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lundi, décembre 30, 2019

Les racines chrétiennes de l'Europe ou les racines européennes du christianisme ?

Les racines européennes du christianisme, ou l’impasse politique du pape François.

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C’est probablement ici que la défiance grandissante des catholiques européens vis-à-vis de François trouve son explication. Pour François, l’église a fondé l’Europe mais ne résume pas à elle. Mais les faits sont têtus : une lecture inversée de l’histoire montre que c’est plutôt la pensée européenne qui a modelé le christianisme à son image. Et que le « décolonisation » de l’église se traduira par sa disparition rapide… comme si son sens se vidait.
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samedi, décembre 21, 2019

« Satan a reparu visiblement dans le monde » (Bernanos)

Pour un chrétien solide (sur le plan dogmatique, je n'ai pas cette prétention sur le plan du comportement), c'est très simple : le refus conscient de Dieu est satanique (1). Ca n'épuise pas le sujet, bien sûr, ça permet au moins de le cadrer et de ne pas verser dans les explications à la con.

Mais nous méritons ce qui nous arrive : quand quelqu'un se plaint de l'islamisation ou du saccage des églises et autres marques d'anti-christianisme, je finis toujours par lui dire : « Mon gars tu as une solution simple : il y a une église près de chez toi, va à la messe tous les dimanches et je t'assure que si tous ceux qui ont les mêmes plaintes que toi le faisaient, ces problèmes disparaitraient vite. Non ? Tu as piscine ?

Ah oui, tu aimerais bien que la France reste chrétienne mais sans que tu aies à sortir de ton lit le dimanche. Un peu comme le type qui aimerait une armée pour le défendre, mais sans faire de service militaire ».

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Mathieu Bock-Côté: « Réflexions sur l’antichristianisme primaire »

CHRONIQUE - Le moindre commentaire critique à l’endroit de l’islam est transformé en scandale médiatique alors que le procès systématique du catholicisme est banalisé.

Par Mathieu Bock-Côté

«Le vandalisme contre les églises ne semble pas émouvoir exagérément les médias, qui n’y voient généralement qu’une série de faits divers sans signification politique », estime Mathieu Bock-Côté.

L’agression contre une crèche vivante à Toulouse le 14 décembre dernier avait quelque chose de sidérant. On a compris qu’elle était le fait de militants radicaux déambulant à la fin d’une manifestation qui n’ont pu cacher leur hostilité devant cette expression de la religion populaire. Le catholicisme suscite apparemment chez eux une aversion irrépressible. « Stop aux fachos ! ». Le slogan lancé par ces manifestants apparemment anticapitalistes, aussi stupide soit-il, est révélateur de l’empoisonnement idéologique du vocabulaire politique par des termes n’ayant plus aucun rapport avec la réalité. L’homme de notre temps, lorsqu’il veut maudire quelque chose, est-il capable de ne pas la réduire au fascisme ?

Que l’attaque ait été préméditée ou non ne change rien à l’hostilité affichée à l’endroit de ceux qui témoignaient paisiblement leur foi, même si plusieurs médias ont voulu relativiser l’agression, en expliquant qu’elle n’avait pas vraiment eu lieu ou qu’elle ne serait finalement qu’un fâcheux incident. Comme d’habitude. Soyons toutefois sans crainte : s’il fallait un jour que des hooligans troublent les prières de rue musulmanes, on décréterait assurément la République en danger et les cortèges citoyens défileraient à Paris en disant « plus jamais ça », avec la classe politique au premier rang. Nous aurions alors droit aux discours les plus emportés sur le vivre-ensemble à sauver.

De même, le vandalisme contre les églises régulièrement rapporté ne semble pas émouvoir exagérément les médias, qui n’y voient généralement qu’une série de faits divers sans signification politique. On l’explique rarement, sinon jamais, par la haine, un sentiment apparemment réservé aux populations majoritaires, dans leurs rapports avec les minorités, toujours victimes de la société où elles se sont installées. Il est difficile de ne pas voir là une forme singulière d’asymétrie symbolique. Le moindre commentaire critique à l’endroit de l’islam est théâtralisé et transformé en scandale médiatique, alors que le procès systématique du catholicisme est banalisé.

Si l’antichristianisme ne prend pas toujours une forme aussi brutale, il semble toutefois bien imprégné dans le discours public dominant. On l’a encore vu dans une étrange publicité de Monoprix qui a beaucoup circulé sur les réseaux sociaux cette semaine. À l’approche des fêtes de fin d’année, formule qui se substitue de plus en plus aux fêtes de Noël, l’entreprise invitait ses clients à réveillonner en s’affranchissant de la « tradition », qui ne tiendrait pas suffisamment compte de la diversité des situations familiales et qui nous enfermerait dans un calendrier usé, déphasé et désuet.

Étrange formulation, qui présente la tradition à la manière d’une contrainte symbolique dont les hommes de notre temps devraient s’affranchir pour vivre enfin libres. Le pragmatisme commercial masque ici une forme de relativisme déconstructeur. Que des publicitaires aient pu imaginer une telle manière de vendre leurs produits en dit beaucoup sur l’image qu’ils se font de la société française. Un jour, on en trouvera pour vouloir effacer toutes les références chrétiennes du calendrier, pour éviter qu’il ne soit discriminatoire envers ceux qui ne s’y reconnaissent pas. Pourquoi s’entêter à fêter Noël le 25 décembre ? Et pourquoi continuer de confondre l’an zéro avec la naissance du Christ ?

Ces manifestations d’antichristianisme primaire ont bien moins à voir avec la poursuite de la laïcité, dont nul ne contestera la nécessité pour reconstituer un monde commun dans une société fragmentée, qu’avec une forme d’aversion décomplexée à l’endroit de tout ce qui ressemble d’une manière ou d’une autre aux symboles historiques distinctifs de la civilisation occidentale. On prétend construire une société inclusive ouverte à toutes les croyances : en fait, on prépare un monde vide, hostile à son héritage, devenu étranger à lui-même.

Faut-il vraiment rappeler que le catholicisme, en France, n’est pas qu’une religion mais la matrice d’une civilisation ? Et si l’État doit sans le moindre doute être neutre devant les convictions de chacun, il ne saurait l’être par rapport à l’identité historique qui le fonde, à moins de consentir à sa désincarnation. On pourrait consacrer un long développement pour rappeler cette évidence mais il suffit de rappeler la portée symbolique de l’incendie de Notre-Dame de Paris en avril dernier pour s’en convaincre. Qu’il soit devenu audacieux de mentionner les racines chrétiennes de la France a quelque chose d’absurde.

L’antichristianisme primaire si complaisamment ignoré par les médias n’est peut-être rien d’autre qu’un autre symptôme de cette passion morbide bien singulière qu’est la haine de soi. Comme si une société progressait en s’effaçant. Comme si elle s’humanisait en se dénoyautant. Comme si elle grandissait en se déracinant.
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(1) : aujourd'hui, le refus de Dieu passe souvent par le chemin hypocrite du refus de la tradition (rien n'existe avant moi, je n'hérite de rien, je me suis fait tout seul), jusqu'à la Maitrise de Notre Dame  (l'Eglise est très malade puisqu'elle a porté à sa tête un idolâtre, hérétique et schismatique, excusez du peu. Pas étonnant que cette maladie se manifeste un peu partout) :

Entendra-t-on encore le chant grégorien àNotre-Dame de Paris ? Les amoureux du chant grégorien craignent que derrière le licenciement du professeur de musique sacrée médiévale de Notre-Dame de Paris, justifié par des motifs économiques, se cache une volonté de moderniser le répertoire de la Maîtrise.




vendredi, novembre 29, 2019

Déchristianisation et prédisposition à la servitude.

