Affichage des articles dont le libellé est France d'avant. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est France d'avant. Afficher tous les articles

vendredi, avril 23, 2021

La liberté souffre violence (E. de Miribel)

 Elisabeth de Miribel est de ces caractères en acier trempé qui manquent tant à la jeunesse française d'aujourd'hui (je peux aussi citer, au hasard, Brigitte Friang ou Jeanne Bohec).

Elle est connue pour avoir dactylographié l'Appel du 18 juin, mais elle vaut mieux que ça.

Issue d'une famille de militaires, descendante directe de Mac Mahon, à 22 ans (née en 1915), elle part en Suisse s'occuper d'enfants handicapés mentaux après que sa famille lui eut expliqué qu'une jeune fille de bonne famille ne fait pas ces choses là (les Résistants de 1940 sont souvent des rebelles dans l'âme).

Elle randonne et varappe en Autriche et découvre les joies du nazisme.

Comme elle demande à faire oeuvre utile en 1939, on l'envoie à la mission française de Londres et c'est naturellement, alors que tous les autres commencent à se débiner, qu'elle se retrouve à taper l'Appel.

A 27 ans, elle  est nommée représentante de la France Libre au Québec, très pétainiste. Elle reçoit une lettre de reproches de sa mère (une jeune fille de bonne famille, etc). Elle fait quelques tournées de propagande aux Etats-Unis.

C'est trop calme, elle demande à être envoyée comme correspondante de guerre en Italie. Puis à suivre Leclerc. Qui lui répond qu'il ne veut pas s'encombrer de journalistes et encore moins de femmes, mais que, si elle arrive à le rejoindre, il la gardera. Qu'à cela ne tienne, elle saute dans le bureau de de Gaulle et en ressort avec une lettre de recommandation, puis c'est la course poursuite dans la France en guerre qui lui permet d'arriver juste à temps pour la libération de Paris. Elle assiste à la bataille de la Croix de Berny, de Fresnes et d'Antony.

Dans Paris en folie, elle a un accident de voiture avec un convoi de la garde républicaine. Ce qui lui vaudra par la suite de toujours connaître au moins un garde républicain lors des réceptions officielles !

Elle est ami avec Malraux, à qui elle en bouche un coin. De Gaulle la tenait en haute estime, ce qui est suffisamment rare pour être signalé.

En 1949, elle entre au Carmel. Elle en ressort en 1954, officiellement pour raisons de santé. En réalité, elle s'est trouvée sous la coupe d'une prieure manquant singulièrement de finesse, qui l'a épuisée, au physique et au moral.

Elle reprend son poste au ministère des affaires étrangères.

L'administration du Quai d'Orsay mettra 17 ans à reconnaître ses services pendant la guerre (les bureaucrates attentistes et pétainistes se vengent des gaullistes). C'est bien entendu le retour au pouvoir de de Gaulle qui débloquera la situation : les bureaucrates sont mesquins et méchants, mais pas très courageux.

Elle finit sa vie en écrivant quelques livres.

samedi, janvier 09, 2021

Le Beaujolais nouveau est arrivé (R. Fallet)

René Fallet de 1975. Fallet, toujours un bonheur de finesse, de tendresse et d'humour.

Quatre preux chevaliers de la chopine :

> Captain Beaujol. Ancien sergent-chef de la coloniale, à l'intendance. Il n'a jamais vu l'ombre d'un « niakoué » ni d'un « bique ». Sa terreur secrète est l'irruption d'un ancien de son régiment qui dévoilerait la potée de roses à ses compagnons d'hydratation, qui vibrent au récit, tout en pudeur, de ses exploits guerriers. Connu pour son goût des nectars de la côte mâconnaise.

> Adrien Camadule. Retraité, pêcheur et brocanteur à ses heures. Philosophe de comptoir.

> Poulouc. Jeune très prometteur. A vingt ans, il a déjà compris que le travail est une sale maladie qu'il faut éviter comme la peste. Officiant comme promeneur de chiens, il drogue la pâtée de ses ouailles afin de passer la journée au bistro.

Sa mère est la maitresse sado-maso de quelques notables du quartier, dont le curé. Ce hobby original et rémunérateur fournit matière à moults propos hautement éthylo-métaphysiques.

> Paul Debedeux. Cadre moyen dans une entreprise moyenne (Bang Bang Aéronautique), de plus en plus fatigué par son épouse moyenne et par sa maîtresse moyenne, il se réfugie au bistro avec ses copains.

La crise existentielle de Debedeux a été déclenchée lorsque son patron lui a demandé poliment des nouvelles de son épouse et qu'il a lâché, par trop-plein, « Elle m'emmerde » (le néo-féminisme et le combat intersectionnel, ce n'est pas trop le truc de Fallet).

