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mercredi, juillet 22, 2020

Ministère de la mer macronien.

Mes fidèles lecteurs connaissent mon obsession stratégique maritime.

Je devrais donc me réjouir que Macron recrée un ministère de la mer, mais je ne peux pas.

Je suis au contraire très inquiet, je ne peux pas faire confiance à un salaud pareil : si un sale type comme Macron, un traitre prouvé, en long, en large, en travers, crée un ministère de la mer, cela ne peut être que pour mieux brader notre espace maritime aux Teutons, aux gnomes de Bruxelles, aux Américains et aux Australiens, voire aux Chinois.



Le ministère de la Mer, joyau stratégique du gouvernement Castex ?

C'est un entretien de Christian Buchet (je vous ai fait la recension de La Grande histoire vue de la mer en 2017) :

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L'importance du maritime pour la France est évidente. En France, pour l'instant, le secteur représente 91 milliards d'euros en valeur de production directe. Mais il a connu une croissance de 26% en trois ans. En 2016, il représentait 289.000 emplois, et 355.000 l'année dernière... Et le potentiel est incroyable : si les activités marines directes pèsent 1500 milliards de dollars dans le PIB mondial actuellement, les rapports les plus sérieux tablent sur un doublement d'ici... 2030 ! La France doit non seulement développer ses activités pour suivre le rythme, mais pourquoi pas, prendre plus de place à l'échelle mondiale et rattraper son retard.

Aussi paradoxal que cela puisse paraître, une politique maritime est une politique d'aménagement du territoire. Ce qui nous manque cruellement, c'est un lien direct et facile entre l'intérieur des terres et nos ports. Nous ne nous rendons pas compte à quel point nous pâtissons de la situation actuelle dans les échanges maritimes. Le premier port français est Anvers ! Deux conteneurs sur trois livrés en France passent par Anvers, Hambourg et Rotterdam. Conséquence surréaliste, notre région la mieux connectée aux échanges maritimes est l'Alsace-Lorraine. Dans la région PACA, la moitié des conteneurs provient des trois ports que je viens de citer... Il y a urgence à sauver les ports français. D'autant que l'Italie fait partie du grand projet chinois de nouvelles routes de la soie, et ses ports de Trieste et Gênes seront rééquipés pour avoir une stature intercontinentale d'ici dix ans. Marseille en fera à nouveau les frais...

Il y a évidemment un problème de fiabilité sociale à régler, mais il faut aussi lancer un programme d'infrastructures et de désenclavement du territoire. Routier, ferroviaire mais aussi fluvial : il y avait plus de voies navigables en France à l'époque de Louis XIV qu'aujourd'hui ! Chaque ville doit être mieux reliée à un port de référence français. Au cœur de la France, Limoges doit être mieux reliée à La Rochelle, etc. Ainsi notre économie se tournera naturellement vers la mer. Et aussi, vers notre outre-mer : nos territoires ultramarins sont des bijoux à mettre en valeur, nous y apportons de l'argent public mais stratégiquement, nous les délaissons totalement pour le moment.

Les dirigeants ont la tête dans le guidon. Il faut leur faire prendre conscience des avantages d'une stratégie de moyen et long terme. La chance de la France se trouve pourtant dans son domaine maritime exceptionnel. Intelligemment exploité, que d'emplois peut-il faire naître, que d'influence ! La Chine n'a que 3,7 millions de kilomètres carrés d'espace maritime, et ses experts ont décrété qu'elle ne pouvait pas devenir la première puissance mondiale si elle n'en a pas au moins 5 millions. Nous en avons quelque onze millions...

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lundi, décembre 23, 2019

Paris-Berlin. La survie de l'Europe. (D. Husson)


Avertissements

Avertissement 1 : Edouard Husson m'a adressé son livre dédicacé. Mais je suis assez malappris pour dire ce que j'en pense quand même.

Avertissement 2 : j'ai toujours eu du mal avec l'Allemagne et avec l'allemand. J'ai passé le latin comme deuxième langue au bac au lieu de l'allemand. S'il m'arrive de dire que je suis un anglophobe qui aime bien les Anglais, je suis un germanophobe ... qui n'aime pas l'Allemagne.

Les lourds systèmes de la philosophie allemande m'assomment et me font bailler. Et si l'on me dit que c'est parce que je suis trop bête pour comprendre, je l'admets volontiers.

Je ne partage en rien la germanomanie des élites françaises, sans doute parce que je n'en fais pas partie. Bref, je n'ai aucun goût pour l'Allemagne. Comme pour l'islam, je ne demande pas mieux que de le droit à la plus complète indifférence, seules les circonstances m'obligent à m'y intéresser.

Vorwärts !

