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lundi, juin 01, 2020

Une bonne rafale à la Bochesse en chef, ça ne fait jamais de mal.


CHANCELIÈRE IMMUABLE : Angela Merkel, sainte patronne de l’Europe, vraiment ?

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La Chancelière n’aime pas les gens. Elle n’a jamais eu qu’une obsession, se préserver. De ce point de vue, son comportement a été largement en phase avec la société vieillissante dont elle dirige le gouvernement. Mais il faut bien comprendre que rien ne lui est plus étranger que le combat tous azimuts d’un Nicolas Sarkozy se déployant sur tous les fronts durant la crise de 2008-2010; l’engagement sincère d’un Alexis Tsipras, qui avait (mal) placé sa confiance en elle au début de la crise de la dette grecque en 2015; ou le goût du risque d’un Donald Trump.

Angela Merkel a toujours suivi la ligne de plus grande pente, celle où elle pense avoir le moins de dommages à subir pour elle-même. Cela lui a fait faire, d’ailleurs, sa plus grosse erreur d’appréciation, à savoir la décision d’accueillir un million et demi d’étrangers en 2015-2016, d’abord des réfugiés fuyant les conflits du Moyen-Orient et d’Afrique, puis des immigrants par opportunisme, profitant de l’incroyable aubaine, l’ouverture complète de la frontière allemande. Derrière les apparences généreuses, il s’agissait d’une politique de la facilité: à quoi bon s’opposer, non seulement au flot d’arrivants venant faire pression sur la frontière allemande mais aussi aux médias qui avaient critiqué dans un premier temps l’inaction de la Chancelière? En septembre 2017, la conséquence de cette très mauvaise décision fut visible dans les urnes, avec une chute de huit points pour les chrétiens-démocrates, et de presque six points pour le partenaire de coalition, le SPD. Madame Merkel a sauvé son poste de Chancelière au bout de six mois de difficiles tractations et elle a été obligée, fin 2018, d’abandonner la présidence du parti chrétien-démocrate. Fondamentalement, elle n’a pas changé d’attitude, avant ou après ces défaites politiques. Elle est restée cette femme politique détestant le risque, le débat politique et les positions tranchées.

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jeudi, avril 16, 2020

A l'allemande

Et si les élites françaises s’inspiraient de l’horizontalisme allemand au lieu de (mal) singer l’ordo-libéralisme ?

Je ne porte pas l'Allemagne dans coeur mais il est intelligent de s'inspirer de ce qu'elle a de bon.

Par comparaison, nous nous heurtons à la médiocrité, intellectuelle et morale, de la classe dirigeante française. Je n'y vois guère de remède.


vendredi, février 07, 2020

Comme c'est émouvant une belle et grande démocratie européiste-mondialiste en marche



C'est pas compliqué : votez ce que vous voulez. Mais si vous votez mal, on vous met sous tutelle.

C'est si beau que j'en pleurerais.


samedi, janvier 18, 2020

Pourquoi il ne faut rien faire de sérieux avec Allemands.

Extrait du Figaro :

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Le coup d’éclat de Munich a marqué l’histoire du terrorisme international. Il a été un tournant dans la restructuration des services de sécurité des pays occidentaux. Les forces de l’ordre allemandes avaient, lors de l’assaut, brillé par leur incompétence, leur impréparation et leur médiocrité. Peu avant le début de l’opération, l’avion mis à la disposition des terroristes pour s’enfuir avait été déserté par les policiers allemands d’élite à la suite d’un vote. Ils étaient rentrés chez eux sans consulter leur hiérarchie. Quant aux tireurs placés autour de l’appareil, ils avaient été recrutés à la hâte dans des clubs de tir de la région. Ils étaient moins nombreux et moins bien équipés que les fedayins lourdement armés, leurs fusils n’avaient pas de lunettes, ni d’équipement de vision nocturne et ils ne portaient pas de gilet pare-balles. Appelés en renfort, les véhicules blindés étaient arrivés trop tard car pris dans des embouteillages.
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Certes, c'était en 1972. Mais c'est quand même révélateur d'un pays de mollusques.

Ils ne savent que pousser leurs lois, leurs circulaires, leurs règlements. De vraies gonzesses. Très chiantes. Genre emmerderesses.

Les Israéliens, c'est un autre genre :

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La réaction israélienne fut impitoyable. Pour « venger Munich» , le Mossad, lança l’opération « Colère de Dieu ». Une liste noire, la « liste Golda » du nom du premier ministre israélien de l’époque, Golda Meir, fut dressée. Un à un, les responsables de l’OLP mêlés à la tuerie, ainsi que des représentants palestiniens en Europe, furent abattus. Le Mossad répandit la panique en diffusant avec chaque élimination la nécrologie de la future victime dans les journaux arabes locaux et en envoyant des fleurs et des messages de condoléances aux familles. Trente-cinq Palestiniens périrent. Parmi les cibles, un Marocain tué en Norvège devant sa femme enceinte. Ahmed Bouchikhi, serveur de café, ressemblait à Hassan Salameh. Il était le frère de Chico Bouchikhi, le guitariste des Gipsy Kings. En 2005, Steven Spielberg a fait de Munich un film.
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vendredi, décembre 27, 2019

La Wehrmacht, la fin d'un mythe (sous la direction de J. Lopez)

Ouvrage tout à fait remarquable, que je vous conseille. Recueil d'une cinquantaine de monographies qui forment un tout cohérent, avec cartes et photographies, accompagnées d'encadrés thématiques.

Pour bien comprendre l'histoire et la légende de l'armée allemande au XXème siècle, il faut avoir en tête, deux idées maîtresses :

1) L'Allemagne a déclenché les deux guerres mondiales en espérant les emporter par la force. L'armée allemande a perdu ces deux guerres mondiales dans des catastrophes gigantesques. Il y a donc fort peu de raisons objectives d'ériger cette armée doublement vaincue en modèle et en objet d'admiration.

Comme a dit un Italien courroucé contre Merkel, « il y a des peuples qui se battent jusqu'à la victoire. Les Allemands, eux, se battent jusqu'à la défaite ».

2) Après ces deux guerres mondiales, ce sont les vaincus qui ont écrit l'histoire. Après 1918, grâce à l'habileté de la propagande du « coup de poignard dans le dos » ; après 1945, à cause de l'anti-soviétisme des Américains, qui ont recyclé les généraux teutons vaincus et les ont laissés beaucoup écrire et parler.

L'efficacité de cette propagande a un effet comique : la recension de cet ouvrage par le Figaro a été abreuvée d'injures d'incompétence par les commentateurs, qui ne sont probablement pas tous des nazis nostalgiques. Seuls quelques courageux ont essayé de remettre un peu de faits dans les mythes, sans grand succès (1).

Non, l'armée allemande n'a pas été vaincue seulement par la supériorité démographique et matérielle de ses ennemis, mais par ses propres déficiences.

Non, les victoires n'ont pas été perdues (« Victoires perdues », titre des mémoires de Von Manstein) par la faute de l'incompétence d'Hitler (ayant le bon goût d'être mort, il ne pouvait plus se défendre).

Non, la Wehrmacht n'a pas été propre, elle a participé à de nombreux actes de barbarie.

Une doctrine inadaptée

Quel est le problème de fond de l'armée allemande (Lopez se concentre sur le deuxième guerre mondiale, mais beaucoup de ses analyses valent pour la première) ?

Avoir une doctrine du XVIIIème siècle pour les guerres du XXème.

Comme au temps du grand Frédéric, l'armée allemande cherche la bataille décisive, qui n'existe pas dans les guerres industrielles du XXème siècle, pour éviter la guerre longue à laquelle elle refuse de se préparer. L'Allemagne elle-même prouve qu'il n'y a pas de bataille décisive contre une nation moderne : elle enchaine les défaites catastrophiques à partir de 1943 et pourtant, aucune de ces batailles n'a été décisive comme a pu l'être Iena.

Les Russes et les Américains ont beaucoup mieux compris que la guerre industrielle ne se jouait pas sur une bataille décisive. La défaite française en 1940 est une anomalie, pas un modèle. D'ailleurs, on sait aujourd'hui que la France aurait pu poursuivre la guerre et l'Allemagne se serait retrouvée avec, sur les bras, la guerre longue qu'elle voulait éviter à tout prix (encore plus qu'avec la seule résistance de l'Angleterre).

