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jeudi, novembre 14, 2019

L'enterrement de Notre Dame de Paris



Le général Georgelin est un militaire comme il y en a beaucoup parmi nos officiers supérieurs (normal, ils sont sélectionnés sur le critère de la servilité) : grande gueule envers les inférieurs, petite bite face aux puissants.

Avec son langage d'une rare élégance (tout le monde ne peut pas être le Prince de Ligne), il dit ce que beaucoup d'entre nous redoutaient dès le soir de l'incendie : le « geste architectural fort », c'est-à-dire le prurit narcissique présidentiel destructeur. On connaît le sketch par coeur, les dégâts sont connus : Beaubourg, la cour du Louvre, la place de la Bastille ...

Nous savons depuis toujours qu'il faut se battre pour sauver notre patrimoine et que les destructeurs sont principalement les vampires à la tête de l'Etat.



jeudi, juillet 18, 2019

Le massacre de Notre Dame de Paris va pouvoir commencer.

Flèche de Notre-Dame: l’idée d’un « geste architectural contemporain » pas écartée.

La loi ad hoc étant passée, le massacre macroniste de Notre Dame de Paris va pouvoir commencer.

Je n'ai aucun doute sur la question puisqu'Emmanuel Macron est l'anti-France personnalisée, le Destructeur (c'est pourquoi il n'y a jamais aucune excuse pour voter pour lui. En particulier, la droite-portefeuille qui se prétend catholique est à vomir).

Mais voici comment je verrais les choses si on me laissait faire :

1) Reconstruction à l'identique dans le dernier état avant l'incendie.

2) Chantier transformé en attraction touristique sur 10 à 15 ans.

3) Une statue avec la tête de Macron (ça ne trahirait pas la tradition).

Je ne serais pas étonné qu'on ait quelque chose comme ça, remplaçant le culte catholique parle le culte de la Nature, dans le silence complice de nos très veules évêques :




Une fois de plus, les Français seront abandonnés. Dans la caste d'en haut, la peur de passer pour ringard est si prégnante (le chantage à la ringardise gagne à tous les coups) que les partisans de la reconstruction à l'identique sont et seront très minoritaires.

Evidemment, au chantage à la ringardise, il est très facile d'opposer la modestie vis-à-vis de nos ancêtres, le respect de l'héritage reçu et le bon goût, bref, l'intelligence, mais pour cela, il faudrait être ... modeste, respectueux, connaisseur, intelligent.

Ce ne sont pas précisément les qualités de notre classe dirigeante.


samedi, mai 18, 2019

Un général pour Notre-Dame

Un général pour restaurer Notre-Dame.

Quel cinéma ! Pourquoi est-on allé cherché un général qui n'y connaît rien (ce n'est pas son métier) alors qu'il y a fouletitude d'architectes des bâtiments de France ? Pourquoi une loi spéciale ? Quel cirque là où il devrait y avoir sérénité et recueillement.

Après « un fait divers, une loi », on va avoir droit à « une catastrophe, un général ». Nous sommes dans la pure com, la manipulation émotionnelle, donner l'impression qu'on prend les choses à bras le corps, qu'il y a urgence, que, vite, vite, il faut faire quelque chose, n'importe quoi, mais quelque chose. La course du poulet sans tête.

La saine réaction : un pas en arrière. Y a-t-il urgence ? Non. Y a-t-il besoin d'un général ? Non. Une procédure d'exception se justifie-t-elle ? Non.

La vie étant ce qu'elle est, le général sans objet et la procédure d'exception sans justification risquent de provoquer plus de conneries que de miracles. Quand on fait les mauvaises choses pour de mauvaises raisons ...

La France de 2019 est un naufrage.

samedi, mai 11, 2019

La charpente de Notre-Dame de Paris : état des connaissances et réflexions diverses.

Le premier plaisir de cet article, c'est, tout simplement, d'avoir à faire à un spécialiste qui semble connaître son sujet (je me suis permis  -je sais, c'est mal- de remplacer deux ou trois mots d'universitaire abscons qui m'arrachaient les yeux, comme bio-sourcé par naturel).

On a entendu tellement de conneries ces derniers temps que cela en devenait insupportable et faisait perdre patience (comme ce journaliste , repéré par Ingrid Riocreux, qui croyait que Mgr Aupetit était fétichiste, qu'il priait la cathédrale elle-même !).

Voilà des propositions qui paraissent pas trop connes, notamment faire du chantier de la reconstruction à l'identique une attraction touristique. Mais les mégalos Narcisse-Jupiter 1er et Annie Dingo sont-ils capables d’entendre quoi que ce soit ?

Rappelons que les chantiers du Batavia en Hollande, de l’Hermione et de Guédelon en France furent d’immenses succès populaires.

Au passage, on découvre (on découvre peut-être -après tout, nul n'est obligé d'être aussi inculte qu'un journaliste ou qu'un ministre) que nos ancêtres, obscurantistes, forcément obscurantistes, savaient parfaitement gérer des forêts et construire rapidement des charpentes. Avec toutes nos procédures super-méga intelligentes, nous sommes incapables d’aller au tiers de leur vitesse. C’est beau le progrès.


La charpente de Notre-Dame de Paris : état des connaissances et réflexions diverses autour de sa reconstruction.


Par Frédéric Epaud, chercheur CNRS (LAT CITERES, UMR 7324, Tours)

Suite à l’émotion suscitée par l’incendie de Notre-Dame, de nombreux commentaires contradictoires voire ubuesques ont circulé à propos de la charpente disparue, des bois qu’il fallait sécher plusieurs années pour être utilisés et des forêts entières qu’il fallait raser pour la construire ou la reconstruire.



Cathédrale de Paris, charpente de la nef, Cl. F. Epaud

Il est donc utile de faire un état des connaissances sur la charpente et les bois utilisés à Notre-Dame au XIIIe siècle ainsi que sur les possibilités de reconstruire une charpente en bois selon les techniques en vigueur au Moyen Âge.

Quels sont les études faites sur la charpente gothique de Notre-Dame ?

Fort heureusement, des relevés architecturaux précis des structures médiévales avaient été réalisés en 2015 par R. Fromont et C. Trentesaux, dont une courte synthèse a été publiée en 2016 dans la revue Monumental, en complément de ceux faits en 1915 par H. Deneux et d’un mémoire de DEA réalisé en 1995 par V. Chevrier portant sur la dendrochronologie.

