Affichage des articles dont le libellé est De Gaulle. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est De Gaulle. Afficher tous les articles

samedi, février 15, 2025

De Gaulle: L'or, le dollar et la France (1940-1970) (Gilles Ragache)

Quelques notes jetées à la va-vite :

> entre 1940 et 1945, la guerre pour l'or français (réfugié en Martinique) et contre la dictature américaine du dollar a été rude, mais, grâce à sa formidable intuition qui lui faisait deviner les manœuvres de ses ennemis et à l'appui des opinions publiques, De Gaulle l'a plutôt remportée.

> en 1948, De Gaulle a envisagé de mettre au programme du RPF la « dénationalisation » de Renault. Il n’est pas l’étatiste forcené dont nos communistes de gouvernement se réclament.

> les questions économiques occupent la moitié des ordres du jour des conseil des ministres entre 1958 et 1969. Il est absolument faux de dire que De Gaulle se désintéressait de l’ « intendance ». Une des leçons qu’il tire de la défaite de 1940 est que la France doit être une puissance industrielle pour assurer sa défense.

> en 1962, la France a remboursé toutes ses dettes extérieures.

> De Gaulle est très réticent aux avances de la Banque de France parce qu’elles sont inflationnistes et que l’inflation rend vulnérable à la spéculation contre le Franc (autant pour les crétins qui pestent contre « la loi de 73 » ).

> De Gaulle a bien compris que les accords de Bretton Woods sont bancals (pour financer leur guerre au Vietnam, les Américains sont obligés de saboter leur monnaie, donc le système monétaire mondial) et mène une guérilla contre le dollar, notamment en demandant à la Banque de France d’exiger que les Américains nous remboursent une partie de nos dollars en or.

> début 1968, la France est en passe de monter une coalition européenne contre la dictature du dollar, puis arrivent les événements de mai (bien sûr, ça n’a aucune rapport, n’est-ce pas ?).

> en novembre 1968, De Gaulle joue un bon tour aux spéculateurs.

Le ministre allemand des finances se réjouit bruyamment de la dévaluation du Franc qu'il croit proche. C'est à la fois une faute de goût, une faute politique et une faute psychologique.

De Gaulle lance une rumeur que la décision de dévaluation est prise (notre ministre des finances de l’époque témoigne que cette rumeur est une demande personnelle de De Gaulle) et annonce à l’issue du conseil des ministres deux jours plus tard qu’il n’y aura pas de dévaluation. Jeu, set et match. L'imMonde qui avait fait sa manchette sur la dévaluation est piégé, comme les spéculateurs, Viansson-Ponté, son directeur, commente : « Le Vieux a encore de la ressource ». Ses ennemis, beaux joueurs, applaudissent le coup de maitre (ils savent que le règne du souple Pompidou n’est pas loin).

Le jeune ministre du budget, Jacques Chirac, était partisan de la dévaluation.

> Aussitôt au pouvoir, Pompidou s’empresse de lâcher tout ce sur quoi De Gaulle résistait, dont la dévaluation. De Gaulle n’est pas surpris.

Avec le recul, on voit que De Gaulle volait à une tout autre altitude que le très intelligent Pompidou. Mais ce n'était pas tant une question d'intelligence que de psychologie : Pompidou voulait plaire, alors que De Gaulle méprisait les hommes, en particulier « les notoires et les notables », s'en fichait de leur plaire et prenait sans doute quelque plaisir à leur déplaire.

lundi, décembre 14, 2020

Ils détestaient De Gaulle (F. Broche)

 L'auteur, un gaulliste, dresse la longue, très longue, liste des anti-gaullistes.

Je saisis mieux ce qui me sépare d'eux :

1) le style : je suis un admirateur de Jeanne d'Arc. Ce que le gaullisme a de fou et d'excessif, et même de grandiloquent, ne me gêne pas. Les raisonnables et les raisonneurs m'emmerdent.

De plus, le gaullisme est éminemment populaire. Comme Jeanne d'Arc ! Au moment où la cour l'abandonnait, les Français priaient pour elle. Au moment où la  bourgeoisie du Figaro et le bourgeoisie du Monde communiaient dans la haine de De Gaulle, le peuple votait pour lui.

L'anti-gaullisme relève d'un snobisme petit-bourgeois ou d'un dandysme grand-bourgeois, aucun des deux n'est populaire. C'est rigolo cinq minutes, parce que certains anti-gaullistes ont du talent, mais c'est au fond puant.

2) la politique : refuser le gaullisme, d'accord, mais pour quelle politique alternative ? C'est très simple : la soumission, soit à Washington, soit à Moscou. Les plus honnêtes l'assument. L'anti-gaullisme rassemble ceux qui pensent que la France ne mérite pas l'indépendance. La Suisse, le Bénin, le Mali, oui ; la France, non.

L'objection à cet argument qui revient souvent : « De Gaulle a fait entrer les loups communistes dans la bergerie de la fonction publique, spécialement de l'éducation et nous sommes américanisés comme jamais. L'action de De Gaulle a donc été au mieux vaine, plus probablement néfaste. L'indépendance gaulliste est une illusion, pour ne pas dire une escroquerie ».

Cet argument est fallacieux (sauf peut-être sur l'éducation nationale, parce que le problème est plus tardif et qu'il aurait sans doute pu faire autrement) :

1) Même en admettant que De Gaulle aurait échoué, l'objectif de l'indépendance nationale est louable. Cela renvoie dans leurs buts ceux qui ne songeaient qu'à se trouver un maître.

2) Le jeu de bascule entre les Américains et les Soviétiques était le seul possible pour garantir cette indépendance nationale.

3) De Gaulle est responsable de beaucoup de choses mais tout de même pas des décisions de ses successeurs.

Dans sa galerie de portraits, François Broche égratigne particulièrement un anti-gaulliste tiède : Raymond  Aron.

D'ambiguïté en ambiguïté, de finasserie en finasserie, à force de se vouloir raisonnable et pondéré, d'excès de subtilité en excès de subtilité, de réserve en réserve, Aron rate ce que les événements imposent de radicalité dans les choix et passe pour un imbécile.

Je trouve ce portrait au vitriol très mérité : depuis longtemps, Aron me paraît une fausse valeur. Le centrisme est toujours un naufrage intellectuel et une trahison nationale.

Je me sens plus à l'aise avec un anti-gaulliste farouche : au moins, lui croit en quelque chose.

Cependant, le recul du temps est cruel pour les anti-gaullistes. Il faut bien considérer le monceau hallucinant des conneries empilées par les anti-gaullistes : Franco, Hitler, fasciste ... Ils n'ont pas dit que De Gaulle mangeait des enfants au petit déjeuner mais c'est juste un oubli.

Et puis, on retombe toujours sur le même problème : l'anti-gaullisme, c'est la soumission nationale. Les anti-gaullistes répondent à cela que l'indépendance nationale gaulliste est une illusion et que de toute façon, les nations, c'est dépassé.

Quand je vois comment les vieilles nations reviennent (Russie, Chine, Inde, Corée, etc), 50 ans après la mort de De Gaulle, je me dis que le discours des anti-gaullistes vieillit mal.

Le principal défaut de De Gaulle était de ne pas être un séducteur, à la Jules César ou à la Bonaparte. il était ingrat et cassant (« Je ne respecte que ceux qui me résistent. Malheureusement, je les supporte pas. » Il faut faire la part à l'humour de cette citation). On a glosé sur le fait qu'aucun de ses officiers de la 4ème DCR ne l'a rejoint à Londres.

