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lundi, novembre 18, 2019

Gilets Jaunes : préférer l'injustice au désordre ?

Pour ceux qui ont le courage de voir ce qu'ils voient, il est évident que :

1) le gouvernement a choisi la répression politique des Gilets Jaunes.

2) des policiers sadiques, du haut (1) en bas (2) de la hiérarchie, sont complètement hors de contrôle, sûrs de l'impunité, voire de la récompense.

Certains ont bien compris : Face aux Gilets jaunes, «une dictature se met en place», selon l’écrivain Philippe Pascot, qui charge Macron.

Mais, d'autres, à droite notamment, ferment les yeux, ne veulent pas comprendre.

J'ai entendu, lors d'une réunion de quartier, ces enculés de Pécresse et de Devedjian ironiser sur les Gilets Jaunes dans une sordide connivence avec les électeurs du département le plus riche de France. C'était écoeurant de mépris social.

Ils croient malin de ne pas voir. Ils se pensent supérieurement intelligents de préférer, selon le mot de Goethe,  « une injustice à un désordre ».

C'est une vision à très courte vue.

Préférer une injustice à un désordre ? Pourquoi pas ? Le monde est plein de mille petites injustices et on deviendrait fou à toutes les combattre. Mais, à force de trop tolérer, on finit par tout accepter. Alors, ce n'est plus une injustice que l'on tolère, mais l'injustice, au sens large, envahissante, effrayante, qui pourrit toute vie sociale.

La grande leçon de Péguy sur l'affaireDreyfus, c'est qu'une trop grande injustice devient en soi un désordre.

Mais allez expliquer ça à des bourgeois crispés sur leurs avoirs.

L'alternative qui se présente à nous n'est pas folichonne :

1) soit les Français désespèrent, à coup de télévision, de jeux videos et de psychotropes. Mais ce n'est pas le pays dans lequel j'ai envie de vivre (les urbains qui vivent dans leur bulle s'en foutent, des Français qui désespèrent).

2) soit les Français se révoltent et j'ai peur des violences qui suivront.

Aujourd'hui, nous lisons des condamnations ravageuses de l'étroitesse d'esprit (pas seulement vis-à-vis de la montée du nazisme) de la bourgeoisie française des années 30 mais je ne doute pas que les historiens futurs condamnent avec une égale sévérité notre bourgeoisie des années 2000-2020.

Nous avons vraiment la droite la plus bête du monde : les Gilets Jaunes lui ouvrent un boulevard et ces cons font la fine bouche, par lâcheté, par pusillanimité, par bêtise. On imagine sans peine ce qu'un Johnson, un Trump, un Salvini, feraient des Gilets Jaunes.

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(1) : le préfet Lallement (le bien nommé) dans ses oeuvres : ici et .

(2)  : ici. Comprenez bien ce que signifie qu'un policier cherche (les témoignages de policiers sur la précision des LBDs ne laissent aucun doute : c'est délibéré) à éborgner un type qui discute. On n'est plus du tout dans le maintien de l'ordre. On est dans le terrorisme (au sens propre : on cherche à terroriser) vis-à-vis des opposants. C'est la même logique que les escadrons de la mort sud-américains, seul le degré de violence diffère. Et encore, mutiler, éborgner, ce n'est pas anodin. J'ai honte de la police française.

dimanche, novembre 17, 2019

Des méthodes qui fleurent bon la dictature.

Tous les lucides (pas les lucioles !) savent que le pouvoir macronien utilise les Black Blocks (qui sont des opposants de pacotille, complices objectifs) pour pourrir les manifestations des Gilets Jaunes et discréditer ses vrais opposants. Xavier Raufer a eu quelques fortes paroles sur le sujet.

Depuis un an que les Gilets Jaunes manifestent, cette réflexion me hante : pourrir les manifestations d'opposants, instrumentaliser l'appareil judiciaire (avec la complicité des juges), ce sont des méthodes de dictature, plus exactement, de tyrannie.

Vous me direz, dans les années 60-70, le pouvoir gaullo-pompidolo-giscardien n'était pas toujours tendre avec les ses opposants. Mais il y a une différence fondamentale : son comportement ne l'empêchait pas de rechercher par ailleurs des solutions politiques. Il suffit de voir la transformation de la France entre 1965 et 1980 (quoiqu'on en pense).


Alors que, inversement, Macron réprime pour ne pas changer de politique. Sa mission historique est de gérer l'appauvrissement et la disparition de la France, il a l'intention de la remplir sans faillir  (en conséquence, ceux qui votent Macron sont des traitres).

Bref, rien n'a vraiment bougé depuis ce billet de mars 2019.

Toujours la même question lancinante : l'expression politique des Gilets Jaunes. Trump, Salvini, Johnson ... et en France ? Ne me répondez pas « Le Pen » : comme son père, elle ne songe qu'à faire tourner la PME familiale, pas à prendre le pouvoir.

L'incapacité à représenter les Gilets jaunes est une faillite (une de plus !) de la classe dirigeante française. Il est mortifère qu'un courant politique important n'ait pas de porte-paroles dans les élites. Pourquoi n'y a-t-il pas un Farage ou un Johnson des GJ ?

vendredi, août 23, 2019

Crédit social chinois (bientôt en France grâce à nos techno-politiciens)

J'ai failli mettre en titre « bientôt en France grâce à Macron », mais c'était malhonnête de ma part : en réalité, tous nos politiciens en rêvent.

Il suffit d'avoir entendu une fois Valérie Pécresse parler des Gilets Jaunes pour savoir à quoi s'en tenir sur nos politiciens, leur amour de la liberté, leur goût du débat, leur capacité à accepter les divergences.

Vous noterez la générosité du pouvoir chinois : il commence par considérer que tout le monde est honnête (crédit social de départ 1 000 points), puis décrémente en fonction des infractions.

La beauté très orwellienne de la chose est que vous pouvez être soumis à un système de crédit social sans même le savoir et, bien sûr, sans connaître votre score. Evidemment, pas de recours ni d'appel.

Copier-coller sur ce sujet :

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Le système de crédit social est un projet du gouvernement chinois gérant un système national de réputation des citoyens. Chacun d'entre eux se voit attribuer une note, échelonnée entre 350 et 950 (ou 1050, ce n'est pas clair) points, dite « crédit social », fondée sur les données dont dispose le gouvernement à propos de leur statut économique et social. Le système repose sur un outil de surveillance de masse et utilise les technologies d'analyse du big data.

Les autorités utilisent la reconnaissance faciale à grande échelle. La vidéosurveillance est particulièrement présente et efficace en Chine, non seulement en ville, mais aussi dans les zones rurales où elle supplée efficacement les forces de police. Un projet intitulé « clarté de neige » doit être achevé en 2020 et vise à couvrir de caméras les moindres villages chinois pour parvenir à « une couverture géographique totale, une couverture temporelle totale, et un contrôle opérationnel total ». Le crédit social est également utilisé pour noter les entreprises opérant sur le marché chinois.