De plus, un scanner de la charpente a été effectué en 2014 par l’entreprise Art Graphique et Patrimoine (150 scans). Le relevé complet et précis de la charpente a donc bien été réalisé.

La disparition de cette charpente représente néanmoins une immense perte scientifique pour la connaissance des constructions en bois du XIIIe siècle car son analyse archéologique, tracéologique et dendrologique restait à faire.

De nombreuses études complémentaires auraient méritées d’être faites pour comprendre le fonctionnement des structures, les procédés de mise en œuvre et de levage, les types d’assemblage, les phases de construction et de reprises, l’organisation du chantier et sa progression.

Les datations dendrochronologiques effectuées en 1995 restent imprécises et devaient être affinées pour dater à l’année près les différentes campagnes du chantier et les restaurations.

L’étude dendrologique méritait aussi d’être réalisée pour connaître la provenance des bois, le profil des chênes abattus (morphologie, âge, croissance…) et par là même l’état des forêts exploitées au XIIIe siècle.

Cette étude reste donc à faire à partir des documents existants et des restes calcinés.

Cette perte est d’autant plus grande que ce n’est pas une mais trois charpentes gothiques qui ont disparu :

-celle construite sur le chœur vers 1220,

-celle qui appartenait à la première charpente des années 1160-1170 dont les bois furent réemployés,

et

-celle de la nef (1230-1240 ?) qui était bien plus perfectionnée que celle du chœur.

Celles des deux bras du transept, de la flèche et les travées du vaisseau central limitrophes à la flèche dataient des travaux de Lassus et Viollet-le-Duc au milieu du XIXe siècle. Le bois d’œuvre et la forêt exploitée au XIIIe siècle Les documents à notre disposition et les études des autres grandes charpentes du XIIIe siècle permettent de répondre à certaines questions.

Les bois utilisés dans les charpentes médiévales ne furent jamais séchés pendant des années avant d’être utilisés mais taillés verts et mis en place peu après leur abattage.

Il s’agissait de chênes provenant des forêts les plus proches appartenant vraisemblablement à l’évêché.

Chaque poutre est un chêne équarri (tronc taillé en section rectangulaire) à la hache en conservant le cœur du bois au centre de la pièce.

La scie n’était pas utilisée au XIIIe siècle pour la taille des poutres. Les chênes abattus correspondaient précisément aux sections recherchées par les charpentiers et leur équarrissage se faisait a minima au plus près de la surface du tronc avec peu de perte de bois. Les bois ainsi taillés ont une meilleure tenue que les bois sciés qui se déforment en séchant.

Les courbures naturelles du tronc étaient donc conservées à la taille ce qui n’était en rien un handicap pour les charpentiers du XIIIe siècle.

On estime que la construction de la charpente gothique de la nef, du chœur et du transept de Notre-Dame a consommé autour de 1000 chênes. Environ 97 % d’entre eux étaient taillés dans des fûts d’arbres de 25-30 cm de diamètre et de 12 m de long maximum. Le reste, soit 3 % seulement, correspondait à des fûts de 50 cm de diamètre et de 15 m maximum pour les pièces maîtresses (entraits).

Ces proportions sont similaires à celles mesurées dans les charpentes du XIIIe siècle des cathédrales de Lisieux, Rouen, Bourges, Bayeux.

Outre leur faible diamètre, la majorité de ces chênes étaient jeunes, âgés en moyenne de 60 ans avec des croissances rapides d’après les études dendrochronologiques menées sur la plupart des charpentes du XIIIe siècle du Bassin parisien.

On est donc bien loin de l’image d’Epinal des énormes chênes au tronc épais et vieux de plusieurs siècles.

Ces arbres jeunes, fins et élancés provenaient de hautes futaies où la densité du peuplement était maximale et où la forte concurrence entre les chênes les a contraints à pousser très rapidement vers la lumière en hauteur, non en épaisseur.

Ces futaies médiévales, gérées selon une sylviculture spécifique qui était basée sur une régénération par coupe à blanc et recépage, et sur l’absence d’éclaircie pour conserver l’hyperdensité du peuplement, produisaient massivement et rapidement des chênes parfaitement adaptés à la construction en bois et aux techniques de taille à la hache.

Pour ces raisons, les surfaces forestières sollicitées par ces grands chantiers ne représentaient que quelques hectares seulement : à peine 3 hectares pour les 1200 chênes de la charpente de la cathédrale de Bourges.

On est donc là encore bien loin des légendaires défrichements de forêts entières pour la construction des cathédrales gothiques… La structure de la charpente Au début du XIIIe siècle, les maîtres charpentiers étaient confrontés à des difficultés jusqu’alors inédites, liées au gigantisme des cathédrales gothiques et surtout aux difficultés d’adapter la charpente à des murs minces percés de grandes verrières et à la forte poussée des vents sur des toitures de plus en plus hautes et pentues.

Ce défi était d’autant plus ardu que les charpentes dites à chevrons-formant-fermes de l’époque généraient d’importantes poussées latérales sur les murs et que les bois utilisés étaient fins et donc flexibles.

Le maître charpentier de NotreDame a su relever ce défi avec brio en concevant une structure complexe mais équilibrée, stable pour elle-même et pour les murs, avec de nombreux dispositifs de raidissement au sein des fermes, des renforcements des entraits, un doublement de la triangulation, des systèmes de moises pour soulager les bois lourds, des travées courtes pour réduire les poussées latérales des fermes secondaires sur les murs, des reports de charges de ces dernières sur les principales par des liernes latérales et axiales, une pente forte et d’autres techniques pour rendre la structure stable et répartir de façon homogène les charges sur les murs.

Il n’a pas hésité à charger la structure de tous les dispositifs nécessaires avec des centaines de pièces secondaires, la rendant bien plus dense que la plupart des charpentes de son temps ce qui lui a donné sur surnom de « forêt ».

Le maître d’œuvre a su faire une parfaite synthèse de toutes les expérimentations réalisées sur les grands chantiers en cours de son époque.

Il fut certainement l’un des plus grands et des plus audacieux maîtres charpentiers de son temps. La charpente du XIIIe siècle de ND figurait parmi les plus grands chefs d’œuvre de la charpenterie gothique française par sa complexité technique et son exceptionnel état de conservation.

Le temps nécessaire à la réalisation d’une charpente à chevrons-formant-fermes est connu et n’est pas si important que l’on imaginerait. La construction de la charpente du XIIIe siècle de la cathédrale de Bourges aurait réclamé seulement 19 mois de travail pour une équipe de 15-20 charpentiers, de l’équarrissage des 925 chênes au levage des fermes.

