Affichage des articles dont le libellé est la France qui coule. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est la France qui coule. Afficher tous les articles

samedi, janvier 09, 2021

Le Beaujolais nouveau est arrivé (R. Fallet)

René Fallet de 1975. Fallet, toujours un bonheur de finesse, de tendresse et d'humour.

Quatre preux chevaliers de la chopine :

> Captain Beaujol. Ancien sergent-chef de la coloniale, à l'intendance. Il n'a jamais vu l'ombre d'un « niakoué » ni d'un « bique ». Sa terreur secrète est l'irruption d'un ancien de son régiment qui dévoilerait la potée de roses à ses compagnons d'hydratation, qui vibrent au récit, tout en pudeur, de ses exploits guerriers. Connu pour son goût des nectars de la côte mâconnaise.

> Adrien Camadule. Retraité, pêcheur et brocanteur à ses heures. Philosophe de comptoir.

> Poulouc. Jeune très prometteur. A vingt ans, il a déjà compris que le travail est une sale maladie qu'il faut éviter comme la peste. Officiant comme promeneur de chiens, il drogue la pâtée de ses ouailles afin de passer la journée au bistro.

Sa mère est la maitresse sado-maso de quelques notables du quartier, dont le curé. Ce hobby original et rémunérateur fournit matière à moults propos hautement éthylo-métaphysiques.

> Paul Debedeux. Cadre moyen dans une entreprise moyenne (Bang Bang Aéronautique), de plus en plus fatigué par son épouse moyenne et par sa maîtresse moyenne, il se réfugie au bistro avec ses copains.

La crise existentielle de Debedeux a été déclenchée lorsque son patron lui a demandé poliment des nouvelles de son épouse et qu'il a lâché, par trop-plein, « Elle m'emmerde » (le néo-féminisme et le combat intersectionnel, ce n'est pas trop le truc de Fallet).

Le lieu de rendez-vous de cette fière chevalerie vineuse, le temple de la boisson revigorante, le fort Vauban du jus de la treille, c'est Le Café du Pauvre (humour bien de Fallet).

Je ne vais pas tout vous raconter. René Fallet, ça se lit. On le trouverait en livre de poche pour trois francs six sous si on ne comptait pas dans les inflationnistes euros.

Je vous retranscris les ultimes phrases du livre, qui ne dévoilent pas les aventures de nos quatre héros et montrent qu'une fois de plus, Fallet est visionnaire :

A l'emplacement du scandaleux Café du Pauvre, la municipalité aménagea un espace vert.

De grands écriteaux signalaient aux habitants des nouvelles résidences qu'il était interdit de marcher sur les pelouses et, plus encore, de piétiner les plates-bandes.


mercredi, décembre 18, 2019

Ces vérités cachées, ignorées ou refoulées


Ces vérités cachées, ignorées ou refoulées

1) La réforme des retraites qui est proposée est de nature foncièrement idéologique: elle consiste à supprimer 42 régimes particuliers  pour les fondre en "un système à points" unique. Cela concerne les cheminots, certes, mais aussi les médecins, les agriculteurs, les notaires, les militaires, les avocats, les ouvriers agricoles, professions libérales, professeur de l'enseignement privé, etc. Une étrange logique de la table-rase et du nivellement, bien socialiste, au pire sens du terme, vise à interdire aux professions de s'organiser en tenant compte de leurs spécificités, et ainsi à imposer une uniformisation bureaucratique. 42 régimes, pages 20 et 21. 
2) Son caractère discriminant est paradoxalement incompréhensible: elle devrait concerner (comprend-on), les personnes nées après 1975 et épargner les classes d'âge antérieures à cette année. Le clivage ainsi opéré semble indiquer qu'un effort d'adaptation serait imposé au moins de 45 ans tandis que les plus de 45 ans en sont exonérés. Une discrimination reposant sur l'âge se substitue ainsi aux catégories fondées sur les métiers. A la guerre comme à la paix, ce sont les jeunes qui payent pour les anciens. Quelle plus insupportable injustice? Dans l'histoire, aucune réforme fondée sur un traitement inéquitable, frappant la jeune génération et protégeant l'ancienne, n'a d'ailleurs  jamais abouti.
3) Cette réforme qui focalise toute l'énergie du pays, passe à côté de l'essentiel: elle ne présente aucun avantage pour le règlement des fléaux qui ruinent la France, c'est-à-dire l'écrasement fiscal du pays, sa dette vertigineuse, la crise de l'autorité de l'Etat, la violence, le communautarisme, la chute du niveau scolaire, la désindustrialisation, le chômage qui recule partout, sauf en France, la perte de crédit dans le monde l'effroyable effondrement de la confiance dans le politique.
4) Son succès dans quelques milieux, surtout de droite traditionnelle, tient à l'émotion plutôt qu'à la raison, l'instinct de revanche contre les cheminots et leurs syndicats... L'idée de les voir mordre la poussière produit, dans ces milieux, une sorte d'étrange jubilation et d'excitation: celle que produit le chiffon rouge dans l'arène.  Le soutien de droite à la réforme ne tient pas à autre chose: l'abattage de la "bête immonde"ou la logique du bouc émissaire. Cette euphorie malsaine couvre tout le reste, le fond d'une réforme qui n'intéresse personne. Et cela pour des avantages économiques non évalués, mais sans aucun doute infimes, voire inexistants, compte tenu du déséquilibre démographique qui subsistera, des dérogations liées à l'ancienneté et de la hausse progressive de l'âge de la retraite des cheminots, déjà à l'oeuvre.
5) Le fond de l'air a quelque chose de monstrueux. Le niveau de mépris de la classe dirigeante pour les "sans-dents" atteint un niveau paroxystique qui n'a sans doute sans précédent dans l'histoire contemporaine. D'un côté, une infime caste qui bombe le torse et redouble de coups de menton en s'enfermant dans une posture de fermeté aux accents radicalement narcissiques, voire électoralistes; de l'autre les salariés, les étudiants, les enfants et les mères de familles, plongées dans un chaos indescriptibles, obligés de se battre pour s'entasser dans un autobus ou un métro. Quelle pire image qu'un pouvoir politique qui accule les Français à se battre les uns conte les autres?
6) Les coups de menton des uns et des autres n'y changeront rien. La crise est sans fin. Elle n'aura ni vainqueur, ni vaincu. D'ailleurs, depuis les lois Valls de 2016, la bataille de NDDL, suivie des Gilets Jaunes, des violences des Black blocs, et des troubles sociaux actuel, la France est plongée dans un désordre permanent et croissant auquel les Français finissent par s'habituer. Ne parlons pas des attentats islamistes qui ont fait 260 morts en cinq ans. Les troubles autour de la réforme des retraites vont ronger le pays pendant des mois, des années. Peu à peu, de concession en concession, cette réforme idéologique va tomber en déliquescence, par détricotage subreptice. Evidemment. Déjà, les policiers et les magistrats... Enfin, quand je dis, "ni vainqueur, ni vaincu", c'est faux: il y a déjà une grande vaincue, malheureuse, humiliée, traînée dans la boue, risée de toute la planète: la France.
Maxime TANDONNET