La prétention du pouvoir à définir ce qui est du ressort de la vérité et ce qui ne l’est pas (lois dites sur les « fake news » en France et dans bien d’autres pays occidentaux ou sous influence occidentale) manifeste également peut-être un début de sinisation des esprits gouvernementaux en Occident.

Un des principaux théoriciens du projet, Lin Junyue, déclarait en 2016 que la Chine était devenue « le leader mondial » dans la définition des normes d’évaluation nationale et sectorielle du crédit et qu’elle devait chercher à « exporter son modèle de crédit social dans le cadre du projet des nouvelles routes de la soie », ce qui contribuerait à « l’exportation de la culture institutionnelle chinoise à l’étranger » [pour Edouard Husson, la contestation de la légitimité de Trump trois ans après son élection tient beaucoup à la fréquentation de la Chine par les Démocrates].

Selon la sinologue Séverine Arsène, « ce projet est surtout une nouvelle étape vers un mode technocratique et paternaliste de gouvernement, basé sur un dispositif de surveillance et des incitations et contraintes destinées à orienter en temps réel le comportement des individus. Ce système rappelle le dang’an (en), le dossier individuel tenu par l’unité de travail pendant la période maoïste, mais il en diffère fondamentalement par sa vocation à être montré, tant à l’individu ou à l’entreprise, qu’à ses amis et contacts professionnels ».

Selon Rachel Botsman, le processus de ludification est au cœur du système : « le gouvernement tente de faire passer l'obéissance pour un jeu. C'est une méthode de contrôle social déguisée en système de récompense. C'est l'obéissance, mais ludique ».

Jérôme Colombain estime que « c’est aussi un incroyable système numérique totalitaire. C’est le « big data » au service de la surveillance sociale et politique ».

L'ONG Human Rights Watch critique le lien entre le système de crédit social et une politique de justice prédictive testée auprès de la région ouïgoure. Les données recueillies peuvent notamment conduire les personnes dans les camps de rééducation du Xinjiang.

Critères :

– Mauvaise conduite.
– Fumer dans les trains.
– Acheter trop de jeux vidéo.
– Acheter trop de malbouffe.
– Acheter trop d’alcool.
– Appeler un ami qui a un faible pointage de crédit.
– Avoir un ami en ligne qui a un faible pointage de crédit.
– Mise en ligne de « fausses nouvelles ».
– Critiquer le gouvernement.
– Visiter des sites Web non autorisés [voilà mes lecteurs prévenus].
– Promener votre chien sans laisse.
– Laisser votre chien aboyer trop souvent (et si on mange le chien ?).
AAA (plus de 1050 points) : citoyen exemplaire
AA (entre 1030 et 1049 points) : citoyen excellent
A (entre 960 et 1029 points) : citoyen honnête
B (entre 850 et 959) : relativement honnête
C (entre 600 et 849) : niveau d’avertissement
D (549 et moins) : malhonnêteté.

Le crédit social a des conséquences individuelles concrètes (obtention d'un logement, d'un travail, etc.).

En novembre 2018, 6,7 millions de Chinois n’avaient déjà plus le droit d’acheter des billets d’avion et de train. Ce nombre semble maintenant être en hausse.
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mardi, août 06, 2019

Le problème de l’extrême-centre

MACRON ROI DES GIROUETTES : QU'EST-CE QUE L'EXTRÊME-CENTRE ?


Commençons par une anecdote : après la Restauration, paraît un amusant dictionnaire des girouettes où sont répertoriées les carrières sinueuses des uns et de autres.

Je suis très gêné par Pierre Serna : un communiste en 2019, c’est un imbécile qui n’a rien compris à l’histoire du XXème siècle. Alors, un historien communiste, c’est une faute professionnelle ambulante. L’entretien commence par une belle connerie « l’Etat profond français d’extrême-droite », qui n’existe que dans les fantasmes de dinosaures gauchistes. Puis, on enchaine sur la scie anti-française de l’origine française du fascisme. Le fait de mettre De Gaulle dans les extrêmes centristes me paraît aussi une erreur (d’ailleurs, De Gaulle ne correspond pas aux critères que Serna donne lui-même). Il confirme qu’il est imbécile pur sucre en parlant de « faire barrage à Le Pen », ce qui est un argument pour neuneu lobotomisé à la naissance.

Pourtant, le problème de l’extrême-centre est très actuel :

1) les études d’opinion montrent que les centristes sont les plus anti-démocratiques, ceux qui adhèrent le plus à des propositions comme « le gouvernement doit être laissé aux experts » ou « l’ordre est préférable à la justice ».

2) le référendum sur le Brexit a provoqué un débat annexe intéressant. La démocratie est-elle possible quand la majorité et l’opposition sont d’accord (contre le Brexit) ? La réponse est négative. Pour que la démocratie fonctionne, il faut que le peuple ait toujours une alternative. Autrement dit, que l’opposition s’oppose. Nous avons la même réponse en France : la démocratie française est morte en 2007, quand la majorité et l’opposition sont tombées d’accord pour contredire le vote du peuple en 2005.

3) Macron est, à l’évidence, un archétype d’extrême-centriste.

Les extrêmes-centristes se caractérisent par :

1) une grande aptitude à retourner leur veste et à être toujours du côté du pouvoir.

2) un discours prétendu raisonnable et apaisé, technique et non partisan (d’où par exemple leur obsession de la dette publique, présentée comme un problème technique).

3) une action répressive très dure.

Il y a deux idées que je partage avec Serna :

1) la légitimité est première par rapport à la légalité (en quoi il est d’accord avec Carl Schmitt !). Le légalisme obtus (c’est-à-dire l’application de lois sans légitimité) est gros de violences extrêmes.

2) je suis très inquiet pour les prochaines années s’agissant de politique.


lundi, août 05, 2019

Dictature Macron : pourquoi cette tolérance ?

La dictature Macron s'établit : les violences policières sont de plus en plus gratuites contre les opposants (1), l'appareil judiciaire est de plus en plus injuste et la presse admirative du pouvoir.

Inutile que je m'étale sur ces questions, c'est évident à qui a des yeux pour voir et ce n'est pas l'objet de ce billet.

Ma question est : pourquoi les Français tolèrent-ils cette dictature (2) ? Au regard de l'histoire de France, cela n'a rien d'évident : il y a eu des dictatures tolérées, d'autres moins.

Cet article tente d'expliquer :

Accepter. Ne pas accepter.

1) la peur. Les Français ont peur de la police et de l'a-justice et ils ont raison.

2) le fatalisme. L'idée qu'on leur inculque depuis des décennies qu'il y aurait un sens de l'histoire, qu'on ne pourrait rien contre et que Macron serait ce sens.

3) Les Français ne meurent pas (encore) de faim.

4) La perte de culture classique.

Sur ce dernier point : les révolutionnaires de 1789 s'enivraient, jusqu'au ridicule, de références classiques.