Mais De Gaulle avait pour lui la profondeur historique. Cela rendait ses ennemis éphémères, futiles, mesquins et c'est bien ainsi qu'ils apparaissent aujourd'hui et ils tombent dans l'oubli, même Mitterrand malgré ses deux mandats présidentiels. L'anti-gaullisme est toujours, au fond, une trahison de la nation française au nom d'intérêts particuliers.

Même le ressentiment des pieds-noirs, bien compréhensible, ne vole pas haut. Tout simplement parce que les pieds-noirs qui volaient haut ont compris tôt que l'indépendance de l'Algérie était inéluctable et ont fait leurs bagages avant les autres, discrètement, dans de bonnes conditions.

Les plus grotesques anti-gaullistes sont ceux de deuxième ou de troisième génération, que je rencontre quelquefois sur internet. Eux n'ont vraiment rien compris. La haine de De Gaulle est la haine d'une politique qui élève. On retombe toujours sur le fondamental du pétainisme : « Céder au voeu des Français de se coucher ».

Mais De Gaulle aussi tombe dans l'oubli, parce que la France acculturée oublie tout et n'a plus envie de rien (sauf qu'on la laisse mourir tranquille) comme les compagnons d'Ulysse mangeant les lotos.

Addendum : une petite crise d'antigiscardisme primaire, ça ne peut pas faire de mal (oui, le centrisme est le vichysme de temps de paix) :

jeudi, août 20, 2020

L'ami américain (E. branca)

Les relations entre les Américains et De Gaulle.

On constate une fois de plus que les Etats n'ont pas d'amis mais des rapports de forces et que les discours sur l'amitié transatlantique ou le « couple » franco-allemand (comme d'ailleurs certains discours sur une certaine religion) ne sont que l'habillage du renoncement et de la soumission.

Roosevelt est obsessionnellement anti-gaulliste. Au point, ce qui est un exploit, d'en indisposer les Anglais ! Et même anti-Français, puisqu'il prévoyait le démantèlement de la France du nord.

Si les Américains avaient pu vaincre Hitler sans libérer la France, ils n'auraient pas hésité.

L'obsession de Rossevelt était bien secondée par quelques Français bien en cour à Washington, Léger, vraiment très léger, Monnet et Chambrun (lui, au moins, avait des excuses familiales), qui auraient plus mérité que des pauvres types perdus à la LVF d'être fusillés à la libération.

Johnson est presque aussi anti-gaulliste que Roosevelt. Les Américains aident bien l'OAS, dont elle n'ignore pas les projets d'assassinats de De Gaulle.

Le seul président américain a avoir une attitude amicale fut Nixon.

Mais l'Amérique est diverse, et il est aussi arrivé à De Gaulle d'avoir des soutiens en Amérique, généralement pas dans les plus hautes sphères.

Non, le plus stupéfiant de ce livre, c'est le nombre de Français prêts à trahir leur pays pour plaire à l'étranger, surtout quand l'étranger habite à Washington. Je ne pensais pas déjà pas grand bien de la bourgeoisie française (1), ce livre ne la fait pas remonter dans mon estime.

Emmanuel Macron est son digne représentant.




***************
(1) :


La petite-bourgeoisie étriquée et anti-patriote (le Figaro antigaulliste)


Les bourgeois, la violence et le diner en ville

La bourgeoisie pétainiste

Giscard à l'OAS ?



jeudi, juin 18, 2020

L'esprit du 18 juin

L'esprit du 18 juin, une superbe citation de Simone Weil :

« Le trésor de la légitimité étant à terre, méprisé de tous, il l’a ramassé, rangé et a fait savoir publiquement qu’il s’en constituait le gardien jusqu’au jour où les propriétaires seront en état de le réclamer. »

Certains font mine de ne pas comprendre la légitimité, de trouver que c'est une notion fumeuse. Pour eux, n'existe que la loi (parce qu'ils la font).

C'est évidemment faux. La légitimité est une notion très claire.

La légitimité est ce qui rend la loi, qui est toujours une contrainte, acceptable. Une loi illégitime est tyrannique.

Et d'où tire-t-on la légitimité ? De la défense du bien commun national : ordre public, défense contre l'oppression et défense contre les agressions extérieures. Autrement dit, la légitimité est l'exercice de la souveraineté, à l'intérieur et à l'extérieur, pour le bien commun. C'est limpide.

Mais, comme nos politiciens manquent sur les trois points cités, ils seraient obligés de constater, s'ils acceptaient la notion de légitimité, qu'ils sont illégitimes et leurs lois aussi (Bertrand Renouvin a déjà labouré ce terrain). De là vient leur incompréhension de la légitimité. Elle les arrange bien.

Le trésor de la légitimité est de nouveau à terre. Qui le ramassera ?

dimanche, juin 07, 2020

Citation du jour


En 1921, s’adressant à des saint-cyriens, De Gaulle :

« Retenez cette leçon, l’Histoire n’enseigne pas le fatalisme, il y a les heures où la volonté de quelques hommes brise le déterminisme et ouvre de nouvelles voies.

Quand vous déplorerez le mal présent et que vous craindrez le pire, on vous dira : ce sont les lois de l’histoire, ainsi le veut l’évolution ; on vous l’expliquera savamment ; redressez-vous, Messieurs, contre cette savante lâcheté. C’est plus qu’une sottise, c’est le péché contre l’esprit »

mardi, mars 10, 2020

Les nains, les géants et les crises.

Eric Zemmour face à Michel Maffesoli sur CNEWS :

« Les grands hommes d’Etat comme Bonaparte, Churchill ou De Gaulle savaient se servir des crises : ils les chevauchaient ! Aujourd’hui, les responsables politiques sont tétanisés, ils les fuient ! »

C'est d'autant plus clair que De Gaulle a été tout à fait explicite sur le sujet : il aimait les crises parce qu'elles déverrouillaient les situations établies, lui ouvraient des espaces de liberté, des possibilités d'action.

Maffesoli et Zemmour sont tombés d'accord pour dire que Sarkozy, Hollande et Macron étaient des nains qui avaient peur des crises et tentaient de les minimiser au lieu de les exploiter pour changer radicalement les choses, bref pour faire de la grande politique.

Ils ont pris comme exemple la crise de 2008. Sarkozy en a eu peur, il a tenté d'en minimiser les conséquences. Bien sûr, De Gaulle en aurait au contraire profité pour sortir de l'Euro et pour reprendre la main sur les banques.

Je peux même vous faire le discours :

Françaises, Français,

La crise économique en cours bouleverse les idées qui guident les pays occidentaux depuis trente ans.

[…]

En conséquence, la France sort du système monétaire de l'Euro et retrouve sa monnaie historique, le Franc. J'ai demandé à M. le ministre des finances et  à M. le ministre des affaires étrangères de mettre en oeuvre cette décision en coordination avec nos partenaires européens.

Le pays va être mis à l'épreuve durant quelques mois. Mais la souveraineté monétaire retrouvée nous paiera de tout, en permettant à notre pays de prospérer dans un monde globalisé.

C'est facile : je m'inspire du discours du plan Pinay-Rueff en 1958.

On connait le dialogue en conseil des ministres entre Antoine Pinay, ministre des finances, et Charles De Gaulle président de la république :

Pinay : M. le président, les Français vont râler.

De Gaulle : Et alors ?

Pinay : M. le président, j'ai peur de ne pas être d'accord.

De Gaulle : Et moi, M le ministre, j'ai peur que vous ne soyez plus ministre.

Bien évidemment, Pinay s'est couché et a donné son nom à un plan qui lui faisait peur.



