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samedi, juin 06, 2020

Le Figaro Histoire ... pétainiste.

Le journal de la bourgeoisie d'argent reste égal à lui-même.

Son numéro du Figaro Histoire est anti-gaulliste.

Il fait la part belle à Henri-Christian Giraud, petit-fils de son grand-père et adepte des thèses de celui-ci, c'est tout dire.

D'une certaine manière, c'est rassurant qu'il y ait des invariants, même si ce sont des invariants dans la trahison. Je trouve du plus haut comique l'allergie à De Gaulle de gens qui, par ailleurs, nous expliquent qu'ils vénèrent Jeanne d'Arc, alors que les deux personnages partagent au moins l'espérance envers et contre tout.

Ce sont de nouveau les pétainistes qui tiennent le haut du pavé, que ce soit dans l'interprétation historique ou dans la politique actuelle. Ce n'est pas une raison pour baisser les bras, c'est une raison de plus pour se battre et leur péter la gueule.



lundi, février 10, 2020

« Il y a un tropisme des intellectuels français pour la trahison. »



La République est devenue un poison pour la France - Le Zoom - Paul-François Paoli. « Il y a un tropisme des intellectuels français pour la trahison. C'est fascinant . […] La France est devenue un anti-modèle pour l'Europe. »

Moi aussi, ce tropisme des intellectuels (1) français pour la trahison me fascine.

La patriotisme me semble la position naturelle, la position par défaut. Peut-être parce que (psychanalyse) je ne me sens pas de honte de mes origines et que (caractère) je ne suis pas mégalomane, je n'ai pas d'ambition à l'échelle de l'univers.

Pour les intellectuels français, la position par défaut, c'est la trahison. C'est tout de même étrange.

Et qu'on ne me raconte pas que c'est un fantasme de ma part : vous voulez la liste des intellectuels français qui rampaient devant les autorités allemandes en 1942 ?

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(1) :  je pense plutôt « des bourgeois ». Mais comme il y a un certain recouvrement, on ne va pas épiloguer.

samedi, février 01, 2020

Les cathos ont trahi ... et c'est un drame pour la France.

Les cathos ont trahi politiquement. C'est normal qu'ils n'aient plus aucun poids.

La Manif pour Tous : mais où est donc passé le vote catholique ?!

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La messe était dite, si l’on ose dire, et le vote catholique, largement rallié au candidat de la France « En marche » (vers le « progressisme »), n’avait plus aucune chance de faire entendre sa voix. Son conformisme social, son souci patrimonial et son esprit de classe l’alignaient, sans contrepartie aucune, dans le camp de la France des centres villes prospères, mondialisés et progressistes, face à la France populaire et périphérique ou celle de l’héritage civilisationnel chrétien.

[...]

Aujourd’hui, chaque force sociale défile et proteste de son côté, dans des combats qui ne franchissent pas le seuil critique qui menacerait le pouvoir en place. Les Gilets jaunes n’ont pas rallié la droite conservatrice qui ne s’est pas identifiée à une révolte populaire patriote, comme la gauche syndicale des grandes entreprises publiques se montre incapable de mobiliser les gros bataillons des salariés du privé, qui seront pourtant les premières victimes de la réforme Macron des retraites. La Manif pour tous, de son côté, est condamnée à voir défiler ses troupes nombreuses dans l’indifférence générale d’un pays fragmenté qui ne trouve pas de dénominateur commun à ses révoltes, ni une force politique capable de les mettre en cohérence.
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Le peuple français manque de leaders, c'est son drame.

Dans un pays fonctionnel, la classe dirigeante a vocation à se diviser en factions représentatives du peuple. Ces factions s'opposent, alternent au gouvernement et cela fait la vie démocratique.

Or, cette division verticale est précisément ce qui fait défaut à la politique française.

A la place, nous avons une division horizontale.

En haut, la classe dirigeante forme un parti remarquablement uni contre le peuple, au delà des différences de façade pour amuser la galerie : il y a eu unanimité, de Macron à Mélenchon, en passant par la fausse droite, pour traiter les Gilets jaunes des ronds-points de fascistes. Même le RN y ait allé avec de longues pincettes, ce qui prouve que son opposition est une mascarade.

En dessous, un peuple atomisé et déculturé manque cruellement d'élites.

C'est une trahison pure et simple de leurs devoirs qu'il n'y ait pas de gens d'en haut qui parlent réellement pour ceux d'en bas (à part Eric Zemmour et un peu Michel Onfray. Tous les autres pseudo-représentants des Gilets Jaunes trimballent leurs obsessions gauchistes qui conviennent on ne peut mieux au Système).

Parmi ceux-ci, la bourgeoisie catholique avait quelques prédispositions. La doctrine sociale de l'Eglise et sa tradition fournissaient de bons guides pour analyser et comprendre les Gilets Jaunes. Hé bien non, placée en position de choisir entre catholique et bourgeoise, la classe de nos cathos du 16ème a montré ce que valait ses valeurs et a choisi la bourgeoisie à 100 %, prouvant que ses seules valeurs sont pécuniaires. J'espère qu'elle a une place réservée en Enfer ou, au moins, au Purgatoire.

samedi, décembre 28, 2019

Le patriotisme, un concept étranger à notre classe dirigeante

One Nation Toryism rests on patriotism, a concept the Left struggles to understand.

C’est tout à fait transposable en France, sauf que le corps électoral français (de plus en plus différent du peuple, vu le taux d’abstention) a porté au pouvoir un anti-patriote : Macron est le Destructeur, l’anti-France personnifiée. Voter Macron au 1er tour, au 2ème tour, au 3ème tour, au 122ème tour, c’est de la trahison. Je l’ai expliqué à des collègues qui, bien évidemment, ont voté trahison. Je suis un grand diplomate.

Christophe Guilluy a tout dit : « Le vote Macron est un vote patrimonial ». Qu’en termes délicats ces choses là sont dites.

Ou cet exquis dialogue de Serge Federbusch que j'aime à répéter :

_ Que représentent les Gilets Jaunes (sous-entendu, les vrais, du début, pas les récupérateurs gauchistes du Système (1)) ?

_ Le patriotisme.

_ Et Macron ?

_ Le contraire.