samedi, août 03, 2019

Les zombies

Une heure à la terrasse d'un café à regarder les passants, c'est à vous dégouter : les Français sont moches.

Deux tiers d'obèses, un tiers d'anorexiques, le reste de normal. Et habillés faut voir comme. C'est le règne du bermuda, de la tong et du t-shirt sac à patates flashy. Le triomphe de la double bedaine et du triple menton. Sans parler des vieilles avec les chevaux bleus, verts, violets. Tatouées, de surcroit. Rien de plus horrible , avec la peau fripée, qu'un tatouage sur une vieille (que le tatouage, cet attribut des marins, des bagnards et des marginaux, soit devenu à la mode dit assez à quel point notre époque est paumée).

Et tout ça tire la gueule et bavasse au téléphone. Concours de mauvais goût permanent.

En plus, ça sent le vieux, le rassis, le bougon. Quasiment aucune jeune frimousse souriante.

Argh ! Un vrai musée des horreurs.

Avant, même dans la vie quotidienne, on avait une autre allure :



jeudi, mars 14, 2019

Le pompier et le péage : apologue édifiant

«  Le pompier, le péage, le député et le ministre: résumé de la paralysie française»







TRIBUNE - Le député de Seine-et-Marne (LR) Jean-Louis Thiériot raconte une histoire édifiante sur l'impotence des pouvoirs publics.
Les Français ne le savent sans doute pas. En dehors d'une intervention pour un accident sur l'autoroute elle-même, les services de secours en intervention (pompiers, police, Samu, gendarmerie) doivent payer leur péage comme n'importe quel usager. Pour diminuer les coûts, ces services publics ont donc pour instruction d'éviter d'emprunter les autoroutes - sauf urgence vitale avérée. Une consigne qui peut avoir des conséquences dramatiques si la gravité des faits qui appelle une intervention des pompiers, du Samu ou des forces de l'ordre est sous-estimée. Et ceci alors que les sept principales sociétés concessionnaires font un chiffre d'affaires supérieur à 10 milliards et des bénéfices supérieurs à 3 milliards (dont 1,75 pour le seul Vinci), à la faveur de contrats de concessions insuffisamment protecteurs de l'intérêt général!
Consciente de cette anomalie évidente, en novembre 2017, lors de l'examen de la loi de finances 2018, l'Assemblée nationale a voté à l'unanimité - ce qui mérite d'être souligné - un amendement prévoyant que les véhicules de secours seraient exonérés de péage. Comme il est d'usage, les conditions d'application ont été renvoyées à un décret en Conseil d'État. Or, quinze mois plus tard, rien n'a été fait. Le décret n'a pas été promulgué.
On peut déplorer que les sociétés d'autoroutes, avec leurs 3 milliards de profits, n'aient pas spontanément appliqué la loi. C'eût été une appréciable contribution à la «décence commune» chère à Orwell, ou à tout le moins une formidable opération de communication qui aurait été applaudie. Dommage quand on sait la colère qui gronde contre les sociétés autoroutières et dont les «gilets jaunes» se sont souvent fait l'écho.