Aujourd'hui, je suis frappé de la grande pauvreté des références que j'entends : avant 1933 et après 1945, il ne s'est rien passé, rien de rien. Les saboteurs de l'école, les Thénardier de la fabrique du crétin, ont bien oeuvré.

La phrase de Nicolas Gomez Davila « La liberté à laquelle aspire l'homme moderne n'est pas celle de l'homme libre, mais celle de l'esclave un jour de fête » est devenu incompréhensible, faute de culture : combien sont capables de brosser un tableau, même très simple, de la vie d'esclave à Rome, par exemple ?

Et j'ajoute :

5) la désocialisation, du fait de la vie moderne : télévision, vie urbaine, immigration (dans les communautés multi-ethniques, les liens de sociabilité s'affaiblissent), familles éclatées.

6) l'absence de relais dans la classe d'en haut, ce petit plus qui transforme une jacquerie en révolution, ou en vraie réforme morale et politique.

Je suis véritablement frappé, et horrifié, qu'à part Houellebecq et Zemmour, aucune figure publique de premier plan ne parle pour les Gilets Jaunes. La France d'en haut, quelles que soient ses fractures superficielles et le cinéma de ses oppositions factices, communie dans un mépris de classe (3) qui écœure l'honnête homme.

Je suis très inquiet : tout ça se termine soit par un abrutissement généralisé style Meilleur des Mondes, soit par une explosion de révolte d'autant plus violente que tout ce qui aurait pu la guider et la canaliser aura été méthodiquement détruit. Aucune de ses deux issues ne me convient.






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(1) : de charmantes videos circulent, les plus intéressantes sont en plans larges, car elles permettent de mieux saisir le contexte. Dans certaines, on peut excuser les policiers. Dans d'autres, s'expriment clairement le sadisme et la brutalité de gens qui jouissent de l'impunité. Maintenant, on nous raconte, comme une excuse, que les policiers sont fatigués. Les pôv' choux ! Piètre excuse : moi, quand je suis fatigué, je ne tape pas à tort et à travers. Mais qui a refusé toute issue politique au malaise français, si ce n'est le gouvernement ?

(2) : si beaucoup désapprouvent, les opposants agissants sont très peu nombreux.

(3) : il faut avoir entendu une fois Valérie Pécresse, présidente de la région la plus riche de France, ironiser sur les Gilets Juanes pour comprendre la méchanceté de la bêtise à front de taureau, quand elle a peur.

jeudi, août 01, 2019

Y a-t-il une affaire Steve Caniço ?

Le problème juridique semble assez simple :

QUI A TUÉ STEVE CANICO ? QUI EST RESPONSABLE ET POURQUOI EST-IL MORT ?

Sauf déni de justice toujours possible (l'appareil judiciaire français sous Jupiter-Narcisse 1er n'est pas éblouissant d'impartialité), nous voilà partis pour une inculpation d'homicide involontaire.

La question est de savoir jusqu'où la responsabilité va remonter. Autrement dit, est-ce une affaire politique ?

Dans une démocratie, la question ne se poserait pas, ça serait déjà une affaire politique, à cause du contexte de répression excessive et partiale depuis plusieurs années, voire plusieurs décennies (on laisse faire les racailles, on réprime les blancs, sauf les blocs noirs).

Dans une dictature, la question se poserait pas non plus : ça serait un simple fait divers.

Nous verrons bien. Je pense que nous allons tomber du coté dictature avec vernis démocratique.

Les lampistes vont payer, Castaner va peut-être démissionner mais le fond de la politique ne changera pas : répression des opposants politiques et laxisme avec les racailles gauchistes ou de banlieue.

Addendum :

Si la mort de Steve Caniço devient une affaire d'Etat (ce n'est pas gagné), ça ne sera pas à cause de ce seul accident, mais parce qu'il traduit une politique de maintien de l'ordre qui a fait le choix de la violence.

Je ne suis pas spécialiste, mais ce que je lis, c'est que la police française, qui était réputée dans ce domaine (pas de mort en mai 68), a changé de doctrine après les manifestations contre le CPE et est devenue volontairement plus violente (contre les blancs, évidemment. Pas contre les racailles de banlieues ni contre les blocs noirs).

Violence policière volontaire qui a pris un tour politique et anti-démocratique avec les Gilets Jaunes.

Ce qui recoupe, comme je vous le disais, le fait que nous sommes gouvernés par des des gros bourrins, autistes et abrutis, qui se prennent pour des intelligents (prototype : E. Philippe).

Ils ont la politique de maintien de l'ordre adaptée à leurs moyens intellectuels limités.

Addendum 2 :

On s'aperçoit, une fois de plus, qu'en France, la police et la justice sont au service, ni du pays ni de la population, ni de l'ordre ni de la loi, mais du pouvoir. Et quand ce pouvoir est illégitime et injuste ...

Si les policiers et les magistrats n'étaient pas d'accord avec cette instrumentalisation, ils ont des syndicats ... qui sont fort silencieux sur toutes les dérives, quand ils ne sont pas de francs soutiens du pouvoir macronien.

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Ordre, liberté, justice sont liés.

Je suis souvent tenté de faire mienne la déclaration de Goethe : « Mieux vaut un injustice qu’un désordre ».

J’attache une grande importance à l’ordre.

Mais lisant The collapse of the third republic, du journaliste William L. Shirer, je m’aperçois, une fois de plus, à la lueur de l’affaire Dreyfus dans les yeux d’un Américain, qu’une injustice est un désordre, qu’une injustice blesse l’ordre du monde.

Je suis plus choqué par les violences policières contre les Gilets jaunes que contre les racailles de banlieue (même en mettant de côté qu’elles sont plus grandes contre les GJ) parce que je vis l’immigration massive comme un désordre profond alors que la protestation politique de bons Français m’apparaît légitime.

Mais cela n'enlève rien au fait qu'une injustice est un désordre.

dimanche, juillet 14, 2019

Un 14 juillet digne d'Emmanuel Macron

Les bons Français qui veulent voir le défilé sont repoussés par un bouclage digne du général Alcazar :



En revanche, un supporter algérien avec une tronçonneuse sur les Champs-Elysées, aucun problème.

Ce gouvernement était déshonoré avant même de parvenir au pouvoir, à cause de ses méthodes.

Désormais, la police l'est aussi.


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Ce délire de protection expose publiquement plusieurs problèmes :

1) L'idée pathologique que le protégé se fait de la valeur de sa personne.

2) Une profonde lâcheté. Rappelons que De Gaulle affrontait l'OAS avec quatre gardes du corps seulement ; que Henri IV avait refusé une protection supplémentaire au nom de ses devoirs. La lâcheté présidentielle manifeste un manquement gravissime à ses devoirs : le message est « Ma personne est plus précieuse que la disponibilité que je dois à mon peuple ».

3) Symétriquement à la surévaluation de la petite personne présidentielle, il y a un mépris cinglant du peuple, qui n'est plus considéré comme le souverain.