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(1) :




mercredi, décembre 18, 2019

Ces vérités cachées, ignorées ou refoulées


Ces vérités cachées, ignorées ou refoulées

1) La réforme des retraites qui est proposée est de nature foncièrement idéologique: elle consiste à supprimer 42 régimes particuliers  pour les fondre en "un système à points" unique. Cela concerne les cheminots, certes, mais aussi les médecins, les agriculteurs, les notaires, les militaires, les avocats, les ouvriers agricoles, professions libérales, professeur de l'enseignement privé, etc. Une étrange logique de la table-rase et du nivellement, bien socialiste, au pire sens du terme, vise à interdire aux professions de s'organiser en tenant compte de leurs spécificités, et ainsi à imposer une uniformisation bureaucratique. 42 régimes, pages 20 et 21. 
2) Son caractère discriminant est paradoxalement incompréhensible: elle devrait concerner (comprend-on), les personnes nées après 1975 et épargner les classes d'âge antérieures à cette année. Le clivage ainsi opéré semble indiquer qu'un effort d'adaptation serait imposé au moins de 45 ans tandis que les plus de 45 ans en sont exonérés. Une discrimination reposant sur l'âge se substitue ainsi aux catégories fondées sur les métiers. A la guerre comme à la paix, ce sont les jeunes qui payent pour les anciens. Quelle plus insupportable injustice? Dans l'histoire, aucune réforme fondée sur un traitement inéquitable, frappant la jeune génération et protégeant l'ancienne, n'a d'ailleurs  jamais abouti.
3) Cette réforme qui focalise toute l'énergie du pays, passe à côté de l'essentiel: elle ne présente aucun avantage pour le règlement des fléaux qui ruinent la France, c'est-à-dire l'écrasement fiscal du pays, sa dette vertigineuse, la crise de l'autorité de l'Etat, la violence, le communautarisme, la chute du niveau scolaire, la désindustrialisation, le chômage qui recule partout, sauf en France, la perte de crédit dans le monde l'effroyable effondrement de la confiance dans le politique.
4) Son succès dans quelques milieux, surtout de droite traditionnelle, tient à l'émotion plutôt qu'à la raison, l'instinct de revanche contre les cheminots et leurs syndicats... L'idée de les voir mordre la poussière produit, dans ces milieux, une sorte d'étrange jubilation et d'excitation: celle que produit le chiffon rouge dans l'arène.  Le soutien de droite à la réforme ne tient pas à autre chose: l'abattage de la "bête immonde"ou la logique du bouc émissaire. Cette euphorie malsaine couvre tout le reste, le fond d'une réforme qui n'intéresse personne. Et cela pour des avantages économiques non évalués, mais sans aucun doute infimes, voire inexistants, compte tenu du déséquilibre démographique qui subsistera, des dérogations liées à l'ancienneté et de la hausse progressive de l'âge de la retraite des cheminots, déjà à l'oeuvre.
5) Le fond de l'air a quelque chose de monstrueux. Le niveau de mépris de la classe dirigeante pour les "sans-dents" atteint un niveau paroxystique qui n'a sans doute sans précédent dans l'histoire contemporaine. D'un côté, une infime caste qui bombe le torse et redouble de coups de menton en s'enfermant dans une posture de fermeté aux accents radicalement narcissiques, voire électoralistes; de l'autre les salariés, les étudiants, les enfants et les mères de familles, plongées dans un chaos indescriptibles, obligés de se battre pour s'entasser dans un autobus ou un métro. Quelle pire image qu'un pouvoir politique qui accule les Français à se battre les uns conte les autres?
6) Les coups de menton des uns et des autres n'y changeront rien. La crise est sans fin. Elle n'aura ni vainqueur, ni vaincu. D'ailleurs, depuis les lois Valls de 2016, la bataille de NDDL, suivie des Gilets Jaunes, des violences des Black blocs, et des troubles sociaux actuel, la France est plongée dans un désordre permanent et croissant auquel les Français finissent par s'habituer. Ne parlons pas des attentats islamistes qui ont fait 260 morts en cinq ans. Les troubles autour de la réforme des retraites vont ronger le pays pendant des mois, des années. Peu à peu, de concession en concession, cette réforme idéologique va tomber en déliquescence, par détricotage subreptice. Evidemment. Déjà, les policiers et les magistrats... Enfin, quand je dis, "ni vainqueur, ni vaincu", c'est faux: il y a déjà une grande vaincue, malheureuse, humiliée, traînée dans la boue, risée de toute la planète: la France.
Maxime TANDONNET

lundi, août 19, 2019

La bourgeoisie française de l'entre-deux-guerres vue par un journaliste américain.

Il paraît que je suis trop sévère avec la bourgeoisie française. Je vous soumets donc (comme argument d'autorité !) le point de vue d'un Américain.

L'extrait est un peu plus étendu, il permet de se remémorer une partie de la lourde responsabilité des Américains et des Anglais dans la seconde guerre mondiale.

Pour vous permettre de rentrer dans l'extrait : le bas de la page 131 et le haut de la page 132 explique que, pour une nation, chercher la protection dans la subordination est une fausse bonne idée, que les nations sont naturellement égoïstes et ne peuvent compter que sur elles-mêmes quand l'essentiel est en jeu (d'où la note de bas de page 132 sur de Gaulle).

Extrait de The collpase of the third republic

Nota : Shirer n'aime vraiment pas Pétain, car, contrairement à nos pétainistes contemporains, qui ne sont que des anti-gaullistes obsessionnels déguisés (voir ici, par exemple), il n'ignore pas que Pétain, par les différents postes qu'il a occupés et par son magistère moral et intellectuel tout au long des années 20 et 30, est le principal responsable militaire de la défaite de 1940.

Alors, le voir prendre le pouvoir à l'issue d'une défaite dans laquelle il a joué un rôle majeur, ça gratte un peu.

Il faudrait une bonne psychanalyse de l'anti-gaullisme contemporain. Venant de pieds-noirs, c'est idiot mais compréhensible. Mais de catholiques traditionalistes fervents ? C'est au moins le signe d'une légère déficience de la comprenette politique (ils devraient relire Richelieu, catholique sans doute aucun).

Je rappelle que le catholique pratiquant, dans la paire Pétain-De Gaulle, c'était le général, pas le maréchal.

Les histoires pétainistes de « don de sa personne à la France » ne sont que du bourrage de mou pour gogos disposés à se laisser gruger (au moment où il fait cette déclaration, le 17 juin 1940, il parie sur la victoire de l'Allemagne, qui ne paraît pas à ce moment irréaliste. Son don ne lui coûte donc rien. C'est comme nos modernes politiciens qui répètent « j'assume » : concrètement, ça veut dire qu'ils restent en poste continuent à se goberger).

Je parle de psychanalyse car, en raison, il n'y a plus de débat depuis longtemps : Pétain a parié sur la victoire de l'Allemagne, De Gaulle sur sa défaite, on sait sans ambiguïté qui a eu tort, qui a eu raison. François Delpla a montré comment Pétain avait été mené par le bout du nez par Hitler.