L'administration refuse de publier le décret

Mais ce qui inquiète, c'est surtout l'inaction de l'État et les justifications données. Interrogé par mes soins en septembre 2018 dans une question écrite, le ministère des Transports a apporté une réponse stupéfiante publiée au Journal officiel, modèle de discours technocratique et de ratiocination juridique: «S'assurer du caractère opérationnel du déplacement est techniquement difficile […]. L'exonération de péage pour les véhicules d'intérêt général prioritaire constitue une rupture d'égalité d'usagers devant le péage […]. Il s'agit pour les sociétés concessionnaires d'une charge nouvelle qui leur est imposée […]. Les sociétés concessionnaires pourraient donc se prévaloir d'un préjudice devant le juge du contrat comme elles l'ont indiqué à l'État. Le concédant - à savoir l'État - serait alors tenu d'indemniser sur fonds publics ses cocontractants pour le manque à gagner représenté par cette mesure, dans les conditions fixées par le juge […]. Ces considérations expliquent les grandes difficultés rencontrées dans la définition des mesures réglementaires.» En clair, l'administration refuse de publier le décret.
Ces propos sont doublement stupéfiants. D'une part, un haut fonctionnaire inconnu s'autorise à ne pas tenir compte d'un texte voté par le législateur. D'autre part, il livre sur un plateau aux sociétés concessionnaires un argumentaire émanant de l'État, dont leurs avocats ne manqueraient pas de faire leur miel en cas de contentieux.
Mais les surprises ne s'arrêtent pas là! Saisie ensuite d'une question orale dans laquelle je lui demandais la date de mise en œuvre du décret, la ministre des Transports, Mme Élisabeth Borne, répondait: «Je ne partage pas la réponse [de ses services, NDLR] telle que vous l'avez mentionnée»… mais se refusait à donner la moindre date précise.
Résumons-nous: un texte de loi non appliqué depuis plus d'un an, une administration qui cède craintivement face à des groupes privés, un ministre qui ignore ce que font ses services et désapprouve leur réponse mais qui en même temps se refuse à tout acte politique fort et décisif…




«Ce dossier d'apparence modeste en dit plus qu'un long colloque sur la faiblesse de l'État.»





Ce dossier d'apparence modeste en dit plus qu'un long colloque sur la faiblesse de l'État. La technostructure se permet de tenir pour rien le vote de la représentation nationale. Le droit devient l'alibi de l'inaction. Et nul ne songe à engager le bras de fer avec les compagnies d'autoroute pour que les choix politiques se traduisent en acte.
Il y aurait pourtant des arguments juridiques à faire valoir et matière à un bras de fer qui serait, de toute évidence, populaire. Dans un avis de février 2015, le Conseil d'État avait rappelé la possibilité d'une «résiliation pour motif d'intérêt général». Le fait d'en brandir la menace aurait certainement suffi à ramener à la raison les compagnies autoroutières et à ouvrir la voie à la négociation d'avenants, sachant que le coût ne serait que de quelques dizaines de millions d'euros. L'État se dit «jupitérien» mais plie piteusement devant un oligopole. Les ministres se taisent, otages de la technostructure ou du juridisme le plus poltron. À la notion traditionnelle du pouvoir s'est substituée celle de gouvernance par les experts, échappant à tout contrôle démocratique. Le gouvernement est devenu en quelque sorte apolitique. Autrement dit, le pouvoir n'a plus le pouvoir.
Symbolique, cet apologue nous dit que l'urgence est à un Parlement qui légifère, à un gouvernement qui gouverne, à des fonctionnaires qui assument leurs responsabilités, obéissent au ministre et mettent en œuvre les lois. À trop laisser enfler ce sentiment d'impuissance, ce sont la désespérance et donc le populisme qui gagneront. En attendant, pompiers et policiers continuent de payer les péages.
*Ancien président du conseil départemental, avocat à la cour et essayiste. Dernier ouvrage paru: De Gaulle, le dernier réformateur  (Tallandier, 2018).
***************
Mon commentaire : les raisons fondamentales de cette situation sont connues de tous.

L'exercice normal du pouvoir comporte de lourds devoirs et quelques satisfactions et gratifications.

Nos politiciens se sont déchargés de leurs devoirs, c'est-à-dire de leurs responsabilités et donc de leur pouvoir, sur des organismes non-élus et hors de contrôle (BCE, UE, CJUE, CEDH, Conseil constitutionnel, conseil d'Etat, administrations diverses et avariées ...) pour ne plus garder, quand même, que les satisfactions et gratifications du pouvoir.

Ils ont donc trahi leur mission et c'est à juste raison que le peuple les déteste. Les Gilets jaunes qui gueulent « Macron démission ! » ont , hélas, parfaitement raison. Le « dégagisme » est amplement justifié.

Le drame est que nous n'avons pas (pas encore ?) de solution de rechange. Mais, au fond, n'est-ce pas un prétexte à procrastination ? Ayons d'abord le courage de virer ceux qui doivent être virés, ensuite, nous verrons bien : votez Dupont-Aignan, Le Pen, Asselineau, Mélenchon, ma tante, n'importe qui sauf Macron et Wauquiez. Il faut avoir le courage de préférer la fin de la douleur à la douleur sans fin (1), même si c'est temporairement le bordel.

*************
(1) : si nous continuons avec un gouvernement comme depuis 1983 en votant Macron-Wauquiez, la suite est écrite : la mondialisation a détruit la classe moyenne inférieure. Elle va maintenant détruire la classe moyenne supérieure, celle qui se croit aujourd'hui à l'abri et a massivement voté Macron au second tour.




vendredi, février 08, 2019

Grands écoles : qu’est-ce qui déconne ?

Valérie Pécresse, Laurent Wauquiez, Edouard Philippe, Emmanuel Macron : HEC, Normale Sup, ENA.