En résumé, un grand président préfère le risque d'un attentat au risque d'être coupé du peuple. Un petit président, c'est l'inverse. Nous n'apprenons rien : nous savons tous déjà depuis longtemps dans quelle catégorie se situe Emmanuel Macron.

Bien sûr, le fond du problème est, comme depuis que Macron est apparu sur la scène politique, la légitimité.

Quelle légitimité a un président français qui ne peut sortir de son bunker pour acheter une baguette sans être escorté par un porte-avions ? Evidemment, aucune.



samedi, juillet 13, 2019

Le homard rugit

Soyons clairs : l'hystérie autour de l'affaire de Rugy prend des proportions ridicules. Nous perdons tout sens de la mesure.

Si on me demande quelle est la meilleure cave de France, j'hésite entre celle du restaurant la Tour d'Argent et celle de l'assemblée nationale. Il n'est donc pas étonnant que le président de cette dernière boive de d'excellentes bouteilles.

Le choquant de cette affaire est que les diners en question ne sont pas professionnels mais du réseautage personnel entre copains-coquins, politocards et journalopes. Et aussi cette attitude de parvenu méprisant, qui passe son temps à faire des leçons de morale tout en profitant à donf et sans guère de discrétion.

François de Rugy, l’arroseur arrosé

S'il y a un scandale de Rugy, c'est sa personne même et sa carrière : comment un type aussi minable et aussi dégoûtant peut-il occuper de hautes fonctions ?

Bref, nos politiciens et nos journalistes sont la lie de notre société. La belle nouvelle !

Il y a, en macronie, des scandales bien plus importants, ceux liés au bradage, sous toutes les formes, de la France et de son patrimoine, dont les journaux ne parlent pratiquement pas.

Bref, l'affaire de Rugy est une diversion de plus.

D'ailleurs, nous vivons dans un monde de diversions :

L’héroïsme de pacotille des nouvelles égéries progressistes



Ca permet d'éviter furtivement les vrais problèmes politiques :

Crise du logement: « Les métropoles sont devenues de véritables châteaux-forts »

Nous ne sommes pas loin de l'affaire de Rugy : le monde des gouvernants qui ignorent et méprisent le monde des gouvernés, c'est aussi le monde de ceux qui vivent dans des métropoles mondialisées inabordables pour le commun des mortels.

La solution fondamentale, c'est la fin de la mondialisation (et du pouvoir excessif des banques centrales qui va avec).

Je me console en me disant qu'en France, il y a eu des hommes de cette trempe :

Les grands essais du XXe siècle : Notre jeunesse, de Charles Péguy


Vous nous voyez marcher, nous sommes la piétaille.
Nous n’avançons jamais que d’un pas à la fois.
Mais vingt siècles de peuple et vingt siècles de rois,
Et toute leur séquelle et toute leur volaille

Et leurs chapeaux à plume avec leur valetaille
Ont appris ce que c’est que d’être familiers,
Et comme on peut marcher, les pieds dans ses souliers,
Vers un dernier carré le soir d’une bataille.

jeudi, juillet 04, 2019

Double peine


C’est la double peine.

Avant Macron, c’était pénible de vivre dans une société décadente.

Maintenant, nous vivons en plus sous une dictature.

Ça commence à faire beaucoup.

Il n'y a d'ailleurs pas de quoi être surpris : depuis des décennies, notre pays (l'occident en général, d'ailleurs) est à la dérive à la fois intellectuellement et moralement. La dictature est la conséquence naturelle, automatique, de cette dérive, qui est, au fond, un refus des responsabilités d'homme libre.



vendredi, mai 31, 2019

Là, je décroche, je ne suis pas assez intelligent.

Des électeurs de Macron (pas de noms) m’ont expliqué en long en large et en travers que j’ai tort de me foutre leur gueule (il faut dire à leur décharge que « lourd » est un gentil euphémisme pour qualifier mon comportement avec eux. Le plomb est léger comme une plume en comparaison. Mais c'est mérité) parce que ça aurait été pire avec Le Pen.

Là, je décroche, je ne dois pas être assez intelligent pour voter Macron car je vois de moins en moins ce qui aurait été pire avec Le Pen.

Mais, bon, si on m’explique lentement, avec des mots simples et en articulant bien, peut-être que je vais finir par comprendre quand même.

A moins que je ne sois un cas désespéré.

A moins que ça soit les électeurs de Macron, les cas désespérés.







jeudi, mai 30, 2019

La Dictature En Marche : nous sommes punis par là où nous avons péché

Et maintenant, réduction du temps de parole de l'opposition au parlement (car la majorité aura toujours pour elle le temps de parole du gouvernement).




Comme je l'ai déjà écrit, nous n'avons que ce que nous méritons : chaque fois que nous avons pu depuis quarante ans, nous avons voté pour la facilité immédiate. La politique s'est donc peu à peu vidée de son sens et nous nous retrouvons avec un parti quasi unique (l'opposition n'est qu'un artifice, puisqu'elle ne pourra jamais parvenir au pouvoir) ménageant les intérêts de la haute bourgeoisie.

Ce constat désabusé n'exonère pas les politiciens de leurs responsabilités écrasantes qui, dans un monde bien fait, leur vaudraient le peloton d'exécution.

mercredi, mai 29, 2019

Politique : cathos paumés

Commentaires sous un billet :





Je ne renie pas pas ma phrase « Les cathos et les bourgeois sont cons comme des bites », mais elle demande une explication.

L'aspect moral est déjà vomitif : les bourgeois ont voté Macron pour ce qu'ils pensent être leurs intérêts à court terme sans se préoccuper un seul instant de la France, de son peuple; de ses besoins, de son destin.

Jean Sevilla a des mots cinglants à ce sujet :

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Comment expliquer le vote des catholiques aux élections européennes ?

Ils ont participé en masse (pour 78 % d’entre eux) ; plus ils se déclarent pratiquants, plus leurs choix se sont portés vers les listes LREM (à 37 %) et LR (22 %). Les « non-pratiquants », eux, ont plutôt choisi le vote du Rassemblement national.

Le taux de participation des catholiques au dernier scrutin avoisine les 78 %. Ce chiffre est largement au-dessus de la moyenne nationale. Est-ce étonnant ?

Ce n’est pas étonnant. Les catholiques ont le souci de la vie en société, du bien commun et de la vie politique. De ce point de vue là, il y a une grande tradition d’intérêt. Les catholiques ne sont pas simplement en prière toute la journée, ils sont aussi impliqués dans la vie de tous les jours.

Un sondage montre que plus les catholiques sont pratiquants plus ils votent la République En Marche à 37 % ou Les Républicains à 22 %. Au contraire, les catholiques non pratiquants ont voté majoritairement le Rassemblement national.

Comment l’expliquez-vous ?

Une grande tradition démocrate-chrétienne a marqué l’Église de France. Cette tradition pousse une grande partie des catholiques à la modération politique. Les catholiques sont facilement centristes, du centre droit ou d’une droite modérée.