Ces préliminaires personnels étant posés, attaquons Husson.

D'abord, c'est bien écrit. D'un sujet qui ne me passionne pas, j'ai lu ce livre avec plaisir.

Husson n'est pas germanophile béat. L'Allemagne est le pays d'Hitler aussi. Il dévoile le vilain petit secret des lourds systèmes philosophiques d'outre-Rhin : la fascination pour la violence accoucheuse de l'histoire.

C'est dur d'être dirigé par des cons.

Sa thèse principale est que les dirigeants français s'hypnotisent d'une image fausse de l'Allemagne.

Il considère que la politique européiste d'uniformisation à marche forcée (il est plus poli que moi, mais visiblement, il ne déborde pas d'admiration pour nos « brillants » technocrates - bêtes à concours bornées (1) sans intérêt autre que mondain) est grosse de catastrophes dont nous voyons les premiers signes : naufrage de la Grèce, Gilets Jaunes, AfD, Brexit, et ce n'est qu'un début.

Husson lie, à juste titre, politique monétaire restrictive et dénatalité. Mais je ne comprends pourquoi il n'en tire pas la conclusion que, pour sauver la natalité française, il faut dynamiter l'Euro. Quand leurs intérêts vitaux sont en jeu, les nations ne peuvent compter que sur elles-mêmes et ont le devoir d'être égoïstes (2).

Il valide (joie, bonheur) mon idée (qui n'est pas de moi) que les Allemands sont bons en tactique et nuls en stratégie. Il attribue ce défaut à l'excès d'esprit analytique au détriment de l'esprit de synthèse. Un faisceau d'analyses ne fait pas une synthèse.

Le défaut miroir français, l'excès d'esprit de synthèse, est le dogmatisme. Giscard et surtout Mitterrand en firent preuve à fort mauvais escient en considérant  que la puissance allemande était inarrêtable et en pensant que le mieux à faire pour la France était d'obtenir « un strapontin à la Bundesbank ».

Ils nous collèrent cette vérole d'Euro alors que, comme le conseillaient certains amis allemands de la France, le mieux à faire était de ne surtout pas nous en mêler et de tailler des croupières aux Allemands en dévaluant le Franc, pendant qu'ils se débattaient avec leur réunification. Ce que les Anglais, avec leur pragmatisme habituel, surent faire. Mitterrand fut vraiment la peste et le choléra pour la France, dont nous ne sommes toujours pas remis.

Husson est honnête. Il constate que, contrairement à ce qu'ils prétendent, nos présidents depuis Giscard ont mené une politique de vassalisation, opposée à celle de de Gaulle.

Angelattila

Il peint un portrait équilibré d'Angela Merkel, qui me la rend détestable. Le legs de l'éducation est-allemande à Merkel est un conformisme idéologique en acier trempé (moi qui apprécie les rebelles, vous vous doutez si je suis ravi).

Je ne supporte pas ces personnalités à la François Hollande, sans coeur, sans tripes, calculatrices dans les petites choses, géniales dans la magouille minable qui pourrit la situation, mais incapables de vision, de grandes choses. De plus, il y a un mensonge à la base de toute la carrière politique d'Angela Merkel : c'est une progressiste politiquement correcte qui dirige un parti et un gouvernement de centre-droit à prétention chrétienne.

Elle partage cette tendance de tous ces politiciens européistes-mondialistes à considérer qu'il n'y a plus de problèmes politiques, (à part lutter contre le « fachisme ») puisqu'ils ont décidé une fois pour toutes du monde meilleur et comment y aller, mais seulement des problèmes  techniques. Elle a souvent répété comme Thatcher qu' « il n'y a pas d'alternative », ce n'est donc pas par hasard que le parti d'opposition s'appelle Alternative für Deutschland.

Angela Merkel est comme Attila : rien ne repousse derrière elle. Parce qu'elle fait tout mourir d'ennui ! Elle est capable de rendre catatoniques les Marx Brothers.

Kein Volk, kein Führer ?

Husson a une analyse originale en faisant le parallèle entre Merkel et Benoit XVI. Il pense que l'Allemagne a un problème culturel avec le leadership (il choisit de conserver le mot anglais pour des raisons qu'il explique (3)). C'est soit trop, façon Bismarck-Hitler, soit pas assez façon Merkel-Ratzinger.

En tout cas, rien de comparable à Churchill.

Pour ma part, j'ai tendance à incriminer le manque d'humour. Vous connaissez la blague anglaise : « Qu'est-ce que l'humour allemand ? C'est l'humour juif ... l'humour en moins ». Je suis sérieux, je pense que la fonction politique de l'humour est très sous-estimée (mais Alfred Sauvy a commis un livre sur le sujet).

