Affichage des articles dont le libellé est Eglise. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Eglise. Afficher tous les articles

mercredi, mai 12, 2021

Bruckberger, l'enfant terrible (B. et B. Chovelon)

 Léopold (Raymond, en religion) Bruckberger est né en 1907.

Après une enfance difficile en Auvergne (père autrichien en fuite, mère très dure), il est ordonné prêtre dominicain en 1936.

Sergent mitrailleur dans le corps franc de Joseph Darnand en 1940 (les religieux, comme le frère Guérin à l'aile gauche française à Bouvines, ne faisaient pas semblant de partir à la guerre), il lui dit en novembre, après une soirée de discussion houleuse : « Vous prenez une voie (la collaboration) qui vous mènera au peloton d'exécution. Et je serai assez con pour venir vous défendre ».

En 1941, il appelle à la Résistance, la sanction de l'évêque de Nice le scandalise. Il écrit : « Les évêques n'ont pas tous les jours une Jeanne d'Arc à bruler. Monseigneur l'évêque de Nice fait ce qu'il peut  ».

Résistant, il finit par être emprisonné cinq mois (il n'apprendra que des années après la mort de Darnand que c'est grâce à lui qu'il a été libéré au lieu d'être fusillé). Evidemment, dès sa libération, il prend le maquis (dans le Vivarais).

Bruck rejoint Paris à l'été 44. Avec les services publics en grève, les morts ne sont plus enterrés. Notre bouillant dominicain va voir Parodi, le délégué de de Gaulle qui lui répond :  « Faites comme vous voulez. Je couvre toutes vos décisions. Les morts doivent être enterrés ». On est à des lieues de ce connard robotisé d'Edouard Philippe qui interdit les funérailles à cause d'un gros rhume (vivement que notre civilisation inhumaine meurt. Même les hommes des cavernes enterraient leurs morts).

Il accueille de Gaulle à Notre Dame, le 26 août 1944, pendant que ça tiraille encore sur les toits, après avoir expliqué au cardinal Suhard que ses fraîches complaisances pétainistes devaient le pousser à la discrétion (« Le Magnificat s'élève. En fut-il de plus ardent ? » Mémoires de Guerre)

Après guerre, il harcèle de Gaulle de demandes en grâce pour des collabos. Il assiste plusieurs condamnés à mort, dont Darnand. C'est très mal pris par certains extrémistes de l'épuration et l'ordre domincain se désolidarise lâchement de Bruckberger, au comportement pourtant très chrétien. Evidemment, il le prend mal. L'incompréhension s'installe, qui ne fera qu'empirer.

Il est connu de tout Saint-Germain des Près.

Il participe à l'adaptation de plusieurs films.

Il est mis en marge de son ordre (mais non exclu) parce qu'il vit avec sa maitresse. 

Pour lui donner l'occasion de se calmer, son ordre nomme « Bruck » aumônier de la Légion au fin fond du Sahara.

Au retour, après un passage de quelques années par les Etats-Unis, à l'écart du tumulte, il s'installe en France et, parce qu'il faut bien gagner sa croute, il fait le journaliste. Profession qui manque de discrétion.

C'est un violent adversaire de l'esprit moderniste dans l'Eglise (avec soixante ans de recul, on sait qu'il avait raison : les églises sont vides, et la moitié des rares qui continuent à aller régulièrement à la messe ont une foi bricolée tout à fait hérétique (1)).

Il dénonce les communistes mais aussi (ce qui est assez bien vu, avec le recul) les chrétiens dits sociaux (de sociaux, ils sont devenus socialistes, puis plus chrétiens du tout. L'état pitoyable, grotesque, de Témoignage Chrétien et des prétendus chrétiens de gauche est à pleurer. Les Mignard, la Croix et compagnie sont des naufrages intellectuels et spirituels).

Toujours la même histoire. Il vaut mieux un religieux aux moeurs douteuses et à la doctrine droite que l'inverse. Peu importe que Jorge Bergoglio soit chaste et économe, c'est un hérétique. On oubliera les moeurs de Bergoglio ; en revanche, le mal qu'il aura fait au dogme fera sentir longtemps ses conséquences néfastes.

Bien sûr, Bruck n'a jamais remis en cause le célibat des prêtres. Ceux qui prétendent que les problèmes de l'Eglise seraient résolus par le mariage des prêtres et l'ordination des femmes sont soit des imbéciles qui répètent un discours à la mode sans en comprendre les fondements anti-catholiques, soit (c'est plus grave s'ils sont dans l'institution) visent consciemment à détruire l'Eglise. D'ailleurs, les pasteurs protestants peuvent se marier et être des femmes, je ne sache pas que leurs temples soient plus pleins que nos églises.

Puis, Bruck déménage en Suisse avec sa nouvelle maitresse, il n'a pas dit la messe depuis des années mais il n'a pas perdu la foi, il est très tourmenté. A bout de ressources (ses livres anti-concile se vendent mal, il n'est pas à la mode), il est sauvé par une coalition de bienveillance des habitants du coin, qui s'organisent pour qu'il ne les quitte pas.

Il finit par se séparer de sa maitresse et par rejoindre une maison de retraite de l'ordre où il décédera à 91 ans.

On chercherait en vain des personnalités aussi truculentes et aussi profondément croyantes chez les tristes petits fonctionnaires du culte qui constituent la majorité (mais pas la totalité) du clergé de 2021. Il faut dire que la majorité a complètement perdu la foi au sens qu'on pouvait encore donner à ce mot en 1950 (le covidisme est un terrible révélateur de ces défaillances spirituelles mais aussi de quelques heureuses exceptions).

L'Eglise sera sauvée par les Bruckberger.

*****************

(1) : je me base sur les sondages à propos de la croyance en la présence réelle, en la résurrection du Christ, en la résurrection de la chair et en la vie éternelle. C'est un désastre.

vendredi, juillet 24, 2020

Désertion, incendies, profanations : l'Eglise de France mérite ce qui lui arrive.

Je le dis souvent : vous voulez faire quelque chose pour la France ? Allez à la messe tous les dimanches. 

J'oublie d'ajouter que ça demande du courage : vous risquez d'entendre et de voir des choses qui vont provoquer chez vous une bonne grosse honte.  Mais (au moins si vous habitez dans une grande ville) il y a des solutions : on trouve toujours une paroisse avec un curé pas trop atteint.

Identité française: un sursaut est-il encore possible ? Il y a coïncidence entre l’écroulement de notre culture et celui de l’Église.


******************
On ne peut pas comprendre la médiocrité – quand ce n’est pas carrément l’absence – des réactions de notre personnel politique face aux permanents actes anti-chrétiens si l’on oublie que la République s’est construite contre l’Eglise. Pour parler comme les libéraux, c’est son « logiciel », dans son « ADN ». Un an avant la loi de 1905, l’affaire des fiches révélait, au sein de l’armée, un vaste système de fichage – commandé par le ministère – visant à brider l’avancement des officiers catholiques.

Cependant que les anticléricaux, athées, libre-penseurs en tout genre menaient virilement le combat culturel dans les gazettes et les écoles, l’Etat expulsait les congrégations, soutenait les loges et, donc, abattait enfin « l’infâme ».

On le sait, durant une génération, l’Eglise tenta de résister, cherchant un modus vivendi avec la République qui la haïssait. Mais, après le catholicisme social d’un Lamennais qui était un aberrant compromis avec l’air du temps, l’affreux sulpicianisme dans lequel elle sombrait à la veille de la guerre disait combien elle manquait déjà de chair. Elle se soumit et commença à produire un nouveau genre de catholiques, honteux, plus obsédés par les œuvres que par leur salut. Victorieuse, la République s’amusait des querelles qui animaient son ancienne ennemie héréditaire.