Par ailleurs, il y a une évolution sociologique de l’Église de France qui fait que les classes populaires sont moins pratiquantes. Les catholiques pratiquants sont plutôt de la catégorie sociale supérieure. Or, les catégories sociales supérieures ont voté Macron aux Européennes. Il y a une sorte d’embourgeoisement des catholiques qui fait qu’ils ont embrassé le vote majoritaire du milieu social qui est le leur.

C’est assez étonnant quand on sait que la République En Marche est plutôt favorable à la légalisation de la PMA et de la GPA. Comment expliquez-vous que les catholiques pratiquants normalement opposés à ces pratiques maintiennent majoritairement leur confiance vis-à-vis de la République En Marche ?

Je crains que ces catholiques pratiquants soient plus intéressés par ce qu’ils considèrent être l’intérêt de leur portefeuille. Ils pensent que Macron va satisfaire leurs attentes. Ils mettent les questions sociétales au second rang de leurs préoccupations. Le jour où le progressisme sociétal de Macron se développera totalement, ces catholiques-là n’auront plus que leurs yeux pour pleurer. Il suffit de regarder la configuration dans laquelle on est. Emmanuel Macron a toutes les chances d’être réélu en 2022. Quand nous aurons la PMA, la GPA, l’euthanasie et je sais ne sais quoi encore…

Pensez-vous que l’affaire Vincent Lambert a pu influencer le vote des catholiques lors de ces Européennes ?

Je ne crois pas du tout ou alors c’est vraiment marginal. Malheureusement, beaucoup de catholiques sont sur une position majoritaire sur le fait que Vincent Lambert serait un homme en fin de vie. L’idée de l’euthanasie progresse dans l’opinion publique et même chez les catholiques. C’est un constat absolument désolant.
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Mais, en plus d'être immoral, ce vote n'est même pas intelligent d'un point de vue égoïste, comme je l'explique dans les commentaires de cet article :

Vers un nouvel “Ancien régime” ? Ces minorités qui contrôlent de plus en plus la vie de leurs concitoyens.

Alors ? Un vote à la fois immoral et con, ça fait beaucoup.

Je pense que les catholiques (beaucoup d'entre eux, en tout cas) sont des paumés parmi les paumés : ils ne savent plus vraiment en quoi ils croient tout en croyant croire, ils se « protestantisent » sans être protestants. Ils prennent des bouts de doctrine par ci, en rejettent par là. Et ça finit par la croyance qu'accueillir en France toute la misère du monde est un devoir. Il n'y a pas plus immigrationnistes givrés que certains catholiques type folles à la messe. Décidément, les valeurs chrétiennes égarées de Chesterton.

Quel rapport avec le vote Macron ? Quand on a la tête en vrac sur la religion, il est peu probable qu'on ait la tête bien rangée en politique, tant les deux sujets sont connexes.



Décomposition et dictature : voilà, c'est fait (et on vous l'avait bien dit).

Le temps politique ne s'écoule pas régulièrement. Il connaît des périodes d'accélération où l'addition d'années d'erreurs est présentée en quelques semaines, voire en quelques jours. Ce fut le cas en mai 1940.

C'est de nouveau le cas avec la dictature Macron.

Depuis des décennies, la droite française a refusé de se battre sur le terrain des idées. Elle a laissé la mainmise à la gauche sur le système éducatif et sur les medias, avec la perception stupide que, puisque cela n'avait pas de conséquence immédiate, ce n'était pas grave.

Elle s'est ralliée à l'européisme et approuve les réformes dites sociétales. La droite est devenue une gauche avec trois ans de retard.

La note de ces lâchetés collectives nous est présentée depuis 2017 et elle est salée : un homme, portant le projet de détruire la France et qui regroupe sur son nom 10 % des inscrits, détient le pouvoir absolu et aucune opposition ne semble capable de le chasser avant des années.

Et le seul signe d'espoir, les Gilets jaunes, est aussi une note de désespoir : aucun débouché politique à l'horizon.

Pauvre France !

mardi, mai 28, 2019

Sur un champ de ruines

Le destructeur de la France (1), Emmanuel Macron est debout au milieu d'un champ de ruines politiques.

Pourquoi ?

Certains imbéciles diplômés accusent le « présidentialisme ». C'est une resucée de la vieille thèse Sciences Po/ENA : « Ah, si les Français étaient protestants au lieu d'être catholiques, tout irait mieux. Et, si les Français pouvaient carrément cesser d'être français pour devenir des Anglais et le régime devenir parlementaire, ça serait encore mieux ».

Sauf que, mon couillon, le parlementarisme à l'anglaise aussi connaît en ce moment quelques ratés.

Et les raisons des ratés anglais sont fort instructifs pour le cas français.

Le Telegraph et Peter Hitchens (et d'autres, bien entendu ! Mais j'ai les ces liens sous la main) convergent pour dire qu'un vrai choix politique est essentiel à la démocratie. Que, lorsque voter ne change plus rien, lorsqu'on vote à droite ou à gauche et qu'on a toujours la même politique, la démocratie est profondément et durablement mise en péril.

Il est très facile de ramener cette analyse au cas français, je ne vous fais pas un dessin. Merci Juppé, merci Chirac.

La gauche a remporté une victoire de plusieurs décennies en gauchisant les sans-couilles, genre Sarkozy, Wauquiez, Pécresse, Raffarin. mais, à la fin, elle est engloutie dans le même discrédit.





Quelques commentaires de professionnels de la profession (de commentateur) :






Un peu hors sujet, mais pas tant que ça :








Je suis persuadé que notre situation actuelle doit beaucoup à l'appareil d'influence soviétique.

Dans ces vieilles videos, Bezmenov (alias Schuman –à moins que cela ne se soit l’inverse) explique les mécanismes de perversion d’une société et que, à un certain stade de pourrissement, il est vain d’attendre d’une société qu’elle se réforme de l’intérieur. Le salut ne peut plus venir que d’une intervention extérieure. La France a atteint ce stade de décomposition.

Les élections de ce week-end, même si elles étaient sans enjeu (surtout parce qu’elles étaient sans enjeu ?), montrent que la France n’a plus l’élan vital pour s’en sortir seule. Si les Français avaient encore de la tripe, du cœur et de la cervelle, la liste Macron devrait être à 5% des suffrages exprimés.


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(1) : je pense qu'il est inutile de revenir sur la psychologie et sur la politique du personnage. Si vous n'avez toujours pas compris de quoi il s'agit, je ne peux rien pour vous.


vendredi, mai 17, 2019

80 km/h : les abrutis qui nous gouvernent

Le roi radar est nu. La technocratie aussi. Edouard Philippe également ... mais ça ne changera rien, car nos gouvernants sont des abrutis complets, des sourds-dingues, des crétins vaniteux qui croient tout savoir parce qu'ils ont lu des livres (même pas tous) et passé des concours.


Cela a évidemment un étroit rapport avec mon billet précédent : Le problème des élites.

Mais, tout de même, dans le genre abruti autiste qui mérite un bon coup de boule plus quelques gifles et un coup de pied au cul, Edouard Philippe occupe une place à part que seule Theresa May semble en mesure de lui disputer.

