Pour poursuivre notre réflexion sur les christianistes (ceux qui louent notre civilisation mais refusent la croyance chrétienne qui la fonde) :
Can We Believe? A personal reflection on why we shouldn’t abandon the faith that has nourished Western civilization. Andrew Klavan.
Résumé à très gros traits pour ceux qui ne lisent pas le Rosbeef dans le texte : il est possible de refuser de croire seulement dans le cadre intellectuel issu de la Renaissance et des Lumières où on vénère la Raison. Dans un cadre intellectuel « normal », non aveuglé par le rationalisme, les croyances ont droit de cité et ne sont pas considérées comme des idioties pour crédules.
A propos de Notre Dame de Paris :
LE BAL DES FAUX-CULS
Et une vidéo qui m'a évoqué des gens très proches :
Affichage des articles dont le libellé est Combaz. Afficher tous les articles
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jeudi, avril 25, 2019
vendredi, janvier 11, 2019
Saint Thomas d'Aquin a aussi un avis sur les Gilets jaunes. Et Campagnol fait une video bien intéressante (Benalla sauveur de la patrie !).
Saint Thomas d'Aquin a un avis (question 42) :
**************
Conclusion :
Nous venons de le voir, la sédition s'oppose à l'unité de la multitude, c'est-à-dire à l'unité du peuple, de la cité ou du royaume. Or, S. Augustin dit que le peuple, selon le témoignage des sages, désigne " non point l'ensemble de la multitude, mais le groupement qui se fait par l'acceptation des mêmes lois et la communion aux mêmes intérêts ". Il est donc manifeste que l'unité à laquelle s'oppose la sédition est l'unité des lois et des intérêts. La sédition s'oppose ainsi à la justice et au bien commun. C'est pourquoi elle est, de sa nature, péché mortel, et d'autant plus grave que le bien commun auquel s'attaque la sédition est plus grand que le bien privé auquel s'attaquait la rixe.
Toutefois, le péché de sédition appartient d'abord et à titre de principe à ceux qui excitent la sédition. Ceux-là pèchent très gravement. Secondairement, à ceux qui les suivent, et qui troublent le bien commun. Quant à ceux qui défendent le bien commun en leur résistant, ils ne doivent pas être appelés séditieux ; pas plus que ceux qui se défendent ne sont coupables de rixes, nous l'avons dit.
Solutions :
1. Le combat qui est permis se fait pour l'utilité commune, nous l'avons vu plus haut. La sédition, au contraire, se fait contre le bien commun du peuple. C'est pourquoi elle est toujours un péché mortel.
2. La discorde au sujet de ce qui n'est pas manifestement un bien peut exister sans péché. Mais la discorde au sujet de ce qui est manifestement un bien ne le peut pas. La sédition est une discorde de cette espèce, puisqu'elle s'oppose à l'utilité du peuple, qui est manifestement un bien.
3. Le régime tyrannique n'est pas juste parce qu'il n'est pas ordonné au bien commun, mais au bien privé de celui qui détient le pouvoir, comme le montre Aristote. C'est pourquoi le renversement de ce régime n'est pas une sédition ; si ce n'est peut-être dans le cas où le régime tyrannique serait renversé d'une manière si désordonnée que le peuple qui lui est soumis éprouverait un plus grand dommage du trouble qui s'ensuivrait que du régime tyrannique. C'est davantage le tyran qui est séditieux, lui qui nourrit dans le peuple les discordes et les séditions, afin de pouvoir le dominer plus sûrement. C'est de la tyrannie, puisque c'est ordonné au bien propre du chef, en nuisant au peuple.
**************
Et Christian Combaz aussi (Benalla sauveur de la patrie !) :
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Conclusion :
Nous venons de le voir, la sédition s'oppose à l'unité de la multitude, c'est-à-dire à l'unité du peuple, de la cité ou du royaume. Or, S. Augustin dit que le peuple, selon le témoignage des sages, désigne " non point l'ensemble de la multitude, mais le groupement qui se fait par l'acceptation des mêmes lois et la communion aux mêmes intérêts ". Il est donc manifeste que l'unité à laquelle s'oppose la sédition est l'unité des lois et des intérêts. La sédition s'oppose ainsi à la justice et au bien commun. C'est pourquoi elle est, de sa nature, péché mortel, et d'autant plus grave que le bien commun auquel s'attaque la sédition est plus grand que le bien privé auquel s'attaquait la rixe.
Toutefois, le péché de sédition appartient d'abord et à titre de principe à ceux qui excitent la sédition. Ceux-là pèchent très gravement. Secondairement, à ceux qui les suivent, et qui troublent le bien commun. Quant à ceux qui défendent le bien commun en leur résistant, ils ne doivent pas être appelés séditieux ; pas plus que ceux qui se défendent ne sont coupables de rixes, nous l'avons dit.