Cette doctrine inadaptée a des effets ravageurs. Les Allemands sont excellents en tactique mais cons comme des buses en stratégie (voir la guerre sous-marine à outrance en 1917). Ils négligent le renseignement, la logistique et la gestion des arrières, ont une politique de matériel folle (un V2 porte 2 fois moins d'explosifs qu'un Lancaster pour 3 fois plus cher. Il a fallu 10 ans pour mettre au point le turboréacteur pour une guerre qui en a duré 6. L'Allemagne avait 252 modèles d'avions, 4 fois plus que les Américains).

Pour mesurer à quel point l'armée allemande est déficiente, il faut savoir que Ludendorff a écrit dans ses mémoires (donc au repos, avec le recul) que « la tactique doit prévaloir sur la stratégie pure » !

Prenons l'exemple de Barbarossa, l'invasion de l'URSS le 22 juin 1941.

Barbarossa

Comme lors des « offensives de la paix » au printemps 1918, à aucun moment, l'état-major allemand ne se donne un critère de réussite : « Pour que l'URSS soit vaincue, il faudra arriver à tel résultat ».

C'est pourquoi la guerre à venir n'est envisagée que comme une succession de batailles d'encerclement sans priorité claire. Halder, qui prépare les plans et qui sera recyclé par les Américains, est si optimiste qu'il veut déclencher l'offensive en septembre ! C'est Hitler (vous savez, celui qui fait perdre les victoires, d'après les généraux survivants) qui insiste pour l'avancer au printemps.

La Wehrmacht, qui n'a pas froid aux yeux, attaque un pays 14 fois plus grand que la France et 6 fois plus peuplé avec, en gros, la même armée et sans aucune priorité.

Elle attaque au nord (en direction de Leningrad), au centre (en direction de Moscou) et au sud (en direction de Stalingrad). Elle fait 3,8 millions de prisonniers, chiffre extraordinaire, mais pour quel résultat stratégique ? Pas grand'chose, comme le prouvera le suite.



Les matériels et les hommes s'usent énormément sans profit, alors qu'une offensive moins folle, plus structurée, auraient été plus efficace à long terme (mais justement, les généraux allemands refusaient par principe le long terme). Ca me rappelle un article passionnant du Fana de l'Aviation expliquant que les déplacements incessants avaient usé la Luftwaffe, indépendamment  de toute opposition russe.

Et comme la logistique a été négligée (la logistique allemande marche au pas des chevaux jusqu'en 1945. Elle avait nettement moins de camions en 1940 que l'armée française. Les panzers ne doivent pas faire illusion), la Wehrmacht se trouva fort dépourvue quand la bise fut venue.

Aussi bizarre que cela puisse nous paraître aujourd’hui, l’industrie automobile allemande était très insuffisante, d’où les exigences incessantes de camions auprès de Berliet et de Renault.

Les experts en logistique avaient bien averti les généraux, mais, comme ils considéraient cela comme une fonction subalterne, ils n'en ont pas tenu compte. On comparera avec Eisenhower :   « Les amateurs parlent stratégie. Les professionnels parlent logistique ».

Une autre stratégie était-elle possible ? Oui, en partant de l'idée qu'on ne vainc pas une grande nation industrielle avec de la profondeur stratégique en un été et en établissant un plan sur deux ou trois ans avec des priorités claires.

Par exemple, saisir Leningrad pour avoir un port permanent afin de gérer la logistique permettant de s'enfoncer au-delà de l'Oural. Ou, autre priorité possible (mais, évidemment, exclusive des autres, quand tout est prioritaire, rien ne l'est), saisir les ressources minières et industrielles dans le sud pour alimenter l'effort de guerre. Mais Moscou n'était pas un objectif stratégique, comme Napoléon l'a prouvé à ses dépens.

Autre manquement de la pensée stratégique allemande : l'incapacité à rallier les populations conquises, comme en Ukraine. C'était inutile dans l'optique d'une guerre courte, mais, la guerre se prolongeant, cet aspect devient décisif.

De nombreuses occasions ont été ratées en 1941 et la Wehrmacht recommence en 1942 dans la même logique foireuse. Pas étonnant que ça se termine par le raclée de Stalingrad.

Et Hitler, cet imbécile (d'après les généraux vaincus) ? Hé bien, au printemps 1941, il est beaucoup plus inquiet que ses généraux et, dès novembre, il considère que la guerre ne peut plus être gagnée à l'est.

En face, les Russes accumulent les erreurs locales, mais ils ont la bonne approche : penser sur plusieurs années, travailler la logistique, avoir un objectif clair (l'invasion totale de l'Allemagne).



Enfin, on notera que, si, au nom de l'anti-communisme, les Américains ont fait la promotion des généraux allemands vaincus, ils se sont très peu laissés influencer par eux, ce qui témoigne d'un certain bon sens.


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(1) : l’historien militaire Bernd Wegner pouvait écrire en 1995 : « L’historiographie (ouest-)allemande sur la Seconde Guerre mondiale, et tout particulièrement sur la guerre germano-soviétique, pourrait avoir été pendant plus de deux décennies et même en partie jusqu’à nos jours, dans une bien plus forte mesure que nous n’en sommes généralement conscients, une historiographie des vaincus ».

lundi, décembre 23, 2019

Paris-Berlin. La survie de l'Europe. (D. Husson)


Avertissements

Avertissement 1 : Edouard Husson m'a adressé son livre dédicacé. Mais je suis assez malappris pour dire ce que j'en pense quand même.

Avertissement 2 : j'ai toujours eu du mal avec l'Allemagne et avec l'allemand. J'ai passé le latin comme deuxième langue au bac au lieu de l'allemand. S'il m'arrive de dire que je suis un anglophobe qui aime bien les Anglais, je suis un germanophobe ... qui n'aime pas l'Allemagne.

Les lourds systèmes de la philosophie allemande m'assomment et me font bailler. Et si l'on me dit que c'est parce que je suis trop bête pour comprendre, je l'admets volontiers.

Je ne partage en rien la germanomanie des élites françaises, sans doute parce que je n'en fais pas partie. Bref, je n'ai aucun goût pour l'Allemagne. Comme pour l'islam, je ne demande pas mieux que de le droit à la plus complète indifférence, seules les circonstances m'obligent à m'y intéresser.

Vorwärts !

Ces préliminaires personnels étant posés, attaquons Husson.

D'abord, c'est bien écrit. D'un sujet qui ne me passionne pas, j'ai lu ce livre avec plaisir.

Husson n'est pas germanophile béat. L'Allemagne est le pays d'Hitler aussi. Il dévoile le vilain petit secret des lourds systèmes philosophiques d'outre-Rhin : la fascination pour la violence accoucheuse de l'histoire.

C'est dur d'être dirigé par des cons.

Sa thèse principale est que les dirigeants français s'hypnotisent d'une image fausse de l'Allemagne.

Il considère que la politique européiste d'uniformisation à marche forcée (il est plus poli que moi, mais visiblement, il ne déborde pas d'admiration pour nos « brillants » technocrates - bêtes à concours bornées (1) sans intérêt autre que mondain) est grosse de catastrophes dont nous voyons les premiers signes : naufrage de la Grèce, Gilets Jaunes, AfD, Brexit, et ce n'est qu'un début.

Husson lie, à juste titre, politique monétaire restrictive et dénatalité. Mais je ne comprends pourquoi il n'en tire pas la conclusion que, pour sauver la natalité française, il faut dynamiter l'Euro. Quand leurs intérêts vitaux sont en jeu, les nations ne peuvent compter que sur elles-mêmes et ont le devoir d'être égoïstes (2).

Il valide (joie, bonheur) mon idée (qui n'est pas de moi) que les Allemands sont bons en tactique et nuls en stratégie. Il attribue ce défaut à l'excès d'esprit analytique au détriment de l'esprit de synthèse. Un faisceau d'analyses ne fait pas une synthèse.

Le défaut miroir français, l'excès d'esprit de synthèse, est le dogmatisme. Giscard et surtout Mitterrand en firent preuve à fort mauvais escient en considérant  que la puissance allemande était inarrêtable et en pensant que le mieux à faire pour la France était d'obtenir « un strapontin à la Bundesbank ».

Ils nous collèrent cette vérole d'Euro alors que, comme le conseillaient certains amis allemands de la France, le mieux à faire était de ne surtout pas nous en mêler et de tailler des croupières aux Allemands en dévaluant le Franc, pendant qu'ils se débattaient avec leur réunification. Ce que les Anglais, avec leur pragmatisme habituel, surent faire. Mitterrand fut vraiment la peste et le choléra pour la France, dont nous ne sommes toujours pas remis.