Et maintenant que le gouvernement revient sur les 80 km/h [c'est faux, voir l'article suivant], quels éléments pour garantir une meilleure sécurité routière ?

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La plupart du temps, les périodes d’augmentation et de diminution de la mortalité depuis l’entrée en vigueur de cette loi sont liées à la météo. Le beau temps fait augmenter la circulation et donc les accidents, et la limitation à 80 ou 90 km/h ne change rien sur ce point. La limitation est une marotte des personnes de la sécurité routière pour compenser le mauvais état des routes - nous y reviendrons. Il y a nombre de route où on ne peut simplement pas rouler à 80 km/h aujourd’hui. A mon avis, c’est une mesure qui montre une forme d’inutilité parce que les zones qui sont passées à 80 sont moins accidentogènes que prévu. On ne peut pas tirer de bilan hâtif, car il faut plusieurs années pour isoler les causes d’accident. On constate cependant que si la mortalité semble avoir baissé, le nombre d’accident a augmenté.

On a voulu prendre une mesure sans tenir compte des acteurs locaux. Il leur appartient, eux qui doivent gérer l’aménagement des routes, d’apprécier les limitations. Ce sont eux qui sont le mieux placé. Ils connaissent tous les points noirs de leurs secteurs, et peuvent à défaut d’aménager, réduire la vitesse. Ce n’est pas une mauvaise mesure dans le fond, quand c’est fait en connaissance des situations particulières. Le problème vient quand elle est déconnectée des réalités.

Les statistiques annoncent régulièrement une baisse des morts sur la route, mais j'en doute fortement. A titre d'exemple, alors que les autorités avaient annoncé qu'entre 2003 et 2013, 36 000 vies avaient été sauvées grâce aux radars ; l'Insee a déclaré -pour sa part- que les radars n'avaient épargné qu'un millier de vies… Ainsi il en va de même pour les variations de limitation de vitesse : elles ajoutent bien plus aux risques qu'elles n'en retirent. Modifier sans cesse les limitations de vitesse prévues par le code de la route n'apporte aucune réponse en matière de sécurité routière. Bien au contraire, comme je le disais plus haut, ce type de variations perturbent le conducteur, le déconcentrent devenant ainsi la source d'accidents supplémentaires. Aujourd'hui, il y a des réelles mesures à prendre. Encore une fois, il s'agit d'améliorer l'état des routes et d'augmenter le nombre de policiers et des gendarmes postées sur celles-ci. Or à présent, alors que notre réseau routier est l'un des plus mauvais d'Europe, rien de concret n'est fait. Les mesures technocrates s'accumulent mais les résultats ne sont tristement pas à la hauteur. Il convient donc de repenser tout ceci.
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La polémique sur le 80 km/h rebondit

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Par le biais de ce nouvel amendement qui devrait être adopté, c’est la ligne d’Édouard Philippe qui s’impose. En dépit de quelques déclarations laissant croire à un fléchissement, le premier ministre a toujours défendu le 80 km/h qui doit sauver 400 vies par an, selon les experts. « Je ne me résigne pas à abandonner cette ambition en matière de sécurité routière », avait-il déclaré en avril.
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Le 80 km/h attise à nouveau les colères

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Pour embrouiller encore un peu plus les automobilistes au sein d’un millefeuille de limitations et rendre encore un peu plus incompréhensible la réglementation, des abaissements ponctuels à 70 km/h seront possibles dans les zones jugées dangereuses des départementales.

Le gouvernement s’est placé dans une impasse. Le voici de nouveau contraint de gérer une nouvelle polémique, faute d’avoir tiré les leçons de la colère des Français dont l’origine se trouve dans la limitation à 80 km/h. Une mesure qui devait, selon les éternels experts cités par la sécurité routière, économiser 400 vies par an. Cette évaluation est-elle fondée ? Malgré la destruction de la grande majorité des radars par les gilets jaunes fin 2018, aucune explosion de la mortalité routière n’a été constatée depuis. Le roi-radar serait-il nu ? Pendant ce temps, les chirurgiens orthopédiques n’en peuvent plus d’opérer les blessés consécutifs aux accidents de trottinettes.
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samedi, mai 04, 2019

Le kéké de Marseille fait pitié

Pitié-Salpêtrière : Christophe Castaner n’aime pas la vérité. Un ministre digne de son président.

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Extraordinaire d’avoir vu un pouvoir d’État dévoyé un niveau rarement atteint sous la République. Extraordinaire le spectacle d’une presse nationale aux ordres de ce pouvoir. Extraordinaire cette mobilisation d’une classe intellectuelle et médiatique se lançant dans la surenchère pour applaudir un mensonge d’État dont l’évidence aurait pu sauter aux yeux en usant d’un minimum d’esprit critique.

Mais finalement, quelle leçon politique nous a fourni le déroulement de la journée du 2 mai et quel révélateur de la crise qui secoue la société française !

Chacun sait maintenant ce qui s’est passé dans l’après-midi du 1er mai sur le boulevard des Italiens et dans l’enceinte de l’hôpital de La Pitié-Salpêtrière. Le cortège de la manifestation a été scindé en trois par les forces de police, chaque partie faisant l’objet de charges et d’intervention de canon à eau. Cette stratégie volontairement dangereuse enferme les manifestants dans des nasses dont ils ont cherché à s’échapper de peur d’éventuelles violences policières.

C’est ce qui s’est produit avec l’intrusion de groupes pacifiques quelques instants auparavant, dans un parking dépendant de l’hôpital. Les gens, espérant que les policiers se contenteraient de disperser la manifestation sur le boulevard, ont vu avec effroi les policiers entrer dans le parking et y lancer leurs charges alors qu’il n’y avait aucun incident. Éparpillement des manifestants dans l’enceinte de l’établissement qui est une véritable ville avec ses bâtiments et ses rues. Les policiers ont poursuivi leur stratégie folle de chasse à l’homme dans cet entrelacs, provoquant naturellement la panique.

Cette réalité a été travestie par le ministre de l’Intérieur, complètement déshonoré pour l’occasion. Il n’y a pas, en présence, deux versions de ce qui s’est passé comme le prétendent ceux qui se sont imprudemment engagés, quitte à multiplier les contorsions. Il n’y en a qu’une. Celle de la vérité factuelle.

C’est la première leçon. Pour le service de ses petits intérêts politiciens, en période électorale, celui qui a la responsabilité de l’ordre public n’a pas hésité à profiter des excès des forces de l’ordre sous ses ordres et a proféré une série de contrevérités ahurissantes pour disqualifier ceux qui exercent leur droit constitutionnel de manifestation. Après les avoir traités de lépreux, de fainéants, d’illettrés, de foule haineuse, d’antisémites, de factieux, on les qualifie de monstres assoiffés de sang qui s’attaquent au sanctuaire absolu qu’est le service de réanimation d’un hôpital. Chacun sait que Christophe Castaner n’aurait jamais dû être nommé à ce poste, cette dernière initiative n’en est qu’une nouvelle est atterrante illustration.