Solutions :
1. Le combat qui est permis se fait pour l'utilité commune, nous l'avons vu plus haut. La sédition, au contraire, se fait contre le bien commun du peuple. C'est pourquoi elle est toujours un péché mortel.
2. La discorde au sujet de ce qui n'est pas manifestement un bien peut exister sans péché. Mais la discorde au sujet de ce qui est manifestement un bien ne le peut pas. La sédition est une discorde de cette espèce, puisqu'elle s'oppose à l'utilité du peuple, qui est manifestement un bien.
3. Le régime tyrannique n'est pas juste parce qu'il n'est pas ordonné au bien commun, mais au bien privé de celui qui détient le pouvoir, comme le montre Aristote. C'est pourquoi le renversement de ce régime n'est pas une sédition ; si ce n'est peut-être dans le cas où le régime tyrannique serait renversé d'une manière si désordonnée que le peuple qui lui est soumis éprouverait un plus grand dommage du trouble qui s'ensuivrait que du régime tyrannique. C'est davantage le tyran qui est séditieux, lui qui nourrit dans le peuple les discordes et les séditions, afin de pouvoir le dominer plus sûrement. C'est de la tyrannie, puisque c'est ordonné au bien propre du chef, en nuisant au peuple.
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Et Christian Combaz aussi (Benalla sauveur de la patrie !) :
Libellés :
Combaz,
Gilets jaunes,
l'impasse Macron,
Saint Thomas d'Aquin
lundi, janvier 07, 2019
Ca y est, le grand débat de Macron est déjà fini
Ca y est, le grand débat de Macron est déjà fini :
Un article du 4 décembre, plus que jamais d'actualité :
L'incroyable faillite du maintien de l'ordre macronien
Pour résumer, cet article explique que la politique d'escalade sécuritaire du gouvernement, tout dans la confrontation violente, enseigne aux Gilets jaunes à devenir violents.
En effet, la violence suppose certaines techniques. C'est pourquoi les casseurs arrêtés n'avaient aucun casier judiciaire : les casseurs entrainés sont bien plus difficiles à attraper. Aujourd'hui, je suis sûr que les Gilets jaunes les plus hargneux ont appris et qu'ils ne se feraient plus prendre aussi facilement qu'il y a un mois.
Arnaud de Benedetti constate que la bêtise du gouvernement est en train de transformer une révolte en révolution :
*********
Le processus que nous vivons depuis quelques semaines est quasi révolutionnaire.
Révolutionnaire pour au moins deux raisons : parce qu'il exprime un recul spectaculaire et inquiétant de l'adhésion au cadre « légal rationnel », pour reprendre la formule de Max Weber, à l'intérieur duquel nous interagissons ; parce qu'il entraîne en retour une réaction, ou plutôt une sorte de néo-réaction qui coagule dans un irrépressible mouvement d'autodéfense les forces politiques, intellectuelles, administratives, économiques les plus intéressées, accrochées à la sauvegarde et protection de leurs positions.
De part et d'autre, la trajectoire est une montée aux extrêmes. Au regard des bienséances civiques, l'écart que s'autorisent les parties prenantes de cette confrontation, constitue le signal d'une évidente dégradation du socle institutionnel fondateur du régime. Certains manifestants, pas tous loin de là, n'hésitent pas à recourir à l'affrontement violent avec les forces de l'ordre ; l'exécutif de son côté active une sémantique, des postures explicitement clivantes, voire autoritaires peu susceptibles d'apaiser un climat inquiétant.
[…]
Parce qu'ils relèvent aussi d'une blessure démocratique, celle toujours non-cicatrisée du référendum déchiré de 2005, les gilets jaunes sont la première entreprise populaire de délégitimation de la doxa technocratique dont Maastricht demeure l'expression la plus achevée. Il aura fallu une taxe de trop, une incompréhension gouvernementale de ce qui se levait, une pincée de mépris communicant pour que s'ouvre sous nos yeux une époque dont nous percevons la genèse mais n'entrevoyons pas l'issue, nonobstant un débat national qui en laissant hors champ les questions européenne et migratoire montre que l'exécutif n'entend rien concéder de ce qui fait l'essentiel de sa vision du monde.
*********
Les révolutions arrivent toujours de la même façon, on l'a vu cent fois depuis la guerre d'indépendance américaine : c'est une révolte qui est traitée trop durement avec des concessions trop tardives et insuffisantes. Puis, les révoltés prennent conscience de leur force face à un gouvernement qui finit quand même par céder tout en réprimant et ils exigent non plus des concessions mais un changement de régime.
Comme éviter qu'une révolte ne se transforme en révolution ? En cédant tout de suite plus que ce qui est demandé, quitte à reprendre la main quelques mois après.
