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vendredi, juillet 10, 2020

Pourquoi le pétainisme a-t-il vaincu le gaullisme ?

Régulièrement, dans les commentaires de ce blog ou sur Twitter, je me prends la tête avec des pétainistes. Je m'énerve facilement car, pour moi, ce sont des menteurs, des gens avec qui on ne peut pas discuter de bonne foi. Ils nient l'histoire, ils vivent dans une histoire parallèle où Pétain aurait été un grand homme et non un funeste ambitieux sur le tard.

Aujourd'hui, en 2020, il y a deux pétainismes, intimement liés.

1) Le pétainisme historiographique. Il consiste à penser que l'armistice de 1940 était la meilleure, ou la moins pire, ou la seule, solution. En conséquence, le gouvernement de Vichy était légitime et ses actes engageaient la France comme si ce gouvernement avait été libre et souverain.

C'est la thèse paxtonienne, du nom de l'historien américain Robert Paxton. C'est la thèse d'Eric d'Eric Zemmour et de ses opposants (voir ce billet).

C'est une négation totale du gaullisme (ce que ses tenants se gardent bien de dire franchement). Pour faire bonne mesure, les plus audacieux reprochent à De Gaulle d'avoir ouvert la porte aux communistes, ce qui ne serait pas arrivé si nous avions été soumis aux Américains (l'argument est fallacieux : les communistes auraient vécu leur vie quasiment de la même manière. Le rapport de forces était ce qu'il était).

Comme constatait avec une logique implacable Philippe Seguin : « Si Vichy c'était la France, les Résistants sont des traitres, les Justes des rebelles, le général De Gaulle un félon. Il faut débaptiser immédiatement l’aéroport de Roissy et le rebaptiser Aéroport Philippe Pétain et de même avec la place de l’Etoile et un bon paquet de rues et d’avenues de France ».

En face, il y a les défenseurs du gaullisme historique comme François DelplaJacques Sapir et Bertrand Renouvin. Ils sont fort peu nombreux.

2) Le pétainisme politique, qui considère que la France ne mérite pas sa souveraineté, qu'elle doit se chercher activement un protecteur, allemand ou américain, ou les deux, et qu'aucune compromission ou bassesse contraire l'honneur ne doit faire obstacle à ce but, qui est la sagesse même.

C'est la politique suivie depuis Giscard, dont Macron est l'apothéose.

Des incohérents, comme Eric Zemmour, soutienne le pétainisme historiographique sans soutenir le pétainisme politique. C'est une impasse de leur part.

Il est aisé de voir ce qui lie les deux pétainismes, que nous appellerons pétainisme au sens large.

Comme dit Marcel Gauchet, « Le pétainisme, c'est la pente des politiciens médiocres de répondre au voeu majoritaire des Français de mourir dans leur lit ». On peut remplacer « mourir dans leur lit » par « ne pas faire d'effort ou de sacrifice pour la patrie » et le sens n'en est pas fondamentalement changé.

Pourquoi un tel succès du pétainisme ?

C'est très simple :

1) Les médiocres sont beaucoup plus nombreux que les héros. S'il n'y a pas à la tête du pays un héros qui suscite l'héroïsme des meilleurs, les médiocres prennent le dessus.

De plus, nous vivons une époque dont les valeurs et les principes sont une incitation permanente à la médiocrité. Tout ce qui suscite l'héroïsme (le sens de l'honneur, le patriotisme, la virilité, l'indépendance d'esprit) est mal vu. 

Il y a des gens qui ne veulent, tout simplement, pas être bousculés au nom de l'intérêt supérieur de la patrie.

2) Les descendants de pétainistes tiennent beaucoup de leviers du pouvoir. Les gaullistes historiques furent toujours une infime minorité, alors que les pétainistes furent largement méjoritaires. Il est instructif de compter les descendants de pétainistes dans l'administration, dans la magistrature, dans l'industrie. Les chiens ne font pas des chats.

Mais il y a une troisième composante que j'ai plus de mal à comprendre, moins simple. Une sorte d'allergie au don-quichottisme gaullien. Des gens qui auraient certes résisté aux Anglais mais qui auraient trouvé que Jeanne d'Arc en faisait un peu trop. Comme je suis un peu foufou, j'ai beaucoup de mal à comprendre cette réticence, pour moi, cette exubérance est un argument de séduction.

Je pense que Raoult a tapé juste en faisant de notre gestion de l'épidémie de COVID une nouvelle défaite de 40.

Cette affiche du début du confinement me semble toujours d'actualité :


samedi, juin 06, 2020

Le Figaro Histoire ... pétainiste.

Le journal de la bourgeoisie d'argent reste égal à lui-même.

Son numéro du Figaro Histoire est anti-gaulliste.

