine nous interdit de cautionner ce que ces gens se font à eux-mêmes. Et à leur entourage, contraint de les « accepter tels qu’ils sont », ou de passer pour méchant.

Et en observant les témoins choisis, on se prend à se demander si cette focalisation sur une hypothétique « dysphorie de genre » ne cache pas autre chose : un besoin maladif d’exister dans le regard d’autrui (« Laura » se filme en permanence) ou une manière détournée de surmonter une disgrâce physique (« Isaac » est obèse, « Cédric » et « Iris » souffrent manifestement de problèmes dermatologiques). En définitive, ce « problème » semble un moyen d’absorber tous les autres soucis de la vie, une version morbide du divertissement pascalien : oubliant tout, persuadées de tenir la clef de leur bonheur, ces personnes sacrifient leur vie à devenir, toujours plus, autres qu’elles-mêmes.

Je ne suis pas en train de nier la réalité de ce que ressentent ces gens. Sans entrer dans les détails, je dirai qu’il n’est pas facile de se construire en tant que femme auprès d’une mère qui dit « Quel dommage que ce soit fixé d’avance ! Il faut vivre le plus longtemps possible en faisant comme si on avait le choix ». C’est une institutrice qui m’a appris que j’étais une fille et je suis longtemps restée persuadée que ce verdict n’avait rien de définitif. Mais un jour, on se dit que ce qui est formidable, c’est justement le fait qu’on n’ait pas le choix, donc que le problème est réglé et qu’on peut se consacrer à des choses plus importantes. Tellement plus importantes que le petit moi-même.

Ma chance aura sans doute été de ne jamais rencontrer, durant mon enfance et mon adolescence, personne qui me parle de « personnalité à genre fluide » ou de « transgenre » (« Isaac » a un déclic le jour où elle tombe sur ce mot en surfant sur le web), de n’avoir pas internet, de ne pas me monter la tête en regardant, comme le fait « Cédric », les vidéos des youtubeurs trans. Sinon, qui sait, peut-être que moi aussi, aujourd’hui, je serais quelque chose entre le cobaye de labo et la bête de foire, et vous me verriez choisir la taille de mon phallus comme « Laura » celle de ses seins, tout en déplorant au micro d’M6, que le monde se montre si peu compréhensif envers moi.
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vendredi, novembre 03, 2017

L’infantilisation de la politique

L’infantilisation de la politique

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On l’a constaté, depuis son élection, l’ancien professeur de théâtre Justin Trudeau n’est jamais aussi heureux que lorsqu’il peut se déguiser. Dès qu’il trouve une fête folklorique ou religieuse, il enfile le costume de la communauté en question.

Certes, il symbolise bien ici le Canada multiculturaliste, qui embrasse toutes les identités parce qu’il n’en a aucune.

Mais surtout, il exemplifie ce qu’on pourrait appeler l’infantilisation de la politique. Le premier ministre ne veut plus convaincre, il veut plaire, et n’est jamais aussi heureux que lorsqu’il peut transformer son travail en jeu de rôle devant un électorat qu’il suppose rempli d’analphabètes politiques.

Traditionnellement, la politique incarnait avec sérieux le destin collectif.

Un homme politique, une fois élu, était censé prendre de la hauteur. Il était responsable d’une chose aussi grave que l’avenir du pays. Mais qui parle ainsi aujourd’hui risque la moquerie. On lui dira de se décoincer. De relaxer. Un premier ministre, d’abord et avant tout, doit être cool. C’est ainsi qu’il charmera les masses. C’est la politique adaptée au modèle de la téléréalité.
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 Bien entendu, cette infantilisation de la politique n'est pas innocente. Elle vise, avec succès hélas, à remplacer la raison par l'émotion, « Trudeau fait la bonne politique » par « Trudeau est sympa ».

Je crois que, ce mouvement étant très lié à l'effondrement de l'intelligence des Occidentaux, il est profond et très difficilement réversible.



Mais dites moi, un dirigeant qui adore se déguiser, ça ne vous rappelle rien ?












mardi, octobre 18, 2016

La cause du peuple (P. Buisson)

Matthieu Bock-Coté a publié la recension de La cause du peuple que je m'apprêtais à vous écrire. C'est pourquoi je vais en citer de larges extraits :

Mathieu Bock-Côté : après la polémique, ce qui restera du livre de Patrick Buisson

Seul bémol, je trouve le style Buisson assez lourd et non dénué de préciosités.