Nous vivons une dérive liberticide très inquiétante car non pas circonstancielle mais fondamentale. L'horreur des LBD qui éborgnent les Gilets Jaunes et les juges qui les condamnent à la chaine, avec une sévérité qu'on ne leur connaît pas pour la racaille, ne sont que des symptômes d'un mal plus profond.

François Sureau a bien analysé cette dérive liberticide comme un millénarisme conséquence de la déchristianisation.

Nous sommes passés du péché originel au rousseauisme. Le Mal nous est insupportable, nous ne savons plus l'interpréter, il ne cadre plus avec notre paysage mental.

Puisque le Mal ne sera pas puni par le Jugement Dernier, il faut l’empêcher ici et maintenant et, comme chaque liberté est une occasion de faire le mal, il faut limiter les libertés et sonder en permanence les reins et les cœurs. Tout cela se traduit très concrètement dans des lois très liberticides (ce n'est pas Eric Zemmour qui me démentira !).

Or, quand je discute avec les jeunes, le christianisme, c'est l'inquisition, les croisades (évidemment, vues très négativement) et la pédophilie. Bravo l'école de « larépublique », Hollywood et Canal Plus.

Certes, le christianisme n'est pas le seul moyen de lutter contre la servitude, mais il est tout de même un outil majeur sous nos latitudes. Nos jeunes n'ont aucune arme intellectuelle contre la servitude. Pour commencer, ils ne savent même pas la reconnaître.

Car, pour se préserver soi-même de la servitude, il ne faut pas seulement répéter comme des perroquets que la servitude, c'est mal. Il faut avoir des idées, des principes, des références, une profondeur, qui permettent de voir arriver la servitude, d'en comprendre les mécanismes et les instruments, d'imaginer des antidotes.

Pour faire l'apologie du christianisme, c'est facile de citer Saint François d'Assise et Saint Vincent de Paul. Ils correspondent bien à notre époque féminisée, mais pas très pertinents s'agissant du combat contre la servitude.

Je préfère citer Saint Louis et le cardinal Richelieu. Il y a aussitôt un écrémage des interlocuteurs sous divers prétextes, beaucoup se carapatant lâchement. Mais, avec ceux qui restent, peut s'engager une conversation intéressante sur la liberté collective et la liberté individuelle.

samedi, novembre 16, 2019

Un monde post-chrétien n'est pas neutre, il est anti-chrétien.

Post-Christian America?

Je suis d'accord avec cet article : un monde post-chrétien n'est pas neutre, il est anti-chrétien.

Ce n'est pas la même chose de ne pas avoir connu le Christ et de l'avoir connu puis l'avoir rejeté.

La vogue de l'islam a des racines très profondes dans la psychologie. Le clientélisme est un phénomène de surface. Mais, au fond, l'islam en occident est à la mode, reçu avec une indulgence proprement extraordinaire, favorisé par action et par omission, parce qu'il est l'anti-christianisme par excellence.

Cette faveur par anti-christianisme est explicite chez un Mélenchon, mais je pense que c'est implicite, peut-être inconscient, chez tous les compagnons de route de l'islamisation de l'occident (même quand ce sont des prêtres !).


mercredi, octobre 24, 2018

Sermon de Saint Thomas d'Aquin aux enfants et aux robots (S. Lapaque)

Sous prétexte d'apparition de Saint Thomas d'Aquin à une émission de « débat » télévisuel, Sébastien Lapaque utilise l'aquinate pour dézinguer le transhumanisme.

Il flingue aussi les petits marquis de l'écran, on reconnaît assez bien Ardisson et d'Ormesson par exemple.

Le coeur de l'argument est que le transhumanisme n'a rien de nouveau, qu'il y a eu toujours des hommes qui ont fantasmé d'échapper à la mort et de vivre éternellement.

Mais Saint Thomas a montré, démontré, que l'âme et le corps sont inséparables en ce monde, ce qui le transhumanisme vain.

J'avoue me sentir de moins en moins concerné par notre monde de cinglés. Je sais bien que lui ne me laissera pas en paix. Je fais avec.

J'ai une dilection particulière pour les saints de cette époque : Saint Louis, Saint François D'Assise, Saint Thomas d'Aquin ...

Ils ont une pureté d'être : ils sont pleinement ce qu'ils sont.

jeudi, octobre 04, 2018

Le christianisme n'est pas un humanisme




La faute théologique consistant à faire du christianisme un humanisme date de Paul VI. Elle est donc très récente.

Mais elle est gravissime et elle n'est pas pour rien (euphémisme : elle est même tout) dans la crise des affaires pédérastiques dans l'Eglise.




lundi, avril 02, 2018

Christ est ressuscité






Catéchisme : Le Christ est ressuscité le troisième jour, vainquant la mort pour les chrétiens (d'où la croyance en la résurrection de la chair et en la vie éternelle). Après quelques apparitions à ses disciples, il est monté aux cieux et leur a envoyé l'Esprit Saint, à la Pentecôte.

samedi, mars 31, 2018

Dieu est mort




Puisqu'il paraît que la culture chrétienne se perd, ajoutons une petite leçon de catéchisme.

Les chrétiens croient que Jésus est Dieu fait homme et qu'il a accepté de mourir sur la croix pour racheter nos péchés, « pour nous les hommes et pour notre Salut ».

Pour les chrétiens, Dieu meurt le Vendredi Saint sur la croix (Nietzsche n'est pas très original) et ressuscite, vainqueur de la mort, le dimanche de Pâques. Les Impropères du Vendredi Saint sont un chant où Jésus-Dieu reproche à son peuple le mal qu'il lui a fait. C'est un des chants les plus anciens de la liturgie.

Le Samedi Saint est donc ce temps de latence où Dieu est mort, est descendu aux Enfers (qui, paraît-il, d'après le pape François, n'existent pas) et pas encore ressuscité. C'est un temps de ténèbres.

L'effondrement du christianisme en France, pourquoi ?

« Le destin religieux de la France n'est pas indifférent à celui de l'Église universelle »

Je vous transcris cet article presque intégralement tant il me semble fondamental :

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Le titre de votre livre est Comment notre monde a cessé d'être chrétien. De quel « monde » parlez-vous ? Après tout, on pourrait facilement vous objecter que le christianisme progresse à l'échelle mondiale…

Guillaume CUCHET. - En effet. Mon objet est le catholicisme français, ce qui ne préjuge pas de ce qui se passe ailleurs, même s'il ne faut pas oublier qu'au XIXe siècle la France était la première puissance catholique en termes démographiques et que les trois quarts des missionnaires catholiques dans le monde étaient français. Le destin religieux de la France n'est donc pas indifférent à celui de l'Église universelle. Je ne crois pas à la thèse d'Emmanuel Todd de la «crise terminale du catholicisme français» lequel, pour un malade à l'agonie, me paraît au contraire assez en forme. Simplement (mais c'est décisif) le catholicisme a changé de format de façon spectaculaire et, pour partie, de sociologie. Le titre du livre attire l'attention sur le fait qu'en devenant minoritaire et en passant sous une certaine barre statistique, ses effets sociaux et culturels ne sont plus du tout les mêmes.