Nous n'avons plus d'hommes d'Etat de ce calibre. Mais aussi, plus le même peuple.

C'est pourquoi je mets dans le même sac les électeurs de Macron des deux tours : je pense qu'il y a une différence de degré, non de nature. A des politiciens pusillanimes et trouillards correspondent des électeurs pusillanimes et trouillards.

Qui saura chevaucher les orages ?

jeudi, janvier 30, 2020

L'énigme de l'anti-gaullisme de guerre.

L'anti-gaullisme de guerre est une énigme intéressante.

Il y a continuité du gaullisme de 1940 à 1969, mais je comprends que les drames de la guerre d'Algérie puissent susciter une haine anti-gaulliste.

Plus difficile à comprendre, si on se restreint à l'anti-gaullisme des années 1940-1946.

Pour les pétainistes d'époque, c'est assez facile : il ont choisi une mauvaise politique quand De Gaulle choisissait la bonne. Il est leur ennemi. Tout le monde n'a pas l'intelligence de reconnaître ses erreurs (à défaut de commencer par ne pas tomber dedans. J'aime bien Pierre Gaxotte : « Vous suivez le Maréchal aveuglement ? Aveuglement, bien sûr ! Comment pourriez vous faire autrement ? »).

S'agissant des pétainistes contemporains, ceux qui croient toujours 80 ans après que Pétain avait raison, c'est finalement assez facile aussi : ce sont des cons incapables de voir les vérités les plus élémentaires. Sans De Gaulle, nous aurions été inféodés aux Américains et nous serions tombés dans la dépression collective suicidaire dès 1945 au lieu des années 70. 35 ans gagnés et un exemple à méditer, ça n'est pas rien.

Il faut dire que la situation était assez complexe, puisque même un Zemmour n'y comprend rien (ma critique ne date pas d'aujourd'hui : lire ce billet de 2010 avec les commentaires).

Finalement, les plus intéressants, ce sont les anti-gaullistes non-pétainistes : les Monnet, Saint-Exupéry, Léger, Aron, Kérilis ... dont beaucoup partiront pour New-York.

C'est d'autant plus étrange que des gens comme Léon Blum, Pierre Cot et bien sûr Jean Moulin, qu'on ne peut en aucun cas soupçonner d'être hypnotisés par un général politicien, se rallient à De Gaulle.

Evidemment, on peut trouver des explications individuelles : Monnet n'était qu'un valet des Américains et s'il imaginait la France délivrée des Allemands, c'était pour mieux la donner à ses maitres, Saint-Exupéry était un niais en politique etc.

Mais je pense qu'il y a plus une explication plus générale :

1) le caractère : Jean-Louis Crémieux-Brilhac fait subtilement remarquer que les premiers Français Libres sont de sociologie plus élevée que la moyenne mais qu'ils ont tous un coté rebelle, vis-à-vis de leur famille, de leur milieu ou de leur hiérarchie. Or, pour un conformiste, il est très difficile de supporter la cohabitation avec un rebelle, même quand leurs analyses sont proches.

De ces contrariants par nature, le plus bel exemple est Rémy : gaulliste pendant la guerre, pétainiste après ! Les arrivistes, comme Mitterrand, faisaient le contraire.




De Gaulle qui n'hésitait pas à être familier avec ses compagnons de la première heure dit un jour : « Alors, Clostermann, vous vous êtes encore pris les doigts dans la porte ? ».

Aux anti-gaullistes non-pétainistes, ils manque le  grain de folie : ils auraient trouvé que Jeanne d'Arc n'était pas raisonnable.

2) la conception de la politique : le reproche fait à De Gaulle (comme à Sarkozy !) de « diviser les Français » est pusillanime La politique divise par essence. On peut reprocher à un politicien de faire une mauvaise politique, pas de diviser.

Je finis donc sur une banalité : il est faux de croire que les opinions politiques sont entièrement rationnelles. Mais le nombre de gens qui vous soutiennent le contraire est amusant.








mardi, août 20, 2019

Politique : comment savoir qui a raison ? Comment faire passer la bonne politique ?

Je suis en train de lire The collapse of the third republic, de William Shirer, dont je vous ai déjà parlé.

C'est rageant : des hommes voient les dangers, les vrais, tels que la suite de l'histoire les révèlera et proposent des solutions pas idiotes mais ne sont pas écoutés, ou peu, dans le brouhaha des analyses et des propositions contradictoires.

Ils arrivent que certains soient à la fois dans l'erreur grave et dans la bonne analyse. C'est le cas de Winston Churchill : il a reconnu lui-même que son refus de dévaluer et son retour à l'étalon-or, en tant que Chancelier de l'Echiquier, étaient une faute gravissime et comptent parmi les causes majeures de la seconde guerre mondiale. En même temps, il a eu parfaitement raison, presque tout seul, à propos de l'Allemagne et de Hitler.

Or, le retour à l'étalon-or de Churchill est pour moi du même acabit qu'aujourd'hui le rafistolage permanent de l'Euro : une faute lourde à cause du refus de solder les comptes d'une politique qui a échoué. Les psycho-rigides veulent maintenir l'illusion. Ils refusent de renoncer à l'idée qui a fait leur carrière et leur fortune. Ils ne veulent pas se résoudre à prendre nos pertes : oui, si la Grande-Bretagne avait été forte, elle aurait pu retourner à l'étalon-or. Oui, si la fédération européenne était une bonne idée, il faudrait garder l'Euro. Mais la Grande-Bretagne n'était plus forte et la fédération européenne se révèle une mauvaise idée.

L'idée européiste de monnaie unique, on pouvait éventuellement y croire (après tout, j'ai voté pour, une erreur de jeunesse, avant que de m'en repentir). En tout cas, on essayé. Maintenant, il faut démonter l'édifice mal branlé et passer à autre chose.

Ma politique est simple : transformer l'Euro en monnaie commune en réintroduisant les monnaies nationales, faire banqueroute sur les dettes, arrêter l'immigration et remettre de l'autorité et de la transmission dans la vie (école, famille, justice). Les suites immédiates seraient terribles, mais ce n'est pas ma politique qui en serait la cause, ce serait les longues années de politique folle qu'il s'agit de solder.

Avant que d'en arriver là, se pose une question incontournable : comment faire passer cette politique de salut public qui fait peur (et je comprends bien pourquoi) ?

Arrivé à ce point, la lecture de Shirer pousse au désespoir. La bonne volonté et l'intelligence ne suffisent pas. Le caractère non plus. Il faut que tout cela soit réuni dans le même homme et qu'en plus il soit au bon endroit, au bon moment, avec les bons appuis.

Tardieu manque d'habileté, Daladier de caractère, Reynaud de conviction. Il y a bien un homme possédant toutes ces qualités. Mais Charles De Gaulle végète dans un poste subalterne.

Bref, pas riant, l'avenir.

Certes, tout n'est pas perdu :


lundi, août 19, 2019

La bourgeoisie française de l'entre-deux-guerres vue par un journaliste américain.

Il paraît que je suis trop sévère avec la bourgeoisie française. Je vous soumets donc (comme argument d'autorité !) le point de vue d'un Américain.

L'extrait est un peu plus étendu, il permet de se remémorer une partie de la lourde responsabilité des Américains et des Anglais dans la seconde guerre mondiale.

Pour vous permettre de rentrer dans l'extrait : le bas de la page 131 et le haut de la page 132 explique que, pour une nation, chercher la protection dans la subordination est une fausse bonne idée, que les nations sont naturellement égoïstes et ne peuvent compter que sur elles-mêmes quand l'essentiel est en jeu (d'où la note de bas de page 132 sur de Gaulle).

