L’effondrement qui vient : quand il faudra choisir entre Thatcher et Maduro.
Je trouve Verhaeghe très (trop ?) optimiste. Une fois que les bureaucrates ont pris le contrôle d'une société, il est très difficile de s'en débarrasser. Ils ont créé des clientèles, les gens ont pris l'habitude d'être infantilisés.
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samedi, mai 02, 2020
lundi, avril 27, 2020
Covid-19. L’État Big Mother.
Covid-19. L’État Big Mother.
Vous retrouvez mes thèmes familiers. Je résume ça brutalement : la féminisation des fonctions d'autorité est un suicide collectif.
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Féminisation des professions et maternisation du pouvoir
Michel Schneider, l’auteur de Big Mother, établit un lien entre la maternisation du pouvoir et la présence croissante des femmes dans « toutes les professions sociales pour la reproduction des individus et de la société : l’école, la justice (des affaires familiales), la médecine » (p. 53).
Michel Schneider met ainsi en perspective l’importance prise par les femmes dans l’éducation nationale et la justice : importance d’autant plus grande d’ailleurs que, d’une part, l’école tend à se substituer à la famille dans le rôle d’éducation et de formation, et que, d’autre part, la révolution judiciaire qui s’est opérée tend à faire du pouvoir judiciaire le premier pouvoir avant même le législatif et l’exécutif. Ajoutons qu’en marge de l’éducation et de la justice on trouve aussi tous ceux qu’on appelle des acteurs sociaux et qui sont souvent les assistantes sociales.
Il résulte de tout cela « la substitution d’un mode donné de contrôle social à l’ancien mode autoritaire, le traitement du déviant en malade, le remplacement de la punition par la réhabilitation médicale, l’emprise des professions d’assistance sur la famille et la société, tous ces traits s’inscrivent dans la croyance que tous les conflits peuvent se résoudre par une assistance maternelle publique qui absout l’individu de toute responsabilité amorale et le traite comme une victime des conditions sociales » (p. 63).
La rupture du symbolique
Michel Schneider insiste beaucoup sur ce qu’il appelle la « rupture du symbolique » et qu’on pourrait aussi appeler le refus de la condition tragique de la vie ; de ce qui nous borne mais aussi de ce qui nous construit en nous bornant : la part de hasard ayant présidé à notre naissance, la différence de sexes, les règles de la filiation, le langage, la mort. Tout cela tend à être marginalisé et ringardisé par le politiquement et le médiatiquement corrects.
Andréa Massari 26/04/2020
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Vous retrouvez mes thèmes familiers. Je résume ça brutalement : la féminisation des fonctions d'autorité est un suicide collectif.
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Féminisation des professions et maternisation du pouvoir
Michel Schneider, l’auteur de Big Mother, établit un lien entre la maternisation du pouvoir et la présence croissante des femmes dans « toutes les professions sociales pour la reproduction des individus et de la société : l’école, la justice (des affaires familiales), la médecine » (p. 53).
Michel Schneider met ainsi en perspective l’importance prise par les femmes dans l’éducation nationale et la justice : importance d’autant plus grande d’ailleurs que, d’une part, l’école tend à se substituer à la famille dans le rôle d’éducation et de formation, et que, d’autre part, la révolution judiciaire qui s’est opérée tend à faire du pouvoir judiciaire le premier pouvoir avant même le législatif et l’exécutif. Ajoutons qu’en marge de l’éducation et de la justice on trouve aussi tous ceux qu’on appelle des acteurs sociaux et qui sont souvent les assistantes sociales.
Il résulte de tout cela « la substitution d’un mode donné de contrôle social à l’ancien mode autoritaire, le traitement du déviant en malade, le remplacement de la punition par la réhabilitation médicale, l’emprise des professions d’assistance sur la famille et la société, tous ces traits s’inscrivent dans la croyance que tous les conflits peuvent se résoudre par une assistance maternelle publique qui absout l’individu de toute responsabilité amorale et le traite comme une victime des conditions sociales » (p. 63).
La rupture du symbolique
Michel Schneider insiste beaucoup sur ce qu’il appelle la « rupture du symbolique » et qu’on pourrait aussi appeler le refus de la condition tragique de la vie ; de ce qui nous borne mais aussi de ce qui nous construit en nous bornant : la part de hasard ayant présidé à notre naissance, la différence de sexes, les règles de la filiation, le langage, la mort. Tout cela tend à être marginalisé et ringardisé par le politiquement et le médiatiquement corrects.
Andréa Massari 26/04/2020
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lundi, mars 30, 2020
Cohn-Bendit ordonne à Raoult de « fermer sa gueule ».


Je suis très pessimiste sur notre avenir politique. Contrairement aux gens qui croient qu'après cette crise, plus rien ne sera jamais comme avant (sous-entendu, des évolutions bénéfiques), je crois au contraire que tout sera comme avant, en pire.
Un type comme Cohn-Bendit l'a bien compris : glavioter les Français à longueur de journées est un business sans risque et qui rapporte.
dimanche, mars 15, 2020
Pourquoi l'Italie ?
On a déjà l'idée que le coronavirus a été importé en Italie par les milliers de Chinois revenant du nouvel an au pays et qui travaillent dans le textile milanais.
Ca explique les foyers infectieux initiaux.
Ensuite, pourquoi une propagation si rapide ?
Hypothèse : parce que, du fait de la stagnation économique provoquée par 20 ans d'Euro, beaucoup d'Italiens en âge de travailler vivent chez leurs parents (même phénomène en Espagne et, comme par hasard, même propagation rapide).
Comme dit Renaud Camus, M. Coronavirus est plus efficace que tous les politiciens conservateurs : en un mois, il a réussi à mettre en cause la mondialisation et l'Euro.
Quand je vous dis qu'il est la somme de toutes nos fautes ...
Ca explique les foyers infectieux initiaux.
Ensuite, pourquoi une propagation si rapide ?
Hypothèse : parce que, du fait de la stagnation économique provoquée par 20 ans d'Euro, beaucoup d'Italiens en âge de travailler vivent chez leurs parents (même phénomène en Espagne et, comme par hasard, même propagation rapide).
Comme dit Renaud Camus, M. Coronavirus est plus efficace que tous les politiciens conservateurs : en un mois, il a réussi à mettre en cause la mondialisation et l'Euro.
Quand je vous dis qu'il est la somme de toutes nos fautes ...
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lundi, décembre 30, 2019
dimanche, décembre 29, 2019
Les perspectives simples de la décennie qui vient


Les années 2010 ou la révolte des peuples occidentaux contre leurs élites. Certains ont réussi, d’autres moins...
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La capacité ou non à répondre à la révolte des peuples conditionne la réussite nationale pour deux générations.
L’existence ou non d’élites conservatrices capables de canaliser la révolte populaire est un enjeu essentiel pour les pays occidentaux car elle conditionne leur réussite pour une ou deux générations. La Grande-Bretagne de Boris Johnson s’apprête à redevenir la première puissance économique du continent. Que Trump soit réélu ou non, il a ouvert une telle brèche dans le consensus de Washington que les Etats-Unis, apparemment en déclin sous Obama, maintiendront leur domination mondiale, dans les années qui viennent, la Chine se condamnant elle-même, au contraire, par le basculement néo-totalitaire de Xi Jiping.
La France et l’Allemagne vont décliner, au contraire, à la mesure de leur incapacité commune, à sécréter une nouvelle élite conservatrice.
La décennie 2010 aura offert à toutes les sociétés occidentales l’occasion de changer de politique, de redevenir au paradigme national après trente ans d’illusions mondialistes. Toutes ne l’auront pas saisi.
Malheureusement la France d’Emmanuel Macron fait partie des pays qui manquent le train de l’histoire [comme elle l'avait déjà manqué en 1981 avec Mitterrand].
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Je suis écoeuré de constater que la France, qui a eu de si grands politiques, est naufragée par des minables.
Soyons pessimistes sans perdre la foi.
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jeudi, novembre 01, 2018
Éric Zemmour : « Scènes de la vie future »
Éric Zemmour : « Scènes de la vie future »
Je n’aime pas notre époque (à quelques nuances près : sans la médecine moderne, je ne serais peut-être déjà mort). Alors, le monde qui vient, vous imaginez comme je le déteste, un seul mot le caractérise : « déshumanisation » (ce que Bernanos a très bien vu : « On ne comprend absolument rien à la civilisation moderne si l’on n’admet pas d’abord qu’elle est une conspiration universelle contre toute espèce de vie intérieure » et comme la vie intérieure caractérise l’homme ... Et pour ceux que ça défriserait : « L'optimisme est un faux espoir à l'usage des lâches et des imbéciles »).
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On peut reprocher [à Géraldine Smith] ses illusions, pas son honnêteté intellectuelle. Bien sûr, elle ne décèle dans ce qu'elle dénonce que « des effets pervers » d'idées justes, puisque provenant du fonds idéaliste de gauche, sans comprendre - ou admettre - que c'est son idéalisme de gauche qui est pervers. Géraldine Smith est une des innombrables incarnations contemporaines de la fameuse phrase de Bossuet: « Dieu rit de ceux qui déplorent les effets dont ils chérissent les causes. » [vraie citation : « Mais Dieu se rit des prières qu’on lui fait pour détourner les malheurs publics quand on ne s’oppose pas à ce qui se fait pour les attirer. Que dis-je ? Quand on l’approuve et qu’on y souscrit »].
Pourtant, à part Dieu, personne n'a envie de rire après avoir lu ce qu'elle raconte. Installée depuis dix ans en Caroline du Nord, elle nous montre une Amérique toujours plus riche avec toujours plus de pauvres ; avec moins de chômeurs que jamais, mais toujours moins de protection sociale aussi. Le travail du dimanche désagrège une vie de famille déjà minée par le divorce de masse ; le règne du « cool » dans les vêtements fait songer à la célèbre phrase d'Einstein sur « l'Amérique passée directement de la barbarie à la décadence ». Un Américain sur quatre va quotidiennement au fast-food ; et les autres se nourrissent de pizzas ou de sushis avalés n'importe comment, n'importe où, à n'importe quelle heure. Bien la peine de dépenser des milliards de dollars dans des campagnes contre l'obésité !
[...]
Le chapitre sur les enfants traités par amphétamines pour obtenir de meilleurs résultats scolaires fait froid dans le dos. Un médecin explique: « Notre société a décidé que modifier l'environnement de l'enfant coûterait trop cher. Nous avons donc décidé de modifier l'enfant. » Un professeur de psychiatrie analyse les conséquences du laxisme des parents et des profs: « À l'école, on punissait les enfants qui ne restaient pas assis. Aujourd'hui, on les envoie en thérapie et on les drogue. »
Pas étonnant que l'Amérique soit aussi le pays où des millions de malades sont devenus de véritables « drogués » après qu'on les eut soignés avec des dérivés de l'opium pour atténuer les effets de la douleur. Le pays également où des parents conduisent leurs enfants de 10 ans chez des médecins afin que ceux-ci bloquent par des traitements chimiques leur puberté, parce que leur fille ne se sent pas à l'aise dans son identité de genre.