En revanche, en psychologie, c'est une autre histoire. Et les réactions face à Trump me paraissent éclairantes : on condamne non pas celui-ci qui divise le groupe, mais celui qui constate une division existante que tous s'efforçaient, avec de plus en plus de difficultés, de nier.

La souffrance et la peur du conflit se transforment en haine pour celui qui le met en lumière : on déteste à mort le messager parce qu'on ne supporte pas le message. Sans De Gaulle, il y aurait eu des Résistants, mais on en veut à mort celui qui a posé un choix clair, qui a tué l'espoir de concilier l'inconciliable, qui a dit qu'on était soit couché soit debout mais qu'on ne pouvait être les deux en même temps.

J'ai tout de même du mal à comprendre qu'il reste aujourd'hui des pétainistes. Péguy disait qu'il faut avoir le courage de voir ce que l'on voit. A l'évidence, certains manquent de ce courage.

lundi, juin 24, 2019

Macron, président assumé de la bourgeoisie

Macron, président assumé de la bourgeoisie

Tout tient dans ces phrases :

Combien de temps un pouvoir peut-il se maintenir en place par le mépris et par la peur ? Il est assez douteux de croire que cette solution peut être éternelle, et même durable, mais après tout, tout ce qui est pris n’est plus à prendre.

mardi, juin 04, 2019

Bourgeoisie anti-nationale : Zemmour met les pieds dans le plat.



Pauvre fille ! Ce n'est pas « énorme ». C'est une banalité pour les trois-quarts des Français, qui connaissent cette bourgeoisie anti-nationale et souffrent de ses exactions. Evidemment, Mère Ruth se sent un peu beaucoup visée.

Dans le même entretien, Mère Ruth corrige une tirade de Zemmour par un sermon sur les musulmans français patriotes qui sont, d'après elle (comment le sait-elle ?) plus nombreux qu'on croit (qui est « on » ?). C'est une pure pétition de principe.

Citation du jour :


« Le révolutionnarisme verbal d’une fraction des intellectuels ne contredit pas le conservatisme borné d’une fraction de la bourgeoisie. Les deux phénomènes sont contrastés mais solidaires. Les révolutionnaires du style de Jean-Paul Sartre n’ont jamais troublé le sommeil d’aucun banquier du monde ».

Raymond Aron, "Le Figaro Littéraire" du 27 septembre 1952, reproduit dans "Polémiques", Gallimard, 1955.



mercredi, mai 29, 2019

Politique : cathos paumés

Commentaires sous un billet :





Je ne renie pas pas ma phrase « Les cathos et les bourgeois sont cons comme des bites », mais elle demande une explication.

L'aspect moral est déjà vomitif : les bourgeois ont voté Macron pour ce qu'ils pensent être leurs intérêts à court terme sans se préoccuper un seul instant de la France, de son peuple; de ses besoins, de son destin.

Jean Sevilla a des mots cinglants à ce sujet :

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Comment expliquer le vote des catholiques aux élections européennes ?

Ils ont participé en masse (pour 78 % d’entre eux) ; plus ils se déclarent pratiquants, plus leurs choix se sont portés vers les listes LREM (à 37 %) et LR (22 %). Les « non-pratiquants », eux, ont plutôt choisi le vote du Rassemblement national.

Le taux de participation des catholiques au dernier scrutin avoisine les 78 %. Ce chiffre est largement au-dessus de la moyenne nationale. Est-ce étonnant ?

Ce n’est pas étonnant. Les catholiques ont le souci de la vie en société, du bien commun et de la vie politique. De ce point de vue là, il y a une grande tradition d’intérêt. Les catholiques ne sont pas simplement en prière toute la journée, ils sont aussi impliqués dans la vie de tous les jours.

Un sondage montre que plus les catholiques sont pratiquants plus ils votent la République En Marche à 37 % ou Les Républicains à 22 %. Au contraire, les catholiques non pratiquants ont voté majoritairement le Rassemblement national.

Comment l’expliquez-vous ?

Une grande tradition démocrate-chrétienne a marqué l’Église de France. Cette tradition pousse une grande partie des catholiques à la modération politique. Les catholiques sont facilement centristes, du centre droit ou d’une droite modérée.

Par ailleurs, il y a une évolution sociologique de l’Église de France qui fait que les classes populaires sont moins pratiquantes. Les catholiques pratiquants sont plutôt de la catégorie sociale supérieure. Or, les catégories sociales supérieures ont voté Macron aux Européennes. Il y a une sorte d’embourgeoisement des catholiques qui fait qu’ils ont embrassé le vote majoritaire du milieu social qui est le leur.

C’est assez étonnant quand on sait que la République En Marche est plutôt favorable à la légalisation de la PMA et de la GPA. Comment expliquez-vous que les catholiques pratiquants normalement opposés à ces pratiques maintiennent majoritairement leur confiance vis-à-vis de la République En Marche ?

Je crains que ces catholiques pratiquants soient plus intéressés par ce qu’ils considèrent être l’intérêt de leur portefeuille. Ils pensent que Macron va satisfaire leurs attentes. Ils mettent les questions sociétales au second rang de leurs préoccupations. Le jour où le progressisme sociétal de Macron se développera totalement, ces catholiques-là n’auront plus que leurs yeux pour pleurer. Il suffit de regarder la configuration dans laquelle on est. Emmanuel Macron a toutes les chances d’être réélu en 2022. Quand nous aurons la PMA, la GPA, l’euthanasie et je sais ne sais quoi encore…

Pensez-vous que l’affaire Vincent Lambert a pu influencer le vote des catholiques lors de ces Européennes ?

Je ne crois pas du tout ou alors c’est vraiment marginal. Malheureusement, beaucoup de catholiques sont sur une position majoritaire sur le fait que Vincent Lambert serait un homme en fin de vie. L’idée de l’euthanasie progresse dans l’opinion publique et même chez les catholiques. C’est un constat absolument désolant.
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Mais, en plus d'être immoral, ce vote n'est même pas intelligent d'un point de vue égoïste, comme je l'explique dans les commentaires de cet article :

Vers un nouvel “Ancien régime” ? Ces minorités qui contrôlent de plus en plus la vie de leurs concitoyens.

Alors ? Un vote à la fois immoral et con, ça fait beaucoup.

Je pense que les catholiques (beaucoup d'entre eux, en tout cas) sont des paumés parmi les paumés : ils ne savent plus vraiment en quoi ils croient tout en croyant croire, ils se « protestantisent » sans être protestants. Ils prennent des bouts de doctrine par ci, en rejettent par là. Et ça finit par la croyance qu'accueillir en France toute la misère du monde est un devoir. Il n'y a pas plus immigrationnistes givrés que certains catholiques type folles à la messe. Décidément, les valeurs chrétiennes égarées de Chesterton.

