Affichage des articles dont le libellé est l'imposture Macron. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est l'imposture Macron. Afficher tous les articles

jeudi, juillet 23, 2020

Société consumériste immigrationniste : excellent article de Philippe Fabry.

La notion de « société consumériste immigrationniste » est fondamentale, comme la notion de « capitalisme de connivence alimenté par l'endettement des banques centrales ».

Faute de l'avoir comprise, des tas de gens respectables, comme Eric Zemmour, se trompent d'analyse.

Le rôle principal des immigrés n'est pas de faire baisser les salaires (c'est un rôle accessoire), c'est de fournir de nouveaux consommateurs de biens et de droits sociaux.

L'Etat et l'immigration se justifient l'un l'autre : l'Etat importe des immigrés qui créent des problèmes justifiant l'intervention (fort peu efficace) de l'Etat, ce qui creuse les déficits, et l'Etat se sert de ce déficit pour arguer de la nécessité d'importer des immigrés, prétendument pour travailler. Le cercle vicieux tourne.

Et il est transposé dans l'ordre monétaire : des immigrés-consommateurs creusent l'endettement, fabriquent des fortunes colossales chez ceux qui tirent profit de cette consommation et justifient que les banques centrales fassent toujours plus tourner la planche à billets, favorisant les oligarques qui sont près du robinet à pognon.

Ce qui m'amène à une autre réflexion : le souverainisme est-il une impasse politique ? La souveraineté, un faux problème ? Je m'interroge.

A quoi cela sert-il d'avoir récupéré sa souveraineté si c'est pour continuer la même politique ?

La politique migratoire britannique n'a jamais été aussi laxiste que depuis le Brexit.


Insécurité : mais que se cache-t-il derrière cette minimisation constante des problèmes vécus par les Français ?

**************
Philippe Fabry : Le déni de « l’ensauvagement », le refus de désigner l’évolution de la délinquance telle qu’elle est, est directement lié à la volonté de protéger l’image de la société multiculturelle heureuse et sa racine et corollaire, l’immigration extra-européenne de masse. C’est le refus de « faire le jeu » des discours hostiles à l’immigration, que l’on voit à l’oeuvre quotidiennement, depuis des décennies, dans les euphémismes médiatiques qui parlent de « jeunes » et modifient les prénoms en les remplaçant par ceux du calendrier traditionnel.

La question qui se pose naturellement est alors : pourquoi vouloir à tout pris préserver cette image ? Pourquoi ne pas accepter le constat d’échec ?

Il y a évidemment des raisons psycho-historiques fortes : la lutte contre le racisme et les discriminations est devenu un élément de l’identité occidentale à l’époque de la lutte contre le nazisme, et une Europe culpabilisée cherche à expulser de lui-même tout ce qui ressemblerait à du fascisme, en s’imposant une discipline sociale de mélange et de métissage que les autres sociétés ne recherchent pas. En outre, nous sommes culturellement colonisés par l’imaginaire américain depuis la fin de la Seconde guerre mondiale, et nous avons tendance à appliquer l’idée de melting pot comme s’il s’agissait d’un modèle gagnant.

Mais je ne suis pas sûr que ces motivations psychologiques suffiraient seules à maintenir une immigration de masse alors que depuis longtemps les deux tiers des Français n’en veulent pas. Il y a des intérêts particuliers, des intérêts énormes, derrière la politique d’immigration de masse, qui est un pilier de notre système économique, que l’on peut désigner sous le vocable de consumérisme immigrationniste. Nos élites, en effet, sont keynésiennes : elles considèrent depuis des décennies qu’il faut stimuler la demande des ménages et la consommation pour obtenir du dynamisme économique.

Or, il y a des tas de biens de consommation pour lesquels la demande est limitée : vous n’achetez pas un téléviseur tous les ans, et une fois les ménages équipés en masse d’un nouveau standard de produit, la consommation plafonne voire régresse. D’autre part les Français ont un tempérament d’épargnants, et ont tendance à ne pas consommer une bonne partie de l’argent qu’on leur verserait dans l’espoir qu’ils consomment. Et donc, lorsque vous pensez qu’il faut stimuler l’économie par la consommation mais que vous savez que la population ne consommera pas plus si vous lui donnez plus d’argent, quelle est la solution ? Importer en masse des consommateurs qui auront besoin de s’équiper intégralement, et leur allouer en masse des crédits pour qu’ils consomment. Peu importe que ces gens soient qualifiés ou non, les gouvernants s’en moquent parce qu’ils ne cherchent pas à importer d’abord des producteurs, mais des consommateurs. S’ils trouvent une utilité dans un emploi, tant mieux, mais ce n’est pas la priorité.

L’immigration de masse est donc un moyen de faire circuler l’argent, en le prenant par l’impôt et les cotisations sociales à des Français autochtones qui sans cela auraient le mauvais goût de le mettre de côté – ainsi ricane-t-on beaucoup, sur les réseaux sociaux, sur les images de files d’individus d’origine africaine qui font la queue pour acheter des téléviseurs au moment du versement de la prime de rentrée. Et pour obtenir un effet encore plus important, outre cette distribution du produit de la confiscation fiscale et sociale, on distribue aussi de l’argent emprunté. Quels sont les secteurs de l’économie qui bénéficient le plus de ces politiques ? La grande distribution et les grands groupes en général, de téléphonie, de BTP (puisque le secteur de la construction est également nourri des aides sociales au logement) sont les plus gros bénéficiaires de cette stimulation de la consommation. Or les grandes entreprises, en France, ont des conseils d’administrations peuplés d’énarques qui peuvent ainsi vivre une vie confortable de princes de l’économie alors qu’ils seraient pour la plupart rigoureusement incapables de créer ni même de diriger efficacement de grosses entreprises, et donc d’atteindre ces niveaux de revenus dans une économie entrepreuneuriale saine.

La stimulation par l’immigration de masse et la distribution d’argent destiné à la consommation via les aides sociales est donc au coeur d’un pacte entre les élites technocratiques et les grands groupes : les premières gagnent des places lucratives à vie, les seconds une subvention indirecte qui permet d’accroître les profits en vendant avec une forte marge des produits souvent importés de Chine.

Et il y a encore d’autres intérêts, moindres mais plus partagés : une main d’oeuvre à très bas coût pour des services de livraison, ménage et garde d’enfants pour les élites urbaines, une population qui une fois naturalisée a tendance à voter à gauche... tout cela forme un écosystème, dans les élites au sens plus large du terme, qui pousse à voir l’immigration de masse comme un « enrichissement » (au sens propre du terme, avant tout), et ce relatif unanimisme des élites dirigeantes au sens large explique comment peut être si longtemps et si constamment menée une politique si contraire à la volonté majoritaire de la population, et pourquoi le sujet de la délinquance, qui est une conséquence accessoire mais pesante de l’immigration de masse, est une sorte de tabou.

Ce genre de déconnexion entre les élites dirigeantes et la masse du peuple est assez rare dans l’histoire, et dangereuse. Le meilleur parallèle que je vois, peu rassurant, est avec l’attitude de la monarchie envers la montée de la minorité protestante au XVIe siècle : durant des décennies, la monarchie a été très complaisante avec la minorité protestante pour des raisons diverses : d’abord parce qu’il n’y avait pas de chape de plomb et qu’une certaine liberté d’expression et de débat, en ce siècle de l’humanisme, ne rendait pas toute critique de l’Eglise ou interprétation des écritures insupportable à l’ordre social au point de provoquer des persécutions dès lors que la critique n’attaquait pas le pouvoir royal lui-même, qui en outre pouvait tirer profit d’une position d’arbitre entre l’Eglise et ses détracteurs ; ensuite parce que, pour des raisons stratégiques qui trouvaient dans les principautés protestantes allemandes un contrepoids indispensable contre les Habsbourgs catholiques, ménager la foi protestante à l’intérieur du pays semblait un bon calcul (on trouve le même rapport aujourd’hui dans l’indulgence coupable envers les prêches islamistes pour se ménager les pétromonarchies du Golfe) ; enfin le fait qu’une partie de l’aristocratie trouvait un intérêt à embrasser la foi protestante, pour de multiples raisons sociales (se distinguer du commun), morales (gagner une indépendance spirituelle vis-à-vis du clergé)... L’écosystème des élites de la monarchie et de leurs préoccupations poussaient donc à la complaisance envers les protestants, et cela quoique le peuple leur fût hostile et qu’ils ne représentassent que 10% de la population. En 1562, la monarchie officialisa même sa tolérance par un édit, dont les conséquences immédiates furent l’enhardissement violent des protestants, qui se mirent à saccager des églises et briser des statues (cela nous évoque des événements récents) ce qui entraîna des confrontations avec le peuple catholique, des massacres et in fine trente ans de guerre civile débouchant sur une partition du territoire avec l’Edit de Nantes. Quand on se souvient de certains propos rapportés de François Hollande ou de ceux de Gérard Collomb quittant le ministère de l’Intérieur, cela fait un peu froid dans le dos.