Mais c'est à l'université, sur les campus que le monde entier leur envie, que l'Amérique fabrique son avenir. Et le nôtre. Un avenir paradoxal, à la fois hyperprotecteur et hyperconflictuel. La protection de tous ceux qui ne peuvent supporter les « microagressions » concernant leur sexe, leur genre, leur couleur de peau, leurs origines. Ceuxl-à ont le droit à des « trigger warnings » (déclencheurs d'alerte) et des «lecteurs de sensibilité» pour éviter tout ce qui pourrait les choquer : « Les livres ne sont pas le lieu où un lecteur doit faire face à une représentation nocive ou stéréotypée de ce qu'il est. »
En clair, les femmes ne doivent plus lire Madame Bovary, les Juifs ne s'aventureront plus dans la lecture de Rebatet ou de Barrès, ou même de Balzac ou Voltaire ; les homosexuels ne chanteront plus du Brassens ou du Brel et les hétérosexuels ne liront pas Jean Genet. Chacun chez soi et les vaches seront bien gardées, disait le dicton populaire d'antan. C'est exactement ce que nous montre Géraldine Smith, lorsqu'elle nous relate la mésaventure de son fils et d'un de ses amis noirs, à qui la «fraternité noire» (sorte de confrérie étudiante, NDLR) interdit de s'installer ensemble dans le campus. Ou ces femmes noires qui refusent la promiscuité avec les femmes blanches accusées d'être des « privilégiées ». Ou ces filles qui s'écrient: « Stop ! You are making me really unconfortable! » dès qu'elles ont un désaccord avec un garçon. Ou cet étudiant sanctionné par l'université pour une « danse sexuellement agressive ».
L'Amérique qui sort de ce tableau édifiant est à rebours des idéaux de ceux qui l'ont forgée: les féministes et les militants noirs organisent leur propre ségrégation. Les existentialistes les plus fanatiques inventent l'essentialisme des races et des genres le plus implacable. Ressuscitent le vieux principe de l'apartheid: « séparé mais égal ». Comme le reconnaît, effarée, Géraldine Smith: « Les parents noirs cherchaient à se fondre dans l'Amérique blanche ; leurs enfants les accusent de white washing ; les premiers luttaient pour le droit de s'asseoir à la même table, les seconds veulent qu'on leur dresse une table de même taille, mais séparée. »
Elle voit juste : tout ce qu'elle décrit viendra en France - y est déjà. Nous allons vivre une nouvelle vague d'américanisation : après celle des années 30 (décrite par Georges Duhamel), celle de l'après-guerre (le yé-yé et la société de consommation), celle des années 80 (McDonald's et antiracisme multiculturel), nous subirons celle qui vient: séparation de plus en plus conflictuelle des races et des sexes. Comme si, contrairement à tous les lieux communs progressistes, c'était le patriarcat blanc, assis sur la civilisation occidentale, qui s'avérait en dépit de ses limites et de ses crimes le plus « inclusif », car porteur d'une raison universaliste, héritée de l'Antiquité grecque, romaine et chrétienne. Georges Duhamel l'aurait volontiers expliqué à Géraldine Smith, qui ne l'aurait sans doute pas cru.
***********
Comme dit Régis Debray, nous serons un peu plus des « gallo-ricains ».
Or, la société américaine est profondément inhumaine, probablement à cause de la représentation du monde des puritains. Il me semble que les Amish ont compris quelque chose : on peut être américain sans devenir fou, à condition de refuser les facilités de la modernité, mais ce n'est déjà plus tout à fait être américain.
Je n’aime pas notre époque (à quelques nuances près : sans la médecine moderne, je ne serais peut-être déjà mort). Alors, le monde qui vient, vous imaginez comme je le déteste, un seul mot le caractérise : « déshumanisation » (ce que Bernanos a très bien vu : « On ne comprend absolument rien à la civilisation moderne si l’on n’admet pas d’abord qu’elle est une conspiration universelle contre toute espèce de vie intérieure » et comme la vie intérieure caractérise l’homme ... Et pour ceux que ça défriserait : « L'optimisme est un faux espoir à l'usage des lâches et des imbéciles »).
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On peut reprocher [à Géraldine Smith] ses illusions, pas son honnêteté intellectuelle. Bien sûr, elle ne décèle dans ce qu'elle dénonce que « des effets pervers » d'idées justes, puisque provenant du fonds idéaliste de gauche, sans comprendre - ou admettre - que c'est son idéalisme de gauche qui est pervers. Géraldine Smith est une des innombrables incarnations contemporaines de la fameuse phrase de Bossuet: « Dieu rit de ceux qui déplorent les effets dont ils chérissent les causes. » [vraie citation : « Mais Dieu se rit des prières qu’on lui fait pour détourner les malheurs publics quand on ne s’oppose pas à ce qui se fait pour les attirer. Que dis-je ? Quand on l’approuve et qu’on y souscrit »].
Pourtant, à part Dieu, personne n'a envie de rire après avoir lu ce qu'elle raconte. Installée depuis dix ans en Caroline du Nord, elle nous montre une Amérique toujours plus riche avec toujours plus de pauvres ; avec moins de chômeurs que jamais, mais toujours moins de protection sociale aussi. Le travail du dimanche désagrège une vie de famille déjà minée par le divorce de masse ; le règne du « cool » dans les vêtements fait songer à la célèbre phrase d'Einstein sur « l'Amérique passée directement de la barbarie à la décadence ». Un Américain sur quatre va quotidiennement au fast-food ; et les autres se nourrissent de pizzas ou de sushis avalés n'importe comment, n'importe où, à n'importe quelle heure. Bien la peine de dépenser des milliards de dollars dans des campagnes contre l'obésité !
[...]
Le chapitre sur les enfants traités par amphétamines pour obtenir de meilleurs résultats scolaires fait froid dans le dos. Un médecin explique: « Notre société a décidé que modifier l'environnement de l'enfant coûterait trop cher. Nous avons donc décidé de modifier l'enfant. » Un professeur de psychiatrie analyse les conséquences du laxisme des parents et des profs: « À l'école, on punissait les enfants qui ne restaient pas assis. Aujourd'hui, on les envoie en thérapie et on les drogue. »
Pas étonnant que l'Amérique soit aussi le pays où des millions de malades sont devenus de véritables « drogués » après qu'on les eut soignés avec des dérivés de l'opium pour atténuer les effets de la douleur. Le pays également où des parents conduisent leurs enfants de 10 ans chez des médecins afin que ceux-ci bloquent par des traitements chimiques leur puberté, parce que leur fille ne se sent pas à l'aise dans son identité de genre.
Mais c'est à l'université, sur les campus que le monde entier leur envie, que l'Amérique fabrique son avenir. Et le nôtre. Un avenir paradoxal, à la fois hyperprotecteur et hyperconflictuel. La protection de tous ceux qui ne peuvent supporter les « microagressions » concernant leur sexe, leur genre, leur couleur de peau, leurs origines. Ceuxl-à ont le droit à des « trigger warnings » (déclencheurs d'alerte) et des «lecteurs de sensibilité» pour éviter tout ce qui pourrait les choquer : « Les livres ne sont pas le lieu où un lecteur doit faire face à une représentation nocive ou stéréotypée de ce qu'il est. »
En clair, les femmes ne doivent plus lire Madame Bovary, les Juifs ne s'aventureront plus dans la lecture de Rebatet ou de Barrès, ou même de Balzac ou Voltaire ; les homosexuels ne chanteront plus du Brassens ou du Brel et les hétérosexuels ne liront pas Jean Genet. Chacun chez soi et les vaches seront bien gardées, disait le dicton populaire d'antan. C'est exactement ce que nous montre Géraldine Smith, lorsqu'elle nous relate la mésaventure de son fils et d'un de ses amis noirs, à qui la «fraternité noire» (sorte de confrérie étudiante, NDLR) interdit de s'installer ensemble dans le campus. Ou ces femmes noires qui refusent la promiscuité avec les femmes blanches accusées d'être des « privilégiées ». Ou ces filles qui s'écrient: « Stop ! You are making me really unconfortable! » dès qu'elles ont un désaccord avec un garçon. Ou cet étudiant sanctionné par l'université pour une « danse sexuellement agressive ».
L'Amérique qui sort de ce tableau édifiant est à rebours des idéaux de ceux qui l'ont forgée: les féministes et les militants noirs organisent leur propre ségrégation. Les existentialistes les plus fanatiques inventent l'essentialisme des races et des genres le plus implacable. Ressuscitent le vieux principe de l'apartheid: « séparé mais égal ». Comme le reconnaît, effarée, Géraldine Smith: « Les parents noirs cherchaient à se fondre dans l'Amérique blanche ; leurs enfants les accusent de white washing ; les premiers luttaient pour le droit de s'asseoir à la même table, les seconds veulent qu'on leur dresse une table de même taille, mais séparée. »
Elle voit juste : tout ce qu'elle décrit viendra en France - y est déjà. Nous allons vivre une nouvelle vague d'américanisation : après celle des années 30 (décrite par Georges Duhamel), celle de l'après-guerre (le yé-yé et la société de consommation), celle des années 80 (McDonald's et antiracisme multiculturel), nous subirons celle qui vient: séparation de plus en plus conflictuelle des races et des sexes. Comme si, contrairement à tous les lieux communs progressistes, c'était le patriarcat blanc, assis sur la civilisation occidentale, qui s'avérait en dépit de ses limites et de ses crimes le plus « inclusif », car porteur d'une raison universaliste, héritée de l'Antiquité grecque, romaine et chrétienne. Georges Duhamel l'aurait volontiers expliqué à Géraldine Smith, qui ne l'aurait sans doute pas cru.
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Comme dit Régis Debray, nous serons un peu plus des « gallo-ricains ».
Or, la société américaine est profondément inhumaine, probablement à cause de la représentation du monde des puritains. Il me semble que les Amish ont compris quelque chose : on peut être américain sans devenir fou, à condition de refuser les facilités de la modernité, mais ce n'est déjà plus tout à fait être américain.
mercredi, octobre 24, 2018
Sermon de Saint Thomas d'Aquin aux enfants et aux robots (S. Lapaque)
Sous prétexte d'apparition de Saint Thomas d'Aquin à une émission de « débat » télévisuel, Sébastien Lapaque utilise l'aquinate pour dézinguer le transhumanisme.
Il flingue aussi les petits marquis de l'écran, on reconnaît assez bien Ardisson et d'Ormesson par exemple.
Le coeur de l'argument est que le transhumanisme n'a rien de nouveau, qu'il y a eu toujours des hommes qui ont fantasmé d'échapper à la mort et de vivre éternellement.