Husson est honnête. Il constate que, contrairement à ce qu'ils prétendent, nos présidents depuis Giscard ont mené une politique de vassalisation, opposée à celle de de Gaulle.

Angelattila

Il peint un portrait équilibré d'Angela Merkel, qui me la rend détestable. Le legs de l'éducation est-allemande à Merkel est un conformisme idéologique en acier trempé (moi qui apprécie les rebelles, vous vous doutez si je suis ravi).

Je ne supporte pas ces personnalités à la François Hollande, sans coeur, sans tripes, calculatrices dans les petites choses, géniales dans la magouille minable qui pourrit la situation, mais incapables de vision, de grandes choses. De plus, il y a un mensonge à la base de toute la carrière politique d'Angela Merkel : c'est une progressiste politiquement correcte qui dirige un parti et un gouvernement de centre-droit à prétention chrétienne.

Elle partage cette tendance de tous ces politiciens européistes-mondialistes à considérer qu'il n'y a plus de problèmes politiques, (à part lutter contre le « fachisme ») puisqu'ils ont décidé une fois pour toutes du monde meilleur et comment y aller, mais seulement des problèmes  techniques. Elle a souvent répété comme Thatcher qu' « il n'y a pas d'alternative », ce n'est donc pas par hasard que le parti d'opposition s'appelle Alternative für Deutschland.

Angela Merkel est comme Attila : rien ne repousse derrière elle. Parce qu'elle fait tout mourir d'ennui ! Elle est capable de rendre catatoniques les Marx Brothers.

Kein Volk, kein Führer ?

Husson a une analyse originale en faisant le parallèle entre Merkel et Benoit XVI. Il pense que l'Allemagne a un problème culturel avec le leadership (il choisit de conserver le mot anglais pour des raisons qu'il explique (3)). C'est soit trop, façon Bismarck-Hitler, soit pas assez façon Merkel-Ratzinger.

En tout cas, rien de comparable à Churchill.

Pour ma part, j'ai tendance à incriminer le manque d'humour. Vous connaissez la blague anglaise : « Qu'est-ce que l'humour allemand ? C'est l'humour juif ... l'humour en moins ». Je suis sérieux, je pense que la fonction politique de l'humour est très sous-estimée (mais Alfred Sauvy a commis un livre sur le sujet).

Pourtant, je ne suis pas sûr que mon hypothèse soit admise par l'université.

D'ailleurs, l'Allemand existe-il ? Le Bavarois je vois, le Prussien, je me doute mais l'Allemand ?

En 2013, Angela Merkel est soulagée que son parti n'ait pas la majorité et qu'elle doive gouverner en coalition ! Comparez avec Boris Johnson, tout joyeux d'avoir écrasé Corbyn et de pouvoir mener sa politique avec une majorité exceptionnelle.

Ce refus allemand du politique, au sens de Julien Freund, est mortifère pour l'Allemagne (je n'en ai rien à foutre) et pour l'Europe (là, ça me préoccupe) : des décisions politiques sont quand même prises, mais sans être qualifiées comme telles et sans être débattues, et elles viennent toujours trop peu, trop tard.

Bref, Merkel est une calamité sur pattes.

Le supplice grec et le suicide migratoire

Husson donne deux exemples dramatiques du refus du politique :

♘ la crise grecque. Il était évident pour tous les observateurs raisonnables que la meilleure solution était la sortie de la Grèce de l'Euro. Mais, plutôt que de prendre cette décision politique, Merkel a préféré l'application de traités inadaptés et et la répression technocratique.

♘ l'accueil inconditionnel d'un million de pseudo-réfugiés au nom d'une éthique de conviction totalement hors sol et donc apolitique. A mon avis, nous sommes dans ce cas là très proches de la pure et simple maladie mentale. E tout cas, Merkel nageait dans la plus complète irresponsabilité.

Brexit : l'anti-Merkel

Pendant ce temps, de l'autre coté de la Manche, les Britanniques faisaient de la politique, de la vraie. Et pas qu'un peu.

Le débat du Brexit, c'est-à-dire entre 2015 et 2019, a été passionnant (bien loin des caricatures des medias français). Je lisais régulièrement les différentes tribunes d'opinion sur internet et il m'est arrivé d'écouter les débats aux Communes.

Il y a eu du suspense, des coups de théâtre, des coups de gueule, des coups tordus, des exploits, des ratés retentissants. Bref, nous étions très loin du mortel ennui merkelien.

Et qu'ont finalement décidé les Anglais, d'une manière claire et sans bavures ? D'échapper à la dictature des normes imposées de l'extérieur et à la tutelle des cours apatrides.

Elections, pièges à cons

Husson fait une analyse électorale un peu longuette (c'est le seul endroit où j'ai sauté des pages) pour conclure que le paysage électoral va continuer à se morceler et que, par conséquent, les Européens, notamment les Français, ne doivent rien attendre des gouvernements allemands dans les années qui viennent, sauf de l'inertie.

Un Allemand bien placé m'avait la même analyse.

643 et 30 0000

643 : c'est le nombre d'employés de la Deutsche Bank touchant plus d'un millions d'Euros par an.

30 000 : c'est en milliards d'Euros les engagements de la même banque, dont certains sont franchement douteux. J'ai même lu ailleurs 45 000. Le cours de la DB abaissé de 95 % par rapport à son plus haut.

La Deustche Bank est une catastrophe directement issue du mercantilisme (Charles Gave l'a expliqué cent fois) et un risque systémique majeur. C'est même LE risque systémique en Europe.

On estime qu'en cas de problème, l'Etat allemand devrait injecter au moins 1 000 milliards d'Euros, soit un quart du PIB ! Et c'est un minimum.

C'est pourquoi, chaque fois qu'un Allemand commence à se faire donneur de leçons, deux lettres devrait suffire à lui claquer le beignet : DB (pas les trains). Mais nos dirigeants, hypnotisés par leur complexe d'infériorité, n'osent pas.

L'avenir aux petites nations ?

Gros plaisir : Husson reprend l'analyse de Jean-Jacques Rosa. La quasi-gratuité de l'information favorise les petites structures.

La vérité des nations européennes n'est pas « l'union fait la force » mais « mieux vaut être seul que mal accompagné ». Tout l'argumentaire disant qu'il faudrait absolument nous unir en renonçant à notre souveraineté, face à la Chine et aux Etats-Unis, est spécieux et mortifère, car il est un encouragement à renoncer à vivre en tant que nation. Que cet argumentaire dangereux soit si facilement accepté est un signe de notre manque de foi.

En réalité, depuis la nuit de temps, grandes nations et petites nations ont co-existé et, très souvent, les secondes se sont beaucoup mieux porté que les premières.

Pour lui, les vieilles nations, France, Grande-Bretagne, ont la bonne taille, inutile de chercher plus grand.

La saine politique politique européenne passe par un axe Londres-Paris-Berlin. Le tête-à-tête avec l'Allemagne dans lequel nos dirigeants veulent enfermer la France est le comble de la stupidité.

L'union fait la farce

J'ai trouvé le livre d'Husson passionnant mais nous divergeons sur un point fondamental.

Husson veut sauver l'union européenne (je mets des minuscules, pour signifier que c'est l'idée générale, et non le machin bruxellois), moi, je veux la tuer comme une mauvaise idée.

Jamais une alliance n'a été une nécessité de principe (ou alors il faut accepter de disparaître comme nation si, par principe, on ne peut pas vivre seul) mais seulement de circonstance.

Nous n'avons de frontières communes ni avec la Chine ni avec les Etats-Unis, c'est déjà un soulagement, et notre menace physique vient du sud. Bien sûr, il y a d'autres menaces au XXIème siècle, mais c'est déjà ça.

Husson veut une alliance lucide avec l'Allemagne. Je pense qu'elle est notre ennemi et que son hostilité consiste à essayer de nous entrainer dans son suicide. Plus nous en serons éloignés, mieux nous nous porterons. Ma politique vis-à-vis de l'Allemagne : l'indifférence maximale.

D'ailleurs, c'est assez facile de passer d'une thèse à l'autre : il suffit de considérer que nos difficultés de rapprochement avec l'Allemagne ne sont pas transitoires, comme décrites par Husson, mais définitives.

Les (presque) 110 propositions d'Husson

Husson termine son livre en faisant des propositions fort intéressantes. Par exemple, laisser les relations franco-allemandes au premier ministre.

Mais je m'arrête là. il faut bien que vous ayez encore des raisons d'acgeter ce livre.

Que d'eau ! Que d'eau !

Mes fidèles lecteurs connaissent mon obsession stratégique pour le grand large.