Et en soi je pense que cela dit quelque chose de cette présidence, qui est en effet dans la lignée du gouvernement Hollande : il n’y a tout simplement pas de vision de la Justice, il n’y a qu’une vision de la politique, de la préservation du Pouvoir par les élites en place. La Justice, comme tout le reste, n’est qu’un levier d’action politique parmi d’autres, et n’est pas vue comme un service fondamental dû au peuple. L’appareil technocratique d’Etat est animé avant tout par le souci d’auto-préservation, il a peur du peuple (les Gilets Jaunes), il a peur de l’armée (le départ du général de Villiers ainsi que quelques autres ont eu de sérieux airs de purge).

**************


mardi, juillet 07, 2020

Casse toi Castex !

Changer de Premier ministre mais pas de politique : pour son remaniement, Macron fait le pire des choix

*****************
Le choix de Castex enfin se révèle très inquiétant car c’est le maire d’une ville très âgée (les Pradois sont presque 40 % de retraités). En mettant le paquet sur la santé, Macron s’adresse à cet électorat. Le choix de Castex est également inquiétant car il correspond à la nomination d’un élu très populaire dans un territoire frappé de plein fouet par le chômage (le taux de chômage à Prades est le double de la moyenne nationale) ce qui confirme que l’Elysée s’attend à une crise grave. Ce choix montre le vrai visage d’Emmanuel Macron : ultra prudent, calculateur, démagogue, oligarchique, technocrate, frileux et bourgeois. Sous des dehors flamboyants de président tenté par l’épopée, Macron tombe le masque. Il s’était présenté comme l’homme des grandes marées, des embruns, de l’aventure, comme le capitaine Fracasse qui allait envoyer la grand-voile et refaire naviguer la France tous azimuts, il est le gestionnaire d’une France minoritaire et grisonnante. Il est l’homme du terrain qui ne ment pas. Le Marcheur nous avait promis la révolution populaire, on a la restauration des notables. Il nous avait promis le grand large, on a le terroir. Il nous avait promis la start up nation, on a l’ehpad nation !

Le simple citoyen que je suis n’attendait rien de Macron. Mais il a tout de même réussi à me décevoir.

*****************

samedi, mai 09, 2020

Les branques qui nous gouvernent auront vraiment tout foiré (et c'est un médecin qui le dit).


Discovery : ces enfoireux qui nous gouvernent.

Nous avons de sérieuses questions à nous poser sur nos élites.

Comment des imbéciles (1) immoraux (2) comme Macron et Philippe parviennent-ils aux plus hautes fonctions ?

J'ai discuté avec des électeurs macronistes de second tour (le seul qui compte vraiment, quoiqu'on en dise) et je suis affligé du niveau d'analyse de ces gens capables de bon sens dans d'autres domaines.

*************
(1) : en considérant l'intelligence comme la capacité à agir en fonction des réalités proches et lointaines.

(2) : en considérant la morale comme le souci du bien commun.


mardi, avril 14, 2020

Triple frappe marseillaise

Triple frappe marseillaise



Voici le commentaire que j'ai laissé sous cet article :

***********
Je pense que, comme Trump, Raoult est de ces personnalités que le combat excite.

Le risque qu’il court est de devenir imperméable au doute et de s’entêter dans l’erreur. Espérons qu’il y a dans ses vieux compagnons des gens capables de le remettre dans l’axe en cas de besoin.

Là, Macron est est tombé sur un os : Raoult est plus intelligent et plus combatif que toute la prétendue opposition réunie. Et il est sur son terrain.
***********

Car il y a peu d'ambiguïté : en ce moment, Didier Raoult est l'opposant en chef à Emmanuel Macron, c'est lui qui, avec son expertise, démontre que chacune des décisions du gouvernement est idiote ou trop tardive (la plupart du temps, il y a cumul).

J'aime l'histoire et la politique pour ça : c'est toujours plein de surprises et de rebondissements.

Dominique Venner a publié un livre L'imprévu dans l'histoire.

Le surgissement dans l'actualité de Didier Raoult illustre à merveille le célèbre aphorisme d'Hölderlin : « Là où croît le péril, croît le remède ».

Il illustre aussi un principe de la stratégie byzantine que Macron a eu tort d'ignorer.

Ne tuez jamais totalement votre ennemi. Mieux vaut un ennemi affaibli que vous connaissez à un ennemi nouveau que vous ne connaissez pas.

Macron a vitrifié le paysage politique. Les connards de LR pensent comme lui, ce sont des lavettes qui font semblant de s'opposer mais, en réalité, gouverneraient comme lui. Mélenchon et le Pen sont nuls. Les médias et l'appareil judiciaire sont en pâmoison devant lui.

Il était donc évident que l'opposition véritable surgirait du diable-vauvert, hors système politique, comme Trump, comme Beppe Grillo, comme Salvini (seuls les Anglais ont réussi à ménager une vraie opposition au sein de leur système politique).

Le principe est que, quand ce n'est pas une surprise, le Système arrive à parer le coup ou à l'absorber. C'est ainsi qu'Eric Zemmour, qui est un opposant trop évident pour surprendre, est petit à petit neutralisé : on le laisse parler dans son coin, c'est sans conséquences politiques.

Bien sûr, Didier Raoult ne fait pas de politique, il n'a pas de parti et il n'est candidat à rien. Mais ça le rend encore plus redoutable à court terme. A long terme, nous serons tous morts !






dimanche, avril 12, 2020

Résurrection : la culture chrétienne du « cher et vieux pays »

Résurrection : la culture chrétienne du « cher et vieux pays »

*************
La désorganisation totale de l’Etat dans la lutte contre le COVID 19 est sans aucun doute le produit de l’effondrement des croyances dans notre élite, effondrement du credo catholique et de son double républicain. Emmanuel Macron et ceux qui le suivent se caractérisent d’abord par leur absence de formation, de structuration. L’enseignement des grandes écoles n’est plus qu’une coquille vide, un pur formalisme où l’on ingurgite de façon purement superficielle ce qu’on croit avoir compris de la façon de faire d’autres pays, étant entendu, comme l’a dit le président de la République alors qu’il était encore candidat à la fonction, qu’il n’y a pas de culture française - ni républicaine ni plus ancienne.

[…]

Les élites françaises, elles, se sont contentées de développer, en bloquant l’ascenseur social, pour elles seules, une rente de mondialisation. Elles ont laissé le peuple français se morfondre en lui assenant régulièrement des leçons de morale, sur sa paresse, son manque d’organisation, son refus de s’adapter. C’est toute cette imposture qui est en train d’éclater. Emmanuel Macron avait été élu pour maintenir la rente un peu plus longtemps que des prévisions raisonnables. Il se révèle être un bien piètre gestionnaire. Viendra le moment où certains, dans les milieux dirigeants, chercheront à le remplacer. En auront-ils le temps ? Quelque chose nous dit que le mouvement des Gilets Jaunes n’était que le premier épisode d’un surgissement de liberté française. Dans notre histoire, cela peut donner le meilleur comme le pire. Espérons que suffisamment de représentants de l’élite française sauront anticiper et canaliser le mouvement que nous sentons bouillir dans le pays. Là aussi, le vieux fond chrétien pourrait nous aider, en nous rappelant que la violence n’a jamais servi à rien. C’est à construire que notre pays est appelé : se reconstruire et contribuer à la construction d’un vraiment nouveau monde. Rappelons-nous pour finir l’une des plus magnifiques formules du Général de Gaulle : « Il existe un pacte vingt fois séculaire entre la France et la liberté du monde ! » Vingt siècles entrecoupés de chutes et de résurrections.
*************

samedi, avril 11, 2020

Coronavirus COVID19 : si l'azythromycine suffisait ?

Pour Bernard Dugué, l'important dans le protocole Raoult n'est pas la chloroquine mais l'azythromycine :

Si le Covid-19 est causé par une double « affection », virale et bactérienne, il faut alors utiliser l’azithromycine

Didier Raoult s’est sans doute trompé sur la chloroquine et c’est une excellente nouvelle

Des médecins ont trouvé un traitement contre le Covid-19 à base d’azithromycine





Ca confirme ce que je pense depuis le début : il faut décentraliser la décision, favoriser l'expérimentation. Autrement dit, laisser jouer au maximum la liberté de prescription. Tout le contraire de ce que fait notre gouvernement de branques corrompus et centralisateurs.

C'est le secret de la robustesse, voire de l'antifragilité.

Si nous avions eu les résultats de la Corée ou mieux, nous serions en train de prendre des parts de marché à nos concurrents confinés.


vendredi, avril 03, 2020

Le coronavirus est la punition de persister à voter pour des criminels.














Quand je disais en 2017 qu'il fallait voter Le Pen car s'abstenir ou voter Macron, c'était voter pour la continuation de ce qui nous tue et que c'était une folie suicidaire, peu comprenaient  cette logique élémentaire (comme aujourd'hui, peu comprennent le pari thérapeutique de la chloroquine). Les événements montrent à quel point j'avais raison, au-delà de mes craintes les plus vives.

On m'a répété mille fois que ça serait pire avec Le Pen. Je manque peut-être d'imagination, mais je ne vois pas aujourd'hui ce qui pourrait être pire : la bureaucratie bloque toutes les mesures salvatrices, quand elle ne les combat pas activement. Macron, plutôt que de se démener pour la bousculer comme Trump et Johnson, est occupé à se mettre en scène.

Et les Français meurent de la pénurie de soins.