Pourtant, je ne suis pas sûr que mon hypothèse soit admise par l'université.

D'ailleurs, l'Allemand existe-il ? Le Bavarois je vois, le Prussien, je me doute mais l'Allemand ?

En 2013, Angela Merkel est soulagée que son parti n'ait pas la majorité et qu'elle doive gouverner en coalition ! Comparez avec Boris Johnson, tout joyeux d'avoir écrasé Corbyn et de pouvoir mener sa politique avec une majorité exceptionnelle.

Ce refus allemand du politique, au sens de Julien Freund, est mortifère pour l'Allemagne (je n'en ai rien à foutre) et pour l'Europe (là, ça me préoccupe) : des décisions politiques sont quand même prises, mais sans être qualifiées comme telles et sans être débattues, et elles viennent toujours trop peu, trop tard.

Bref, Merkel est une calamité sur pattes.

Le supplice grec et le suicide migratoire

Husson donne deux exemples dramatiques du refus du politique :

♘ la crise grecque. Il était évident pour tous les observateurs raisonnables que la meilleure solution était la sortie de la Grèce de l'Euro. Mais, plutôt que de prendre cette décision politique, Merkel a préféré l'application de traités inadaptés et et la répression technocratique.

♘ l'accueil inconditionnel d'un million de pseudo-réfugiés au nom d'une éthique de conviction totalement hors sol et donc apolitique. A mon avis, nous sommes dans ce cas là très proches de la pure et simple maladie mentale. E tout cas, Merkel nageait dans la plus complète irresponsabilité.

Brexit : l'anti-Merkel

Pendant ce temps, de l'autre coté de la Manche, les Britanniques faisaient de la politique, de la vraie. Et pas qu'un peu.

Le débat du Brexit, c'est-à-dire entre 2015 et 2019, a été passionnant (bien loin des caricatures des medias français). Je lisais régulièrement les différentes tribunes d'opinion sur internet et il m'est arrivé d'écouter les débats aux Communes.

Il y a eu du suspense, des coups de théâtre, des coups de gueule, des coups tordus, des exploits, des ratés retentissants. Bref, nous étions très loin du mortel ennui merkelien.

Et qu'ont finalement décidé les Anglais, d'une manière claire et sans bavures ? D'échapper à la dictature des normes imposées de l'extérieur et à la tutelle des cours apatrides.

Elections, pièges à cons

Husson fait une analyse électorale un peu longuette (c'est le seul endroit où j'ai sauté des pages) pour conclure que le paysage électoral va continuer à se morceler et que, par conséquent, les Européens, notamment les Français, ne doivent rien attendre des gouvernements allemands dans les années qui viennent, sauf de l'inertie.

Un Allemand bien placé m'avait la même analyse.

643 et 30 0000

643 : c'est le nombre d'employés de la Deutsche Bank touchant plus d'un millions d'Euros par an.

30 000 : c'est en milliards d'Euros les engagements de la même banque, dont certains sont franchement douteux. J'ai même lu ailleurs 45 000. Le cours de la DB abaissé de 95 % par rapport à son plus haut.

La Deustche Bank est une catastrophe directement issue du mercantilisme (Charles Gave l'a expliqué cent fois) et un risque systémique majeur. C'est même LE risque systémique en Europe.

On estime qu'en cas de problème, l'Etat allemand devrait injecter au moins 1 000 milliards d'Euros, soit un quart du PIB ! Et c'est un minimum.

C'est pourquoi, chaque fois qu'un Allemand commence à se faire donneur de leçons, deux lettres devrait suffire à lui claquer le beignet : DB (pas les trains). Mais nos dirigeants, hypnotisés par leur complexe d'infériorité, n'osent pas.

L'avenir aux petites nations ?

Gros plaisir : Husson reprend l'analyse de Jean-Jacques Rosa. La quasi-gratuité de l'information favorise les petites structures.

La vérité des nations européennes n'est pas « l'union fait la force » mais « mieux vaut être seul que mal accompagné ». Tout l'argumentaire disant qu'il faudrait absolument nous unir en renonçant à notre souveraineté, face à la Chine et aux Etats-Unis, est spécieux et mortifère, car il est un encouragement à renoncer à vivre en tant que nation. Que cet argumentaire dangereux soit si facilement accepté est un signe de notre manque de foi.

En réalité, depuis la nuit de temps, grandes nations et petites nations ont co-existé et, très souvent, les secondes se sont beaucoup mieux porté que les premières.

Pour lui, les vieilles nations, France, Grande-Bretagne, ont la bonne taille, inutile de chercher plus grand.

La saine politique politique européenne passe par un axe Londres-Paris-Berlin. Le tête-à-tête avec l'Allemagne dans lequel nos dirigeants veulent enfermer la France est le comble de la stupidité.