Ces écoles font partie de nos meilleures, paraît-il.

Or, les zozos que je viens de vous citer sont des nullités intellectuelles : d’un conformisme à pleurer, même leurs audaces sont convenues. Ils pensent ce que tout le monde pense dans leur milieu.

Zéro imagination, zéro humanité, zéro richesse intellectuelle, zéro sensibilité, zéro courage, on a l’impression qu’ils n’ont rien lu, rien vu, rien vécu, rien appris depuis des décennies, qu’ils sont restés bloqués à ce qu’ils savaient en sortant de leur école.

Je travaille pour une conférence sur Churchill et De Gaulle, la comparaison est un peu rude, mais tout de même : il y a plus d’intelligence dans l’ongle du petit doigt d’un des deux monstres que dans tous ces technocrates mis en tas.

Certes, pour réussir à un concours en France, il faut être conformiste à donf. Grand moment de démagogie et de malhonnêteté, à vomir, de la présidente du jury de l’ENA : elle se plaint du conformisme des candidats. Mais, soyez bien assurés que, si un candidat original se présentait, il n’aurait aucune chance d’entrer.

Peut-être que le plus important est avant la grande école : Ginette, Janson-de-Sailly, Louis-le-grand, Henri IV, La Providence (1) … Des bons petits bourgeois qui ne sont jamais sortis de la bourgeoisie, dans ce qu’elle a de plus étroit (il y a aussi des bourgeois curieux, avides de connaissances, mais ce ne sont pas les mêmes), passés par des boites à bachotage qui ont stérilisé en eux toute fantaisie et toute affectivité (n’oublions pas que les années lycée et prépas sont celles où on apprend la vie sentimentale et si on rate cet apprentissage, il manque toute la vie. Pendant que les autres draguaient, eux pougnaient. L’exemple le plus pathologique est évidemment E. Macron dont le développement affectif est figé à 15 ans pour les raisons que l’on sait (1)), pétrifiés dans leurs certitudes du berceau à la mort. On se retrouve avec des sociopathes, des handicapés de la vie, des abrutis des dossiers sans recul, dont le meilleur exemple est leur ainé à tous, Alain Juppé.

Eric Delbecque dit ça d’une manière rigolote : « Mettre à la tête de l’Etat ces carencés en tout,  qui sont allés à l’école jusqu’à ce qu’elle ferme, c’est comme donner un flingue à un enfant de cinq ans en lui disant ’Fais toi plaisir’ ».

Et la question qui me turlupine. Puisque ces élites sont frelatées, où sont les vraies ?

Charles Gave  fait la même critique et tresse des louanges à l'Université. Je ne connais pas bien, mais pour le peu que j'en sais, il ne me semble pas qu'il y ait là une alternative.

*****************
(1) : un ami ayant ses enfants à Stanislas m'a dit des jésuites : « Ils apprennent à mes enfants à devenir des fayots ».

(2) : sauter sa prof, ça aurait du être un exploit dont il se serait légitimement vanté auprès de ses copains et rien de plus. Pas un truc qui dure.

dimanche, février 03, 2019

La France politique dans les choux

Acte XII des Gilets jaunes : le Grand Débat ne parvient pas à réduire la fracture entredeux France

L’article de Boutin nous explique à quel point Macron est une impasse.

A ce sujet, je suis vraiment très très très curieux des explications des imbéciles qui disent avoir voté Macron pour éviter Le Pen.

En quoi une Le Pen de cohabitation (elle n’aurait jamais eu une majorité parlementaire) aurait été pire que le Macron que nous avons aujourd’hui (qui était prévisible et prévu - je rappelle que Hollande avait dit « Macron, c’est moi en mieux », c’est-à-dire en pire, et Valls « Il n’a aucun frein intérieur ») ?

Je ramasse les copies dans 2h. Je me marre déjà rien que d’y penser. (Bien sûr, dans un but pédagogique : je crois, naïf que je suis, que les gens sont capables d’apprendre de leurs erreurs. Je me demande si je ne fais pas moi-même une erreur répétée sur ce point).

Signaux d’activité limitée ? Petit scanner cérébral de la droite française

Et Husson nous explique que ceux qui ont vocation à porter l’opposition sont dans les choux.

Pour une raison que j'ignore, j'ai toujours été complètement insensible à la fascination française des diplômes. Le lamentable naufrage du normalien Wauquiez (comme avant lui le normalien Juppé) suffirait à lui seul à lever mes derniers doutes (si toutefois j'en avais).

D’un coté, un pouvoir dans l’impasse, qui dérive franchement autoritaire, voire tyrannique (l’interview de Macron est hallucinante, pire que ce qu’en rapporte Boutin). De l’autre, une pseudo-opposition de gouvernement qui est d’accord avec le pouvoir sur les choix essentiels.

Bref, en France, tout va plus que bien. Encore plus ça serait vraiment trop.

Nous sommes au rouet, comme disait Montaigne.

Heureusement, il n'y a pas que la politique dans la vie. Mais personne ne peut s'en abstraire complètement : aucun homme n'est une île.

Addendum :


Heureusement, on a évité la Marine


lundi, mars 05, 2018

Gastronomie : l'hypocrisie française

La cuisine familiale en France: panne de transmission ! Familles explosées, enfants scotchés devant la télé et femmes libérées ont envoyé la cuisine ménagère dans l'enfer du ringard.