Cela dit, il y avait les fidèles, qui continuaient de se rendre à la messe. En 2018, dans Comment notre monde a cessé d’être chrétien, l’historien Guillaume Cuchet démontrait comment, jusqu’au début des années 1960, les églises étaient encore pleines ; c’est à ce moment-là, en quelques années seulement, qu’elles se vidèrent. Les enfants du baby-boom furent donc les premiers à refuser le rituel. Parce que leurs parents furent également les premiers à ne plus les y contraindre.

Vatican II, qui est l’introduction de l’esprit du protestantisme dans l’Eglise, justifia ce reniement en promouvant la liberté de conscience. En réduisant pour ainsi dire la foi à une affaire personnelle, ce concile péteux, cornaqué par des personnes extérieures à l’Eglise, fut un prodigieux accélérateur du déclin de celle-ci.

Le temps de Dieu n’est pas celui des hommes ; c’est en suivant ce principe que, durant deux millénaires, l’Eglise put traverser cent hérésies et révolutions ; en s’arrimant au monde par peur de se l’aliéner, elle perdit sa force, sa grandeur et son charme. De nos jours, il n’y a plus que dans certains monastères et dans le mouvement dit traditionnaliste que l’on trouve encore des clercs érudits, souriants, combattifs, plus préoccupés par les âmes du peuple de Dieu que par le sort des migrants et avec qui l’on peut prier sans être perturbé par d’immondes dessins d’enfants ou des chants qu’on dirait écrits par une chaisière fan de Calogero.

Disons-le tout net : l’Eglise en France n’a pas volé le triste destin qui est le sien aujourd’hui. En tant qu’institution, elle œuvre sans relâche, avec une admirable constance, à sa propre destruction. Face à l’effondrement de la pratique religieuse, elle continue de servir la soupe insipide qui fait fuir tant de jeunes gens qui, à un âge où l’on est souvent saisi par un magnifique sursaut d’absolu, préfèrent logiquement se tourner vers d’autres religions, à commencer bien sûr par l’islam. La crise des vocations, elle, découle directement du célibat des prêtres devenu insupportable non pas du fait de tentations plus nombreuses mais de l’acceptation de ces dernières, d’une miséricorde mal comprise et encore plus mal professée. Comme l’Eglise réformée dont elle suit le pathétique chemin, l’Eglise catholique se transforme en une sorte d’association où, le dimanche, par habitude plus que par conviction, des CSP+ hagards viennent prendre leur dose hebdomadaire d’« humanisme » en écoutant beugler de girondes Africaines évadées de Sister Act.

[…]

L’« émotion » parfaitement artificielle que cet incendie [de Notre Dame de Paris] a produite dans les médias – un peu à la manière du saccage de l’Arc de Triomphe durant le mouvement des Gilets jaunes – disait moins, en tout cas chez les politiques, le chagrin de voir fondre la mère des cathédrales du pays que celui de perdre une fraction de ces dizaines de millions de touristes sans lesquels la France ne serait plus le bronze-cul de l’Europe et le musée du monde.

D’ailleurs, l’attentif aura remarqué que, dans la langue politico-journalistique, Notre-Dame était appelée « monument » ; sa qualité d’église était secondaire et même accessoire ; à travers ce spectaculaire brasier, c’étaient pour les revenus tirés du patrimoine qu’éditocrates, économistes et parlementaires pleuraient. Certes, il y eut bien quelques brefs « sujets » sur des catholiques à serre-tête qui, à l’instar des impuissants « Veilleurs » de la Manif pour Tous, faisaient leur chapelet à Saint-Michel. Mais ils ne firent rien d’autre, animés par un fatalisme que leur envient les bouddhistes auxquels ces vétérans des JMJ et de Taizé ressemblent tant sans le savoir.

[Incendie de la cathédrale de Nantes]

Par la voix du nouveau Premier ministre, ce pauvre Jean Castex qui nous ramène aux heures les plus sombres de la IVe République, l’Etat s’est engagé à réparer les dégâts comme l’avait fait, avec son emphase coutumière, Macron pour Notre-Dame. Je n’ai pas vérifié, je le confesse, mais je parie que, face à cet énième sacrilège, l’Eglise s’est contentée de pondre une déploration sans âme, « équilibrée », qui n’accuse personne et ne réclame rien, et qui doit même remercier, en plus des vaillants pompiers, les autorités venues pour une fois soutenir les catholiques en tant que minorité.

A l’heure où une jeune aide-soignante lyonnaise, Axelle, vient de mourir sous les coups de la « diversité », il convient de noter qu’il y a coïncidence entre l’écroulement de notre culture et celui de l’Eglise. C’est très clairement dans les années 1960 que la France a commencé à ne plus être la France.

L’immigration africaine de masse, l’internationalisme socialo-communiste, la construction européenne, la sous-culture américaine, la colère des petits-bourgeois libertaires s’allient alors pour nous faire basculer dans une autre temporalité, un autre paradigme. On assiste à une grande inversion des valeurs. Comme une digue, l’Eglise contenait ce mouvement ; en tombant, elle entraîne le pays dans sa chute. Car comme l’écrit Malraux, une « civilisation est tout ce qui s’agrège autour d’une religion ».

C’est le catholicisme qui a fait la France, modelé ses mœurs et forgé ses coutumes. Le principe libéral selon lequel une société tient par le contrat est un échec total, hormis pour de rares privilégiés qui, dans leur Aventin de Montreuil, profitent égoïstement des fruits de leurs idéaux cependant que le peuple, lui, vit dans une constante insécurité culturelle et une insécurité tout court.

La nature ayant, bien entendu, horreur du vide, l’islam, par le truchement du regroupement familial et d’une natalité exubérante d’abord, vient remplacer le catholicisme. Et ce ne sont pas les risibles « valeurs de la République » qui vont l’en empêcher ; au contraire, elles se mettent à son service.

Durant cinq décennies, les libéraux ont cru que les musulmans finiraient par apostasier, par se convertir eux aussi à la poursuite du bonheur, c’est-à-dire au néant. Désormais, en plus de ces libéraux qui continuent d’y croire contre toute évidence, contre les faits – mais il est vrai que le réel ne les intéresse pas, que pour eux le faux est un moment du vrai – nombre d’entre eux s’accommodent de l’islamisation du pays et la subséquente violence qu’elle engendre. Ces derniers sont comme le personnage principal du Soumission de Houellebecq : ils font avec, convaincus en leur for intérieur, comme tout bon libéral qui se respecte, que tout change, évolue, qu’il faut s’adapter, et que l’on n’y peut rien.

Seule la tradition est révolutionnaire. Il ne saurait y avoir de reconquête sans réveil de l’Eglise – n’en déplaise à l’excellent Michel Onfray. Ceux qui, dans notre camp, prétendent que nous pourrons nous en sortir sans sueur et sans larmes sont soit d’une naïveté criminelle, soit des imbéciles, soit des pleutres.

Français, combien d’entre vous devront mourir avant que vous le compreniez ? 
******************




jeudi, mai 21, 2020

L'inaction coupable des évêques de France : le ralliement, encore et toujours.

La révolte des élites est partout, y compris dans l'Eglise. Les évêques de France se sentent plus de solidarité (de classe) avec les hauts fonctionnaires qu'avec leurs ouailles.
**************



L'inaction coupable des évêques de France : le ralliement, encore et toujours

Par Gaspar de Quiroga / Jeudi 21 mai 2020 à 12:000

Alors que tout rassemblement au sein des lieux de culte était interdit encore ce lundi, le Conseil d'Etat s'est prononcé à l'encontre du décret du gouvernement, rétablissant ainsi la liberté de tenir des cérémonies religieuses. Une bataille médiatique et juridique dans laquelle l'épiscopat français s'est illustré par son absence, sa timidité et son manque coupable d'abnégation. Il n’y a plus d’épiscopat en France, juste des syndics de faillite, dénonce Gaspar de Quiroga, prêtre sous pseudonyme.