Quid des vestiges ?

A l’heure actuelle, un collectif de chercheurs regroupant spécialistes des charpentes, anthracologues, dendrologues, écologues, climatologues, biogéochimistes s’est attelé à la mise en place d’un projet de recherche destiné à collecter et étudier les restes calcinés de la charpente, le jour où ceux-ci seront accessibles. Il est d’ores-et-déjà dans l’esprit de tous, services patrimoniaux, architectes, élus et chercheurs que les vestiges de la charpente seront préservés après étude à des fins conservatoires.

Reconstruire aujourd’hui une charpente du XIIIe siècle ?

S’il est indécent aujourd’hui de parler de reconstruction alors même que le cadavre calciné de la charpente gît encore sur les voûtes, il nous semble toutefois nécessaire de présenter quelques faits et suggestions qui serviront peut-être au débat plus tard.

Cette question revêt trois aspects :

les bois, la structure et les techniques.

Avec quels bois ?

Concernant le bois d’œuvre nécessaire. Comme dit plus haut, les bois utilisés au XIIIe siècle à ND sont pour 97 % de faible diamètre (25-30 cm) et de 12 m de long maximum ce qui correspond à des « petits » chênes, facile à trouver.

L’abattage de 1000 chênes ne représente pas un inconvénient puisque le pays dispose de la plus grande forêt d’Europe avec 17 millions d’ha de forêts dont 6 millions en chênaies, en constante augmentation depuis des années.

Le prélèvement ne se ferait certainement pas par coupe rase comme on l’avait souvent répété puisque les futaies actuelles sont différentes de celles du XIIIe siècle (dont 3 ha suffisaient) et que ces « petits » chênes sont dispersés dans les peuplements actuels.

Leur abattage se ferait donc par furetage avec des coupes individuelles ciblées au sein des futaies, limitant ainsi l’impact écologique sur les écosystèmes forestiers.

Rappelons que la fabrication du bateau L’Hermione a prélevé par furetage 2000 chênes, soit le double que pour Notre-Dame, sans que cela n’ait causé le moindre souci environnemental.

La reconstruction d’une charpente en chêne permettrait de valoriser la filière forestière française qui connaît aujourd’hui des difficultés en raison de la sous-exploitation des futaies et de l’exportation massive du bois brut notamment vers la Chine.

Aujourd’hui, l’emploi d’un matériau naturel, travaillé selon des techniques traditionnelles, serait un signe fort de notre époque dans le choix d’une gestion raisonnée et écologique de nos ressources naturelles et d’une économie verte tournée vers le savoir-faire artisanal. Quelle charpente restituer ?

Avant de proposer une reproduction à l’identique, il est nécessaire de savoir si les maçonneries peuvent supporter à nouveau une charpente de poids identique avec les mêmes modalités de répartition des charges sur les murs.

Par le passé, la reconstruction des charpentes incendiées sur les cathédrales a souvent reproduit à l’identique l’originale du XIIIe siècle comme sur les cathédrales de Meaux en 1498, de Rouen en 1529 puis en 1683, de Lisieux en 1559 ou au XIXe siècle sur de nombreux monuments historiques.

Certes, il existe tout autant des charpentes refaites à neuf sans tenir compte de l’originale pour des raisons économiques. La restitution de la « forêt » gothique est possible puisque le relevé complet et précis de la charpente existe même s’il reste encore à définir les rajouts ultérieurs pour restituer son aspect originel.

La structure de la flèche est également connue grâce à une maquette des compagnons charpentiers. Techniquement, la possibilité est donc offerte. Le choix d’apposer l’empreinte de notre temps sur Notre-Dame est aussi légitime comme le rappelle l’article 9 de la Charte de Venise tant qu’elle respecte l’harmonie et la composition de l’ouvrage.

Si l’ambition des maîtres d’œuvre a toujours été de magnifier la cathédrale par des réalisations remarquables, il faut reconnaître que pour les charpentes l’exercice ne fut pas toujours une réussite. Les charpentes récentes utilisent des bois sciés dans des structures pragmatiques, économiques et sans aucune réelle beauté comparée à celles du XIIIe siècle.

Les charpentes en métal de la cathédrale de Chartres et en béton de celle de Reims peuvent être considérées comme de beaux ouvrages mais la question de leur pérennité reste à prouver et celle de la transmission du savoir-faire technique des « bâtisseurs » des cathédrales se pose encore plus, sachant que d’autres monuments contemporains peuvent y répondre sans poser de problème éthique, comme les gares ou les aéroports.

Outre le matériau et la forme, le débat doit surtout prendre en compte les techniques à utiliser.

Quelles techniques mettre en œuvre aujourd’hui ?

Si les formes des charpentes ont évolué de siècle en siècle, les techniques de taille manuelle à la hache, dites traditionnelles, sont restées quant à elles identiques du Moyen Âge jusqu’au début du XXe siècle.

Contrairement à une idée largement répandue, ces techniques ne sont quasiment plus utilisées aujourd’hui dans les grandes entreprises de charpenterie du fait de la modernisation nécessaire et de l’amélioration des outils d’usinage numériques et des machines outils électriques.

Les entreprises des Monuments Historiques et les compagnons charpentiers n’équarrissent plus les bois à la hache et s’approvisionnent directement en scierie.

Seules quelques rares entreprises artisanales pratiquent encore la taille à la doloire, cherchant à maintenir la transmission d’un savoir-faire pluriséculaire et l’essence même de leur métier par la maîtrise de toute la chaîne opératoire : de la sélection de l’arbre en forêt, sa taille manuelle, à sa pose.

Ces techniques traditionnelles sont pourtant économiquement viables et rentables pour ces petites entreprises. La différence entre un ouvrage fait selon la tradition et les techniques industrielles est pourtant sans équivoque puisque les bois équarris à la hache sont plus solides et de meilleure tenue que ceux sciés, ils se déforment bien moins au séchage, les bois courbes sont employés, les pertes sont minimes, l’ouvrage est plus beau en respectant les formes naturelles du tronc et, surtout, les charpentiers y retrouvent l’amour de leur métier.

Ceci explique le succès des chantiers traditionnels comme Guédelon ou ceux des « charpentiers sans frontières » qui réunissent jusqu’à 60 charpentiers professionnels venus du monde entier pour restaurer un ouvrage.