Les Français en tireront-ils la leçon ? Ce n'est pas sûr : après tout, ils veulent  sortir de l'histoire et qu'on les laisse mourir tranquille. Leurs vœux sont exaucés, c'est exactement ce qui arrive, alors pourquoi changer ?

lundi, mars 23, 2020

Macron-Raoult : le KO n'est pas loin.

Allez, on attaque par l'entretien de Raoult dans le Parisien :

*******************
Le Parisien

Didier Raoult : « Pour traiter le Covid-19, tout le monde utilisera la chloroquine ».

Joint dimanche, ce spécialiste des maladies infectieuses se dit convaincu d’avoir trouvé un remède contre le coronavirus. Le Pr Raoult juge « immoral » d’attendre pour l’administrer et affirme qu’il se « fiche » qu’un essai clinique soit lancé.

« J’estime ne pas avoir le droit en tant que médecin de ne pas utiliser le seul traitement qui ait jusqu’ici fait ses preuves », dit le Pr Didier Raoult. AFP/Gérard Julien Par Frédéric Mouchon

Le 22 mars 2020 à 16h20, modifié le 23 mars 2020 à 06h14

Didier Raoult en est persuadé : il a trouvé « le » remède le plus efficace pour traiter les patients atteints du Covid-19. Directeur de l'Institut hospitalo-universitaire Méditerranée Infection de Marseille (Bouches-du-Rhône), cet infectiologue, spécialiste des maladies infectieuses tropicales émergentes, affirme que la chloroquine, un antipaludéen utilisé depuis des décennies et bien connu des voyageurs sous le nom de Nivaquine, a des effets spectaculaires sur l'épidémie en cours.

Six jours après en avoir administré à des patients atteints de Covid-19, dit-il, seulement 25 % d'entre eux étaient encore porteurs du virus, quand 90 % de ceux qui n'avaient pas reçu ce traitement étaient toujours positifs. Si certains de ses confrères ne le prennent pas au sérieux, remettant en cause ses méthodes et les résultats de ses essais thérapeutiques, le ministre de la Santé, Olivier Véran, a annoncé samedi 21 mars que ce traitement allait être expérimenté « à plus large échelle ».

« J'ai demandé à ce que l'étude du professeur Raoult puisse être reproduite […] dans d'autres centres hospitaliers, par d'autres équipes indépendantes, a fait savoir le ministre. Je suis cela d'extrêmement près. » Le gouvernement reste toutefois prudent, car les résultats du Pr Raoult ont été obtenus sur 24 malades uniquement, sans placebo. « Jamais aucun pays au monde n'a accordé une autorisation de traitement sur la base d'une étude comme celle-ci », souligne Olivier Véran.

Le gouvernement a autorisé un essai clinique de grande ampleur pour tester l'effet de la chloroquine sur le coronavirus. C'est important pour vous d'avoir obtenu cela ?

DIDIER RAOULT. Non, je m'en fiche. Je pense qu'il y a des gens qui vivent sur la Lune et qui comparent les essais thérapeutiques du sida avec une maladie infectieuse émergente. Moi, comme n'importe quel docteur, à partir du moment où l'on a montré qu'un traitement était efficace, je trouve immoral de ne pas l'administrer. C'est aussi simple que ça.

Que répondez-vous aux médecins qui appellent à la prudence et sont réservés sur vos essais et l'effet de la chloroquine, notamment en l'absence d'études plus poussées ?

Comprenez-moi bien : je suis un scientifique et je réfléchis comme un scientifique avec des éléments vérifiables. J'ai produit plus de données en maladies infectieuses que n'importe qui au monde. Je suis un docteur, je vois des malades. J'ai 75 patients hospitalisés, 600 consultations par jour. Donc, les opinions des uns et des autres, si vous saviez comme ça m'est égal. Dans mon équipe, nous sommes des gens pragmatiques, pas des oiseaux de plateau télé.

Comment en êtes-vous arrivé à travailler sur la chloroquine en vous disant que cela pouvait être efficace pour traiter le coronavirus ?

Le problème dans ce pays est que les gens qui parlent sont d'une ignorance crasse. J'ai fait une étude scientifique sur la chloroquine et les virus il y a treize ans qui a été publiée. Depuis, quatre autres études d'autres auteurs ont montré que le coronavirus était sensible à la chloroquine. Tout cela n'est pas une nouveauté. Que le cercle des décideurs ne soit même pas informé de l'état de la science, c'est suffocant. L'efficacité potentielle de la chloroquine sur les modèles de culture virale, on la connaissait. On savait que c'était un antiviral efficace. On a décidé dans nos expérimentations d'ajouter un traitement d'azithromicyne (un antibiotique contre la pneumonie bactérienne, NDLR) pour éviter les surinfections bactériennes. Les résultats se sont révélés spectaculaires sur les patients atteints du Covid-19 lorsqu'on a ajouté l'azithromycine à l'hydroxychloroquine.

Qu'attendez-vous des essais menés à plus grande échelle autour de la chloroquine ?

Rien du tout. Avec mon équipe, nous estimons avoir trouvé un traitement. Et sur le plan de l'éthique médicale, j'estime ne pas avoir le droit en tant que médecin de ne pas utiliser le seul traitement qui ait jusqu'ici fait ses preuves. Je suis convaincu qu'à la fin tout le monde utilisera ce traitement. C'est juste une question de temps avant que les gens acceptent de manger leur chapeau et de dire, c'est ça qu'il faut faire.

Sous quelle forme et pendant combien de temps administrez-vous la chloroquine à vos patients ?

On donne de l'hydroxychloroquine à raison de 600 mg par jour pendant dix jours (sous forme de Plaquenil, le nom du médicament, NDLR) sous la forme de comprimés administrés trois fois par jour. Et de l'azithromycine à 250 mg à raison de deux fois le premier jour puis une fois par jour pendant cinq jours.

Est-ce un traitement qui peut être pris en prévention de la maladie ?

Nous ne le savons pas.

Lorsque vous l'administrez, au bout de combien de temps un patient atteint du Covid-19 peut-il guérir ?

Ce qu'on sait pour l'instant, c'est que le virus disparaît au bout de six jours.

Comprenez-vous néanmoins que certains de vos confrères appellent à la prudence sur ce traitement ?

Les gens donnent leur opinion sur tout, mais, moi, je ne parle que de ce que je connais : je ne donne pas mon opinion sur la composition de l'équipe de France enfin ! Chacun son métier. La communication scientifique de ce pays s'apparente aujourd'hui à de la conversation de bistrot.

Mais n'y a-t-il pas des règles de prudence à respecter avant l'administration d'un nouveau traitement ?

A ceux qui disent qu'il faut trente études multicentriques et mille patients inclus, je réponds que si l'on devait appliquer les règles des méthodologistes actuels, il faudrait refaire une étude sur l'intérêt du parachute. Prendre 100 personnes, la moitié avec des parachutes et l'autre sans et compter les morts à la fin pour voir ce qui est plus efficace. Quand vous avez un traitement qui marche contre zéro autre traitement disponible, c'est ce traitement qui devrait devenir la référence. Et c'est ma liberté de prescription en tant que médecin. On n'a pas à obéir aux injonctions de l'Etat pour traiter les malades. Les recommandations de la Haute autorité de santé sont une indication, mais ça ne vous oblige pas. Depuis Hippocrate, le médecin fait pour le mieux, dans l'état de ses connaissances et dans l'état de la science.

Quid des risques d'effets indésirables graves liés à la prise de chloroquine, notamment à haute dose ?

Contrairement à ce que disent certains à la télévision, la Nivaquine (le nom d'un des médicaments conçus à base de chloroquine, NDLR) est plutôt moins toxique que le Doliprane ou l'aspirine prise à forte dose. En tout état de cause, un médicament ne doit pas être pris à la légère et toujours prescrit par un médecin généraliste.

Avez-vous conscience de susciter un immense espoir de guérison pour les patients atteints ?

Je vois surtout qu'il y a des médecins qui m'écrivent du monde entier tous les jours pour savoir comment on traite des maladies avec l'hydroxychloroquine. J'ai reçu des appels du Massachusetts General Hospital et de la Mayo Clinic de Londres. Les deux plus grands spécialistes mondiaux, l'un des maladies infectieuses, l'autre des traitements antibiotiques, m'ont contacté pour me demander des détails sur la manière de mettre en place ce traitement. Et même Donald Trump a tweeté sur les résultats de nos essais. Il n'y a que dans ce pays qu'on ne sait pas très bien qui je suis ! Ce n'est pas parce que l'on n'habite pas à l'intérieur du périphérique parisien qu'on ne fait pas de science. Ce pays est devenu Versailles au XVIIIe siècle !

 ______________
HYDROXYCHLOROQUINE & AZITHROMYCIN, taken together, have a real chance to be one of the biggest game changers in the history of medicine. The FDA has moved mountains - Thank You! Hopefully they will BOTH (H works better with A, International Journal of Antimicrobial Agents).....

— Donald J. Trump (@realDonaldTrump) March 21, 2020
 ______________

Qu'entendez-vous par là ?