Si la France reste scotchée dans une politique continentale, les autres pays européens l'entraineront dans leur suicide. C'est d'ailleurs pourquoi l'anti-France, intérieure et extérieure, fait tout ce qu'elle peut pour que nous abandonnions nos confettis d'empire et nous tympanise avec le discours du « ça coûte trop cher », comme si ces gens, soudain si soucieux de notre argent, faisaient attention aux dépenses quand il d'agit d'autre chose que de dépouiller la France, quand il s'agit d'immigration incontrôlée, d'AME, de CMU, par exemple.

L'avenir de la France est dans les alliances maritimes. Ce n'est pas à la mode, et pour cause : nous sommes dirigés par des traitres qui travaillent pour que la France n'ait pas d'avenir.

Je pense que nos relations avec la Grande-Bretagne, les Etats-Unis, le Québec, l'Australie, le Japon et même la Chine, maintenant qu'elle se veut puissance maritime, sont plus importantes et devraient plus focaliser nos énergies, que nos relations avec l'Allemagne.

Bref, un très léger désaccord !

Pour conclure

Mais nous nous retrouvons sur un point opérationnel : le France ne peut pas affronter seule l'Allemagne, elle doit coaliser les petites nations.

Autre bon point : je ne connaissais pas le De l'Allemagne, de Heine. Belle découverte.

Pour conclure la conclusion, une confidence : je vous ai dit que je n'aimais pas l'Allemagne. Ce n'est pas tout à fait : la Bavière et la Rhénanie sont charmantes.


NUIT RHÉNANE

Mon verre est plein d’un vin trembleur comme une flamme
Écoutez la chanson lente d’un batelier
Qui raconte avoir vu sous la lune sept femmes
Tordre leurs cheveux verts et longs jusqu’à leurs pieds

Debout chantez plus haut en dansant une ronde
Que je n’entende plus le chant du batelier
Et mettez près de moi toutes les filles blondes
Au regard immobile aux nattes repliées

Le Rhin le Rhin est ivre où les vignes se mirent
Tout l’or des nuits tombe en tremblant s’y refléter
La voix chante toujours à en râle-mourir
Ces fées aux cheveux verts qui incantent l’été

Mon verre s’est brisé comme un éclat de rire



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(1) : Charles Gave ne cesse de se lamenter que l'université (quand elle fonctionne) est supérieure à notre système de grandes écoles et je suis tenté de croire qu'il a raison : Boris Johnson, produit d'Oxford, est très supérieur à Emmanuel Macron, produit de l'ENA.

(2) : De Gaulle se moquait de ceux qui croyaient dans la protection du parapluie nucléaire américain pour l'Europe : « Croyez vous vraiment que les Américains prendront le risque de voir atomiser un seul village du Minnesota pour sauver Paris ? ».

(3) : dans le leadership, il y a une notion d'entrainement qu'on ne retrouve pas dans les traductions françaises.


lundi, novembre 11, 2019

11 novembre : la guerre est-elle vraiment la faute à tout le monde et donc à personne ?

Vous connaissez mon opinion : et .



Je sais bien que tous nos rationalistes, nos pinailleurs et nos nuanceurs d'élite vont me sauter sur le poil, mais je m'en fous : nos anciens avaient moins de scrupules que nous à attribuer aux peuples un caractère et je crois qu'ils avaient raison (et puis, franchement, entre Jules César et Maurice « vous pouvez pas dire ça »Dugland, agrégé de Paris XXXV, mes références sont vite choisies).


dimanche, novembre 03, 2019

L'impensable défaite. 1918-1933 l'Allemagne déchirée (G. Krumeich)

Disons le tout net : l'auteur entend démontrer une hypothèse que je crois fausse.

Krumeich veut nous convaincre que le nazisme et ses horreurs sont uniquement le produit du traumatisme de la défaite de 1918.

Je pense au contraire qu'il y a une veine raciste et génocidaire dans la culture allemande unique en Europe : le génocide des Heréros (1) date d'avant 1918, celui des Arméniens aussi. Au passage, des protagonistes de ces deux génocides ont participé ensuite à l'extermination des juifs.

Certains ajoutent même le massacre des Indiens d'Amérique dans la mesure où il y avait une forte proportion d'immigrés allemands impliqués.

Je reste un partisan de la vieille thèse française anti-allemande disant qu'il y a au fond de l'âme allemande un systématisme (les lourds systèmes de la philosophie allemande qui fascinent tant les intellectuels français) très dangereux (2), de la même manière qu'un rouleau compresseur sans conducteur est dangereux.

Pourtant, je ne méconnais pas que le précurseur des génocides modernes est le populicide vendéen perpétré par des Français. Ce qui m'amène à un peu de retenue vis-à-vis de nos voisins allemands. Nul n'est innocent.

Ceci étant dit, le travail de Krumeich sur le traumatisme de 1918 est passionnant.

Pour les Français (en tout cas, ceux qui sont bien informés), notre victoire de 1918 est complète et sans ambiguïté : les Allemands sont battus industriellement, tactiquement et stratégiquement.

Or, ce n'est pas du tout l'impression des Allemands, maintenus dans une grande ignorance par leurs militaires (3).

Leur obsession de la bataille décisive -que les Russes sauront remarquablement exploiter en 1943 (4)- les empêche de comprendre la stratégie française. Oui, l'Allemagne n'a pas perdu une grande bataille décisive. Parce que le choix des Français était justement d'éviter une grande bataille, d'enchaîner  les « petites » batailles à un rythme insoutenable pour l'armée allemande. Et celle-ci a fini à genoux, des centaines de milliers de soldats se laissant faire prisonniers ou désertant (on parlait de la « volatilisation » des soldats allemands  : ne pas revenir de permission, se "perdre" lors d'un transport, ne pas sortir de l'hôpital ...).

De plus (c'est une erreur politique plus que militaire, merci les Américains), le territoire allemand n'a pas été envahi.

Cependant, pour bien comprendre comment le peuple allemand peut commettre une telle erreur  d'appréciation (penser que l'Allemagne n'a pas vraiment perdu la guerre), il faut revenir aux années de guerre.

Coté allié, après de vifs débats, la censure est progressivement allégée, de manière à ce que les civils soient informés avec réalisme. Il y a beaucoup moins de bourrage de crâne en 1917 qu'en 1914. C'est notamment la position de Clemenceau. Cette heureuse décision permet de ne pas trop creuser le fossé entre l'arrière et l'avant.

L'Etat militariste allemand a fait le choix inverse, l'essentiel étant que « les populations restent calmes ». Ceci a pour effet de rendre la guerre lointaine et abstraite. Les études d'opinion montrent que la population se désintéresse de plus en plus du déroulement des opérations. Est ainsi expliquée l'ampleur des grèves de 1917, aggravées par les privations.

De plus, les propagandistes officiels essaient de rejeter la faute de tout ce qui ne va pas sur les profiteurs de guerre ... juifs.

Ces prémices permettent de comprendre la continuité d'opinion entre la guerre et l'immédiat après-guerre.

Il est significatif que l'événement extérieur ayant conduit à la demande d'armistice allemande, la capitulation autrichienne et la route de Berlin ouverte par le sud, ne soit jamais évoqué par les tenants de la théorie du coup de poignard dans le dos.

La fondation américaine Carnegie finance en 1926-27 une étude extensive de la mentalité et de la psychologie allemandes. Les résultats sont très intéressants : l'incapacité à compenser le traumatisme des pertes par la consolation de la victoire induit chez les Allemands une incapacité à analyser cette guerre de manière sereine. Quelle que soit soit la position des interlocuteurs, militariste, pacifiste, nationaliste, internationaliste, elle est excessive, peu attachée aux réalités concrètes, traitées comme arguments subalternes. On peut parler d' « une fuite généralisée dans le mythe ».

On notera aussi les importants travaux des psychologues sur les traumatisés de guerre et l'effet de ces traumatismes individuels sur la vie sociale des malades.

La république de Weimar a été, hélas, remarquablement inapte à prendre en compte ce traumatisme. Elle a bien traité les invalides de guerre mais comme des invalides civils, ce qui a fait dire à un président d'association d'anciens combattants « non, je n'ai pas eu le bras arraché par un tramway ». Et l'érection des monuments aux morts n'a pas été une grande cause nationale comme chez les vainqueurs.

Les nazis ont, eux, très bien compris l'intérêt de prendre à la charge la cause symbolique des anciens combattants. Ils ont financé des monuments, ils ont organisé de belles et grandioses cérémonies. Ce n'est donc pas par hasard si les anciens combattants formaient le groupe social où les nazis étaient les plus populaires.