Le gouvernement avait ainsi, par décret, voulu appliquer un régime dérogatoire aux lieux de culte durant le déconfinement. Tandis que supermarchés et écoles ouvraient pour accueillir leur habituelle population, les lieux de cultes pouvaient rester ouverts, mais n’accueillir aucun rassemblement, ni, évidemment, culte public. Une première depuis la Terreur. Et la reprise des cultes n’était envisagée que début juin, au-mieux – ce qui permettait de faire d’une pierre, deux coups : frustrer les chrétiens des fêtes de l’Ascension, et de Pentecôte, et permettre aux forces de l’ordre de contenir, autant que possible, les coûteuses joyeusetés qui accompagnent systématiquement la fin du ramadan, la fête de l’Aïd.

Quelques évêques français s’en sont émus. Mgr Rougé de Nanterre, dans une analyse assez juste, évoquait un manque de respect pour les croyants et parlait de « tropisme anticatholique », Mgr Aillet, à Bayonne tweetait le 30 avril : « En soi, l'Eglise n'a pas à demander l'autorisation de reprendre le culte public, mais à faire valoir un droit à la liberté de culte », Mgr Touvet, à Chalons-en-Champagne, Mgr Le Gall à Toulouse, Mgr Lebrun, à Rouen, et bien d’autres y allaient de l’expression de leur déception des annonces du Premier ministre. Quelques menaces furent même lancées par Mgr Aupetit, à Paris, à l’occasion d’une intrusion de la police dans une église. Dénonçant cette intrusion violente et illégale – d’autant que l’église en question était privée, et non communale –, il affirme : « Il faut garder la tête froide et arrêter ce cirque. Sinon on va prendre la parole et [...] aboyer très fort ! »

Magnifique, nous sommes-nous dit, les droits des fidèles à recevoir les sacrements de la part de leurs pasteurs et les droits de Dieu à être honoré publiquement par un culte convenable vont être respectés, en même temps que les justes précautions demandées pour assurer la santé publique : il y a de nouveau des évêques en France ! Las ! Notre béatitude fut de courte durée. Pas un seul de ces épiscopes à la dent dure, au verbe haut, à la formule acérée n’a fait autre chose que nous asséner des rodomontades. Du blabla. Voilà ce que sont les saillies épiscopales.

Sont-ils simplement bêtes ou aveugles, ou franchement mauvais ?

Ils se plaignent des atteintes à la liberté de culte, de conscience, du mauvais traitement fait aux croyants en général, aux catholiques en particulier, mais dans les actes ? Le vide sidéral. L’Eglise est « dialoguante », soucieuse de trouver un terrain d’entente avec ce gouvernement, comme avec les autres. Sont-ils simplement bêtes ou aveugles, ou franchement mauvais ? Dès avant le confinement, lors des auditions au parlement, au sujet des lois bioéthiques, Mgr d’Ornellas a réalisé avec stupéfaction que son discours n’intéressait personne et qu’il n’était là que comme alibi. Dans le cadre de la crise sanitaire, tel autre évêque imagine qu’il va obtenir, du fait de ses bonnes relations avec le préfet, des aménagements pour son diocèse, oubliant que le préfet ne peut prendre ce genre de décision, hors de son pouvoir, d’une part, mais aussi certainement peu propice à l’avancement de sa carrière.

Quant à l’archevêque de Paris, la caravane est passée, et il n’a pas pris la peine d’aboyer. Dans tels autres diocèses, des maires, au mépris de la loi, prennent l’initiative de sonner les cloches des églises le soir à 20h00, pour saluer le personnel soignant – qui aurait sans doute préféré des moyens matériels et de la considération plutôt que des applaudissements grotesques et des sonneries de cloches – et sont rappelés à l’ordre par les évêques… sans que cessent les sonneries illégales, et que l’on saisisse la juridiction administrative. Tels autres, après avoir manifesté sur les réseaux sociaux leur désagrément des décisions gouvernementales, finissent par s’en accommoder et proposent, pèle-mêle, la messe à domicile, la messe en « drive-in », la messe à la télévision…c’est à celui qui trouvera la formule la plus originale. Une solution à portée de main, hygiénique, légale, de bon sens n’a pas été envisagée : la saisine du Conseil d’Etat pour contester la légalité du décret limitant l’exercice du culte sans aucune proportion avec l’objectif de préservation de la santé publique. C’est tellement important de garder de bonnes relations avec des gouvernements qui, depuis plus de deux siècles se montrent si bienveillants et compréhensifs avec l’Eglise !

Non, ce qui était important, c’était de ne pas briser le beau consensualisme qui habite la Conférence des évêques de France.

Nous avons de véritables moulins à vent, qui justifient leur inaction par le « Rendez à César ». Ils étaient moins regardants quand il s’agissait de livrer – ou surtout de ne pas livrer – au bras séculier, et même à leurs propres tribunaux ecclésiastiques, les prêtres scandaleux, libidineux, voleurs, concussionnaires, etc. Non, ce qui était important, c’était de ne pas briser le beau consensualisme qui habite la Conférence des évêques de France. D’ailleurs, quand des laïques ayant encore le sens des choses, ainsi que quelques congrégations religieuses ou assimilées, d’obédience « traditionnelle » – pas des « conservateurs » donc, c’est-à-dire ceux qui défendent le « juste milieu », les accommodements raisonnables, en liturgie, en morale, en théologie, et en politique – ont souhaité défendre le droit naturel à pratiquer le culte en public, leurs Excellences s’en sont quelque peu offusquées, estimant que cette démarche était une rupture de communion, puisqu’elles n’avaient pas été consultées ni donné leur accord. Mais c’est là une conception vétéro-concilaire de l’épiscopat ! Il s’agirait de grandir ! Place au laïcat adulte et conscient de lui-même, mort au cléricalisme !

Leur idée ? Ou on y va tous, ou on n’y va pas ! A l’heure où nous écrivons, Mgr de Moulins-Beaufort, le charismatique et énergique président de la Conférence des évêques de France, auquel a été proposé d’ester devant le Conseil d’Etat, réfléchit encore…Mais la haute juridiction administrative, sollicitée par des personnes qui savent encore ce qu’est un droit objectif, qui savent qu’une loi ne mérite ce titre et l’obéissance que si elle est une « certaine ordination de la raison au bien commun » (1), et qu’il ne suffit pas qu’elle sorte de la main d’un titulaire de la potestas, qui savent que le bien commun temporel ne peut être séparé ou opposée au bien commun éternel auquel il est ordonné, a rendu son verdict : l’interdiction générale et inconditionnelle des cultes est bien une atteinte manifestement et gravement illégale à la liberté de conscience et à la liberté des cultes. Quelques évêques ont évidemment réagi : ils viennent au secours de la victoire et essaient naturellement de « tirer la couverture à eux ».

Tous les moyens licites doivent être mis en œuvre pour obtenir la victoire


L’un d’entre eux a tout de même exprimé des remerciements, quoiqu’il ne soit pas certain qu’ils s’adressent aux auteurs de la saisine du Conseil d’Etat, lesquels, par la victoire obtenue au bénéfice de tous les catholiques, mettent dans l’embarras l’épiscopat français… Car c’est bien de cela qu’il s’agit : en ne voulant pas envisager que les fidèles ont des droits qu’il appartient aux pasteurs de défendre, ne voulant pas plus envisager que Dieu a le droit d’être publiquement honoré et adoré, et que, là-aussi, c’est normalement entre les mains des évêques qu’a été remise la responsabilité ordinaire de le défendre, ces derniers, après la décision du Conseil d’Etat, apparaissent tels qu’ils sont : inexistants, inconsistants, pusillanimes. Le 27 mars 1908, Maurras achevait sa chronique politique dans le journal L’Action française par ces mots : « La devise de notre Action française est d'agir, d'avancer, de manifester par tous les moyens, même légaux. » Point besoin d’être maurrassien pour s’approprier cette idée : tous les moyens licites doivent être mis en œuvre pour obtenir la victoire. Comment prétendre l’obtenir si l’on n’essaie même pas !?