Comment distinguer une révolte qui a un potentiel révolutionnaire d'une autre qui ne l'a pas ? C'est tout l'art du gouvernement, qui ne s'apprend pas, à ce qu'on dirait, à l'ENA.
Dans le cas des Gilets jaunes, il y avait dès le début des signes qui auraient du mettre la puce à l'oreille d'un gouvernement non-autiste :
1) la sociologie : les Gilets jaunes, ce sont les oubliés de l'histoire depuis trente ans, cette France qui n'est ni des grandes métropoles ni de leurs banlieues. Cette France représente 50 % à 60 % de la population, donc le réservoir de Gilets jaunes potentiels est immense, ce ne sont pas les 140 000 cheminots de la SNCF. J'aurais été gouvernant, rien que cet aspect quantitatif m'aurait foutu les jetons (il semble bien que les vieux de la vieille, style Bayrou et Le Drian, aient tenté d'alerter Jupiter, mais quand on est con ...).
2) la présence inhabituelle dans les manifestations des ronds-points de femmes et de personnes âgées. Il est impossible que cette présence féminine sur les ronds-points n'ait pas été remontée par les préfets. Quand les femmes participent à la révolte, danger : la révolution n'est pas loin (là encore, un minimum de culture historique ...). C'est d'ailleurs en lisant un article sur les femmes des ronds-points que j'ai envoyé un message à une amie parisienne « Va voir une manif de Gilets jaunes, il se peut que tu assistes à un événement historique que tu raconteras à tes petits-enfants ».
3) La persistance. Les petits rigolos qui argent que quelques dizaines de milliers de Gilets jaunes, ce n'est pas grand'chose et donc qu'il faut leur rentrer dans le lard, oublient la sociologie exposée en 1) mais aussi qu'on n'a jamais vu une telle obstination, ça fait deux mois que ça dure.
Que des bons bourgeois, bien incultes, bien stupides, ne sachent qu'afficher mépris social (« Ils font des fautes d'orthographe »), craindre pour leurs biens et leur position sociale et appeler le gouvernement à la répression la plus dure (j'ai entendu ce matin : « Il faut faire charger les chevaux et tant pis s'il y a des morts »), sans aucun sens historique (au passage, s'il y a une analogie, c'est avec 1848, pas avec 1934) ni politique, ma foi, c'est navrant mais pas très surprenant. Voltaire les appelait les boeufs-tigres : « Bêtes comme des boeufs, féroces comme des tigres ».
En revanche, que des gouvernants ne soient pas plus évolués que ces imbéciles, c'est plus que navrant, c'est dangereux.
Le gouvernement a choisi l'escalade répressive, espérant faire de la peur du désordre son alliée en s'appuyant sur sa majorité parlementaire et médiatique, pour instaurer une tyrannie de fait qu'il lui permettrait de ne pas remettre en cause sa politique. C'est pure folie : on ne gouverne pas en réprimant les angoisses existentielles de la moitié du peuple.
Si j'étais Macron, je réglerais le problème autrement :
« Mes chers compatriotes.
J'ai pris mes résolutions. Je demande aujourd'hui au gouvernement de présenter une loi introduisant une dose de proportionnelle dans les modalités des élections législatives, afin que tous les partis soient représentés de manière plus juste. Il n'est pas démocratique d'exclure des partis, même s'ils sont extrêmes. Je demande à tous les partis politiques, en tenant compte de l'urgence nationale, de travailler pour que cette loi soit adoptée au plus vite, tous les retardataires assumeront leurs responsabilités devant les Français.
Une fois cette loi adoptée et promulguée, avant la fin de ce mois, je dissoudrai l'assemblée nationale et la parole sera au peuple. Vive la république ! Vive la France ! ».
Je crains que, même pour cette mesure radicale, il commence à être trop tard. Bientôt, il ne restera plus à Emmanuel Macron que la démission (un suicide à la romaine, ça serait encore plus classieux, mais je doute que son goût du théâtre le pousse jusqu'à ce point).
Pour vous faire rire :

Et le sieur Combaz :
Un article du 4 décembre, plus que jamais d'actualité :
L'incroyable faillite du maintien de l'ordre macronien
Pour résumer, cet article explique que la politique d'escalade sécuritaire du gouvernement, tout dans la confrontation violente, enseigne aux Gilets jaunes à devenir violents.
En effet, la violence suppose certaines techniques. C'est pourquoi les casseurs arrêtés n'avaient aucun casier judiciaire : les casseurs entrainés sont bien plus difficiles à attraper. Aujourd'hui, je suis sûr que les Gilets jaunes les plus hargneux ont appris et qu'ils ne se feraient plus prendre aussi facilement qu'il y a un mois.
