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mardi, février 11, 2020

Mila, pour conclure : La liberté d’expression est-elle réductible à la politesse ?

L'édito
La liberté d’expression est-elle réductible à la politesse ?

C’est un curieux argument qui se déploie dans le débat public depuis l’affaire Mila. Certes on veut bien reconnaître qu’il y a en France un droit à la liberté d’expression, mais attention, il y aurait tout de même des limites à ne pas franchir, notamment celles de la politesse et de la civilité. L’argument n’est pas nouveau. On l’entend régulièrement de la part de croyants, musulmans ou autres. Ils se sentent blessés en tant que croyants (par ailleurs tout à fait pacifiques et tolérants) qu’on puisse tenir des propos orduriers envers leur religion.
Au moment de Charlie, certains n’étaient pas Charlie parce que « être Charlie » revenait pour eux à s’assimiler à un journal de caricaturistes vulgaires. Alors qu’être Charlie était et reste une position de principe qui n’avait rien à voir avec les convictions et la sensibilité des uns et des autres. Soutenir la liberté d’expression c’est justement soutenir ceux qui ne pensent pas comme vous et dont les positions ou les dessins peuvent parfois vous choquer. Soutenir ceux qui défendent vos idées, la belle affaire…
« Il ne s’agirait pas de déplaire en affichant des principes républicains alors qu’il est beaucoup plus payant et prudent de s’indigner de la grossièreté d’une adolescente. »
L’argument du savoir vivre est aussi celui de Ségolène Royal qui ne souhaite pas « ériger une adolescente qui manque de respect comme le parangon de la liberté d’expression ». Celui aussi de Martine Aubry qui appelle à « faire preuve de retenue et éviter ce genre de propos même si les menaces sont inacceptables ». Sans parler de Fabien Roussel, secrétaire national du Parti communiste français, qui a jugé sur RMC que les « propos injurieux » de Mila n’étaient « pas admissibles ». Ces trois personnes sont en campagne. Pour les municipales ou la présidentielle. Il ne s’agirait pas de déplaire en affichant des principes républicains alors qu’il est beaucoup plus payant et prudent de s’indigner de la grossièreté d’une adolescente.

« Dégueulis verbal »

Alain Finkielkraut, qu’on ne peut pas soupçonner de dérive clientéliste, de gauchisme culturel ou de lâcheté face aux principes républicains, a défendu, lui, une position qu’il veut « intransigeante » (soutien absolu à Mila) mais « nuancée », car précise-t-il, « je ne suis pas Mila ». L’auteur de L’Identité malheureuse (Stock, 2013), homme libre par excellence, qualifie les propos de Mila de « dégueulis verbal » et déplore, à juste titre, la perte de la politesse, de l’éducation, la disparition d’un « surmoi » éducatif qui puisse s’opposer à ce flot ordurier. Il ajoute « la liberté d’expression est une conquête de la civilisation et la grossièreté une défaite de la civilisation ». Déplorer l’hégémonie croissante de la vulgarité et de la grossièreté, qui ont explosé grâce au tout-à-l’ego crado des réseaux sociaux, comment ne pas s’y rallier ?
« En ces temps difficiles où justement, ceux qui n’ont que faire d’une tradition française qui emprunte à la fois à l’héritage des Lumières et à celui de la République, sont en guerre contre nos valeurs, comment faire valoir cette élégance ? »
Mais si la liberté d’expression est d’abord une bataille menée par les philosophes des Lumières du XVIIIe siècle, est-elle une conquête de la civilisation ? Comment définir cette civilisation ? L’ensemble des bonnes pratiques et des mœurs définissant un vivre ensemble ? Une élégance, un agrément, un respect mutuel fondé sur une histoire commune ? Nous pouvons tous signer des deux mains. Mais en ces temps difficiles où justement, ceux qui n’ont que faire d’une tradition française qui emprunte à la fois à l’héritage des Lumières et à celui de la République, sont en guerre contre nos valeurs, comment faire valoir cette élégance ?
Si la défense de nos valeurs s’appuie sur une élégance du style et des mœurs, prenons garde. Les adversaires de notre mode de vie sont les champions de l’élégance, celle qui couvre gracieusement les femmes d’un foulard, au nom de la modestie et de la pudeur, deux autres grandes et belles qualités : ils revendiquent une féminité de reconquête islamique, contre le déploiement de vulgarité des filles en mini-jupes, en string, sans parler des baigneuses topless.

Menace du « chantage à la blessure »

Les adversaires de notre mode de vie sont les champions de la politesse envers les religions. Ils attendent bonnes manières et égards envers leur croyance car toute parole un peu rude, un peu grossière, s’assimile pour eux à une blessure, une offense non seulement envers la religion mais aussi envers les croyants : c’est au nom de cette blessure intime que certains sont prêts à poursuivre en justice, n’hésitant pas à remettre en question nos lois fondamentales. Comme l’avaient fait en leur temps certains milieux catholiques d’extrême droite, « qui avaient laissé entendre, lors du vote de la loi Ferry sur l’école laïque obligatoire, que cette loi, en forçant les pères à scolariser leurs enfants, blessait leur conscience », ainsi que le rappelle l’historien Jacques de Saint-Victor qui s’inquiète d’une menace de « chantage à la blessure ».
« Mila n’a sûrement pas hérité du langage brillant des philosophes des Lumières, mais elle est leur héritière lorsqu’elle s’obstine à dire, malgré les insultes dont elle est l’objet, qu’on a le droit de critiquer une religion et que ce n’est pas du racisme. »
La liberté d’expression ne peut pas être circonscrite à la politesse et aux bonnes manières. Elle est sûrement une conquête de la civilisation mais encore plus sûrement des lois républicaines qui la garantissent : la loi qui abolit le blasphème en 1791, celle qui sanctuarise la liberté d’expression et le droit de critiquer les doctrines et croyances en 1881. La France c’est la liberté d’expression au risque de la vulgarité et du mauvais goût. C’est Charlie Hebdo et Hara-Kiri, Siné, Wolinski, Cabu, Reiser, Charb et Riss. C’est L’Assiette au beurre. Ce sont les caricatures anticléricales du XIXe siècle et du XXe, dont on a oublié la violence « blasphématoire ».
Mila n’a sûrement pas hérité du langage brillant des philosophes des Lumières (la barre est très haute !), mais elle est leur héritière lorsqu’elle s’obstine à dire, malgré les insultes dont elle est l’objet, qu’on a le droit de critiquer une religion et que ce n’est pas du racisme.