Extrait de The collpase of the third republic

Nota : Shirer n'aime vraiment pas Pétain, car, contrairement à nos pétainistes contemporains, qui ne sont que des anti-gaullistes obsessionnels déguisés (voir ici, par exemple), il n'ignore pas que Pétain, par les différents postes qu'il a occupés et par son magistère moral et intellectuel tout au long des années 20 et 30, est le principal responsable militaire de la défaite de 1940.

Alors, le voir prendre le pouvoir à l'issue d'une défaite dans laquelle il a joué un rôle majeur, ça gratte un peu.

Il faudrait une bonne psychanalyse de l'anti-gaullisme contemporain. Venant de pieds-noirs, c'est idiot mais compréhensible. Mais de catholiques traditionalistes fervents ? C'est au moins le signe d'une légère déficience de la comprenette politique (ils devraient relire Richelieu, catholique sans doute aucun).

Je rappelle que le catholique pratiquant, dans la paire Pétain-De Gaulle, c'était le général, pas le maréchal.

Les histoires pétainistes de « don de sa personne à la France » ne sont que du bourrage de mou pour gogos disposés à se laisser gruger (au moment où il fait cette déclaration, le 17 juin 1940, il parie sur la victoire de l'Allemagne, qui ne paraît pas à ce moment irréaliste. Son don ne lui coûte donc rien. C'est comme nos modernes politiciens qui répètent « j'assume » : concrètement, ça veut dire qu'ils restent en poste continuent à se goberger).

Je parle de psychanalyse car, en raison, il n'y a plus de débat depuis longtemps : Pétain a parié sur la victoire de l'Allemagne, De Gaulle sur sa défaite, on sait sans ambiguïté qui a eu tort, qui a eu raison. François Delpla a montré comment Pétain avait été mené par le bout du nez par Hitler.

En revanche, en psychologie, c'est une autre histoire. Et les réactions face à Trump me paraissent éclairantes : on condamne non pas celui-ci qui divise le groupe, mais celui qui constate une division existante que tous s'efforçaient, avec de plus en plus de difficultés, de nier.

La souffrance et la peur du conflit se transforment en haine pour celui qui le met en lumière : on déteste à mort le messager parce qu'on ne supporte pas le message. Sans De Gaulle, il y aurait eu des Résistants, mais on en veut à mort celui qui a posé un choix clair, qui a tué l'espoir de concilier l'inconciliable, qui a dit qu'on était soit couché soit debout mais qu'on ne pouvait être les deux en même temps.

J'ai tout de même du mal à comprendre qu'il reste aujourd'hui des pétainistes. Péguy disait qu'il faut avoir le courage de voir ce que l'on voit. A l'évidence, certains manquent de ce courage.

lundi, juin 10, 2019

Une journée d'agonie

Une journée d'agonie. C'est ainsi que Charles De Gaulle qualifie le 10 juin 1940.

Le gouvernement quitte Paris pour Tours, puis Bordeaux.

Sur le plan politique, le choix de Bordeaux plutôt que de Brest ou, mieux, d'Alger, sous-entend déjà la capitulation.



Et je rappelle, parce que j'y tiens beaucoup, que la France aurait pu continuer la guerre :


Le plan hitlérien était une mécanique de haute précision et supportait assez mal l'imprévu.

Le grain de sable qui commença à le faire dérailler fut l'opiniâtreté et l'intelligence churchilliennes.

Nous aurons le regret éternel que ce ne fût pas l'opiniâtreté et l'intelligence françaises.

dimanche, mai 19, 2019

Rougeyron, c'est intéressont










1) Notamment, je suis turlupiné par son passage sur le libéral-conservatisme qui ne peut pas être français.

En effet, si on me demande ce que je suis politiquement, je réponds « libéral conservateur ». Mais, depuis les Gilets jaunes, j'ai de plus en plus de doutes. J'ai vu de prétendus libéraux-conservateurs appeler hystériquement à taper sur le peuple façon Flaubert.

Pour moi, un libéral conservateur aujourd'hui, c'est un crétin qui va se faire baiser par Bellamy comme il s'est fait baiser par Sarkozy.

Sarko, j'ai donné une fois et demi (en 2007, j'y croyais à moitié. En 2012, c'est juste que je ne pouvais pas blairer Hollande - je ne me souviens plus bien, je ne suis même pas sûr de ne pas m'être abstenu. C'est dire si j'étais à fond).

Mais bon, se faire baiser à répétition, ce n'est plus un viol, c'est qu'on aime ça.

Bref, libéral-conservateur, c'est peut-être un autre manière d'être européiste et mondialiste, non par enthousiasme comme les macronistes, mais par désespoir.

Je suis de plus en plus sur la ligne gaulliste : « Le seul vrai révolutionnaire, c'est moi ». La révolution aujourd'hui, c'est d'être nationaliste.

2) Je partage ses doutes sur Salvini, qui tarde à concrétiser son opposition à l'UE au-delà des gesticulations, au point que j'en viens à m'interroger, et son admiration de Farage (2ème partie Grand entretien à partir de 15'). Depuis les débuts de ces affaires de Brexit, malgré les déceptions qui s'accumulent, je fais toujours, envers et contre tout, confiance aux Anglais pur se libérer.

3) PYR répond (2ème partie, 28') à la question qui me hante. Pourquoi la bourgeoisie française ne cesse-t-elle de trahir (1815, 1870, 1940, 1992, 2007, 2017) ?

4) Je suis d'accord avec lui (2ème partie, 35') que la société civile est le faux-nez du féodalisme. L'Etat est l'armature de la France. L'Etat, pas l'administration, pas la bureaucratie. Quelle est la différence ? L'Etat, c'est le pouvoir politique qui décide et l'administration qui exécute, dans l'intérêt de la France. L'idéal étant le duo Louis XIII et Richelieu.

Bonus

Polony n'atomise pas Bellamy, mais elle met bien en évidence qu'il est l'imposture symétrique de Macron (JY Le Gallou : Bellamy parle comme Orban mais votera comme Soros) :



Nota

PYR y fait allusion. Si vous ne connaissez pas Albert Roche : cultivateur, puis cantonnier, il est le soldat le plus décoré de la guerre de 14.

Régulièrement en première ligne, il se retrouve un jour être le seul survivant de sa position, une tranchée au Sudel en Alsace, tous ses camarades ayant été tués. Il positionne alors tous les fusils des morts avec lesquels il tire alternativement faisant croire à l’ennemi à la résistance d’une garnison, mettant ceux-ci en déroute.

Il a fait 1 180 prisonniers à lui tout seul ! La dernière de ses huit citations suffit :

Chasseur dont la bravoure est légendaire au bataillon. Fait preuve, dans les circonstances les plus difficiles d'un mépris absolu du danger ; conserve un calme absolu aux moments les plus critiques, donne à ses camarades l'exemple de l'entrain, exalte leur courage, est pour ses chefs un auxiliaire précieux. Pendant les opérations du 31 août 1918, a réussi comme agent de liaison à transmettre à toutes les sections de sa compagnie les ordres du commandant, n'hésitant devant aucun danger, triomphant des difficultés de toutes sortes, montrant un rare esprits de décision, une conscience au dessus de tout éloge. Médaillé militaire pour faits de guerre (sept citations).

Face à ce Super-Dupont, Captain America peut effectivement aller se rhabiller.



samedi, mai 11, 2019

De Gaulle 1969. L'autre révolution (A. Teyssier)

Livre passionnant.

