Un très bon passage sur tous nos gens de pouvoir qui ont un problème avec leur père (Royal, Hollande, Macron, Sarkozy, etc.).
La relation entre la covidémence et la forclusion du père est évidente : le père est celui qui apprend à se détacher de son narcissisme puéril et à affronter droit les épreuves de la vie, dont, évidemment, la maladie et la mort.
Les covirelax ont pour caractéristique commune d'être des hommes libres, ce que ne sont jamais les prisonniers de la relation adolescente d'opposition au père.
Asselineau, c'est le type qui se prend pour Bocuse parce qu'il connaît Escoffier par coeur.
100 % théorie, 0 % pratique, 0 % bon sens.
Je n'en veux pas personnellement à Asselineau : je l'englobe dans le mépris que j'ai pour les technocrates français, mais, parmi ces êtres méprisables, il est loin d'être celui qui mérite le plus d'opprobre. C'est d'ailleurs pourquoi il est un bon exemple qui nous invite à la réflexion.
*************** Le clivage nous ramène à la distinction fondamentale de la philosophie médiévale, entre ceux, les réalistes, pour qui les faits se découvrent, s’interprètent, doivent être respectés et sont naturellement sources de débat puisqu’aucun être humain n’est tout puissant au point de tout comprendre du réel ; et ceux, les nominalistes, qui ne croient pas que les mots ou les concepts sortent des choses : ce sont des constructions de l’esprit, qui permettent de manipuler le réel. Les réalistes sont les pères de la démocratie : ils acceptent un débat permanent qui permet de se rapprocher de la bonne politique. Les nominalistes sont les pères du totalitarisme puisqu’ils cherchent à imposer la victoire de leurs concepts arbitraires.
***************
De Gaulle est un étalon, à la fois évident et inaccessible, mais qui est capable aujourd'hui de porter un tel pragmatisme au service de fermes principes ?
Et manipulés nous l’avons été comme jamais, par exemple au moment de la dernière élection présidentielle, où en bons toutous qu’ils sont, les français ont massivement voté pour celui que l’Etat Profond avait sélectionné pour eux. Et plus le niveau d’éducation de l’électeur était élevé et plus il a voté pour le candidat que la nomenklatura avait choisi pour lui [il y a des exceptions, vous dirait La Lime Consulting]. Ce qui m’amène à une proposition dont j’espère qu’elle sera retenue par notre intelligentsia : Devraient être interdits de vote tous les gens qui ont des diplômes.
[…]
La bonne nouvelle est que la gauche est devenue bête et fasciste.
La mauvaise nouvelle est qu’ils sont encore au pouvoir chez nous.
Mais plus pour très longtemps, car le peuple est en train de s’en rendre compte [Gave é toujours été un optimiste débridé. 70 % des Français se défient des médias Mais 12 086 782 Français (différence entre le score de Macron au second tour et celui au premier tour) ont été assez cons pour se laisser prendre à l’hystérie médiatique à la neige comme quoi le fascisme aurait été à nos portes et Macron un moindre mal, mais, comme Gave dit, plus on est diplômé plus on est influençable par les baraques montées par les medias].
************
Les cris des cloportes contemporains m’amusent et me lassent à la fois. Nous sommes entrés dans une ère sans culture — donc sans humilité. « C’est votre avis, ce n’est pas le mien ! » clament les gros connards dont nos classes sont pleines. Mais qui es-tu pour avoir un avis, crapule ?
[…] Mes étudiants, nos élèves de façon générale, sauf les plus intelligents qui ont choisi l’humilité, qui est le plus sûr chemin pour arriver au Moi, sont en toute occasion des consommateurs. Ils ont encore une certaine révérence pour les produits chers (de l’i-phone à la Rolex de Séguéla, on leur fait miroiter une série de gadgets onéreux dont la possession, leur dit-on, étendra leur surface, comme si être était désormais avoir). Mais ils méprisent souverainement les produits gratuits — et l’enseignement est à leurs yeux une denrée de très bas étage. Ils sont les premiers à calculer que le salaire des profs n’est si bas que parce qu’ils vendent un produit de rebut. À noter que leurs parents, pour l’essentiel, pensent de même, ce qui explique le taux invraisemblable d’agressions d’enseignants, ces petits fonctionnaires qui accablent leurs grands chéris. Tout comme les consommateurs de trottinettes électriques qui vous rasent les moustaches et vous cassent les pieds. « J’ai bien le droit d’exister ! » clament-ils à 40 à l’heure en sillonnant les trottoirs.
Dois-je avouer qu’il me vient souvent de belles envies de meurtre ? Un coup d’épaule, et plouf dans le Vieux-Port !
Le pire, c’est qu’au fond de leur inconscient, nos contemporains savent que leur Moi est nul. Alors, ils s’assemblent en groupes pour exister davantage. La segmentation en communautés — de couleur, de religion, ou de sexe — est révélatrice de cette insuffisance inavouée. Plus ils ont l’Ego dilaté, et plus leur Moi est déficient. Le communautarisme est la réponse à ce sentiment diffus d’insuffisance. Ils se pelotonnent les uns contre les autres pour oublier qu’il fait froid dans leurs cervelles pleines de courants d’air. Du coup, l’avis du groupe (et il en est de tous les groupes comme des supporters de foot, ils s’alignent sur l’opinion du plus bête pourvu qu’il parle fort) devient l’avis de chacun. Ah, la solitude du prof qui cherche encore à donner une autonomie de pensée à ces héros du zéro !