Quand Libé sauve l’honneur de la presse [ça m'arrache deux mètres de tripes de l'avouer mais c'est vrai]

La seconde leçon concerne toute la cohorte de ceux qui se sont précipités pour soutenir l’insoutenable [dont ce connard à la mords-moi-le noeud de Wauquiez dont je rappelle (c'est si facile de l'oublier) qu'il est censé représenté l'opposition et donc ne pas avaler l'hameçon , le flotteur et la ligne des conneries gouvernementales. Ah, j'oubliais, cet abruti est aussi censé être « brillant»]. Le caractère invraisemblable de la présentation et des accusations sautait pourtant aux yeux.

Malgré cela, précipitation et abdication de tout esprit critique et symptômes de l’allégeance au pouvoir dominant ont conduit l’essentiel des médias, à l’exception heureuse de Libération, à emprunter la voie du déshonneur professionnel. Accompagnés par une collection de personnalités lancées dans une surenchère assez obscène, bombardant Twitter et autres réseaux de messages de courroux solennel condamnant les atrocités. On ne va pas dresser la liste de ceux qui qui voient revenir maintenant les boomerangs, occupés à des contorsions risibles pour se justifier et à essayer d’effacer les messages qui seraient passés au travers des captures d’écran. Citons simplement Martin Hirsch directeur de L’APHP qui n’a pas hésité à évoquer la possibilité d’une volonté meurtrière contre les malades dans « l’attaque » du service de réanimation. Et ce conseiller à l’Élysée auteur d’un statut Facebook vengeur vilipendant les terroristes jaunes et noirs, curieusement disparu dans l’après-midi. Et peut-être aussi Jean-Paul Enthoven, doublement imprudent, d’abord par le relais empressé du mensonge castanérien, puis par un engagement aventureux à manger son chapeau s’il s’avérait qu’il avait tort. Il va falloir s’exécuter Monsieur Enthoven, votre dignité est à ce prix, et sachez que le panache est le seul moyen de réussir ses échecs. On réservera un ban pour Éric Naulleau qui n’a dit que des bêtises et a ensuite tout laissé.

Les réseaux étant pleins de ces vidéos, captures d’écran, explications gênées, voir les uns et les autres patauger dans l’embarras et la confusion, voire un cynisme tranquille, est une vraie gourmandise. Et que dire du spectacle de la caricature de la crise générée par Emmanuel Macron : France d’en haut contre France d’en bas.


Répression partout, justice nulle part

C’est justement là que se loge la troisième leçon. Depuis son arrivée au pouvoir, Emmanuel Macron a accentué les atteintes aux libertés publiques. Comme seule réponse à la crise politique qu’il a provoquée, il a ensuite instrumentalisé la police à des fins de répression violente dont la brutalité et les illégalités se multiplient sous le regard des caméras dont tous les citoyens disposent aujourd’hui si bien qu’on retrouve des vidéos effarantes à foison sur les réseaux. Sous le regard stupéfait de la presse et des institutions internationales, on y voit dans toute la France les membres forces de l’ordre se comporter trop souvent comme des nervis.

Emmanuel Macron, bénéficiant d’une complaisance désolante de la magistrature, a instrumentalisé la justice et mis en place une répression judiciaire d’une brutalité inconnue depuis la guerre d’Algérie. Il ne faut pas se tromper, la panique des manifestants sur la passerelle devant le service de réanimation de la Salpêtrière a pour origine cette peur justifiée de la violence policière et de la brutalité judiciaire qui multiplie gardes à vue illégales et peines de prison délirantes.

Enfin, Emmanuel Macron a instrumentalisé une Assemblée nationale croupion, composée de parlementaires godillots qui acceptent sans broncher de voter des textes gravement liberticides, sans que le Conseil constitutionnel d’Alain Juppé n’y voie d’inconvénient.
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« Quand les gardiens de la vérité se font avoir au jeu du fact-checking »

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Les esprits soupçonneux iront plus loin. Ils feront remarquer que depuis le début du mouvement des « gilets jaunes » , la rhétorique officielle combine deux registres: le grand débat pour trouver des solutions concrètes (le Bien) et la violence des manifestants (le Mal). Sur ce second thème, le discours officiel, un moment obsédé par une mythique tentative « à la février 34 » de l’ultra-droite (ou « c’est la peste brune qui remonte les Champs-Élysées» ), s’est ensuite fixé sur des violences « contre les valeurs républicaines », puis sur la problématique beaucoup plus réaliste des black blocs.

Cela incite La République en Marche à adopter le langage du parti de l’ordre (d’où un petit gain à droite dans les sondages) et à répéter le mantra: violence, populace et factieux. Cette vieille thématique des classes dangereuses demande à être ravivée par des exemples qui nourrissent la peur. Considérant que l’action des groupes ultra avec images d’émeutes le servent, le gouvernement jouerait l’exploitation objective des désordres, pourtant minoritaires. Quitte à les exagérer ou à surinterpréter.

Du reste, des vérificateurs ont déjà décelé nombre de désinformations provenant non pas des manifestants - qui sont volontiers présentés comme complotistes ou prêts à croire les intoxications en ligne, ce qui n’est pas toujours faux - mais les partisans du président. Qu’il s’agisse d’attribuer aux « gilets jaunes » l’incendie du musée du jeu de Paume ou d’inventer qu’un manifestant filmé fait le salut nazi (alors qu’il dit « Ave Macron » et salue comme dans Astérix). Ce serait donc une stratégie de communication délibérée, quitte, comme le ministre de l’Intérieur, à proférer ce que l’on considérerait comme des « faits alternatifs » dans la bouche de Donald Trump.

Nous ne pouvons par trancher entre la thèse de l’énervement et celle de la diabolisation stratégique. Mais dans tous les cas, ce sont des signes annonciateurs de nouvelles luttes politiques. Elles auront pour enjeu l’établissement de faits qui se déroulent pourtant la plupart du temps à portée de caméra: l’interprétation de ce qui se déroule ostensiblement. Nous savions déjà que les mêmes images montées différemment et avec d’autres mots pouvaient mettre la responsabilité et la théâtralité de la violence d’un côté ou de l’autre. Nous savions que les réseaux sociaux, vers lesquels se retournent volontiers les « gilets jaunes » (méfiants à l’égard des médias classiques) peuvent donner une version totalement contraire des mêmes incidents. Mais aussi fournir des images et des témoignages qui renvoient la responsabilité à l’autre camp et contestent la version « officielle ». La réalité, même documentée, est donc ouverte à des lectures divergentes, preuves et contre-preuves, mentis et démentis.
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jeudi, mai 02, 2019

« Inqualifiable tentative d'intrusion à la Salpêtrière » : la fabrique gouvernementale de fausses nouvelles tourne à plein.