Alléger les haines, les ressentiments et la violence mais pas les principes

Mona Ozouf soulignait récemment que Voltaire lui-même n’hésitait pas à être ordurier. Dans sa lettre à d’Alembert, il écrivait : « Tous, calvinistes fanatiques, papistes fanatiques, tous ont trempé dans la même merde détrempée de sang corrompu ». Certes, cela a plus de panache que « le doigt dans le cul » à la religion musulmane proféré par Mila. Mais Mona Ozouf nous rappelle que la liberté d’expression est un principe hiérarchiquement supérieur dans lequel, en pays laïc, nous nous rejoignons. Et que la frontière est infime entre « avoir des manières » et « avoir des égards » (comment faire la différence ?) ; et qu’il existe aussi des croyances et des convictions envers lesquelles il n’y a pas à avoir d’égards.
« Mona Ozouf est une quintessence d’intelligence, de délicatesse et de distinction. Calmement, elle dit “Je suis Mila, oui bien sûr”… Et dieu qu’elle est élégante. »
Mona Ozouf dit d’elle-même qu’elle est « de l’Ancien régime ». Elle est très attachée à la civilité, à l’agrément entre les sexes, à la galanterie, à la conversation. Et à la littérature comme dernier espace, peut-être, qui rend compte de la complexité de la nature humaine, des différences et de la singularité, de l’articulation entre le personnel et l’universel. Elle évoque « des livres, des femmes, et des manières », de sa façon subtile et brillante dans son dernier ouvrage Pour rendre la vie plus légère (Stock) qui rassemble ses interventions dans l’émission Répliques d’Alain Finkielkraut.
Mona Ozouf nous invite à nous alléger des haines, des ressentiments et de la violence mais pas des principes. Sur le plateau de télévision, l’historienne répond avec grâce et humour, parfois avec gravité. Elle est une quintessence d’intelligence, de délicatesse et de distinction. Calmement, elle dit « Je suis Mila, oui bien sûr »… Et dieu qu’elle est élégante.

lundi, juin 10, 2019

Bourgeois cathos : bourgeois d'abord, cathos si ça ne coûte pas grand'chose.

Nous discutions hier soir, autour d'une bonne bouteille et de homards (1) avec un ami qui connaît bien la population de bourgeois cathos (Neuilly, Versailles, XVIème et leurs équivalents provinciaux). Ils ont massivement voté Macron.

Nous sommes tombés d'accord qu'il n'y avait là aucune surprise, qu'à de rares exceptions hautement louables, ce sont des hypocrites, des pharisiens et des sépulcres mal blanchis, et que, lorsque les choses vraiment sérieuses sont en jeu, c'est-à-dire que leurs intérêts pécuniaires ont menacés, ils oublient de suite leurs prétendues convictions religieuses. C'est vrai dans la vie publique (le vote Macron (2)), mais aussi dans la vie privée (en cas de mésalliance qui menace l'héritage, la charité chrétienne s'évanouit à une vitesse sidérante).

Il y a quelques mois, Eric Zemmour posait la question (que je soupçonne d'être réthorique de sa part) de savoir si les bourgeois cathos de la Manif Pour Tous choisiraient d'être du coté du peuple avec les Gilets jaunes ou du coté de leurs intérêts avec Macron. Nous avons désormais la réponse, et je serais très surpris ... si elle avait surpris Zemmour.

Il connaît l'histoire, il sait qu'à part en 1914 et en 1958, la classe bourgeoise fut du coté de la trahison.

Nous ne sommes pas les seuls à le penser (commentaire du Figaro) :



Ces gens-là aiment beaucoup l'argent. Ils ne feraient pas la folie, comme certains pauvres, d'être généreux de leurs deniers. Ils donnent plus volontiers leur temps que leur argent.

J'ai longtemps cru que c'était parce que les familles nombreuses coûtent cher. Mais j'en connais maintenant plusieurs où les enfants sont casés et la ladrerie n'a pas reculé.

Benoit Malon, ancien communard, en 1881 : « Quand les choses vraiment graves sont en jeu, c'est-à-dire leurs intérêts financiers, [malgré leurs divisions politiques apparentes], les bourgeois se retrouvent unis comme un seul homme pour se défendre ».

Ces bourgeois cathos posent deux problèmes :

1) ils pourrissent la politique par leur anti-patriotisme.

2) plus grave, ils pourrissent l'Eglise. Si les disciples du Christ sont des pensionnaires du Rotary, quelle valeur a Son message ? On dit que le pape François déteste les catholiques européens parce qu'il les prend tous pour des Versaillais. Il devrait mieux se renseigner, mais, dans cette limite, je le comprends.

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(1) : homards (on en trouve en soldes) : 15 minutes thermostat 9, vous les coupez en deux dans le sens de la longueur (vous pouvez presser le contenu des têtes pour l'incorporer à une mayonnaise) et vous les flambez au cognac ou, plus original, au whisky (il faut bien que ce médicament anglais serve à quelque chose).





(2) : les surplus d'impôts Macron ne leur font pas plaisir, mais c'est peanuts par rapport à ce que leur couterait une vraie réforme économique comme la sortie de l'Euro.

mercredi, mai 29, 2019

Politique : cathos paumés

Commentaires sous un billet :





Je ne renie pas pas ma phrase « Les cathos et les bourgeois sont cons comme des bites », mais elle demande une explication.

L'aspect moral est déjà vomitif : les bourgeois ont voté Macron pour ce qu'ils pensent être leurs intérêts à court terme sans se préoccuper un seul instant de la France, de son peuple; de ses besoins, de son destin.

Jean Sevilla a des mots cinglants à ce sujet :

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Comment expliquer le vote des catholiques aux élections européennes ?

Ils ont participé en masse (pour 78 % d’entre eux) ; plus ils se déclarent pratiquants, plus leurs choix se sont portés vers les listes LREM (à 37 %) et LR (22 %). Les « non-pratiquants », eux, ont plutôt choisi le vote du Rassemblement national.

Le taux de participation des catholiques au dernier scrutin avoisine les 78 %. Ce chiffre est largement au-dessus de la moyenne nationale. Est-ce étonnant ?

Ce n’est pas étonnant. Les catholiques ont le souci de la vie en société, du bien commun et de la vie politique. De ce point de vue là, il y a une grande tradition d’intérêt. Les catholiques ne sont pas simplement en prière toute la journée, ils sont aussi impliqués dans la vie de tous les jours.

Un sondage montre que plus les catholiques sont pratiquants plus ils votent la République En Marche à 37 % ou Les Républicains à 22 %. Au contraire, les catholiques non pratiquants ont voté majoritairement le Rassemblement national.

Comment l’expliquez-vous ?

Une grande tradition démocrate-chrétienne a marqué l’Église de France. Cette tradition pousse une grande partie des catholiques à la modération politique. Les catholiques sont facilement centristes, du centre droit ou d’une droite modérée.

Par ailleurs, il y a une évolution sociologique de l’Église de France qui fait que les classes populaires sont moins pratiquantes. Les catholiques pratiquants sont plutôt de la catégorie sociale supérieure. Or, les catégories sociales supérieures ont voté Macron aux Européennes. Il y a une sorte d’embourgeoisement des catholiques qui fait qu’ils ont embrassé le vote majoritaire du milieu social qui est le leur.