Arnaud Teyssier retourne le récit devenu classique des dernières années du gaullisme : De Gaulle, vieilli, fatigué, dépassé, est surpris par Mai 1968 et se suicide politiquement en s'entêtant quasi-sénilement sur la participation et sur la régionalisation.

Au contraire, d'après Teyssier, De Gaulle, visionnaire, aurait pressenti mieux que les autres les ravages de l'individualisme débridé, du capitalisme sans morale et sans frontières et de la technique enivrée de sa toute-puissance.

Mais il n'a pas été capable de traduire ce pressentiment en politique, les institutions de la Vème République étant arrivées trop tard. La France, ce pays politiquement immature, a cherché pendant 170 ans des institutions stables.

170 ans, c'est beaucoup, c'est trop. De Gaulle aurait fait 1958 en 1946, peut-être que dix années décisives auraient été gagnées.

Les arguments de Teyssier, basés sur des témoignages et discours, sont convaincants.

A coté, les adolescents en crise genre Cohn-Bendit (« un nom de machine à laver », Bernard Franck) qui font le jeu du capitalisme consumériste apparaissent pour ce qu'il sont : minables parce qu'immatures (eux aussi) essayant de péter plus haut que leur cul.

Georges Pompidou n'a pas le beau rôle : s'il reste fidèle au gaullisme en apparence, il en trahit l'esprit et on peut même se demander s'il le comprend vraiment. C'est le reproche que lui firent certains fidèles d'entre les fidèles. Il fut si habile en 1968, parce qu'il était allégé d'une vision qu'il l'aurait contraint.

Teyssier ne rechigne pas à quelques piques plus contemporaines.

Cette enflure radicale-socialiste de Chirac, qui a tant souillé le gaullisme, va bientôt crever, mon chagrin sera très modéré et ma joie difficile à cacher. Nous allons avoir droit aux imbécilités sur « Chirac sympa ». Teyssier rappelle que, à la grande indignation de Séguin, il a fait retirer, à la demande du gouvernement canadien, un timbre célébrant « Vive le Québec libre ! » : pas de couilles, pas d'embrouilles. Ce genre de petits faits, justement parce que les enjeux sont faibles et qu'ils sont traités par dessous la jambe, révèle la vérité d'une politique. A qui sait voir, la guerre d'Irak fut non pas le symbole de la politique chiraquienne mais, au contraire, l'arbre rebelle qui cache la forêt de la soumission.

Politique étrangère

En 1969, De Gaulle poursuivit sa politique étrangère, originale au point que beaucoup ne la comprennent toujours pas. Il ne se faisait aucune illusion sur la puissance de la France mais il pensait qu'une politique subtile permettait d'acquérir une place dépassant la seule puissance matérielle (c'est aussi pourquoi le slogan des européistes « l'union fait la force » lui paraissait relever d'une pensée grossière, sans finesse).

Nos gouvernants actuels prônent tous de renoncer à la France pour se fondre dans un magma européiste sur le seul critère matériel (population, PIB, etc). Ils sont tous parfaitement incapables de comprendre la politique gaullienne, qui ne s'en tenait d'ailleurs pas aux discours mais reposait sur des actes bien concrets.

Au passage, De Gaulle favorisait, éventuellement et mollement (car, depuis l'échec du traité de l'Elysée, il se méfiait comme de la peste de toute idée d'union européenne, d'où les voyages lointains, Mexique, Cambodge, Canada, ...) « l'Europe des Etats », et non, comme on dit trop souvent, « l'Europe des nations ».

Citons pour l'anecdote le recrutement d'un conseiller diplomatique : diner avec une douzaine de convives au cours duquel sa culture générale est mise à l'épreuve comme au plus redoutable des concours, puis, l'admissibilité acquise, entretien en tête-à-tête.

Economie

En 1958, De Gaulle a accepté une dévaluation massive (20 %) pour faire passer ses réformes. En 1969, il a refusé la dévaluation, avec un tour pendable : il a fait courir la rumeur d'une dévaluation et a pris tous les spéculateurs à revers. La situation ne justifiait pas la dévaluation, un effort raisonnable suffisait.

Le jeune secrétaire d'Etat au budget Chirac propose une augmentation (refusée par De Gaulle lui-même) des impôts sur les ménages. On ne se refait pas !

Parenthèse contemporaine : ceux qui ne veulent pas sortir de l'Euro et dévaluer pour réformer sont soit des imbéciles (qui croient réellement qu'on peut réformer sans sortir de l'Euro, mais, dans ce cas, ce sont des sadiques méritant une psychothérapie lourde) soit des hypocrites (qui ne veulent pas réellement réformer). En revanche, sortir de l'Euro pour éviter les réformes est une trahison, tout à fait possible.

Les institutions

Le référendum perdu de 1969 portait sur la régionalisation et le sénat. Il a été mal compris parce que, il faut l'avouer, mal présenté. L'idée était trop complexe et trop ambitieuse pour un référendum à la va-vite.

De Gaulle sentait les institutions fragiles et il avait raison puisque les minus et les salauds qui lui ont succédé les ont totalement perverties (Eric Zemmour pique une colère chaque fois qu'on lui dit que la Vème république ne fonctionne plus en répondant que, à force des réformes constitutionnelles, les institutions n'ont plus rien à voir avec ce que voulait De Gaulle et que c'est un mensonge de faire semblant de croire que n'avons pas, de fait, changé de régime depuis 1969).

La régionalisation et la suppression du sénat avait pour but ultime de rendre impossible la re-féodalisationde la France (que fera la décentralisation mitterandienne - Mitterrrand n'est pas un ennemi de De Gaulle pour rien) et d'amoindrir les partis politiques.

C'est très dommage qu'il ait échoué.

Le temps et le tragique

Teyssier se défie de Cétait De Gaulle. Il trouve le De Gaulle de Peyrefitte éloigné de celui que l'on connaît par ailleurs, trop blagueur et trop expansif. C'est à mon sens une erreur d'analyse. De Gaulle jouait pour la postérité avec Peyrefitte, dont il savait qu'il prenait de notes.

Son humour caustique nous est connu, pas besoin de Peyrefitte, et il a sans doute éprouvé la nécessité, non de fendre l'armure, attitude trop nombriliste, trop basse, mais de montrer la politique dans un contexte plus familier, dans toute la complexité de ses différents plans.

Cette digression sur la complexité parce qu'il va être question dans ce chapitre d'un fondement original du gaullisme.

De Gaulle a une conception très « fractale » du temps, à la Taleb et à la Mandelbrot. Le temps humain, le temps de l'histoire, ne s'écoule pas linéairement, il connaît des périodes d'accélération et de périodes de calme. Il y a eu plus de bouleversements entre 1789 et 1815 qu'entre 1815 et 1914. C'est ce qui fait le tragique de l'histoire.

Banalité, me direz vous. Certes, mais banalité qui n'est pas comprise par tous. Surtout, il est extrêmement rare qu'un acteur en tire les conséquences.

Or, De Gaulle excelle à changer de tempo en fonction de cet élasticité du temps. Il peut choisir une rupture fondamentale en quelques jours en 1940 ou se mettre en retrait pendant 12 ans entre 1946 et 1958.

On peut analyser sa dernière année au pouvoir comme une perte de la maitrise du temps. Il avait bien compris que la France se dirigeait vers la décadence mais il n'a pu reprendre le dessus. S'il ressuscitait, il serait sans doute surpris par bien des aspects de l'actuelle tiers-mondisation de la France mais non par l'esprit qui y conduit.