Mais Saint Thomas a montré, démontré, que l'âme et le corps sont inséparables en ce monde, ce qui le transhumanisme vain.
J'avoue me sentir de moins en moins concerné par notre monde de cinglés. Je sais bien que lui ne me laissera pas en paix. Je fais avec.
J'ai une dilection particulière pour les saints de cette époque : Saint Louis, Saint François D'Assise, Saint Thomas d'Aquin ...
Ils ont une pureté d'être : ils sont pleinement ce qu'ils sont.
Il flingue aussi les petits marquis de l'écran, on reconnaît assez bien Ardisson et d'Ormesson par exemple.
Le coeur de l'argument est que le transhumanisme n'a rien de nouveau, qu'il y a eu toujours des hommes qui ont fantasmé d'échapper à la mort et de vivre éternellement.
Mais Saint Thomas a montré, démontré, que l'âme et le corps sont inséparables en ce monde, ce qui le transhumanisme vain.
J'avoue me sentir de moins en moins concerné par notre monde de cinglés. Je sais bien que lui ne me laissera pas en paix. Je fais avec.
J'ai une dilection particulière pour les saints de cette époque : Saint Louis, Saint François D'Assise, Saint Thomas d'Aquin ...
Ils ont une pureté d'être : ils sont pleinement ce qu'ils sont.
dimanche, octobre 07, 2018
Les mini-drones rendent-ils l'arme atomique obsolète ?
Bien entendu, nous avons de grands stratèges qui réfléchissent à tout ça. Faites leur confiance, ça va bien se passer.
Ce film est de la science-fiction, hélas très vraisemblable :
Ce film est de la science-fiction, hélas très vraisemblable :
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lundi, mai 21, 2018
Hervé Juvin : « Le totalitarisme de l'individu est la plus grande menace qui pèse sur notre condition humaine »
Hervé Juvin : « Le totalitarisme de l'individu est la plus grande menace qui pèse sur notre condition humaine »
*************
Le cardinal de Richelieu l'avait dit : « l'Église a l'éternité devant elle, la survie de la France est un combat de chaque jour. » Nous l'avons oublié. Ce combat, depuis trop d'années, n'a pas été mené. Tout a été dit, fait, assumé, comme si la France pouvait tout subir, tout payer, tout accepter. Tout a été affirmé, géré, décidé, comme si la France était le problème, comme si l'identité française était un gros mot, comme si défendre la France était coupable, honteux, et condamnable. Qu'il s'agisse des dérives anti-démocratiques de l'Union européenne, qui entend punir les peuples qui votent mal et les nations qui ne veulent pas se dissoudre dans le grand tout du droit et des Droits, qu'il s'agisse des migrations et de l'intégration de populations étrangères, qui condamnent la France si elle n'est pas fière, forte et sûre d'elle-même, qu'il s'agisse du marché du droit qui entend subordonner les lois, les États et les Nations à l'intérêt du capital à travers la privatisation de la justice, qu'il s'agisse du totalitarisme de l'individu qui détruit implacablement les sociétés les plus soucieuses du respect de la personne humaine, tout ce qui fait la France, tout ce qu'il y a de français en France et dans le monde a été réduit, bafoué, ou détruit. Qui ose encore prononcer la devise: liberté, égalité, fraternité ?
La France n'est pas le problème, elle est notre chance, à nous Français, et à eux, si nombreux dans le monde, qui rêvent de la France et qui attendent qu'elle redevienne ce qu'elle est - la France libre, la France championne des non-alignés, la plus grande France! La France est ce que nous avons de meilleur.
Voilà pourquoi nous allons vivre un moment politique ; le moment où l'arrangement entre la nature, l'identité et la société va prendre le pas sur l'abandon au droit, au marché et à la croissance, dont les promesses ne sont pas tenues, et qui ne peuvent plus être identifiées au progrès.
[…]
Quels sont les intérêts de la France? Comment les affirmer, comment faire la France plus forte, plus écoutée, comment protéger les Français et garantir leur liberté ?
Tout Français ne peut que souhaiter la réussite du Président Emmanuel Macron ; il y va de notre intérêt à tous, de la paix et de la guerre, il y va de la France! Mais force est de constater que sur ces sujets, comme sur bien d'autres, nous attendons encore qu'il exprime sa vision et qu'il nous explique ses choix. Il a su ranimer des symboles utiles ; réception à Versailles, solennité républicaine, et jusqu'au culte du héros, en la personne du gendarme Beltrame. C'est bien.
Mais les effets de ses vœux européens se font attendre. L'Allemagne n'a pas bougé. Mais les résultats politiques de la participation française à l'opération de bombardement en Syrie ont été nuls ; Donald Trump n'a pas bougé dans sa décision de sortir de l'accord sur le nucléaire iranien, et l'Union européenne a été renvoyée à son insignifiance géopolitique. Mais les déclarations d'intention contre la soumission aux sanctions américaines et à l'extraterritorialité de leurs embargos ne trompent personne ; les entreprises françaises se verront soumises à l'ordre américain, faute d'une politique étrangère claire, qui fixe les lignes rouges, désigne l'ennemi, et fasse passer l'intérêt national avant tout. C'est bien d'en appeler au multilatéralisme, mais comment ne pas constater, avec Donald Trump ou Israël, les perversions d'un système onusien qui avait donné à un représentant de la Libye la présidence d'une commission sur les droits des femmes ? C'est bien de défendre les accords commerciaux, mais comment ne pas voir que le libre-échange a fait une poignée de milliardaires, des millions de chômeurs, la mort de nos villages et de nos villes moyennes, pillés par la grande distribution, et la ruine de nos territoires, abandonnés par les métropoles qui se rêvent virtuelles ?
[…]
Il est clair qu'en matière de pression migratoire, nous n'avons encore rien vu, surtout si ses ennemis continuent d'imposer à l'Europe des idées et des pratiques qui détruisent son unité et implantent sur son sol tous les conflits du monde! Dans ce domaine, subir n'est pas de mise. Il faut anticiper, il faut défendre, et il faut proposer.
Le problème n'est pas l'Afrique, c'est la France ! C'est l'absence d'une politique africaine digne de ce nom, qu'a illustrée la désastreuse destruction du verrou libyen, qu'illustre l'enlisement au Sahel et en Centrafrique! Et c'est l'absence d'une politique de population qui ose dire son nom, comme condition de la paix civile, de l'unité nationale, et de la sécurité des Français. Il y a urgence à la définir! D'abord parce que, depuis l'abandon de l'Union de son devoir de protéger les Européens, il revient à la France, et à elle seule, de tenir ses frontières et de n'admettre sur son territoire que celles et eux qu'elle choisit. Comme l'a rappelé Donald Trump, une nation qui ne tient pas ses frontières n'existe plus. Ensuite, parce que l'Afrique peut être une chance pour la France, la chance notamment que le français redevienne une langue mondiale, la troisième par le nombre de ses locuteurs.
*************
Tout cela est bel et bon, je suis d'accord mais avec deux caveat :
1) Tout cela manque terriblement de concret. Macron, avec son « en même temps » pourrait être d'accord.
2) J'ai essayé de lire un livre d'Hervé Juvin, que j'ai trouvé intéressant pour ce que j'en ai compris, mais il était tellement écrit avec les pieds que je ne suis pas allé au bout. Qu'on ne me dise pas que j'exige de tous les auteurs qu'ils écrivent comme Stendhal ou Julien Gracq : je tolère le style Zemmour assez bien. Néanmoins, il y a un seuil en dessous duquel on se fout du de la gueule du lecteur. C'est le fameux style universitaire inspiré d'Alan Greenspan : « Si vous m'avez compris, c'est que je me suis mal exprimé ».
Dans cet entretien (même s'il est un peu fumeux), Juvin paraît capable d'abandonner le charabia, pourquoi ne le fait-il pas dans ses livres ?
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Le cardinal de Richelieu l'avait dit : « l'Église a l'éternité devant elle, la survie de la France est un combat de chaque jour. » Nous l'avons oublié. Ce combat, depuis trop d'années, n'a pas été mené. Tout a été dit, fait, assumé, comme si la France pouvait tout subir, tout payer, tout accepter. Tout a été affirmé, géré, décidé, comme si la France était le problème, comme si l'identité française était un gros mot, comme si défendre la France était coupable, honteux, et condamnable. Qu'il s'agisse des dérives anti-démocratiques de l'Union européenne, qui entend punir les peuples qui votent mal et les nations qui ne veulent pas se dissoudre dans le grand tout du droit et des Droits, qu'il s'agisse des migrations et de l'intégration de populations étrangères, qui condamnent la France si elle n'est pas fière, forte et sûre d'elle-même, qu'il s'agisse du marché du droit qui entend subordonner les lois, les États et les Nations à l'intérêt du capital à travers la privatisation de la justice, qu'il s'agisse du totalitarisme de l'individu qui détruit implacablement les sociétés les plus soucieuses du respect de la personne humaine, tout ce qui fait la France, tout ce qu'il y a de français en France et dans le monde a été réduit, bafoué, ou détruit. Qui ose encore prononcer la devise: liberté, égalité, fraternité ?
La France n'est pas le problème, elle est notre chance, à nous Français, et à eux, si nombreux dans le monde, qui rêvent de la France et qui attendent qu'elle redevienne ce qu'elle est - la France libre, la France championne des non-alignés, la plus grande France! La France est ce que nous avons de meilleur.
Voilà pourquoi nous allons vivre un moment politique ; le moment où l'arrangement entre la nature, l'identité et la société va prendre le pas sur l'abandon au droit, au marché et à la croissance, dont les promesses ne sont pas tenues, et qui ne peuvent plus être identifiées au progrès.
[…]
Quels sont les intérêts de la France? Comment les affirmer, comment faire la France plus forte, plus écoutée, comment protéger les Français et garantir leur liberté ?
Tout Français ne peut que souhaiter la réussite du Président Emmanuel Macron ; il y va de notre intérêt à tous, de la paix et de la guerre, il y va de la France! Mais force est de constater que sur ces sujets, comme sur bien d'autres, nous attendons encore qu'il exprime sa vision et qu'il nous explique ses choix. Il a su ranimer des symboles utiles ; réception à Versailles, solennité républicaine, et jusqu'au culte du héros, en la personne du gendarme Beltrame. C'est bien.
Mais les effets de ses vœux européens se font attendre. L'Allemagne n'a pas bougé. Mais les résultats politiques de la participation française à l'opération de bombardement en Syrie ont été nuls ; Donald Trump n'a pas bougé dans sa décision de sortir de l'accord sur le nucléaire iranien, et l'Union européenne a été renvoyée à son insignifiance géopolitique. Mais les déclarations d'intention contre la soumission aux sanctions américaines et à l'extraterritorialité de leurs embargos ne trompent personne ; les entreprises françaises se verront soumises à l'ordre américain, faute d'une politique étrangère claire, qui fixe les lignes rouges, désigne l'ennemi, et fasse passer l'intérêt national avant tout. C'est bien d'en appeler au multilatéralisme, mais comment ne pas constater, avec Donald Trump ou Israël, les perversions d'un système onusien qui avait donné à un représentant de la Libye la présidence d'une commission sur les droits des femmes ? C'est bien de défendre les accords commerciaux, mais comment ne pas voir que le libre-échange a fait une poignée de milliardaires, des millions de chômeurs, la mort de nos villages et de nos villes moyennes, pillés par la grande distribution, et la ruine de nos territoires, abandonnés par les métropoles qui se rêvent virtuelles ?