De quand date ce grand effondrement? Pouvez-vous en décrire l'ampleur ?

La déchristianisation est une vieille histoire en France qui remonte au moins à la Révolution. À l'intérieur de ce processus de longue durée, qui n'a été ni linéaire ni univoque (il y a eu des phases de reprise religieuse limitées, la dernière en date dans les années 1930-1960), une rupture de pente s'est produite au milieu des années 1960, d'une importance comparable à celle de la Révolution. Dans les vingt ans qui ont suivi la Seconde Guerre mondiale, l'Église de France s'est lancée dans des opérations de comptage des pratiquants massives destinées à éclairer sa pastorale et à favoriser la reconquête chrétienne du pays. Au seuil des années 1960, elle avait conclu à la stabilité globale des taux dans la longue durée, moyennant une pente légèrement déclive, un peu déprimante certes parce qu'on n'arrivait pas à redresser les courbes, mais qui préservait a priori de toute mauvaise surprise. Or, au moment même où s'imposaient ces conclusions, vers 1965-1966, les courbes se sont mises à plonger. Pour illustrer le phénomène, je citerais simplement deux séries de chiffres. En 1965, 94 % de la génération était baptisée dans les trois mois après la naissance contre 30 à 35 % aujourd'hui dans les sept ans ; 25 % des adultes allaient à la messe tous les dimanches (moyennant des contrastes locaux très importants) contre moins de 2 % aujourd'hui.

Vous dites que Vatican II a été le « déclencheur » de l'effondrement de la pratique. Pourquoi ?


Je suis reparti des constats faits à l'époque par le chanoine Boulard qui était le grand spécialiste de ces questions dans l'Église. Les courbes plongent brutalement autour de 1965, l'Église perdant du quart au tiers des pratiquants du début des années 1960 (des jeunes surtout) en deux ans. Il faut bien qu'il y ait eu un événement derrière une telle rupture et on ne voit pas bien quel autre que le concile pourrait avoir joué ce rôle-là. Mai 1968 a amplifié une vague qu'il n'a pas créée. On a eu longtemps du mal à en convenir dans l'Église parce qu'on avait peur, ce faisant, d'apporter de l'eau au moulin des adversaires du concile qui ont depuis longtemps planté leur drapeau noir sur cette fâcheuse «coïncidence». Ma thèse est que le concile a non pas provoqué la rupture au sens où elle aurait pu ne pas avoir lieu sans lui, puisqu'elle a eu lieu dans les pays protestants et qu'elle procède de causes socioculturelles plus larges, mais qu'il l'a déclenchée tout en lui donnant une intensité particulière.

Toute la question - mais combien complexe - est de savoir ce qui dans le concile (dans ses textes, leur interprétation, la manière dont ils ont été appliqués, ses effets indirects) a pu jouer un tel rôle. La réforme liturgique, adoptée dès décembre 1963, a un peu obsédé la discussion. Elle a masqué à mon avis un changement plus décisif intervenu dans le sens même de la pratique : la sortie brutale de la culture de la pratique obligatoire sous peine de péché grave longtemps très insistante en catholicisme.

Dans la « carte Boulard » présentant une photographie de la France chrétienne, avant l'effondrement, on voit des disparités géographiques très importantes. À quoi sont-elles dues ?

La première édition de la Carte religieuse de la France rurale date de 1947. C'est un des documents les plus fascinants de l'histoire de France. Elle montre à la fois l'ampleur des contrastes religieux régionaux (sans équivalent ailleurs en Europe) et une géographie d'ensemble de la France chrétienne très singulière. Un même dimanche des années 1950, la pratique pouvait varier de 100 % dans un bourg du nord de la Vendée à 0 % dans le Limousin. En quelques kilomètres on pouvait changer de monde religieux.

[…]


Cette carte est-elle toujours d'actualité ?

Elle n'a pas totalement disparu mais elle n'existe plus vraiment comme carte de la pratique et des croyances, plutôt comme carte culturelle et anthropologique. Par exemple dans la carte des dons du sang en France, ce qui n'est pas tout à fait anodin symboliquement.

[…]

L'Église est-elle devenue en France trop élitiste ?

Dans les années 1970, il y a eu dans l'Église toute une controverse sur la «religion populaire» perçue par les uns comme une chose positive à préserver et par les autres comme une sorte de poids mort dont il fallait se débarrasser. Quelles qu'en soient les raisons, le fait est que le catholicisme populaire «autochtone» a beaucoup diminué parmi nous.
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Evidemment, ce texte me conforte dans une conviction que je vous ai souvent souvent répétée.

Pour comprendre le destin de l'Eglise, la sociologie c'est intéressant, la politique pourquoi pas, l'histoire évidemment, mais la théologie est toujours première.

Or, ce que dit Guillaume Cuchet (il le dit plus fermement dans d'autres entretiens), c'est que les clercs ont cessé de croire au péché originel, et donc à l'enfer, et donc au rôle rédempteur du Christ, et donc à la mission de l'Eglise, car tout se tient.

Et une fois que les clercs ont renoncé au dogme qui fonde la mission de l'Eglise, pourquoi les laïcs continueraient-ils à aller à l'église ? Au fond, les laïcs déserteurs ne font qu'être cohérents avec les croyances des clercs, qui sont inconséquents.

La cerise sur le gâteau du désastre théologique (si vous me permettez cette image audacieuse), c'est ce saligaud de pape François Zéro qui met en doute l'existence de l'enfer.

Certes, le catholicisme progresse dans le monde, mais, justement, dans des zones où le Mal est une évidence : guerre, famine, pauvreté, criminalité. Les couilloneries de nos clercs repus mal avisés ne prennent pas dans ces endroits là.






lundi, janvier 01, 2018

Ponce Pilate (A. Schiavone)

Deuxième livre tout à fait remarquable que je lis cette année  2017 (in extremis - j'ai fini de le lire ce matin) concernant les Evangiles et venant d'Italie (après le Selon Saint Marc de S. Veronesi).

Aldo Schiavone n'est pas un fantaisiste. C'est un spécialiste du droit romain.

Par exemple, il nous explique que la scène du lavement des mains de Pilate est invraisemblable : un préfet romain, dont tout le reste indique qu'il se comporte en romain, accomplissant un geste rituel juif ? Ca ne tient pas la route.

En revanche, Schiavone utilise un critère bien connu des exégètes : ce qui, dans les Evangiles, est original, ce qui dérange, est probablement authentique. L'exemple le plus fondamental est la crucifixion : vu que les chrétiens ont mis plusieurs siècles avant d'oser la représenter tellement elle les choquait, les premiers chrétiens ne l'auraient pas inventée, elle est probablement authentique.

Or, Schiavone met bien en valeur l'originalité du dialogue entre Pilate et Jésus (1), ce qu'il a d'inédit, cette musique qui sonne vrai.