L'union fait la farce

J'ai trouvé le livre d'Husson passionnant mais nous divergeons sur un point fondamental.

Husson veut sauver l'union européenne (je mets des minuscules, pour signifier que c'est l'idée générale, et non le machin bruxellois), moi, je veux la tuer comme une mauvaise idée.

Jamais une alliance n'a été une nécessité de principe (ou alors il faut accepter de disparaître comme nation si, par principe, on ne peut pas vivre seul) mais seulement de circonstance.

Nous n'avons de frontières communes ni avec la Chine ni avec les Etats-Unis, c'est déjà un soulagement, et notre menace physique vient du sud. Bien sûr, il y a d'autres menaces au XXIème siècle, mais c'est déjà ça.

Husson veut une alliance lucide avec l'Allemagne. Je pense qu'elle est notre ennemi et que son hostilité consiste à essayer de nous entrainer dans son suicide. Plus nous en serons éloignés, mieux nous nous porterons. Ma politique vis-à-vis de l'Allemagne : l'indifférence maximale.

D'ailleurs, c'est assez facile de passer d'une thèse à l'autre : il suffit de considérer que nos difficultés de rapprochement avec l'Allemagne ne sont pas transitoires, comme décrites par Husson, mais définitives.

Les (presque) 110 propositions d'Husson

Husson termine son livre en faisant des propositions fort intéressantes. Par exemple, laisser les relations franco-allemandes au premier ministre.

Mais je m'arrête là. il faut bien que vous ayez encore des raisons d'acgeter ce livre.

Que d'eau ! Que d'eau !

Mes fidèles lecteurs connaissent mon obsession stratégique pour le grand large.

Si la France reste scotchée dans une politique continentale, les autres pays européens l'entraineront dans leur suicide. C'est d'ailleurs pourquoi l'anti-France, intérieure et extérieure, fait tout ce qu'elle peut pour que nous abandonnions nos confettis d'empire et nous tympanise avec le discours du « ça coûte trop cher », comme si ces gens, soudain si soucieux de notre argent, faisaient attention aux dépenses quand il d'agit d'autre chose que de dépouiller la France, quand il s'agit d'immigration incontrôlée, d'AME, de CMU, par exemple.

L'avenir de la France est dans les alliances maritimes. Ce n'est pas à la mode, et pour cause : nous sommes dirigés par des traitres qui travaillent pour que la France n'ait pas d'avenir.

Je pense que nos relations avec la Grande-Bretagne, les Etats-Unis, le Québec, l'Australie, le Japon et même la Chine, maintenant qu'elle se veut puissance maritime, sont plus importantes et devraient plus focaliser nos énergies, que nos relations avec l'Allemagne.

Bref, un très léger désaccord !

Pour conclure

Mais nous nous retrouvons sur un point opérationnel : le France ne peut pas affronter seule l'Allemagne, elle doit coaliser les petites nations.

Autre bon point : je ne connaissais pas le De l'Allemagne, de Heine. Belle découverte.

Pour conclure la conclusion, une confidence : je vous ai dit que je n'aimais pas l'Allemagne. Ce n'est pas tout à fait : la Bavière et la Rhénanie sont charmantes.


NUIT RHÉNANE

Mon verre est plein d’un vin trembleur comme une flamme
Écoutez la chanson lente d’un batelier
Qui raconte avoir vu sous la lune sept femmes
Tordre leurs cheveux verts et longs jusqu’à leurs pieds

Debout chantez plus haut en dansant une ronde
Que je n’entende plus le chant du batelier
Et mettez près de moi toutes les filles blondes
Au regard immobile aux nattes repliées

Le Rhin le Rhin est ivre où les vignes se mirent
Tout l’or des nuits tombe en tremblant s’y refléter
La voix chante toujours à en râle-mourir
Ces fées aux cheveux verts qui incantent l’été

Mon verre s’est brisé comme un éclat de rire



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(1) : Charles Gave ne cesse de se lamenter que l'université (quand elle fonctionne) est supérieure à notre système de grandes écoles et je suis tenté de croire qu'il a raison : Boris Johnson, produit d'Oxford, est très supérieur à Emmanuel Macron, produit de l'ENA.

(2) : De Gaulle se moquait de ceux qui croyaient dans la protection du parapluie nucléaire américain pour l'Europe : « Croyez vous vraiment que les Américains prendront le risque de voir atomiser un seul village du Minnesota pour sauver Paris ? ».