[…]
Il est clair qu'en matière de pression migratoire, nous n'avons encore rien vu, surtout si ses ennemis continuent d'imposer à l'Europe des idées et des pratiques qui détruisent son unité et implantent sur son sol tous les conflits du monde! Dans ce domaine, subir n'est pas de mise. Il faut anticiper, il faut défendre, et il faut proposer.
Le problème n'est pas l'Afrique, c'est la France ! C'est l'absence d'une politique africaine digne de ce nom, qu'a illustrée la désastreuse destruction du verrou libyen, qu'illustre l'enlisement au Sahel et en Centrafrique! Et c'est l'absence d'une politique de population qui ose dire son nom, comme condition de la paix civile, de l'unité nationale, et de la sécurité des Français. Il y a urgence à la définir! D'abord parce que, depuis l'abandon de l'Union de son devoir de protéger les Européens, il revient à la France, et à elle seule, de tenir ses frontières et de n'admettre sur son territoire que celles et eux qu'elle choisit. Comme l'a rappelé Donald Trump, une nation qui ne tient pas ses frontières n'existe plus. Ensuite, parce que l'Afrique peut être une chance pour la France, la chance notamment que le français redevienne une langue mondiale, la troisième par le nombre de ses locuteurs.
*************
Tout cela est bel et bon, je suis d'accord mais avec deux caveat :
1) Tout cela manque terriblement de concret. Macron, avec son « en même temps » pourrait être d'accord.
2) J'ai essayé de lire un livre d'Hervé Juvin, que j'ai trouvé intéressant pour ce que j'en ai compris, mais il était tellement écrit avec les pieds que je ne suis pas allé au bout. Qu'on ne me dise pas que j'exige de tous les auteurs qu'ils écrivent comme Stendhal ou Julien Gracq : je tolère le style Zemmour assez bien. Néanmoins, il y a un seuil en dessous duquel on se fout du de la gueule du lecteur. C'est le fameux style universitaire inspiré d'Alan Greenspan : « Si vous m'avez compris, c'est que je me suis mal exprimé ».
Dans cet entretien (même s'il est un peu fumeux), Juvin paraît capable d'abandonner le charabia, pourquoi ne le fait-il pas dans ses livres ?
Libellés :
Hervé Juvin,
le monde qui vient
samedi, décembre 02, 2017
Chroniques d'un monde qui s'écroule (Black Friday, crise de la virilité et compagnie)
Black Friday : réduction (exceptionnelle) du domaine de l’humanité
***********
[…] Mais il est une troisième voie encore plus sûre vers le cataclysme, qui, non seulement n’est pas discutée, mais est au contraire valorisée, célébrée, glorifiée : celle du consumérisme fanatique dont le « Black Friday », cette journée de soldes importée des EtatsUnis, offre une excellente illustration. Il faut se réaliser que les manifestations mercantiles dont on nous offre l’affligeant spectacle ne sont que le fer de lance d’un mouvement profond résultant d’un faisceau de forces culturelles, sociales, et politiques aboutissant à la marchandisation complète de nos existences. La totalité des actions humaines est en passe d’être englobée dans une logique de marché. C’est la forme privilégiée dans laquelle s’exprime aujourd’hui l’idée même de progrès : il suffit – à propos justement du Black Friday – d’entendre la jubilation des responsables commerciaux des enseignes concernées, mais aussi l’accompagnement bienveillant de la plus grande partie des responsables politiques, notamment du gouvernement, et de notre président, dont la volonté d’ouverture des magasins les dimanches et jours de fêtes est la meilleure illustration. Plus que de progrès encore, c’est quasiment de salut dont il est question, implicitement, comme si cette frénésie de consommation était une façon de sortir nos sociétés de l’anomie latente dans laquelle elles s’enlisent.
[…]
Pour ce qui est du Black Friday, ce qu’on peut en voir, par exemple sur YouTube, montre sans équivoque la violence extrême qui s’associe à de tels emportements, la dépossession de tous les codes de civilité, la régression vers des formes de barbarie antérieures à la civilisation.
Il est irresponsable de s’en amuser. Il faut comprendre au contraire que cela illustre le fait incontournable que l’univers marchand ne produit aucune forme de sociabilité, et que, au contraire, comme l’a montré Polanyi dans La grande transformation, l’encastrement de la société dans le marché ne peut qu’aboutir à de la régression sociale. Une humanité totalement soumise à la logique marchande ne peut être qu’une société violente, sans ciment social, d’hypertrophie de l’égotisme, de faillite de toute forme de solidarité, de crispation identitaire, avec pour corollaire une dimension orwellienne la conduisant vers la défiance et la délation, ce dont on constate les premiers signes.
***********
Éric Zemmour : « Le grand retour de la guerre »
Et le conservatisme, qui est notre planche de salut, n'arrive pas à s'organiser :
Excès, petits calculs et confusion idéologique : y-a- t il encore quelqu’un à droite ET au centre capable de dire ce qu’il pense vraiment ?
PY Rougeyron donne à juste titre comme exemple de virilité la Résistance (à laquelle participèrent de nombreuses femmes). La virilité, c'est la vertu, c'est ce qui se tient droit, c'est ce qui ordonne le monde.
Sur cette époque, je ne peux que vous conseiller les Mémoires d'un agent secret de la France Libre, du colonel Rémy. C'est plein de vie, et même d'humour. Rémy avait baptisé son réseau Confrérie Notre Dame, l'avait placé sous le patronage de Notre Dame des Victoires (nous sommes très loin de la caricature actuelle droite=christianisme =Mal)et se croyait protégé de la Providence (il avait quelque raison de le croire. Comme ce jour où il se rend à un rendez vous, où la Gestapo lui tend une souricière ... et il se trompe d'étage).
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[…] Mais il est une troisième voie encore plus sûre vers le cataclysme, qui, non seulement n’est pas discutée, mais est au contraire valorisée, célébrée, glorifiée : celle du consumérisme fanatique dont le « Black Friday », cette journée de soldes importée des EtatsUnis, offre une excellente illustration. Il faut se réaliser que les manifestations mercantiles dont on nous offre l’affligeant spectacle ne sont que le fer de lance d’un mouvement profond résultant d’un faisceau de forces culturelles, sociales, et politiques aboutissant à la marchandisation complète de nos existences. La totalité des actions humaines est en passe d’être englobée dans une logique de marché. C’est la forme privilégiée dans laquelle s’exprime aujourd’hui l’idée même de progrès : il suffit – à propos justement du Black Friday – d’entendre la jubilation des responsables commerciaux des enseignes concernées, mais aussi l’accompagnement bienveillant de la plus grande partie des responsables politiques, notamment du gouvernement, et de notre président, dont la volonté d’ouverture des magasins les dimanches et jours de fêtes est la meilleure illustration. Plus que de progrès encore, c’est quasiment de salut dont il est question, implicitement, comme si cette frénésie de consommation était une façon de sortir nos sociétés de l’anomie latente dans laquelle elles s’enlisent.
[…]
Pour ce qui est du Black Friday, ce qu’on peut en voir, par exemple sur YouTube, montre sans équivoque la violence extrême qui s’associe à de tels emportements, la dépossession de tous les codes de civilité, la régression vers des formes de barbarie antérieures à la civilisation.
Il est irresponsable de s’en amuser. Il faut comprendre au contraire que cela illustre le fait incontournable que l’univers marchand ne produit aucune forme de sociabilité, et que, au contraire, comme l’a montré Polanyi dans La grande transformation, l’encastrement de la société dans le marché ne peut qu’aboutir à de la régression sociale. Une humanité totalement soumise à la logique marchande ne peut être qu’une société violente, sans ciment social, d’hypertrophie de l’égotisme, de faillite de toute forme de solidarité, de crispation identitaire, avec pour corollaire une dimension orwellienne la conduisant vers la défiance et la délation, ce dont on constate les premiers signes.
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Éric Zemmour : « Le grand retour de la guerre »
Et le conservatisme, qui est notre planche de salut, n'arrive pas à s'organiser :
Excès, petits calculs et confusion idéologique : y-a- t il encore quelqu’un à droite ET au centre capable de dire ce qu’il pense vraiment ?
PY Rougeyron donne à juste titre comme exemple de virilité la Résistance (à laquelle participèrent de nombreuses femmes). La virilité, c'est la vertu, c'est ce qui se tient droit, c'est ce qui ordonne le monde.
Sur cette époque, je ne peux que vous conseiller les Mémoires d'un agent secret de la France Libre, du colonel Rémy. C'est plein de vie, et même d'humour. Rémy avait baptisé son réseau Confrérie Notre Dame, l'avait placé sous le patronage de Notre Dame des Victoires (nous sommes très loin de la caricature actuelle droite=christianisme =Mal)et se croyait protégé de la Providence (il avait quelque raison de le croire. Comme ce jour où il se rend à un rendez vous, où la Gestapo lui tend une souricière ... et il se trompe d'étage).
mardi, novembre 21, 2017
L'impasse Merkel : encore une défaite de l'ancien nouveau monde
Merkel est de ces technocrates froids et pourtant idéologues, sans âme et pourtant narcissiques, qui nous gouvernent depuis trente ans. La page est en train d'être tournée par les peuples, sauf en France, où Macron représente la dernière victoire de l'ancien monde.
La politique, la vraie, reprend ses droits. De nouveau, il y a des oppositions. Les temps du TINA (there is no alternative) européiste, atlantiste, immigrationniste, mondialiste, masochiste sont en train de finir.
D'où la panique des tenants du Système et leur dérive tyrannique.
Edouard Husson explique très bien, dans un article hélas payant Crise en Allemagne : avis aux adeptes de la “bonne gestion”, même Angela Merkel est rattrapée par la Politique (et par l’histoire), que depuis la crise de 2007, ils ont souqué le couvercle, resserrer les chaines, pour continuer à vivre comme avant, sans se remettre en cause, sans remettre en cause leurs avantages, et faire porter toutes les contraintes et toutes les adaptations sur les autres, le petit peuple.
Macron est leur chant du cygne. Le couvercle branle et les maillons des chaines cèdent. Brexit, Trump et maintenant l'impasse Merkel (et même, plus anecdotique, les déboires du sympathique Drahi), on voit bien que cela devient difficile pour le Système de colmater toutes les brèches.