Et tandis que les « tradis » sont rentrés dans l’histoire de la jurisprudence administrative, les évêques, eux, sont sortis de l’Histoire A cet égard, nous partageons assez l’analyse que fait Jean-Pierre Denis. Le lendemain de l’arrêt du Conseil d’Etat restaurant la liberté de culte (2), il écrit : « Il est donc regrettable que l’action ait été une nouvelle fois abandonnée à une poignée de requérants et à des organisations disons… peu représentatives du catholicisme de ce pays. Ce sont eux et elles, heureusement mais hélas qui ont défendu nos libertés maltraitées. » Les requérants sont effectivement peu représentatifs du catholicisme français [de moins en moins : ils sont la puissance montante]. Et on ne peut que s’en réjouir [non]. Le « catholicisme français » de Jean-Pierre Denis et de la CEF est une coquille vide, et les évêques peinent à s’en rendre compte : ils sont encore dans des référentiels des années 60, où le catholicisme jouit de moyens matériels, d’une forte présence ecclésiastique et religieuse, d’une certaine aura dans la société, d’un taux de pratique bien plus imposant qu’aujourd’hui, quoique déjà diminué. Ils se pensent encore « quelque chose » dans la société, « quelqu’un » vis-à-vis des autorités politiques. La preuve vient d’être faite : ils ne sont plus rien. Et leur inertie dans le combat pour défendre les libertés des fidèles et les droits de Dieu n’a fait que confirmer au gouvernement de la république ce qu’il subodorait : il n’y a plus d’épiscopat en France, juste des syndics de faillite. Et tandis que les « tradis » sont rentrés dans l’histoire de la jurisprudence administrative, les évêques, eux, sont sortis de l’Histoire. Tout court.

************
1 (S. Thomas d’Aquin, Somme théologique, q. 90, a.4)

(2) Même si le délai de huit jours qu’il octroie au gouvernement pour rédiger un nouveau texte rend cette décision, dans l’ordre pratique, peu utile. Du moins, les principes sont affirmés.


mercredi, mai 20, 2020

Robert Sarah : « L’épidémie du Covid-19 ramène l’Église à sa responsabilité première : la foi »

Robert Sarah : « L’épidémie du Covid-19 ramène l’Église à sa responsabilité première: la foi »

TRIBUNE - Trop souvent, l’Église a voulu prouver qu’elle était «de ce monde» en se consacrant à des causes consensuelles plutôt qu’à l’apostolat, déplore le cardinal guinéen*.

Le cardinal Robert Sarah.
Le cardinal Robert Sarah. Clairefond

L’Église a-t-elle encore une place en temps d’épidémie au XXIe siècle? Contrairement aux siècles passés, l’essentiel des soins médicaux est désormais assumé par l’État et le personnel de santé. La modernité a ses héros sécularisés en blouse blanche, et ils sont admirables. Elle n’a plus besoin des bataillons charitables des chrétiens pour soigner les malades et enterrer les morts. L’Église serait-elle devenue inutile à la société?

Le Covid-19 reconduit les chrétiens à l’essentiel. En effet, depuis longtemps, l’Église est entrée dans un rapport faussé au monde. Confrontés à une société qui prétendait n’avoir pas besoin d’eux, les chrétiens, par pédagogie, se sont efforcés de démontrer qu’ils pouvaient lui être utiles. L’Église s’est montrée éducatrice, mère des pauvres, «experte en humanité» selon l’expression de Paul VI. Elle avait bien raison de le faire. Mais peu à peu les chrétiens ont fini par oublier la raison de cette expertise. Ils ont fini par oublier que si l’Église peut aider l’homme à être plus humain, c’est en définitive parce qu’elle a reçu de Dieu les paroles de la vie éternelle.

L’Église s’est engagée dans les luttes pour un monde meilleur. À bon droit, elle a soutenu l’écologie, la paix, le dialogue, la solidarité, et l’équitable répartition des richesses. Tous ces combats sont justes. Mais ils pourraient faire oublier la parole de Jésus: «Mon royaume n’est pas de ce monde». L’Église a des messages pour ce monde, mais uniquement parce qu’elle a les clefs de l’autre monde. Les chrétiens ont parfois pensé l’Église comme une aide donnée par Dieu à l’humanité pour améliorer sa vie d’ici-bas. Et ils ne manquaient pas d’arguments tant la foi en la vie éternelle éclaire la juste manière de vivre en ce siècle.

Mourir de désespoir et de solitude

Le Covid-19 a mis à nu une maladie insidieuse qui rongeait l’Église: elle se pensait comme «de ce monde». Elle voulait se sentir légitime à ses yeux et selon ses critères. Mais un fait radicalement nouveau est apparu. La modernité triomphante s’est effondrée devant la mort. Ce virus a révélé que, malgré ses assurances et ses sécurités, le monde d’ici-bas restait paralysé par la peur de la mort. Le monde peut résoudre des crises sanitaires. Il viendra certainement à bout de la crise économique. Mais il ne résoudra jamais l’énigme de la mort. La foi seule a la réponse.

Illustrons ce propos très concrètement. En France, comme en Italie, la question des maisons de retraite, les fameux Ehpad, a été un point crucial. Pourquoi? Parce que se posait directement la question de la mort. Les résidents âgés devaient-ils être confinés dans leur chambre au risque de mourir de désespoir et de solitude? Devaient-ils rester en contact avec leurs familles, au risque de mourir du virus? On ne savait pas répondre.

L’épidémie a frappé les sociétés occidentales au point le plus vulnérable. Celles-ci avaient été organisées pour nier la mort, la cacher, l’ignorer

L’État, emmuré dans une laïcité qui choisit par principe d’ignorer l’espérance et de renvoyer les cultes au domaine privé, était condamné au silence. Pour lui, la seule solution était de fuir à tout prix la mort physique, quitte à condamner à la mort morale. La réponse ne pouvait être qu’une réponse de foi: accompagner les personnes âgées vers une mort probable, dans la dignité et surtout l’espérance de la vie éternelle.

L’épidémie a frappé les sociétés occidentales au point le plus vulnérable. Celles-ci avaient été organisées pour nier la mort, la cacher, l’ignorer. Elle est rentrée par la grande porte! Qui n’a vu ces morgues géantes à Bergame ou à Madrid? Voilà les images d’une société qui promettait il y a peu un homme augmenté et immortel.

Oublier la peur

Les promesses de la technique permettent d’oublier un instant la peur, mais elles finissent par se révéler illusoires quand la mort frappe. Même la philosophie ne fait que rendre un peu de dignité à une raison humaine submergée par l’absurdité de la mort. Mais elle est impuissante à consoler les cœurs et à donner un sens à ce qui semble en être définitivement privé.

Face à la mort, il n’est aucune réponse humaine qui tienne. Seule l’espérance d’une vie éternelle permet de surmonter le scandale. Mais quel homme osera prêcher l’espérance? Il faut la parole révélée de Dieu pour oser croire en une vie sans fin. Il faut une parole de foi pour oser l’espérer pour soi et les siens. L’Église catholique se voit donc reconduite à sa responsabilité première. Le monde attend d’elle une parole de foi qui lui permette de surmonter le traumatisme de ce face-à-face avec la mort qu’il vient de vivre. Sans une parole claire de foi et d’espérance, le monde peut sombrer dans une culpabilité morbide ou dans une rage impuissante face à l’absurdité de sa condition. Elle seule peut lui permettre de donner sens à ces décès de personnes aimées, mortes dans la solitude et enterrées à la va-vite.