Depuis peu, des conservateurs des Monuments Historiques et des architectes réclament que les bois soient travaillés selon les techniques traditionnelles à la doloire pour la restauration de charpentes anciennes comme pour l’Aître Saint-Maclou à Rouen mais peu d’entreprises peuvent encore y répondre.

Elles ont besoin de formation pour réapprendre ces techniques, ce qui est justement proposé par le projet de loi du gouvernement pour la restauration de Notre-Dame.

Dans l’hypothèse où les choix de restauration se porteraient sur une charpente en bois, on peut imaginer un chantier-école de ce type sur le parvis de Notre-Dame, avec des dizaines de charpentiers équarrissant à la hache des grumes et taillant les bois manuellement selon les règles ancestrales du métier, qui permettrait aux entreprises de renouer le lien avec un savoir-faire pluriséculaire, dans l’esprit et la continuité des chantiers des cathédrales.

Un tel chantier serait sans nul doute spectaculaire et très émouvant auprès du grand public car il témoignerait du respect de notre époque pour un patrimoine gestuel et technique qui se doit d’être préservé comme élément de notre identité culturelle et encore plus sur l’un des monuments les plus chers à la nation.

Quant au type de charpente, un compromis entre une structure en bois d’inspiration médiévale et contemporaine, employant les techniques de la charpenterie traditionnelle héritée du XIIIe siècle mérite réflexion, ce qui permettrait en même temps de valoriser nos ressources forestières selon une éthique écologique très ancrée dans le XXIe siècle.

Bibliographie :

Chevrier V., La charpente de la cathédrale Notre-Dame de Paris à travers la dendrochronologie, mémoire de DEA, Université de Paris-Sorbonne, Paris IV, 1995.

C.R.M.H., Charpentes XIIIe siècle, vol. 2, Ministère de la Culture, Direction du Patrimoine, Paris, 1982.

Deneux H., 1927, « L’évolution des charpentes du XIe au XVIIIe siècle » dans L’Architecte, p. 49-53, 57-60, 65-68, 73-75 et 81-89.

Epaud F. (A paraître 2019) « Les forêts et le bois d’œuvre au Moyen Âge dans le Bassin parisien » dans La forêt au Moyen Âge, Les Belles Lettres, Paris.

Epaud F., La charpente de la cathédrale de Bourges. De la forêt au chantier, PUFR, Coll. Perspectives historiques », Tours, 2017.

Epaud F., De la charpente romane à la charpente gothique en Normandie, Publications du CRAHM, Caen, 2007.

Fromont R. et Trenteseaux C., « Le relevé des charpentes médiévales de la cathédrale NotreDame de Paris : approches pour une nouvelle étude » dans Monumental, Semestriel 1, Editions du patrimoine, Paris, 2016, p. 70-77.

Hoffsummer P. (dir.), Les charpentes du XIe au XIXe siècle, typologie et évolution en France du Nord et en Belgique, Cahiers du Patrimoine n° 62, 2002.

Le Port M., « Évolution historique de la charpente en France » dans Encyclopédie des métiers, La charpente et la construction en bois, t. 1, Librairie du Compagnonnage, Paris, 1977, p. 379- 610.



mardi, mai 07, 2019

Notre Dame des touristes ?




Maintenant que l'émotion médiatique est passée (comme toutes les émotions médiatiques, elle dura moins que les roses), je peux parler à nouveau de l'incendie de Notre Dame de Paris.

Un point me frappe (non, la trahison et la récupération des élites ne me frappent pas, elles m'irritent, me courroucent, mais ne me surprennent pas), ce qui me frappe le voilà : ceux qui m'ont exprimé la plus grande émotion, « J'en aurais pleuré », « J'en ai pleuré », sont des Français anciennement catholiques, devenus non-pratiquants.

A contrario, les vrais catholiques sont restés beaucoup plus sobres.

Je sais bien que l'expression n'est pas forcément au même niveau que le ressenti, mais, tout de même, ce contraste m'intrigue.

Je vois chez les apostats l'expression d'un sentiment de culpabilité, d'un remords, d'autant plus forts qu'ils sont inconscients.

Inversement, les catholiques savent depuis longtemps qu'ils sont persécutés et abandonnés. Probablement ne se battent-ils pas assez, mais voir une église qui brûle, fut-elle Notre Dame de Paris, n'est plus, hélas, pour eux une nouveauté.




jeudi, avril 25, 2019

Il va falloir se battre pour Notre Dame

Il est de plus en plus évident que l'incendie n'est pas grand'chose à coté du vandalisme que nous préparent Macron, Hidalgo et tous les modernistes.

Notre-Dame : un projet de loi scélérat

Les Français auront-ils les moyens de vaincre et de sauver leur patrimoine dans un pays où tous les leviers du pouvoir sont dans la main d'un seul homme, qui plus est un adolescent capricieux, autoritaire, immature et narcissique, appuyé sur sa clique de vampires ?

Je ne sais pas, mais mon petit doigt me dit que les Français vont se battre.

Ce n'est qu'un épisode supplémentaire de la lutte éternelle de l'humilité contre l'orgueil de Satan.












Pêle-mêle : christianistes, Notre Dame, les enfants bons-à-rien

Pour poursuivre notre réflexion sur les christianistes (ceux qui louent notre civilisation mais refusent la croyance chrétienne qui la fonde) :

Can We Believe? A personal reflection on why we shouldn’t abandon the faith that has nourished Western civilization. Andrew Klavan.

Résumé à très gros traits pour ceux qui ne lisent pas le Rosbeef dans le texte : il est possible de refuser de croire seulement dans le cadre intellectuel issu de la Renaissance et des Lumières où on vénère la Raison. Dans un cadre intellectuel « normal », non aveuglé par le rationalisme, les croyances ont droit de cité et ne sont pas considérées comme des idioties pour crédules.

A propos de Notre Dame de Paris :

LE BAL DES FAUX-CULS

Et une vidéo qui m'a évoqué des gens très proches :

vendredi, avril 19, 2019

Macron : une décision, une connerie.

Une fois de plus, à tous les castors crétins qui ont voté Macron pour éviter Le Pen (et comme la connerie est une maladie grave, je ne doute pas qu'ils referont la même chose avec les mêmes arguments  en 2022), je pose la question : « Pouvez vous m’expliquer en quoi une Le Pen (sans majorité parlementaire, je vous le rappelle) aurait été pire que Macron ? ». Va falloir de grandes rames et ramer longtemps longtemps pour ne pas trop se ridiculiser.