Le lieu de rendez-vous de cette fière chevalerie vineuse, le temple de la boisson revigorante, le fort Vauban du jus de la treille, c'est Le Café du Pauvre (humour bien de Fallet).

Je ne vais pas tout vous raconter. René Fallet, ça se lit. On le trouverait en livre de poche pour trois francs six sous si on ne comptait pas dans les inflationnistes euros.

Je vous retranscris les ultimes phrases du livre, qui ne dévoilent pas les aventures de nos quatre héros et montrent qu'une fois de plus, Fallet est visionnaire :

A l'emplacement du scandaleux Café du Pauvre, la municipalité aménagea un espace vert.

De grands écriteaux signalaient aux habitants des nouvelles résidences qu'il était interdit de marcher sur les pelouses et, plus encore, de piétiner les plates-bandes.


mercredi, juin 24, 2020

Décès de Marc Fumaroli

Il a bien mérité de la littérature française.

jeudi, juin 18, 2020

18 juin

Le 18 juin, c'est :

1429, Patay : une des plus grandes victoires de l'histoire de France.

1815, Waterloo : une des plus grandes défaites.

1940, l'appel de qui vous savez.

On va peut-être me prendre pour un aventurier, et pourtant je ne suis pas un aventurier… On dira que je suis un rebelle parce que je n’obéis pas aux ordres. Mais ce sont eux, les rebelles qui n’obéissent pas au devoir le plus sacré : défendre son pays jusqu’à la dernière chance auprès de son dernier Allié… Ils vont me condamner, me condamner à mort, peut-être… Eh bien ! Tant pis… Jusqu’ici les généraux condamnaient à mort les simples soldats qui abandonnaient le champ de bataille… Cette fois, ils condamneront un général qui n’a pas voulu le quitter. 




vendredi, mai 29, 2020

Boudard plutôt qu'Audiard ? Vas-y Fonfonse !

Je préfère largement Alphonse Boudard à Michel Audiard, dont nous fêtons le centenaire.
Ils ont des parcours similaires : l'un né en 1925 et élevé (faut le dire vite) dans le 13ème, ouvrier typographe. L'autre est né en 1920 et élevé dans le 14ème, livreur de journaux. Tous deux plus ou moins abandonnés par leurs parents (on remarquera que l'école de l'époque donnait tout de même aux mauvais élèves quelques bases qui manquent bien maintenant).

Mais l'un est, à mes yeux, beaucoup plus attachant que l'autre.

Boudard a un caractère entier, tandis qu'Audiard est louvoyant. L'un est un authentique Résistant, blessé et médaillé de guerre, même s'il nous expliquera ensuite que c'est un pur hasard (on est libre de ne pas tout à fait le croire). L'autre est un trafiquant de marché noir vaguement collabo (et anti-gaulliste toute sa vie) qui fait passer de pauvres chats de gouttière pour du lapin.

L'un est un authentique truand alors que l'autre se donne juste l'air canaille.

Et puis, surtout, l'un est un écrivain tandis que l'autre est un dialoguiste de cinéma, certes de grand talent.

Bref, vous l'avez compris, je préfère Boudard à Audiard.

Je relis Les vacances de la vie.

Je vous encourage très vivement à lire Boudard : on trouve la liste de ses oeuvres sur Wikipedia (conseil : La fermeture, L'étrange M. Joseph, La cerise ...). Très faciles d'accès d'occasion.


vendredi, avril 10, 2020

Je bois donc je suis (R. Scruton)

J'aimais beaucoup Roger Scruton, décédé en janvier. Son dernier article, quelques jours avant sa mort (My 2019), sur la nécessité d'exprimer sa reconnaissance, est d'une élégance typique.

J'ai coutume de dire, pour faire comprendre aux Français, que c'est un Finfkielkraut intelligent et compréhensible.

En 68, il était, contrairement à Finkielkraut, du bon coté des barricades : étudiant anglais en France, il a été immédiatement révulsé par cette révolte d'enfants gâtés, il a compris, comme Pasolini, que des enfants de bourgeois jetaient des pavés sur des prolétaires.

Comme écrivain conservateur, il défendait la beauté (par exemple, contre les éoliennes). C'était aussi un défenseur de la chasse à courre, qu'il pratiquait assidument.

Ce n'était pas un rebelle de pacotille, il s'est rendu plusieurs fois clandestinement de l'autre coté du rideau de fer pour aider des dissidents tchèques.

Venons en au livre de ce jour : deux parties, « Je bois », sur le vin,  « Je suis », plus philosophique et, franchement, sans intérêt, le livre m'est tombé des mains.