Mais alors, l’Église doit changer. Elle doit cesser d’avoir peur de choquer et d’être à contre-courant. Elle doit renoncer à se penser comme une institution du monde. Elle doit revenir à son unique raison d’être: la foi. L’Église est là pour annoncer que Jésus a vaincu la mort par sa résurrection. C’est le cœur de son message.«Si le Christ n’est pas ressuscité, notre prédication est vaine, notre foi est trompeuse et nous sommes les plus misérables de tous les hommes.» (1 Corinthiens 15, 14-19). Tout le reste n’en est qu’une conséquence.

Nos sociétés sortiront fragilisées de cette crise. Elles auront besoin de psychologues pour surmonter le traumatisme de n’avoir pas pu accompagner les plus anciens et les mourants dans leur tombeau mais elles auront plus encore besoin de prêtres qui leur apprennent à prier et à espérer. La crise révèle que nos sociétés, sans le savoir, souffrent profondément d’un mal spirituel: elles ne savent pas donner un sens à la souffrance, à la finitude et à la mort.

* Le cardinal Sarah est préfet de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements au sein de la Curie romaine.

mercredi, mai 06, 2020

L'Eglise ne tient pas sa liberté de culte de l'Etat.



Je ne voulais vous citer qu'un extrait de cet article, mais il est tellement juste que je me suis laissé aller à mettre l'intégralité.



L’ÉGLISE NE TIENT PAS SA LIBERTÉ DE CULTE DE L’ÉTAT DE BENOIT DUMOULIN

4 MAI 2020

Alors que les évêques de France réfléchissent à la manière de réagir à l’injonction gouvernementale de ne pas reprendre les cérémonies publiques avant le 2 juin, les autres religions ne sont pas solidaires de la position catholique. Une singularité qui devrait pousser les évêques à décréter unilatéralement la réouverture du culte public. Manière de montrer qu’ils ne quémandent pas ce droit à l’Etat.

Lors des discussions avec l’État pour la reprise des cultes, l’Église s’est retrouvée isolée par rapport aux autres religions qui lui ont reproché de ne pas vouloir respecter le calendrier gouvernemental en attendant jusqu’au 2 juin. « Il y a eu des mots très étonnants chez certains catholiques, quand j’entends “untel est anticlérical”. C’est probablement la détresse de ne pas pouvoir prier dans les lieux de culte qui leur fait dire cela », souligne ainsi Haïm Korsia cité par La Croix (2 mai). « Mais nous sommes tous dans la même situation, et rêvons de pouvoir reprendre. Or cela voudrait dire pouvoir en assurer les conditions sanitaires, ce qui n’est pas encore le cas » poursuit le grand rabbin de France.

Or, c’est justement là que le bât blesse. Les catholiques ne sont pas dans la même situation que les autres religions qui ne vivent pas de réalité sacramentelle. Pour les protestants ou les juifs, les réunions au temple ou à la synagogue sont des assemblées de prière. Pour les catholiques, la messe est une réalité vitale où l’on vient se nourrir au corps du Christ mort et ressuscité et s’abreuver à son sang qui nous lave du péché. Dire cela n’est pas revendiquer un privilège mais simplement constater une réalité ecclésiologique. Que nos gouvernants, qui vivent de plus en plus dans l’ignorance de la foi catholique – comme Christophe Castaner vient encore de le démontrer hier soir – ne voient pas cette réalité sacramentelle de l’Église est déjà grave. Mais que les autres religions, par ignorance ou faiblesse coupable, ne puissent concevoir ce qu’est la messe pour les catholiques, montre que le dialogue interreligieux a encore beaucoup de chemin à parcourir.

Les catholiques ne sont pas dans la même situation que les autres religions qui ne vivent pas de réalité sacramentelle. Pour les catholiques, la messe est une réalité vitale où l’on vient se nourrir au corps du Christ mort et ressuscité et s’abreuver à son sang qui nous lave du péché.

Même ignorance de la part du pasteur François Clavairoly, président de la Fédération Protestante de France (FPF) et du Conseil des Responsables de Culte en France (CRCF) dont les propos sont rapportés par La Croix : « Nous ne partageons pas, nous les autres cultes – musulman, juif, protestant, bouddhiste… – cette idée que ce serait aux cultes de revendiquer une date, nous soumettons nos recommandations aux autorités, et cette décision leur revient ensuite. Nous devons jouer le jeu, les religions ne sont pas en surplomb de la société?». Non, monsieur Clavairoly, la liberté de culte n’est pas un droit octroyé par l’État mais un droit naturel que l’État ne peut que reconnaître.

Il est très significatif que cette allégeance inconditionnelle à l’égard des autorités civiles provienne d’un pasteur protestant. N’est-ce pas Luther qui prônait l’obéissance inconditionnelle aux seigneurs lors du soulèvement des paysans allemands de 1525 ? L’Église catholique a toujours joué le rôle de contrepoids face aux excès du pouvoir temporel, en Europe mais aussi aux Amériques où elle s’opposait, parfois très fermement, aux abus des colons. Elle le pouvait justement parce qu’elle ne tenait pas son pouvoir de l’État. Dans les pays d’Europe du nord où la réforme protestante a triomphé, on a commencé par confisquer les biens ecclésiastiques appartenant à l’Église pour les donner à des princes protestants faisant allégeance à l’État. C’est ainsi que le duché de Prusse est né en 1525 de la sécularisation des terres des chevaliers teutoniques au profit d’Albert de Brandebourg passé au protestantisme.

Dès lors, plus rien ne s’oppose aux ambitions démesurées de l’État moderne qui va devenir de plus en plus absolu car il ne trouvera plus face à lui une autorité indépendante sur les plans spirituels, hiérarchiques et patrimoniaux : la hiérarchie protestante est structurellement inféodée à l’État quand elle ne se confond pas avec lui, ce qui est le cas encore aujourd’hui de l’anglicanisme, et son assise est strictement nationale là où l’Église catholique dispose d’une hiérarchie internationale qui lui permet de mieux résister aux abus de l’État moderne. De plus, elle a conservé une structure dogmatique là où les protestants se sont engagés sur les sables mouvants du relativisme, au nom de la sola scriptura.

La hiérarchie protestante est structurellement inféodée à l’État quand elle ne se confond pas avec lui et son assise est strictement nationale là où l’Église catholique dispose d’une hiérarchie internationale.

La suite de cette histoire se lit sous nos yeux. Les églises protestantes ont très largement accompagné les dérives de l’État moderne dont elles sont la caution religieuse quand l’Église catholique continue de résister, notamment dans le domaine des mœurs. Pas étonnant, du coup, que les protestants se soumettent à l’État en matière de liberté de culte.

L’Église catholique, qui n’est pas « en surplomb de la société » comme l’accuse le pasteur Clavairoly mais tient simplement son pouvoir de Dieu et non des hommes, serait tout à fait fondée à déclarer unilatéralement une date de réouverture du culte public, en appliquant les mesures de sécurité qui s’imposent, en vertu du pouvoir de police dont les curés disposent au sein de leur église. Au-delà de la joie de pouvoir communier, ce serait aussi l’occasion de rappeler que l’Église ne tient pas sa liberté de culte du bon vouloir de l’État !


mercredi, mars 18, 2020

Enfin un évêque français qui y croit.




Son texte, notamment sur la perception faussée de la mort, est très juste.

samedi, mars 14, 2020

L'avenir de la religion (J. Daniélou)

Ca fait partie des perles pour pas cher qu'on trouve sur internet. Ce livre, agréablement écrit, date de 1968, ce n'est anodin ni d'un point de vue français ni d'un point de vue catholique.

Jean Daniélou n'est pas encore cardinal. L'objet de son livre peut être défini par une citation : « Le vrai drame de l'Eglise est celui de l'affaiblissement de la foi, qui est sournoisement minée par une culture incompatible avec elle ».