Mais son livre reste un plaisir parce que, comme Zemmour, il a intériorisé l'histoire de France et en a une vision globale et personnelle. On est loin des pédanteries et des pinaillages, c'est-à-dire, des idioties, des demi-intellectuels gauchistes.

Le fact checking n'est que la version cuistre et journalistique, sans exclure des explications plus déshonorantes,  de « Le sage montre la lune, l'imbécile regarde le doigt ». Par exemple, peu importe qu'il y ait 4 millions de musulmans en Franc ou 8 millions, quand on compte en millions, c'est déjà trop.

Chesterton a écrit tout un livre sur un poète sans une seule citation exacte (!) et, pourtant, les spécialistes de ce poète considèrent son analyse comme excellente. Je ne suis pas en train de plaider en faveur de l'inexactitude mais de l'intelligence.

Les pseudo-penseurs le nez sur le guidon m'insupportent de plus en plus. C'est pourquoi j'ai plaisir à lire Zemmour et Buisson.

Et maintenant, citons Bock-Coté :


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« Un brulot ». Un « livre à charge ». Un « règlement de comptes », ajoutèrent certains. C'est ainsi qu'on a accueilli La cause du peuple (Perrin, 2016), le dernier livre de Patrick Buisson, en prenant bien la peine de rappeler, comme à l'habitude, tout son parcours idéologique, comme s'il fallait mettre en garde le commun des lecteurs contre lui. Ces mises en garde faites, on a tout fait pour réduire cet ouvrage à une compilation de confidences et d'indiscrétions, comme s'il se livrait à la manière d'un petit tas de secret sur la Sarkozie. En gros, ce serait un livre de ragots. Comment ne pas voir là une autre preuve que la plupart du temps, les journalistes ne lisent pas vraiment les livres dont ils parlent? Ou s'ils les ont lu, qu'ils se fichent bien de l'essentiel. Ou alors, peut-être ont-ils décidé d'enterrer celui qu'on veut à tout prix faire passer pour un mauvais génie? Chose certaine, ils ne se sont pas intéressés à l'analyse de notre situation historique que Buisson a pris la peine d'élaborer sur plus de 400 pages, avec un bonheur d'écriture indéniable: on se contentera d'y coller une sale petite étiquette radioactive pour en faire un infréquentable personnage. Le vrai pouvoir de la gauche médiatique, c'est de décerner des certificats de respectabilité auxquels on prête encore de la valeur.

Et c'est dommage. Très dommage. Car La cause du peuple est probablement un des livres les plus importants paru ces dernières années - j'ajouterais, un des plus passionnants.

[…]

Qu'il s'agisse de la question de l'autorité de l'État, de l'immigration ou des questions sociétales, Buisson revient toujours à la charge en rappelant une chose fondamentale : le peuple français fait une expérience pénible de sa désagrégation : ce constat est vrai pour l'ensemble des peuples occidentaux. Il voit ses symboles s'égrener, ses repères se brouiller, son identité s'émietter. Il se sent de plus en plus devenir étranger chez lui. Ses aspirations profondes sont étouffées, et mêmes déniées. On les présente comme autant d'archaïsmes ou de phobies alors qu'il s'agit d'invariants anthropologiques que la civilisation avait traditionnellement prise en charge et mise en forme. La vocation du politique, nous dit Buisson, est d'abord conservatrice: il s'agit de préserver une communauté humaine, qui est une œuvre historique vivante, et non pas toujours de la réformer pour l'adapter à la mode du jour. Il y a dans le cœur humain un désir de permanence qu'on doit respecter. Lorsqu'on le nie, on pousse l'homme à la solitude extrême, puis à la détresse.

[…]

C'est en puisant directement dans la légitimité populaire que Buisson entend régénérer le pouvoir, le déprendre des nombreuses gangues qui l'enserrent comme le droit européen ou international ou encore, les nombreux corporatismes qui entravent la poursuite de l'intérêt général. Mais, ajoute-t-il, la gauche ne pense pas trop de bien de ce retour au peuple, puisque depuis très longtemps, elle se méfie des préjugés du peuple, qui se montre toujours trop attaché à ses coutumes: elle rêve d'une démocratie sans le peuple pour la souiller de ses mœurs. C'est l'histoire du rapport entre le progressisme et le peuple dans la modernité. Dans le cadre de la campagne de 2012, Buisson cherchera quand même à convaincre Nicolas Sarkozy de miser sur une politique référendaire qui pourrait faire éclater le dispositif annihilant la souveraineté. Il n'y parviendra pas vraiment, même s'il poussera le président-candidat à renouer avec une posture transgressive.