Schiavone n'écrit pas en universitaire abscons et imbitable (ce fameux style universitaire qui me fait considérer que fusiller quelques universitaires pour l'exemple serait un gros service rendu à l'humanité), il parle clair et net.

Il sait que son sujet est important :

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Cette scène [du dialogue entre Jésus et Pilate] est d'une puissance symbolique sans égale : dans la sobriété des moyens expressifs qui caractérisent le récit de Jean se concentre une force évocatrice irrépressible. Le nombre incalculable de théories et de faits que cette courte scène d'images et de réflexions n'a cessé de produire depuis deux millénaires rétroagit sur sa lumière et rend son éclat presque insoutenable. C'est une scène historiquement convaincante, comme le laisse apparaître sa description.
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Le dialogue entre Pilate et Jésus n'a guère d'équivalent dans l'histoire. Créon et Antigone ? C'est de la fiction. Le procès de Socrate ? Le récit n'en est pas aussi puissant. Bien sûr, il y a le procès de Jeanne d'Arc à Rouen, mais il n'en a pas la concision.




Ce livre, pour plaisant qu'il soit, a cependant un défaut : il est mal à l'aise sur le terrain de la théologie.

Vous me direz que c'est normal, que l'auteur est historien et fait oeuvre d'historien.

D'accord, mais alors son livre perd tout intérêt : si Jésus n'est pas celui dont les chrétiens croient depuis deux mille ans qu'il est Dieu fait homme, il n'est plus qu'un prophète juif parmi d'autres. Je vais le dire autrement : le personnage historique de Jésus, seulement historique, si on le déshabille de la théologie, n'a guère d'intérêt, c'est une querelle pour historiens spécialisés.

Schiavone est probablement conscient du problème, puisqu'il s'aventure de temps en temps sur le terrain de la théologie, par exemple lorsqu'il écrit que la confrontation de Jésus et de Pilate met face à face Dieu et César, mais il n'y reste guère.

C'est dommage puisque sa thèse est que Pilate a été troublé par le charisme de Jésus (charisme indéniable, pas besoin d'être chrétien pour le constater) au point de céder malgré ses doutes à l'accomplissement du destin christique, en le condamnant à mort.

Le trouble de Pilate est évident : on comprend bien que, alors qu'il était parti, à la demande des juifs, pour le condamner à mort, il fait flageller Jésus en espérant que cette peine suffira aux grands prêtres et qu'il le sauvera.

Il finit cependant par le condamner à mort avec réticence.

Je me permets de vous copier la courte recension du magazine La vie (dérangeant qu'ils aient laissé tomber le « chrétienne ») :

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Tyran, lâche ou rallié de dernière minute ? Un étrange brouillard flotte autour de Ponce Pilate, préfet romain de Judée, et protagoniste des dernières heures du Christ. L'historien italien Aldo Schiavone remonte le temps et propulse son lecteur aux côtés de Jésus pour cet ultime et décisif face-à-face avec le représentant de César. Que s'est-il réellement joué lors de ce procès ? Selon la thèse de Schiavone, un tournant se serait produit dans la relation entre Pilate et Jésus, lors de cet entretien, Pilate cherchant à sauver Jésus face à ses accusateurs, les grands prêtres, avant de se soumettre. À qui ? « À la puissance de la prophétie de Jésus sur lui-même », répond l'historien. La thèse est audacieuse et l'analyse historique, fondée sur une connaissance fine du droit romain, passionnante.
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Pilate fait placer un écriteau Roi des juifs sur la croix. Les grands prêtres, qui ont compris, lui demandent de corriger en Il se dit le roi des juifs. Pilate refuse (il n'y a pas de raison d'en douter : c'est dans le ton de ce qui précède). Cela n'en fait pas un chrétien pour autant mais il est clair qu'il a été marqué par cet étrange prophète juif.

Il est donc tout à fait invraisemblable que, comme l'écrit l'anti-chrétien Anatole France, Pilate à la retraite ait oublié Jésus.

Pour conclure, la thèse de Schiavone est simple : Pilate s'est fait complice de Jésus en l'aidant à accomplir son destin, le sacrifice sur la croix. Mais comme cette situation était difficile à expliquer, les premiers auteurs chrétiens ont préféré passer cette subtilité sous silence. Ceci aide à comprendre pourquoi il semble y avoir un trou logique, un non sequitur, dans les Evangiles entre le passage où Pilate essaie de sauver Jésus et celui où il le condamne à mort.

Mais ce hiatus reste à l'état de trace, comme dans la credo, avec la formulation étrange « crucifié pour nous sous Ponce Pilate ». Pourquoi pas la formulation au premier abord plus exacte « crucifié pour nous sous Tibère par ordre de Ponce Pilate » ? La formule canonique semble dédouaner Pilate tout en lui faisant une place particulière. Ou encore dans le fait que Tertullien affirme que Pilate est un chrétien primitif. Il y a une inclination discrète des premiers chrétiens à l'indulgence pour Pilate qui devient naturelle s'il on accepte la thèse de Schiavone.

Un dernier mot : contrairement, par exemple, à la thèse des frères de Jésus, la thèse de Schiavone ne me semble pas (si vous avez des raisons de penser le contraire, dites le moi) être incorrecte théologiquement. Bien sûr, on pourrait glisser à l'idée que Jésus, en se laissant mettre à mort sans trop se défendre, s'est suicidé.

Mais ce n'est pas ce qu'écrit Schiavone : Jésus, « en rendant témoignage de la Vérité », refuse les perches tendues par Pilate pour le sauver, qui auraient été autant de compromissions. Pilate réussit à faire dire aux grands prêtres qu'ils veulent sa mort parce qu'il se dit fils de Dieu. Puisque Jésus ne veut pas renoncer à cette prétention, si Pilate l'avait fait libérer, il aurait jugé que celle-ci était ridicule, venait d'un fou. En le condamnant à mort, Pilate refuse de juger que la prétention de Jésus est folle. Il ne dit pas non plus qu'elle est vraie (c'est tirer trop loin le texte que de faire de Pilate un chrétien).

Bref, Jésus accomplit son destin et Pilate l'y aide.



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(1) : Julien Gracq, qui était athée mais grand styliste, a poussé une gueulante contre un auteur prétendant l'inexistence de Jésus. Il était choqué qu'on soit aveugle, qu'on manque de goût, au point de ne pas voir qu'il y a un style Jésus original révélant l'existence d'une personnalité originale. Ce n'est pas le lot des prophètes du commun de verser dans le calembour du genre « Tu es Pierre et sur cette pierre, je bâtirai mon Eglise » (n'oubliez pas Chesterton : le secret de Jésus, c'est sa joie. Je pense même qu'il a hésité à écrire « son humour ») .



dimanche, novembre 05, 2017

Rémi Brague : « Certains ‘laïcards' exploitent la peur de l'islam pour en finir avec le christianisme »

Lire Rémi Brague est toujours un plaisir : il est précis, clair et net.

Rémi Brague : « Certains ‘laïcards' exploitent la peur de l'islam pour en finir avec le christianisme »

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Mais comment faire appliquer la loi sur le voile à l'école et la burqa dans la rue si la loi n'est pas appliquée de manière stricte pour toutes les religions ?