Quel rapport avec le vote Macron ? Quand on a la tête en vrac sur la religion, il est peu probable qu'on ait la tête bien rangée en politique, tant les deux sujets sont connexes.



samedi, février 16, 2019

vendredi, novembre 09, 2018

Les carottes Vichy (la bourgeoisie française y était)

C'est un débat assez récurrent sur ce blog « La bourgeoisie française a-t-elle un tradition de trahison, notamment au profit de l'Allemagne ? ». Ma réponse est clairement positive (comme celle de Clemenceau et de Gaulle, entre autres).

Bien sûr, cela varie dans le temps : peu entre 1914 et 1918 ; beaucoup entre 1940 et 1944. Il y a des nuances : je n'oublie pas que la sociologie des Résistants était au-dessus de la moyenne.

Mais globalement, je maintiens mon analyse.

En tout cas, après guerre, c'est très clair : il y a une veine politique d'extrêmes centristes, forcenés de la trahison, combinant atlantisme et européisme, toujours prêts à brader les intérêts de la France pour complaire à Washington et à Berlin (auparavant, à Bonn) sans que la France en tire aucun avantage significatif en retour. C'est vrai aussi dans le domaine industriel (EADS, Alstom, ...).

Il y a continuité dans la trahison des bourgeois mous (sauf quand il s'agit de trahir. Là, ils savent être durs) : Schuman, Giscard, Hollande, Macron.


Vichy n’était pas la France, c’était le gouvernement des élites


Une tribune de Guillaume Bigot autour du livre "L'Etat contre les Juifs" de Laurent Joly

par

Guillaume Bigot

- 8 novembre 2018

Guillaume Bigot. ©GB

Saluant la publication du brillant essai, L’Etat contre les Juifs, que publie l’historien Laurent Joly, Guillaume Bigot en conteste néanmoins une partie des thèses. Bloc de traîtrise, de bêtise et de haine, le régime antisémite de Vichy a cependant empêché, selon lui, une extermination totale des juifs français.

Une brillante synthèse consacrée à la politique antisémite de Vichy vient de sortir : L’Etat contre les Juifs, signée de l’historien Laurent Joly. Ce travail d’une grande clarté permet à la France contemporaine de resituer précisément sur la fresque nationale cette tâche morale indélébile que fut Vichy. La resituer avec justesse, sans la minimiser mais sans non plus l’étendre à tout un peuple qui a subi le choix de ses dirigeants et à qui on n’a jamais demandé son avis. Ce n’est pas le moindre mérite du livre de Joly que de dénoncer cet amalgame permanent entre Vichy, la France et l’Allemagne. L’Etat contre les Juifs tord le cou à trois idées fausses.

Abject, l’antisémitisme français n’était pas nazi

La première, c’est que Vichy n’a jamais été comparable à l’Allemagne nazie. Cette conclusion saute d’autant plus aux yeux si l’on se place du point de vue des crimes antisémites. Certes, le régime de Vichy va, de son propre chef, édicter, le 3 octobre 1940, un statut des Israélites, faisant de nos compatriotes juifs des citoyens de seconde zone. Il n’en reste pas moins que l’antisémitisme de Vichy différait fort de l’antisémitisme génocidaire des nazis. L’écrivain royaliste et résistant Bernanos poussera d’ailleurs un cri surréaliste à la Libération : « Le nazisme a déshonoré l’antisémitisme. » Joly écrit : « La tradition antisémite autochtone n’était pas assez puissante pour aboutir à l’adoption d’une loi raciale. »

Vichy n’était pas Berlin : jamais le port de l’étoile jaune ne sera imposé en zone libre. L’Etat français n’est pas le Reich : même des antisémites virulents, comme Xavier Vallat (insultant Léon Blum à la Chambre, le 6 juin 1936 : « Pour la première fois, ce vieux pays gallo-romain sera gouverné par un juif ».) ne veulent pas que l’on arrête les « juifs respectables » ! En novembre 1943, René Bousquet écrit à un officier SS : « Pour les services de police, (…) le fait d’être israélite ne constitue une présomption de responsabilité, ni en matière politique, ni en matière de droit commun. »

Le zèle administratif français facilite les rafles

L’Etat contre les Juifs montre aussi comment le zèle administratif français va grandement faciliter la tâche criminelle des Allemands. A l’été 1942, les hommes de Vichy, au nom d’une pathétique « reconquête administrative », disent en substance aux Allemands : « On vous donnera le nombre de juifs que vous voulez mais laissez-nous faire et épargnez les juifs français ». A l’été 1942, l’Etat français opère donc en effet un choix déshonorant et ignoble.

Joly montre ainsi comment Vichy a sacrifié les juifs apatrides sur l’autel de la collaboration. C’est exactement le même argument que l’on retrouve sous la plume de Zemmour et dont on ne comprend pas bien pourquoi Joly tient absolument à dire qu’il est en désaccord avec lui. Des Juifs français sont raflés au passage et, horreur dans l’horreur, abomination au carré, les enfants nés sur notre sol, donc français, sont également livrés.

Contrairement à Zemmour et à Joly, l’historien Pierre Vidal-Naquet, contestant l’évidence de cette ignoble troc écrivait : « Des mesures n’ayant affecté que des étrangers… si cela était vrai, le crime n’en serait pas moins éclatant ! » Vidal-Naquet a moralement raison mais mathématiquement tort. Car si Vichy n’avait pas existé, le sort des Juifs dans l’Hexagone aurait été pire, bien pire. En France, 90 % des Juifs français, 86 % des enfants juifs français et étrangers et 60 % des Juifs étrangers survivront à la guerre. Partout ailleurs, les nazis détruiront entre 50 et 90 % des communautés israélites. Pour autant, Vichy n’a jamais été un moindre mal.

La France n’était pas Vichy

Sur 280 000 juifs recensés (sur 320 000) en 1941, il y aura tout de même 74 150 morts. Vichy est un bloc de traîtrise, de bêtise et de haine qui a livré les apatrides, arrêté ses concitoyens juifs et fait couler le sang des résistants et des alliés.

En jouant à cette farce tragique d’une souveraineté à la botte, Vichy va libérer deux millions de soldats nazis qui auraient dû autrement occuper notre vaste pays et saborder notre flotte qui était, en 1940, la première du monde, devant la Royal Navy.