Vous savez ce que j'en pense, cinquante ans après : Le pape François n'est pas catholique (il n'a aucune révérence pour l'Eglise et pour ses traditions) et je me demande s'il est vraiment chrétien (certaines déclarations, maladroites mais pas franchement démenties, laissent un gros doute).

Je pense la même chose, avec un peu moins de sévérité, des évêques de France.

Oh, bien sûr, si on les interroge directement, ils ne dévient pas franchement de la doctrine traditionnelle de l'Eglise (quoique, pour le pape François, il y a quand même des déclarations ambigues), mais, indirectement, dans leurs déclarations sur des sujets annexes et dans leurs décisions (encore aujourd'hui, pas de messes pour cause de virus), on sent bien que Jésus n'est guère plus pour qu'un maître de sagesse orientale et l'Eglise une vieille ONG à dépoussiérer.

Leur propension à céder à l'esprit du temps se conjugue avec leur manque d'orgueil à incarner l'éternité. Ce ne sont pas des guerriers de la foi, c'est le moins qu'on puisse dire.

Don Camillo me manque. C'est un personnage de fiction, mais ne vous leurrez pas : il fut une époque pas si lointaine où les clercs n'étaient pas tous des couilles molles efféminées s'habillant des convictions à la mode. Où il prenaient au sérieux leurs rôles de pasteurs d'hommes et se comportaient comme des chefs de peuples. Pas besoin de remonter aux croisades. On les trouva au combat et dans la Résistance.

Daniélou est très impressionnant dans son analyse : c'est limpide, ça coule de source. La tentation est de faire l'Eglise sans le Christ fils de Dieu, qui impose une relation, une manière de vivre chaque instant, mais juste avec un petit Christ maitre de sagesse orientale, qui dit à tout le monde d'être gentil.

Il appelle ça : essayer de prouver qu'on peut faire le bien en se passant de Dieu, ce qui est à son idée, satanique.

Hélas, il n'est pas prolixe sur les remèdes. Prier pour que l'Eglise secrète des saints. Assurément, il a raison, mais, à mes yeux, ça manque de sens pratique.

Par exemple, ramener les hommes, massivement chassés d'une Eglise féminisée, et même « femellisée » j'avais lu plusieurs propositions en ce sens. La première est de rétablir le culte ad orientem, le prêtre tourné vers l'autel : les hommes préfèrent un chef qui les précède à un travailleur social qui fait la causette avec ses copines. Il y en avait cinq ou six autres dans un article que j'ai perdu.


jeudi, mars 05, 2020

Epidémie de lâcheté chez les évêques de France.




Seigneur, délivrez-nous de l’épidémie de nos lâchetés !

*************
On dira que je manque de prudence, de précaution, de sagesse épiscopale… Mais il me semble qu’à une autre époque, peut-être pas si lointaine et, en tout cas, beaucoup plus noble, l’évêque de Beauvais serait sorti de sa cathédrale en procession, portant lui-même les reliques du grand saint Éloi et accompagné du chapitre des chanoines au grand complet, d’une foule d’enfants de chœur et de tous les paroissiens réunis, en chantant des cantiques et des psaumes pénitentiels à travers la ville, revêtu d’une chape violette en signe de pénitence, pour demander à Dieu sa miséricorde et sa protection, pour implorer l’aide de la Vierge Marie et de tous les saints protecteurs de ce diocèse fondé au IIIe siècle…
*************

Les évêques de France, Dieu et le corona virus

*************
Ont-ils encore la foi ?

Laurent Dandrieu a très justement noté dans un tweet :

« Dans les temps où l’on avait la foi, en cas d’épidémie on emplissait les églises pour prier Dieu de nous en préserver. Aujourd’hui, on se calfeutre chez soi en espérant être assez chanceux pour s’en tirer. Et l’Eglise elle-même collabore à cette écœurante laïcisation ».
*************

Saint Jean Chrysostome disait que l'Enfer est pavé de crânes d'évêques. Il devait anticiper de plusieurs siècles la conférence des évêques de France !

Monseigneur Danniélou redoutait dans les années 60 un effondrement de la Foi chez les clercs.

Heureusement, quelques uns sauvent l'honneur, citons les :

Monseigneur Pascal Roland, évêque d’Ars-Belley

Monseigneur Bernard Ginoux, évêque de Montauban qui était aux côtés des Gilets Jaunes).

Honneur à eux !




samedi, février 08, 2020

Eglise : laxisme intégrateur ou rigorisme épurateur, le faux débat.

Je suis en train de lire sur la querelle entre jésuites et jansénistes.

L'une des fortes composantes de cette querelle était le changement des moeurs en cours. Si on faisait fuir les gens des églises par une doctrine trop rigoureuse, c'était autant d'âmes mécaniquement exclues du Salut.

Cet argument est souvent utilisé (explicitement ou implicitement) par les modernistes de 2020 qui veulent adapter l'Eglise au monde. Ca serait en s'adaptant au monde qu'on retiendrait les fidèles.

Sauf qu'il est fallacieux : les églises sont déjà vides. En 50 ans, la pratique régulière est tombée de 40 % de la population à 2%.

Et doublement fallacieux, puisque c'est justement à cause de « damnables nouvelletés », comme dirait Montaigne, que les églises se sont vidées.

Et triplement fallacieux, parce que les communautés et les séminaires aujourd'hui les plus prospères et vivants sont les plus traditionalistes.

Mais, quand on est moderniste dans l'Eglise, on choisit la voie du mensonge, y compris à soi-même.

Revenons à nos jansénistes : l'Eglise de l'époque a choisi la voie de l'adaptation aux moeurs du temps. Mais avec une infinie prudence. Rien à voir avec le prurit moderniste de certains de nos prélats.

Surtout, c'est un mouvement inverse qu'il faut entamer, de resserrage des boulons.





lundi, janvier 13, 2020

Habemus problemam

L'hérésie (erreur sur le dogme) et le schisme (séparation des organisations) sont souvent liés.

Mais les deux plus gros schismes, orthodoxe et anglican, étaient surtout d'origine politique et culturelle, les querelles de dogme étaient plutôt des prétextes.

Or, nous avons aujourd'hui un pape dont on a quelques raisons de penser qu'il est hérétique et qu'un schisme ne lui ferait pas peur (il l'a dit, en tout cas).

C'est une situation inédite.

Comment faire ? La solution classique, c'est un anti-pape : l'élection d'un pape concurrent. Avec une certaine originalité, nous avons un pape émérite. Ce n'est plus très très loin.

Ma position est douloureuse.

Je déteste les postions du pape François, que je juge mondaines et donc sataniques, mais il n'y a pas de sacrements en dehors de l'Eglise, point barre.

Je m'aperçois, à mes discussions, à quel point la culture religieuse s'est écroulée : les idioties que j'entends sur le mariage des prêtres sont toutes rattachées à des considérations matérielles, sociales ou psychologisantes (et souvent, ça ne vole pas haut). Et l'Esprit, où est-il ? Et le sacré ?

Alors ? Hé bien, la seule Eglise est celle dont Jorge Bergoglio est pape et merde si ça me déplaît.



"Des profondeurs de nos coeurs" : un livre qui ébranle l'Eglise



mercredi, octobre 09, 2019

« Un terrible affaissement de la foi chez les clercs » (2)

Dans mon billet précédent, j'ai oublié de signaler un point tant il me paraissait évident : les affaires de pédérastie dans l'Eglise.

Les bergogliens en voie d'hérésie les mettent sur le compte d'un homme de paille, un prétendu cléricalisme, qu'on est bien en peine de trouver. Tout simplement parce que les vraies causes  de ces sinistres événements sont de grosses pierres dans le jardin du Bergoglio.