Toutes ces histoires de gastronomie française sont d’une grande hypocrisie : nous sommes le premier client de MacDO hors USA. D’ailleurs, il suffit de regarder manger des jeunes ... et des moins jeunes.

*****************
À partir des années 1960, raconte toujours Drouard, la femme au foyer est ringardisée. La femme libérée ne veut plus entendre parler de casseroles ni de blanquette de veau. Mais cette ère nouvelle n’interdit pas de montrer des seins pour vendre une marque de voiture, de café ou de parfum. En revanche, montrer une femme en train de nourrir sa petite famille est pétainiste.

Par delà les jugements moraux, il est certain que la cuisine, comme n’importe quel art, s’apprend et requiert des connaissances. Or, une conspiration de tartuffes a fait croire le contraire aux Français, désormais convaincus d’être, presque par essence, de fins gastronomes et des cuisiniers géniaux. Comme la cuisine n’est plus enseignée, sa pratique quotidienne a logiquement disparu au profit de la malbouffe industrielle. « Au fond, ce qui a remplacé l’enseignement de la cuisine ménagère, nous dit Alain Drouard, c’est la pub, devenue la source de toutes les connaissances des Français sur la nourriture. »

Pour empêcher la perte de notre incroyable patrimoine et retrouver ce que les magazines de luxe appellent « l’art de vivre à la française », un seul mot d’ordre : tous en cuisine ! Hommes et femmes, sans distinction ! Il faut moins de temps pour préparer un petit plat que pour lire ses mails ou regarder le journal de France 3 à 19 h 30. C’est un choix. Il suffit de cinq minutes pour préparer une bonne salade, de dix pour cuisiner une omelette aux herbes et aux champignons, et de trente pour un risotto, une soupe ou une purée. On se retrouve en cuisine, on se raconte sa journée en épluchant les légumes et en sirotant un verre de vin. Ensuite on passe à table. Ensemble.
*****************











vendredi, novembre 03, 2017

Syndrome de la France folle : marche blanche pour Alexia

Mort d'Alexia Daval : une marche blanche organisée dimanche

On leur assassine leur fille, leur épouse, et ils organisent une marche blanche ? Encore cinq minutes et ils ajouteront « Vous n'aurez pas ma haine » ? Ils font pitié et, en même temps, ils suscitent une grande colère.

Ce phénomène des marches blanches comme manifestions d'impuissance et d'apathie a été analysé dès son apparition, au moment de l'affaire Dutroux. Cela n'a cessé de s'aggraver.

J'ai envie de leur dire : « Marcher ? C'est tout ce que vous leur faites, aux assassins ? ».

Pour notre pays, c'est, au sens le plus fort, dramatique. Des gens qui se contentent de marcher quand on assassine leur fille, que ferait-il si le pays était envahi (d'ailleurs, il l'est) ? Réponse facile : rien.

dimanche, octobre 08, 2017

Veulerie française et terrorisme musulman : le cri de colère de Maxime Tandonnet

Mauranne et Laura

***********
Je pense qu’un pays qui au fond s’accommode d’un crime aussi immonde, sa classe dirigeante, son milieu politique et médiatique, tout compris, de l’extrême droite à l’extrême gauche, ses élites intellectuelles, administratives, journalistiques, qui le regardent comme une sorte de fait banalisé, comme le résultat d’une fatalité, et finalement, noyé dans l’indifférence, un pays qui s’habitue sur son sol à un degré de barbarie atteignant le niveau les pires barbaries de l’histoire de l’humanité, le meurtre sanguinaire de deux jeunes filles, est un pays qui est en train de crever.
***********



dimanche, février 26, 2017

Elections : les Français sont capables du pire

Un collègue à qui je disais que les Français ne seraient pas assez bêtes pour élire Macron, que tout de même le Brexit et Trump permettaient de garder espoir en la démocratie, m'a fait remarquer que les Français ont élu Mitterrand (quand les Britanniques et les Américains élisaient Thatcher et Reagan), réélu Mitterrand, élu et réélu Chirac, élu Hollande ...

Il y a de simples constats qui sont déprimants.

samedi, février 18, 2017

François Bousquet : « Rarement, l’offre politique aura aussi peu coïncidé avec la demande du corps électoral. »

François Bousquet : « Rarement, l’offre politique aura aussi peu coïncidé avec la demande du corps électoral. »

Je trouve cet entretien intéressant.

La conclusion que j'en tire ? La situation est de plus en plus instable. Nous allons vers le temps des surprises, pas forcément bonnes.

Il faut, d'autant plus, ne pas oublier les chocs extérieurs.







vendredi, février 17, 2017

La France tel qu'elle va (mal)

Montpellier : bagarres géantes pour jeunes désœuvrés

Voilà : cinquante ans d'esprit soixante-huitard et nous revenons au temps de Casque d'Or. Sauf que Manda et Leca ont fini à Cayenne.



dimanche, février 12, 2017

Pendant que les médias nous emmerdent avec Théo-la-matraque, n'oublions pas le malheureux M. Gaudin


*************
Le barman de l'Assemblée agressé à Paris est toujours dans le coma

 Par Ludwig Gallet avec AFP., publié dans L'Express le 08/02/2017 à 18:39 , mis à jour à 19:06

Un barman de l'Assemblée nationale a été violemment agressé en fin de semaine dernière à Paris alors qu'il portait secours à deux femmes âgées elles-mêmes prises à partie. 