On se pose des questions franco-françaises et même parisiano-parisiennes. Mais Paris est complètement décalé du reste du monde. Prenez l'exemple de la Corée du Sud et la Chine, où il n'y a plus de cas. Dans ces deux pays, ils ont décidé depuis longtemps de faire des tests à grande échelle pour pouvoir diagnostiquer plus tôt les patients infectés. C'est le principe de base de la gestion des maladies infectieuses. Mais on est arrivé à un degré de folie tel que des médecins sur les plateaux télé ne conseillent plus de faire le diagnostic de la maladie, mais disent aux gens de rester confinés chez eux. Ce n'est pas de la médecine ça.

Vous pensez que le confinement de la population ne sera pas efficace ?

Jamais on n'a pratiqué ainsi à l'époque moderne. On faisait ça au XIXe siècle pour le choléra à Marseille. L'idée du cantonnement des gens pour bloquer les maladies infectieuses n'a jamais fait ses preuves. On ne sait même pas si ça fonctionne. C'est de l'improvisation sociale et on n'en mesure pas du tout les effets collatéraux. Que se passera-t-il quand les gens vont rester enfermés chez eux, à huis clos, pendant 30 ou 40 jours ? En Chine, on a rapporté des cas de suicides par peur du coronavirus. Certains vont se battre entre eux.

Faut-il, comme le réclame l'Organisation mondiale de la Santé, généraliser les tests en France ?

Ayons le courage de le dire : la tambouille à la française, ça ne marche pas. La France n'en est qu'à 5000 tests par jour quand l'Allemagne en effectue 160 000 par semaine ! Il y a une espèce de discordance. Dans les maladies infectieuses, on effectue le diagnostic des gens et, une fois qu'on a obtenu le résultat, on les traite. D'autant que l'on commence à voir des personnes porteuses du virus, apparemment sans signes cliniques, mais qui, dans un nombre non négligeable de cas, ont des lésions pulmonaires visibles au scanner montrant qu'ils sont malades. Si ces gens ne sont pas traités à temps, il y a un risque raisonnable qu'on les retrouve en réanimation où on ne les rattrapera pas. Ne tester les gens que lorsqu'ils sont déjà gravement malades est donc une manière extrêmement artificielle d'augmenter la mortalité.

Et faut-il généraliser le port des masques ?

C'est difficile à évaluer. On sait qu'ils sont importants pour les personnels de soin, car ce sont les rares personnes qui ont vraiment des rapports très, très proches avec les malades lorsqu'ils les auscultent, parfois à 20 cm de leur visage. On ne sait pas très bien jusqu'où volent les virus. Mais certainement pas à plus d'un mètre. Donc, au-delà de cette distance, ça n'a peut-être pas beaucoup de sens de porter un masque. En tout cas, c'est vers les hôpitaux qu'il faut envoyer en priorité ces masques pour mettre les soignants à l'abri. En Italie et en Chine, une partie extrêmement importante de malades s'est révélée au final être des personnels de soins.
*******************


Dans les multiples entretiens que donne Didier Raoult, il y a sans doute une part de mégalomanie, mais pas seulement.

Il y a, c'est évident, une politique délibérée de contournement des blocages de la bureaucratie sanitaire française par appel direct au public, et notamment au public des médecins.

Il faut être lucide. Un médecin vraiment bon ne fait pas une carrière politico-administrative. Il y a de fortes chances que les Lévy, Buzyn, Salomon et Véran ne soient pas des flèches en tant que médecins, et, à ce qu'on peut voir, pas des flèches tout court.

La priorité de ces petites gens n'est absolument d'obtenir un résultat sanitaire, les Français, ils s'en foutent, mais de préserver leurs prés carrés, leurs pouvoirs et leurs fromages (Comment le mari d’Agnès Buzyn a torpillé l’institut de Didier Raoult).

Cet article d'Eric Verhaeghe montre combien l'initiative de Raoult est salutaire ... et difficile :


Le ministère de la Santé debout sur le frein pour empêcher une gestion urgente de l’épidémie :

************
Le ministère de la Santé est-il au service de la population et mobilisé pour gérer au mieux la crise du coronavirus ? ou s'englue-t-il dans ses raisonnements alambiqués et velléitaires propres aux aristocraties décadentes, plus obsédées par leurs étiquettes et leurs procédures que par la réussite de leurs projets ? Les propos du directeur général de la Santé, Jérôme Salomon, sur l'usage de la chloroquine, posent ouvertement la question.

Le ministère de la Santé est-il capable de se projeter dans l’urgence ? Ou bien ses fonctionnaires sont-ils formatés par le système bureaucratique au point de ne plus être capables de penser le monde en dehors des procédures tatillonnes inventées en temps de paix pour occuper des ronds-de-cuir désoeuvrés ?

L’intervention de Jérôme Salomon, ce soir, devant les caméras, sur la stratégie de lutte contre l’épidémie de coronavirus, pose ouvertement la question.

Alors que la France comptait plus d’un milliard de masques en stock en 2010, celui-ci a fondu comme neige au soleil en une décennie. On sait désormais les lourdes responsabilités qu’un Xavier Bertrand puis une Marisol Touraine portent dans ce désastre. Mais une question reste entière : pourquoi Jérôme Salomon, qui avait alerté Emmanuel Macron dès 2016 sur les faiblesses françaises en matière de lutte contre les épidémies, n’a-t-il pas procédé à des commandes d’urgence dès le mois de janvier, lorsque l’épidémie de coronavirus est devenue publique en Chine ?

Ce défaut pose quand même un sérieux problème sur la capacité de réaction sur la diligence du ministère de la Santé.

On ne dira pas mieux sur le recours à la chloroquine pour soigner les malades. La chloroquine est le nom scientifique de la « nivaquine », médicament anti-paludéen bien connu des voyageurs, qui présente, il est vrai, des effets secondaires : il donne des cauchemars, et souvent la diarrhée.

Mais s’il évite aux victimes du coronavirus de mourir, comme l’a montré Didier Raoult, la bête noire de la nomenklatura parisienne, de quoi se plaint-on ?

Malgré l’urgence, le ministère de la Santé se remet debout sur le frein pour retarder la généralisation d’un traitement que les Américains ont d’ores et déjà décidé d’adopter. Selon les propos tenus par Jérôme Salomon aujourd’hui lors de sa conférence de presse, la chloroquine fait partie d’un test lancé en urgence parmi d’autres produits, pour vérifier son adéquation.

Une fois de plus, ce qui triomphe dans la décision publique, ce n’est ni l’efficacité, ni l’intérêt général, mais l’esprit courtisan et moutonnier des hauts fonctionnaires qui ont peur de prendre des risques et se préoccupent plus de leur appétit de pouvoir que du service aux Français. Car si la prudence préoccupait tant M. Salomon (ce qui pourrait justifier les obstacles qu’il multiplie au recours à la chloroquine), pourquoi n’a-t-il pas, dans cet esprit prudentiellement commandé des masques et des tests ?

En réalité, Salomon et le ministère de la Santé retardent le recours à la chloroquine parce que donner raison à Raoult leur déchire le coeur (pour rester poli). Et s’ils pouvaient prouver que Raoult se trompe, ils en jouiraient de façon incommensurable, tant la haute fonction publique française n’est plus portée aujourd’hui par le souci de trouver des solutions, mais par l’obsession de garder le contrôle de la société.

En ce sens, elle ne diffère guère de la noblesse obsédée par le ridicule sous Louis XVI. Ce ridicule est encore aujourd’hui l’arme favorite des courtisans médiocres qui sèment la terreur dans les couloirs du pouvoir. Et qui en provoqueront la chute brutale.
************

Article sur le même thème dans Atlantico d'Yves Roucaute :

Coronavirus : comment la technocratie nous a méthodiquement mené dans le mur.

Verhaeghe et Roucaute sont d'accord sur deux points, dans cette crise sanitaire du coronavirus la France souffre :

1) de l'imprévoyance et de l'incompétence de l'administration sanitaire, et du gouvernement qui ne la bouscule pas.

2) de l'incapacité de cette administration à changer de braquet et à sortir de son train-train pour réagir à la crise.

Je n'ai vu le point télévisuel de Jérôme Salomon qu'une fois, ça m'a suffi pour juger le guignol qui nous explique que tout ce qu'on fait les pays qui ont réussi ne sert à rien. C'est bon, il est classé.

Vu comme ils sont nuls avec l'épidémie, ça promet pour le traitement de la crise économique qui va suivre. Tous aux abris !

Et nous, nous sommes coupables d'avoir porté au pouvoir des beaux parleurs parce que nous ne voulons plus affronter le tragique de l'histoire.


samedi, mars 21, 2020

L'étrange défaite, Panoramix et la chloroquine magique.












Je ne peux m'empêcher de vous donner cet article suisse qui confirme tout ce que je vous raconte depuis le 24 février (je ne suis qu'un amateur, ça me rassure d'avoir la validation d'un expert. Mais, moi en plus, j'avais raison sur la fermeture des frontières 😀). C'est moi qui souligne en rouge avec ma méchanceté habituelle :


mercredi 18 mars 2020 10h42






Covid-19 : fin de partie ?!