Les causes des affaires de pédérastie dans l'Eglise sont claires. Ce sont des idées et des comportements promus par l'actuel pape : le relativisme moral, qui fait qu'on trouve une justification à tout (sauf à la défense de la tradition, bien entendu), la faiblesse théologique (il ne faut vraiment pas croire en l'Enfer pour se comporter ainsi) et l'éloignement de la tradition (qui fait que des barrières d'usage sautent).

Au fond, et on revient au thème du billet précédent, il faut qu'un prêtre ait une foi très chancelante pour que la peur que la foudre divine lui tombe sur la gueule ne l'empêche pas de tripoter un adolescent.

La foi n'a jamais prévenu le crime, le problème est statistique.

Un ou deux, ça peut arriver, l'humanité est ainsi. Mais un nombre aussi conséquent est bien le signe de cet affaissement de la foi chez les clercs dont je parle.

lundi, octobre 07, 2019

« Un terrible affaissement de la foi chez les clercs »

Synode en Amazonie : la marche sur Rome des théologiens de la libération.

************
C’est pourquoi il vaut mieux trancher dans le vif en amont : il ne s’agit même plus de la question de « l’infaillibilité pontificale ». Cette dernière concerne l’enseignement du pape sur « la foi et les moeurs ». Mais nous ne sommes plus dans ce cadre ; nous avons basculé dans ce que redoutait dès la fin des années 1960 le Cardinal Daniélou: un terrible « affaissement de la foi chez les clercs » ! Quand un texte est présenté à Rome, dont les auteurs ne croient plus au Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob, il n’y a qu’une seule chose à dire, sans animosité: amicus Franciscus sed magis amica veritas (François est notre ami mais la vérité est une plus grande amie encore).
************

Je partage le malaise d’Edouard Husson depuis longtemps. Je pense que beaucoup de clercs (j’ai tendance à penser : d’autant plus qu’ils sont plus élevés dans la hiérarchie) ne sont plus chrétiens mais vaguement déistes, branche humanisme sirupeux, voire franchement athées. Au premier rang, le pape François.

La particularité de la foi chrétienne est qu’elle est inscrite dans l’histoire. C’est plus que toute autre une religion de l’incarnation. Si on enlève du Credo les mots « sous Ponce Pilate », qui placent Jésus dans l’histoire, le récit du  Dieu fait homme, né d’une vierge, crucifié et ressuscité devient un mythe banal comme on en trouve dans les mythologies, grecque par exemple.

Cette historicité du christianisme est perpétuée par l’Eglise, grâce à la succession apostolique ininterrompue, et aussi (héritage d’Israël) par l’attachement aux nations, perpétuation dans l’ordre terrestre de l’historicité comme l’Eglise l’est dans l’ordre divin.

Autrement dit, pour être pleinement chrétien, il faut croire au Christ ressuscité mais aussi en l’Eglise en tant que corps historique du Christ et en la nation, au moins tant qu’idée. Car si on ne croit pas en la nation on ne croit pas en l’élection d’Israël et on coupe le christianisme de ses racines juives. Hérésie connue sous le nom de marcionisme.

Or, les clercs (à part quelques heureuses exceptions) donnent tous les signes (et le pape François plus que les autres) de ne plus croire ni en l’Eglise ni en la nation. En cela, il ne sont, c’est terrifiant à écrire, plus chrétiens. Ils ont supprimé « sous Ponce Pilate » du Credo. Ils se réfèrent à un mythe évanescent.

Il n’est donc pas étonnant que la principale hérésie du synode de l’Amazonie est de laisser entendre que toutes les origines et toutes les histoires se valent.

C’est désespérant, irritant, angoissant. Tout ce que vous voulez, mais pas surprenant.

Il suffisait de lire, depuis un paquet d’années, les déclarations insipides des évêques de France, assemblages d’expressions toutes faites dignes du bullshit bingo des technocrates, pour se rendre compte qu’il y avait un problème.

Le remède ? Comme d’habitude, le Christ et les Saints. Quelques évêques de bon calibre, et les cardinaux déistes seraient vite ramenés à leur insignifiance.

lundi, juin 10, 2019

L'Eglise n'est pas une ONG

Texte en américain, mais assez facile à lire :

The Church Is Not an NGO

J'aime bien cette définition de l'Eglise actuelle (il écrit « liberal », mais j'ai le plus grand mal à traduire ce terme en français sans faire de contre-sens) :

« A God without wrath brought men without sin into a Kingdom without judgment through the ministrations of a Christ without a Cross.»

« Un Dieu sans colère fait entrer l'humanité sans péché dans un Royaume sans jugement par le ministère d'un Christ sans Croix ».

Dans ses conditions, il paraît naturel et logique de ne pas se lever le dimanche matin pour aller à la messe.

Comme l'auteur de cet article l'écrit fort bien, les « libéraux » (devrais-je traduire par les « laxistes » ? Les « mondains »  ?) ont vidé les églises par leur réthorique politique, mais ils croient que c'est le seul moyen de ramener les fidèles perdus. Ainsi, plus les églises se vident, plus les les « libéraux » insistent sur le message qui les a faits fuir.

Ne dit-on pas que persévérer dans l'erreur est, à proprement parler, diabolique ?





lundi, avril 15, 2019

Et un direct du droit à la langue de buis


Le cardinal Müller

Sur ceux qui critiquent le texte de Benoît XVI (ils osent parler de « misère intellectuelle »…) :
Ils parlent de renouveau et de réforme de l’Eglise, mais n’ont en tête que l’adaptation à leur propre état de décadence. Il est impensable que ceux qui possèdent ne serait-ce qu’une étincelle d’amour chrétien, se laissent entraîner par ce genre de pamphlet grossier. En effet, comment l’amour peut-il encore structurer la foi dans un contexte où la foi au Dieu de la Révélation en Jésus-Christ a été abandonnée ou bien lorsque ne subsistent que quelques éléments de cette foi pour tenter de justifier une vision du monde autoréférentielle.
Il est scandaleux de voir que des évêques catholiques financent, en détournant les fonds propres de l’Eglise, des organismes qui soutiennent ouvertement des positions incompatibles avec l’enseignement catholique sur la foi et la morale. Je sais, bien sûr, que les évêques concernés voient les choses autrement, parce qu’ils définissent selon leur bon plaisir ce qui est catholique et ce qui ne l’est pas. Leur vision du monde repose sur la distinction un peu primitive entre progressisme et conservatisme. Ce qui relève de la foi catholique telle qu’elle a été formulée jusqu’ici est ainsi qualifié de « conservatisme » et seule leur vision « progressiste » serait l’avenir de l’Eglise, comme dans ces autres contrées anciennement catholiques et dévastées par de semblables idéologies.
En conséquence, il s’agit pour eux de mettre hors-jeu, ou du moins de museler, ces catholiques catalogués « conservateurs » qui restent fidèles à la Sainte Ecriture, à la Tradition Apostolique et au Magistère. Et dans ce but, tous les moyens sont bons, jusqu’à calomnier et déshonorer. Car est permis tout ce qui sert son intérêt propre qui est, bien sûr, identifié au bien commun. C’est de cette façon qu’a été traité aussi mon « Manifeste pour la foi » : comme un ensemble de demi-vérités, un choix d’idées subjectives, éloignées de la Sainte Ecriture, des propos sortis de leur contexte… comme si la Trinité, l’Incarnation, la sainteté de l’Eglise, la divine Liturgie, l’unité de la foi et de la morale, le jugement dernier et la vie éternelle, n’étaient pas, dans la « hiérarchie des vérités » (d’après le Décret sur l’œcuménisme du Concile Vatican II au n°11), le « fondement de la foi ».
L’infâme refus de Dieu qui s’expose ainsi est à son comble lorsqu’on se sert du crime et du péché mortel constitués par l’abus sexuel de jeunes mineurs pour couvrir la bénédiction des actes homosexuels entre adultes, pour ridiculiser le célibat des prêtres et les vœux des religieux et banaliser les péchés contre l’indissolubilité du mariage.
(Kath.net traduction Pro Liturgia)

dimanche, avril 14, 2019

Le Malin et les témoins du Christ

Je ne vais pas vous raconter d'histoires : je pense que le Malin travaille l'Eglise et que le pape François en est le premier représentant.