(3) : dans le leadership, il y a une notion d'entrainement qu'on ne retrouve pas dans les traductions françaises.


jeudi, novembre 01, 2018

La marine libre : un instrument de souveraineté gaullienne 1940-1945

Vous connaissez mon obsession maritime : la mer et les territoires d'outremer sont les moyens essentiels de nous délivrer du joug continental berlinois. C'est pourquoi les européistes, que ce soient les traitres français ou les ennemis étrangers, les détestent tant et mènent une action sournoise pour affaiblir notre souveraineté en ces domaines.

Comme il est maintenant habituel, les destructeurs comprennent beaucoup mieux les enjeux de pouvoir actuels que les conservateurs, peut-être parce que cela fait longtemps que ces derniers en sont éloignés.

De plus, on constate encore dans cette vidéo à quel point De Gaulle est très au-dessus du lot :





jeudi, juillet 19, 2018

L'outremer ne coûte pas cher

Un lieu commun désormais bien ancré, c’est que nos possessions d’outremer nous coûtent cher, sous-entendu trop cher.

Ne vous laissez pas prendre à ce discours empoisonné.

Trop cher par rapport à quoi ?

Ces terres permettent à la France d’avoir un pied dans chaque océan et sur chaque continent. C’est ce qui fait que la France est légitime partout et n’est pas prisonnière de l’Europe. Ca n’a pas de prix (quand on voit les folies que font les Chinois pour prendre possession de cailloux en mer de Chine … Et nous, nous serions assez cons pour nous débarrasser de ce que nous avons déjà, et légitimement, parce que cela coûterait quelques milliards alors que nous en gaspillons des centaines par ailleurs ?).

C’est bien là que le bât blesse tous les ennemis de la France, à Paris (les centristes mous, la sale engeance à la Monnet, l’usine à traitres mondialistes, les cathos de gauche, les macronistes), à New-York, à Bruxelles ou à Berlin, qui nous tiennent le discours anti-colonialiste sans en avoir rien à foutre des « colonisés », mais qui aimeraient ramener la France à ses frontières continentales, la rapetisser, au passage prendre sa place, en Nouvelle-Calédonie par exemple, et la livrer pieds et poings liés à l’Allemagne.

Tant que la France aura, d’un côté, une défense (dont le nucléaire) et une industrie d’armement (que Macron est bien occupé, pas par hasard, à brader à l’Allemagne), d’un autre côté, ses confettis d’empire, il y aura toujours la possibilité qu’un dirigeant moins traitre que les actuels essaie de relever la fortune de France (comme disait Henri IV) en l’extrayant du marasme européiste.

C’est pourquoi nos ennemis attaquent ces deux atouts et pourquoi il ne faut pas nous y laisser prendre, notamment par le discours faussement raisonnable et à très courte vue sur le coût de l’outremer.

Il faudra surveiller très attentivement ce qui se passe après le référendum néo-calédonien. Les taupes vont creuser des galeries.

Notre seule île non stratégique, que nous pourrions céder sans perdre de position, c’est la Corse !



lundi, mars 12, 2018

Articuler défense de la tradition et vision de l'avenir

A propos de la Jeanne d'arc métisse, j'ai dénoncé le piège tendu mais je ne perds pas de vue que, s'il est souhaitable qu'une bonne partie des émigrés soient renvoyés dans leurs pays d'origine, il faudra intégrer de tout coeur ceux qui se sont intégrés de tout coeur (déjà, en 1972, dans Le camp des Saints, Jean Raspail avait mis dans le dernier carré un Français de Pondichéry).

C'est tout le problème de préserver l'héritage du passé sans devenir passéiste, c'est-à-dire stérile. Et pour se tourner vers l'avenir, il faut un projet positif avec une traduction concrète.

Je trouve que PY Rougeyron est trop indulgent pour l'étatisme, qui est une partie de nos problèmes, mais je suis d'accord avec lui : le soleil ne se couche jamais sur la France.



mardi, décembre 26, 2017

La grande histoire vue de la mer (C. Buchet) / La France et la mer (Perspectives Libres)





Ces deux ouvrages, l'un sur un mode très plaisant (c'est un joli cadeau), l'autre sur un mode parfois pénible, disent tous les deux la même chose : sans puissance, pas d'avenir et sans la mer, pas de puissance.

Ce n'est pas un hasard si nos dirigeants, qui sont des traitres ne croyant ni à l'avenir ni à la puissance de la France, sont tournés vers Berlin plutôt que vers Londres et ne seraient pas fâchés de se débarrasser de la Nouvelle-Calédonie suite au prochain referendum.

Le sujet est d'importance, c'est pourquoi j'y reviens souvent.

Buchet a une thèse originale à laquelle j'adhère immédiatement.

La France fut la Chine de l'Europe : grande, populeuse, agricole. Mais, bien loin d'être des atouts, cela, comme en Chine, entrava sa montée en puissance. En effet, ces caractéristiques l'empêchèrent de développer une marine, seule vecteur durable de puissance.