Telle était la tonitruante affirmation proférée le 26 février dernier par le meilleur infectiologue au monde (selon le classement expertscape), accueillie pourtant avec scepticisme et même sarcasmes par la communauté scientifique. Trois semaines plus tard, la réalité est en train de lui donner raison. Révélant au passage que nous aurions à peu près tout faux face au virus. Ce qui est en fait une excellente nouvelle !
Nous voici donc nous dit-on en « état de guerre ». Nouveauté certes pour nos générations qui (sauf pour les plus anciens) n’ont connu que des temps de paix. L’Europe est sous un quasi-couvre-feu, avec une restriction massive des libertés individuelles et une casse économique et sociale qui promet d’être dramatique. Les discours des chefs d’état s’enflamment à qui mieux mieux: nous sommes « attaqués », l’ennemi est « invisible », « sournois », « redoutable » mais nous en viendrons à bout ! Ce genre de vocabulaire paraît d’un autre âge. La réalité est plus prosaïque : nous subissons la contamination à large échelle par un virus qui est un pur produit de la rencontre entre la bêtise humaine (l’entassement dans des cages d’animaux sauvages de diverses espèces dans des marchés insalubres…) et de l’inventivité du vivant. La bestiole a donc franchi la barrière inter-espèces et s’est propagé à partir de là entre humains. Ce n’est pas une guerre, nous ne pourrons jamais vaincre ou éradiquer cette créature. Nous prémunir contre ses dégâts si, puis nous aurons à apprendre à vivre avec elle. Ce qui réclame une autre intelligence que celle des slogans martiaux sanitaires…

Précaution liminaire
Je l’ai dit et le répète : en ces temps de mobilisation collective, nous avons tous à respecter scrupuleusement les mesures qui sont imposées. Même si on doute de celles-ci ou qu’on les trouve inadaptées, aucun d’entre nous ne peut se donner le droit de suivre sa propre idée. Cette compliance -que je n’ai cessé de prôner- m’habite inconditionnellement.
Par contre, cette obéissance civile ne doit surtout pas conduire à une interdiction de penser ou de parler. Nous vivons des temps hautement traumatiques, avec des dégâts sur la population qui seront considérables. Donner sens à ce que nous vivons, nous renseigner, oser poser des questions est non seulement un droit inaliénable mais aussi une nécessité vitale !
J’ai lu passablement de commentaires ironiques sur le nombre soudain de virologues ou d’épidémiologies amateurs s’exprimant sur les réseaux sociaux, ce que je peux comprendre. Mais je pense à l’inverse que plus les citoyennes et citoyens s’intéresseront à ce qui nous arrive, plus ils s’informeront ou même se documenteront, mieux cela nous aidera à mettre en dialogue ce que nous vivons, ce qui essentiel à la fois pour notre santé psychique individuelle et notre résilience collective.
On m’a parfois objecté que j’avais une responsabilité en tant que scientifique, que les analyses que je pouvais faire (toutes pertinentes qu’elles soient) risquaient d’être mal interprétées ou pousser les gens à faire n’importe quoi. Je le rappelle donc : nous avons tous à suivre sans discuter les instructions des autorités. Et abstenons-nous strictement de toute automédication, en particulier en ce qui concerne les substances que je mentionnerai plus loin. Utilisées hors suivi médical strict, elles peuvent en effet être dangereuses. Ceci posé, allons-y !

D’où je parle…
Je suis anthropologue de la santé et expert en santé publique. Mon métier consiste depuis plus de 30 ans à étudier les pratiques des soins et les dispositifs sanitaires. J’arrive à un âge où l’on sait (hopefully) qu’on n’est pas le nombril du monde et (sauf exception) qu’on n’a pas inventé le fil à couper le beurre. J’ai quelques références dans mon domaine, comme celle d’être (malgré  l'embarrassante immodestie de ce propos) un des meilleurs connaisseurs actuels des processus de salutogenèse et de rétablissement ainsi que des déterminants de la santé. Ce qui m’a valu d’être invité à enseigner dans une quinzaine de programmes universitaires et de hautes écoles en santé (Facultés de médecine de l’UNIGE et de l’UNIL, EPFL, IHEID, Universités de Montréal, Fribourg, Neuchâtel, etc.) J’ai exercé ma profession hors des milieux académiques, préférant agir au sein des politiques de santé ainsi que sur le terrain. J’ai créé différents dispositifs socio-sanitaires innovants, en particulier en santé mentale, dont certains font encore référence aujourd’hui.
Je m’excuse pour ce petit étalage. C’est le prix à payer pour me prévaloir d’une (modeste) compétence quant à ce que je vais maintenant avancer.

Banal ou pas banal ?
Depuis le début de l’émergence du coronavirus, je partage mon analyse qu’il s’agit d’une épidémie  banale. Le terme peut choquer quand il y a des morts, et a fortiori dans la crise sanitaire et la dramaturgie collective hallucinée que nous vivons. Pourtant, les données sont là : les affections respiratoires habituelles que nous vivons chaque année font bon an mal an 2'600'000 morts à travers le monde. Avec le Covid-19, nous en sommes, au quatrième mois, à 9'000 décès, et avec le pays initialement le plus touché qui est parvenu à juguler l'épidémie. Nous sommes très très loin d'avoir un effet statistiquement significatif au regard de la mortalité habituelle et en particulier de la surmortalité saisonnière.
Je l’ai dit et je le répète : le même traitement politique ou journalistique appliqué à n’importe quel épisode de grippe saisonnière nous terrifierait tout autant que l’épidémie actuelle. Comme la mise en scène (avec décompte en live des victimes) de n’importe quel problème sanitaire d’envergure, qu’il s’agisse des maladies cardiovasculaires, des cancers ou aux effets de la pollution atmosphérique nous ferait frissonner d’effroi tout autant et même infiniment plus !
Nous savons aujourd’hui que le Covid-19 est bénin en l'absence de pathologie préexistante. Les plus récentes données en provenance d'Italie confirment que 99% des personnes décédées souffraient d'une à trois pathologies chroniques (hypertension, diabète, maladies cardiovasculaire, cancers, etc.) avec un âge moyen des victimes de 79,5 ans (médiane à 80,5) et très peu de pertes en-dessous de 65 ans.
Italy chronic.png
 Les quatre plus grands facteurs à l'origine des maladies chroniques étant :
- La malbouffe.
- La pollution.
- Le stress.
- La sédentarité.
Les maladies chroniques seraient évitables à 80% si nous nous donnions les moyens de protéger la population plutôt que de sacrifier sa santé au profit d'intérêts industriels. Nous avons depuis des décennies accordé des facilités coupables à des industries hautement toxiques au détriment du bien commun et de la santé de population (pour un développement de ce constat, se référer à l’article suivant).
Il faut oser le dire : ce n’est pas le virus qui tue (il est bénin pour les personnes en bonne santé), ce sont les pathologies chroniques qu’on a laissé se développer depuis des décennies.

Stats et probas en folie
Il y a un autre problème : les taux en particulier de complications et de mortalité qu’on nous brandit sous le nez jour après jour ne veulent rien dire. En l’absence de dépistage systématique de la population, nous n’avons aucune donnée fiable à laquelle référer les données dont nous disposons (nombre de cas déclarés et de décès).
C’est un classique en épidémiologie : si vous ne dépistez que les morts, vous parviendrez à 100% de taux de mortalité ! Si vous ne testez que les cas critiques, vous en aurez moins mais encore beaucoup plus qu’en réalité. Si vous dépistez beaucoup, vous aurez beaucoup de cas alors que si vous dépistez peu, le nombre de cas sera faible. La cacophonie actuelle ne permet juste pas d’avoir la moindre idée de la progression réelle du virus et de sa diffusion.
Les estimations les plus crédibles laissent penser que le nombre de personnes déclarées est très largement inférieur (dans un facteur allant  selon les meilleures estimations jusqu'à 1/47) au nombre de personnes réellement infectées, dont à peu près la moitié ne se rendra même pas compte qu’elle a contracté le virus. Pour un redoutable tueur, il est parfois plutôt sympa…
Nous n’avons donc à ce stade aucune idée de l’ampleur réelle de la propagation du virus. La bonne nouvelle est que les données réelles (en particulier les taux de complications et de mortalité) ne peuvent être que largement inférieures à ce qui est couramment avancé. La mortalité réelle, comme annoncé dans un précédent article, doit en fait s'établir au plus à 0,3% et probablement encore moins. Soit moins du dixième des premiers chiffres avancés par l’OMS.
Les dernières statistiques en provenance de Chine évaluent à 800'000 le nombre de personnes infectées (et donc très probablement immunisées) pour 3'118 décès. Soit effectivement un taux de mortalité de 3/1000.