Arnaud de Benedetti constate que la bêtise du gouvernement est en train de transformer une révolte en révolution :
*********
Le processus que nous vivons depuis quelques semaines est quasi révolutionnaire.
Révolutionnaire pour au moins deux raisons : parce qu'il exprime un recul spectaculaire et inquiétant de l'adhésion au cadre « légal rationnel », pour reprendre la formule de Max Weber, à l'intérieur duquel nous interagissons ; parce qu'il entraîne en retour une réaction, ou plutôt une sorte de néo-réaction qui coagule dans un irrépressible mouvement d'autodéfense les forces politiques, intellectuelles, administratives, économiques les plus intéressées, accrochées à la sauvegarde et protection de leurs positions.
De part et d'autre, la trajectoire est une montée aux extrêmes. Au regard des bienséances civiques, l'écart que s'autorisent les parties prenantes de cette confrontation, constitue le signal d'une évidente dégradation du socle institutionnel fondateur du régime. Certains manifestants, pas tous loin de là, n'hésitent pas à recourir à l'affrontement violent avec les forces de l'ordre ; l'exécutif de son côté active une sémantique, des postures explicitement clivantes, voire autoritaires peu susceptibles d'apaiser un climat inquiétant.
[…]
Parce qu'ils relèvent aussi d'une blessure démocratique, celle toujours non-cicatrisée du référendum déchiré de 2005, les gilets jaunes sont la première entreprise populaire de délégitimation de la doxa technocratique dont Maastricht demeure l'expression la plus achevée. Il aura fallu une taxe de trop, une incompréhension gouvernementale de ce qui se levait, une pincée de mépris communicant pour que s'ouvre sous nos yeux une époque dont nous percevons la genèse mais n'entrevoyons pas l'issue, nonobstant un débat national qui en laissant hors champ les questions européenne et migratoire montre que l'exécutif n'entend rien concéder de ce qui fait l'essentiel de sa vision du monde.
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Les révolutions arrivent toujours de la même façon, on l'a vu cent fois depuis la guerre d'indépendance américaine : c'est une révolte qui est traitée trop durement avec des concessions trop tardives et insuffisantes. Puis, les révoltés prennent conscience de leur force face à un gouvernement qui finit quand même par céder tout en réprimant et ils exigent non plus des concessions mais un changement de régime.
Comme éviter qu'une révolte ne se transforme en révolution ? En cédant tout de suite plus que ce qui est demandé, quitte à reprendre la main quelques mois après.
Comment distinguer une révolte qui a un potentiel révolutionnaire d'une autre qui ne l'a pas ? C'est tout l'art du gouvernement, qui ne s'apprend pas, à ce qu'on dirait, à l'ENA.
Dans le cas des Gilets jaunes, il y avait dès le début des signes qui auraient du mettre la puce à l'oreille d'un gouvernement non-autiste :
1) la sociologie : les Gilets jaunes, ce sont les oubliés de l'histoire depuis trente ans, cette France qui n'est ni des grandes métropoles ni de leurs banlieues. Cette France représente 50 % à 60 % de la population, donc le réservoir de Gilets jaunes potentiels est immense, ce ne sont pas les 140 000 cheminots de la SNCF. J'aurais été gouvernant, rien que cet aspect quantitatif m'aurait foutu les jetons (il semble bien que les vieux de la vieille, style Bayrou et Le Drian, aient tenté d'alerter Jupiter, mais quand on est con ...).
2) la présence inhabituelle dans les manifestations des ronds-points de femmes et de personnes âgées. Il est impossible que cette présence féminine sur les ronds-points n'ait pas été remontée par les préfets. Quand les femmes participent à la révolte, danger : la révolution n'est pas loin (là encore, un minimum de culture historique ...). C'est d'ailleurs en lisant un article sur les femmes des ronds-points que j'ai envoyé un message à une amie parisienne « Va voir une manif de Gilets jaunes, il se peut que tu assistes à un événement historique que tu raconteras à tes petits-enfants ».
3) La persistance. Les petits rigolos qui argent que quelques dizaines de milliers de Gilets jaunes, ce n'est pas grand'chose et donc qu'il faut leur rentrer dans le lard, oublient la sociologie exposée en 1) mais aussi qu'on n'a jamais vu une telle obstination, ça fait deux mois que ça dure.
Que des bons bourgeois, bien incultes, bien stupides, ne sachent qu'afficher mépris social (« Ils font des fautes d'orthographe »), craindre pour leurs biens et leur position sociale et appeler le gouvernement à la répression la plus dure (j'ai entendu ce matin : « Il faut faire charger les chevaux et tant pis s'il y a des morts »), sans aucun sens historique (au passage, s'il y a une analogie, c'est avec 1848, pas avec 1934) ni politique, ma foi, c'est navrant mais pas très surprenant. Voltaire les appelait les boeufs-tigres : « Bêtes comme des boeufs, féroces comme des tigres ».