Quel rapport entre un monument public et une pièce de vêtement, qui relève du privé ? Le vrai parallèle à l'érection d'un tel monument serait la construction d'une mosquée. Qui l'interdit ? Bien des municipalités la favorisent plutôt.

De toute façon, on a souvent l'impression que le fait qu'une loi soit appliquée est en France plutôt une option. Combien de lois sont restées sans décrets d'application? Verbalise-t-on les femmes qui portent un costume qui masque leur visage?  Le fait-on dans « les quartiers » ?

Est-ce illusoire de vouloir appliquer la laïcité de la même manière pour toutes les religions dans un pays de culture chrétienne ?

« Toutes les religions », cela ne veut pas dire grand-chose. Ce qui est vrai, c'est que la «laïcité» à la française—expression qui est d'ailleurs tautologique—a été taillée à la mesure du christianisme, par des gens qui le connaissaient très bien. N'oublions pas que le petit père Émile Combes avait passé ses thèses de lettres, l'une sur saint Thomas d'Aquin et l'autre (en latin) sur saint Bernard.

J'ai eu l'occasion d'expliquer ailleurs qu'il n'y a jamais eu de séparation de l'Église et de l'État, car le mot supposerait qu'il y aurait eu une unité que l'on aurait ensuite déchirée. Ce qu'il y a eu, c'est la fin d'une coopération entre deux instances qui avaient toujours été distinguées. La prétendue « séparation » n'a fait que découper suivant un pointillé vieux de près de deux millénaires. Et les historiens vous expliqueront que ceux qui ont le plus soigneusement évité les contaminations ont été plutôt les papes que les empereurs ou les rois.

Le problème avec l'islam n'est pas, comme on le dit trop souvent, qu'il ne connaîtrait pas la séparation entre religion et politique (d'où l'expression imbécile d'« islam politique »). Il est bien plutôt que ce que nous appelons « religion » y comporte un ensemble de règles de vie quotidienne (nourriture, vêtement, mariage, héritage, etc.), supposées d'origine divine, et qui doivent donc primer par rapport aux législations humaines.

[…]

Certains « laïcards » rêvent d'en finir avec le christianisme, en lui donnant le coup de grâce tant attendu depuis le XVIIIe siècle. Ils exploitent la trouille que bien des gens ont de l'islam pour essayer de chasser de l'espace public toute trace de la religion chrétienne, laquelle est justement, ce qui peut amuser, celle contre laquelle l'islam, depuis le début, a défini ses dogmes.



Face au problème de l'islamisme, certains observateurs n'hésitent pas à condamner en bloc toutes les religions. S'il existe des intégrismes partout, la menace est-elle de la même nature? Existe-t-il aujourd'hui une menace spécifique liée à l'islam ?

Ce qu'il faut voir avant tout, c'est que la notion de « religion » est creuse et que, quand on parle de « toutes les religions », on multiplie encore cette vacuité. On entend dire: « l'islam est une religion comme les autres » ou, à l'inverse: « l'islam n'est pas une religion comme les autres ». Mais, mille bombes!, aucune religion n'est une religion comme les autres!


Chacune a sa spécificité. Vouloir mettre dans le même panier, et en l'occurrence dans la même poubelle, christianisme, bouddhisme, islam, hindouisme, judaïsme, et pourquoi pas les religions de l'Amérique précolombienne ou de la Grèce antique, c'est faire preuve, pour rester poli, d'une singulière paresse intellectuelle.

Quant à appliquer la notion catholique d'« intégrisme » ou protestante de « fondamentalisme » à des phénomènes qui n'ont rien à voir avec ces deux confessions, cela relève du fumigène plus que d'autre chose. Les plus grands massacres du XXe siècle, le Holodomor d'Ukraine et la Shoah, ont été le fait de régimes non seulement athées, mais désireux d'extirper la religion.

Une menace liée à l'islam ? La plus grave n'est sûrement pas la violence. Celle-ci n'est qu'un moyen en vue d'une fin, la soumission de l'humanité entière à la Loi de Dieu. Et si elle est le moyen le plus spectaculaire, elle n'est certainement pas le plus efficace.
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Incidente.

Il est parfois très difficile de ne pas mépriser ses contemporains : Rémi Brague explique très clairement que parler « des religions », en bloc et sans distinction, est de l'idiotie et la moitié des commentateurs du Figaro se précipitent pour parler « des religions » sous l'article qui vient de leur expliquer qu'ils sont idiots de le faire.

Vous me direz, optimistes que vous êtes : « Il reste l'autre moitié ».

jeudi, novembre 02, 2017

Great Heresies (H. Belloc)

Ce livre publié en 1938 est essentiel, d'autant plus qu'il est à bien des égards prémonitoires.

Belloc (je me suis toujours demandé si le méchant d'Indiana Jones avait un rapport avec ce Belloc là) affirme que les hérésies existent encore mais que nous ne les voyons plus comme telles parce que nous avons perdu notre rigueur intellectuelle (1). Par exemple, le communisme est une hérésie. Harouel analyse le rapport gauche droite en termes d'hérésie gnostique.

Belloc insiste sur le fait qu'il faut être intelligent, qu'il faut s'attacher aux idées, pas aux mots. Il faut se méfier, les idées peuvent changer de mots. Il serait atterré, mais pas surpris, par notre monde  terrifié par les mots (les commentaires sous l'article de Zemmour à propos de la gnose sont navrants de d'incompréhension).

Ne pas s'intéresser aux hérésies, les considérer comme des vieilles choses poussiéreuses du passé, sous prétexte qu'on serait incroyant et rationaliste (2) et qu'on se croit plus intelligent que nos ancêtres, est aux yeux de Belloc un signe certain de stupidité : qu'on le veille ou non, les croyances mènent le monde : le monde catholique est différent du monde protestant qui est différent du monde musulman. Et si l'arianisme avait vaincu, le monde serait très différent de ce qu'il est. Refuser de s'intéresser aux croyances et aux hérésies, c'est refuser de s'intéresser au monde.

L'hérésie (du grec « je prends ») consiste à prendre une partie d'une doctrine cohérente et à en rejeter ou à en subvertir une autre partie. Les hérésies arrivent à se prolonger à cause de ce qu'elles gardent de vrai de la doctrine originelle.

Belloc examine cinq hérésies chrétiennes :

♗ l'arianisme

♗ le mohetanisme, autrement dit l'islam (je pense qu'il est impossible de comprendre la naissance de l'islam sans considérer que c'est une hérésie chrétienne née en dehors de la chrétienté, aux marges de celle-ci).

♗ le catharisme

♗ le protestantisme

♗ le modernisme

Sur ses cinq hérésies, trois ont échoué, deux sont encore actives, et parfois alliées contre le christianisme, l'islam et le modernisme (par essence, l'anti-Christ, d'après Belloc - rôle que j'attribuerais plutôt à l'islam, mais ce n'est pas incompatible : elles ont beaucoup en commun dans leur manière de considérer l'homme comme soumis à ses pulsions).