Emmanuel Macron et Notre-Dame : une décision, une ânerie

Didier Rykner mercredi 17 avril 2019

Il ne se passe donc pas une journée depuis l’incendie de Notre-Dame-de Paris sans que le Président de la République et son gouvernement ne nous gratifient d’annonces toutes plus absurdes ou scandaleuses les unes que les autres.

Emmanuel Macron avait déjà fait très fort mardi en expliquant qu’il allait reconstruire Notre-Dame plus belle qu’avant, et en cinq ans (voir notre article). Plus belle qu’avant ? On sait désormais comment : en lançant un concours d’architecture pour la reconstruction de la flèche ! Car pour notre Président de la République, « la flèche ne faisant pas partie de la cathédrale d’origine », on peut l’effacer d’un trait de plume. Exit Viollet-le-Duc de la cathédrale Notre-Dame. On en est là, donc, en 2019, de la considération pour le XIXe siècle que les historiens de l’art ont pourtant réhabilité ces quarante dernières années. On ne sait que dire devant tant d’inculture.

Or, rappelons-le encore une fois, la charte de Venise, qui définit les principes de la restauration et que la France a ratifiée (ce qui l’engage), impose certaines contraintes. D’abord, « les apports valables de toutes les époques à l’édification d’un monument doivent être respectés, l’unité de style n’étant pas un but à atteindre au cours d’une restauration ». Viollet-le-Duc constitue, ô combien, un apport valable à Notre-Dame-de-Paris, et ses adjonctions sont d’ailleurs classées au même titre que le reste du monument. On peut aussi y lire que la restauration « a pour but de conserver et de révéler les valeurs esthétiques et historiques du monument et se fonde sur le respect de la substance ancienne et de documents authentiques. Elle s’arrête là où commence l’hypothèse » Et, pour la flèche de Viollet-le-Duc, élément constitutif de la cathédrale depuis plus d’un siècle, les documents authentiques sont légion (on conserve tous les plans de l’architecte), tandis que sa structure et sa forme sont parfaitement connues grâce aux photographies et aux relevés modernes. Il n’y a donc aucune hypothèse à ce sujet. Puisqu’il ne s’agit pas d’une « reconstitution conjecturale » (terme employé dans la charte), il n’y a aucune raison d’envisager pour elle qu’elle « porte la marque de notre temps » (ce qu’impose la charte dans ce cas), et encore moins, comme le veut Emmanuel Macron, qu’il s’agisse d’« un geste architectural contemporain ».

Alexandre Gady l’a dit dans l’émission « Quotidien », « le patrimoine a une temporalité qui n’est pas celle des hommes politiques ». Cette précipitation, qui voit des décisions fondamentales prises en deux jours, sans aucun temps de réflexion ni consultation des spécialistes, et sans suivre les procédures habituelles de la restauration des monuments historiques, n’est rien d’autre que de l’agitation politique. Emmanuel Macron semble vouloir profiter de ce désastre pour marquer Paris comme d’autres l’ont fait avec de nouveaux monuments. Or, on ne peut pas jouer avec Notre-Dame. Et, même sans évoquer la convention de Venise, il suffit d’invoquer le simple bon sens : on ne fait pas de « geste architectural contemporain » sur un monument historique comme cette cathédrale.

Comme nous le disions plus haut, les annonces se succèdent et à chaque fois nous font croire à un poisson d’avril décalé, avant qu’on ne réalise effaré qu’il n’en est rien. Ainsi, aujourd’hui, a été nommé « Monsieur reconstruction » (sic, voilà le terme utilisé par les gazettes) de la cathédrale. Quitte à ne pas consulter les spécialistes, profitons-en pour nommer à la tête de cette restauration complexe un général cinq étoiles, ancien chef d’État major des armées, puis grand chancelier de la Légion d’honneur. Tous titres qui lui donnent manifestement, aux yeux d’Emmanuel Macron, une parfaite légitimité pour ce rôle…

Édouard Philippe n’est pas en reste, qui a aussi déclaré qu’un établissement public, rien que cela, serait mis en place pour mener à bien la reconstruction. Comme si la création d’une telle structure avait la moindre justification pour ce qui reste la restauration d’un monument historique. Et il a ajouté, martial, que « chaque euro versé pour la reconstruction de la cathédrale, dans le cadre d’une souscription nationale, sera dédié à cette seule tâche ». Il ne sait sans doute pas, ce qui est désormais un secret de polichinelle pour quiconque connaît un peu le coût d’un tel chantier, que le milliard et probablement bien davantage qui va être récolté à cette occasion va dépasser de plusieurs centaines de millions les réels besoins. Les milliers de donateurs pour la restauration de Notre-Dame seront sûrement heureux de savoir que leur générosité va servir à financer un concours appelé à choisir un « geste architectural contemporain » pour décorer le toit de Notre-Dame, mais que le surplus n’ira pas aux autres monuments en péril, innombrables, de notre pays (on se demande d’ailleurs ce qu’il va en faire).

Le Canard Enchaîné d’aujourd’hui donne de nouveaux chiffres qui témoignent de la grande misère des monuments historiques dans notre pays, et du peu de cas que les gouvernements successifs font du patrimoine. Dans un article intitulé « Cathédrales et monuments : seuls les crédits ne flambent pas », Hervé Liffran révèle quelques chiffres stupéfiants qui confirment ce que nous dénonçons depuis toujours. On y apprend ainsi que pour 2019, l’État n’a prévu que 18 millions d’euros de crédits de paiement pour l’entretien [1] des monuments historiques lui appartenant, dont 86 cathédrales. Soit moins de 100 000 euros par monument. Il rappelle aussi que pour Notre-Dame, il avait prévu de ne donner que 40 millions pour la restauration sur les dix prochaines années, soit 4 millions par an, sur les 240 millions qui étaient alors nécessaires [2]. Pas de doute, il aura vraiment fallu un incendie pour qu’Emmanuel Macron déclare enfin sa flamme à Notre-Dame !

Didier Rykner

Notes

[1] Précision ajoutée après la publication de cet article : il s’agit bien du budget de l’entretien

[2] Nous avions le chiffre de 150 millions d’euros nécessaire, mais il s’agit désormais d’un détail.

jeudi, avril 18, 2019

Remettons la flèche au millieu de la cathédrale




Les garde-fous énoncés par cette dame apparaissent bien minces face au cinglé de transgression et d'autoritarisme qui, hélas, nous gouverne.