En revanche, la première partie, « Je bois », justifie l'achat de cet opuscule.

Scruton connaît remarquablement les vins français. Il aime plus la France que notre actuel gouvernement.

Dans l'éternel débat qui oppose les « terroiristes » (ceux qui croient que le caractère d'un vin est fait par le terroir) et les « viticultistes » (ceux qui croient que le caractère d'un vin est fait par le viticulteur, le cépage et la technique), il est résolument terroiriste, au point qu'il a toujours refusé de mettre les pieds en Bourgogne, pour ne pas confronter l'image qu'il s'en était fait à travers ses vins avec la réalité.

J'étais plutôt viticultiste : le débat parlementaire d'il y a un siècle sur les appellations d'origine entre partisans du terroir (les vignerons) et partisans du cépage (les négociants) a été tranché par des arguments électoraux. Les vignerons étaient plus nombreux que les négociants.

Mais Scruton a des arguments convaincants, d'ordre spirituel : le vin, c'est la terre et le soleil, donc le terroir, et si certains s'égarent à les négliger, c'est circonstanciel, pas fondamental.

Il a une philosophie vineuse qui me plaît : il préfère les seconds. Il trouve que les vins les plus réputés sont devenus l'objet d'intolérables spéculations. Pour lui, Les seconds sont presque aussi bons et beaucoup moins chers, il traque les parcelles voisines des grandes appellations.

Le Chateau Yquem est un vin de snobs sans intérêt. Le seul terroir français dont il ne parle pas est la Champagne.

Ses conseils tombent quelquefois à coté de la plaque : un domaine racheté par Bernard Arnault à 360 € la bouteille, mais il donne pas mal d'idées entre 15 et 30 € la bouteille, ce qui est tout à fait raisonnable.

Très anglais, Scruton associe le roquefort au Sauternes. L'association du roquefort et du cognac est classique : ce sont deux goûts boisés qui se marient bien. Pour le Sauternes-roquefort, j'avais un doute, j'ai essayé. Ca passe bien, c'est comme mettre de la confiture avec le fromage, qui est justement une pratique anglaise.

Il me manque déjà , le père Roger.



lundi, février 17, 2020

Décès de Michel Ragon

J’ai bien aimé Le marin des Sables (sur les pirates partis de Vendée), La mémoire des vaincus (sur les anarchistes) et Les mouchoirs rouges de Cholet (sur les chouans).

Il était anarchiste et ne supportait pas les communistes, qu’il appelait (on se demande bien pourquoi, n’est-ce pas ?) « les fusilleurs ». Cela le faisait rire jaune (mais il n’était pas surpris) que les petits bourgeois de merde style Besancenot se réclament de Trotsky, encore plus sanguinaire (si c’est possible) que Staline.

C’était un des très rares intellectuels contemporains pour qui « ouvrier » et « paysan » n’étaient pas des gros mots. J’aurais bien aimé savoir ce qu’il a pensé des Gilets Jaunes mais je m’en doute : à peu près le contraire de mes chers amis parisiens, de Mélenchon et de Martinez (marrant qu’ils se retrouvent dans le même camp. D’un autre coté, c’est logique. Ils ont en commun d'être des bourgeois matérialistes et égoïstes) qui les ont traités de « fascistes », « d’analphabètes », « à tirer dans le tas » et « qui m’empêchent de faire mes courses de Noël avec mes filles » .

Entre Vendéens, Michel Ragon s’était trouvé des convergences avec Philippe de Villiers.

C’est un parcours absolument inimaginable dans le naufrage scolaire actuel.





Je ne pense pas que cette video de Patrick Buisson soit déplacée (vous remarquerez qu'elle date d'avant les Gilets Jaunes et les anticipe bien) :





dimanche, février 16, 2020

Revenons aux fondamentaux.

jeudi, décembre 26, 2019

mardi, décembre 24, 2019

Témoignages des halles de Paris en 1969

Les Halles 1

Les Halles 2

Les Halles 3

Les Halles 4

Nota : en publiant ces vidéos, je contreviens aux droits d'auteur de l'INA. C'est volontaire : ce droit d'auteur, c'est du vol, faire payer aux Français des archives qu'ils ont déjà payées dans leur redevance. Faut pas trop se foutre de la gueule du monde.


dimanche, novembre 17, 2019

La belle époque

Un couple de sexagénaires (Daniel Auteuil et Fanny Ardant) se sépare. Lui ne supporte pas notre époque. Il n'a pas de portable et le quinoa, ce n'est visiblement pas son truc. Elle fait fortune dans la psychanalyse en ligne.