La deuxième démonstration irréfutable de Joly, c’est que la France n’était pas Vichy. En marge d’un projet de loi antisémite, le chef adjoint du cabinet civil de Pétain note : « Le pays n’est pas antisémite… On dira que c’est un asservissement devant l’Allemagne, le racisme n’est pas apprécié dans ce pays parce qu’il est allemand. »

Bien sûr, un antisémitisme bien de chez nous a existé mais que pesait-il ? Le Journal Au Pilori, tiré à 65 000 exemplaires, organise un concours en 1943 à propos des juifs intitulé « Où les fourrer? » La gagnante en est une habitante de Clichy qui propose de stériliser les juifs. 65 000 exemplaires, c’est à comparer, avec les quelque 1200 journaux résistants qui seront distribués à plus de 2 millions d’exemplaires.

La France n’était pas Vichy en témoigne encore les rapports des préfets qui atterrissent sur le bureau du vieux maréchal. Ces rapports sont sans appel : l’étoile jaune ne passe pas, les restrictions alimentaires ne passent pas, la poignée de main avec Hitler ne passe pas.

Une minorité de héros… et de salauds

L’historien Henri Amouroux a raison : en juillet 1940, il y a bien 40 millions de pétainistes. Quelques mois plus tard, le 24 octobre, le soutien populaire s’effondre. C’est l’entrevue de Montoire. La France copine avec l’ennemi. Les Gaulois réfractaires ne l’acceptent pas. Vichy n’est pas la France… En témoigne le stoïcisme des populations civiles, notamment en Normandie, lourdement bombardée par les anglo-américains et qui réserve pourtant un accueil triomphal aux alliés qui débarquent en juin 44.

Certes, les héros furent peu nombreux. Mais les salauds aussi. Le sentiment dominant des Français, c’est la détestation du Boche qui pille et qui fusille. Quant au sort des Juifs, il est incompréhensible à la majorité. Le livre de Joly contient ce témoignage bouleversant d’une Française anonyme qui écrit à Pétain, en voyant passer des autocars chargés de femmes et d’enfants raflés : « Ce sont des charrettes de condamnés. »

La troisième leçon de vérité de ce livre, et sans doute la plus importante pour la France de 2018, c’est que les élites furent derrière Vichy et le peuple derrière la Résistance et les Alliés. Le principal mérite de Laurent Joly est sûrement de faire éclater la vérité sociologique de la Collaboration.

Qui étaient les collabos ? Les magistrats, les hauts fonctionnaires, les journalistes, les intellectuels et les pipoles… Comme c’est étrange. Le conseiller d’Etat Louis Canet, les hauts fonctionnaires Bousquet et Papon. Canet, Laval, Bousquet, trois petits marquis de bureau qui incarnent parfaitement un certain conformisme de classe.

Les petits marquis de la Collaboration

Écoutons Laurent Joly croquer le portrait de ces petits marquis : « Chez l’un comme l’autre, le franc-parler et le volontarisme affichés marquent une constante soumission aux forces dominantes du moment, sur fond d’égo hypertrophié et d’amour immodéré du pouvoir. »

Cynique, méprisante et vaniteuse, notre classe dirigeante a semble-t-il peu changé.

« Par ces temps de terreur, il est trop grave de faire connaître ses sentiments s’ils ne sont pas absolument conformistes », note l’avocat Maurice Garçon dans son Journal (1939-1945).

En d’autres termes qu’à l’époque, dans Paris occupé, existait un politiquement correct, socialement très marqué [votez Macron !]. Entre 1940 et 1944, la « France d’en haut » pariait sur Hitler. Or, aujourd’hui, les élites qui veulent brader la souveraineté veulent aussi charger les épaules du peuple français du fardeau de la culpabilité morale des classes dirigeantes d’hier ! Les couches, les CSP les plus représentées dans la défense des sans-papiers, dans la haine de Trump et du Brexit, dans l’apologie de la mondialisation et de l’UE… étaient surreprésentés dans la collaboration [votez Macron !] !

De là à penser que, pour nous faire avaler la monnaie unique et le renoncement au volontarisme et à la démocratie nationale, il fallait préalablement aligner la France sur l’Allemagne, il y a un pas que… l’on peut envisager   [votez Macron !] !  

Pourquoi déshonorer le peuple français ?

L’alignement moral a précédé et préparé l’alignement monétaire. L’Etat contre les Juifs dénonce en tous cas un révisionnisme grave qui veut à tous prix déshonorer le peuple français. Le révisionnisme de François Hollande dont le discours du 22 juillet 2012 ne comportait aucune allusion au contexte de l’occupation et au nazisme. Plus grave encore et toujours plus éloigné de la réalité historique, Emmanuel Macron, dans une allocution prononcée le 16 juillet 2017, ose dire que c’est la France seule qui est responsable de la mort des juifs. Plus d’Allemands donneurs d’ordre et même plus de génocide, que des Français antisémites. Édifiant. L’occupation allemande n’était pas un détail. Vichy n’a jamais été la France. La France n’est pas et ne sera jamais l’Allemagne !



mardi, novembre 06, 2018

Todd sur Macron

Emmanuel Todd est un vaniteux mais ce qu'il dit sur Macron est très juste :



Si vous êtes pressé, vous pouvez commencer à 1h15.

Résumé :

1) Macron est idiot (plus que Sarkozy ! Ce qui dans la bouche de Todd veut dire quelque chose). C'est un énarque dont l'intellect n'a pas évolué depuis sa sortie de l'école. Il n'a aucune profondeur. Macron est aussi éloigné de la réalité qu'une copie de l'ENA.

Le monde change avec Trump-Brexit-Salvini comme il a changé dans les années 80 avec Reagan-Thatcher et Macron est incapable de le prendre en compte.

Todd est assez rigolo quand il parle de l'âge de Brigitte Macron : soit Emmanuel Macron est un vrai rebelle soit, au contraire, il a épousé une copie de sa mère et ne sera jamais adulte. Je vous laisse choisir.

2) Le macronisme est le produit du fantasme (pétainiste, c'est moi qui l'ajoute) de la bourgeoisie française de régler les problèmes sans faire d'efforts, sans risquer son patrimoine, c'est-à-dire sans sortir de l'Euro (comme Pétain laissait croire que tout allait se régler sans combattre les Allemands).

La France est sortie de l'histoire en perdant sa souveraineté monétaire (l'Euro), sa souveraineté judiciaire (la CEDH), sa souveraineté législative (les directives européennes) et sa souveraineté militaire (rien sans l'aide des Américains -sauf le nucléaire) et ne veut pas faire les efforts nécessaires pour y rentrer. Les Français peuvent donc se montrer irresponsables et se laisser aller à la puérilité de voter Macron.

De plus la bourgeoisie française a une longue tradition de soumission à l'Allemagne (thème connu sur ce blog).