************
Serge Federbusch fait exactement la même analyse que moi (que nous, car nous sommes nombreux à la faire) : le gouvernement Macron refuse sciemment de chercher une issue politique, qui est de sa responsabilité, à la crise des Gilets jaunes et joue l'escalade répressive de manière à envenimer les choses et à profiter des troubles ainsi provoqués pour renforcer son pouvoir et nous faire basculer un peu plus dans la tyrannie.
Cette politique est une véritable trahison. Vous ne pouvez en être surpris : depuis son apparition sur la scène publique, Emmanuel Macron est un traitre au plein sens du terme, un Pétain modernisé (sans les états de service).
En attendant qu'il soit jugé en Haute Cour comme il le mérite, Emmanuel Macron porte et portera la pleine et entière responsabilité des troubles et des drames que sa politique provoque.
Les Français se sont enfin souvenu qu’ils étaient un peuple guerrier, car il y a un peu de furia francese dans la manière dont les Gilets jaunes sont revenus manifester quatre samedis de suite malgré toute la pression médiatique, politique et policière en sens contraire.
Xavier Raufer rappelle (dans un autre article que celui en lien), avec un bon sens politique qu’on aimerait trouver au gouvernement, qu’il ne faut pas trop jouer avec les nerfs d’un vieux peuple régicide. Je pense que Macron risque sa tête, pas symboliquement, et qu’il n’en a aucune conscience (pas tout de suite, mais il a encore trois ans à tirer, ça peut être long).
Comme Michel Onfray et d’autres qui se sont penchés sur les revendications des Gilets jaunes, je suis étonné de leur maturité et de leur pertinence.
Inversement, ceux qui leur montrent du mépris (« Analphabètes, beaufs, bourrins, abrutis par la télé, arriérés, bouseux, assistés, quémandeurs, socialistes, jaloux … », j’ai entendu une liste assez longue ces derniers jours) ne me semblent pas comprendre grand’chose au film, alors qu’ils se croient supérieurement instruits et intelligents. Notamment, leur inaptitude à une analyse systémique m’interroge. Mais peut-être est-ce simple hypocrisie de leur part : une analyse systémique les obligerait à avouer qu’ils sont les gagnants (ou qu’ils croient être les gagnants, point fondamental) d’un système profondément injuste et anti-démocratique et que les Gilets jaunes le mettent en péril et, donc, les mettent en péril.
Ils ont aussi la vue bien basse : incapables de reconnaître le peuple, et non telle ou telle catégorie, quand il descend dans la rue. Pourtant, il ya des signes distinctifs qui ne hantent pas toutes les manifestations : drapeau tricolore et Marseillaise. Peut-être les bourgeois anti-Gilets jaunes sont-ils daltoniens et un peu sourds ?
Je sens que ce round-ci est fini. La victoire des Gilets jaunes est incontestable : Macron résiste encore et, comme un animal blessé, comme l’abruti borné et arrogant qu’il est, il reste redoutable et doit déjà préparer sa vengeance, mais, pour cette fois, les « Gaulois réfractaires » ont montré qu’ils pouvaient faire reculer le monstre technocratique, le parti de l’étranger, ces gens de l’administration qui se comportent vis-à-vis de la France et des Français comme des colons en terrain conquis.
Ensuite ? Il faut mettre en avant la revendication d'un vrai referendum d'initiative populaire, c'est-à-dire avec un seuil assez bas et sans contrôle ni parlementaire ni de constitutionnalité.
De toute façon, la situation est retournée, le temps jouait pour Macron, désormais le temps joue pour les Gilets jaunes : les déficits italiens vont se creuser, les déficits français vont, grâce aux Gilets jaunes, vont aussi se creuser et les Allemands vont se retrouver face à la question « Voulez vous vraiment partager une monnaie avec ces gens ? ». Bruno Berthez envisage une « japonification », déjà en route : un océan de dettes financé par la planche à billets qui englue l'économie, qui ne va ni bien ni mal. Sauf que le Japon est une nation, pas l'Euroland : cette politique économique provoquera des tensions politiques.
************** Lorsque j’entends quelques éditorialistes de talents et médiatisés expliquer que la faiblesse du mouvement [des gilets jaunes] c’est son absence d’organisation et des revendications disparates, je me dis que vraiment, « ils » n’ont rien compris.
Bon, en fait, « ils » ont très bien compris que les vents de la grande histoire commençaient peut-être à souffler.
L’absence d’organisation et les revendications disparates sont la faiblesse d’un mouvement, mais la force d’une révolution.
[...] Une vraie révolution est armée ? Eh bien globalement non. Presque jamais. En 1917, quelques coups de fusil furent tirés, mais les vrais massacres arrivent après la chute du pouvoir en place. Avant, c’est de la « gnognotte ».