C’est assez étonnant quand on sait que la République En Marche est plutôt favorable à la légalisation de la PMA et de la GPA. Comment expliquez-vous que les catholiques pratiquants normalement opposés à ces pratiques maintiennent majoritairement leur confiance vis-à-vis de la République En Marche ?

Je crains que ces catholiques pratiquants soient plus intéressés par ce qu’ils considèrent être l’intérêt de leur portefeuille. Ils pensent que Macron va satisfaire leurs attentes. Ils mettent les questions sociétales au second rang de leurs préoccupations. Le jour où le progressisme sociétal de Macron se développera totalement, ces catholiques-là n’auront plus que leurs yeux pour pleurer. Il suffit de regarder la configuration dans laquelle on est. Emmanuel Macron a toutes les chances d’être réélu en 2022. Quand nous aurons la PMA, la GPA, l’euthanasie et je sais ne sais quoi encore…

Pensez-vous que l’affaire Vincent Lambert a pu influencer le vote des catholiques lors de ces Européennes ?

Je ne crois pas du tout ou alors c’est vraiment marginal. Malheureusement, beaucoup de catholiques sont sur une position majoritaire sur le fait que Vincent Lambert serait un homme en fin de vie. L’idée de l’euthanasie progresse dans l’opinion publique et même chez les catholiques. C’est un constat absolument désolant.
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Mais, en plus d'être immoral, ce vote n'est même pas intelligent d'un point de vue égoïste, comme je l'explique dans les commentaires de cet article :

Vers un nouvel “Ancien régime” ? Ces minorités qui contrôlent de plus en plus la vie de leurs concitoyens.

Alors ? Un vote à la fois immoral et con, ça fait beaucoup.

Je pense que les catholiques (beaucoup d'entre eux, en tout cas) sont des paumés parmi les paumés : ils ne savent plus vraiment en quoi ils croient tout en croyant croire, ils se « protestantisent » sans être protestants. Ils prennent des bouts de doctrine par ci, en rejettent par là. Et ça finit par la croyance qu'accueillir en France toute la misère du monde est un devoir. Il n'y a pas plus immigrationnistes givrés que certains catholiques type folles à la messe. Décidément, les valeurs chrétiennes égarées de Chesterton.

Quel rapport avec le vote Macron ? Quand on a la tête en vrac sur la religion, il est peu probable qu'on ait la tête bien rangée en politique, tant les deux sujets sont connexes.



mardi, janvier 01, 2019

2019 : on prend les mêmes et on recommence



Savoureuse, la comparaison de Jean-Clause Trichet et de l'évêque Cauchon.

C'est, pour moi, une grande énigme.

Je tiens que les élites françaises sont plus traîtresses que la moyenne des élites nationales (mais pour des raisons plus intellectuelles que les élites compadores d'Amérique du Sud) et je ne comprends pas très bien pourquoi.

Je sais bien la raison souvent invoquée : l'alliance de l'universalisme chrétien et de l'hétérogénéité française conduirait nos élites à chercher ailleurs le salut, en trahissant leur pays. La France souffrirait d'être un oxymore : un particularisme universaliste. Mais ça ne me paraît très éthéré, comme explication.

lundi, juin 18, 2018

Un certain 18 juin 1940

J’apprécie que les commémorations officielles de l’appel du 18 juin soient réduites au minimum. La France officielle s’est depuis longtemps déshonorée, elle ne mérite plus de parler de cet appel, elle le salirait.

Que ceux qui sont couchés devant l’Allemagne se taisent, c’est très bien. Même de Villiers fait des mamours à Macron.

Il y a quelques années, j’ai écrit que les Français étaient abandonnés et trahis par leurs élites. Que devrais-je écrire aujourd’hui ?

Alors, Français fidèles, trouvons réconfort dans cet appel d’un général inconnu :



lundi, novembre 20, 2017

A Mantes-la-jolie, c'est pas joli, joli ...



Scénario très houellebecquien : les medias complices des émeutiers par leur silence. Les problèmes dont la télé ne parlent pas n'existent pas.

Vous noterez le cri « On est chez nous », dont la signification politique n'échappera à personne, sauf, bien entendu, aux éternels sourds et aveugles de la bien-pensance (l'ironie veut que cela soit aussi un cri de ralliement du FN).

Ca permet tout de même un calembour : Mantes-la-jolie devient Mantes-l'Algérie.

jeudi, novembre 09, 2017

Le courage intellectuel et moral

J'apprécie le jugement d'Hélie de Saint Marc : « L'autorité est la fille du courage sous toutes ses formes : physique, intellectuelle et morale ».

Le courage intellectuel consiste, selon le mot de Péguy, à voir ce que l'on voit, et le courage moral à ne pas chercher d'excuses au Mal et à ses serviteurs.

Ils peuvent être séparés. J'ai une connaissance qui analyse avec lucidité les problèmes du temps présent, en ce sens elle a du courage intellectuel, mais dès qu'il s'agit de tirer les conséquences, de conclure qu'il y a des gens qui sont nos ennemis et qu'il faut les combattre, il n'y a plus personne : pas de courage moral.

Mais ils sont souvent unis en un courage intellectuel et moral, ou, quand ils manquent, en une lâcheté intellectuelle et morale.

A propos de Trump puis de l'islam, Eric Zemmour montrent les trois courages (car on ne dit pas ce qu'il dit sur l'islam sans courir un risque physique) :

ZEMMOUR et NAULLEAU 08 Novembre 2017 HD

Je soupçonne que le courage intellectuel et moral est plus difficile, car il comporte un risque de souffrance sociale, que le courage physique, qui comporte un risque de souffrance physique mais une chance de récompense sociale.

Par exemple, bien des catholiques, à commencer par le premier d'entre eux et ceux qui sont juste en dessous, sont d'une très grande lâcheté intellectuelle et morale vis-à-vis de l'islam et d'autres choses:

Responding to Jihad: Going about our Business or Getting Down to Business?

« Jupiter » ou l’antéchrist à l’état gazeux

Des juristes et des hauts fonctionnaires aussi (d'ailleurs, comme le dit Zemmour, le droit, l'invocation rituelle de « l'Etat de droit » est très souvent le prétexte de notre lâcheté) :

Arrêt sur la croix de Ploërmel: une « laïque » surprise pour les islamistes : deux religions, deux mesures

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Pour les islamistes, si les « croisés » enlèvent eux-mêmes les croix, c’est qu’ils sont déjà en position de faiblesse, prêts pour la dhimmitude. Feu vert donc pour pousser le bouchon un peu plus loin … 
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L'histoire du communisme, surtout si l'on tient compte que l'islam c'est le communisme plus dieu, n'incite pas à l'optimisme.

Les intellectuels de salon ou d'université, parce que leur gagne-pain dépend beaucoup de leur réputation auprès de l'opinion, semblent particulièrement disposés à la lâcheté intellectuelle et morale. Ils nous le prouvent d'ailleurs tous les jours.