L'Assemblée nationale a rendu hommage ce mercredi à Jean-Michel Gaudin, chef de rang à la buvette de l'hémicycle. Il aurait été violemment agressé en fin de semain dernière alors qu'il portait secours à deux femmes âgées elles-même agressées.

A l'Assemblée nationale, l'émotion est vive. Les députés ont rendu hommage mercredi à un agent de l'institution très grièvement blessé après une agression vendredi d'"une brutalité effrayante", selon les mots de son président, Claude Bartolone, dans l'hémicycle. Agé de 53 ans, ce grand-père originaire de l'Aveyron travaillait en temps que chef de rang à la buvette de l'hémicycle, rapporte notamment Centre Presse ce mercredi.  

A L'Express, une source judiciaire précise que la victime de l'agression se trouve toujours dans le coma. Une enquête a été confiée à la police judiciaire. Pour l'heure, aucun individu n'a été interpellé. 

"Vendredi dernier, un agent de notre Assemblée, Jean-Michel Gaudin, chef de rang à la buvette parlementaire, a été sauvagement attaqué dans le quartier de la Bastille, alors qu'il portait secours avec un grand courage à deux personnes âgées agressées par quatre individus", a annoncé le président de l'Assemblée nationale à l'ouverture de la séance des questions au gouvernement. 

"Il a été roué de coups »

"Il a été roué de coups avec une brutalité effrayante. Très gravement blessé, il demeure aujourd'hui dans un état critique, son pronostic vital est engagé", a-t-il indiqué. "Je voudrais dire notre émotion, notre révolte face à une telle sauvagerie et notre soutien dans cette terrible épreuve", a ajouté le président de l'Assemblée au nom des députés, qui se sont levés pour applaudir. La photo de Jean-Michel Gaudin a été projetée sur les écrans dans l'hémicycle. 
*************

Dommage. En plus, il avait un boulot de rêve.

Les députés lui ont rendu hommage, c'est bien. Mais ont-ils réfléchi à leurs responsabilités dans ce fait divers (immigration, politique pénale, etc?) ?

mardi, février 07, 2017

France : classe jacassante au volant, mort au tournant

Je suis vert de rage. Comme en 1981, la France s'apprête à rater un tournant de l'histoire.

Quel que soit l'élu en mai, il est plus que probable que la France ratera le tournant de la démondialisation (mouvement commencé par le Brexit et par Trump ou plutôt, révélé, car le commerce international diminue depuis 2008).

Examinons les candidats :

> Le Pen : si elle est élue le pays est ingouvernable faute de majorité parlementaire.

> Macron : s'il est élu, ce sera grâce à une magouille de Hollande (la grande manipulation) passible de la Haute Cour de Justice, si on respectait l'esprit de la loi plutôt que sa lettre. Macron est mondialisateur et multiculturaliste. Avec lui, la France au bord du gouffre fera un grand pas en avant.

> Fillon : « l'affaire Fillon » n'a aucune importance. Il faut une grande dose de mauvaise foi, de courte vue et manque de sens des proportions pour la traiter sur le mode hystérique en vogue (un député utilise son enveloppe parlementaire à sa convenance, la belle affaire !). En revanche, les réactions de François Fillon révèlent qu'il n'est ni un stratège ni un guerrier et qu'il n'a sans doute les bonnes conceptions politiques.

> Mélanchon, Hamon : est-ce nécessaire d'épiloguer ?

Bref, ça va mal.




samedi, février 04, 2017

France : un naufrage politique

La France est un échec institutionnel.

On peut tourner le problème dans tous les sens, la France politique ne fonctionne pas. Comptez le nombre de régimes que nous avons eu en trois cents ans par rapport à nos voisins, sans parler des Etats-Unis. Cet aspect des choses n’a pas que des inconvénients : selon Alain Besançon, ce malaise de la politique française a incité à s’investir dans l’art et dans le mode de vie français des talents qui, dans un autre pays, se seraient investis dans la politique.

Nous vivons aujourd’hui une de ces crises politiques hélas si fréquentes dans notre histoire.

Alors que les Anglais ont voté le Brexit et les Américains Trump (on en pense ce qu’on en veut mais ce sont de vrais choix politiques), les Français sont en train de se faire voler l’élection présidentielle.

Hollande, les juges, les journalistes et les franc-maçons vont peut-être parvenir à nous imposer, avec la complicité involontaire de la droite la plus bête du monde (1), un Hollande-bis, Macron, dont la majorité des Français ne veulent pas (s'il est élu, ce sera avec quelque chose comme 10% des Français en âge de voter). 

Mes fidèle lecteurs connaissent mon angoisse du destin argentin de la France.

Je suis très inquiet du remplacement du débat politique par une course de couillons à la vertu et à la transparence. Ainsi, l'élection la plus importante de nos institutions pourrait se solder par un choix par défaut lors d'une campagne qui n'aura donné à lieu à aucune confrontation de politiques :

Le « PenelopeGate » ou la défaite du politique

Jean-Pierre Le Goff : « Le nouvel air du temps est sentimental, victimaire et moraliste »

Et pour que le désastre soit complet, le candidat d'un des principaux partis se révèle un incapable. L'inaptitude crasse de François Fillon à réagir correctement à l'affaire Pénélope me dérange beaucoup plus que l'affaire elle-même.