C’est plutôt qu’à un moment, les leviers de commande ne répondent plus et que les moyens ne sont plus suffisants pour enrayer la révolte plus ou moins pacifique.
Si l’on ne tire pas sur la foule, il arrive un moment où les grenades lacrymogènes ne sont plus suffisantes.
Ce jour-là, l’armée tire ou se retire. La police tire ou se retire.
Si elle tire, le pouvoir sombre du côté du crime contre l’humanité. S’il ne tire pas, il tombe tout court comme un fruit mûr et prend la fuite. Macron ira à Berlin. Je pensais qu’il irait aux États-Unis, mais Trump le laissera certainement se démerder avec ses sans-dents au mordant acéré. Un remake de la fuite de Varennes.
[...] Est-ce une révolution Sire ? C’est encore un petit tôt pour le dire. On sera fixé samedi.
Si samedi prochain, le 24 novembre, les sans-dents montent à Paris et profitent de leur week-end pour bloquer le pays alors oui, on pourra dire à Macron, « Sire, c’est une révolution ».
Macron a voulu se comporter comme un monarque et risque de finir comme notre dernier roi.
Les journalistes sont étonnés. Les Parisiens sont étonnés. Cela relève un manque de culture historique crasse.
Quand de Gaulle lance l’appel du 18 juin, il appelle les officiers, les ingénieurs et les classes éduquées.
Il est rejoint par de « pauvres » bougres [ce n'est pas tout à fait vrai : la sociologie de la Résistance est plus bourgeoise que la moyennende la population. En revanche, les premiers Résistants ont souvent dans leur parcours antérieur des éléments originaux, ce sont rarement des bourgeois modèles, style premiers de la classe, ils ont des signes d'iconoclasme]. Des sans-dents de l’époque qui puaient déjà la clope et le gasoil, surtout quand ils rejoignaient l’Angleterre dans des rafiots puants.
Les nations sont toujours vendues par les riches et sauvées par les gueux…
Les beaux quartiers qui s’empiffrent peuvent frémir… Les gueux sont de sortie et ils sont très fâchés.
**************
Dans mon milieu de cadres parisiens, je me demande souvent quelle supériorité désigne le terme « CSP+ classe socio-professionnelle supérieure », car ils ne comprennent pas Trump, ils ne comprennent pas les gilets jaunes. En fait, ils ne comprennent pas grand'chose au monde qui les entoure, mais aimeraient bien qu'on leur laisse vivre peinards leur petite vie confortable et au diable ceux qui payent le prix de leur confort. Bref, ces « enragés du centre », qui montaient à l'assaut de la barricade de Marius dans Les Misérables, aussi extrémistes dans leur genre que les communistes ou que les fascistes. Depuis quarante ans (Giscard), ils croient malins en vendant la France à l'Allemagne pour que le monde qui les a faits ne change pas. L'Europe allemande, cette grande idée ...
Quel rapport avec Ebola ?
Le contrôle policier (écoutes, interceptions, espionnages divers) et social (lois scélérates, intériorisation du politiquement correct) est tellement fort que, contrairement à Charles Sannat, je n'ai aucun doute sur le fait que le mouvement des gilets jaunes ne se transformera pas en révolution. Sauf si ...
Sauf s'il se passe un événement qui concerne tout le monde, qui fait très peur et qui fait perdre toute confiance dans les autorités, comme une pénurie de pain ... ou une épidémie d'Ebola ... ou autre chose.
Le truc à comprendre, c'est que le Système devient de plus en plus fragile, car trop interconnecté, trop contraint, trop détesté, trop endetté (relire Antifragile). On ne sait ni le jour ni l'heure ni le moyen, mais on sait que la dislocation n'a jamais été si probable. Rien ne sert d'essayer de prévoir l'avenir, en revanche, il faut être prêt à saisir les occasions qui se présenteront.
Finalement, donner la parole et l'indépendance aux femmes n'était pas une bonne idée : avant, nous étions cerné par les cons, aujourd'hui il faut y ajouter les connes. Ca fait double encerclement.
Emmanuel Macron est le président des Autres. Il est le président de tout le monde sauf des Français de France : il est le président des riches, des bourgeois de l'hyper-classe mondialisée, des européistes, des immigrés, des Français de l'étranger, des Français pas vraiment français, des financiers apatrides, des banquiers cosmopolites, des Algériens etc. bref, vraiment de tout le monde sauf de ses seuls mandants légitimes, les Français de France.
Et, à ce titre de président des Autres, il est aussi le président des islamistes.
Le plus navrant de cette histoire est que tout cela était prévu, que la psychologie et la politique de Macron représentaient des dangers gravissimes. Et pourtant il a été élu. Il s’est trouvé suffisamment de crétins pour ça, pour élire un pervers narcissique assoiffé de transgression et de destruction.
Christian Combaz a raison. Il faut être attentif au vocabulaire de nos maîtres les enculés. Quand ils changent un mot, c'est qu'ils s'apprêtent à nous l'enfoncer profond.
J'en profite pour rappeler la mémoire du regretté Simon Leys, qui avait fait du goût du mot juste un principe de vie. Priez pour lui.