Les conséquences géopolitiques du communisme

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La faillite intellectuelle de la France

Dans L’étrange défaite, Marc Bloch essayait de comprendre les causes de la défaite surprenante de la France en 1940. Pour les historiens du début des années 2000, c’est un autre sujet qui s’annonce ardu : comprendre pourquoi des hommes, qualifiés d’intellectuels, ont pu défendre avec autant de passion et de force le communisme. Aujourd’hui encore, cette idéologie est globalement considérée comme bonne. On impute ses erreurs à Staline, le stalinisme, ce qui fut un très beau coup politique de Khrouchtchev : imputer les crimes du communisme à Staline pour laver le communisme de ses crimes. Cette erreur est toujours présente dans les manuels scolaires qui parlent du stalinisme et rarement du communisme et qui évoquent la fin du système totalitaire en 1953 (mort de Staline), omettant que celui-ci se prolonge jusqu’en 1991. Un tel aveuglement est non seulement un objet d’histoire, mais aussi un sujet d’inquiétude pour le présent. Il se poursuit quant à l’incapacité à penser et à comprendre l’islamisme et des mouvements culturels qui touchent certaines parties du monde. C’est le refus du réel, l’enfermement dans l’idéologie, qui fait que l’on peut encore parler de commémoration pour évoquer un événement qui a déclenché la mort de dizaines de millions de personnes.
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Séparer le léninisme, supposé bon, du stalinisme, mauvais, est un vieux truc de tchékiste bien expliqué par Volkoff dans Le retournement. Non, le communisme est pourri du début à la fin.


Stéphane Courtois : La révolution d'Octobre 1917 a été un désastre historique

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Un autre totalitarisme peut-il succéder au bolchevisme ?

Mais bien sûr, en 1979 la révolution de Khomeyni, l'invasion de l'Afghanistan par l'URSS et la prise d'otages géante de La Mecque ont servi de révélation à Ben Laden. L'islamisme, le projet de s'emparer de la société et de contrôler les individus sous prétexte de religion, conformément à la doctrine édictée par les Frères musulmans dans leur Manifeste de 1936, est le quatrième totalitarisme, après le bolchevisme, le fascisme et le nazisme, dont il partage de nombreux traits, la négation des choix individuels, même s'il a aussi les siens propres. Un projet de conquête mondiale qui attire les jeunes des sociétés perturbées par la mondialisation, en une surenchère sans fin de haine et de promesse de pureté narcissique. Or nombre de politiques, y compris apparemment le président de la République, ne semblent pas lucides sur le danger communautariste et djihadiste. On fait la cour au Qatar et à l'Arabie saoudite, qui soutiennent les agents d'influence de cette doctrine. Le XX siècle fut celui de l'invention du totalitarisme, si on n'y prend pas garde le XXI sera celui de ses héritiers...
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mercredi, novembre 01, 2017

Charente Libre : « Un pick-up fonce dans la foule : huit morts ». Que font les psychologues pour pick-ups ?

En un titre, la Charente Libre a réussi à occulter qu’il s’agit d’un attentat et qu’il a été commis non par un fou mais par un musulman.

Ces journaliste répondront que tout le monde comprend. Alors pourquoi ces circonvolutions ? Certaines choses vont mieux en le disant. Le devoir d’un journaliste n’est-il pas d’être au plus près des faits ? Sauf si, sous le nom de journaliste, on met autre chose que le journalisme. Le gardiennage de l’ordre moral, par exemple.

La concision ? « Un islamiste fonce dans la foule : huit morts » fait deux caractères de plus. La Charente Libre est-elle à deux caractères près ?

Dans quel journal a-t-on lu récemment :

« Etats-Unis : un mort lors d'un rassemblement néo-nazi à Charlottesville » ?

Pas de fausse pudeur, coupable identifié ? Ça serait-y pas quand même la Charente Libre. Tu vois, quand tu veux ...

Pendant ce temps, le Telegraph titre « New York terror attack: Eight dead as truck rams cyclists in Manhattan as driver shouts 'Allahu Akbar’ ».

Bon, vous allez me dire qu’un homme qui s’attaque à des cyclistes new-yorkais (l’équivalent américain des cyclistes parisiens) ne peut être entièrement mauvais.

vendredi, octobre 20, 2017

Pratiquants non-croyants : faux chrétiens, vrais cathos à babouches

Il y a, d’après certains sondages, entre un quart et un tiers de ceux qui vont à la messe régulièrement qui ne croient pas à un ou plusieurs dogmes fondamentaux de l’Eglise : immortalité de l’âme, Résurrection, etc.

Mais cela se ramène toujours d’une manière ou d’une autre à ne pas croire en l’Incarnation, à ne pas croire que le Christ est vrai homme et vrai dieu, qui s’est sacrifié sur la croix puis est ressuscité le troisième jour.

Pour eux, Jésus n’est qu’un prophète parmi d’autres.

Autrement dit, ce sont des pratiquants non-croyants, des catholiques non-chrétiens. Pour eux, l’Eglise est une ONG moralisante vaguement déiste. Ils retiennent « Aimez vous les uns les autres » et ils méprisent « Je suis le chemin , la vérité et la vie. Nul ne vient au Père que par moi ».

Mais, dites moi, une hérésie déiste inspirée du christianisme qui refuse catégoriquement la divinité du Christ et qui abhorre la croix, ça ne vous rappelle rien ? Mais oui, mais c’est bien sûr ! L’islam !

Vous comprenez alors pourquoi ces catholiques non-chrétiens sont si attirés par l’islam, sont si facilement soumis aux préceptes, interdits et recommandations de l’islam, pourquoi ils sont en pointe pour ramper devant les musulmans, c’est que, au fond, ils pensent que la croix est « juste un morceau de bois ». Ils ne croient pas en ce qui devrait les séparer irrémédiablement de l’islam, alors, ils sont attirés par les points communs (la croyance en un dieu unique, la communauté des croyants, etc.). Et aussi, ces femmelettes sont fascinées par la force.

L’imbécile de prof de cette video n’est qu’un exemple parmi d’autres. Il y a plus grave : bien des clercs sont, d’après leurs déclarations publiques, dans cet état d’esprit : ils ignorent ce qui devrait les séparer de l’islam, le Christ. Ceux-là sont religieux avant d’être chrétiens : peu leur importe la religion, pourvu qu’ils en aient une.

Oui, sous certaines formes perverties, l'église romaine est un danger pour l'Europe.




dimanche, octobre 15, 2017

Youssef et la croix



Dans le billet précédent, je parle de courage individuel.

Nous avons là un bel exemple de manque de courage. Mais n'accablons pas trop cet instituteur veule et niais : s'il avait eu une autre réaction, aurait-il été soutenu par sa hiérarchie ? Non. Aurait-il été soutenu par ses collègues ? Non.

C'est difficile d'avoir du courage tout seul.

dimanche, septembre 17, 2017

L'odieuse (et folle, et suicidaire, et criminelle) préférence des traitres pour les victimes musulmanes

Rohingyas : idéologies et approche victimaire

Birmanie : qui se souvient des Karens ?