En revanche, que des gouvernants ne soient pas plus évolués que ces imbéciles, c'est plus que navrant, c'est dangereux.
Le gouvernement a choisi l'escalade répressive, espérant faire de la peur du désordre son alliée en s'appuyant sur sa majorité parlementaire et médiatique, pour instaurer une tyrannie de fait qu'il lui permettrait de ne pas remettre en cause sa politique. C'est pure folie : on ne gouverne pas en réprimant les angoisses existentielles de la moitié du peuple.
Si j'étais Macron, je réglerais le problème autrement :
« Mes chers compatriotes.
J'ai pris mes résolutions. Je demande aujourd'hui au gouvernement de présenter une loi introduisant une dose de proportionnelle dans les modalités des élections législatives, afin que tous les partis soient représentés de manière plus juste. Il n'est pas démocratique d'exclure des partis, même s'ils sont extrêmes. Je demande à tous les partis politiques, en tenant compte de l'urgence nationale, de travailler pour que cette loi soit adoptée au plus vite, tous les retardataires assumeront leurs responsabilités devant les Français.
Une fois cette loi adoptée et promulguée, avant la fin de ce mois, je dissoudrai l'assemblée nationale et la parole sera au peuple. Vive la république ! Vive la France ! ».
Je crains que, même pour cette mesure radicale, il commence à être trop tard. Bientôt, il ne restera plus à Emmanuel Macron que la démission (un suicide à la romaine, ça serait encore plus classieux, mais je doute que son goût du théâtre le pousse jusqu'à ce point).
Pour vous faire rire :

Et le sieur Combaz :
Libellés :
Combaz,
Gilets jaunes,
l'impasse Macron
samedi, décembre 01, 2018
Un mulet
J'ai vu le général de Villiers chez Zemmour et Naulleau. Il m'a fait une impression très désagréable : un faux-cul de compétition.
De toute façon, il n'y a pas de secret : depuis les aventures du général Boulanger, le pouvoir politique sélectionne comme chefs d'état-major des généraux dont il est sûr de la servilité. Ils se donnent des airs martiaux, mais le fond de leur promotion, c'est la servilité. Joffre, Gamelin ... Je ne vois pas de raisons que le général de Villiers soit une exception.
De toute façon, qu'est-ce que c'est un général français en 2018 ? Un officier qui parle bien anglais pour pouvoir faire son sketch dans les réunions de l'OTAN. Tout est dit.
Libellés :
armée,
Combaz,
trahison de la classe dirigeante
jeudi, novembre 29, 2018
Gilets jaunes et intelligence collective
Je ne suis pas un grand démocrate. Et la démocratie participative, c’est encore moins mon truc. De plus, je pense que l’intelligence des occidentaux s’effondre.
Pourtant, je trouve que les gilets jaunes font preuve d’intelligence collective :
1) Ne pas avoir de chef ni de représentant, c’est génial. Ca évite la corruption habituelle, la magouille entre achetés, la fausse opposition, les syndicats faussement revendicatifs.
2) Les revendications en apparence contradictoires (bien que demander plus de services publics en campagne, moins d’impôts sur les pauvres, plus sur les riches, ce n’est pas si contradictoire) empêchent les mesurettes (les gros bourrins des medias ont du mal à comprendre que cette incohérence est plutôt un atout).
3) Refuser d’écouter en attendant des mesures factuelles prévient en partie les entourloupes de la « communication », c’est-à-dire de la manipulation professionnelle.
Nous sommes plus dans une situation révolutionnaire, où c’est le fonctionnement de la société qu’on met en cause, que dans une revendication catégorielle. Je ne crois pas que la situation soit encore mûre pour une vraie révolution (il ne faut pas se laisser emporter par le romantisme), mais c’est la tendance.
Quelle que soit la suite des événements, la fonction a créé l'organe : c'est parce que la démocratie représentative a fait faillite, parce que, concrètement, les hommes des partis politiques (1) et des syndicats (et, plus largement, de tous les corps intermédiaires, Eglise comprise) ont trahi leur mission représentative, préférant profiter benoitement des délices de l'intégration dans un système oligarchique confortable (2), que les gilets jaunes ont créé cette démocratie non-représentative spontanée et inédite.
Le destin « normal » est des gilets jaunes est d'être récupérés et phagocytés par les partis traditionnels (3).
Je suis curieux de la suite. Nous vivons des temps inquiétants mais passionnants.
Comparaison n’est pas raison… mais n’est pas forcément con non plus. La grande concertation lancée par Emmanuel Macron pourrait-elle déclencher unprocessus similaire à celui des Etats-généraux de 1789 ?