Pour Belloc, chacune de ces hérésies est une forme d'attaque du christianisme et toute hérésie peut être rattachée à une de ces cinq formes d'attaque. Reprenons les :

♗ l'arianisme (négation de la divinité du Christ) : attaque de la doctrine chrétienne.

♗ islam : attaque de l'extérieur.

♗ le catharisme : attaque de la morale chrétienne.

♗ le protestantisme : attaque de l'Eglise et de l'autorité.

♗ le modernisme : négation du christianisme. Ne combat pas tant le christianisme que réfute sa nécessité, puisque, pour le moderne, n'existe que le matériel.

Je ne vais pas vous détailler tout le livre, il y a mille réflexions passionnantes. Je passe directement aux conclusions.

En 1938, alors qu’Hitler et Staline sont presque au fait de leur puissance et que 90 % des musulmans vivent dans des colonies européennes, Hilaire Belloc écrit que l’Europe est menacée à long terme par une résurgence de l’islam. Pourquoi une telle prescience ?

Une victoire d’Hitler et de Staline serait grave pour l’Europe mais pas mortelle : la culture chinoise a survécu à Mao (en faisant le parallèle avec Hitler) et les pays de l’est montrent que leur culture a survécu au stalinisme. En revanche, l’islam est tellement opposé à notre culture qu’une victoire de l’islam signifierait la disparition de notre culture. Hitler et Staline, graves mais pas mortels, islam mortel.

Comment Belloc fait-il en 1938 pour prévoir une résurgence de l’islam ?

1) L’islam est très résistant. Alors que les religions disparaissent par conversion massive à une autre religion, on ne connaît pas de conversions massives de musulmans à une autre religion. Donc l’islam ne disparaîtra pas.

2) La démographie. Les musulmans sont sous le joug colonial quand Belloc écrit mais ils sont nombreux. Ils cesseront peut-être un jour d’être colonisés, mais ils ne cesseront pas d’être nombreux.

3) L’islam est en guerre contre le monde entier (« islam religion de paix » ? Et mon cul c’est du poulet ?) et spécialement contre l’Europe, par définition chrétienne. Les musulmans reprendront la guerre contre nous dès qu’ils le pourront. Ne pas oublier qu’ils étaient sous les murs de Vienne dans la vieillesse de Louis XIV et moins d’un siècle avant l’indépendance américaine.

Pour 1938, c’est pas mal vu ! Et son ami Chesterton ajoutait que certaines élites européennes accueilleraient avec enthousiasme l’islam parce qu’une population islamisée est plus facile à soumettre qu’une population chrétienne.

Je ne vais pas tout vous décrire. Je résume ce que Belloc appelle l'Attaque Moderne : nier la foi emporte la raison, puis le libre arbitre puis la dignité humaine et finit par rétablir l'esclavage sous des formes variées, en faisant de l'homme un être manipulable et corvéable à l'infini.

L'Eglise ne disparaitra pas, mais elle a le choix entre devenir une secte ou contre-attaquer.

Belloc a moins que Chesterton le génie du paradoxe mais il a comme lui le goût des fausses évidences lumineuses, qui font s'exclamer : « Pourquoi n'y ai-je pas pensé tout seul ? »

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(1) : il pense aussi (mais ce n'est pas le sujet du livre) que les sociétés sans religion sont condamnées à mort, ce que notre société, en suicide démographique et culturel,  prouve (comme le dit Rémi Brague, la question du sens de la vie n'est pas « La vie vaut-elle d'être vécue ? » mais « La vie vaut-elle d'être donnée ? »). D'autre part, Belloc insiste sur le fait qu'il y a peu d'hommes réellement a-religieux, que les hommes se créent des religions de substitution. Comme disait son copain Chesterton, celui qui ne croit plus à rien est prêt à croire à n'importe quoi.

La citation de Belloc la plus connue est « La Foi, c'est l'Europe et l'Europe c'est la Foi » (à propos du catholicisme). C'est devenu une évidence pour nous (l'Europe à 1,4 enfant par femme n'existera plus dans un siècle et cela a évidemment un lien avec la déchristianisation -d'ailleurs les seules femmes européennes qui font encore beaucoup d'enfants sont les cathos). C'était beaucoup moins une évidence quand Belloc l'a écrite.

(2) : il est clair aussi que, pour Belloc, se déclarer incroyant et rationaliste est en soi un signe de bêtise. En étant uniquement matérialiste, on rate la belle part de l'homme. Ce n'est pas un hasard si tous les arts s'écroulent en notre époque maudite, spécialement la poésie.

samedi, octobre 07, 2017

L'option bénédictine

Article intéressant qui recoupe exactement mes analyses.

Sans compter que la bénédictine, c'est bon.


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FIGAROVOX.- Dans votre livre, vous dites que les chrétiens ont perdu la bataille culturelle et vous plaidez pour une «retraite stratégique». Quand et pourquoi les Chrétiens ont-ils perdu la bataille?
Rod DREHER.- Le récit classique dans la droite religieuse américaine est que c'est arrivé dans les années 1960, avec la révolution sexuelle. Je pense que ça remonte à bien plus loin.


Je crois que le point clé c'est les Lumières, qui nous ont coupé de nos racines chrétiennes.



Dans mon livre, je remonte jusqu'au nominalisme dans le haut Moyen-âge mais je comprends bien que c'est très abstrait. Je crois que le point clé c'est les Lumières, qui nous ont coupé de nos racines chrétiennes.
Ensuite cela s'est aggravé avec société de consommation, les nouvelles technologies, le relativisme.Tout cela fait qu'il est de plus en plus difficile de vivre avec la vérité chrétienne dans le monde. Dans une société de plus en plus individualiste coupée de la tradition, la seule autorité qui apparaisse comme justifiée est le moi. C'est ce que le philosophe Zygmunt Bauman appelle la société liquide. Il n'y a plus de bien commun, ce qui gouverne la politique est désormais l'émotion. C'est ce que le philosophe MacIntyre appelait l'émotivisme, qui règne autant à droite qu'à gauche.
Ne pensez-vous pas que l'évangélisme soit le comble de l'émotivisme individualiste?
Je crois que beaucoup d'évangéliques aux Etats-Unis sont plus catholiques que les catholiques, dans le sens où ils croient davantage à ce que l'Eglise enseigne.
J'ai été catholique avant de me convertir à l'orthodoxie. Je lisais Jean-Paul II et je trouvais cela formidablement nourrissant. Mais en entrant dans l'Eglise je me suis rendu compte que les catholiques américains pratiquaient en réalité


La plupart des églises américaines prêchent le « déisme éthico-thérapeutique », version molle et édulcorée du christianisme.



une forme de protestantisme. La plupart des églises américaines prêchent ce que les sociologues Christian Smith et Melinda Lundquist Denton appellent le «déisme éthico-thérapeutique», une version molle et édulcorée du christianisme qui en gros affirme qu'il faut être gentil et que les bons iront au paradis.
Une version totalement compatible avec le monde moderne et qui rejette la Tradition.
L'Eglise catholique a pourtant toutes les ressources pour résister aux forces de la modernité. Mais elle ne les utilise pas. Richard John Neuhaus, un prêtre célèbre aux Etats-Unis a écrit dans les années 1980 Le moment catholique: les paradoxes de l'église dans le monde postmoderne, où il expliquait qu'enfin les catholiques pouvaient prendre la parole dans l'espace public. Mais ce «moment catholique» n'est jamais arrivé.
Après le concile Vatican II la formation des jeunes catholiques a été complètement délaissée. Lorsqu'on regarde les sondages aujourd'hui, les catholiques américains ne sont pas différents de l'Américain moyen, et même un peu plus libéraux sur les questions sociétales. La plupart d'entre eux ne reconnaissent pas l'autorité de l'église sur ces sujets.
Ne pensez-vous pas que nous chrétiens Européens sommes bien plus avancés que les Etats-Unis dans la déchristianisation? Votre président jure toujours sur la Bible…
Certes les Etats-Unis tiennent la religion en plus haute estime que chez vous en France, mais le sentiment anti-chrétien n'a cessé de progresser.
Je pense que nous chrétiens américains avons beaucoup à apprendre des catholiques français. Vous avez vécu avec une laïcité militante depuis beaucoup plus longtemps. Nous, cela devient un problème aujourd'hui seulement.