Je n’aime pas Angela Merkel
Au revoir Mutti
La politique, la vraie, reprend ses droits. De nouveau, il y a des oppositions. Les temps du TINA (there is no alternative) européiste, atlantiste, immigrationniste, mondialiste, masochiste sont en train de finir.
D'où la panique des tenants du Système et leur dérive tyrannique.
Edouard Husson explique très bien, dans un article hélas payant Crise en Allemagne : avis aux adeptes de la “bonne gestion”, même Angela Merkel est rattrapée par la Politique (et par l’histoire), que depuis la crise de 2007, ils ont souqué le couvercle, resserrer les chaines, pour continuer à vivre comme avant, sans se remettre en cause, sans remettre en cause leurs avantages, et faire porter toutes les contraintes et toutes les adaptations sur les autres, le petit peuple.
Macron est leur chant du cygne. Le couvercle branle et les maillons des chaines cèdent. Brexit, Trump et maintenant l'impasse Merkel (et même, plus anecdotique, les déboires du sympathique Drahi), on voit bien que cela devient difficile pour le Système de colmater toutes les brèches.
Je n’aime pas Angela Merkel
Au revoir Mutti
lundi, novembre 20, 2017
Le “Brexit allemand”, ou la dissolution accélérée
Le “Brexit allemand”, ou la dissolution accélérée
Vous connaissez mon analyse : Le Brexit (auquel je ne croyais pas) et l'élection de Trump (à laquelle je croyais peu) ont déstabilisé le Système, où tout se tient, et, même, où tous se tiennent par la barbichette.
Les choses bougent, pas forcément en bien, mais, au moins, elles bougent.
Vous connaissez mon analyse : Le Brexit (auquel je ne croyais pas) et l'élection de Trump (à laquelle je croyais peu) ont déstabilisé le Système, où tout se tient, et, même, où tous se tiennent par la barbichette.
Les choses bougent, pas forcément en bien, mais, au moins, elles bougent.
Libellés :
Adieu vieille Europe,
Allemagne,
Europe allemande,
le monde qui vient
lundi, juillet 24, 2017
Robotisation ? Travailleurs intellectuels, attention !
On peut dire que presque tous les travailleurs manuels qui pouvaient être remplacés par des robots l'ont été. Ou, en tout cas, ce mouvement est bien avancé.
Aujourd'hui, les travailleurs manuels qui restent sont beaucoup moins menacés. Il va falloir très longtemps avant qu'un robot vienne chez vous réparer la plomberie.
En revanche, ce sont désormais les métiers intellectuels qui sont menacés. Ceux qui nécessitent le recours à un gros historique et à beaucoup de documentation, comptable, juriste, médecin, peuvent de plus en plus être remplacés par des systèmes-experts.
La fameuse destruction créatrice, que ces gens-là appréciaient lorsqu'elle touchait l'OS de chez Renault, se rapproche de ceux qui donnent le ton du débat public, les intellectuels et les demi-intellectuels.
Cette peur diffuse explique peut-être pourquoi la démondialisation n'est plus si anathème. Mais il est trop tard. Quand les robots vous feront concurrence chez vous et non en Chine, il ne servira à rien de plaider la démondialisation. C'est fermer la porte de l'écurie après que le cheval se soit échappé.
Aujourd'hui, les travailleurs manuels qui restent sont beaucoup moins menacés. Il va falloir très longtemps avant qu'un robot vienne chez vous réparer la plomberie.
En revanche, ce sont désormais les métiers intellectuels qui sont menacés. Ceux qui nécessitent le recours à un gros historique et à beaucoup de documentation, comptable, juriste, médecin, peuvent de plus en plus être remplacés par des systèmes-experts.
La fameuse destruction créatrice, que ces gens-là appréciaient lorsqu'elle touchait l'OS de chez Renault, se rapproche de ceux qui donnent le ton du débat public, les intellectuels et les demi-intellectuels.
Cette peur diffuse explique peut-être pourquoi la démondialisation n'est plus si anathème. Mais il est trop tard. Quand les robots vous feront concurrence chez vous et non en Chine, il ne servira à rien de plaider la démondialisation. C'est fermer la porte de l'écurie après que le cheval se soit échappé.
Libellés :
économie,
le monde qui vient
samedi, juillet 04, 2015
Tombeau pour une touriste innocente
Rien n’est jamais plus beau qu’une touriste blonde
Qu’interviouwent des télés nipponnes ou bavaroises
Juste avant que sa tête dans la jungle ne tombe
Sous la hache d’un pirate aux façons très courtoises
Qu’interviouwent des télés nipponnes ou bavaroises
Juste avant que sa tête dans la jungle ne tombe
Sous la hache d’un pirate aux façons très courtoises
Elle était bête et triste et crédule et confiante
Elle n’avait du monde qu’une vision rassurante
Elle se figurait que dans toutes les régions
Règne le sacro-saint principe de précaution
Elle n’avait du monde qu’une vision rassurante
Elle se figurait que dans toutes les régions
Règne le sacro-saint principe de précaution
Point de lieu à la ronde qui ne fût excursion
Rien ici ou là-bas qui ne fût évasion
Pour elle les pays étaient terres de passion
Et de révélation et de consolation
Rien ici ou là-bas qui ne fût évasion
Pour elle les pays étaient terres de passion
Et de révélation et de consolation
Pour elle les pays étaient terres de loisirs
Pour elles les pays n’étaient que communion
On en avait banni les dernières séditions
Pour elle toutes les terres étaient terres de plaisir
Pour elles les pays n’étaient que communion
On en avait banni les dernières séditions
Pour elle toutes les terres étaient terres de plaisir
Pour elle les nations étaient lieux d’élection
Pour elle les nations n’étaient que distraction
Pour elle les nations étaient bénédiction
D’un bout du monde à l’autre et sans distinction
Pour elle les nations n’étaient que distraction
Pour elle les nations étaient bénédiction
D’un bout du monde à l’autre et sans distinction
Toute petite elle disait avoir été violée
Par son oncle et son père et par un autre encore
Mais elle dut attendre ses trente et un balais
Pour revoir brusquement ce souvenir éclore
Par son oncle et son père et par un autre encore
Mais elle dut attendre ses trente et un balais
Pour revoir brusquement ce souvenir éclore
Elle avait terminé son second CDD
Mais elle envisageait d’autres solutions
Elle voulait travailler dans l’animation
Pour égayer ainsi nos fêtes de fin d’année
Mais elle envisageait d’autres solutions
Elle voulait travailler dans l’animation
Pour égayer ainsi nos fêtes de fin d’année
Elle cherchait à présent et pour un prix modique
À faire partout régner la convivialité
Comme disent les conseils en publicité
Elle se qualifiait d’intervenante civique
À faire partout régner la convivialité
Comme disent les conseils en publicité
Elle se qualifiait d’intervenante civique
Elle avait pris contact avec plusieurs agences
Et des professionnels de la chaude ambiance
Elle était depuis peu amie d’un vrai artiste
Musicien citoyen jongleur équilibriste
Et des professionnels de la chaude ambiance
Elle était depuis peu amie d’un vrai artiste
Musicien citoyen jongleur équilibriste
Grand organisateur de joyeuses sarabandes
Le mercredi midi et aussi le samedi
Pour la satisfaction des boutiques Godassland
Créateur d’escarpins cubistes et nabis
Le mercredi midi et aussi le samedi
Pour la satisfaction des boutiques Godassland
Créateur d’escarpins cubistes et nabis
Elle aussi s’entraînait à des tours rigolos
En lançant dans les airs ses propres godillots
Baskets bi-matières à semelles crantées
Les messages passent mieux quand on s’est bien marré
En lançant dans les airs ses propres godillots
Baskets bi-matières à semelles crantées
Les messages passent mieux quand on s’est bien marré
Au ministère social des Instances drolatiques
Elle avait exercé à titre de stagiaire
L’emploi de boîte vocale précaire et temporaire
Elle en avait gardé un souvenir érotique
Elle avait exercé à titre de stagiaire
L’emploi de boîte vocale précaire et temporaire
Elle en avait gardé un souvenir érotique
Elle avait également durant quelques semaines
Remplacé une hôtese de chez Valeurs humaines
Filiale fondamentale de Commerce équitable
Où l’on vend seulement des objets responsables
Remplacé une hôtese de chez Valeurs humaines
Filiale fondamentale de Commerce équitable
Où l’on vend seulement des objets responsables
Elle avait découvert le marketing éthique
La joie de proposer des cadeaux atypiques
Fabriqués dans les règles de l’art humanitaire
Et selon les valeurs les plus égalitaires
La joie de proposer des cadeaux atypiques
Fabriqués dans les règles de l’art humanitaire
Et selon les valeurs les plus égalitaires
Tee-shirts Andrée Putman et gabardines de Storck
Et pendentifs Garouste et pochettes d’Aristorque
Soquettes respectueuses amulettes charitables
Objets de toutes sortes et toujours admirables
Et pendentifs Garouste et pochettes d’Aristorque
Soquettes respectueuses amulettes charitables
Objets de toutes sortes et toujours admirables
Étoles alternatives et broches-tolérance
Et bracelets-vertu et tissus-complaisance
Et blousons-gentillesse et culottes-bienveillance
Consommation-plaisir et supplément de sens
Et bracelets-vertu et tissus-complaisance
Et blousons-gentillesse et culottes-bienveillance
Consommation-plaisir et supplément de sens
Café labellisé bio-humanisé
Petits poulets de grain ayant accès au pré
Robes du Bangladesh jus d’orange allégé
Connotation manouche complètement décalée
Petits poulets de grain ayant accès au pré
Robes du Bangladesh jus d’orange allégé
Connotation manouche complètement décalée
Sans vouloir devenir une vraie théoricienne
Elle savait maintenant qu’on peut acheter plus juste
Et que l’on doit avoir une approche citoyenne
De tout ce qui se vend et surtout se déguste
Elle savait maintenant qu’on peut acheter plus juste
Et que l’on doit avoir une approche citoyenne
De tout ce qui se vend et surtout se déguste
Et qu’il faut exiger sans cesse et sans ambage
La transparence totale dedans l’étiquetage
Comme dans le tourisme une pointilleuse éthique
Transformant celui-ci en poème idyllique
La transparence totale dedans l’étiquetage
Comme dans le tourisme une pointilleuse éthique
Transformant celui-ci en poème idyllique
À ce prix seulement loin des sentiers battus
Du vieux consumérisme passif et vermoulu
Sort-on de l’archaïque rôle de consommateur
Pour s’affirmer enfin vraiment consom’acteur
Du vieux consumérisme passif et vermoulu
Sort-on de l’archaïque rôle de consommateur
Pour s’affirmer enfin vraiment consom’acteur
Elle faisait un peu de gnose le soir venu
Lorsqu’après le travail elle se mettait toute nue
Et qu’ayant commandé des sushis sur le Net
Elle les grignotait assise sur la moquette
Lorsqu’après le travail elle se mettait toute nue
Et qu’ayant commandé des sushis sur le Net
Elle les grignotait assise sur la moquette
Ou bien elle regardait un film sur Canal-Plus
Ou bien elle repensait à ses anciens amants
Ou bien elle s’asseyait droit devant son écran
Et envoyait des mails à des tas d’inconnus
Ou bien elle repensait à ses anciens amants
Ou bien elle s’asseyait droit devant son écran