J'ai bien conscience de la gravité de mon propos.

Heureusement, quelques témoins du Christ relèvent le gant :

Le réquisitoire de Benoit XVI sur la crise dans l’Église

C'est dans l'ordre des choses que peu les soutiennent et beaucoup leur crachent au visage :



*****************




Cardinal Sarah

Screenshot_2019-04-13 Cardinal R Sarah on Twitter.png
Rappel. Le texte est ici.
Autres réactions:
Massimo Faggioli, professeur de théologie (qui avait déjà vigoureusement dénoncé les propos de Mgr Vigano) :
« Si l’entourage de Benoît XVI n’est pas démantelé ou mis dans la condition de ne pas faire de mal après ce qui s’est passé dans les deux derniers jours, je ne sais pas quel genre d’incident il faudrait. »
Tweet retwitté par le théologien François Euvé, directeur des Etudes.
Isabelle de Gaulmyn :
« L’intervention de Benoît XVI pose la question du statut du pape émérite. Si on veut que les papes démissionnent alors ils doivent ensuite observer un devoir de réserve. Sinon on va au schisme. »
Voir aussi ici.
Et l'important commentaire de Peter Butler, indiquant que Benoît XVI avait écrit ce texte pour qu'il soit distribué aux évêques réunis par François.

*****************

1) les progressistes dans l’Eglise ont compris qu’ils perdaient du terrain mais que l’Eglise est une monarchie et qu’ils suffisaient d’imposer leur candidat à la tête pour imposer leur doctrine diabolique. La démission de Benoit XVI et l’élection de François Zéro sont très loin d’être éclaircies. Par exemple, fait avéré : le système de paiement international SWIFT (sur ton RIB, tu as un code SWIFT) qui ne tombe « jamais » en panne, est tombé en panne juste pour le Vatican pendant le conclave.

2) L’évêque de Nanterre nous a fait un beau texte dans la ligne du Parti, c’est-dire fondamentalement menteur : les affaires de « pédophilie » (qui sont en réalité des affaires de pédérastie) seraient causées par des « abus de pouvoir » des prêtres. C’est absurde : on ne voit pas pourquoi, tout soudain, les prêtres se seraient mis à abuser de leur pouvoir. En revanche, la changement qui saute aux yeux, c’est que depuis les années 60, les fins dernières, le Malin, le péché, le Jugement dernier, ne sont plus enseignés.

Je suis aussi frappé de la violence du mépris et des sarcasmes des commentateurs du Figaro. Exactement le comportement des persécuteurs du Christ !









lundi, avril 08, 2019

Le cardinal Sarah, c'est autre chose que le pape François (même s'il n'aime pas qu'on les oppose)

Cardinal Robert Sarah : “Si les dirigeants de l’Occident se résignent à la tiédeur et oublient ses racines chrétiennes, ils le conduisent droit à sa perte”





On notera que, tout Africain qu'il est (ou parce qu'il est africain ?), le cardinal Sarah fait sien
sans hésitation le jugement d'Hilaire Belloc : « La chrétienté, c'est l'Europe et l'Europe, c'est la chrétienté ».

dimanche, décembre 30, 2018

Un dicton romain sur les évêques français

Comme vous le savez, Rome soumet la nominations des évêques français au gouvernement (je ne sais pas comment ça se passe dans les autres pays). Cette consultation informelle n'en a pas moins force de loi.

Un dicton romain résume la chose : « Rome voudrait des saints. Le gouvernement voudrait des filous. On se met d'accord sur des imbéciles ».

C'est savoureux et, me semble-t-il, assez vrai (en tout cas, le moins que je puisse dire, c'est que je ne suis pas ébloui par la qualité intellectuelle de nos évêques. Bossuet est loin).


jeudi, octobre 11, 2018

L'Eglise de François Zéro : drogue, orgie et sodomie, tout va plus que bien.

Au Vatican

***********
LifeSiteNews rapporte que selon « une source haut placée » au Vatican (trois prêtres différents, en fait), le cardinal Coccopalmerio participait en personne à l’orgie de drogués invertis dans l’appartement de Mgr Luigi Capozzi, secrétaire du cardinal, et que François était au courant. Il s’agit de cette orgie particulière, tellement bruyante, au printemps 2017, que la gendarmerie vaticane avait dû intervenir. Les gendarmes demandèrent au cardinal de partir immédiatement avant de procéder aux arrestations, tandis qu’ils emportaient à l’hôpital Mgr Capozzi, drogué à mort…

Ces révélations sont d’autant plus plausibles qu’elles corroborent ce que l’on savait déjà.
***********

Le problème est profond (c'est le cas de le dire), il a été révélé (plus que que provoqué) par le concile Vatican 2 : à partir du moment où ne croit plus ni à l'Enfer, ni au Diable, ni au péché, les obligations de l'Eglise deviennent de simples recommandations, dont chacun peut juger par soi-même et certains ont la conscience très compréhensive pour eux-mêmes.

Au moins les Borgia, eux, avaient la classe : « Aimant s'entourer d'œuvres d'art et d'objets précieux, Alexandre VI fut un mécène généreux ; il protégea les artistes (Pinturicchio, notamment, à qui il commande le célèbre décor des appartements Borgia, au Vatican) et montra de grandes capacités dans la remise en ordre de l'administration de l'Église. »

On disait : Rome, sous le pape Alexandre VI, ne connaît « ni loi, ni divinité ; [mais] l'or, la violence et l'empire de Vénus ». On pourrait transposer : sous le pape François Zéro, Rome ne connaît ni loi, ni divinité ; [mais] l'or, la violence et l'empire de Sodome.

Je ne cite pas l'or par hasard. Le laxisme qui a bénéficié aux prélats sodomites américains s'explique beaucoup par l'or qui affluait d'outre-Atlantique dans les caves du Vatican et dont ils avaient eu la bonne idée de se faire les collecteurs.

Pour votre édification, la peine réservée en Enfer aux sodomites, vue par Dante, est de marcher sans pouvoir s'arrêter jamais sous une pluie de feu (charmant). Dante leur adjoint les usuriers qui, eux aussi, contreviennent à l'ordre naturel.



Les simoniaques sont enfermés dans des trous qui rappellent des bourses ; seules les jambes dépassent et sont brulées éternellement. On notera que Dante, parmi les simoniaques, met un pape. Nil novi sub sole.



Tout cela serait très rigolo si l'Eglise de François Zéro n'était pas aussi et surtout l'Eglise du Christ.




Virgile guide Dante aux Enfers.

mercredi, septembre 19, 2018

Le problème dans une hiérarchie catholique ayant perdu la foi

The Catholic Church Is Breaking Apart. Here’s Why.

Excellent article.

Parallèle éclairant avec la police. Il y a des policiers pourris comme il y a des curés, des évêques et des cardinaux pourris. Mais les premiers ne mettent pas l'institution à laquelle ils appartiennent en danger alors que les seconds si. Pourquoi ?

Parce que les policiers pourris sont sanctionnés. Et si leur hiérarchie ne les sanctionne pas, elle finit par être renversée par les citoyens (l'auteur a les pratiques américaines en tête).

Dans l'Eglise catholique, rien de tel : s'il y a un pape idiot ou vicieux qui protège les criminels au lieu de les expulser, comme c'est le cas aujourd'hui, personne n'a les moyens de le renverser.

L'auteur propose 4 solutions dont aucune n'est attractive.