Dire qu'on est chrétien dans l'espace public devient disqualifiant. Cela va arriver de plus en plus.



Trump a nommé un catholique fervent à la Cour suprême et la plupart des commentateurs ont dit qu'il ne serait pas un bon juge car il serait biaisé par sa foi. Cela va arriver de plus en plus. Dire qu'on est chrétien dans l'espace public devient disqualifiant.
J'ai été très surpris par le succès de la Manif Pour Tous en France. Aux Etats-Unis, nous avons l'idée que de toute façon l'Europe est fichue, qu'elle est déchristianisée depuis longtemps.
Nous avons une conscience religieuse bien plus forte, mais elle se cantonne à l'espace privé, et elle n'est pas intellectualisée. On ne voit pas les chrétiens manifester pour la famille. Je dirais que l'Amérique est plus religieuse que la France, mais que la France est plus traditionnelle que l'Amérique.
Dans votre livre vous évoquez la figure du philosophe écossais MacIntyre. En quoi vous a-t-il influencé?
C'est en le lisant que j'ai eu l'idée de «L'option bénédictine».
Dans son livre Après la vertu, il évoque l'échec des sociétés post-Lumières à pouvoir fonder une morale uniquement sur la raison. Ce qui aboutit à une morale fragmentaire et à l'incapacité de débattre dans l'espace public parce que nous pensons à partir de paradigmes et de présupposés différents.
Aujourd'hui la conversation entre un chrétien et un non chrétien sur l'avortement est quasiment impossible, par exemple. Il compare notre époque à la chute de l'empire romain. C'est là où il parle de Saint-Benoit, comme celui qui a préservé la Tradition et le monde des vertus pendant le déluge.
Cette expression «option bénédictine» m'est venu alors pour qualifier un mouvement que j'identifiais alors en tant que journaliste, conservateur et chrétien. Je me suis demandé ce que nous pourrions faire nous chrétiens d'aujourd'hui pour ressembler à Saint Benoit. On ne peut plus sauver l'empire. Nous devons tenir et préserver nos traditions et ce que nous tenons pour vrai à l'intérieur de l'effondrement de l'empire.
Le pouvoir du modèle bénédictin, et surtout les valeurs du monachisme peuvent nous inspirer aujourd'hui pour survivre dans le monde moderne: communauté, travail, ascèse, ordre, prière.
Comment mettre en œuvre «l'option bénédictine»?
Cela dépend où on se trouve: cela ne signifie pas la même chose à la ville ou à la campagne, en Europe ou aux


Je crois que le modèle monastique doit inspirer les familles. Il faut aussi limiter les nouvelles technologies, notamment auprès des enfants.



Etats-Unis. Je crois que l'essentiel est la pratique. Il faut créer des communautés, des écoles, des entreprises chrétiennes. Je crois que le modèle monastique doit inspirer les familles. Il faut aussi limiter les nouvelles technologies, notamment auprès des enfants.
Le communautarisme que vous prônez ne va-t-il pas à l'encontre de l'aspect universaliste et missionnaire du christianisme?
Je crois que les chrétiens doivent aller dans le monde. Mais dans un monde postchrétien, hostile au christianisme, je crois qu'il faut avoir une foi solide, appuyée sur une formation intellectuelle. On ne peut pas aller au combat désarmé!
Je crois que nous devons sortir du monde pour mieux nous former, pour ensuite y retourner pour évangéliser. Beaucoup de chrétiens américains veulent garder leurs enfants dans les écoles publiques, parce qu'ils veulent bien faire. Mais ils se rendent compte très rapidement que les enfants, peu formés religieusement et intellectuellement, ne résistent pas à l'esprit du monde. Comment résister lorsqu'on est entourés d'enfants de 9 ans avec des smartphones ayant accès illimité à la pornographie? C'est impossible.
Les chrétiens doivent-ils se retirer de la politique?
L'erreur des conservateurs américains est de croire que l'ennemi, c'est l'élite libérale de la côte est, et qu'il suffit de mettre un président conservateur, des juges conservateurs, pour gagner la bataille culturelle. C'est faux.
La culture ambiante est profondément déchristianisée. La droite religieuse conservatrice ne l'a pas remarqué. Elle a été complaisante envers elle-même envers la dégradation de sa propre foi. Elle croyait que l'ennemi était à l'extérieur: que c'était la gauche, les athées. Nous n'avons pas vu que notre propre manque d'attention à la formation intellectuelle des chrétiens conduirait à notre affaiblissement. Pour moi la foi est une manière de vivre plutôt qu'une façon de penser. On ne peut pas être des chrétiens du dimanche dans un monde postchrétien.
N'y a-t'il pas une contradiction chez les conservateurs américains qui sont obsédés par le combat pro-vie et la famille, mais ultra-libéraux économiquement?
J'ai écrit un livre en 2006 qui s'appelait Crunchy Cons, qui décrivait la contre-culture prônée par certains milieux conservateurs écolos, qui lisent Edmund Burke et portent des Birkenstock, et prônent un retrait de la société de consommation. Beaucoup de conservateurs américains m'ont alors accusé d'être de gauche!


Je pense que l'économie libérale menace ces choses et qu'être esclaves du marché et se foutre de l'environnement n'a rien de chrétien. Je crois à la nécessité de protéger la création.



Je suis un conservateur traditionnel, qui pense qu'il faut préserver la foi, la famille et les traditions. or une version illimitée de l'économie libérale menace ces choses. Etre esclaves du marché et se foutre de l'environnement, cela n'a rien de chrétien! Je crois à la nécessité de protéger la création.
Beaucoup de conservateurs américains comprennent qu'il faille poser des limites à la nature humaine, mais pensent qu'on peut exploiter la nature sans limites! Je ne suis pas un grand fan du pape François, mais je crois qu'il a raison d'écrire dans Laudato Si que «tout est lié»! J'ai quitté moi-même le parti républicain en 2008, à cause du fiasco de la guerre en Irak (que j'avais au début soutenu), et de la crise économique, dont les Républicains n'ont absolument pas pris la mesure.
Le problème c'est que le parti démocrate aussi est acquis à Wall Street au moins depuis l'élection de Bill Clinton en 1992. J'aimerais pouvoir voter pour des démocrates, car je suis plus à gauche économiquement que les Républicains, mais ils sont tellement hostiles à la cause pro-vie, tellement hostiles aux valeurs traditionnelles chrétiennes et à la liberté religieuse, que je ne peux pas.
Trump a séduit une majorité des catholiques (52%) et une écrasante majorité des Evangéliques (91%). N'est-il pas périlleux d'associer les chrétiens à son mandat?