[…]

On me pardonnera de le redire, mais on aurait tort de voir dans cet ouvrage essentiel une bête charge contre un homme désaimé. En fait, quiconque recense La cause du peuple est condamné à ne rendre que partiellement compte de l'exceptionnelle réflexion qui s'y trouve. Buisson, en fait, fait le portrait de la misère d'une époque qui a le culot de se croire presque irréprochable alors qu'elle pousse les hommes à la misère affective et spirituelle et finalement, à une solitude si violente qu'elle représente peut-être la pire misère qui soit. En creux, il formule un programme de redressement qui est moins fait de mesures ciblées que d'un appel à renouer avec une idée de l'homme autrement plus riche que celle qui domine en modernité avancée: il n'y aura pas de réforme politique sans réforme intellectuelle et morale, dirait-on. L'homme politique ne doit plus voir devant lui une société flottant dans un éternel présent où se meuvent des individus bardés de droits mais un peuple historiquement constitué. Et il doit moins se présenter comme un habile gestionnaire du présent que comme un homme incarnant le passé, le présent et l'avenir d'une civilisation.

Si Nicolas Sarkozy savait parler et faire de bons discours, il ne savait finalement pas incarner sa fonction et encore moins son pays. À lire Patrick Buisson, c'était un comédien de talent qui n'avait pas de vocation sacrificielle. Buisson a échoué a en faire le grand homme qu'il aurait peut-être pu être. Pouvait-il en être autrement? On comprend pourquoi la figure du général de Gaulle hante les pages de La cause du peuple. Mais il ajoute: «de n'avoir pas réussi la mission que je m'étais donnée ne prouve rien. D'autres, je le sais, viendront après moi pour dire et redire que ne font qu'un la cause du peuple et l'amour de la France» (p.442). Un pays dure tant que dure dans le cœur des hommes le désir qu'il persévère dans son être: la flamme de la résistance doit toujours être portée pour un jour le faire renaître mais il arrive qu'ils soient bien peu nombreux à la maintenir. Ce qui habite Patrick Buisson, manifestement, c'est l'espérance d'une renaissance française.

La cité a quelque chose de sacré: à travers elle, l'homme fait l'expérience d'une part essentielle de lui-même, qui le transcende, qui le grandit, qui l'anoblit. « Aimer la France, dit-il, ce n'est pas aimer une forme morte, mais ce que cette forme recèle et manifeste d'impérissable ». Et Buisson ajoute: « Ce n'est pas ce qui mourra ou ce qui est déjà mort qu'il nous faut aimer, mais bien ce qui ne peut mourir et qui a traversé l'épaisseur des temps. Quelque chose qui relève du rêve, désir et vouloir d'immortalité. Quelque chose qui dépasse nos pauvres vies. Et qui transcende notre basse époque. Infiniment » (p.442-443). La cité est gardienne d'une part de l'âme humaine et elle ne saurait bien la garder sans un véritable ancrage anthropologique. Mais elle ne saurait, heureusement, se l'approprier complètement et il appartient aux hommes qui croient à la suite du monde de la cultiver, d'en faire le cœur de leur vie, pour transmettre ce que l'homme ne peut renier sans se renier lui-même, pour honorer ce qu'on ne saurait oublier sans s'avilir intimement.
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jeudi, août 18, 2016

Allez hop, un article sur le burkini

Burkini : derrière la laïcité, la nation

Pas de révélation, rien que du très connu sur ce blog : halte au fétichisme juridique. Vive la politique ! Vive la nation ! Vive la France !

dimanche, mai 01, 2016

Mathieu Bock-Côté : « L'homme sans civilisation est nu et condamné au désespoir »

Certains m'ont réclamé cet article. Le voici :

Mathieu Bock-Côté : « L'homme sans civilisation est nu et condamné au désespoir »

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En un sens, le multiculturalisme ne peut pas gagner : il est désavoué par le réel, par la permanence de l'authentique diversité du monde. Il pousse à une société artificielle de carte postale, au mieux ou à la décomposition du corps politique et au conflit social, au pire. Et il est traversé par une vraie tentation autoritaire, chaque fois. Mais il peut tous nous faire perdre en provoquant un effritement de nos identités nationales, en déconstruisant leur légitimité, en dynamitant leurs fondements historiques.

Et pour la France, permettez-moi de lui souhaiter une chose: qu'elle ne devienne ni les États-Unis, ni le Canada, mais qu'elle demeure la France.
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J'ajoute celui-ci :

« Entre bobos et barbus, ma rue Jean-Pierre Timbaud »