En somme, le contenu intellectuel et moral du macronisme est donc très médiocre : pas de vision, pas de courage, pas de générosité, pas de patriotisme.

En conséquence, le macronisme est « le produit de la médiocrité morale et intellectuelle de la bourgeoisie française et, plus largement, de la France ». Les élus et les électeurs du macronisme sont profondément médiocres.

3) Macron a pris le Front National au mot : l'UMPS existe, il l'a incarné et il a gagné. La mascarade étant révélée, le paysage politique est ravagée et l'avenir inconnu. Dans ce chaos, Macron a une bonne chance d'être réélu.

4) La classe moyenne supérieure est presque aussi loser de la mondialisation que la France d'en bas (les vrais winners de la mondialisation sont en réalité très peu nombreux - comme dit Warren Buffet « la guerre des classes existe et c'est ma classe (sous-entendu, celle des milliardaires) qui l'a gagnée ». Si vous n'êtes pas an moins multi-millionaire, vous n'êtes pas un vrai gagnant de la mondialisation). Elle se rassure en votant contre la France d'en bas, pour se donner l'illusion qu'elle est séparée de ces losers.

5) La société française est atomisée et, dans ces cas là, c'est toujours l'Etat le grand gagnant.

Le règne des énarques ne se dissimule même plus sous une alternance droite-gauche factice, la répression est de plus en plus directe (Zemmour est interdit de médias publics, Todd suit la même trajectoire. On ne parlera pas des attaques judiciaires contre Fillon, la FI et le FN).

La porte est maintenant ouverte pour une suppression des élections. Soit directement, soit, plus subtilement, en décourageant les gens d'aller voter en paralysant les partis d'opposition (c'est déjà commencé) et en ne tenant pas compte du résultat des élections (précédent célèbre : le référendum de 2005).

Au regard de l'histoire, tout cela est cohérent et sans surprise : les peuples qui ne peuvent ou veulent plus défendre leur liberté finissent toujours par la perdre.

Mais, comme Todd, ça me met en rage à en pleurer de voir que notre pays qui fut si grand se laisse décliner parce que les bourgeois ont peur de perdre leur patrimoine au moindre mouvement de sursaut et que les autres ne savent plus faire une révolution.


lundi, septembre 17, 2018

Le courage politique aujourd’hui

Le courage politique aujourd’hui, c’est de faire banqueroute, de faire éclater l’Euro et de sortir de l’EU. Si on ne sort pas de l’Euro (ou de l’UE pour ceux qui ne sont pas dans l’Euro), le patriotisme, c’est du bruit avec la bouche.

Cela vous semble trop difficile ? C’est la vie : quand on a perdu ou cédé sa liberté, pour quoi que ce soit, un peu d’argent ou de confort, par facilité, par illusion ou pour toute autre raison, le prix à payer est toujours très élevé. Refuser de payer ce prix, c’est consentir à la servitude, fût-elle douce, enveloppé, rampante, insinuante.

En 1992, en votant le traité de Maastricht, puis en 2009 par la ratification félone du traité de Lisbonne, les Français se sont mis dans les chaines, veulent-ils payer le prix pour s’en délivrer ? Certainement pas en votant Macron.

Les plus proches de cette politique sont évidemment les Anglais avec le Brexit. Ensuite, le programme de Salvini en était proche mais l’application semble demander trop de courage.

Je vous soumets ce texte de Jean Dutourd, qui me semble parfaitement adapté pour décrire les rapports de la bourgeoisie française, et peut-être même du peuple français, et de l'hyper-classe mondialisée, à travers ses succursales de Bruxelles, Paris, Berlin ou Washington :

Il est très facile d'être vaincu. Tout à coup, on n'a plus de responsabilité. Autrement dit, plus de destin. Un autre prend les décisions pour vous, un autre commande, un autre vit à votre place.Vous, vous êtes enfin déchargé de ce fardeau exténuant de la liberté, c'est-à-dire de la prévoyance, de la force de caractère, de l'honneur, de la morale, de la pureté. Aucune valeur ne subsiste. La seule chose qu'on vous demande, c'est l'obéissance au vainqueur. Et le vainqueur est bon bougre :  si vous faites ce qu'il veut (qui est toujours incompatible avec les vertus de l'homme libre, mais qui est très facile : proclamer qu'il est bienfaisant alors qu'il est injuste, dénoncer ceux qui lui résistent, etc.), il vous laisse tranquille ; parfois même il vous récompense. Ainsi, se damne-t-on pour lui. Douce damnation, qui rapporte des faveurs, des avantages, des privilèges (privilèges subalternes, sans doute, mais enfin on est un peu au-dessus du troupeau), de l'argent, une espèce de considération (ou de feinte considération ou, mieux encore, de feinte égalité) de la part du puissant.


jeudi, août 30, 2018

Typique de la bourgeoisie française





















Qu’un président français critique à l’étranger le peuple français, en des termes relâchés assez méprisants, ne choque pas une majorité des bourgeois lecteurs du Figaro.

On retrouve la vieille scie pétainiste (et très XIXème) du peuple coupable qui ne mérite pas ses géniaux dirigeants, sa merveilleuse classe dirigeante.

Qu’écrivais-je il y a peu, à propos de la bourgeoisie française ?

Aucune fierté nationale. Pas d’amour du peuple. Aucun sentiment de ses devoirs envers lui. Un égoïsme de classe forcené. La bourgeoisie française mérite ces insultes et bien d'autres.





mercredi, août 29, 2018

Bourgeoisie française : Asselineau rêve

Ca fait plusieurs videos où je vois François Asselineau mettre en garde les bourgeois français.

Macron est un adolescent attardé. Il nous fait une crise d’adolescence permanente. Il veut détruire tout ce qui s’est fait avant lui, spécialement la bourgeoisie (sûrement un vieux compte à régler avec la bourgeoisie amiénoise). C’est d’ailleurs cet appétit de destruction qui l’a fait sélectionner comme marionnette par la coterie mondialiste. Elle ne veut que des individus atomisés, déliés de tout héritage, assujettis à un Etat dominateur (voir l’excellente chronique sur « l’exemple scandinave » de Peter Hitchens) et à qui il ne reste plus comme raison de vivre que la consommation compulsive.

Le discours sur « la start up nation » (qui suppose que la France part de zéro !) habille cette envie de destruction.

Dans ce cadre, la destruction de ce qui structure la société civile française est au programme. A commencer par la bourgeoisie et ses professions réglementées (notaires, huissiers, médecins, petits maires etc.).

Asselineau lance donc un avertissement aux bourgeois français : « Faites très attention à ce que vous votez ». Sous-entendu : « C’est après vous que Macron en a, ne soyez pas assez bêtes pour voter pour lui ».