Le tout petit problème, c'est que ce n'est pas ce qui s'est passé. Donc Castaner ment (vous me direz, on a l'habitude)

1er mai à La Pitié : un vent de panique plutôt qu’une intrusion, selon les infirmiers

Et encore, le titre du Figaro est tendancieux, puisqu'un témoignage est toujours sujet à caution.

Le Monde est plus net :

Incidents à la Pitié-Salpêtrière : un repli chaotique, plus qu’une « attaque » délibérée. Les témoignages et les images réunis par « Le Monde » vont dans le sens d’un mouvement des manifestants voulant éviter une charge de police plus que dans celui d’une action délibérée de vandalisme.

Voici les images :





Certains ont choisi d'en plaisanter :




Mais moi, je n' ai pas trop le coeur à rire,  je n'oublie pas que cette bande de Pinocchios a fait voter une loi portant gravement atteinte à notre liberté d'expression sous prétexte, justement, de combattre les fausses nouvelles.

Et pendant que j'y suis, quelques images qui font honneur à la police française.

Un flic qui tabasse un vieux et une vieille comme un vulgaire loubard de banlieue (ce qu'il est peut-être) :



Encore une fois, je félicite chaudement tous ceux qui soutiennent ça et qui ont, d'ailleurs, voté pour, au premier ou au deuxième tour.

Pourquoi la violence policière sans frein ? Parce qu'elle n'est pas punie par le gouvernement. Pourquoi n'est-elle pas punie par le gouvernement ? Parce que le gouvernement est depuis le départ dans une impasse politique (le macronisme est, fondamentalement, une impasse politique) où il n' a plus que la répression comme réponse aux opposants.

Il est donc tant de passer à  une analyse plus politique avec Ivan Rioufol :

Ivan Rioufol: « Emmanuel Macron dans l’impasse du chaos »

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L’impasse est là. Sa faute initiale, martelée ici depuis son hold-up électoral il y a deux ans, est d’avoir fait du populisme un repoussoir. Or les aspirations populaires sont éminemment respectables quand elles attendent plus de démocratie pour les humbles, moins d’arrogance chez les puissants. Quand Macron, l’autre jour, fait l’éloge de l’enracinement, il oublie qu’il déclarait il y a un an aux catholiques: « Ce ne sont pas les racines qui importent, c’est la sève. » Sa nouvelle ode à l’« art d’être français » se heurte à son affirmation de 2017: « Il n’y a pas de culture française. » « Je peux mieux faire », a-t-il promis cette fois. Mais où est, chez lui, la pensée limpide ?

Attention ! La colère française est toujours là. Le 1er Mai l’a rappelé. Les 17 milliards d’euros que le gouvernement a lâchés, au total, pour tenter d’éteindre la révolte des « gilets jaunes » ne suffiront pas à acheter la paix sociale. La crise n’est pas seulement économique et sociale, comme le soutient le chef de l’État avec son « état d’urgence ». L’enjeu est de «répondre au sentiment d’exclusion d’une partie de la population» (Gérard Larcher, président du Sénat). Le gouvernement, qui a décidé lundi d’accélérer le rythme des réformes, n’a rien réglé de la crise de la démocratie, clé de voûte de l’insurrection des Oubliés.

La « lèpre qui monte » n’est pas celle du populisme combattu par Macron. C’est l’extrême gauche qui se révèle être une menace pour la démocratie. Au nom de la lutte des classes et des races, elle arme les casseurs dans les manifs et installe l’intolérance dans les universités. La gauche a couvé ce monstre.
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La perversion de la Vème République (quinquennat, gouvernement des juges, abandons de souveraineté, etc.) a pourri notre vie politique.

Au fait, un policier s'est suicidé en Saône et Loire,. Il ne me semble pas que le kéké de Marseille s'en soit ému.

Et une video de Campagnol pour conclure :







mardi, avril 30, 2019

La junte macroniste crève de trouille




La préfète Corinne Orzechowski a présenté ce midi le dispositif de sécurité prévu à Amboise jeudi 2 mai, lors de ce déplacement diplomatique sans précédent. 




Mise à jour 30 avril 2019. Annoncée lors d'une conférence de presse lundi 29 mars, l'interdiction faite aux Amboisiens habitants la rue de la Concorde et place Michel-Debré d'aller à leurs fenêtres n'a finalement pas fait l'objet d'un arrêté municipal.
Amboise se prépare à accueillir Emmanuel Macron et son homologue italien Sergio Mattarellajeudi 2 mai, jour anniversaire de la mort de Léonard de Vinci, qui visiteront le château royal à 11 h 30, puis le Clos Lucé. 
Le dispositif de sécurité mis en place, très conséquent, a été inspiré par le contexte, fait "d'un risque terroriste réel et d'un climat social dégradé",  et "par un enjeu d'image" très important, a expliqué la préfète d'Indre-et-Loire, Corinne Orzechowski, lors d'une conférence de presse qui s'est tenue à la mi-journée. 


Le périmètre de sécurité a été divisé en deux zones : dans la zone située tout près du château et du Clos Lucé, même les piétons ne pourront pas circuler, de 7 h à 13 h, sauf les riverains qui devront être munis de leur pièce d'identité.
"Les hôteliers nous consultent, des dérogations sont étudiées, au cas par cas."

La circulation des voitures interdite de 7 h à 17 heures

Un arrêté municipal, qui interdisait aux gens d'être à leurs fenêtres, dans les habitations de l'hyper centre-ville qui donnent sur la place Michel-Debré, et rue de la Concorde, ne sera finalement pas pris. [Mise à jour, mardi 30 avril]
Un arrêté préfectoral suspend également le survol de la ville, ce qui est valable pour les drones, et interdit toute navigation sur la Loire. 
Environ 300 gendarmes de la région vont être mobilisés et ces effectifs seront renforcés par des forces venues des autres départements. 


Finalement, Macron a eu plus peur du ridicule que des Ambaciens :






Le simple fait que cette mesure débile ait pu être envisagée est significatif de notre décadence politique.

Cela m'inspire 2 commentaires :

1) C'est l'effet cliquet : on crée un précédent. La prochaine fois cette mesure sera maintenue. Ainsi, on nous a habitués à trouver normal que les déplacements du président de la république soient protégés par des centaines de policiers, alors que c'est ahurissant.

2) la meilleure protection d'un souverain, c'est l'amour de son peuple. C'est de quelqu'un de beaucoup plus intelligent et cultivé que le guignol de l'Elysée : Erasme. Etait-il naïf ? Non, mais l'accessibilité la plus complète fait partie des devoirs d'un souverain à la hauteur de sa tâche. Henri III et Henri IV en sont morts, Louis XV a reçu un coup de canif, mais ils faisaient leur devoir. Notre dernier souverain, De Gaulle, avait 4 gardes du corps.

Quant au minable de la rue Saint Honoré :




Je n'insiste pas plus sur la répression policière et judiciaire dont j'espère que vous êtes désormais tous conscients.

Autre répression, la censure sous toutes ses formes (écoutez les 10 premières minutes) :



Et, pendant qu'on y ait, harcelons les opposants :