Au point que, lors du dernier vote à peu près libre du Reichstag, en mars 1933, les sociaux-démocrates qui ont refusé les pleins pouvoirs à Hitler ont tout de même reconnu qu'ils étaient d'accord avec lui sur sa politique extérieure de revanche du traité de Versailles.

Il est donc logique que le sommet de la popularité de Hitler chez les Allemands soit juillet 1940, puisque la victoire sur les Français, revanche de 1918, est l'ultime moyen de guérir de ce traumatisme collectif.

Les vainqueurs de 1945 en ont tiré la leçon : ils ont vitrifié l'Allemagne et ils ont vitrifié la politique allemande. Plus d'expression politique du traumatisme collectif puisque plus d'Allemagne et plus de politique allemande. Plus de risque de guérison du traumatisme par la revanche. C'est la logique « maladie guérie, malade décédé ».


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(1) : citation de Wikipedia :« Les violences perpétrées dans le cadre de la colonisation allemande se distinguent des autres néanmoins, dans la mesure où, en 1904, un ordre d'extermination a été donné par l'Empire allemand sur des sujets qu'il était censé protéger ; quant aux survivants ils ont été placés dans une situation d'esclavage. ».

(2) : bien sûr, j'ai des arrières-pensées (qui ne sont d'ailleurs pas très arrières !) contemporaines. Je pense que le systématisme allemand, sous sa forme merkeléenne cette fois, est à nouveau un péril mortel pour l'Europe. Et, une fois encore, la défense de la liberté se fait outre-Manche.

(3) : les militaires allemands, ignobles jusqu'au bout, ont courageusement fui leurs responsabilités en envoyant un civil négocier à Rethondes (il finira assassiné par des nationalistes).

 (4) : Stalingrad, Koursk.

dimanche, août 12, 2018

La rive gauche du Rhin

L'annexion de la rive gauche du Rhin (annexion de la Rhénanie, du Luxembourg et de la Belgique) est un vieux fantasme français .

Depuis longtemps, ceux qui regardent la carte (beaucoup moins nombreux de nos jours) sont travaillés par l'incomplétude de nos « frontières naturelles » au nord-est. Ces plaines du nord couloir d'invasion. Nous serions tellement mieux si le Rhin était notre frontière de la Suisse à la mer du Nord.

De Gaulle y fait une allusion dans un de ses bouquins d'avant-guerre. Et Zemmour aussi dans un livre plus récent.


Vous me direz que c'est de l'histoire ancienne. Aujourd'hui, l'invasion vient du sud, les bateaux d''ONG ont remplacé les panzers et les mamys sans-frontiéristes les collabos.

C'est vrai. Mais depuis soixante-dix ans, l'histoire européenne est figée. Il se pourrait qu'elle se remette un jour en marche (peu probable, vu notre démographie, ou alors nous ne serons plus les maitres) et nous reparlerons peut-être de frontière naturelles.

Pourquoi je vous en parle ? Parce que je suis en train de lire le livre passionnant de Soutou sur la guerre froide de la France et que cette annexion de la Rhénanie était encore étudiée par le Quai d'Orsay en 1944.

samedi, juin 02, 2018

Jugement de la Liga sur les Allemands

Il y a des peuples qui se battent jusqu’à la victoire (1). Les Allemands, eux, se battent jusqu’à la défaite.

Je ne sais pas s’ils ont trouvé ça tous seuls, mais c’est très bien vu. C’est une manière spirituelle de dire ce que je vous répète, que les Allemands sont bons en tactique et nuls en stratégie.

En 1918 et en 1945, le courage du peuple allemand fut admirable, mais quoi ? C’était dans la défaite.

Les Allemands nous ont vendu leurs voitures puis, au lieu de remettre cet argent dans leur économie ou de nous le redonner, ils nous l’ont prêté pour qu’on continue à leur acheter des bagnoles.

Aujourd’hui, ils sont assis sur un tas gigantesque de bons du trésor grecs, italiens et français qui ne vaudront bientôt plus rien, quand ces pays auront fait banqueroute.

Ils font leur numéro préféré de gestapistes génocidaires, menant à la schlague leurs débiteurs en utilisant la menace de fermer le robinet à crédit comme instrument de torture, sans état d’âme ni réflexion.

Mais le jour où les débiteurs récusent leurs dettes (et ce jour approche), qui est-ce qui se retrouve avec des bons du trésor qui ne valent plus rien ? Adieu veaux, vaches, cochons, économies, retraites ... Et après ? Ils envoient les panzers ? Ce jour là, on se dira qu’ils auraient pu couler leurs BMW et leurs Mercedes dans le port de Hambourg, le résultat aurait été le même. Il n’y a rien de nouveau : depuis Colbert, on sait que le mercantilisme se termine en catastrophe. Seuls les Allemands et les énarques l’ignorent.

Les Allemands se seront battu, une fois de plus, jusqu’à la défaite.

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(1) : on songe aux Anglais et aux Russes.

mardi, mai 29, 2018

Ouf, le 4ème Reich est en train d’échouer

Trois fois déjà dans l’histoire moderne, les Allemands ont essayé d’imposer leur hégémonie à l’Europe continentale (1). Nous en sommes à la quatrième tentative. Pacifique ce coup-ci, mais pas amicale pour autant. On peut évidemment compter sur le fait qu’ils sont bons en tactique et mauvais comme des cochons en stratégie. Cette tentative a été bien aidée par les erreurs françaises, mitterrandiennes d'abord puis chiraco-sarko-hollando-macrono-centristes-couilles-molles ensuite. Même les meilleures choses ont une fin : la connerie française est en train d’être compensée par d’autres pays (2).


UN SEUL HOMME, DRAGHI A LES CLEFS DE LA DÉMOCRATIE EN EUROPE. TEXTE À DIFFUSER SANS MODÉRATION.

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Draghi a la clef des taux et des prix des dettes italiennes. Il a le pouvoir de mettre en difficulté mortelle la plupart des grandes banques italiennes. Un seul homme d’une institution, presque supra nationale , non élu, dispose de de cette clef et il n’a aucun compte à rendre à qui que ce soit!

Si les banques italiennes sont en difficulté alors les épargnants seront terrorisés, ils risquent de paniquer et bien sur pour ceux qui auraient voté contre l’establishment, ils risquent de changer leur vote.

On voit bien a quel point le système européen est scandaleux, risqué et disons le dictatorial , il n’y a plus aucune place pour la démocratie, sauf une démocratie de moutons bêlant en allemand.
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Cette image qui résume tout le problème :


Toujours est-il que ça commence à sentir sérieusement le roussi pour la tentative hégémonique allemande.



Certes, les Italiens peuvent reculer pour cette fois et les Allemands gagner un round. Cependant, comme disent les Anglais, « l’écrit est sur le mur » (MENE MENE TEKEL PHARES) : il est de plus en plus évident pour une minorité grandissante qu’à la prochaine crise, l’Euro disparaît en tant que monnaie unique. Si le célèbre M. Lémarché commence à le croire, c’est la fin des haricots. La prophétie devient auto-réalisatrice.

Et puis, en Italie, il y a Matteo Salvini à la manoeuvre, dont le talent stratégique fait penser à Trump. L'avenir est toujours incertain, mais il a aujourd'hui une direction probable.

Notre problème, à nous Français, est le suivant. Nous allons être à la traine du mouvement. Notre libération viendra de l'extérieur. Seulement voilà, n'ayant pas eu de De Gaulle, nous n'aurons pas de Résistants organisés, commissaires de la république et tout le toutim, prêts à prendre le manche (même de Villiers, qui fricote avec Macron, trahit).

D'où ma violente inquiétude : sortir de l'Euro, certes, mais avec quelles élites ? Les mêmes ayant retourné leur veste ? Cela serait catastrophique : habitués à la soumission et à la trahison, ils se chercheront un nouveau maître, à Washington ou à Ryad.

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(1) : 1870, 1914 , 1939

(2) : quelqu’un me fait remarquer que les journaux allemands insultent les Italiens et, que, si on prend du recul et si on analyse la situation d’ensemble, ce n’est vraiment pas fin de leur part, même d’un point de vue purement égoïste. Ils n’ont aucun intérêt à se mettre les pays du sud à dos. A quoi j’ai répondu : « Ils ne peuvent pas s’en empêcher. Le complexe de supériorité raciale, c’est leur truc. Jusqu’au génocide inclus ».