Et envoyait des mails à des tas d’inconnus
Elle disait je t’embr@sse elle disait je t’enl@ce
Elle faisait grand usage de la touche arobase
Elle s’exprimait alors avec beaucoup d’audace
Elle se trouvait alors aux frontières de l’extase
Elle faisait grand usage de la touche arobase
Elle s’exprimait alors avec beaucoup d’audace
Elle se trouvait alors aux frontières de l’extase
Dans le métro souvent elle lisait Coelho
Ou bien encore Pennac et puis Christine Angot
Elle les trouvait violents étranges et dérangeants
Brutalement provocants simplement émouvants
Ou bien encore Pennac et puis Christine Angot
Elle les trouvait violents étranges et dérangeants
Brutalement provocants simplement émouvants
Elle aimait que les livres soient de la dynamite
Qu’ils ruinent en se jouant jusqu’au dernier des mythes
Ou bien les reconstruisent avec un certain faste
Elle aimait les auteurs vraiment iconoclastes
Qu’ils ruinent en se jouant jusqu’au dernier des mythes
Ou bien les reconstruisent avec un certain faste
Elle aimait les auteurs vraiment iconoclastes
Elle voulait trois bébés ou même peut-être quatre
Mais elle cherchait encore l’idéal géniteur
Elle n’avait jusqu’ici connu que des farceurs
Des misogynes extrêmes ou bien d’odieux bellâtres
Mais elle cherchait encore l’idéal géniteur
Elle n’avait jusqu’ici connu que des farceurs
Des misogynes extrêmes ou bien d’odieux bellâtres
Des machistes ordinaires ou extraordinaires
Des sexistes-populistes très salement vulgaires
Des cyniques égoïstes des libertins folâtres
Ou bien des arnaqueurs elle la trouvait saumâtre
Des sexistes-populistes très salement vulgaires
Des cyniques égoïstes des libertins folâtres
Ou bien des arnaqueurs elle la trouvait saumâtre
Elle se voyait déjà mère d’élèves impliquée
Dans tous les collectifs éducatifs possibles
Et harcelant les maîtres les plus irréductibles
Conservateurs pourris salement encroûtés
Dans tous les collectifs éducatifs possibles
Et harcelant les maîtres les plus irréductibles
Conservateurs pourris salement encroûtés
Qui se cachent derrière leur prétendu savoir
Faute d’appréhender un monde en mutation
Qui sans doute a pour eux l’allure d’un repoussoir
Quand il offre à nos yeux tant de délectations
Faute d’appréhender un monde en mutation
Qui sans doute a pour eux l’allure d’un repoussoir
Quand il offre à nos yeux tant de délectations
Comme toutes les radasses et toutes les pétasses
Comme toutes les grognasses et toutes les bécasses
Elle adorait bien sûr Marguerite Durasse
De cette vieille carcasse elle n’était jamais lasse
Comme toutes les grognasses et toutes les bécasses
Elle adorait bien sûr Marguerite Durasse
De cette vieille carcasse elle n’était jamais lasse
Elle s’appelait Praline mais détestait son nom
Elle voulait qu’on l’appelle Églantine ou Sabine
Ou bien encore Ondine ou même Victorine
Ou plutôt Proserpine elle trouvait ça mignon
Elle voulait qu’on l’appelle Églantine ou Sabine
Ou bien encore Ondine ou même Victorine
Ou plutôt Proserpine elle trouvait ça mignon
Elle faisait un peu de voile et d’escalade
Elle y mettait l’ardeur qu’on mettait aux croisades
Elle se précipitait sous n’importe quelle cascade
Elle recherchait partout des buts de promenade
Elle y mettait l’ardeur qu’on mettait aux croisades
Elle se précipitait sous n’importe quelle cascade
Elle recherchait partout des buts de promenade
Chaque fois qu’elle sortait avec une copine
Elle se maquillait avec beaucoup de soin
Soutien-gorge pigeonnant et perruque platine
Encore un coup de blush pour rehausser son teint
Elle se maquillait avec beaucoup de soin
Soutien-gorge pigeonnant et perruque platine
Encore un coup de blush pour rehausser son teint
Orange fruité Fard Pastèque de chez Guerlain
Bottines en élasthane blouson cintré zippé
Sac pochette matelassé et bracelet clouté
Ou alors pour l’hiver une une veste en poulain
Bottines en élasthane blouson cintré zippé
Sac pochette matelassé et bracelet clouté
Ou alors pour l’hiver une une veste en poulain
Ou un top manches fendues en jersey de viscose
Jupe taille élastiquée en voile de Lurex
Tunique vietnamienne décorée de passeroses
Sans rien dessous bien sûr pas même un cache-sexe
Jupe taille élastiquée en voile de Lurex
Tunique vietnamienne décorée de passeroses
Sans rien dessous bien sûr pas même un cache-sexe
Elle disait qu’il fallait réinventer la vie
Que c’était le devoir d’un siècle commençant
Après toutes les horreurs du siècle finissant
Là-dedans elle s’était déjà bien investie
Que c’était le devoir d’un siècle commençant
Après toutes les horreurs du siècle finissant
Là-dedans elle s’était déjà bien investie
De temps en temps chez elle rue des Patibulaires
Elle mobilisait certains colocataires
Afin d’organiser des séances de colère
Contre l’immobilisme et les réactionnaires
Elle mobilisait certains colocataires
Afin d’organiser des séances de colère
Contre l’immobilisme et les réactionnaires
Elle exigeait aussi une piste pour rollers
Deux ou trois restaurants à thème fédérateur
L’installation du câble et d’un Mur de l’Amour
Où l’on pourrait écrire je t’aime sans détour
Deux ou trois restaurants à thème fédérateur
L’installation du câble et d’un Mur de l’Amour
Où l’on pourrait écrire je t’aime sans détour
Elle réclamait enfin des gestes exemplaires
D’abord l’expulsion d’un vieux retardataire
Puis la dénonciation du voisin buraliste
Dont les deux filles étaient contractuelles lepénistes
D’abord l’expulsion d’un vieux retardataire
Puis la dénonciation du voisin buraliste
Dont les deux filles étaient contractuelles lepénistes
Le Jour de la Fierté du patrimoine français
Quand on ouvre les portes des antiques palais
Elle se chargeait d’abord de bien vérifier
Qu’il ne manquait nulle part d’accès handicapés
Quand on ouvre les portes des antiques palais
Elle se chargeait d’abord de bien vérifier
Qu’il ne manquait nulle part d’accès handicapés
Qu’il ne manquait nulle part d’entrées Spécial Grossesse
Qu’il ne manquait nulle part d’entrées Spécial Tendresse
Qu’on avait bien prévu des zones anti-détresse
Qu’il y avait partout des hôtesses-gentillesse
Qu’il ne manquait nulle part d’entrées Spécial Tendresse
Qu’on avait bien prévu des zones anti-détresse
Qu’il y avait partout des hôtesses-gentillesse
Faute de se faire percer plus souvent la forêt
Elle avait fait piercer les bouts de ses deux seins
Par un très beau pierceur sans nul doute canadien
Qui des règles d’hygiène avait un grand respect
Elle avait fait piercer les bouts de ses deux seins
Par un très beau pierceur sans nul doute canadien
Qui des règles d’hygiène avait un grand respect
Avec lui aucun risque d’avoir l’hépatite B
Elle ne voulait pas laisser son corps en friche
Comme font trop souvent tant de gens qui s’en fichent
Elle pensait que nos corps doivent être désherbés
Elle ne voulait pas laisser son corps en friche
Comme font trop souvent tant de gens qui s’en fichent
Elle pensait que nos corps doivent être désherbés
Elle croyait à l’avenir des implants en titane
Phéromones synthétiques pour de nouveaux organes
Elle approuvait tous ceux qui aujourd’hui claironnent
Des lendemains qui greffent et qui liposuccionnent
Phéromones synthétiques pour de nouveaux organes
Elle approuvait tous ceux qui aujourd’hui claironnent
Des lendemains qui greffent et qui liposuccionnent
Elle avait découvert le théâtre de rues
Depuis ce moment-là elle ne fumait plus
Elle pouvait à nouveau courir sans s’essouffler
Elle n’avait plus honte maintenant de s’exhiber
Depuis ce moment-là elle ne fumait plus
Elle pouvait à nouveau courir sans s’essouffler
Elle n’avait plus honte maintenant de s’exhiber
Elle attendait tout de même son cancer du poumon
Dans dix ou quinze années sans se faire trop de mouron
Elle préparait déjà le procès tâtillon
Qu’elle intenterait alors aux fabricants de poison
Dans dix ou quinze années sans se faire trop de mouron
Elle préparait déjà le procès tâtillon
Qu’elle intenterait alors aux fabricants de poison
Faute de posséder quelque part un lopin
Elle s’était sur le Web fait son cybergarden
Rempli de fleurs sauvages embaumé de pollen
Elle était cyberconne et elle votait Jospin
Elle s’était sur le Web fait son cybergarden
Rempli de fleurs sauvages embaumé de pollen
Elle était cyberconne et elle votait Jospin
Elle avait parcouru l’Inde le Japon la Chine
La Grèce l’Argentine et puis la Palestine
Mais elle refusait de se rendre en Iran
Du moins tant que les femmes y seraient mises au ban
La Grèce l’Argentine et puis la Palestine
Mais elle refusait de se rendre en Iran
Du moins tant que les femmes y seraient mises au ban
L’agence Operator de l’avenue du Maine
Proposait des circuits vraiment époustouflants
Elle en avait relevé près d’une quarantaine
Qui lui apparaissaient plus que galvanisants
Proposait des circuits vraiment époustouflants
Elle en avait relevé près d’une quarantaine
Qui lui apparaissaient plus que galvanisants
On lui avait parlé d’un week-end découverte
Sur l’emplacement même de l’antique Atlantide
On avait évoqué une semaine à Bizerte
Un pique-nique à Beyrouth ou encore en Floride
Sur l’emplacement même de l’antique Atlantide
On avait évoqué une semaine à Bizerte
Un pique-nique à Beyrouth ou encore en Floride
On l’avait alléchée avec d’autres projets
Une saison en enfer un été meurtrier
Un voyage en Hollande ou au bout de la nuit
Un séjour de trois heures en pleine Amazonie
Une saison en enfer un été meurtrier
Un voyage en Hollande ou au bout de la nuit
Un séjour de trois heures en pleine Amazonie
Cinq semaines en ballon ou sur un bateau ivre
À jouir de voir partout tant de lumières exquises
Ou encore quinze jours seule sur la banquise
Avec les ours blancs pour apprendre à survivre
À jouir de voir partout tant de lumières exquises
Ou encore quinze jours seule sur la banquise
Avec les ours blancs pour apprendre à survivre
Une randonnée pédestre dans l’ancienne Arcadie
Un réveillon surprise en pleine France moisie
Une soirée rap dans le Bélouchistan profond
Le Mexique en traîneau un week-end à Mâcon
Un réveillon surprise en pleine France moisie
Une soirée rap dans le Bélouchistan profond
Le Mexique en traîneau un week-end à Mâcon
Elle est morte un matin sur l’île de Tralâlâ
Des mains d’un islamiste anciennement franciscain
Prétendu insurgé et supposé mutin
Qui la viola deux fois puis la décapita
Des mains d’un islamiste anciennement franciscain
Prétendu insurgé et supposé mutin
Qui la viola deux fois puis la décapita
C’était une touriste qui se voulait rebelle
Lui était terroriste et se rêvait touriste
Et tous les deux étaient des altermondialistes
Leurs différences mêmes n’étaient que virtuelles
Lui était terroriste et se rêvait touriste
Et tous les deux étaient des altermondialistes
Leurs différences mêmes n’étaient que virtuelles
Philippe Muray (2003)
mercredi, juin 24, 2015
La société de défiance
Lisez tranquillement cet article :
NSA : «D'un point de vue technologique, la France est une colonie américaine»
Il pose bien le fond du problème.