C'est, me semble-t-il, le fondement de son désaccord avec Pompidou. Tout intelligent qu'il était, Pompidou n'a pas subi dans sa vie pépère le tragique de l'histoire. Il fait une place au tragique en théorie, dans ses écrits par exemple, mais, en pratique, il gouverne comme s'il n'existait pas.

Au contraire, De Gaulle vit dans le tragique, il a toujours en tête la catastrophe possible. Il garde toujours en réserve ceci ou cela, tel ou tel, au cas où ... C'est d'ailleurs en grande partie à cause de cette catastrophe possible qu'il rechigne aux abandons de souveraineté. Qui sait si telle souveraineté, abandonnée bien légèrement dans les temps heureux, ne nous manquera pas cruellement à l'heure du péril  ?

Aujourd'hui, par exemple, ceux qui poussent la France à abandonner ses possessions d'outremer savent parfaitement ce qu'ils font, le mal que cela peut être dans le futur. Par exemple, s'il y a une guerre entre la Chine et les Etats-Unis, ne regretterons nous pas la Nouvelle-Calédonie ?

Pour conclure

Teyssier cite Yourcenar :

Nous sommes mieux renseignés sur la manière dont une civilisation finit par finir. Ce n'est pas par des abus, des vices et des crimes, qui sont de tous les temps. Les maux dont on meurt sont plus spécifiques, plus complexes, plus lents, parfois plus difficiles à découvrir ou à définir.

Mais nous avons appris à reconnaître ce gigantisme, qui n'est que la contrefaçon malsaine de la croissance, ce gaspillage qui fait croire à l'existence de richesses qu'on n'a déjà plus, cette pléthore si vite remplacée par la disette à la moindre crise, ces divertissements ménagés d'en haut, cette atmosphère d'inertie et de panique, d'autoritarisme et d'anarchie, ces réaffirmations pompeuses d'un grand passé au milieu de l'actuelle médiocrité et du présent désordre, ces réformes qui ne sont que des palliatifs et ces accès de vertu qui ne se manifestent que par des purges, ce goût du sensationnel qui finit par faire triompher la politique du pire, ces quelques hommes de génie mal secondés perdus dans la foule des grossiers habiles, des fous violents, des honnêtes gens maladroits et des faibles sages.

Il y a plus pénible que de se croire à Bamako ou à Alger quand on est à Paris.

C'est de sentir que l'Etat est devenu le pire ennemi de la France, celui qui pousse notre pays à la dissolution, et que nos dirigeants travaillent sans relâche à notre perte.

Aujourd'hui, la Foi seule permet vraiment de croire en la continuation de la France en péril. Il s'avère souvent que la France est supérieure aux Français, que ceux-ci semblent d'une médiocrité irrémédiable et que pourtant celle-ci se relève.

1969 fut une occasion manquée.

samedi, mars 09, 2019

Hitler et Pétain (F. Delpla)

Sur l’essentiel, ce livre ne nous apprend rien puisque De Gaulle nous avait déjà tout dit à l’été 1940 : le choix de l’armistice est nécessairement celui de la trahison et du déshonneur. On ne joue pas au plus fin avec un ennemi comme Hitler, on le combat à mort.

Les nostalgiques du pétainisme alignent les arguments qui ne valent pas un pet de lapin, puisqu’ils s’accrochent sur des détails pour tenter de faire oublier cet essentiel.

Ce que François Delpla démontre, c’est que même sur ces détails, ils ont tort. Pétain prétendait sauver les meubles, il n’a rien sauvé du tout. De bout en bout, le gouvernement Pétain a été la marionnette de Hitler, qui en a fait exactement ce qu’il voulait. Cette situation de subordination absolue était contenue dans le choix initial de la compromission.

Par exemple, Arno Klarsfeld, en publiant un statut des juifs annoté dans un sens aggravant par le maréchal Pétain lui-même, croit abonder dans le sens paxtonien d'un Etat français menant une politique anti-juive indépendante des Allemands.

Delpla montre que, dès le mois d'aout 1940, les Allemands font passer des messages suggérant que des mesures anti-juives seraient bien vues de l'envahisseur. Et les suggestions de gens qui occupent la moitié du territoire et détiennent 2 millions de prisonniers ne sont-elles pas en quelque sorte des ordres ?

C'est tout le problème du pétainisme : le statut des juifs est annoté par Pétain, pas par Hitler, mais cela prouve-t-il que Pétain était indépendant ou que Hitler était plus habile que lui et le menait là où il voulait ? Vous vous doutez de ma réponse, qui est celle de Delpla, qui est celle de l'histoire regardée en face.

Le gros argument des pétainistes est que l'armistice aurait été un piège mortel pour Hitler, en l'empêchant de conquérir l'Afrique et de couper les Anglais des Indes.

C'est de la pure foutaise. Pour trois raisons :

1) Rien, absolument rien, n'indique que les défaitistes autour de Pétain aient eu l'idée de piéger Hitler. C'est une justification qu'ils s'inventent a posteriori, comme toutes les conneries qu'ils racontent (l'histoire leur a donné tort de manière éclatante, aveuglante même, ils sont bien obligés de nous servir, de se servir, d'énormes mensonges pour persister à s'aveugler). Ils crevaient d'envie de s'avilir, c'est tout.

2) Le canal de Suez a été fermé pendant toute la guerre. Le conquérir n'aurait pas changé grand'chose. Churchill aurait été en difficulté comme après la chute de Singapour, mais il s'en serait probablement sorti.

3) François Delpla démontre que Hitler n'a jamais eu la moindre intention d'axer son effort vers le sud, que sa visite à Franco était un leurre,  qu'il a obtenu exactement l'armistice qu'il voulait. Donner à l'ennemi exactement ce qu'il veut, on a connu actes de résistance plus farouches.

D'ailleurs, faisons un sort à tous ces pseudo-résistants vichystes. Résister quand on a commencé par déposer les armes est stupide et inefficace. Le précédent d'Iéna ne vaut pas face à Hitler.

Weygand se présente comme le premier d'entre eux. C'est absurde, c'est un traitre et probablement le plus évident.

Rappelons ce qu'est Weygand en mai-juin 1940 : un général en chef qui, au lieu de se battre jusqu'au bout et d'ouvrir des options à son gouvernement, s'efforce (avec succès, hélas), pour des raisons mesquines et personnelles (peur d'une révolution communiste), de rendre la défaite la plus totale possible et d'acculer son gouvernement à l'armistice. Si ce n'est pas de la pure trahison, qu'est-ce que c'est ? Les vieux Romains auraient exécuté séance tenante un tel général sans discuter et ils auraient eu bien raison.

Son activité ultérieure prouve qu'il ne regrettait rien et n'avait rien compris. Il y a un gouffre entre un vrai Résistant comme De Gaulle et un pseudo-résistant comme Weygand. Ce n'est pas en 1941 qu'il fallait résister mais en 1940.

Ce genre de vieille ganache qui a échoué dans sa mission et n'en continue pas moins à pontifier comme s'il était un général vainqueur est insupportable. Et puis, qu'il ait consenti après guerre à être le point de ralliement des pétainistes le rend particulièrement odieux. Un général en chef vaincu, ça se tait et ça se fait oublier.

De plus, crime difficilement pardonnable à mes yeux, il fut de ces catholiques institutionnels qui affadissent le message révolutionnaire du Christ. J'imagine que Léon Bloy l'aurait  taillé en pièces, transformé en chair à saucisse.

De Gaulle lui a refusé les obsèques nationales en 1965. Il a bien fait.

