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jeudi, juin 18, 2020

L'esprit du 18 juin

L'esprit du 18 juin, une superbe citation de Simone Weil :

« Le trésor de la légitimité étant à terre, méprisé de tous, il l’a ramassé, rangé et a fait savoir publiquement qu’il s’en constituait le gardien jusqu’au jour où les propriétaires seront en état de le réclamer. »

Certains font mine de ne pas comprendre la légitimité, de trouver que c'est une notion fumeuse. Pour eux, n'existe que la loi (parce qu'ils la font).

C'est évidemment faux. La légitimité est une notion très claire.

La légitimité est ce qui rend la loi, qui est toujours une contrainte, acceptable. Une loi illégitime est tyrannique.

Et d'où tire-t-on la légitimité ? De la défense du bien commun national : ordre public, défense contre l'oppression et défense contre les agressions extérieures. Autrement dit, la légitimité est l'exercice de la souveraineté, à l'intérieur et à l'extérieur, pour le bien commun. C'est limpide.

Mais, comme nos politiciens manquent sur les trois points cités, ils seraient obligés de constater, s'ils acceptaient la notion de légitimité, qu'ils sont illégitimes et leurs lois aussi (Bertrand Renouvin a déjà labouré ce terrain). De là vient leur incompréhension de la légitimité. Elle les arrange bien.

Le trésor de la légitimité est de nouveau à terre. Qui le ramassera ?

lundi, juin 18, 2018

Un certain 18 juin 1940

J’apprécie que les commémorations officielles de l’appel du 18 juin soient réduites au minimum. La France officielle s’est depuis longtemps déshonorée, elle ne mérite plus de parler de cet appel, elle le salirait.

Que ceux qui sont couchés devant l’Allemagne se taisent, c’est très bien. Même de Villiers fait des mamours à Macron.

Il y a quelques années, j’ai écrit que les Français étaient abandonnés et trahis par leurs élites. Que devrais-je écrire aujourd’hui ?

Alors, Français fidèles, trouvons réconfort dans cet appel d’un général inconnu :



dimanche, juin 19, 2016

« There will be no turning back »

David Cameron dit aux Britanniques, évidemment à propos du Brexit : « There will be no turning back ». Il n'y a pas demi-tour possible.

Or comme l'explique Natacha Polony :

La chronique de Natacha Polony : un certain mois de juin, en pleine débâcle

la démocratie, c'est le système politique réversible, où on peut changer d'avis. C'est même la seule supériorité de la démocratie. Tous les systèmes politiques peuvent se tromper, mais, en démocratie, on peut changer d'avis et corriger les erreurs. On connaît Churchill : « La démocratie, c'est le système qui trouve la bonne solution ... après avoir essayé toutes les autres ».

De Gaulle , avec sa gouaille : « C'est de la rigolade ! Vous avez déjà vu un grand pays s'engager à rester couillonné, sous prétexte qu'un traité n'a rien prévu pour le cas où il serait couillonné ? Non. Quand on est couillonné, on dit: “ Je suis couillonné. Eh bien, voilà, je fous le camp !” Ce sont des histoires de juristes et de diplomates, tout ça ».

L'appel du 18 juin est celui d'un partisan de la réversibilité de la défaite contre les partisans de l'irréversibilité.

Le fait accompli est anti-démocratique.

Cependant, l'histoire est une suite de faits accomplis. La politique, c'est la gestion des faits accomplis. Nous ne sommes pas loin de dire que l'histoire et la politique sont anti-démocratiques.

Alors ? C'est simple. Pour aller à contre-courant de la pente historique, pour refuser le fait accompli politique, il faut en payer le prix. La démocratie, ça coûte, ce n'est pas naturel, c'est fragile, cela demande des efforts constants.

Notre peuple, épuisé, battu, envahi, en est-il encore capable ? Aujourd'hui, non. A l'évidence, nous ne vivons plus en démocratie. Mais demain ? Tout espoir est-il fini ? Je ne le crois pas. On ne dispose pas si facilement d'un vieux peuple.