L'incendie de Notre Dame à l'heure de Twitter et des blogs









Y en a, il ferait mieux de se taire, mais ils ne peuvent pas s'empêcher :

Frôlé seulement ? Il est gentil.











N'importe quoi

Emmanuel Macron :
« Nous rebâtirons Notre-Dame plus belle encore. »
Personne ne « rebâtira Notre-Dame », puisque l’essentiel du bâtiment est intact, comme les photos le montrent clairement. Et l’on voit là quelle était la suréminente excellence du travail des bâtisseurs de cathédrales.
Ce qui est à refaire, en dehors de quelques morceaux de voûte (notamment la croisée du transept), c’est le toit. Je ne doute pas que la charpente fût un chef-d’œuvre, mais comme personne ne pouvait la voir la perte est du domaine de l’imagination. Si quelqu’un veut voir une belle charpente qu’il vienne voir les halles du Faouët à côté de chez moi… Ou qu’on se souvienne que la charpente de la cathédrale de Reims est en béton, et celle de la cathédrale de Chartes métallique, ce que les visiteurs ne soupçonnent pas…
Quant à l’outrecuidance du « plus belle encore », non seulement elle montre la fatuité du personnage, mais c’est une insulte aux bâtisseurs. Une insulte à la chrétienté. En Allemagne et en Pologne, on a réellement reconstruit des églises. A Gdansk on a reconstruit la plus grande église de brique de la chrétienté, et à Varsovie la cathédrale. On les a reconstruites à l’identique. Personne n’aurait osé dire qu’il les reconstruirait « plus belles encore »…
Enfin un mot de cette immense clameur venant de gens qui se moquent éperdument de ce que représente une cathédrale. Nous sommes dans une société de sensiblerie et d’hypertrophie de l’émotion qui ne croit en rien et qui paraît attendre les catastrophes et les attentats avec avidité, une avidité attisée et cultivée par les médias. Comme un divertissement. Et l’on pleure à la commande, sur n’importe quoi. Sur des dizaines de morts comme sur un toit qui brûle. Nous sommes dans une société où c’est un droit de tuer tous les jours des enfants avant la naissance mais où c’est un drame épouvantable que la charpente de Notre-Dame brûle. De ce bâtiment qui est, comme l’ont immédiatement souligné les médias, un « haut lieu touristique ». C’est cela qui est terrible : voilà un haut lieu touristique qui va demeurer inaccessible un certain temps. Personne ne s’est ému des églises détruites en Irak, notamment à Mossoul où certaines sont plus vénérables que Notre-Dame de Paris, ou à Qaraqosh capitale de la petite Eglise syro-catholique. Beaucoup moins « touristiques ». Mais des vraies églises de la chrétienté d’aujourd’hui. Reconstruites par des chrétiens qui savent ce qu’est une vraie catastrophe.

Popeye (Guest):

"...laisser la gestion de la reconstruction à une fondation gérée par la Fondation de France, en exclure autant que faire se peut l'Etat et ses grosses pattes velues. ..."
Oh que oui!!!!
Jetez un oeil au billet de H16 du jour.
j'ai laissé ce commentaire chez Yves Daoudal (billet "n'importe quoi" à propos du "nous rebâtirons" de ce ... de Macron
"Je tique sur le "nous" : en tant que catholique, je n'ai pas besoin de Macron pour contribuer à la reconstruction de Notre-Dame.
Pour le dire plus directement : je n'ai aucune confiance en lui pour qu'il décide quoi que ce soit dans le reconstruction.
L'état républicain a déjà spolié deux fois les biens de l'Eglise. En termes d'honnêteté, le "track record" n'est pas en sa faveur.
Macron et sa clique surfent sur la légitime émotion de nombre de parisiens et de français, amplifiée et modifiée par les media.
Ils n'ont aucune volonté de reconstruire un sanctuaire digne : il veulent au plus vite se donner une posture de bâtisseur et remettre en service au plus cheap (et si possible en atténuant voire faisant disparaître la dimension catholique) un musée drainant 14 millions de touristes.
S'il doit y avoir un concours d'architecte, le décideur au final devra être ès-qualité l'archevêque de Paris, point barre.
L'état peut participer au financement s'il veut-t, ce ne sera(it) pas à lui de décider de comment la cathédrale doit être reconstruite."
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Cette cathédrale vieille de plusieurs siècles a pu survivre à des guerres, des épidémies, des famines, des grandes inondations, et même aux nazis !!
Cette cathédrale a survécu à tout, sauf à notre génération.
Cette génération de nihilistes, d’individualistes, de consommateurs, de « technophiles».
Pas un i-pad, un i-phone ou une console de jeux pour sauver la cathédrale, mais des millions pour immortaliser impuissants le moment.
Nous avons toutes les technologies, nous n’en avons jamais eu autant, mais nous sommes, au mieux, infichu de ne pas mettre le feu à nos bâtiments quand on y fait des travaux.
A tous les niveaux, parce que tout se vaut, qu’il ne faut plus ni punir, ni noter, parce qu’il faut être égalitariste en tout et pour chacun, il n’y a plus d’exigence, de recherche d’ambition et d’excellence.
Les générations actuelles cachent leur médiocrité dans l’orgueil et l’arrogance du politiquement correct étouffant.
Les pertes de savoir-faire sont multiples et généralisées. Nous ne savons plus construire de centrales nucléaires. Nous saurons encore moins les démanteler.
Vous découvrirez effaré, que nous n’avons évidemment presque plus de tailleurs de pierres.
Vous découvrirez effaré, que nous n’avons plus assez de chênes pour refaire une seule grande charpente, ce qui est logique, vu que c’est les Chinois qui achètent tous nos chênes (comme nos terres agricoles). Il faut dire que nous sommes gouvernés par des glands.
Nous sommes en réalité incapables de faire aujourd’hui ce qu’ont fait ceux qui construisaient les cathédrales il y a plus de 850 ans…
Nous sommes incapables de prendre soin de ce que nous avons reçu en héritage.
Ils étaient des bâtisseurs, nous sommes des pilleurs, les fossoyeurs.
Nous détruisons tout.
De l’environnement à notre patrimoine, de notre culture à notre langue, de nos institutions à nos écoles, tout.
Nous détruisons consciencieusement tout ce qui architecturait notre pays et le faisait tenir debout.
Nous pillons tout et laissons tout le monde piller.
C’est un grand saccage.
Ceux qui ont sauvé Notre-Dame sont 400 gueux appelés sapeur-pompier et gagnants moins de 2000 euros par mois et qui subissent les restrictions budgétaires parce que nous avons « trop » de fonctionnaires, et que partout en France les pompiers coûtent trop chers.
Les nations sont vendues par les riches, et sauvées par les gueux.
Ce n’est pas uniquement Notre-Dame qu’il faut reconstruire, c’est l’ensemble de notre pays et de notre nation.
Comme toute œuvre d’ampleur, une telle reconstruction ne peut être que collective.
Comme toute œuvre collective elle n’a comme objectif que le bien commun.
L’incendie de Notre-Dame, est un symbole. Une allégorie, presque un message.
Réparons notre pays tant que nous le pouvons encore.
Après il sera trop tard.
Pourquoi ?
Parce que pour réparer, pour construire, il faut des savoir-faire, des connaissances, des compétences. En dessous d’une certaine perte de savoir, il est trop tard. La perte est irrémédiable et il est impossible de pouvoir former en nombre suffisant faute de professeurs, d’enseignants, de maîtres.
Nous sommes exactement à ce point de bascule.
C’est à nous de savoir quel chemin nous prenons.
Celui de l’ambition collective, du travail, et de la reconstruction de la nation, ou alors celui de la déliquescence totale pour être fusionner dans ce grand ensemble européen et mondialiste sans aucun sens où l’on ne veut pas de gens brillants mais des crétins décérébrés pour en faire des consommateurs sans cervelle.
Dieu ne nous demande pas tant de construire de somptueux édifices que de bâtir notre temple intérieur.
Tout le reste n’est que vanité, et la vanité termine toujours en drames et en cendres.
Puisse la reconstruction de notre cathédrale servir de symbole pour une reconstruction bien plus importante qui est celle de notre nation.
Il est venu le temps des cathédrales.
Il est déjà trop tard, mais tout n’est pas perdu. Préparez-vous !