Il fait la part belle à Henri-Christian Giraud, petit-fils de son grand-père et adepte des thèses de celui-ci, c'est tout dire.

D'une certaine manière, c'est rassurant qu'il y ait des invariants, même si ce sont des invariants dans la trahison. Je trouve du plus haut comique l'allergie à De Gaulle de gens qui, par ailleurs, nous expliquent qu'ils vénèrent Jeanne d'Arc, alors que les deux personnages partagent au moins l'espérance envers et contre tout.

Ce sont de nouveau les pétainistes qui tiennent le haut du pavé, que ce soit dans l'interprétation historique ou dans la politique actuelle. Ce n'est pas une raison pour baisser les bras, c'est une raison de plus pour se battre et leur péter la gueule.



Epidémie, censure : la guerre de la classe dirigeante contre les peuples continue.

La guerre sanitaire

Ce que l’affaire de l’hydroxychloroquine et du Lancet dit de nos élites décadentes

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Le problème de notre nomenklatura ne réside pas seulement dans la haine qu’elle voue à l’esprit critique. Il réside encore plus dans le caractère moutonnier de cette haine. On déteste Raoult parce que la Cour le déteste, parce qu’il est ridicule, parce qu’il a les cheveux longs, parce qu’il n’accepte ni l’étiquette, ni le protocole, ni les usages en vigueur sous les ors de la République.

La nomenklatura aime se soumette à l’autorité

Et bien sûr, ce qui saute aux yeux, c’est la soumission à l’autorité. Cela nous saute aux yeux parce qu’il s’agit bien d’un éternel recommencement, d’une éternelle faiblesse enseignée doctement, patiemment, à Sciences Po, dans les grandes classes préparatoires, dans les grandes écoles, de l’ENA à HEC. The Lancet a écrit, donc c’est vrai, sans le moindre doute, sans la moindre précaution, sans la moindre réserve. Les Américains ont publié, donc c’est aussi infaillible qu’une bulle de Pie X.

Cette abdication de tout esprit critique de la nomenklatura face à l’autorité, qu’elle porte une blouse blanche, une bure dominicaine, une bannière américaine ou un uniforme vert-de-gris, a fait le sel de la décision publique en France à travers les siècles. Les plus forts ont décidé, donc on obéit, et on pourfend tous ceux qui résistent. Il était évident ce jour-là que ne pas organiser un autodafé des oeuvres de Didier Raoult, que prononcer son nom sans l’assortir d’un qualificatif injurieux devenait un crime contre l’humanité passible au minimum d’un bannissement immédiat de toutes les bonnes villes de France.

Dans ce réflexe quasi-mécanique, on ne lira pas seulement la faillite complète de l’Éducation Nationale dans la construction intellectuelle des meilleurs. On y lira comme dans le marc de café l’annonce de prochaines dictatures, de prochains décrets sur la race, de prochaines collaborations à Montoire ou ailleurs.

Sur le fond, les membres de la nomenklatura se croient étalons. Ils ne sont que des veaux. 
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Néo-pétainisme 

J'appelle néo-pétainisme la conjonction de deux politiques :

1) Considérer que la France ne mérite pas d'être souveraine et indépendante et doit séduire activement un protecteur, allemand ou américain, voire chinois, s'y soumettre avec joie et bassesse (il ne faut pas oublier que les pétainistes envisageaient allègrement de passer sans transition de la soumission allemande à la soumission américaine).

Et que, au fond, l'idée même de nation est fautive.

2) Considérer que la démocratie est un leurre dangereux et qu'il est préférable que le pays soit géré (pas dirigé) par des technocrates  qui se cooptent entre eux. Là encore, je rappelle que Vichy était le paradis des technocrates, ne revenons pas sur le cas emblématique de Jean Bichelonne.

Emmanuel Macron est l'archétype, le chef d'oeuvre, du néo-pétainisme. Il ne s'en cache même pas.

C'est pourquoi voter Macron est une trahison et toutes les « bonnes » raisons qu'on peut me donner de voter Macron ne peuvent me convaincre. Quand je dis que je préférerais une chèvre à Macron, je ne plaisante pas, il faut me prendre au premier degré. Blanchette est sympa, elle au moins.

Dis autrement, pour les gens qui sont incapables de comprendre les choses exprimées de manière plaisante, je préférerais que la présidence de la république soit occupée par Marine Le Pen, ou par un citoyen tiré au sort, ou même laissée vacante, plutôt qu'elle soit occupée par Emmanuel Macron ou un de ses semblables. Je peux difficilement être plus clair.

Tiens, au fait, Macron vient de supprimer le défilé du 14 juillet, avec les meilleures raisons du monde bien entendu.

La lemairisation de la connerie



Vous reprendrez bien un petit peu de censure ?

La loi Avia fait de la France un pays en pointe dans la censure, mais le problème est mondial.