Fin du monde ou pas ?!
Pareillement, les projections qui sont faites pour imaginer le nombre de morts possibles sont rien moins que délirantes. Elles reposent sur un « forçage » artificiel et maximal de toutes les valeurs et coefficients. Elles sont faites par des gens qui travaillent dans des bureaux, devant des ordinateurs et n’ont aucune idée ni des réalités de terrain, ni de l’infectiologie clinique, aboutissant à des fictions absurdes. On pourrait leur laisser le bénéfice de la créativité et de la science-fiction. Malheureusement, ces projections, littéralement psychotiques, font des dégâts massifs.
Mon expérience en santé mentale me fait éviter strictement les expressions toutes faites comme « schizophrénie » ou « psychose », qui sont à peu très toujours utilisées abusivement et d’une manière désobligeante pour les personnes concernées. Médicalement, la psychose se caractérise par des distorsions cognitives, perceptuelles et affectives entraînant une perte de contact avec la réalité. Ici, le terme est hélas pleinement indiqué.
J’en appelle à mes collègues de la Faculté de médecine et autres instituts universitaires pour qu’ils arrêtent de produire et de colporter des modélisations fausses et anxiogènes. Ces experts se protègent en reconnaissant par précaution de langage le caractère outrancier de leurs formalisations, les journalistes le mentionnent scrupuleusement (c’est à leur crédit), on n'en construit pas moins diligemment un sentiment de fin du monde qui non seulement n’a absolument pas lieu d’être, mais de surcroît est lui-même profondément nocif !
On peut certes donner crédit à nos dirigeants d’envisager le pire du pire du pire sur la base de ces élucubrations pour ne surtout pas prendre le moindre risque qu’il se produise. En attendant, on construit une hallucination -collective- sur la base de chiffres qui ne veulent rien dire.  La réalité, à nouveau, est que cette épidémie est largement moins problématique et dangereuse que ce qui est affirmé, le visionnement de la première vidéo référencée en fin d’article donnera au lecteur (ou la lectrice) les éléments nécessaires à comprendre le bien-fondé de cette affirmation.

Oui, mais tous ces morts et ces services engorgés ?!
C’est hélas le vrai point noir : s’il n’y avait pas ces cas graves, l’épidémie serait insignifiante. Il se trouve qu’elle entraîne des complications rares mais redoutables. Comme me l'écrivait le Dr Philippe Cottet, en première ligne aux HUG : « il faut le dire, les pneumonies virales sont rarissimes d’habitude en Suisse. Elles ont un tableau clinique fruste et d’évolution parfois fulminante, dont les signes annonciateurs sont difficilement identifiables face aux cas plus bénins. C’est un réel challenge clinique, sans compter le nombre de cas simultanés... »
C’est l’existence de ces cas graves (estimés de manière absurde à 15% des cas, probablement en réalité 10 fois moins) qui justifie que l’on ne s’en remette pas simplement à l’immunité de groupe. On nomme ainsi ce processus par lequel chaque personne qui contracte le virus et n'en meurt pas s’immunise, la multiplication des immunisés conduisant à un effet collectif de protection immunitaire…
En l’absence -jusqu’à il y a peu- de traitement pour protéger ou guérir les personnes à risque, le choix de laisser l’immunité se construire en laissant circuler le virus est apparu comme étant trop dangereux. Le risque pour les personnes vulnérables est tel qu’il s’avèrerait éthiquement indéfendable de prendre cette direction, du fait de la gravité des conséquences possibles.
C'est une des difficultés de la santé publique : la médecine comme le journalisme travaillent dans le cas particulier. En médecine, c'est pour cela par exemple qu'il n'y a pas "remède-miracle". Chaque personne sera susceptible de réagir différemment à un traitement.
En journalisme, on cherche à illustrer une thématique avec des cas particuliers, en montrant donc des images et paroles souvent choquantes. En santé publique, on n'agit pas à ce niveau "narratif" singulier. On collecte des données pour voir les contours exacts d'une problématique. Ainsi en Italie, seuls 7 des 2'500 premiers décès concernaient des personnes âgées de moins de 50 ans. Ces cas existent, mais ils sont heureusement marginaux.
Un possible motif d'inquiétude en revanche est cette affirmation qu'il y aurait des personnes jeunes en quantité non négligeable atteintes de pneumonie et placées sous assistance respiratoire. Elles semblent heureusement survivre, mais c'est bien le nombre de lits en soins intensifs qui risque de poser problème si l'encombrement se poursuit.
C’est dans ce paradoxe compliqué entre la très grande innocuité du virus pour l'immense majorité des gens et sa dangerosité extrême dans certains cas que nous sommes trouvés coincés. Nous avons alors adopté des mesures absolument contraires aux bonnes pratiques : renoncer à dépister les personnes possiblement malades et confiner la population dans son ensemble pour enrayer la diffusion du virus. Mesures à vrai dire moyenâgeuses et problématique puisqu’elles ne ralentissent l’épidémie qu’au risque de phénomènes de rebond potentiellement encore pires. Et qu’elles enferment tout le monde alors qu’une faible minorité seulement est concernée. Toutes les recommandations en santé publique sont à l’inverse de dépister le plus de cas possibles, et de confiner uniquement les cas positifs le temps qu’ils ne soient plus contagieux.
Le confinement général constitue un pauvre pis-aller face à l'épidémie dès lors qu’on manque de tout ce qui permettrait de lutter efficacement contre elle
Pourquoi en est-on arrivé là ? Simplement parce que nous avons défailli à mettre d’emblée en place les bonnes réponses. Le manque de tests et de mesures de dépistage en particulier est emblématique de ce naufrage : alors que la Corée, Hong-Kong et la Chine en faisaient la priorité absolue, nous avons été d’une passivité invraisemblable à organiser la mise à disposition de quelque chose de techniquement simple.
Les pays mentionnés ont mis à profit l’intelligence artificielle notamment pour identifier les chaînes de transmissions possibles pour chaque cas positifs (avec les smartphones, on peut par exemple faire l’inventaire des déplacements et donc des contacts que les personnes infectées ont eu avec d’autres personnes dans les 48h précédent l’apparition des symptômes).
Enfin, nous avons réduit de manière importante la capacité de nos hôpitaux au cours de la décennie écoulée et nous retrouvons en manque de lits de soins intensifs et de matériel de réanimation. Les statistiques montrent que les pays les plus touchés sont ceux qui ont réduit massivement les capacités des services de soins intensifs.
Hôpitaux suisse.png
Rien de tout ceci n’a été pensé, alors que le risque de pandémie est un risque sanitaire majeur. La vérité, c’est que nous avons été complètement dépassés. C’est évidemment plus facile de jouer sur les métaphores guerrières que de reconnaître notre tragique impréparation…

Fin de partie ?!
Le premier expert mondial en matière de maladies transmissibles s’appelle Didier Raoult. Il est français, ressemble au choix à un Gaulois sorti d’Astérix ou un ZZ top qui aurait posé sa guitare au bord de la route. Il dirige l’Institut hospitalier universitaire (IHU) Méditerranée-Infection à Marseille, avec plus de 800 collaboratrices et collaborateurs. Cette institution détient la plus terrifiante collection de bactéries et de virus « tueurs » qui soit et constitue un des meilleurs centres de compétences en infectiologie et microbiologie au monde. Le Pr Raoult est par ailleurs classé parmi les dix premiers chercheurs français par la revue Nature, tant pour le nombre de ses publications (plus de deux mille) que pour le nombre de citations par d’autres chercheurs. Il a suivi depuis le début du millénaire les différentes épidémies virales qui ont frappé les esprits et noué des contacts scientifiques étroits avec ses meilleurs collègues chinois. Parmi ses hauts faits, il a découvert des traitements (notamment avec la chloroquine…) qui figurent aujourd’hui dans tous les manuels d’infectiologie au monde.
Le 26 février, il publiait donc une vidéo retentissante sur un canal en ligne (comprenant le mot « tube ») pour affirmer : « Coronavirus, fin de partie ! »
La raison de son enthousiasme ? La publication d’un essai clinique chinois sur la prescription de chloroquine, montrant une suppression du portage viral en quelques jours sur des patients infectés au SARS-CoV-2. Des études avaient déjà montré l’efficacité de cette molécule contre le virus en laboratoire (in vitro). L’étude chinoise confirmait cette efficacité sur un groupe de patients atteints (in vivo). Suite à cette étude, la prescription de chloroquine fut incorporée aux recommandations de traitement du coronavirus en Chine et en Corée, les deux pays qui sont le mieux parvenus à juguler l’épidémie…
La chloroquine -avec son dérivé galénique l’hydroxychloroquine- est une molécule mise sur le marché en 1949, largement utilisée comme antipaludique. Tous les voyageurs des pays tropicaux se souviendront des comprimés de nivaquine (un de ses noms commerciaux) qui leur étaient prescrits à titre préventif contre la malaria. Ce remède a ensuite été remplacé par d’autres pour certaines zones géographiques, restant en usage pour certaines destinations.