C'est très méchant de ma part, limite mesquin, je le reconnais. Mais est-ce si faux ?

Un commissaire européiste allemand a déclaré : « Les marchés vont apprendre aux Italiens à bien voter ». Avec le « Nous avons des instruments de torture à la cave » de Juncker et le « Nous torturons les Grecs pour que les Français et les Italiens entendent leurs cris » d'un financier allemand, ça dessine tout de même un paysage mental.

On notera cependant que le pédagogique (pédagogie version « Les points sensible ou la guérison du mensonge », pour ceux qui ont des lettres cinématographiques) commissaire politique allemand a été vertement repris par l'über-atlantisto-européiste Tusk. Signe d'inquiétude, voire de panique, à Bruxelles ?

mercredi, avril 04, 2018

La folie allemande

UBU chez les allemands ou les chiffres officiels d'une combinaison perdante

L’article est un peu long. Si vous voulez, vous pouvez aller directement à la conclusion. Toujours est-il que l’Allemagne a déstabilisé durablement le marché européen de l'électricité.

Je suis de plus en plus persuadé que l’Allemagne est une force destructrice au centre de l’Europe. Il ne vous faudra guère d’efforts pour faire une liste longue, trop longue, des politiques allemandes nocives pour ses voisins (et souvent pour l’Allemagne elle-même, mais ce n’est pas notre problème, c'est celui des Allemands).

mardi, février 27, 2018

Une occasion historique de sortir du tête-à-tête franco-allemand

Une occasion historique de sortir du tête-à-tête franco-allemand

Je suis d’accord avec le tableau historique de cet article. Comme je l’ai déjà écrit, c'est une erreur stratégique pour la France de ne pas se projeter au-delà de l’Allemagne, vers le grand large d’un côté, vers la Russie et la Grande-Bretagne de l’autre.


lundi, novembre 20, 2017

Le “Brexit allemand”, ou la dissolution accélérée

Le “Brexit allemand”, ou la dissolution accélérée

Vous connaissez mon analyse : Le Brexit (auquel je ne croyais pas) et l'élection de Trump (à laquelle je croyais peu) ont déstabilisé le Système, où tout se tient, et, même, où tous se tiennent par la barbichette.

Les choses bougent, pas forcément en bien, mais, au moins, elles bougent.

mardi, janvier 05, 2016

Le Camp des Saints en Allemagne

Des agressions sexuelles «de masse» choquent l'Allemagne

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La gare centrale de Cologne se trouve à quelques centaines de mètres de la cathédrale, au cœur de la ville. C'est là, durant la nuit de la Saint-Sylvestre, qu'un millier d'individus se sont rassemblés. Par groupe de vingt à quarante, des hommes souvent alcoolisés de moins de 30 ans et «d'origines arabes ou nord-africaines», selon les témoins, ont cerné et agressé des femmes mêlant vol à la tire et attouchements. Au moins un viol a été signalé.

Mardi, le nombre de plaintes déposées s'accumulait au fur et à mesure que l'affaire prenait de l'ampleur: 60 en début de journée, 90 à midi. Ces «agressions sexuelles de masse», selon les termes employés par la police de Cologne, ont suscité l'indignation dans toute l'Allemagne. La chancelière Angela Merkel a notamment exprimé sa «révolte» face à ces «agressions scandaleuses» et réclamé une «réponse forte».
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Bien sûr, la «réponse forte» sera très faible, puisque la vraie réponse forte serait de fermer les frontières aux immigrés et que cela ne se fera pas.

samedi, novembre 07, 2015

Le feu aux poudres (G. Krumeich)

Krumeich répond aux Somnambules de Christopher Clarck.

Clark partage très également les responsabilités du déclenchement de la première guerre mondiale entre tous les acteurs. Notamment, il exonère les Allemands d'une partie de leurs responsabilités en arguant que ce sont les Russes qui ont mobilisé les premiers.

Je me demande si Clark n'a pas une préoccupation idéologique contemporaine : si tout le monde est coupable, personne n'est coupable, y compris l'Allemagne, et vive l'européisme !

Car la question des responsabilités de la première guerre mondiale tourne en réalité autour du degré de culpabilité de l'Allemagne. Très peu envisagent sérieusement d'attribuer à la France ou à la Russie une responsabilité supérieure à celle des autres.

La question est donc : «L'Allemagne est-elle plus ou autant coupable que les autres puissances ?».

Krumeich répond nettement à Clark.

Certes, les responsabilités sont très partagées mais l'Allemagne est plus coupable que les autres parce qu'elle est la seule dont les plans agressifs et minutés ne laissaient aucune place à la négociation pour sauver la paix.

Pour les Russes, la mobilisation est à la fois une précaution et un moyen de pression diplomatique. Autrement dit, la mobilisation n'entraine pas automatiquement la guerre.

En revanche, les Allemands sont contraints par leurs plans d'attaque précoce de considérer la mobilisation comme une déclaration de guerre, mais, ça, les Russes ne peuvent pas le savoir (même s'ils pourraient s'en douter).

D'ailleurs, les Allemands sont gênés par les demandes de négociation des Russes. Ils n'avaient prévu qu'une seule entrée en guerre : un conflit local, probablement balkanique, dégénère, la guerre est déclarée dans la foulée, on attaque de suite. Le simple fait de ne pas avoir pensé que les autres protagonistes voudraient discuter et négocier et que la guerre ne serait pas déclenchée de manière automatique et rapide montre la position belliciste des Allemands.

Certes, les Allemands sont en partie contraints par leur position géographique centrale et la guerre sur deux fronts. Mais il y avait une autre solution que la guerre-éclair : il ne fallait pas se mettre des gens à dos à la fois à l'est et à l'ouest.

En effet, l'Allemagne a cherché jusque dans les années 1890 à se ménager des alliances anglaises et russes pour, justement, éviter cette tenaille, puis y a renoncé. Cette renonciation allemande à la diplomatie et le choix de la solution militaire sont bien les causes lointaines (et allemandes) de la première guerre mondiale.

A chaque étape de l'été 14, les militaires allemands ont pris un peu plus le pas sur les civils. Et pour quel résultat ? Malgré l'aide involontaire de cette nullité de Joffre, leurs calculs militaires et stratégiques se sont révélés faux.

Gerd Krumeich est proche des thèses de Pierre Renouvin. On peut préférer ce dernier, mieux écrit, et en français.

Décidément, j'ai du mal avec l'Allemagne. Deux guerres mondiales et aujourd'hui le joug européiste, ça commence à faire beaucoup.

Vous connaissez sans doute la vieille thèse anti-allemande : L'Allemagne, pays mal foutu, est portée, par son déséquilibre même, à tous les excès. Elle est un facteur de trouble et de désordre. Le monde se porterait mieux si l'Allemagne n'existait pas. Un peu radical, mais je me demande s'il n'y a pas un fond de vérité.

 L'Allemagne a été écrasée en 1918 et le sera encore en 1945 et c'est ce pays qu'on laisse diriger l'Europe ?

The German Century
Many of the ideas that inspired World War II live on in postmodernist thought.


mercredi, septembre 23, 2015

L’Allemagne, le pays excessif ?

Une thèse bien connue des anti-allemands (1) : l’Allemagne, de constitution tardive et bancale, est le pays de tous les excès. Excès de racisme hier, excès de masochisme universaliste aujourd’hui. On entend, par exemple, Eric Zemmour soutenir assez souvent cette thèse.

La France, la Chine de l'Europe, plus vaste et plus peuplée, a longtemps tenu ce rôle du fauteur de troubles.

Je connais moins bien l’Allemagne, avec laquelle je me sens peu d’affinités, malgré les Rhénanes d’Apollinaire, que la Grande-Bretagne. Je n’ai donc pas d’avis. Je me sens aussi mal à l’aise avec ces grandes idées générales, indémontrables, qu’avec l’Allemagne elle-même. Qu’en pensez vous ?

Au final, je suis très chagriné de la situation, c'est un euphémisme, très peiné que la communauté européenne de 2015 réalise le rêve géopolitique hitlérien (et réalise le rêve raciste hitlérien inversé) : une Europe dominée par l'Allemagne où la France est soumise et tient le rôle d'un parc d'attractions géant tandis que la Grande-Bretagne vit sa vie à part.

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(1) : « anti-allemands » et non pas « germanophobes » : être opposé à l’Allemagne n’est, pas plus qu’être opposé à l’islam, une maladie mentale.


Affaire Volkswagen : un cygne noir ?