Christian Vanneste ne pense pas différemment :
************
Tandis que Julian Assange vit à l’ambassade équatorienne de Londres et Edouard Snowden en Russie, sous la protection de pays qui n’ont pas de raison de vouloir du bien aux USA, leur combat pour la transparence et la défense des libertés personnelles ressemble à une aventure de Don Quichotte. Le vieux duel entre la liberté et la sécurité continue.
Chaque jour qui passe souligne l’impuissance des démocraties à réduire la montée de la violence islamiste. Plus un homme au sol. Moins de dépenses militaires, surtout en Europe. Les pays qui connaissent le privilège d’être réveillés le matin par le laitier et non par la police politique ou des moeurs, ont-ils la volonté de se défendre ?
L’indépendance nationale est la première des libertés. Elle a disparu de l’Europe, condamnée à vivre sous un bouclier américain dont elle aurait pu se passer après 1990, et entraînée à suivre les USA et leur politique irresponsable au Moyen-Orient comme en Ukraine. Alors, de quoi se plaint-on ? La faiblesse du combat mené contre l’ennemi contraint de privilégier les moyens techniques de la surveillance plutôt que de faire la guerre. L’ennui, c’est que, si la guerre se fait contre l’ennemi, la surveillance s’exerce aussi entre amis et même au détriment de la liberté des citoyens.
************
Soyons clairs : si la France avait été sérieuse dans la défense des libertés, c'est elle, et non la Russie, qui aurait donné asile à Snowden. Puisqu'elle ne l'a pas fait, on sait que les indignations vertueuses sont du pur blabla.
Les techniques actuelles permettent d’empêcher les oppositions politiques et sociales de s’organiser et de coaguler avec des moyens assez indolores et relativement pacifiques.
Le gouvernement chinois pratique ce jeu avec maestria. Mais, en réalité, tous les gouvernements avancés techniquement le font.
Pour prendre un exemple proche, on voit bien en France l’incapacité des opposants au « système » (utilisons ce terme générique en sachant ce qu’il a de vague et d’englobant) à s’organiser en une opposition politique. Sur des sujets fondamentaux comme l’immigration ou l’Europe, les Français peuvent bien penser ce qu’ils veulent, en opposition (si l’on en croit les sondages) avec l’action de leurs dirigeants , c’est comme pisser dans un violon. Le « système » trace son sillon sans dévier. Sans dévier, certes, mais aussi, sans opposition politique crédible, sans manifestations, sans émeutes.
Quand il y a tout de même des manifestations et des émeutes, elles n’ont aucune influence. Les journées révolutionnaires de 1830 ou de 1848 débouchant sur un renversement du régime sont aujourd’hui inimaginables.
Le résultat est que la malaise reste diffus et ne trouve plus d’expression politique, par découragement des opposants potentiels. Autrement dit, la démocratie est morte. On est dans une dictature, plutôt molle (mais pas avec tout le monde).
On n’emprisonne plus, on ne torture plus, ce sont des méthodes primitives. On taxe, on condamne à des amendes, on discrédite, on diabolise, on pourrit le débat, on fait du bruit pour empêcher l’opposant d’être entendu, on répète les mensonges inlassablement, on pervertit les mots. On écoute et on fait peser une menace permanente sur la parole privée (qui est sûr de ne pas être écouté ?).
Et à la fin des fins, on obtient une société de défiance, où plus personne ne fait confiance à personne, qui rappelle très fort les sociétés communistes. Sommes nous si éloignés du film La vie des autres ?
Comment sort-on de cette décomposition sociale ? Par le chaos. La colère bestiale, sans revendications, casser pour casser. Les pompiers attaqués, les bibliothèques brulées, le type qui prend une balle dans la tête pour une place de stationnement.
Cette intervention économique de Charles Gave peut être, à partir de 10'40, transposée sans problème dans le domaine politique :
L'aspiration à la vie sans risques qui crée la société de défiance et de surveillance, qui finit pas être la société la plus violente qui soit à force d'éviter les risques, c'est la société maternante, la société des femmes-mères, à la Hillary Clinton, traitant sans cesse les citoyens comme des enfants.
Que font les enfants maternés ? Ils font des crises, des caprices, ils trépignent, ils cassent. Mais là, nous parlons d'enfants avec des corps et une puissance d'adultes.
Le père a été tué, la mère est régente et l'enfant roi. Et ça se termine très mal.
C'est pourquoi, partout, il faut rétablir le risque, la liberté, la responsabilité, la loi, claire et nette, bref l'autorité paternelle.
NSA : «D'un point de vue technologique, la France est une colonie américaine»
Il pose bien le fond du problème.
Christian Vanneste ne pense pas différemment :
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Tandis que Julian Assange vit à l’ambassade équatorienne de Londres et Edouard Snowden en Russie, sous la protection de pays qui n’ont pas de raison de vouloir du bien aux USA, leur combat pour la transparence et la défense des libertés personnelles ressemble à une aventure de Don Quichotte. Le vieux duel entre la liberté et la sécurité continue.
Chaque jour qui passe souligne l’impuissance des démocraties à réduire la montée de la violence islamiste. Plus un homme au sol. Moins de dépenses militaires, surtout en Europe. Les pays qui connaissent le privilège d’être réveillés le matin par le laitier et non par la police politique ou des moeurs, ont-ils la volonté de se défendre ?
L’indépendance nationale est la première des libertés. Elle a disparu de l’Europe, condamnée à vivre sous un bouclier américain dont elle aurait pu se passer après 1990, et entraînée à suivre les USA et leur politique irresponsable au Moyen-Orient comme en Ukraine. Alors, de quoi se plaint-on ? La faiblesse du combat mené contre l’ennemi contraint de privilégier les moyens techniques de la surveillance plutôt que de faire la guerre. L’ennui, c’est que, si la guerre se fait contre l’ennemi, la surveillance s’exerce aussi entre amis et même au détriment de la liberté des citoyens.
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Soyons clairs : si la France avait été sérieuse dans la défense des libertés, c'est elle, et non la Russie, qui aurait donné asile à Snowden. Puisqu'elle ne l'a pas fait, on sait que les indignations vertueuses sont du pur blabla.
Les techniques actuelles permettent d’empêcher les oppositions politiques et sociales de s’organiser et de coaguler avec des moyens assez indolores et relativement pacifiques.
Le gouvernement chinois pratique ce jeu avec maestria. Mais, en réalité, tous les gouvernements avancés techniquement le font.
Pour prendre un exemple proche, on voit bien en France l’incapacité des opposants au « système » (utilisons ce terme générique en sachant ce qu’il a de vague et d’englobant) à s’organiser en une opposition politique. Sur des sujets fondamentaux comme l’immigration ou l’Europe, les Français peuvent bien penser ce qu’ils veulent, en opposition (si l’on en croit les sondages) avec l’action de leurs dirigeants , c’est comme pisser dans un violon. Le « système » trace son sillon sans dévier. Sans dévier, certes, mais aussi, sans opposition politique crédible, sans manifestations, sans émeutes.
Quand il y a tout de même des manifestations et des émeutes, elles n’ont aucune influence. Les journées révolutionnaires de 1830 ou de 1848 débouchant sur un renversement du régime sont aujourd’hui inimaginables.
Le résultat est que la malaise reste diffus et ne trouve plus d’expression politique, par découragement des opposants potentiels. Autrement dit, la démocratie est morte. On est dans une dictature, plutôt molle (mais pas avec tout le monde).
On n’emprisonne plus, on ne torture plus, ce sont des méthodes primitives. On taxe, on condamne à des amendes, on discrédite, on diabolise, on pourrit le débat, on fait du bruit pour empêcher l’opposant d’être entendu, on répète les mensonges inlassablement, on pervertit les mots. On écoute et on fait peser une menace permanente sur la parole privée (qui est sûr de ne pas être écouté ?).
Et à la fin des fins, on obtient une société de défiance, où plus personne ne fait confiance à personne, qui rappelle très fort les sociétés communistes. Sommes nous si éloignés du film La vie des autres ?
Comment sort-on de cette décomposition sociale ? Par le chaos. La colère bestiale, sans revendications, casser pour casser. Les pompiers attaqués, les bibliothèques brulées, le type qui prend une balle dans la tête pour une place de stationnement.
Cette intervention économique de Charles Gave peut être, à partir de 10'40, transposée sans problème dans le domaine politique :
L'aspiration à la vie sans risques qui crée la société de défiance et de surveillance, qui finit pas être la société la plus violente qui soit à force d'éviter les risques, c'est la société maternante, la société des femmes-mères, à la Hillary Clinton, traitant sans cesse les citoyens comme des enfants.
Que font les enfants maternés ? Ils font des crises, des caprices, ils trépignent, ils cassent. Mais là, nous parlons d'enfants avec des corps et une puissance d'adultes.
Le père a été tué, la mère est régente et l'enfant roi. Et ça se termine très mal.
C'est pourquoi, partout, il faut rétablir le risque, la liberté, la responsabilité, la loi, claire et nette, bref l'autorité paternelle.
mercredi, juin 17, 2015
Cette guerre de religions qui vient (sauf qu'elle est déjà là)
Immigration : «nos sociétés ont atteint un point de rupture»
*********************
Nous vivons dans un apartheid de facto. Les populations autochtones prétendent ne pas voir, ou même apprécier, la dilution de leur culture nationale; elles font semblant de ne pas voir, ou d'apprécier, la transformation de leurs rues, les mosquées qui surgissent, les écoles, les hôpitaux et les systèmes sociaux qui s'effondrent. Mais, pour l'essentiel, cette «tolérance» indigène est un énorme mensonge comme l'est désormais l'«intégration» supposée des immigrants. Et en attendant , les gens votent avec leurs pieds.