La moindre réflexion sur la famille, la moindre interrogation sur les bienfaits de l'agenda LGBT est criminalisée. L'américain ordinaire en a assez de ce politiquement correct.



La moindre réflexion sur la famille, la moindre interrogation sur les bienfaits de l'agenda LGBT est criminalisée. L'américain ordinaire en a assez de ce politiquement correct, de s'entendre ordonner ce qu'il peut dire ou ne pas dire, penser et ne pas penser. Je crois que le succès de Trump vient de là.
J'ai écrit dans mon livre que Trump n'était pas la solution mais le symptôme d'un déclin culturel. Beaucoup de chrétiens ne savaient pas vraiment ce que pensait Trump au niveau du combat pro-life et de celui pour la liberté religieuse, mais étaient convaincus que Clinton elle, leur serait hostiles. Mais je crois hélas que Trump est une chose terrible pour les chrétiens. Les évangéliques surtout l'ont soutenu sans recul.
C'est un désastre et un pacte avec le diable. Les boucs-émissaires de l'échec de Trump seront les chrétiens.





















vendredi, juillet 28, 2017

Un christianisme de combat

Jacques Hamel, un christianisme de combat ?

J'en ai marre de tous ces gnan-gnans sans couilles qui, pour justifier leur lâcheté morale, intellectuelle et physique, transforme le christianisme en masochisme.

Je connais aussi les prétentions des imbéciles : le masochisme serait dans la nature du christianisme. Quelle étrange nature qui se serait dissimulé pendant les deux mille ans où le christianisme a conquis le monde et se révélerait juste depuis quarante ans. On se fout de nous.

samedi, juillet 01, 2017

L'Eglise va-t-elle disparaître ? (JC Barreau)

Je trouve ce livre de 2013 qui traînait.

Barreau, ancien prêtre des loubards, défroqué par amour, proche de Pasqua, viré de l'Office des Migrations Internationales par Bianco, intrigue.

Il fait un diagnostic original.

Oui, l'Eglise romaine peut disparaître pour une raison simple : le manque de prêtres. Les prêtres sont absolument indispensables à cause de l'Eucharistie.

Et le manque de prêtres vient d'un cléricalisme rétrograde. Barreau rappelle, à très juste raison, que le premier anticlérical se nommait Jésus, qui n'a pas de mots assez durs pour ceux qui préfèrent la lettre de la loi à son esprit et qui « imposent des fardeaux qu'ils ne porteraient pas, même du bout des doigts ».

Le cléricalisme romain, arc-bouté sur un statut obsolète issu du concile de Trente, obsédé sexuel, fabrique des « déistes moralisants » et non plus des chrétiens.  C'est, selon Barreau, ce qui provoque la crise des vocations et la mise en danger de mort de l'Eglise.

Que propose-t-il ?

Que la prêtrise ne soit plus une vocation mais un appel. Un appel de l'évêque qui demanderait aux chrétiens les plus réputés de son diocèse s'ils veulent devenir prêtres. Deviendraient alors prêtres des hommes plus mûrs, éventuellement mariés, pères ou grand-pères, et, même (Barreau ne s'étend pas trop) des femmes.

L'idée est séduisante Je connais des diacres. Ils ont une vie professionnelle et sociale normale et je crois que c'est un plus. Je suis d'accord avec Barreau : des prêtres avec le même statut seraient un enrichissement.

Comment faire ?

Là, Barreau est net : il ne faut pas compter sur le clergé. Un concile, un synode, c'est perdu d'avance. Il faut un pape qui prenne tout le monde par surprise, comme Paul VI avec Vatican II. Jean-Paul II n'avait pas vu le problème, Benoît XVI ne voulait pas bousculer l'Eglise. Qui vivra verra.


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Citations de Barreau hors-sujet :

Le Français peut tenir des propos racistes à l'occasion, mais quand une femme lui plaît, il ne craint pas de la prendre pour compagne quelle que soit la couleur de sa peau. C'est la vraie raison de l'hostilité des Français au "foulard islamique". Symboliquement, le "tchador" dit aux non-musulmans: "ne touchez pas à nos femmes". Cette interdiction est intolérable au Français exogame. A l'inverse, elle ne gêne en rien l'Anglo-Saxon endogame, qui ne songe absolument pas à se mettre en ménage avec la Pakistanaise - ce qui n'empêche pas certains intellectuels français de confondre son indifférence au "voile" avec de la tolérance. En réalité, elle est de nature raciste : ne songeant pas à épouser la femme voilée, l'Anglais et l'Américain se moquent pas mal de la manière dont elle est habillée


L'islam est la plus réactionnaire, la plus antidémocratique, la plus fermée aux droits de l'homme de toutes les religions.

dimanche, avril 16, 2017

Pâques, le seul événement de l'Histoire



Prions pour les chrétiens persécutés, par les musulmans, par le gouvernement chinois, ...

vendredi, décembre 23, 2016

Il se souvient de la promesse faite à nos pères

Je me permets de rappeler le texte du Magnificat. Que mes lecteurs me pardonnent ma méfiance, la culture en France, notamment religieuse, me donne quelques excuses.

C'est le chant de Marie à la Visitation (ne pas confondre avec l'Annonciation).

Mon âme exalte Le Seigneur
Exulte mon esprit en Dieu mon Sauveur !

Il s’est penché sur son humble servante
Désormais tous les âges me diront bienheureuse

Le Puissant fit pour moi des merveilles
Saint est son Nom !

Son Amour s’étend d’âge en âge sur ceux qui Le craignent
Déployant la Force de Son bras
Il disperse les superbes
Renverse les puissants de leurs trônes
Elève les humbles
Comble de biens l’affamé
Renvoie les riches les mains vides

Relève Israël Son serviteur et se souvient de Son Amour
De la Promesse faite à nos pères en faveur d’Abraham et de sa race à jamais

C'est un des plus beaux chants chrétiens.

En ces temps de Noël, devenu pour beaucoup la fête de la bouffe et du vide intérieur, un chrétien doit rappeler qu'il s'agit de fêter la réalisation de la promesse de Dieu à Son peuple. Et du renouvellement de cette promesse à l'humanité toute entière.

A Noël, nous est né un sauveur, le Sauveur, pour tous les hommes, qu'ils y croient ou non.











samedi, août 13, 2016

Vivent des croisades !

L'épopée des croisades

Chesterton disait qu'on doit se méfier des chrétiens qui ont honte des croisades.

Je ne m'imagine  pas crier demain dans mon église « Vivent les croisades ! » et au Vatican non plus. Mais je suis cohérent : je me méfie beaucoup et du Vatican et de certaines gens que je rencontre au moutier.

On notera aussi que le terme « croisade » est très postérieur aux événements, que les contemporains voyaient comme des pèlerinages plus ou moins armés.