************
(1) : en unissant les bourgeoisies de droite et de gauche, Emmanuel Macron a dévoilé l'imposture de la fausse alternance droite-gauche (qui en réalité sont d'accord sur l'essentiel, je ne vous fais pas la liste) et validé la notion d'UMPS popularisée par le FN. Mais le système est plus vaste : c'est l'UMPSFN. Le FN garantit que l'UMPS restera indéfiniment au pouvoir, puisqu'il empêche l'émergence d'une opposition plus sérieuse. Il faudrait une alliance FI + FN, façon M5S + La Liga en Italie, pour vraiment ébranler le Système. C'est peu probable.
(2) : le sous-titre du livre célèbre de Christopher Lasch La révolte des élites était La trahison de la démocratie. Tout est dit.
(3) : c'est dommage, je ne connais pas assez l'histoire du mouvement des Tea Parties aux Etats-Unis pour faire un éventuel parallèle. Ils on probablement contribué à l'émergence de Trump.
Pourtant, je trouve que les gilets jaunes font preuve d’intelligence collective :
1) Ne pas avoir de chef ni de représentant, c’est génial. Ca évite la corruption habituelle, la magouille entre achetés, la fausse opposition, les syndicats faussement revendicatifs.
2) Les revendications en apparence contradictoires (bien que demander plus de services publics en campagne, moins d’impôts sur les pauvres, plus sur les riches, ce n’est pas si contradictoire) empêchent les mesurettes (les gros bourrins des medias ont du mal à comprendre que cette incohérence est plutôt un atout).
3) Refuser d’écouter en attendant des mesures factuelles prévient en partie les entourloupes de la « communication », c’est-à-dire de la manipulation professionnelle.
Nous sommes plus dans une situation révolutionnaire, où c’est le fonctionnement de la société qu’on met en cause, que dans une revendication catégorielle. Je ne crois pas que la situation soit encore mûre pour une vraie révolution (il ne faut pas se laisser emporter par le romantisme), mais c’est la tendance.
Quelle que soit la suite des événements, la fonction a créé l'organe : c'est parce que la démocratie représentative a fait faillite, parce que, concrètement, les hommes des partis politiques (1) et des syndicats (et, plus largement, de tous les corps intermédiaires, Eglise comprise) ont trahi leur mission représentative, préférant profiter benoitement des délices de l'intégration dans un système oligarchique confortable (2), que les gilets jaunes ont créé cette démocratie non-représentative spontanée et inédite.
Le destin « normal » est des gilets jaunes est d'être récupérés et phagocytés par les partis traditionnels (3).
Je suis curieux de la suite. Nous vivons des temps inquiétants mais passionnants.
Comparaison n’est pas raison… mais n’est pas forcément con non plus. La grande concertation lancée par Emmanuel Macron pourrait-elle déclencher unprocessus similaire à celui des Etats-généraux de 1789 ?
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(1) : en unissant les bourgeoisies de droite et de gauche, Emmanuel Macron a dévoilé l'imposture de la fausse alternance droite-gauche (qui en réalité sont d'accord sur l'essentiel, je ne vous fais pas la liste) et validé la notion d'UMPS popularisée par le FN. Mais le système est plus vaste : c'est l'UMPSFN. Le FN garantit que l'UMPS restera indéfiniment au pouvoir, puisqu'il empêche l'émergence d'une opposition plus sérieuse. Il faudrait une alliance FI + FN, façon M5S + La Liga en Italie, pour vraiment ébranler le Système. C'est peu probable.
(2) : le sous-titre du livre célèbre de Christopher Lasch La révolte des élites était La trahison de la démocratie. Tout est dit.
(3) : c'est dommage, je ne connais pas assez l'histoire du mouvement des Tea Parties aux Etats-Unis pour faire un éventuel parallèle. Ils on probablement contribué à l'émergence de Trump.
mardi, juillet 17, 2018
Campagnol 413 Transformer un pays en territoire, c'est déjà le préparer à l'invasion
Christian Combaz a raison. Il faut être attentif au vocabulaire de nos maîtres les enculés. Quand ils changent un mot, c'est qu'ils s'apprêtent à nous l'enfoncer profond.
J'en profite pour rappeler la mémoire du regretté Simon Leys, qui avait fait du goût du mot juste un principe de vie. Priez pour lui.
vendredi, mai 04, 2018
jeudi, avril 05, 2018
mercredi, mars 14, 2018
mercredi, mars 07, 2018
dimanche, février 25, 2018
jeudi, février 15, 2018
samedi, septembre 16, 2017
Portrait de Marianne avec un poignard dans le dos (C. Combaz)
Contrairement à Eric Zemmour, Christian Combaz pense que la France ne se suicide pas, elle est assassinée, et il connaît les assassins, qu’il a fréquentés à Sciences-Po et au Figaro, du temps du giscardo-mitterrando-chiraquisme.