Il faut avoir pitié de toutes les victimes, mais, n'ayant pas le coeur aussi grand que Dieu, nous devons faire des choix. Le mien, entre des chrétiens qui souffrent et des musulmans, qui ne sont pas nos amis quand ils ne sont pas nos ennemis, qui vénèrent une idole, est vite fait.

Le choix de l'hyper-classe mondiale est inverse :

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Sous la houlette des ONG toutes dévouées au milliardaire apatride George Sörös et du Turc Erdogan, autoproclamé Commandeur et Défenseur des Croyants, la mobilisation en faveur des Rohingyas, dont la rébellion armée serait sauvagement réprimée par le gouvernement birman accusé, au surplus, de nettoyage ethnique – crime majeur qui légitima en 1999 l’agression de l’Otan contre la Serbie –, ne cesse donc de prendre de l’ampleur, à l’ONU comme dans les médias internationaux.

La campagne assourdissante à laquelle se livrent la plupart des médias est en total contraste avec le silence observé plus d’un demi-siècle durant, de 1948 à 2012, sur la persécution tout aussi musclée exercée par la junte birmane contre la minorité karen, victime de massacres et de déportations. Cela dans l’indifférence générale – sauf dans notre mouvance, alertée par le grand reporter de guerre Marc Charuel –, évidemment due au fait que le régime birman était communiste cependant qu’un bon tiers des Karens (aux côtés desquels certains nationalistes français partirent combattre) sont chrétiens, au contraire des Rohingyas qui sont musulmans.

Actuellement encore, 65% des Karens parqués dans des camps de réfugiés en Thaïlande sont chrétiens, descendants de leurs ancêtres évangélisés au début du XIXe par des missionnaires britanniques. Mais qui s’en soucie ?

Et pour rester en Asie, qui se souvient d’ailleurs du martyre (entre 100.000 et 200.000 morts pour une population de 800.000 habitants) subi par l’ancienne colonie portugaise et donc christianisée du Timor oriental, envahi puis unilatéralement annexé par l’Indonésie musulmane, dont l’armée le ravagea systématiquement jusqu’en 1999 ?

Comme on voit, toutes les victimes ne se valent pas aux yeux de la Morale unique. 

Camille Galic
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Waillid Al-Husseini, dans Une trahison française, écrit que les élites françaises ne vont pas se soumettre, au futur, à l'islam, que c'est déjà fait, qu'elles sont déjà soumises, puisqu'elles accordent, en pratique, à l'islam exactement ce qu'elle réclame : un traitement particulier, de faveur, différent des autres religions.

Les victimes musulmanes sont plus dignes de considération que les autres, les prescriptions de l'islam sont plus dignes de respect que les autres, les musulmans doivent être plus ménagés que les autres (parce qu'ils sont plus « sensibles », c'est-à-dire plus prompts à la colère, au massacre, à la terreur).

Les salauds ! Qui défendra la France, son peuple, sa culture, son mode de vie, si ceux dont c'est la mission et l'honneur s'enfuient en courant ?

Foutez moi tout ça dehors !

samedi, septembre 16, 2017

La dimension ethnique du crime

La dimension ethnique du crime

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J’ai alors compris qu’il ne fallait pas dire certaines choses, même vraies. Ceux qui voulaient me censurer n’étaient pas gênés de vouloir cacher la vérité. Ils avouaient aussi un profond mépris de la démocratie en disant que publier ces chiffres favoriserait le racisme. C’était prendre les citoyens pour des crétins qui n’étaient pas capables de se faire une opinion en dehors des rapports officiels. Les censeurs étaient donc malhonnêtes mais aussi d’une rare stupidité : ils ne comprenaient rien aux mécanismes sociaux qui sont à l’origine de la criminalité, à l’origine du racisme ou tout simplement à l’origine du mécontentement populaire.

Je viens de retrouver cette inconséquence à propos des pillages dans l’île de Saint-Martin suite au passage du terrible ouragan Irma. On a reproché au gouvernement de ne pas avoir prévu ces pillages qui n’ont pas eu lieu dans l’île voisine de Saint-Barthélemy. On a montré une ignorance crasse : dans tous les pays de culture africaine, lorsque des désordres ont lieu, les pillages se généralisent. Ce fut le cas en Afrique, au sud des Etats-Unis (ouragan Katrina en 2002 à la Nouvelle-Orléans). Il faut donc prévoir des forces de l’ordre plus importantes que si la population était ethniquement différente, norvégienne par exemple.

La dimension ethnique des phénomènes criminels est un sujet tabou dans les médias et la politique. Pourtant, les milieux professionnels de la justice et de la police ne peuvent les ignorer : on sait bien que la mafia est plus importante en Italie du Sud qu’en Italie du Nord, à Naples plutôt qu’à Milan. C’est moins une question de géographie que de groupes ethniques. La mafia s’est exportée aux Etats-Unis avec de grandes figures comme Al Capone, issues de l’immigration d’Italie du Sud. Les sociologues du crime ont noté que, non seulement les mafiosi se recrutaient au sein de la même ethnie (comme les yakuzas japonais), mais encore au sein du même village partageant le même dialecte. Car les chefs de ces réseaux ne font pas confiance aux personnes d’une autre ethnie.

Lors d’une mission à Mayotte, j’ai rencontré un ancien fonctionnaire important d’origine locale qui m’a dit : « Si vous voulez lutter contre la corruption, faites venir des Blancs de Métropole car ici, nous les locaux, on est tous corrompus (sic) ! » Il m’expliquait que la logique de distribution de l’argent public envoyé par la France était de répartir celui-ci selon une logique tribale. Chaque tribu se sert à tour de rôle. Il est très difficile d’éradiquer de tels comportements collectifs.

Les classes dirigeantes politique, administrative et médiatique ne veulent pas prendre en compte ces faits qui sont gênants du point de vue du dogme égalitaire. Ignorer ces faits pour les bourgeois de l’oligarchie ne présente que des avantages : pas de problèmes avec quiconque, pas de risque de se faire accuser de « racisme » qui pourrait freiner leur carrière. Ceux qui seront victimes du mensonge n’appartiennent pas aux réseaux du pouvoir.

Ce sont les plus pauvres et les plus démunis qui sont lésés. Si l’argent public disparaît au profit de réseaux mafieux, on construira moins de classes et ce sont les enfants des pauvres qui en souffriront. Ils sont hors d’état de faire valoir le préjudice subi. Devant le préfet ? Il ne fera rien, hors quelques propos apaisants. Devant les médias ? Ils se tairont aussi. Les classes souffrantes n’ont pas de relais ni dans les réseaux du pouvoir, ni dans les médias.

La pire des situations est celle des pauvres Français « de souche », comme on dit. Les médias s’intéressent aux dirigeants ou aux immigrés mais certainement pas aux Français du peuple soupçonnés d’être « rétrogrades ». Cette injustice a été bien décelée par quelques scientifiques comme le géographe et sociologue Christophe Guilluy dans son livre sur « La France périphérique ».