Asselineau rêve tout debout s’il espère être entendu : la bourgeoisie française est parmi les plus stupides du monde. Dès qu’il y a une connerie à faire, elle tombe dedans à pieds joints. Louis-Philippe, Napoléon III : chaque fois qu’un bloc bourgeois a eu le pouvoir, ça s’est mal terminé. Aucune vision collective, aucune fierté nationale : plutôt disparaître demain pourvu qu’aujourd’hui rien ne change à ma petite vie.

L'existence de ce bloc bourgeois conditionne notre avenir : le vrai changement viendra de l’extérieur, probablement dans la catastrophe nationale, ou ne viendra pas.

lundi, avril 23, 2018

Ces petits-bourgeois qui tuent la France à petit feu (car ils font tout petit)

« Orwell reprochait à la gauche petite bourgeoise son mépris implicite des classes populaires »


La sécession des « élites » ou comment la démocratie est en train d'être abolie

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Le livre pose l'hypothèse que ce n'est plus la « révolte des masses » qui menace désormais la vie démocratique, mais la coupure de plus en plus prononcée entre le peuple et les « élites ». Une coupure tant économique et matérielle qu'éducative et intellectuelle, dont résulte le repli sur eux-mêmes des privilégiés. Ces derniers ne parlent plus qu'à leurs pareils, c'est-à-dire non seulement à ceux qui bénéficient d'un même niveau de richesses, mais également à ceux qui partagent le même niveau d'instruction. Ils adorent mettre en scène leur pouvoir et le font de mille façons: exhibition des signes extérieurs de richesse, bien sûr, mais également - et de plus en plus - de leur patrimoine culturel. Le discours, ahurissant de cuistrerie, du président Macron sur l'intelligence artificielle (29 mars 2018) en est un exemple qui confine au grotesque. En revanche, ils n'assument plus que de mauvaise grâce les charges et responsabilités qui devraient leur incomber, et préfèrent le service de leur intérêt bien compris à celui d'un «intérêt général», dont ils ne conçoivent même plus qu'il pût exister.
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« En 1968, des gendarmes ruraux qui travaillaient depuis l’âge de 14 ans ont fait face à une jeunesse dorée »

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Que sait-on des gendarmes qui ont fait face aux étudiants ?

Ce sont essentiellement des ruraux, des fils d’agriculteurs, de mineurs, d’ouvriers. Pour entrer en gendarmerie, il fallait le niveau du certificat d’études, ce qui, pour l’époque, n’était pas rien. Cependant, à la fin des années 1950 et au début des années 1960, guerre d’Algérie oblige, on a pris un peu plus de monde parce qu’il en fallait… Et puisque la moyenne d’âge du gendarme de 1968 est de 30-35 ans, beaucoup ont connu l’Algérie, soit comme appelés du contingent, soit comme gendarmes. Les plus anciens, notamment les gradés, avaient fait les campagnes d’Indochine, voire de la Seconde Guerre mondiale. Finalement, les gendarmes de l’époque – à la grande différence d’aujourd’hui – ont souvent eu une première vie professionnelle avant le service. Après leur certificat d’études, beaucoup avaient travaillé comme apprentis artisans, paysans ou ouvriers.

Comme l’a observé Pasolini, il y a donc un fossé sociologique entre les étudiants et les gendarmes ?

Oui. Parallèlement au choc physique, il y a un véritable choc sociologique. Ces provinciaux, ruraux, peu instruits, qui travaillaient depuis l’âge de 14 ou 15 ans ont fait face à une jeunesse dorée qui n’avait pas connu la guerre. Pour eux, ce sont des gens favorisés, à qui on paye des études et qui pratiquent le vandalisme, ce que les ouvriers faisaient rarement à l’époque. Il y a donc une incompréhension totale. En même temps, contrairement à ce qu’il en est pour les étudiants, Mai 68 ne représente pas grandchose…

Par rapport à ce qu’ils ont vécu en Algérie, ce n’était pas très grave. Une fois Paris pacifié, ils sont passés à autre chose.
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samedi, janvier 27, 2018

Vichy, Londres et la France (B. Renouvin)

Bertrand Renouvin est scandalisé, comme le sont tous les Français qui ne sont ni des salauds ni des ignorants, par les déclarations de Jacques Chirac, de François Hollande et d’Emmanuel Macron (le pire de tous, car chacun est allé plus loin dans l’ignominie que son prédécesseur) disant, en substance, une fois qu’on a déblayé les hypocrites précautions oratoires, que « Vichy, c’était la France » et que « les crimes de Vichy sont les crimes de la France ».

Dans cet opuscule de 60 pages, Renouvin rappelle toutes les raisons politiques et juridiques qui fondent l’illégitimité et l’illégalité du gouvernement de Vichy et, à l’inverse, la légitimité de la France Libre. Rien de nouveau, rien de contestable non plus : ces arguments sont connus et validés depuis longtemps. Bref, on ne peut dire que Vichy c’était la France et que les crimes de Vichy sont ceux de la France.

Il en profite pour étriller les historiens idéologues Rousso et Viewiorka ; et aussi le Conseil d’Etat. Et il rappelle que l’appel de Pétain du 17 juin à « cesser le combat » est une trahison pure et simple.

Ou, si ces arguments sont faux, comme disait Philippe Seguin, les Résistants sont des traitres, les Justes des rebelles, le général De Gaulle un félon. Il faut débaptiser immédiatement l’aéroport de Roissy et le rebaptiser Aéroport Philippe Pétain et de même avec la place de l’Etoile et un bon paquet de rues et d’avenues de France. Le choix entre gaullisme et pétainisme est binaire (les pétaino-résistants faisaient une énorme erreur d’analyse politique, se méprenaient complètement sur le pétainisme) . Et l’histoire a donné raison à De Gaulle.

Renouvin s’arrête ici . Je continue.

Alors, pourquoi les déclarations des trois abrutis cités supra, qui auraient du paraître révoltantes ou grotesques, sont-elles passées comme une lettre à la poste dans la France d’en haut ? C’est très simple : le pétainisme au sens large (c’est-à-dire la conviction que la France ne mérite pas d’être libre et indépendante et doit, pour son propre bien, se placer sous la protection d’un suzerain, qu’il soit à Berlin, à Londres, à Bruxelles ou à Moscou) est atavique dans la bourgeoisie française depuis Voltaire, qui trouvait que tout était mieux chez les Anglais. Aujourd’hui, les héritiers de Voltaire envoient leurs enfants faire leurs études en Australie ou à New-York.