Je suis d’accord avec l’analyse de Combaz. Dommage qu’elle soit polluée par un ton aigre et au moins une erreur factuelle (baptiser Coluche « Antoine ») qui fait douter du reste. De plus, il truffe son livre d’allusions incompréhensibles au non-initié, c’est fort désagréable : soit il dénonce, soit il ne dénonce pas, mais cette manière de rester le cul entre deux chaises fait passer le lecteur pour un con.
De plus, il me semble qu’un ton plus gai eut mieux convenu : certes, la situation est grave, mais c’est l’esprit mousquetaire que de plaisanter dans le chaud de l’assaut. En parlant d’esprit mousquetaire, Combaz fait une allusion acide à Tillinac (je pense que c’est de lui qu’il s’agit sans en être sûr. Est-il marié à une pharmacienne ?), l’accusant d’avoir plus de gueule que de cœur.
Je peux comprendre l'aigreur de Combaz : c'est un pilote privé qui a du arrêter de voler faute d'argent, alors que de moins doués mais mieux en cour faisaient fortune à Paris grâce à leur souplesse dorsale.
Toujours est-il que je lui donne raison : oui, les années fatales sont les années Giscard, Mitterrand, Chirac. Les malheurs Sarkozy, Hollande, Macron ne sont qu’une funeste conséquence. Oui encore, dans ces années là, les enfants sans père ou s’opposant au père dans une adolescence perpétuelle (ils citent Hollande et Royal), bref les enfants jamais devenus pleinement adultes, ont pris le pouvoir médiatique et politique, les années Canal Plus, SOS Racisme et compagnie.
Extrait 1 de Portrait de Marianne avec un poignard dans le dos
J’ai un net souvenir, malgré mon jeune âge, d’Olivier de Kersauzon et de Jacques Martin se moquant sans cesse aux Grosses Têtes des curés à qui ils devaient pourtant ce qu’ils savaient, comme ils le reconnaissaient par ailleurs. Si ce n’est pas de l’ingratitude … C’est l’époque où les vices ont commencé à être fêtés, encensés, célébrés.
L'auteur a du style, lui. Il a été rayé du Figaro Vox (faux espace de liberté) après un article décapant sur le manque de style de Hollande.
Extrait 2 de Portrait de Marianne avec un poignard dans le dos
Macron en Woody de Toy Story, c'est très bon.
Combaz s’est réfugié à la campagne, comme Renaud Camus et Bernard Lugan. C’est plus confortable, mais cela ne règle pas le problème politique : d’une part, les campagnes sont à peine moins atteintes, d’autre part, les villes continuent à gouverner. Quand les Turcs ont pris Byzance, les paysans grecs n’ont pas continué leur vie comme si de rien n’était, ils se sont soumis aux nouveaux maîtres.
Je suis d’accord avec l’analyse de Combaz. Dommage qu’elle soit polluée par un ton aigre et au moins une erreur factuelle (baptiser Coluche « Antoine ») qui fait douter du reste. De plus, il truffe son livre d’allusions incompréhensibles au non-initié, c’est fort désagréable : soit il dénonce, soit il ne dénonce pas, mais cette manière de rester le cul entre deux chaises fait passer le lecteur pour un con.
De plus, il me semble qu’un ton plus gai eut mieux convenu : certes, la situation est grave, mais c’est l’esprit mousquetaire que de plaisanter dans le chaud de l’assaut. En parlant d’esprit mousquetaire, Combaz fait une allusion acide à Tillinac (je pense que c’est de lui qu’il s’agit sans en être sûr. Est-il marié à une pharmacienne ?), l’accusant d’avoir plus de gueule que de cœur.
Je peux comprendre l'aigreur de Combaz : c'est un pilote privé qui a du arrêter de voler faute d'argent, alors que de moins doués mais mieux en cour faisaient fortune à Paris grâce à leur souplesse dorsale.
Toujours est-il que je lui donne raison : oui, les années fatales sont les années Giscard, Mitterrand, Chirac. Les malheurs Sarkozy, Hollande, Macron ne sont qu’une funeste conséquence. Oui encore, dans ces années là, les enfants sans père ou s’opposant au père dans une adolescence perpétuelle (ils citent Hollande et Royal), bref les enfants jamais devenus pleinement adultes, ont pris le pouvoir médiatique et politique, les années Canal Plus, SOS Racisme et compagnie.
Extrait 1 de Portrait de Marianne avec un poignard dans le dos
J’ai un net souvenir, malgré mon jeune âge, d’Olivier de Kersauzon et de Jacques Martin se moquant sans cesse aux Grosses Têtes des curés à qui ils devaient pourtant ce qu’ils savaient, comme ils le reconnaissaient par ailleurs. Si ce n’est pas de l’ingratitude … C’est l’époque où les vices ont commencé à être fêtés, encensés, célébrés.