mercredi, avril 17, 2019

Incendie de Notre-Dame : décadence, nous y sommes.





Effondrement du goût

On ne parlera plus, pas un mot, des fidèles de la cathédrale, d’un sanctuaire incendié en plein milieu de la veillée pascale… Cela n’est pas de bon ton. Un «fidèle» est aujourd’hui un être plus étrange qu’un Bantou, qu’un Taupinambou au temps de Voltaire. D’ailleurs, on n’en voit plus. On parlera des «touristes», par centaines de milliers, par millions, déçus de trouver porte close, auxquels le ministère de la Culture - et non des cultes - devra porter par conséquent assistance.
On sait tout cela. Mais a-t-on jamais imaginé que cet effondrement du goût, cette voyoucratie des plaisirs, son laisser-aller dans une langue devenue un désastre, est de ces phénomènes profonds, lents, qui sont dans une société ceux des désastres, désastres d’un pays , d’une patrie, d’une nation, d’une langue, d’une culture - auxquels seul le feu, allumé par le hasard malheureux ou bien par une intention maligne, célébrant la puissance vindicatrice des dieux, alimenté, nourri par tous les déchets d’une modernité agonisante et les humeurs des intestins, mettra fin ? Nous y sommes.
* De l’Académie française. Ancien conservateur général du patrimoine. Ancien directeur du Musée Picasso. Dernier ouvrage paru: La Part de l’ange. Journal 2012-2015 (Gallimard, 2016).
Cet article est publié dans l'édition du Figaro du 17/04/2019. Accédez à sa version PDF en cliquant ici




Incendie de Notre Dame : les salauds de sépulcres mal blanchis

Autant je me réjouis de la mobilisation des Français de France pour Notre Dame, autant la générosité ostentatoire des requins dont on peut douter qu'ils soient réellement français m'indispose, pour dire le moins.

Rappelons deux méfaits de ces gens qui font système et ne sont pas sans rapport avec l'incendie de Notre Dame :

1) Pendant que les églises de France crient misère pour leur entretien, ces gens là préfèrent financer des plugs anals (anaux ?) et des chiens en plastique :



Et ce n'est pas fini :


2) Ils sont les profiteurs et les promoteurs d'un système qui fait de la destruction des nations, des cultures et des patrimoines son arme principale.









Je ne suis visiblement pas le seul que ça gratte :

Edouard Husson : Je trouve pathétique la tentative des dirigeants pour s’emparer d’un événement qui dit d’abord la démission de leur volonté, depuis des décennies. Je comprends qu’ils aient peur de devenir la cible de questionnements courroucés. Mais ce qu’on attend est un mea culpa pour des budgets de la culture et du patrimoine réduits à la portion congrue. Il faut savoir aussi que les équipes de la cathédrale, à commencer par l’actuel recteur, qui a énormément fait pour la réorganisation efficace des services, se sont heurtés à une faible appétence pour le mécénat dans la catégorie de ceux qui, aujourd’hui, une fois la catastrophe arrivée, aiment que l’on proclame combien de zéros comporte leur chèque. Dans leur grand aveuglement, consistant à vouloir tout financer un petit peu, l’Etat et la Ville ont émis cette règle absurde d’un euro privé à trouver pour chaque euro public en vue de la restauration de la cathédrale. Comme si la restauration d’un bâtiment qui porte l’âme de la France relevait de la comptabilité d’un partenariat public/privé. De même qu’ils ont été incapables de voir venir la catastrophe matérielle, nos dirigeants sont surpris par l’ampleur de la réaction populaire et par l’écho international de la catastrophe. En écoutant hier soir ou ce soir le président de la République, j’avais dans l’oreille sa déclaration de campagne sur le fait qu’il n’y a pas de « culture française ». Je veux bien que l’on change d’avis, pour le meilleur. Cependant je pense que ce qui va plutôt s’imposer c’est l’étrange correspondance entre le monument privé de toiture et dévasté à l’intérieur, d’une part, et, d’autre part, la population appauvrie, craignant pour ses fins de mois, incapable de dépenser ce qu’il faut pour assurer un avenir décent. La culture, le patrimoine, la langue, c’est tout ce que possèdent les pauvres, ceux qui vivent de peu, ceux qui ne gagnent pas assez pour épargner. Je ne peux pas m’empêcher de mettre en parallèle ces Gilets Jaunes éborgnés, mutilés, meurtris et notre cathédrale ravagée par le feu. 