So what ?!
Pourquoi vous parler de cela ? Eh bien parce que le Pr Raoult et ses équipes sont les meilleurs spécialistes actuels au monde de l’utilisation de la chloroquine. Il avait notamment eu l’idée géniale de l’essayer contre des bactéries intracellulaires (qui pénètrent les cellules comme les virus), en particulier les Ricksettia. L’IHU de Marseille dispose donc d’une expérience clinique et pharmacologique sans équivalent quant à l’usage de cette molécule.
La chloroquine a également démontré une puissante efficacité thérapeutique contre la plupart des coronavirus, dont le redouté SRAS de sinistre mémoire. Raoult trouva donc dans l’essai clinique chinois la confirmation que la chloroquine était aussi indiquée contre le Covid-19.
Il fut toutefois accueilli comme un cheveu sur la soupe, ses confrères dénigrant d’emblée sa proposition. Les journalises du Monde allèrent même jusqu’à qualifier sa communication de « fake news », accusation reprise sur le site du ministère de la santé pendant quelques heures avant d’être retirée.
Le Pr Raoult obtint pourtant dans la foulée l’autorisation de conduire un essai clinique sur 24 patients dans son service et fut appelé à faire partie du comité pluridisciplinaire de 11 experts formé en mars par l'exécutif français, afin "d'éclairer la décision publique dans la gestion de la situation sanitaire liée au coronavirus".
Les résultats de l’essai clinique étaient attendus avec impatience, en premier chef par votre serviteur. Nous savons la prudence requise face à de substances prometteuses et l’importance de ne rien avancer avant que la recherche confirme ou non une hypothèse La science n’est ni divination ni magie, elle est observation, test, puis le cas échéant validation.
Les résultats de son étude clinique sont sortis hier, confirmant l’obtention d’effets thérapeutiques spectaculaires. La méthodologie est robuste, puisque l’IHU de Marseille a pu comparer la négativation du portage viral chez les patients qui ont suivi le protocole avec des patients d’Avignon et de Nice qui n’ont pas reçu le traitement.
« Ceux qui n’ont pas reçu le Plaquenil [médicament à base d’hydroxychloroquine] sont encore porteurs à 90 % du virus au bout de six jours, tandis qu’ils sont 25 % à être positifs pour ceux qui ont reçu le traitement », explique le professeur Raoult.
Mais ça ne s’arrête pas là :  l’IHU Méditerrannée- Infection conseille (comme d’autres) depuis longtemps de donner concomitamment un antibiotique dans les infections virales respiratoires « parce qu’elles se compliquent surtout de pneumopathies. Donc tous les gens qui présentaient des signes cliniques qui pouvaient évoluer vers une complication bactérienne de pneumopathie, on leur a donné de l’Azithromycine. Il a été démontré que ça diminue les risques chez les gens qui ont des infections virales. L’autre raison, c’est que l’Azithromycine a montré en laboratoire qu’elle était efficace contre un grand nombre de virus, bien que ce soit un antibiotique. Donc quitte à choisir un antibiotique, on préférait prendre un antibiotique efficace contre les virus. Et quand on compare le pourcentage de positifs avec l’association hydroxychloroquine et Azithromycine, on a une diminution absolument spectaculaire du nombre de positifs. » ajoute-t-il.

Portage viral ?
Une étude publiée dans la revue Lancet le 11 mars avait entretemps révélé une donnée nouvelle mais essentielle : le temps de portage viral (durée entre le début et la fin de l’infection- et donc de contagiosité possible) s’avère supérieur à ce que l’on croyait, avec une durée moyenne de 20 jours. Avec l’association hydroxychloroquine / azithromycine, cette durée est réduite à 4-6 jours.
La réduction drastique du temps de portage viral donne non seulement l’espoir de traiter les cas critiques, mais aussi de réduire le temps nécessaire à une personne infectée pour ne plus être contagieuse. Et donc présente des perspectives énormes pour prévenir la propagation du virus. Cette nouvelle est bien sûr la meilleure nouvelle que l’on pouvait attendre. Les autorités et les scientifiques l’ont donc accueillie avec joie penserez-vous…
Eh bien que nenni ! Les réactions qui se sont fait entendre disputaient dans un premier temps la bêtise à la méchanceté.
Certes, ni les études chinoises, ni l’essai clinique marseillais n’a valeur de preuve (« evidence ») selon les critères de la recherche scientifique. Une réplication des résultats par d’autres équipes est requise, sans même parler d’une étude randomisée en double-aveugle, le top of the pop des méthodologies de recherche.
Mais diable ! nous sommes dans une situation d’urgence. La chloroquine est un des médicaments les mieux connus et les mieux maîtrisés (en particulier par l’IHU de Marseille). On peut donc tabler sur une très solide expérience relative au sujet de sa prescription. Se réfugier derrière un intégrisme procédural est éthiquement indéfendable dès lors qu’on parle d’un médicament qu’on connaît par cœur, qui a déjà démontré son efficacité sur d’autres coronavirus, confirmée sur celui-ci par deux essais cliniques, et alors que des vies sont en jeu jour après jour !
Raoult a relevé avec ironie qu’il n’était pas impossible que la découverte d’un nouvelle utilité thérapeutique pour un médicament tombé de longue date dans le domaine public soit décevant pour tous ceux qui espèrent un prix Nobel grâce à la découverte fracassante d’une nouvelle molécule ou d'un vaccin… sans oublier la perspective des dizaines de milliards de dollars de revenus à prendre, là où la chloroquine ne coûte littéralement rien.

Célébration des soignants !
Depuis quelques jours, la population confinée s’exprime chaque jour pour rendre hommage aux soignants et les soutenir dans les circonstances éprouvantes qu’ils vivent. Il s’agit d’une belle expression de solidarité, évidemment méritée par des professionnel-les remarquables d’abnégation et d’engagement, au front de cette lourde souffrance et de ce nouveau danger.
Dans les cercles des sommités, les choses sont hélas en général moins reluisantes. La recherche et l’autorité médicales sont aussi souvent faites de mesquineries, de manipulations, de malhonnêtetés ou d’abus en tous genres, ainsi que de pitoyables mais violents combats d’ego.
Sur BFM TV, le Dr Alain Durcadonnet cassait aussitôt du sucre sur le dos de Raoult en rappelant qu’une conclusion scientifique se publiait dans des revues scientifiques et non pas par vidéo… Ceci alors, que dans sa communication, le Pr Raoult (le chercheur français qui, rappelons-le, a le plus publié dans les revues scientifiques dans son domaine) venait évidemment de préciser que l’article décrivant son essai clinique avait été envoyé pour publication à une revue à comité de lecture. Cette anecdote montrant le niveau, comme les suivantes.
Le 1er mars, bien après la publication du premier essai clinique chinois, le directeur général de l'Assistance Publique - Hôpitaux de Paris, le Pr Martin Hirsch, disait ainsi au micro d’Europe 1 : "La chloroquine marche très bien dans une éprouvette, mais n’a jamais marché chez un être vivant", ce qui était déjà parfaitement faux !
Dans les retours de la presse nationale, l’insistance est mise lourdement sur le risque du surdosage avec la chloroquine, effectivement toxique au-delà de 2 gr/jour en l’absence de comorbidité somatique. Les chinois ont privilégié des doses de 2x 500 mg/jour pendant leur essai. Raoult et son équipe, trouvant ce dosage excessif, préférant opter pour 600mg/jour. L’objection est donc d’une consternante vacuité- rappelons que nulle équipe clinique ne connaît mieux cette molécule que celle de Méditerranée-Infection. Cela reviendrait à dire au sujet du Dafalgan : ouh là là, attention, il peut être toxique s’il est mal utilisé, donc ce n’est pas une bonne idée d'envisager de traiter les maux de tête avec ce médicament !
On invoqua (si, si, lisez la presse !) les risques liés à une utilisation prolongée, là où le traitement proposé dure en moyenne 6 jours.  L’IHU dispose de surcroît de l’expérience de prescriptions exceptionnelles au long cours (jusqu’à deux ans !) dans le cadre du traitement de certaines bactéries intracellulaires. On a beau savoir qu’il est bon d’être charitable avec son prochain, des fois la bêtise combinée à la malhonnêteté rendent la chose ardue...
D’autres insistèrent (et insistent encore) sur le fait qu’on ne peut tirer de conclusions définitives sur la base d’essais cliniques. Ce qui est tout-à-fait juste dans l’absolu mais s’applique mal au cas présent, étant donnée la parfaite connaissance de cette molécule ! Situation absurde résumée ainsi par Raoult : « Il y a une urgence sanitaire et on sait guérir la maladie avec un médicament que l'on connaît parfaitement. Il faut savoir où on place les priorités. » Face à la réalité de l'épidémie, il préconise d’arrêter de s'affoler et de détecter les malades sans attendre que leur cas s'aggrave pour mieux les traiter.