Résumé de l’affaire Volkswagen

On appelle cygne noir un événement très inattendu. Comme la découverte de cygnes noirs en Australie alors qu’on ne connaissait que des cygnes blancs. De plus, le cygne noir a des conséquences importantes : par exemple, les attentats du 11 septembre.

Le cygne noir est corrélé au problème de la détection des signaux faibles. En effet, l’inattendu absolu est rarissime (pour qu’une chose se produise, il faut qu’elle ait des prémisses et ceux-ci sont, en théorie, détectables). Les attentats du 11 septembre ont été précédés de signaux faibles mis en évidence par l’enquête, après. L’affaire Volkswagen nous surprend, mais pour le type qui se bourrait la gueule le samedi soir avec son copain loquace qui écrivait des logiciels pour Volkswagen, ce n’est pas du tout une surprise. L’inattendu du cygne noir est donc une question de point de vue.

Disons qu’un cygne noir surprend 99 % du public et des décideurs.

Maintenant, les conséquences.

L’affaire Volkswagen aura-t-elle de grandes conséquences ?

Directement, non. Ce n’est que Volkswagen, un groupe industriel parmi tant d’autres.

Mais on peut imaginer une réaction en chaine : le producteur principal (Volkswagen) de l’industrie principale (automobile) du principal pays (Allemagne) de la principale zone (Europe) de l’économie mondiale est touché. Chaque maillon de la chaine est une occasion d’atténuation ou d’amplification. C’est le paradoxe de nos sociétés en réseaux : à la fois très vulnérables et très résistantes.

On voit bien que cette affaire Volkswagen est la résultante du mercantilisme allemand (1), qui est la forme économique du militarisme prussien : en effet, le mercantilisme revient à considérer le commerce international comme une guerre (et, à la guerre, tous les coups sont permis, d’où l’affaire Volkswagen), une exportation comme une victoire et une importation comme une défaite, ce qui est parfaitement idiot. Le Luxembourg et Monaco n’exportent pas une seule voiture et sont plus prospères que l’Allemagne. On voit bien que ce ne sont pas les exportations qui font la prospérité et que le commerce n’est pas une guerre où ce que l’un gagne, l’autre le perd. L’erreur mercantiliste est très largement partagée, cela ne l’empêche pas d’être une erreur.

Les Américains sont plus fins. Ils se foutent comme d’une guigne de la balance commerciale. Leur obsession est de protéger le roi-dollar, dont ils font désormais un instrument d’impérialisme juridique, et ça marche assez bien. Il est d’ailleurs amusant que l’affaire Volkswagen ait pris naissance aux Etats-Unis.




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(1) : petit rappel sur mercantilisme allemand (article de Charles Gave de 2013) :

Et si l’Allemagne était le problème ?

Le but est de dégager des excédents extérieurs que les autorités allemandes, encore et toujours mercantilistes, ont toujours considéré comme le signe d’une bonne gestion, ce qui est une erreur intellectuelle gigantesque. La majorité peut avoir tort aussi, comme trop souvent l’histoire nous l’a prouvé ne serait-ce que pendant la dernière guerre.

Par Institut Des Libertés

Mon raisonnement depuis un moment fait remarquer que notre voisin d’outre Rhin subventionne sa production, taxe sa consommation (hausse de la TVA) et refuse de déréglementer les secteurs de services ou il n’est pas concurrentiel. Le but était de dégager des excédents extérieurs que les autorités allemandes, encore et toujours mercantilistes, ont toujours considéré comme le signe d’une bonne gestion, ce qui est une erreur intellectuelle gigantesque. La majorité peut avoir tort aussi, comme trop souvent l’histoire nous l’a prouvé ne serait-ce que pendant la dernière guerre. Une erreur reste une erreur, même si elle est partagée par 90 % de la population. Le mercantilisme a toujours amené à des désastres économiques ou financiers et nous en avons encore une preuve aujourd’hui.

Nous sommes en effet en train d’arriver au point ou le monstre que l’Allemagne a réveillé va se retourner contre elle.

L’Allemagne a accumulé depuis 10 ans un surplus commercial d’environ 700 milliards d’euro avec ses partenaires de l’Euro.

Ce qui veut dire en termes simples que l’Allemagne a vendu pour 700 milliards de plus qu’elle n’a acheté et qu’en contrepartie, elle a reçu plein de jolis bouts de papiers émis par des Grecs, des Italiens ou des Espagnols reconnaissant qu’ils doivent de l’argent aux allemands pour la Mercedes dans laquelle ils roulent.

Eh oui, si vous avez un excédent des comptes courants, vous avez un déficit de la balance des capitaux, c’est-à-dire que vous prêtez de l’argent à ceux qui achètent vos produits. Et si vous êtes dans une monnaie unique, vous ne pouvez pas demander aux Irlandais de vous filer une partie de leurs réserves de change pour solder vos dépenses. Le règlement des différences de balance commerciale se fait par l’Allemagne acceptant de la dette émise par des Irlandais. Pas d’autre solution [en effet, les Allemands reçoivent des Euros en échange de leurs ternes bagnoles. Pour que la chose continue à tourner, ils doivent redonner les Euros à leurs clients afin qu’ils puissent continuer à acheter des bagnoles teutonnes. Comment les Allemands redonnent-ils des Euros à leurs clients ? En leur achetant la seule chose qu’ils vendent en quantité : de la dette. C’est pourquoi le mauvis papier dans les coffres allemands est la contrepartie directe des voitures qui sortent des usines allemandes]. Sauf pour les Allemands à bâtir des usines en Espagne, ce qu’ils n’ont pas fait puisque c’était moins cher chez eux.

Et tous ces bouts de papier sont domiciliés dans les coffres des banques allemandes. Par exemple, les banques allemandes auraient prêté 1500 milliards d’euro aux banques irlandaises en achetant leurs obligations ou en leur prêtant directement, ce qui correspond à près de trois fois le PNB Irlandais.

Ce qui laisse à penser que les autorités de contrôle des banques allemandes, Bundesbank en tête, ont complètement failli à leur devoir de surveiller les banques allemandes.

Qui, en Allemagne, a été assez fou pour laisser les banques allemandes s’engager à ce point sans y mettre le holà ? Et en faire autant en Espagne, en Grèce, dans les subprimes Américain etc …

L’irresponsabilité des autorités financières de contrôle en Allemagne dépasse l’entendement.

Et maintenant, les Allemands, ces préteurs irresponsables, se retournent vers les Espagnols ou les Irlandais et leur disent qu’il est hors de question qu’ils ne soient pas remboursés, et que s’il faut, les populations locales doivent être réduites à la misère pour sauver ces banquiers incompétents s’il en fut, outre Rhin

Si j’étais ministre des finances Irlandais ou Espagnol (ce que grâce au ciel je ne suis pas), je mettrais en avant les faits suivants.

Si je dois $ 1 million à ma banque, j’ai un problème.

Si je luis dois $ 1 milliard, c’est elle qui a un problème.

Ce ne sont pas, ou pas seulement les Espagnols ou les Irlandais qui ont un problème : après tout, eux ils roulent en Mercedes. Ce sont les banques et compagnies d’assurance allemandes qui sont bourrées des papiers émis par ces braves gens. Et que l’on ne me dise pas que la bonne foi des banquiers allemands a été surprise : prêter trois fois le PNB pour aider les banques en Irlande à spéculer a du laisser de grasses commissions qui n’ont sans doute pas été perdue pour tout le monde, suivez mon regard.

Bref, avec sa politique mercantiliste imbécile, l’Allemagne a créé un problème financier monstrueux, dont, par un juste retour des choses, elle va être la victime, et c’est pour cela que le mercantilisme est une imbécillité

Je dirai donc simplement à Madame Merkel (même et surtout parce qu’elle ne demande rien):

« Vous êtes à l’origine du problème, les banques qui sauteront en premier ce sont les vôtres, il serait urgent que vous trouviez une solution comme de continuer à financer le reste de l’Europe et à déréglementer à toute allure les secteurs où vous n’êtes pas concurrentiels pour nous permettre de vous vendre quelque chose. Etre créditeur, ne vous donne aucun droit spécial tant vous avez été nuls dans la distribution des crédits . »

En termes simples:

Abandonnez votre politique mercantiliste désastreuse, qui nous a mené là où nous en sommes. Ce n’est pas en appauvrissant les autres européens que les dettes que vous avez accumulées seront remboursées, bien au contraire. Au lieu de cela : coupez les impôts sur la consommation,


  • déréglementez,



  • cessez de pressurer les salaires,



  • ouvrez vos frontières et redevenez ce que l’Allemagne d’Adenauer et de Kohl a toujours été, une force de croissance.