Edouard Husson : Lorsque Valéry Giscard d’Estaing avait déclaré, dans les années 1970, que la France ne serait plus désormais qu’une puissance moyenne parce qu’elle pèserait démographiquement très peu, il montrait la voie à tous ceux qui veulent réduire la France à des statistiques et de la technocratie. François Mitterrand avait bien compris qu’il fallait être un peu plus subtil que son prédécesseur et donc il s’adonna à la construction. Mais ce fut largement pour emprisonner symboliquement  les Français dans des lieux signifiant le despotisme: une pyramide, un arc de triomphe - à l’opposé de l’architecture ouverte vers le ciel de nos cathédrales. La pyramide est un lieu funéraire alors que nous avons besoin de lieux où l’on célèbre la beauté de la création, la vie plus forte que la mort, la possibilité de sortir de la souffrance, d’échapper aux limites de la condition terrestre. Le président suivant, Jacques Chirac crut, lui, qu’il suffisait d’une coupe du monde de football gagnée pour nourrir l’âme du pays. C’est le même homme qui, un jour, à Rome, déclara à l’un de ses collaborateurs, que « toutes ces pierres » l’écrasaient, l’oppressaient. Avec son musée des Arts Premiers, il a clairement dit qu’il n’aimait pas la beauté ni la puissance de notre civilisation. C’est le même homme qui a supprimé le service militaire, comme si les Français ne devaient plus jamais être amenés à se battre pour défendre leur patrie ou une grande cause. Nicolas Sarkozy, lui, était plus tiraillé: les discours d’Henri Guaino, évoquant l’âme de la France, étaient-ils en mesure de peser face à la dictature de la communication et de la technocratie monétaire.
 
Alors, évidemment, nous pouvons faire le pari que la France va, de plus en plus réaffirmer la grandeur de la politique et même, redécouvrir ce que Péguy appelait la mystique en politique. Je pense que l’événement de Notre-Dame est un déclencheur - au même titre, toutes choses égales par ailleurs, que le 11 septembre 2001 pour les Américains. 

Alors, comment remettre de l'ordre dans cette indécente escalade ostentatoire entre canailles ploutocrates ?

Très simple : limiter les dons à un chiffre bas, genre 30 000 € par personne (3, comme la trinité) et laisser la gestion de la reconstruction à une fondation gérée par la Fondation de France, en exclure autant que faire se peut l'Etat et ses grosses pattes velues.

Cette restauration serait alors vraiment celle des Français.


Incendie de Notre Dame : l'hypothèse criminelle

Nous savons que les services officiels, en qui je n'ai aucune confiance (ou plutôt si : j'ai une grande confiance dans leur capacité à mentir et à aller dans un sens qui arrange le pouvoir. Faire l'historique de la perte de confiance dans la police et dans la justice est une autre histoire) ne trouveront pas ce qu'ils font bien attention de ne pas chercher.

Mais les Français ont conscience que l'hypothèse criminelle ne peut être aisément écartée. Comme dit notre commentateur P. Jaunet, un barbu, c'est un barbu. Trois barbus, c'est des barbouzes. Après Lavaur, Saint Sulpice et Saint Denis (et bien d'autres), l'hypothèse criminelle est au minimum à égalité avec l'hypothèse accidentelle.

Maintenant, est-ce que je peux m'avancer plus ? Non. Les incendies accidentels de vieilles charpentes, ça arrive aussi.

Nous n'aurons probablement aucune certitude (sauf revendication) mais une hypothèse la plus vraisemblable cernée de questions, comme pour l'assassinat de Kennedy. Si je suis plus que sceptique concernant les services officiels, nous finirons cependant par avoir beaucoup d'éléments disponibles, peut-être trop, il s'agira ensuite pour chacun de faire le tri, et ce n'est pas gagné (voir Marion Cotillard et le 11 septembre).

En ces affaires, j'utilise volontiers le rasoir d'Ockham : je me raccroche à l'hypothèse la moins alambiquée. C'est pourquoi, par exemple, je crois à un Oswald solitaire (mais manipulé) ou à la thèse officielle pour le 11 septembre.





De la signification de l'événement :
















Addendum : l’orentation des médias dans le sens exclusif de la thèse de l’accident est ridicule. Tout le monde pense à la thèse du sacrilège volontaire, la taire ne fait que renforcer le complotisme.

mardi, avril 16, 2019

Et spes nostra, salve.

Je me demande souvent :« Si les Français ne sont pas chrétiens, que sont-ils ? ».

Je réponds de plus en plus souvent : « Rien. Si les Français ne sont pas chrétiens, ils ne sont rien ».

Bien sûr, individuellement, il y a des Français tout à fait légitimes qui ne sont pas chrétiens.

Je ne vous parle pas d'individus, mais de peuple. Si le peuple français n'est pas composé à 80 % de chrétiens (j'aime bien les 80/20 de Pareto), est-ce encore le peuple français ?

Quand il reste en France 5 % de chrétiens pratiquants, probablement moins que de musulmans pratiquants, peut-on dire que la France existe encore ? Ou n'y a-t-il plus qu'une entité administrative sur le territoire de ce qui fut jadis la France ?

Il se trouve que je lis le remarquable La révolution française ou les prodiges du sacrilège, de Jean Dumont.



C'est pourquoi l'incendie de Notre Dame me frappe tant : si ce n'est pas un châtiment divin (les voies du Seigneur sont impénétrables et ce n'est pas mon genre de faire le ventriloque pour Lui), c'est vachement bien imité.




Cela ne signifie d'ailleurs pas que la France est morte. Elle est seulement en dormition.

Pour une raison très simple, très primaire : les athées ne font pas assez d'enfants pour renouveler les générations. Rémi Brague dit que si l'on ne pense pas que la vie est intrinsèquement bonne car donnée par Dieu (ou par des dieux, des divinités ou équivalent), on ne se donne pas la peine de la donner (bon, d'accord la répétition du mot « don » est lourde, mais c'est pour que ça rentre).

On risque en France le face à face entre les religieux de divers bords, comme en Israël. Dans ce cas, les prolongeurs de courbes donnent la victoire aux musulmans, mais, heureusement, l'histoire est plus agitée et plus incertaine que cela.

Notre-Dame : la nausée et la colère

Notre-Dame : la nausée et la colère

Les bonnes questions de Serge Federbusch.

Hélas, je crois qu'elles seront éludées : les medias vont temporiser en focalisant leur attention sur des anecdotes, puis on passera petit à petit, en deux jours, à autre chose et, hop, le tour sera joué. On a déjà vu ce numéro mille fois. Ils savent faire.

lundi, avril 15, 2019

Un goût de cendre




Voici un SMS que j'ai envoyé, allusion évidemment à la restauration qui était en cours :



Bref, notre époque.