A l'amateurisme brouillon, voilà qu'il ajoute la veulerie, en critiquant le décret immigration de Trump (alors que les trois quarts de ses électeurs en rêvent) et en concédant qu'il pourrait prendre Macron comme ministre (alors pourquoi ne pas voter directement pour Macron ?).

Dans tous ses malheurs, cette affaire lui donnait l'occasion de faire taire ses critiques en prouvant qu'il était un chef et un guerrier. Au contraire, il prouve que ses critiques ont raison : c'est un second couteau, plus résigné que tenace.

La France est au rouet.



****************
(1) : ces abrutis là, au lieu de serrer les rangs autour de Fillon parce qu’ils n’ont plus le temps d’en choisir un autre, se dispersent et attirent les crocodiles par l’odeur du sang. Il y en a qui évoquent Gérard Larcher comme remplaçant. Gérard Larcher ! Le gros con du Sénat, inconnu des Français. Faut-il qu’ils soient atteints !

Bon, on connaît le problème de la droite française : ils ne savent dans quoi ils croient, d’ailleurs ils ne croient en rien. Cela ne facilite pas la stratégie et les bonnes décisions.



mercredi, février 01, 2017

Plus que jamais, qui veut faire l'ange fait la bête

Je n'aime pas le moralisme qui envahit la politique depuis vingt ans. C'est une hypocrisie et une trahison de la démocratie : pendant qu'on discute si Untel est méchant ou gentil, honnête ou malhonnête, on ne parle pas de politique et on suit toujours la même.

Oui, je préférerais des politiciens honnêtes, mais ce n'est pas ma priorité. Je préférerais surtout des politiciens qui font une bonne politique.

Petit précis de philosophie pour l’électeur Républicain qui se demanderait si on peut voter pour un candidat “failli"

Les épurateurs ne sont jamais dénués d'arrière-pensées. Il est clair que François Fillon s'est fait avoir par des ennemis plus habiles que lui. Que le public s'y laisse prendre prouve juste sa bêtise, ou ses arrière-pensées (le public a bien le droit d'avoir des arrière-pensées lui aussi).

Affaire Fillon: « Il faut séparer le temps de la campagne et le temps de la justice »

Le lynchage médiatique ou la post-démocratie.

En tout cas, si Hollande réussit à imposer Macron en éliminant Fillon avec l'aide des juges et des journalopes (1) (car c'est bien de cela qu'il s'agit), il aura réussi un coup de maître de la magouille (2). Il est incapable de grandes choses, il ne les envisage même pas. En revanche, dans les petites, il excelle. C'est un grand de la petitesse. Je n'ai pas de preuves mais c'est mon intime conviction.



Cette manoeuvre sordide est absolument dégueulasse, ignoble. Pas pour François Fillon, pour la France. Fillon, je m'en fous, pas de la France. Cela pourrit encore plus notre démocratie déjà bien malade. C'est hélas digne de l'enfoiré que nous avons élu en 2012. Les manoeuvres d'appareil, les coups de poignards (dans le dos, de préférence), les peaux de banane, il connaît. Gouverner, il ne sait pas, mais empêcher un autre de gouverner, il sait faire.

De toute façon, Hollande a déjà gagné : si Fillon persiste et est élu, il n'y aura pas d'état de grâce, il sera grillé d'entrée. S'il laisse la place, cet autre perdra face à Macron (pas le temps de faire monter une campagne en puissance).

François Fillon a été et reste mauvais comme un cochon dans cette affaire, j'en ai déjà parlé (3). Stéphane Montabert sur ses erreurs de communication :

L'ambition de François Fillon coulée par sa carrière

La seule question à se poser n'est pas « François Fillon est-il honnête ? » mais « La politique de François Fillon est-elle bonne pour la France et pourra-t-il la mettre en oeuvre ? ». Je laisse chacun répondre.

François Fillon, l'homme à faire taire


Pendant que la France politique coule, Trump avance. Les difficultés qu'il rencontre, pour un décret temporaire à propos de sept pays dont tout le monde se fout, montrent assez que cela ne sera pas une partie de plaisir quand il faudra faire la même chose en France. Mais Trump aura créé un précédent. Puissions nous un jour avoir l'intelligence de le suivre.

************
(1) : Hugues Serraf :

François Fillon a beau crier au complot, il n'a que ce qu'il mérite et Le Canard est parfaitement dans son rôle en publiant les documents et informations qui lui parviennent.

Pour autant, le journalisme d'investigation à la française est essentiellement un "journalisme de boîte aux lettres" et l'on ne peut pas ne pas s'intéresser, dans un contexte démocratique, parce que cette histoire affecte directement l'élection présidentielle, aux circonstances et au timing des révélations. De fait, une presse véritablement indépendante ne saurait se contenter d'être instrumentalisée par telle ou telle faction et considérer que le boulot est fait...

Dans la plupart des grandes affaires, lorsqu'un dossier compromettant se retrouve sur le bureau d'un journaliste, c'est que quelqu'un, quelque part, a choisi de le lui faire parvenir. Que quelqu'un, quelque part, a sélectionné une date, un média et même une plume spécifique comme outils d'une campagne de communication dont personne n'a vraiment idée du but ultime.

On imagine mal, évidemment, Le Canard se tirer une balle dans la palme en livrant lui-même le nom de ses sources. L'enquête qui devrait suivre chez les confrères, toutefois, c'est celle qui nous dirait qui est à la manœuvre et pourquoi.