L’Europe ne se renforcera que si les économies, toutes les économies croissent. Sinon, elle échouera, ce qui serait tragique.

Et l’Allemagne en portera la responsabilité. Encore.

jeudi, mai 14, 2015

1914-1920 La grande illusion, quand la France perdait la paix (GH Soutou)

Livre passionnant, qui commence par une introduction fracassante qu'on peut résumer ainsi : la guerre vue d'en bas, qui est tellement à la mode, c'est bien gentil, mais c'est étroit, mesquin et, finalement, sans grand intérêt.

Les états d'âme du poilu Tartempion tels que rendus par ses carnets, la monographie sur la tranchée 22 du secteur 425 ou l'étude sociologique sur la petite cuillère comme arme de tranchée, ça va cinq minutes. C'est voyeur et, par définition, ça ne vole pas haut.

Pour comprendre la guerre, rien ne vaut d'aller voir là où tout se décide, dans les ministères et dans les chancelleries. Soutou assume crânement son parti-pris d'historien à l'ancienne.

Suivons-le.

Premier point, qui ne surprendra que les imbéciles, la France avait des buts de guerre. Il y a même eu une commission d'une trentaine de sommités politiques, universitaires et militaires qui fut chargée d'y réfléchir. Enfouis dans la poussière du Quai d'Orsay, ses rapports sont très intéressants et, sur certains sujets comme l'Ukraine ou les rapports des peuples slaves et de la Russie, étonnants d'actualité.

Deuxième point, ces buts de guerre ont varié avec le déroulement des événements. C'est bête à écrire : à cause de notre savoir rétrospectif, nous oublions trop souvent que l'issue d'une guerre est toujours incertaine et que, pendant celle-ci, tout est subordonnée à l'atteinte de la victoire. En fonction des velléités de détacher l'Autriche de l'Allemagne ou de la peur que la Russie ne conclut une paix séparée, les positions françaises sur les découpages territoriaux à l'est ont fluctué. On a du mal à se projeter à un siècle quand on n'est pas sûr que demain ne sera pas le jour de la défaite.

Troisième point, conséquence direct du point précédent, les buts de guerre ne furent jamais fixés de manière définitive jusqu'à ce qu'ils soient gravés dans le marbre par les traités de «banlieue parisienne» (Versailles, Trianon, Sèvres, Saint Germain en Laye).

Une occasion pour une paix négociée s'ouvre fin 1916-début 1917. Les contacts furent beaucoup plus sérieux qu'on ne l'a dit par la suite (évidemment : comme cela s'est mal terminé, personne n'avait intérêt à se vanter de ces contacts). Mais l'effondrement russe restaure l'Allemagne dans l'espoir d'une victoire rapide et referme la fenêtre d'opportunité. Par cette occasion manquée, les Européens ouvrent la voie à l'hégémonie américaine.

Soutou analyse sous l'angle politico-militaire la désastreuse offensive Nivelle du printemps 17. Soutou ne cite pas Churchill mais il aurait pu : «Au sommet, politique et stratégie militaire sont une seule et même chose» (1).

Il voit trois tendances politiques dans les décideurs français : les défaitistes, les jusqu'au-boutistes et les modérés.

Les premiers veulent une paix blanche au plus vite avant que les Allemands ne gagnent la guerre. Ils sont très minoritaires.

Les seconds veulent un règlement de paix punitif pour l'Allemagne. Il faut éviter que les Américains ne s'en mêlent trop, donc il faut  donc une victoire rapide avant l'intervention américaine et, surtout, il faut devancer l'offensive allemande de printemps. Ils poussent à l'offensive Nivelle, à l'assaut frontal.

Enfin, les derniers veulent prendre des gages à l'Allemagne et obtenir des garanties mais dans une mesure acceptable pour les Américains. Ils se rallient à la stratégie prudente de Pétain : « J'attends les chars et les Américains ». Ils étaient également partisans de la stratégie périphérique.

Un pseudo-cabinet de guerre (Poincaré, jusqu'au-boutiste, est absent) prend le 3 avril 1917, le jour de l'entrée en guerre des Etats-Unis, une décision modérée et Nivelle accepte des objectifs très limités. Mais l'état-major, jusqu'au-boutiste lui aussi, parvient, avec l'aide de Poincaré, à renverser cette décision (2). Et c'est l'offensive Nivelle que nous connaissons.

Contrairement à ce qui s'est passé en 1914, quand l'état-major français n'avait pas du tout anticipé l'emploi des réservistes allemands dès le premier jour de la guerre, et malgré la surprise de l'effondrement de l'automne 1918, les Alliés ont une assez bonne évaluation de leurs ennemis en 1917.

Cependant, la rapidité de l'écroulement allemand surprend tout le monde. Les militaires teutons se débrouillent remarquablement bien pour faire porter aux civils la responsabilité de l'armistice et du traité de Versailles, donnant naissance au mythe du coup de poignard dans le dos, qui aura le succès que l'on sait. En réalité, les militaires allemands géraient le pays depuis 1916 et portent pleinement la responsabilité de la défaite, mais la politique se nourrit parfois plus de mythes que de faits.

Les Allemands ne s'adressent qu'aux Américains et parviennent à diviser les Alliés. Les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et la France arrivent à la table des négociations en n'étant d'accord deux à deux ni sur l'Allemagne ni sur la Russie. Peut-être est-ce de la vanité de ma part, mais il me semble que la position de la France, la plus méfiante, était la plus exacte.

On sombre dans les compromis bancals. De plus, en juin 1919, au moment de la négociation finale, les Alliés avaient commencé à démobiliser alors que l'armée allemande, réorganisée, était plus forte qu'en novembre 1918, ce qui empêchait les Français de montrer les dents.

Tout ceci fera dire à Jacques Bainville que le traité de Versailles est trop mou pour ce qu'il a de dur et trop dur pour qu'il a de mou. Pour Bainville, il fallait choisir : ou se réconcilier avec l'Allemagne, ou la démembrer. On a pris une voie intermédiaire qui cumule les inconvénients : une Allemagne hostile qui reste malgré tout puissante.

Remarquons que le démembrement de l'Allemagne est la voie qui fut suivie, par la force des choses entre 1945 et 1989, et que l'Europe de l'ouest ne s'en est pas plus mal portée. J'aime tellement l'Allemagne que je préfère quand il y en a deux.

En conclusion, lecture très intéressante, d'autant plus que certaines questions du début du siècle dernier redeviennent frappantes d'actualité.

On a beaucoup dit, dans les années1990-2000, que la guerre froide avait gelé en Europe les problèmes de nationalités, de minorités et de frontières et qu'ils revenaient du fond des glaces tels Hibernatus. On l'a dit, mais je ne suis pas sûr qu'on en ait pris toute la mesure.

La chute du mur de Berlin et la réunification allemande rendent obsolète et anachronique l'idée même d'Union Européenne. J'ai cru un temps, comme beaucoup, qu'il s'agissait juste d'un problème de modalités et de fonctionnement, mais non. La puissance allemande au centre de l'Europe rend impossible une union équilibrée de nations souveraines, l'idée d'union européenne est devenue invivable. On peut juste avoir une union de vassaux, un zollverein (3), bien connu des Allemands, puisque l'unification bismarckienne a commencé par un zollverein.

Cette analyse travaille certains Anglais et constitue le fond de leur euro-scepticisme. J'attends avec impatience que les dirigeants français prennent conscience de cette nouvelle donne qui était en germe depuis vingt ans et qui est en train d'éclore.

Vous me direz que certains politiciens français ont déjà franchi cette étape et ont déjà choisi. Malheureusement pour la France, ils ont choisi la vassalisation allemande.





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(1) : digression : ceux qui croient Hitler idiot feraient mieux de prendre au sérieux cette citation de son plus farouche ennemi, ils comprendraient que la plupart de ses décisions militaires aventureuses ont des motivations politiques réfléchies (par exemple, prouver aux occidentaux que l'Allemagne nazie est le meilleur rempart contre l'ours bolchévique).

(2) : ce renversement de décision se fait d'une manière qui n'étonnera pas les habitués des grosses organisations. La décision modérée du 3 avril, qu'on connaît par les témoignages, les correspondances et les carnets intimes, n'a pas été traduite immédiatement par un compte-rendu écrit et diffusé. Les jusqu'au boutistes continuent sur leur lancée, aucun des modérés ne prend le leadership pour rappeler la décision du 3 avril, qui tombe dans l'oubli.

(3) : union douanière