Je ne saurais dire pourquoi, il y a des personnages historiques qui, comme Weygand, provoquent chez moi une aversion instinctive (plus que Pétain, par exemple). C'est irrationnel : le pauvre homme est mort et enterré depuis longtemps, il ne peut plus se défendre. Les événements qui le concernent sombrent de plus en plus dans un lointain passé.

Revenons à Delpla. Il montre à quel point les pétainistes furent les dupes d'Hitler, de bout en bout, comment il leur a passé un anneau dans les naseaux et les a menés où il voulait.

Ce livre devrait donc mettre un point final à toutes les apologies plus ou moins déguisées du pétainisme qu'on entend en ce moment. Nous savons qu'il n'en sera rien, puisque la querelle historique dissmule en fait une querelle politique contemporaine : vaut-il mieux se coucher ou se tenir debout ? Se coucher est plus confortable.


Addendum :

Une leçon toujours actuelle.

Des signes montrent que, dès l'échec devant Moscou, en décembre 1941, Hitler considère qu'il ne peut plus gagner la guerre, mais seulement ne pas la perdre, en divisant les Alliés, sur la base de l'anti-communisme des anglo-saxons.

Or, les pétainistes semblent beaucoup plus aveugles, plus crédules et engagés par leur choix initial de la soumission au vainqueur. Pucheu, par exemple, s'imagine être là « pour 15 ans ».

Ce qui me fait dire que, lorsqu'on a abdiqué sa souveraineté, on perd toute lucidité stratégique.

Inutile que je m'étende sur ce que je considère comme toujours actuel dans ce constat.




lundi, février 25, 2019

Quelques citations gaulliennes

A un ambassadeur d'Afrique qui lui explique qu'un sénateur de son pays vient d'être assassiné en brousse et mangé rituellement :

« Voilà, c'est à cela que devrait servir le Sénat : à lutter contre la faim dans le monde ».

A Debré :

« Nous avons vaincu Vichy, vaincu l'OAS, vaincu la chienlit de mai 68, mais nous n'avons pas réussi à rendre les bourgeois nationaux ».

Un jour d'énervement :

« Ah ! Les pisse-vinaigre ! les pisse-froid ! Les farfadets de l'abandon ! Les tricheurs ! Les fuyards professionnels ! Les trotte-menu de la décadence ! Les équipes du chloroforme ! Le marais putride ! La politique de la vachardise ! Les stupéfiants du régime ! Les malades de la capitulation ! »

lundi, février 11, 2019

L'appel du 18 juin 1940 (F. Delpla)

Il s'agit d'une relecture de circonstance car elle est adaptée aux événements actuels, mais je m'aperçois que je n'en avais pas fait la recension au premier passage.

Delpla démontre que, contrairement à la légende gaulliste d'une totale indépendance de l'appel, De Gaulle a du négocier pied à pied avec un cabinet anglais peuplé de beaucoup d'appeasers « raisonnables » (ce n'est pas pour rien qu'un livre de GM Benhamou sur les premiers Résistants s'intitule C'était un temps déraisonnable) et dans lequel Churchill, pas vraiment en position de force, ne pouvait le soutenir à fond.

D'où le fait que le fameux message a été lancé le 18, et non le 17 après celui de Pétain comme il eut été logique, et contient cet appel étrange (qui m'a toujours intrigué jusqu'à cette lecture de Delpla) aux « officiers et soldats, ingénieurs et ouvriers de l'armement » plutôt qu'à l'ensemble du peuple français.

Au fond, c'est la même histoire qu'avant guerre. Les partis politiques ont joué la légalité « pour mettre les nazis dans leur tort » plutôt que la légitimité et se sont fait baiser en beauté. Les appeasers jouaient le calcul, le compromis, la politique classique, et étaient sur le point de se faire baiser en beauté eux aussi.

Churchill et, dans une moindre mesure, De Gaulle ont mis fin à cette pente infernale en posant le « non » d'abord et en faisant la politique adaptée ensuite. Churchill a dit  à Pétain : « Vous croyez avoir à faire à Bismarck, vous avez à faire à Gengis Khan ».

Ce qui nous ramène à notre temps.

Un ami (dont je tais évidemment le nom) me dit souvent que les Gilets jaunes doivent sortir de la légalité et se montrer violents car l'usage qui est fait de légalité contre eux est illégitime (le gouvernement répond à une contestation politique par des coups de LDB dans la gueule, il n'y a pas plus illégitime que cela dans un pays qui se veut démocratique). Cette position ne peut être que renforcée par le sadisme et la méchanceté du parti de l'ordre et de la légalité (1). Elle n'est pas belle à voir et à entendre, la bourgeoisie, en ce moment.

J'ai une position plus nuancée, ou plus timorée, comme on voudra, mais la dérive tyrannique du gouvernement, qui considère à l'évidence que tous les coups sont permis, surtout les plus bas, m'incite à durcir ma position.

Dans la querelle entre légitimité et légalité, la position haute (celle qu'il faut toujours choisir, d'après De Gaulle, parce que c'est la moins encombrée), c'est la défense de la légitimité.

Quand tout va bien, la légitimité et la légalité sont à peu près unies. Quand tout va mal, comme aujourd'hui, elles divorcent. Et ça permet de distinguer ceux qui ont du coeur de ceux qui ont des intérêts.

Pour paraphraser Churchill, on peut dire de Macron « Vous croyez avoir à faire à Félix Gaillard, vous avez à faire à Adolphe Thiers ».

***************
(1) : j'ai tout de même entendu des choses à faire saigner les oreilles : « Tant pis s'il y a des morts », « Les éborgnés l'ont bien cherché », « De toute façon, ce sont des abrutis ». Je me demande si les gens qui disent tout cela ont bien conscience de se condamner eux-mêmes, de se montrer sous un jour rien moins que reluisant, puisque c'est leur devoir de « supérieurs » de porter aide et assistance aux « inférieurs » et que, bien loin de remplir ce devoir envers eux, ils demandent qu'on leur tape dessus.

Sans compter les videos peu flatteuses pour la police qui circulent, où insultes et violences gratuites tiennent une large place.


lundi, novembre 26, 2018

Zemmour et Pétain

Ca commence à me gonfler. Eric Zemmour défend le pétainisme avec habileté et ses contradicteurs, pétris de caricatures, de savoir rétrospectif et de jugement contemporain, sont à chier.

Paul Thibaud décevant et Finkielkraut égal à lui-même, c'est-à-dire bien brave mais pas très intelligent :



Et Guillaume Durand en-dessous de tout, et hargneux :



Quand on regarde ces débats, Zemmour a raison :

1) la collaboration entendait bien sauver les meubles face à l'occupant allemand.

2) le statut des juifs est un produit direct de la défaite et de l'occupation allemande. Il s'agissait d'amadouer les Allemands en les devançant sur les juifs pour essayer d'obtenir des concessions sur autre chose.

3) oui, les juifs français ont moins souffert que les autres juifs d'Europe à cause de la mauvaise volonté de l'administration française, encouragée par Vichy, à aider les Allemands (des historiens contestent ce point, mais c'est qu'ils ne veulent pas perdre leur place à l'université).

Alors, où est le problème ?

C'est simple : les contradicteurs de Zemmour sont des pétainistes incohérents alors que Zemmour est un pétainiste cohérent. Il est donc bien normal que Zemmour l'emporte dans les débats.

Expliquons nous.

Le pétainisme considère que l'armistice était la moins mauvaise solution dans une situation dramatique (8 millions de Français sur les routes, 2 millions de prisonniers).