Je comprends mal la genèse de cette bourgeoisie pétainiste (qui me semble une particularité française, même s’il y a les compradores en Amérique du Sud), mais je suis certain qu’elle existe et qu’elle a le pouvoir. Macron est l’élu idéal de cette bourgeoisie pétainiste.

Pour paraphraser Alexandre Sanguinetti, le macronisme, c’est le pétainisme du temps de paix. Et qui nous mènera aussi au désastre.

Addendum : Renouvin précise, j'ai oublié de le dire, que ce pétainisme est aussi une réhabilitation de l'Allemagne, dans le cadre de la soumission européiste. Pour ma part, je tiens l'Allemagne pour collectivement coupable du nazisme (ceci fera l'objet d'un billet).

dimanche, décembre 31, 2017

L'imposture Macron ne charme pas Ivan Rioufol, ni moi

Politiquement, je pense d'Emmanuel Macron ce que je pense de tous ses prédécesseurs depuis Giscard : un traitre qui, au nom de « l'Europe, l'Europe, l'Europe », sacrifie la France, son peuple, sa souveraineté, son histoire et son avenir, vus comme des boulets hérités du passé qui empêchent la marche vers la modernité radieuse de la fusion universelle.

Comme c'est un béjaune besogneux et fayoteur, élevé sous cloche, à l'abri des intempéries, il est plutôt moins coupable que ses prédécesseurs qui, ayant plus d'expérience de la vie, n'ont pas l'excuse de la naïveté idéologique.

Humainement, c'est un petit con narcissique et verbeux, plus séduisant que ses deux prédécesseurs. Il a de petites qualités qui brillent seulement par contraste avec MM. Hollande et Sarkozy.

Bref, pas de quoi fouetter un chat. Le changement dans la continuité, l'immobilisme à fond la caisse avec des enjoliveurs neufs et le volant en moumoute. Rien de nouveau sous le soleil depuis quarante ans.

C'est pourquoi je vous en parle si peu. Ce blanc-bec à grosses chevilles et à grosse tête ne m'intéresse pas. Il n'arrive même pas à m'énerver comme le faisait Hollande. Et puis, c’est une marionnette dont on voit les fils, s’il n’etait pas si arrogant, il ferait pitié.

Comme Rioufol, je peux écrire (Rioufol et Bernat, les macronosceptiques) :

« Je ne suis pas macronien. Je me sens pleinement solidaire des ploucs et des boulets, c'est-à-dire de ceux qui ne sont rien. »

Edouard Husson fait une analyse ravageuse de la politique européenne d'E. Macron (même s'il se montre, en conclusion, exagérément optimiste : les oeillères d'Emmanuel Macron l'empêcheront de saisir les bonnes occasions) mais il ne perd pas de vue qu'il est dans la continuité de la désastreuse politique française :

2017 : l’année où l’organisation européenne des années 1990 s’est effondrée

Addendum :

Le phénomène Macron et le vieillissement français


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Célébré par les médias comme une icône, le président néo-bonapartiste Macron, préféré des retraités aisés et des amateurs de télé, est parfaitement adapté à un pays riche, peu actif, vacancier, héritier, coutumier, plaisancier. C’est le jeune animateur de maison de retraite dont nous avions bien besoin. Les plus optimistes en feront une espèce de Poutine à la française. Poutine arriva au pouvoir au même âge (la quarantaine), rassura les vieux, les traditionnels, tança les corporatismes, stabilisa ce qu’il put, et découpla son pays de la mauvaise volonté de puissance (ou de la volonté d’impuissance) américaine avec les écarts et les réactions que l’on sait. Pour le cas Macron, dans un pays plus riche et peu ambitieux géopolitiquement, la donne est plus simple. Les bourgeois moliéresques sont contents, parlent de leur foie gras, de Noël au Mexique, des travaux de la salle des bains et des vacances de février au ski ; les jeunes, de plus en plus sympathiques et victimes, se résignent ou s’en vont. Plus personne ne parle de politique, les discours sur la droite et la gauche faisant comme si elles – la gauche et la droite ! La gauche et la droite ! - n’avaient jamais existé, et ce simulacre de pays réel goûte un repos virtuel mérité en skiant, rachetant les œuvres complètes de d’Ormesson et en scandant « je t’aime » dans la rue. Tout ce Johnny sent le ranci, mais qu’y faire ?

La dérive du pays reflète une entropie matérialiste, sybarite même mais récurrente ici, quand on s’est trop agité avec les idées : on a eu les Bonaparte puis Pétain, puis de Gaulle, enfin on élit le gringalet énarque idole des belles-mères (et pour cause) pour se concilier les impuissances et célébrer le Mammon mondialisé.

Pour ceux qui ne comprennent encore rien à ce qui se répète depuis deux siècles dans un pays-tourniquet qui donne le tournis aux ex-amateurs de sensations fortes, on citera encore Tocqueville :

« Le despotisme élève des barrières entre eux et les sépare…il leur fait une sorte de vertu publique de l’indifférence. Le despotisme, qui est dangereux dans tous les temps, est donc particulièrement à craindre dans les siècles démocratiques. »

Et comme dans la crêperie où j’achevais et postais mes textes je n’entendais que des monologues sur les foies gras, les blagues sur Hulot, les droits sociaux et toujours ces vacances au ski, je rajouterai ces lignes du maître :

« Ce que je reproche à l’égalité, ce n’est pas d’entraîner les hommes à la poursuite des jouissances défendues ; c’est de les absorber entièrement dans la recherche des jouissances permises. »

Le rapport au fric et à Rothschild ne devrait énerver personne après la monarchie de Juillet, Napoléon III, la troisième république et tout le reste. Il correspond à ce que Tocqueville appelle le matérialisme honnête une fois qu’on a balayé les simulacres de politique politicienne (celle qui amène à l’isoloir marron puis aux benzodiazépines) :

« Ainsi, il pourrait bien s’établir dans le monde une sorte de matérialisme honnête qui ne corromprait pas les âmes, mais qui les amollirait et finirait par détendre sans bruit tous leurs ressorts. »

Moi je trouve que Macron devrait changer ses slogans, leur donner un ton célinien : « pour une France sans âme et sans ressort. Les mécontents dehors. » Il ajoutait Céline que la féérie ce serait pout une autre fois.
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lundi, décembre 25, 2017

Macron : du neuf avec du vieux

On nous présente Emmanuel Macron comme un homme neuf.

C'est tout le contraire, il trimballe les vieilles lunes de la bourgeoisie française ayant perdu tout sentiment national. Celle qui a suivi Pétain, la IVème république, JJSS, Lecanuet, Giscard, Mitterrand, Chirac, Sarkozy, Hollande ... Cette bourgeoisie qui est toujours en avance d'une trahison.