Le problème va plus loin…
La solitude de la compétence extrême ?! Raoult explique comment Emmanuel Macron est venu le chercher après sa première annonce publique du 26 février et l’étrange expérience qui a été depuis la sienne dans le cercle d’experts qui conseille le martial président. A la question posée par un journaliste de Marianne : « Y êtes-vous  entendu ? », il répond : « J'y dis ce que je pense, mais ce n'est pas traduit en acte. On appelle cela des conseils scientifiques, mais ils sont politiques. J'y suis comme un extra-terrestre. »
C’est sa certitude, évidemment inconfortable pour les autorités : avec les mesures prises actuellement contre l’épidémie, on marche sur la tête. Nos pays ont renoncé (contrairement aux Chinois et aux Coréens) au dépistage systématique au profit d’un confinement dont le Pr Raoult souligne qu’il n’a jamais été une réponse efficace contre les épidémies. C’est un réflexe ancestral de claustration (comme à l’époque du choléra et du Hussard sur le toit de Giono). Confiner chez eux des gens qui ne sont pas porteurs du virus est infectiologiquement absurde- le seul effet d’une telle mesure est de détruire l’économie et la vie sociale. Un peu comme bombarder une ville pour en éloigner les moustiques porteurs de malaria…
La seule voie qui fasse sens selon lui est de confiner les porteurs du virus uniquement, et de les traiter en cas de besoin soit pour éviter de terribles complications comme celles que l’on voit, soit pour réduire le temps pendant lequel elles sont contagieuses.
En Suisse comme en France (et partout en Occident), la décision prise est de confiner les gens chez eux, malades ou non. Quand ils sont malades, on attend qu’ils aillent mieux puis (du fait de la durée de portage viral), on les laisse ressortir alors qu’ils sont en fait encore contagieux ! Les personnes à risque, elles, développent parfois des complications, en particulier une détresse respiratoire aiguë qui les conduit aux urgences. Elles viennent alors engorger les services de soins intensifs, et, pour certains malades, y mourir alors qu’affirme Raoult, on aurait pu les traiter avant !
Confiner l’ensemble de la population sans dépister et sans traiter, c’est digne du traitement des épidémies des siècles passés.
La seule stratégie qui fasse sens est de dépister massivement, puis confiner les positifs et/ou les traiter, tout comme les cas à risque puisque c’est possible, comme on le voit en Chine et en Corée, qui ont intégré l’association de dépistages massifs avec la prescription de chloroquine dans leurs treatment guidelines.
Ni Hong Kong ni la Corée, deux territoires qui ont connu les plus faibles taux de mortalité face au Covid-19 n’ont imposé de confinement aux personnes saines. Elle se sont simplement organisées différemment.

La décadence de l’Occident
Elle est hélas criante et révélée ici dans toute sa crudité… Nous disposons d’une médecine de qualité, mais d’une santé publique moyenâgeuse. Le leadership technologique et scientifique est passé à l’Extrême-Orient depuis longtemps déjà, et notre nombrilisme intellectuel nous fait souvent nous raccrocher aux lanternes du passé plutôt qu’à la science d’aujourd’hui.
Des tests systématiques seraient faciles à instaurer, pour autant qu’on en fasse une priorité sanitaire et que l’on s’organise, ce que les Coréens ont fait en un temps record. En Europe, nous avons été complètement dépassés, comme si nous vivions dans un autre temps. Les autorités comprennent maintenant qu’il s’agit d’une priorité absolue -suivant en cela les recommandations insistantes de l’OMS.
Produire les tests ne présente aucune difficulté :« C’est de la PCR [réaction en chaîne par polymérase] banale que tout le monde peut faire, la question c’est l’organisation, pas la technique, ce n’est pas la capacité de diagnostic, nous l’avons, commente Raoult. C’est un choix stratégique qui n’est pas celui de la plupart des pays technologiques, en particulier les Coréens qui font partie, avec les Chinois, de ceux qui ont maîtrisé l’épidémie en faisant dépistage et traitement. On est capables dans ce pays comme n’importe où de faire des milliers de tests et de tester tout le monde. »
Certes, des régimes politiques plus disciplinés ou même autoritaires ont un avantage de compliance sociale, mais la question n’est pas là. Le problème, c’est bien nous. La France s’enfonce dans des polémiques sans fin avant même que qui que ce soit ait ouvert la bouche, pendant que son jupitérien président s’envole dans des pérorations antiques sur l’« état de guerre » en se contemplant dans un miroir… Dans notre pays, le Conseil fédéral a réagi sans agitation ni malice, mais en donnant comme toujours l’impression qu’on le réveillait déplaisamment de sa sieste.
Bref, pour notre pays qui se targue de sa qualité d’innovation et de biotech, c’est encore un peu la fête au village…

Le changement c’est maintenant ?!
Heureusement, on peut espérer que le vent change vite et bien. Le ministère de la santé français vient de mandater le CHU de Lille pour un essai visant à répliquer les résultats obtenus à Marseille. Rappelons que des essais probants ont déjà été menés en Chine et en Corée -mais en France on tient en général que ce qui vient de l’étranger est indigne du génie français.  Quelques services hospitaliers et leurs médecins-chefs sont capables d’envisager qu’ils se sont trompés, c’est par exemple le cas du Pr Alexandre Bleibtreu de l’Hôpital de la Pitié-Salpêtrière, qui a tweeté récemment avec humour :
Bleibtreu.png
L’intérêt pour la chloroquine est désormais mondial avec des équipes travaillant aux quatre coins du monde. Si l’efficacité aujourd’hui très probable du médicament se confirme, ce sera un major game-changer.
Une fois les personnes à risque de complications diligemment traitées, les innombrables infections bénignes dues au SARS-CoV-2, que nous serons très nombreux à vivre, pourvoiront l’immunité de masse qui ravalera cette « pandémie » au rang de sale mésaventure.
Le dépistage de masse est désormais enfin une priorité sanitaire. Le temps d’organiser la capacité d’analyses des laboratoires, nous y aurons tous progressivement droit. Le laboratoire Sanofi vient par ailleurs de proposer au gouvernement français de produire gratuitement un million de de doses de chloroquine.
Et si la molécule ne tenait pas ses promesses ? C’est bien sûr une hypothèse possible, même si elle est à ce stade peu probable. D’autres médicaments sont actuellement en voie d’examen, notamment des antiviraux connus (comme le Favipiravir) testé en Chine également avec des premiers résultats cliniques encourageants. Selon une nouvelle tombée ce matin :
"La Chine a achevé une recherche clinique sur le favipiravir, un médicament antiviral présentant une bonne efficacité clinique contre le nouveau coronavirus (COVID-19).
Le favipiravir, médicament antigrippal dont l'utilisation clinique a été approuvée au Japon en 2014, n'a provoqué aucune réaction adversaire évidente dans l'essai clinique, a révélé Zhang Xinmin, directeur du Centre national du développement biotechnologique de Chine relevant du ministère des Sciences et des Technologies, lors d'une conférence de presse.
Le favipiravir a été recommandé aux équipes de traitement médical et devra être inclus le plus vite possible dans le plan de diagnostic et de traitement du COVID-19, a-t-il fait savoir."
Ce qui est frappant autour de la chloroquine, c’est la religiosité du débat que cette option provoque  -un classique toutefois en science. Raoult est décrit comme une espèce de gourou (malgré ses états de service scientifiques remarquables) et on décrit la « croyance » en ce médicament comme étant l’attente d’un « remède-miracle » qui égarerait les gens en faisant miroiter des « espoirs impossibles ».
Heureusement, il reste une démarche qui s’appelle la science et qui vise justement à passer du registre des opinions (chacun voit le monde à sa manière) au savoir (ce que l’on a éprouvé, vérifié et validé indépendamment des opinions personnelles).
Si les résultats obtenus à Marseille et Chine se démentent, alors le cauchemar collectif dans lequel nous sommes engoncés se poursuivra, avec de très lourdes conséquences sur notre société, nos vies, notre santé physique et mentale. Si en revanche ils se confirment, on aura fait un pas de géant pour sortir de cette lourde gonfle, et ce sera alors bel et bien « Fin de partie ! pour le Covid ». Nous aurons appris bien des choses au passage.

Hommage aux autorités
Il n’est pas dans mes habitudes d’être complaisant avec les autorités. J’ai trop souvent vu les ravages de la flatterie et de la veulerie (comme de la critique gratuite ou du procès d'intention) pour tomber dans le piège. Ici, on entend bien des critiques qui me semblent injustes. Oui, notre système de santé n’en est pas vraiment un, on a une industrie de la maladie – ce qui n’est pas pareil. Oui, nos réponses sanitaires sont incroyablement poussiéreuses et même dépassés. Oui, le Conseil fédéral a des godasses de plomb -ce a aussi d'ailleurs parfois ses avantages.
Mais je tiens à dire mon sentiment que la réaction des autorités fédérales et cantonales a été proportionnée à ce que nous savions et ne savions pas. Il est facile de dire qu’il aurait fallu fermer les frontières il y a un mois dans un monde où la menace était encore peu visible et où nous aurions été les seuls à le faire.
Tout fermer conduit inévitablement à un désastre économique et social. En l’absence des moyens d’appliquer la meilleure stratégie (dépistage – confinement – traitement), recourir à un « lock-down » est une mesure archaïque et peu efficace, mais la seule qu'il était possible de prendre.
A Genève en particulier, le Conseil d’Etat (avec MM. Mauro Poggia et Antonio Hodgers en première ligne) a été solide, humain, rassurant, et clair, agissant avec calme et un indéniable sens de la proportionnalité.
Un dernière info enfin, qui nous incitera tous je l’espère à la prudence : les dernières données infectiologiques tenderaient à confirmer que les enfants ne sont que très peu porteurs et/ou contaminateurs du SARS-CoV-2. Si cette hypothèse se confirme, la fermeture des écoles ne serait en fait pas nécessaire. Les données que je relaye ici sont tombées cette semaine. Au moment où la fermeture a été décidée, on les ignorait- comme je le précisais dans mon blog précédent- il s'agissait donc d'une mesure de précaution, en l’occurrence inutile. Il faut par ailleurs voir si elles sont prochainement corroborées, contredites ou contrastées par d'autres données.
Soyons donc patients et appliqués. Une fois cette hallucination collective passée, il sera alors temps de faire un rigoureux « post-mortem » des décisions sanitaires et de chercher à comprendre ce qu’il s’est passé pour qu’on génère cet invraisemblable gâchis sociétal…