(2) : l'hypothèse Dati est un leurre (mettre en place un leurre prouve l'habileté du cabinet noir de l'Elysée, dirigé par Stéphane Le Foll). Rachida n'a absolument pas les moyens d'avoir accès aux feuilles de paye de la Revue des deux mondes et de l'assemblée nationale. Ce genre de moyens ne se trouve qu'au sommet de l'Etat.

(3) : erreur stratégique : ne pas désamorcer ces affaires il y a un an ou deux. Manque de courage et d'anticipation (et de paranoïa). Pas brillant pour un vieux routier.

Erreur tactique : communication nulle. Il aurait du contre-attaquer dans l'heure (je le dis au sens littéral) en vitrifiant le paysage, en donnant des noms de ceux qui font ou faisaient comme lui et en attaquant les journalistes et Hollande.







mardi, janvier 31, 2017

Macron : le changement, c’est maintenant (enfin … presque)

Un type qui vient de la gauche sociétale, européiste, technocrate, capitaliste de connivence, qui propose de tout changer mais dont tous les non-imbéciles comprennent très vite qu’il sera élu pour surtout ne toucher à rien, ça ne vous rappelle personne (personne, c’est le cas de le dire) ?

Mais oui ! Mais c’est bien sûr ! Mou-Président !

Macron est un Hollande en plus sexy et il n’a pas besoin de régime amaigrissant. A part ça, je ne vois pas ce qui le différencie de François Hollande. Je suis même prêt à parier qu’il a un scooter.

Voici ce qu’en dit Atlantico (je souligne) :

************
Eric Verhaghe : Certes, [Macron] chasse majoritairement sur les terres du centre, qu'il s'agisse du centre droit ou du centre gauche. Il chasse surtout sur les terres de l'élite, inquiète des grands nettoyages qui ont commencé ces dernières semaines. Les évictions de Juppé, de Sarkozy, de Hollande, sont un signe qui ne trompe pas. Il indique la fin d'un cycle politique et la tendance au renouvellement en profondeur qui se manifeste. Pour tous les hiérarques qui sont en place et qui craignent pour leur avenir, la candidature Macron est une aubaine. Elle leur demande peu de ralliement idéologique, peu d'engagement moral, et elle leur offre une espérance (trompeuse selon moi, mais comme une bouée de sauvetage). Que demander de plus ?

Thomas Porcher : Se prétendre « hors système » est devenu une mode. Je pense que personne n’est dupe. Quelqu’un qui a fait l’ENA, a été haut-fonctionnaire, puis banquier tout en conservant sa place de fonctionnaire, conseiller à l’Elysée et ministre de l’économie sans être élu n’a rien d’un « anti-système ». Emmanuel Macron est entrée en politique par la grande porte, il n’a jamais distribué des tracts sur un marché. Il fait partie de ces élites qui se reconnaissent entre eux, s’entraident, prétendent savoir ce qui est bon pour les français sans pour autant en connaître le quotidien.

Eric Verhaeghe : L'affirmation du hors système est évidemment une forfanterie, entre le comique de situation et le produit marketing. Macron est en lui-même l'incarnation du système et l'incarnation de tout ce que le système aime. Il est bien élevé, et le fait que Bergé se positionne parfaitement derrière lui n'ajoute qu'à cette incarnation d'une sorte d'idéal aristocratique. Il a tout pour plaire et il correspond à tous les stéréotypes de la classe dominante. Dans ces conditions, il ne peut faire illusion que dans les milieux bobos ou aisés, qui s'imaginent être antisystèmes parce qu'ils fument des joints ou détestent Donald Trump. En réalité, les "petites gens" qui détestent le système ne se reconnaîtront jamais dans les amis de Pierre Bergé. Ils préfèreront toujours le Front National. De ce point de vue, l'analyse très parisienne d'une émergence de Macron comme alternative me paraît fausse. Cette imposture devrait d'ailleurs éclater à mesure que les ralliements du Parti Socialiste s'accumuleront. Il sera de plus en plus difficile pour Macron de cacher qu'il est un homme du système, porté par le système.
************

Les Français n’ont, en majorité, pas vraiment envie d’élire un hollande bis.

Bref, si la fausse droite osait pour une fois être de droite et se montrait agressive avec Macron, elle aurait un boulevard. Mais, comme elle n’a pas de couilles et pas de projet authentiquement alternatif (pas d’arrêt de l’immigration, pas d’éclatement de l’Euro, pas de démantèlement de la Sécu, pas d’emprisonnement de la technocratie), elle est bien foutue de perdre cette élection imperdable.

Je reconnais une qualité à Macron : il a eu l'intelligence d'éviter les primaires, intelligence que ni Valls ni Sarkozy n'ont eu.

Éric Zemmour : "Emmanuel Macron donne l'asile politique à tous les perdants de la primaire"

L’honnêteté m’oblige à dire que je me suis fait pipi dessus en entendant ça.

C’est ce que je dis depuis le début : ces primaires n’ont aucune légitimité, les élections présidentielles françaises sont à deux tours, pas à six. Ces primaires ne peuvent amener que des conneries.

Enfin, à quelque chose malheur est bon : tous les couillons qui ont voté aux primaires ont contribué à renflouer l’UMP et le PS. C’est-y pas beau ?