Grande : le coût, économique et politique, de l'unité française fut colossal. C'est ça de moins pour la marine. Populeuse : sa population restée agricole, l'empêchant de se projeter à l'extérieur. Agricole : l'agriculture française fut très en retard. Les hommes collés à la terre, ce sont des marins en moins. Le développement anglais s'explique en grande partie par l'agronomie, qui dégagea des hommes pour la marine puis pour la révolution industrielle.

Enfin, la noblesse, malgré les efforts de Louis XIV, était liée à la terre ; ce qui n'était pas le cas en Angleterre ou aux Pays-Bas. Le succès de l'ère Meiji au Japon tient entre autres choses à la transformation des samouraïs en marins d'élite. Les Russes s'en souviennent, les Américains un peu aussi.

La marine, seul vecteur durable de puissance ? Oui, parce qu'avec elle se développe un éco-système plusieurs ordres de grandeur supérieur au système terrien.

Deux exemples.

On estime qu'à son apogée, à la fin du moyen-âge, la richesse par tête de Venise, puissance maritime s'il en fut, était dix fois supérieure à celle de la France. Pas deux ou trois fois, dix fois.

Lors de la désastreuse (pour la France) guerre de Sept Ans, la France et la Grande-Bretagne dépensèrent des sommes équivalentes. Mais l'Angleterre la finança à 81 % par l'emprunt et à des taux moitié de ceux de la France. Pourquoi ? Parce que le commerce maritime anglais avait conduit à un système financier beaucoup plus sophistiqué que le système français. La chose se reproduisit à l'identique pendant les guerres napoléoniennes.

Venise, Amsterdam, Londres et New-York montrent que puissance maritime, puissance financière et, à la fin, puissance tout court coïncident. Fernand Braudel pensait que le destin de la France eut été radicalement différent avec Rouen, maritime, plutôt que Paris, si loin de la mer, comme capitale.

La Chine l'a bien compris : s'il y a bien une originalité de la politique chinoise actuelle par rapport à sa tradition millénaire, c'est l'obsession maritime. Rien que cela prouve que les Chinois ont une vraie pensée stratégique, par essence de long terme et de puissance. Le développement de Shangaï et de Hong-Kong ne doit rien au hasard.

Puissance et long terme, ces siamois de la stratégie font cruellement défaut à la France.

Une fois qu'on a compris que la stratégie française doit être maritime, le reste est étonnamment facile.

L'argent ? Les 40 milliards d'Euros que nous coûte l'immigration tous les ans ne demandent qu'à être mieux employés. Et avec cette somme, on en ferait des choses en mer.

Il n'y rien à conquérir, l'histoire nous ayant légué, presque par miracle, la deuxième Zone Economique Exclusive derrière les Etats-Unis. Il n'y a aucun droit à créer, il suffit de faire respecter ceux qui existent.



Il faut protéger et exploiter notre ZEE.

Protéger ? Aujourd'hui, la France en est à donner des droits de pêche à cause des interdictions qu'elle n'arrive pas à faire respecter. Ces événements nous dépassent, feignons d'en être les organisateurs. C'est une honte.

Plus de frégates, plus de patrouilleurs, plus de bases, ce n'est pas si difficile quand on en fait un objectif national. C'est une goutte d'eau (sic) dans le budget de l'Etat.

Exploiter ? Nous avons une compétence phénoménale dans les choses de la mer (Total, Technip, IFREMER, Bourbon, CMA CGM, Chantiers de le l'Atlantique, etc.).

Il faudrait expliquer aux habitants de l'outremer qu'ils ne sont pas des boulets exotiques que nous sommes bien gentils de subventionner mais d'authentiques, eux, chances pour la France et leur en donner des preuves concrètes. Nul doute qu'ils accueilleraient la nouvelle avec plaisir !

Enfin, le plus grand port commercial français est ... Rotterdam. C'est à en pleurer de honte. Là encore, il est assez simple de faire de Marseille, du Havre, de Bordeaux les portes de la France sur le monde.

Il faut briser des décennies de mauvaises habitudes ? Les corporations crieront ? Et alors ? Tout n'était-il pas facile quand l'analyse est juste et la volonté forte ?

Puisqu'en France, tout passe par la bureaucratie, pourquoi pas un ministère de la mer en tête des ministères d'Etat ?

Aujourd'hui, nous n'avons plus à défendre nos frontières de l'est. C'est le moment ou jamais de redécouvrir la mer.

Ce n'est évidemment pas un hasard si nos plus grands rois, Saint Louis, Louis XIII, Louis XIV s'intéressèrent beaucoup aux choses de la mer, si le dernier déplacement officiel de De Gaulle fut en Bretagne.