Leur fils lui offre une remontée dans le temps (ça coûte une fortune) par un studio spécialisé. Il choisit de remonter au 16 mai 1974, au moment où il a rencontré son épouse dans un café. La scène est reconstituée par des acteurs avec une direction par oreillettes en temps réel.

S'en suit un jeu complexe de sentiments où il ne sait plus très bien s'il retombe amoureux de sa femme ou s'il tombe amoureux de la jeune actrice qui joue le rôle de sa femme.

Ce film est subtil et finement joué. Il est aussi poignant de nostalgie.

Cela peut paraître surprenant venant d'un gauchiste comme Nicolas Bedos, mais peut-être n'est-il pas aussi satisfait de la victoire par KO du politiquement correct qu'on pourrait le supposer. Un des personnages dit : « On défendait les immigrés, mais ils ne nous faisaient pas chier avec leur religion ».

Il arrive qu'un film dépasse son auteur, je vous ai déjà parlé de ce phénomène à propos de Bertrand Tavernier.

Toujours est-il que Bedos sait se préserver de l'excès de nostalgie et de l'excès de néophilie en faisant des allers-retours entre faux passé et vrai présent.

Vraiment, un bon film comme le cinéma français ne nous a pas donné depuis très longtemps. Un signe du ciel : Eric Zemmour et Eric Naulleau ont tous les deux beaucoup apprécié, ce qui doit être la première fois depuis qu'ils font une émission ensemble, soit une quinzaine d'années.

Les personnages sont touchants et souvent drôles. Et l'on finit tout de même par se dire que la France des R16 et des Gitanes nous manque. Plus précisément, c'est la liberté de cette époque, qui nous manque. Je suis de la décennie suivante, mais discutant avec des jeunes d'aujourd'hui, je constate à quel point ils sont habitués à être privés de liberté. Par contraste, nous sommes encore quelques uns à savoir qu'une vie plus libre est possible et à ne pas vouloir l'oublier.

Alors, allez voir La Belle époque. Juste parce que c'est bon de faire de la Mobylette sans casque.

samedi, août 03, 2019

Les zombies

Une heure à la terrasse d'un café à regarder les passants, c'est à vous dégouter : les Français sont moches.

Deux tiers d'obèses, un tiers d'anorexiques, le reste de normal. Et habillés faut voir comme. C'est le règne du bermuda, de la tong et du t-shirt sac à patates flashy. Le triomphe de la double bedaine et du triple menton. Sans parler des vieilles avec les chevaux bleus, verts, violets. Tatouées, de surcroit. Rien de plus horrible , avec la peau fripée, qu'un tatouage sur une vieille (que le tatouage, cet attribut des marins, des bagnards et des marginaux, soit devenu à la mode dit assez à quel point notre époque est paumée).

Et tout ça tire la gueule et bavasse au téléphone. Concours de mauvais goût permanent.

En plus, ça sent le vieux, le rassis, le bougon. Quasiment aucune jeune frimousse souriante.

Argh ! Un vrai musée des horreurs.

Avant, même dans la vie quotidienne, on avait une autre allure :



vendredi, août 02, 2019

Il n'y avait pas que des salauds

Pierre Péan raconte.

Début 1942, Mgr Grente, évêque du Mans, académicien, fervent maréchaliste, reçoit un de ses anciens élèves juifs. Celui-ci lui explique qu'il a besoin pour ses coreligionnaires de faux papiers, de planques, de passeurs ...

Mgr Grente convoque son vicaire : « Tout ce que ce monsieur vous demandera, vous le ferez ».

mardi, mai 07, 2019

Jean Vanier est décédé.

« L’héroïsme du fondateur de l’Arche tenait dans un simple regard »

« Jean Vanier nous a quittés, que la joie demeure ! »

Jean Vanier est un Français (1) comme on les aime : croyant sans ostentation, cultivé sans pédantisme, généreux jusqu'à l'oubli de soi, fou avec élégance.

***********
(1) : Français du Canada, c'est toujours Français.

lundi, avril 15, 2019

Un goût de cendre




Voici un SMS que j'ai envoyé, allusion évidemment à la restauration qui était en cours :



Bref, notre époque.

lundi, janvier 14, 2019

La mort en service commandé : l'anti-macronisme

Hommage à ceux qui affrontent la mort pour nous garder en vie

Le macronisme est un égoïsme, forcené même. Le président de la république est avant tout un serviteur (ce qui ne signifie pas qu'il doit être servile). Les rois de France le comprenaient parfaitement. C'est hors d'atteinte des catégories mentales d'un adolescent narcissique comme Emmanuel Macron.

Hommage donc à ceux qui sont tombés dans l'exercice du devoir.