Evidemment, le refus de prendre en compte la dimension ethnique de la criminalité a des conséquences négatives pour les forces de prévention et de répression du crime. Les milieux d’idéologie « droits de l’hommiste » ne cherchent pas à combattre le crime mais traquent uniquement les blasphèmes envers leur idéologie : ces blasphèmes s’appellent des discriminations.

Le souci des idéologues des droits de l’homme n’est pas de faire reculer l’insécurité qui frappe plus que proportionnellement les faibles et les pauvres : ils se préoccupent plutôt des droits des criminels et des voyous. Les victimes n’ont aucune importance sauf dans deux cas :

1/ si elles appartiennent à l’oligarchie, comme Nathalie Kosciusko-Morizet « bousculée » sur un marché lors d’une campagne électorale par un brave maire de province sans le moindre antécédent de violence ou de délinquance ;

2/ si elles appartiennent à des minorités ethniques qui bénéficient d’une protection privilégiée pour des raisons idéologiques.

Bien sûr, les forces de l’ordre ne sont pas dupes dans leur vie de tous les jours. Mais elles se taisent par peur de l’idéologie dominante. La situation générale rappelle d’ailleurs celle de l’Occupation allemande. A cette époque, il ne fallait pas dire du mal de l’occupant, quoi qu’on en pense. Même les propos contre l’occupant tenus en privé étaient dangereux : on pouvait être dénoncé par son voisin. Aujourd’hui, il en est de même si vous voulez critiquer tel ou tel groupe ethnique pour son comportement.

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vendredi, septembre 08, 2017

Les ennemis de la France se nourrissent de sa veulerie


Les ennemis de la France se nourrissent de sa tolérance


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Voici, entre autres, ce qu’écrit Gabriel Martinez-Gros : « Le désarmement idéologique des États renforce partout la dissidence armée ». Nous sommes face à « des formes de refus et de violence d’autant plus radicales qu’elles sont plus efficaces face à des populations majoritaires de plus en plus désarmées matériellement et psychologiquement », en raison de « la domination sans partage du discours non violent. Il n’est pas de recours à la force, si légitime qu’en semble la cause, qui ne suscite réticence. Il n’est pas de guerre qu’on ne déclare absurde, ou dont on accepte d’examiner les raisons. » Or, « le djihadisme rompt avec la morale des masses, et se revendique en élite de guerriers. »

Excuser les coupables…

Sans la rejeter a priori, il disqualifie après examen la thèse de « l’islamisation de la radicalité. » « La première préoccupation de ceux qui la soutiennent est en effet de disculper l’Islam, et surtout la religion musulmane, de toute implication dans la violence du djihadisme – ou plutôt du terrorisme, selon les mots que la réserve médiatique et politique impose le plus souvent. Ces événements, disent-ils, pourraient survenir n’importe où. C’est évidemment faux. […] Ce choix de l’Islam, effectué par des millions de militants dans le monde, n’est ni fortuit, ni superficiel. Tout étudiant en sciences humaines sait – ou devrait savoir – qu’il est impossible d’analyser un phénomène – ethnologique, sociologique, historique – hors des mots dans lesquels il se donne. Imagine-t-on d’analyser le nazisme comme on prétend aujourd’hui analyser le djihadisme, en détachant sa « base sociale » de son « propos idéologique » ? On en conclurait que les nazis furent des ouvriers malchanceux, des petits commerçants ruinés par la crise, des intellectuels au chômage, des ratés du système capitaliste… La guerre mondiale, la hiérarchie des races, l’extermination des juifs ? Simple habillage infantile d’une violence de déshérités… »
Et il dénonce l’aveuglement de « la gauche en particulier, qui ne veut voir que problèmes sociaux là où éclate l’évidence d’un choix politique. Le paradoxe veut que ce même consensus, et cette même gauche, s’alarment d’une extrême droite populiste, dont le programme ne comporte pourtant aucune des condamnations radicales des fondements de l’Occident – en particulier la souveraineté du peuple, l’abolition de l’esclavage et de la polygamie, ou l’égalité des sexes – que les djihadistes proclament très ouvertement. »
Hélas, les Etats « ne permettent en revanche à personne d’imaginer que les " barbares " de leurs banlieues sont autre chose que des civilisés potentiels, malheureux d’être privés des bénéfices de la civilisation. Un délinquant, surtout s’il est jeune, a dû manquer d’affection, d’école, de soin, de théâtre, d’art, de salle de sport…, de mille autres choses sans doute à condition qu’on les fasse précéder du verbe « manquer ».
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samedi, septembre 02, 2017

Catalogne : l'alliance des salauds (2)

Dans la même veine que précédemment :

« LES LIAISONS DANGEREUSES : SÉPARATISME, ISLAM RADICAL ET ATTENTATS EN CATALOGNE », PAR NICOLAS KLEIN



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De la même façon, un élu de gauche séparatiste, Benet Salellas (CUP), a pu obtenir l’absolution pour un autre membre du réseau fondamentaliste de Mohamed Mrabet, Mohammed Samadi. Ce responsable de la Candidature d’Unité populaire s’était fait une spécialité de la défense des personnes accusées de djihadisme. L’on serait également en droit d’exiger de Benet Salellas des excuses en bonne et due forme et un retrait de la vie politique.

Le trouble est donc largement jeté dans les rangs de la politique séparatiste catalane mais aussi au sein du monde associatif qui y est lié et au sein de la police autonome régionale. Face à cette litanie d’erreurs, de dérapages et de mesquineries causés dans leur grande majorité par la volonté toujours plus aveugle de faire de la Catalogne une république indépendante, la Généralité, les Mossos d’Esquadra et toutes les autorités sécessionnistes n’ont pas facilité l’enquête policière après les attentats des 17 et 18 août derniers. L’on peut légitimement se demander ce qui serait advenu si la Catalogne avait effectivement été un État indépendant mais faible et sans réelles ressources.

Que les choses soient claires : les seuls et uniques responsables de ces attaques sont les terroristes qui les ont fomentées et menées à bien. Par ailleurs, nul ne peut affirmer avec certitude qu’un tel massacre aurait pu être évité si la police nationale espagnole et la Garde civile avaient eu accès à tous les éléments du dossier. Après tout, le djihadisme frappe partout dans le monde et en Europe ; toutes les précautions prises à son égard ne sauraient à elles seules nous épargner une déconvenue. Cependant, le comportement général des séparatistes a probablement aggravé la situation et retardé les effets d’une coopération efficace des forces de l’ordre. Il a aussi mis en défaut le dispositif antiterroriste qui faisait jusqu’alors la réputation du pays.

Cette attitude démontre non seulement la bassesse du [gouvernement de Catalogne] et de ses affidés mais aussi (et peut-être plus fondamentalement) leur détermination mortifère à parvenir à leurs objectifs délirants. La majeure partie des problèmes politiques et policiers liés aux attentats que vient de subir l’Espagne est indubitablement causée par les lubies indépendantistes de la Généralité et son refus systématique de tout ce qui pourrait venir de Madrid.