Puisse Richelieu (« Les larmes de nos souverains ont le goût salé de la mer qu'ils ont ignorée »), De Gaulle ou Jacqueline Tabarly être entendus.




mardi, novembre 28, 2017

La France, la mer, toujours recommencées

Comme le savent mes fidèles lecteurs, je ne crois guère aux fariboles qu'on nous raconte sur l'erreur terrible que constituerait l'espérance de l'homme providentiel.

D'abord, parce qu'elles sont racontées par des gens assez satisfaits, voire très satisfaits, de la situation, qui ont intérêt à ce que le sauveur n'arrive pas, ce qui est tout de même suspect. Ensuite, l'histoire de France ne manque pas d'hommes providentiels, même si le plus extraordinaire est une femme. Enfin, comme disait Clemenceau, il faut être en nombre impair pour décider et trois, c'est déjà trop.

Nous reconnaitrons cet homme providentiel à sa profondeur historique (ce n'est guère difficile de briller en ce domaine par rapport aux ignares qui nous gouvernent) : il regardera loin dans le passé pour regarder loin dans l'avenir.

Mais il aura aussi une large vue géographique, pas limitée aux frontières étroites de l'Europe de l'ouest (les histoires de « couple franco-allemand », c'est assez mesquin). Il nous parlera de la mer, enjeu stratégique pour la France, il nous rappellera que nous avons le deuxième territoire maritime du monde

Quel est l'enjeu du référendum de 2018 en Nouvelle-Calédonie ?

Ce que peut nous apporter la mer : les clefs du monde dedemain

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Vous dites que « La France s'est longtemps caractérisée par une orientation essentiellement terrienne » ; alors qu'elle dispose du deuxième espace marin mondial, elle ne s'est toujours pas dotée d'une politique maritime digne de ce nom, comment expliquez-vous cela ?

Les Français sont fascinés par la mer - nous avons les meilleurs navigateurs - mais ne mesurent pas que c'est l'espace économique par excellence. Jamais de toute notre histoire notre pays n'a eu de si grands atouts que depuis 1994, date de l'adoption du nouveau droit de la mer qui nous attribue, en effet, le deuxième plus grand domaine maritime.

La mer peut apporter des solutions à nombre de nos problèmes, à commencer par l'emploi, mais nos élites ne le comprennent pas. 2 conteneurs sur 3 qui entrent et sortent de France passent par trois ports: Hambourg, Rotterdam et Anvers. Chaque entreprise qui importe ou exporte subit donc un surcoût. Dans conditions, le pays ne peut pas être compétitif. Nos deux grands ports, Marseille et le Havre, s'ils disposent d'excellentes infrastructures, sont aussi des culs-de-sac, puisqu'ils n'ont pas les voies ferrées, fluviales et autoroutières suffisantes pour transférer les conteneurs. Tant que l'axe Seine n'aura pas été réalisé, avec une ligne à grande vitesse, l'approvisionnement de l'Île-de-France et au-delà se fera par Anvers et Rotterdam. C'est une question de courage politique.

On peut comparer notre époque à la Renaissance. Elle se caractérisait par une croissance démographique: c'est également le cas ; de nouvelles inventions: il y a plus de découvertes depuis quinze ans que depuis le reste de l'histoire ; de nouvelles routes maritimes ; c'est ce qui s'annonce avec les passages du Nord. Le seul élément qui nous manque par rapport à la Renaissance, c'est la confiance en l'avenir. Et pourtant, jamais notre pays n'a disposé d'autant d'atouts.
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samedi, juin 03, 2017

Chers souverainistes, méditez Zbigniew Brzezinski

Zbigniew Brzezinski, décédé la semaine dernière, était le géo-stratège démocrate comme Kissinger est le géo-stratège républicain.

Que disait-il de l'Europe ?

« Les pays européens seront nos vassaux mais nous leur laisseront croire qu'ils sont nos alliés pour protéger leur amour-propre ». C'est un principe d'économie : si les Etats-Unis peuvent obtenir la vassalisation des pays européens en distribuant des satisfactions d'amour-propre, ils auraient tort de se priver.

Les souverainistes me font marrer : on est souverain parce qu'on est indépendant. Et on est indépendant parce qu'on est puissant.

Les « solutions » à la Le Pen sont idiotes : «y a qu'à fermer les frontières ». Certes, mais sans puissance, c'est crétin, on est juste l'Albanie.

Comment retrouver la puissance ? Par l'esprit et par une bonne stratégie. Tout cela nécessite du concret, sans quoi ce n'est que du blabla de comice agricole, pardon, de talk show.