L'auteur a du style, lui. Il a été rayé du Figaro Vox (faux espace de liberté) après un article décapant sur le manque de style de Hollande.
Extrait 2 de Portrait de Marianne avec un poignard dans le dos
Macron en Woody de Toy Story, c'est très bon.
Combaz s’est réfugié à la campagne, comme Renaud Camus et Bernard Lugan. C’est plus confortable, mais cela ne règle pas le problème politique : d’une part, les campagnes sont à peine moins atteintes, d’autre part, les villes continuent à gouverner. Quand les Turcs ont pris Byzance, les paysans grecs n’ont pas continué leur vie comme si de rien n’était, ils se sont soumis aux nouveaux maîtres.
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samedi, septembre 09, 2017
Simone Weil : le déracinement contagieux
La lecture de Simone Weil me laisse un sentiment d'étrangeté : beaucoup d'affirmations péremptoires mais profondes. J'aurais envie d'avoir plus de justifications, de débat ...
Toujours est-il que ses fulgurances sont intéressantes. Elle identifie l'enracinement comme un besoin fondamental de l'homme, besoin détruit par la vie moderne.
Mais elle va plus loin : il y a des maladies sociales contagieuses, comme le communisme et la désinformation, qui continuent à se propager bien après que leur source soit morte.
Le déracinement est l'une de ces maladies sociales contagieuses.
Les déracinés veulent déraciner ceux qui ne le sont pas encore, par jalousie de ne plus avoir ce qu'ils ont perdu, pour ne plus sentir, par comparaison, ce manque douloureux, ou, tout simplement, par incompréhension de la valeur d'une chose qu'ils ignorent.
Or, Christian Combaz (je parie qu'il a lu Weil) identifie les soixante-huitards, giscardiens ou maoïstes, qui ont détruit la France, comme des déracinés : métèques, enfants du divorce, bourgeois (jamais très enracinés) de province montés trop vite à Paris (dont François Hollande) etc. Pensez à Coluche par exemple ...
Pour Combaz, contrairement à Zemmour dans Suicide français, la responsabilité n'englobe pas tous les Français, les coupables sont bien identifiés, ils ont des visages et des noms.
Extraits de Portrait de Marianne avec un poignard dans le dos
Quelles que soient les responsabilités, le résultat est terrifiant :
Extrait d'un article du Figaro :
L'anecdote rapportée par Hervé Juvin dans son remarquable essai, La Grande séparation, pour une écologie des civilisations (Gallimard) résume, à elle seule, ce malaise identitaire. « Une jeune fille de 12 ans, interpellée par la conversions de ses camarades d'école qui choisissent le voile, demande à sa mère, « Et nous, nous sommes quoi ? ». La mère, cadre supérieure d'une entreprise bancaire répond spontanément: « Nous, nous ne sommes rien … ».
Toujours est-il que ses fulgurances sont intéressantes. Elle identifie l'enracinement comme un besoin fondamental de l'homme, besoin détruit par la vie moderne.
Mais elle va plus loin : il y a des maladies sociales contagieuses, comme le communisme et la désinformation, qui continuent à se propager bien après que leur source soit morte.
Le déracinement est l'une de ces maladies sociales contagieuses.
Les déracinés veulent déraciner ceux qui ne le sont pas encore, par jalousie de ne plus avoir ce qu'ils ont perdu, pour ne plus sentir, par comparaison, ce manque douloureux, ou, tout simplement, par incompréhension de la valeur d'une chose qu'ils ignorent.
Or, Christian Combaz (je parie qu'il a lu Weil) identifie les soixante-huitards, giscardiens ou maoïstes, qui ont détruit la France, comme des déracinés : métèques, enfants du divorce, bourgeois (jamais très enracinés) de province montés trop vite à Paris (dont François Hollande) etc. Pensez à Coluche par exemple ...
Pour Combaz, contrairement à Zemmour dans Suicide français, la responsabilité n'englobe pas tous les Français, les coupables sont bien identifiés, ils ont des visages et des noms.
Extraits de Portrait de Marianne avec un poignard dans le dos
Quelles que soient les responsabilités, le résultat est terrifiant :
Extrait d'un article du Figaro :
L'anecdote rapportée par Hervé Juvin dans son remarquable essai, La Grande séparation, pour une écologie des civilisations (Gallimard) résume, à elle seule, ce malaise identitaire. « Une jeune fille de 12 ans, interpellée par la conversions de ses camarades d'école qui choisissent le voile, demande à sa mère, « Et nous, nous sommes quoi ? ». La mère, cadre supérieure d'une entreprise bancaire répond spontanément: « Nous, nous ne sommes rien … ».
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