Mais de cette prémisse, découlent mécaniquement la collaboration, le statut des juifs et la rafle du Vel d'Hiv. En effet, à partir du moment où on met en face de l'occupant allemand, non plus une simple administration mais un gouvernement, quelle que soit sa légitimité, celui-ci ne peut qu'enchainer les concessions et les finasseries, quand on tient compte des 2 millions de prisonniers et de l'occupation de la moitié du territoire métropolitain.

Tous ceux qui nous racontent que le gouvernement de Vichy n'aurait pas du collaborer sont des imbéciles ou des salauds, des irresponsables. C'est totalement irréaliste.

Or, les contradicteurs de Zemmour sont des paxtoniens (du nom de Robert Paxton, historien américain qui traite le gouvernement de Vichy comme si les Allemands n'avaient pas existé). Ils sont totalement intoxiqués par le discours de trahison chiraquien « Vichy, c'était la France ».

Comme disait Philippe Seguin « Si Vichy c'était la France, les Résistants sont des traitres, les Justes des rebelles, le général De Gaulle un félon. Il faut débaptiser immédiatement l’aéroport de Roissy et le rebaptiser Aéroport Philippe Pétain et de même avec la place de l’Etoile et un bon paquet de rues et d’avenues de France ».

Les contradicteurs de Zemmour partant des mêmes présupposés pétainistes que lui mais étant moins rigoureux ne peuvent qu'avoir le dessous. D'ailleurs les pétainistes contemporains, qui considèrent que l'armistice était inéluctable, sont souvent aussi des néo-pétainistes, qui considèrent que la France ne doit pas défendre son indépendance et doit se coucher devant l'Allemagne, au nom de l'Europe (typiquement, Macron).

Alors, que répondre à Zemmour ?

C'est simple : l'ennemi du pétainisme existe, ça s'appelle le gaullisme. Il ne fallait pas signer l'armistice et toutes les conséquences, bonnes ou mauvaises, qui en découlent auraient été évitées.

Tout est déjà dit dans le discours du 18 juin 1940 et dans celui du 22 juin 1940.

Comme Zemmour n'est pas idiot, il sait (contrairement à ses contradicteurs !) que la position purement pétainiste est intenable, c'est pourquoi il soutient la thèse du glaive et du bouclier, De Gaulle et Pétain complémentaires. C'est un jeu intellectuel assez vain, ça rassure, mais cette analyse ne tient ni dans la psychologie ni dans la politique.

Que dit De Gaulle ? Qu'il ne faut rien négocier, ne pas se compromettre avec l'occupant et continuer le combat à partir de l'Algérie, ou de Londres par défaut. Faire ce qu'ont fait les gouvernements belges et hollandais.

Des gens ont étudié la question : c'était possible, incertain mais possible.

C'est le point qui sépare De Gaulle et Pétain : armistice ou pas armistice, le reste en découle. Le choix est binaire, c'est pourquoi la théorie du glaive et du bouclier est un sophisme. On remarquera pourtant que De Gaulle et Pétain font en 1940 la même erreur : il voit des ennemis allemands, ils ne voient pas les particularités du nazisme (ils ont d'ailleurs en partie raison : je suis navré de le rappeler, mais le nazisme ne sort pas de nulle part, il est très allemand). De Gaulle se rattrape par la suite. Pétain a été roulé dans la farine par Hitler, pas De Gaulle.

Mais là où ça devient comique, c'est que si le gaullisme l'avait emporté en 1940, c'est-à-dire si le gouvernement Reynaud avait déménagé en Algérie en laissant l'administration se démerder avec l'occupant, les juifs français auraient probablement beaucoup plus souffert, comme en Hollande.

Bref, la victoire de la politique gaulliste en 1940 aurait été meilleure pour la France et moins bonne pour les juifs. Avec Pétain, c'est l'inverse.

Mais, évidemment, quand on est inculte et endoctriné par une vision anachronique comme les contradicteurs de Zemmour, on ne peut faire une analyse correcte.

Pétain eut une occasion de revenir sur son erreur initiale en novembre 1942, lors de l'invasion de la zone sud : certains de ses conseillers l'encourageaient à prendre l'avion pour Alger. Il a refusé. C'est ce qui le condamne vraiment, bien plus que le statut des juifs (l'obsession contemporaine du judéocide fait oublier qu'il y avait une guerre en cours), un peu comme les Cents Jours condamnent plus Napoléon que tout ce qui a précédé.

A la décharge de Zemmour, je pense qu'il s'amuse bien face à des ignares pareils (quoique ça doit fatiguer à la longue).

Quand cet abruti de Durand rappelle à Zemmour que les députés communistes n'ont pas voté les pleins pouvoirs à Pétain. Et pour cause ! Ils étaient en prison du fait du pacte germano-soviétique.

Ou quand le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux, cite Maurras sur la distinction entre le pays réel et le pays légal en croyant citer Marc Bloch, il y a de quoi se pisser dessus de rire, car cette distinction n'est pas anecdotique, c'est un des fondements du maurrasisme. C'est comme citer Marx en croyant citer Tocqueville.

Zemmmour se fait plaisir en signalant que le De Gaulle d'après 1958 applique le programme diplomatique de Maurras dans Kiel et Tanger, en sachant que tous les imbéciles qui prennent Maurras pour le diable,  comme Nathalie Kosciusko-Morizet qui avait traité Patrick Buisson de maurassien, n'ont pas la moindre idée de la pensée de Maurras, un des plus grands penseurs français du XXème siècle (à part que Maurras, c'est mal, ce qui est tout de même un peu sommaire).

Pompidou a dit que Kiel et Tanger était un fondement de la diplomatie française, mais bon, comparer Pompidou à des phares de l'intelligence comme Castaner, Griveaux ou Macron, il y a comme un effet comique.

Bref, j'aimerais bien débattre avec Zemmour, il bosserait plus qu'avec les crétins qu'on lui oppose habituellement.






jeudi, novembre 01, 2018

La marine libre : un instrument de souveraineté gaullienne 1940-1945

Vous connaissez mon obsession maritime : la mer et les territoires d'outremer sont les moyens essentiels de nous délivrer du joug continental berlinois. C'est pourquoi les européistes, que ce soient les traitres français ou les ennemis étrangers, les détestent tant et mènent une action sournoise pour affaiblir notre souveraineté en ces domaines.

Comme il est maintenant habituel, les destructeurs comprennent beaucoup mieux les enjeux de pouvoir actuels que les conservateurs, peut-être parce que cela fait longtemps que ces derniers en sont éloignés.

De plus, on constate encore dans cette vidéo à quel point De Gaulle est très au-dessus du lot :





mercredi, octobre 24, 2018

Commémorons le 11 novembre 1918 avec un peu d’avance, à notre manière

Sur l'excellente suggestion d'un lecteur.

Ca a une autre gueule que l'adolescent attardé de la vioque. J'ai honte d'un tel parallèle.

Allons :




Je ne suis pas pétainiste et je n'aime pas les nostalgiques du pétainisme. Mais dans mon argumentation, j'essaie d'utiliser des idées de l'époque, de manière à ne pas tomber dans le péché d'anachronisme.

Ceux qui exècrent Pétain aujourd'hui me dégoûtent, ce sont de minables salopards.

Conformistes et serviles comme ils sont, ils ne donnent aucune raison de douter qu'ils auraient été les premiers à lécher le cul du Maréchal. On connaît cette race des sycophantes, toujours au service du pouvoir. Les Joffrin (de son vrai nom Mouchard !) et compagnie auraient couru à Vichy.

Alors, que ces connards se taisent !

Il n'y a rien à changer à ce que dit De Gaulle de Pétain. Pendant la première guerre mondiale, Philippe Pétain a bien mérité de la patrie :