Par l'esprit ? Retrouver nos frontières n'est pas le début du paradis sur terre, mais le début de l'effort collectif (par opposition à la souffrance d'individus atomisés par le Léviathan). On parle là de philosophie, de doctrine et de charisme. De Gaulle appelant en 1958 les Français à l'effort est un excellent exemple. Le principe politique est décliné en décisions.

Par une bonne stratégie ? La souveraineté de l'Europe ne se trouve ni de l'autre coté de l'Atlantique ni de l'autre coté de l'Oural. Elle se trouve en Europe (quelle trouvaille !). L'Europe a, par sa position géographique, un rôle de balancier entre la Chine et l'Amérique. A elle de se rappeler de ses atouts et de les faire valoir (conférence de PY Rougeyron sur la France et la mer).

Le projet euroipéiste enferme la France sur le continent dominé par l'Allemagne, la rabougrit. Il est temps que la France se rouvre au monde (et non à «l'Autre »). Et cette ouverture se fera par la mer.

Les circonstances y sont favorables :

Rupture entre le monde Anglo-Saxon et le monde Européen.

Nous souffrons de la nullité crasse de nos politiciens, dont la pensée stratégique est inexistante, stérilisés qu'ils sont par l'européisme. Sans compter qu'en plus un atlantisme de laquais les achève.

Mais les Français sont aussi coupables : de même qu'ils sont mal venus de se plaindre du désastre économique alors qu'ils refusent de sortir de l'Euro, mère de toutes les batailles (1), à force de voter pour des techniciens sans vision de la France, on ne peut avoir que les gratte-papiers.




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(1) : comme dit Charles Gave : « Que les Français acceptent que leur industrie soit détruite par les Allemands, voila qui ne regarde que les électeurs français, attachés à l’euro comme un pendu l’est à sa corde. »

vendredi, mai 12, 2017

En attendant, je lis René Cassin (homme libre, toujours tu chériras la mer)

En attendant que la politique reprenne ses droits après le culte de la personnalité macronien, je lis René Cassin Les hommes partis de rien, sur les premiers gaullistes.

En trois pages, il décrit le lâche soulagement, à l’annonce de la cessation des combats, de la grande bourgeoisie française réunie à Bordeaux. Leur joie de la défaite française. La description est écœurante, à vomir. Les sourires radieux, les femmes qui papotent. Chez les plus hypocrites, la fausse commisération … Ce n'est pas sans me rappeler le comportement des macronistes victorieux.

Mais il décrit aussi autre chose. Quelques hommes révoltés. Après, ils réfléchissent, ils conceptualisent, mais la première réaction est viscérale, le fameux « Ah ! C’est trop bête ! » (1) de De Gaulle. Conséquence directe, leur résolution de « faire quelque chose ». Chez Cassin, comme chez De Gaulle, l’idée s’impose immédiatement, il faut commencer par s’extraire de ce cloaque (ce que n’a pas su faire Paul Reynaud).

On nous dit que la politique, c’est super-vachetement compliqué et qu’il faut laisser cela aux experts. C’est un rideau de fumée pour justifier qu’on préfère tenir le peuple à l’écart. Certes, dans son exécution, il y a des complexités mais pas dans son dessein.

Le chemin de l’honneur et du devoir est simple à discerner et peu encombré (2). Ensuite, d’autres considérations, personnelles, familiales, peuvent entrer en conflit avec la politique pour expliquer les comportement individuels, mais cela ne signifie pas que le devoir est caché.

Quelquefois, il faut savoir s’écarter physiquement, prendre le bateau, comme René Cassin. La France, parce qu’elle a le deuxième territoire maritime du monde, peut s’évader de l’étroit, et mortifère, carcan européen. Ce n’est bien entendu pas un hasard si l’UE exerce une forte pression pour que la France se débarrasse de ses confettis d’empire.

Je me souviens du discours de Mme Tabarly engueulant les politiciens présents lors de l'hommage national à son mari. Elle les accusait, au nom de celui-ci, de négliger les atouts maritimes de notre pays. Une femme de caractère.

Une conférence de PY Rougeyron sur la France et la mer :





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(1) : « Alors, au spectacle de ce peuple éperdu et de cette déroute militaire, au récit de cette insolence méprisante de l’adversaire, je me sens soulevé d’une fureur sans bornes. Ah ! C’est trop bête ! ».

(2) : il est de bon ton d’en faire des tonnes sur les cas de conscience de certains officiers de Vichy. C’est juste parce qu’ayant fait le mauvais choix au départ, ils se sont retrouvés face aux conséquences de leur mauvaise décision initiale. Les officiers qui ont refusé de servir le régime de Vichy ont eu la conscience tout à fait claire.