Que le pouvoir de Barcelone ait agi ou non de bonne foi tout au long de ces années importe désormais bien peu. L’ensemble des éléments que nous avons présentés dans ce dossier (et qui sont connus de tous ou presque outre-Pyrénées) doit mettre Carles Puigdemont, Josep Lluís Trapero, Ada Colau, tous les partis politiques indépendantistes et tous ceux qui ont un lien avec les événements d’août 2017 devant leurs responsabilités. L’on peut au minimum exiger de leur part des excuses publiques et une pleine et entière coopération avec Madrid. L’on peut aussi se demander si des démissions en chaîne ne devront pas survenir afin d’assainir en profondeur le marigot séparatiste.
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Catalogne : l'alliance des salauds

L’alliance objective des séparatistes extrémistes, d’une certaine extrême-gauche et de l’islamisme radical : les leçons des attentats de Barcelone

Dans cet article, on apprend que :

1) L'avocat de l'imam qui a motivé et endoctriné les terroristes est le premier adjoint (indépendantiste) de la région de Catalogne.

2) L'attentat n'a pas été déjoué à cause de la mauvaise volonté de la police catalane à agir sur instruction de Madrid.


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Deux jours après les terribles attentat de Barcelone et Cambrils, le parti séparatiste catalan d’extrême-gauche qui co-dirige la Mairie de Barcelone et la région de Catalogne (Generalitat), a tenu à déclarer et faire relayer dans les médias catalans que les attaques jihadistes ne sont pas le fait de musulmans, et pas même d’islamistes, quand bien même un imam fanatique a été identifié comme le cerveau des attentats et le fanatiseur en chef de tout un réseau tentaculaire hispano-marocain établi en Catalogne, mais du « fascisme terroriste et de son parrain, le capitalisme ». Durant la manifestation qui a été organisé le 26 août contre le terrorisme, l’ennemi a une nouvelle fois été désigné, le terrorisme fasciste et capitaliste et « son complice, l’Etat post-franquiste espagnol », le roi d’Espagne et Mariano Rajoy en tête, par ailleurs hués et insultés durant une manifestation orwellienne baptisée « Union » mais qui a mis en scène une désunion aux relents de guerre civile espagnole. Il est clair que quoi qu’il arrive, l’incarnation et la source du Mal ne peuvent être que des « impérialistes occidentaux » et jamais les suprémacistes islamistes pour l’extrême-gauche tiersmondiste, dont la CUp est, avec Podemos, et les mélanchonistes français ou autres trotskistes européens, depuis toujours attachés à faire des masses musulmanes radicalisées des « alliés » révolutionnaires et un lumpen-prolétariat de substitution, sont les expressions les plus fidèles.

[…]

En conclusion, l’une des raisons pour lesquelles l’attentat n’a pas pu être déjoué à temps et ses commanditaires arrêtés, n’a pas été le manque d’information, mais le refus obsessionnel des autorités « nationalistes » catalanes, dont les Mossos, de suivre les instructions de la Guardia Civil et de la Police Nationale dans les investigations anti-terroriste.

Absence d’union et récupération politicienne obscène

Loin de se remettre en question et de faire une pause dans la guerre politique fratricide opposant Madrid à Barcelone, dès le soir même des attentats du 17 août, le gouvernement catalan, la Generalitat, a tenté de profiter un maximum du de dividendes politiques de l’attaque terroriste en ne cessant de vanter le professionnalisme des Mossos de Esquadra dont l’efficacité « prouverait » que la Catalogne peut être indépendante et gérer de façon optimale ses affaires régaliennes comme tout autre Etat, voir mieux que l’Etat espagnol... Fidèle à la rhétorique victimiste et narcissique ambiante, le président catalan, Carles Puigdemont, a dénoncé la « campagne de dénigrement dont seraient victimes les catalans et en particulier les Mossos de Esquadra », ceci durant une visite au Danemark où il inaugurait une délégation de son gouvernement autonome (Generalitat) pour les pays nordiques. Il en a profité pour vanter les Mossos qui ont « démontré avoir été capables de se comporter en force de sécurité d’une vraie nation indépendante ».

[…]

Ceci n’était qu’un tour d’horizon rapide du spectacle de division et donc de vulnérabilité stratégique que des peuples infidèles peuvent donner à la face du monde entier après une attaque d’une barbarie telle contre l’Espagne qui aurait pourtant dû être une occasion de témoigner d’une unité et de se réconcilier. Une chose est claire : l’ennemi jihadiste qui regarde ce spectacle ne peut manquer de se dire : « l’Espagne, ça marche à chaque fois » : en 2004, ils se sont divisés entre droite PP (Aznar) et parti socialiste (Zapatero), lorsque la gauche accusa Aznar de ne pas avoir nommé la menace terroriste islamiste et d’avoir chargé l’ETA basque, erreur fatale qui permit de faire battre le candidat du premier (Rajoy). Cette fois-ci, la gauche incrimine le gouvernement PP de Rajoy et la monarchie et nous exonère en refusant toute association entre terrorisme et islamisme … Le terrorisme finit par marquer des points psychologiques et formater les esprits.
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C'est l'alliance des salauds : indépendantistes et islamistes veulent détruire les Etats nationaux.

Dans leur principe, les mouvements indépendantistes européens (Catalogne, Corse, Ecosse, etc.), me laissent fort perplexe et je vois, dans la pratique, que les indépendantistes sont plus souvent qu'à leur tour des enflures, des corrompus, des fanatiques (1).

Alors qu'en théorie, je plaide pour des entités politiques plus petites, plus agiles et plus démocratiques, je m'aperçois qu'en réalité, la décentralisation, ça veut toujours dire corruption et oppression, un gouvernement d'arrivistes, de magouilleurs et d'oppresseurs.

Bref, je dois me tromper quelque part.

En tout cas, il y a un truc que je comprends : la France, malgré ses difficultés, est encore l'Etat-nation qui résiste le mieux, ou le moins mal, en Europe de l'ouest. Il est donc logique qu'elle soit une cible privilégier pour les enfoirés gauchistes et les criminels islamistes.

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(1) : rappelons que, dans toutes les régions à fort mouvement indépendantiste, la liberté de parole est devenue une chimère, il est de plus en plus difficile de dire publiquement qu'on est opposé à l'indépendance.



vendredi, septembre 01, 2017

Rémi Brague répond au pape François Zéro

Rémi Brague : « Non, la parabole du bon Samaritain ne s'applique pas aux États ! »

Ce que j'apprécie dans cet article, c'est que Brague déplace le débat habilement en disant qu'il n'y a pas besoin de faire des tartines de philosophie et théologie pour comprendre que ce que dit le pape est débile.