Nous assistons à un grand spectacle théâtral et plus vite qu'on ne le croit, le rideau va tomber. Quand cela arrivera, les choses deviendront très rudes et désagréables. Voilà ce que la gauche a favorisé dans nos pays, accéléré par l'UE et ses frontières grandes ouvertes. Cela doit cesser de toute urgence si nous voulons maintenir la paix sociale, la démocratie et la primauté du droit.
*********************
Débat Onfray-Zemmour arbitré par Giesbert :
Comme d'habitude, Onfray raconte beaucoup de conneries et Giesbert est un enfoiré qui essaie plusieurs fois de pourrir le débat (ses échecs sont réjouissants). Et, comme d'habitude, le discours de Zemmour est plus structuré et appuyé sur la réalité.
Digression. L'unanimité (Giesbert, Onfray et le public) contre Zemmour lorsqu'il tente de décrire l'ancienne condition féminine et s'insurge contre les clichés féministes est tout à fait amusante pour le misanthrope que je suis, elle prouve que j'ai raison de trouver que les gens sont un peu plus cons qu'il n'est raisonnable.
On dirait que la littérature et l'histoire occidentales, si pleines de rapports amoureux, de femmes d'influence, d'amour courtois, de fine amor, ont disparu dans un gigantesque trou noir. Revel disait «L'idéologie, c'est ce qui parle à votre place», ce petit passage en est un magnifique exemple.
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Nous vivons dans un apartheid de facto. Les populations autochtones prétendent ne pas voir, ou même apprécier, la dilution de leur culture nationale; elles font semblant de ne pas voir, ou d'apprécier, la transformation de leurs rues, les mosquées qui surgissent, les écoles, les hôpitaux et les systèmes sociaux qui s'effondrent. Mais, pour l'essentiel, cette «tolérance» indigène est un énorme mensonge comme l'est désormais l'«intégration» supposée des immigrants. Et en attendant , les gens votent avec leurs pieds.
Nous assistons à un grand spectacle théâtral et plus vite qu'on ne le croit, le rideau va tomber. Quand cela arrivera, les choses deviendront très rudes et désagréables. Voilà ce que la gauche a favorisé dans nos pays, accéléré par l'UE et ses frontières grandes ouvertes. Cela doit cesser de toute urgence si nous voulons maintenir la paix sociale, la démocratie et la primauté du droit.
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Débat Onfray-Zemmour arbitré par Giesbert :
Comme d'habitude, Onfray raconte beaucoup de conneries et Giesbert est un enfoiré qui essaie plusieurs fois de pourrir le débat (ses échecs sont réjouissants). Et, comme d'habitude, le discours de Zemmour est plus structuré et appuyé sur la réalité.
Digression. L'unanimité (Giesbert, Onfray et le public) contre Zemmour lorsqu'il tente de décrire l'ancienne condition féminine et s'insurge contre les clichés féministes est tout à fait amusante pour le misanthrope que je suis, elle prouve que j'ai raison de trouver que les gens sont un peu plus cons qu'il n'est raisonnable.
On dirait que la littérature et l'histoire occidentales, si pleines de rapports amoureux, de femmes d'influence, d'amour courtois, de fine amor, ont disparu dans un gigantesque trou noir. Revel disait «L'idéologie, c'est ce qui parle à votre place», ce petit passage en est un magnifique exemple.
dimanche, juin 14, 2015
Chantal Delsol sur l'affaire Vincent Lambert
Affaire Vincent Lambert : la vidéo, nouvelle étape de la tragédie
J'aime beaucoup Chantal Delsol. Même quand je ne partage pas tout (en l'occurrence, je suis d'accord), ce qu'elle dit est toujours fin et humain. Je n'ai pas vu cette fameuse video et je ne la verrai pas.
J'en ai ma claque de cette affaire Vincent Lambert, ce malheureux est de plus en plus instrumentalisé. Notre monde, avec ses flots lacrymaux et son sentimentalisme démonstratif, est hypocrite. Il est sans pitié pour les faibles (comme dit Bernanos : «l'homme moderne a la tripe sensible et le coeur dur»).
Mais je suis terrifié que l'Etat, avec ses gros sabots, se mêle de ces affaires et décide de notre mort.
J'ai déjà exprimé plusieurs fois mon point de vue : on devrait en rester en public à «Tu ne tueras point» et le reste devrait s'arranger dans le clair-obscur de l'intimité. Mais ça, c'était le monde d'avant, celui où les hommes étaient censés être libres, responsables, et dignes.
Notre monde à nous est glacé. Et glaçant.
J'aime beaucoup Chantal Delsol. Même quand je ne partage pas tout (en l'occurrence, je suis d'accord), ce qu'elle dit est toujours fin et humain. Je n'ai pas vu cette fameuse video et je ne la verrai pas.
J'en ai ma claque de cette affaire Vincent Lambert, ce malheureux est de plus en plus instrumentalisé. Notre monde, avec ses flots lacrymaux et son sentimentalisme démonstratif, est hypocrite. Il est sans pitié pour les faibles (comme dit Bernanos : «l'homme moderne a la tripe sensible et le coeur dur»).
Mais je suis terrifié que l'Etat, avec ses gros sabots, se mêle de ces affaires et décide de notre mort.
J'ai déjà exprimé plusieurs fois mon point de vue : on devrait en rester en public à «Tu ne tueras point» et le reste devrait s'arranger dans le clair-obscur de l'intimité. Mais ça, c'était le monde d'avant, celui où les hommes étaient censés être libres, responsables, et dignes.
Notre monde à nous est glacé. Et glaçant.
samedi, mai 09, 2015
La victoire de Cameron, une duperie ?
Groundhog Day Comes Round Again
Peter Hitchens pense que la droite anglaise est, comme la droite française, une fausse droite, tout aussi avide d'obtenir ses certificats de respectabilité de l'establishment bien-pensant, qu'elle se rue pareillement à la servitude gauchiste. Bref, que tous ces gens sont des passeurs (passeurs des idées de gauche comme il y a des passeurs de drogue), suivant le mot de Philippe Muray.
Comme les Français, les Anglais sont victimes de cette fausse droite qui, en usurpant sa place, les prive d'échappatoire à la bien-pensance. Cameron, un Juppé en plus jeune et en moins arrogant (et, quand même, en moins abruti).
Je pense, comme Eric Zemmour, que l'esprit soixante-huitard est un mouvement profond, dont on peut retracer les origines à la Réforme, à notre folle révolution et à la première guerre mondiale (plus on s'approche, plus les causes sont directes et mécaniques) et qu'il n'a pas fini, très loin de là, de faire sentir ses effets destructeurs.
L'hypothèse d'Ivan Rioufol, une révolution conservatrice dans les cadres nationaux actuels comme remède au nihilisme bien-pensant, est optimiste. Je le suis beaucoup moins. Je pense que le remède à la bien-pensance pourrait être l'explosion des cadres actuels, les populations bien-pensantes et les populations conservatrices tentant de se séparer, avec les troubles qu'on imagine.
On peut lire les velléités séparatistes écossaises à cette lumière, même si nous sommes à fronts renversés : il est inhabituel que cela soit le parasite gauchiste, en l'occurrence l'Ecosse, qui veuille se séparer de son hôte. Cela résulte d'une erreur de calcul des indépendantistes, hypnotisés tels des chameliers moyens, par le mirage pétrolier.
Tout le monde connaît les envies des Flamands de se séparer des Wallons.
Nul doute que plus d'un Français de France voterait sans trop de difficultés l'indépendance de la Seine-Saint Denis telle qu'elle est aujourd'hui.
Derrière les arguments économiques, faciles à exposer car en phase avec l'esprit matérialiste de l'époque, se dissimulent des motivations sociales, culturelles et ethniques, plus discrètes mais au moins aussi puissantes.
Peter Hitchens pense que la droite anglaise est, comme la droite française, une fausse droite, tout aussi avide d'obtenir ses certificats de respectabilité de l'establishment bien-pensant, qu'elle se rue pareillement à la servitude gauchiste. Bref, que tous ces gens sont des passeurs (passeurs des idées de gauche comme il y a des passeurs de drogue), suivant le mot de Philippe Muray.
Comme les Français, les Anglais sont victimes de cette fausse droite qui, en usurpant sa place, les prive d'échappatoire à la bien-pensance. Cameron, un Juppé en plus jeune et en moins arrogant (et, quand même, en moins abruti).
Je pense, comme Eric Zemmour, que l'esprit soixante-huitard est un mouvement profond, dont on peut retracer les origines à la Réforme, à notre folle révolution et à la première guerre mondiale (plus on s'approche, plus les causes sont directes et mécaniques) et qu'il n'a pas fini, très loin de là, de faire sentir ses effets destructeurs.
L'hypothèse d'Ivan Rioufol, une révolution conservatrice dans les cadres nationaux actuels comme remède au nihilisme bien-pensant, est optimiste. Je le suis beaucoup moins. Je pense que le remède à la bien-pensance pourrait être l'explosion des cadres actuels, les populations bien-pensantes et les populations conservatrices tentant de se séparer, avec les troubles qu'on imagine.
On peut lire les velléités séparatistes écossaises à cette lumière, même si nous sommes à fronts renversés : il est inhabituel que cela soit le parasite gauchiste, en l'occurrence l'Ecosse, qui veuille se séparer de son hôte. Cela résulte d'une erreur de calcul des indépendantistes, hypnotisés tels des chameliers moyens, par le mirage pétrolier.
Tout le monde connaît les envies des Flamands de se séparer des Wallons.
Nul doute que plus d'un Français de France voterait sans trop de difficultés l'indépendance de la Seine-Saint Denis telle qu'elle est aujourd'hui.
Derrière les arguments économiques, faciles à exposer car en phase avec l'esprit matérialiste de l'époque, se dissimulent des motivations sociales, culturelles et ethniques, plus discrètes mais au moins aussi puissantes.
mercredi, avril 22, 2015
Société d’autorité ou société de manipulation ?
Pour obtenir de quelqu’un qu’il fasse ce que vous voulez et non pas ce que lui veut, il n’y a que deux méthodes : donner un ordre ou manipuler.
Grâce à la féminisation de notre société, nous sommes passés de l'autorité à la manipulation.
Qu'il me soit permis (plus pour très longtemps, vu la dictature molle qui vient) de le regretter.
Grâce à la féminisation de notre société, nous sommes passés de l'autorité à la manipulation.
Qu'il me soit permis (plus pour très longtemps, vu la dictature molle qui vient) de le regretter.
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