Noyer le poisson dans le verbiage est très moderne, cela fait partie des techniques pour faire écran entre la réalité et le peuple. Il est donc sain, intelligent et appréciable qu'un problème simple soit débattu simplement.

Or, la politique migratoire est un problème simple : « Qui accepte on d'accueillir dans notre pays de manière permanente ? Temporaire ? Qui refuse-t-on ? » L'humanité répond à cette question depuis la nuit des temps et la réponse n'est jamais complexe parce qu'elle engage les fondamentaux de l'instinct de survie : est-ce un ami ? Un ennemi ?

On peut se tromper dans la réponse, faire une erreur de jugement, comme chaque fois qu'on prend une décision, mais l'orientation fondamentale n'en devient pas difficile pour autant.

Les modalités de l'action peuvent être complexes (et encore ... on sait très bien qui sont les fouteurs de merde et pourquoi), mais la direction de l'action elle-même, en l'occurrence, l'extrême prudence dans la sélection des immigrés, ne fait aucun doute ... sauf si on a perdu l'instinct de survie.





















vendredi, août 25, 2017

Brève apologie pour un moment catholique (JL Marion)

L'article de Jacques Sapir ci-dessous introduit fort bien le livre de Jean-Luc Marion. Etonnant ! Le moins que l'on puisse dire Sapir n'est pas un écrivain catholique.

Charlie, la caricature et « l’islamophobie »

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La laïcité n’est pas un supplément d’âme à la République. Elle en est en réalité le ciment. Il n’est pas anodin que l’un des grands penseurs de la souveraineté, Jean Bodin, qui vécut au XVIème siècle dans l’horreur des guerres de religion, ait écrit à la fois un traité sur la souveraineté et un traité sur la laïcité.

Il convient de bien comprendre ce lien étroit qui unit la notion de souveraineté à celle de laïcité. La souveraineté implique la définition d’un souverain. Une fois établie que la « chose publique » ou la Res Publica est le fondement réel de ce souverain, comme nous y invite Jean Bodin, il nous faut définir le « peuple » qui exercera, soit directement soit par l’entremise de formes de délégation, cette souveraineté. C’est bien pourquoi la question de la souveraineté est aussi centrale, car elle implique la définition de la communauté politique qui l’exerce.

Nous savons ce qu’est une crise économique, et nous mesurons tous les jours ce que peut être une crise sociale. Ces crises engendrent un profond sentiment d’insécurité[9]. Mais il y a dans la situation actuelle quelque chose de plus, tant quantitativement que qualitativement. Nous découvrons désormais ce que peut être une crise de la Nation, ce moment particulier où l’on sent le sol qui se dérobe sous nos pieds, où ce que l’on pensait être garanti est brutalement remis en cause. De ce sentiment découle celui de l’insécurité culturelle qui, se combinant à l’insécurité sociale, produit ce qu’un auteur appelle le « malaise identitaire ». Derrière le symptôme, il y a bien une réalité, et c’est cette réalité qu’il nous faut tenter de comprendre.

La crise de la Nation, est aussi une crise de l’Etat. Elle laisse les citoyens démunis et sans pouvoir pour peser sur la situation. Il en est ainsi car ils sont privés du pouvoir de faire et de modifier les lois et par là même ils sont privés du pouvoir d’organiser collectivement leur propre futur. « Il n’y a d’irrémédiable que la perte de l’Etat » a dit un roi de France[12] en des temps anciens, mais qui semblent aujourd’hui étrangement, et tragiquement, proches.

Quand Henri IV fit cette déclaration devant les juges de Rouen, car un Parlement à l’époque était une assemblée de juges, il voulait faire comprendre qu’un intérêt supérieur s’imposait aux intérêts particuliers et que la poursuite par les individus de leurs buts légitimes ne devait pas se faire au détriment du but commun de la vie en société. En redonnant le sens de la Nation, il mit fin à la guerre civile.
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On mesure l'intelligence de Sapir au fait que, pour lui, la France n'a pas commencé en 1789, ce qui, dans son milieu, est une sorte d'exploit.

Que dit Sapir ?

Que la séparation du public et du privé est essentielle à l'existence d'une nation (par opposition à une tribu). Sans cette séparation, il n'y a pas de nation.

C'est cette séparation que l'islam remet en cause (Sapir, en bon gauchiste cette fois, ne le dit pas).

Que dit Marion ?

Que la séparation, du public du privé, du temporel et du spirituel, n'appartient qu'au catholicisme. Il en est l'inventeur et le promoteur, la source.

Nous sommes en décadence et non en crise. La crise est le moment du changement, où disparaît ce qui était et où ce qui sera n'est pas encore apparu. Nous souffrons justement de ne pas être en crise : rien ne change, les problèmes perdurent depuis cinquante ans en s'aggravant toujours sans aucun espoir de changement.

Or, il y a une institution en crise perpétuelle, parce qu'elle passe son temps à changer : l'Eglise. Elle va, éternelle, de crise en crise. Pour Marion, il y aura un moment catholique en France tout simplement parce que l'Eglise finira par être la seule institution encore debout, la seule à rester vivante, avec toutes les vicissitudes de la vie.

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Il se pourrait que, contre toute attente et toutes les prédictions des sages, des experts et des élites supposées, nous allions au-devant d'un extraordinaire moment catholique de la société française. Ou plutôt, il se pourrait qu'un tel moment, décidément hors de portée du pouvoir et de la rationalité positiviste de la politique contemporaine, constitue la seule option raisonnable qui nous reste.
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Les propos de Sapir et de Marion s'emboitent très bien. Et sont un motif d'espoir.

jeudi, août 24, 2017

François Zéro : mise au point théologique

Depuis ses déclarations folles (diaboliques ?) sur les immigrés (dont Laurent Dandrieu rappelle dans le Figaro qu’elles sont dans la continuité des papes précédents, mais plus extrêmes), le pape François Zéro se fait mitrailler mais je suis étonné de la relative mollesse des réactions théologiques. Voici un article de Causeur :

François, le pape qui ne savait plus être pape

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Le texte puéril du pape oublie complètement la théologie de la Rédemption et le problème du mal. Le Christ est venu pour nous racheter du péché et nous arracher au mal à condition que nous nous tournions vers lui et devenions l’un de ses disciples. Le Christ nous donne le salut si, agissant en toute liberté, nous choisissons de le suivre. Le pape devrait se soucier de l’âme et du salut éternel des migrants avant de se soucier de leur salut temporel. Il devrait donc exiger que ceux-ci se convertissent avant de poser le pied en Europe. L’Eglise catholique est encore riche, avec un peu de logistique et d’organisation, elle pourrait envoyer partout des flottilles chargées de curés et de moines convertisseurs. Le processus d’intégration serait accéléré, car on ne débarquerait sur les ports de la côte nord de la Méditerranée que des voyageurs chrétiens.
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Je sais que les théologiens ne se précipitent pas, ils ont les siècles pour eux. Il faudra peut-être attendre quelques semaines pour avoir une réponse argumentée.