Comme souvent, le combat décisif aura lieu aux États-Unis.

Le déclenchement des hostilités a eu lieu il y a quelques jours à travers deux tweets du Président Trump concernant le vote par correspondance. Donald Trump dénonçait la forte probabilité que les résultats d'un tel scrutin s'avèrent frauduleux. Twitter se sentit obligé de rajouter un avertissement sur ces messages, les classant de facto comme des informations à prendre avec des pincettes.



Le biais gauchiste des réseaux sociaux, comme des médias en général d'ailleurs, est un phénomène largement observé et documenté - et a même fait l'objet d'un billet détaillé sur ce blog, parmi de nombreux autres. Pour ne prendre qu'un exemple, la plus grande communauté pro-Trump sur Internet, le fameux canal The_Donald de Reddit, fort de 8 millions de membres, fut saboté par la plateforme sur des prétextes fallacieux, forçant les Internautes à se créer une nouvelle plateforme parallèle.

[…]

Quelques jours après l'épisode du "fact-checking", Twitter récidiva en dénonçant un autre tweet de Trump comme "faisant l'apologie de la violence". Le Président en exercice en avait en effet appelé au respect de la loi et de l'ordre au début des émeutes organisées à la suite du décès de George Floyd... Quelle apologie, en effet ! Et depuis que Twitter a franchi le Rubicon, la plateforme s'en donne à cœur-joie. Ainsi, Donald Trump apparaît en premier sur une recherche avec le terme "racisme".

Twitter regorge de milliers, si ce n'est de millions, de messages appelant à tuer M. Trump, ses supporters, et les Républicains en général, sans qu'aucun des auteurs de tels message ne soit inquiété. Le délit "d'apologie de la violence" n'est visiblement pas pour tout le monde.

On peut aussi appeler au génocide des juifs sur Twitter. Les responsables iraniens comme Ali Khamenei ou Javad Zarif ne s'en privent guère. Cela a d'ailleurs amené un élu américain à s'inquiéter que la plateforme laisse ainsi libre court à des appels au meurtre en servant la soupe aux régime de Téhéran. Il pense ainsi que Twitter viole les sanctions internationales.

Bref, si vous êtes raciste anti-blanc, islamiste, antisémite, porté sur la violence au nom de "l'antifascisme" ou simplement de gauche, vous n'avez pas de grandes craintes à avoir quant à votre utilisation des réseaux sociaux, quels que soient les excès auxquels vous vous livrez. 

[Trump riposte par un décret présidentiel ôtant la protection de l'article 230 (irresponsabilité juridique vis-à-vis des contenus) aux publieurs (qui ne font que mettre à disposition des outils) qui se comportent comme des éditeurs (qui interviennent sur le contenu)]

On s'en doute, l'interprétation de l'article 230 finira devant les tribunaux, et probablement très vite. La bataille est d'importance puisque les réseaux sociaux sont désormais le nouvel espace public dans lequel se forme l'opinion. Ces derniers le savent bien et pèsent déjà de tout leur poids sur la campagne présidentielle américaine de 2020.

Gagnée ou perdue, la bataille lancée par Donald Trump définira sans doute ce qui restera de la liberté d'expression sur Internet aux États-Unis, en sachant qu'elle sera toujours moindre dans le reste du monde.
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jeudi, février 13, 2020

Mauvais débat Zemmour-Tillinac

Tillinac a été mauvais comme un cochon tout du long et Zemmour, comme chaque fois qu'il est question de Pétain, n'a rien compris au film.

Pétain

J'ai déjà dit ce que je pensais du pétainisme de Zemmour dans ce billet.

Il est hautement significatif, et ça résume tous les errements de cette discussion, que le nom de Hitler n'ait pas été prononcé, ni par Tillinac, ni par Zemmour.

C'est comme critiquer un film en ignorant qu'il a eu un réalisateur.

D'un bout à l'autre de ce drame, Pétain est roulé dans la farine par Hitler. Les fameux meubles qu'il croit sauver, ce sont ceux que Hitler veut bien lui laisser pour l'amener vers d'autres concessions.

Les chiffres hallucinants d'exploitation économique de la France occupée devraient mettre un point final à ce faux débat. Il suffit de les regarder en face.

La thèse du glaive et du bouclier est absurde parce que Pétain n'a jamais été qu'un bouclier en carton, entièrement à la merci des manoeuvres hitlériennes. Ce que De Gaulle avait bien senti.

Le coup d'Etat de 1958

Tillinac est totalement con de nier que le retour au pouvoir de De Gaulle en 1958 fût un coup d'Etat. C'est une des plus belles manoeuvres politiques de notre histoire.



samedi, décembre 28, 2019

Le patriotisme, un concept étranger à notre classe dirigeante

One Nation Toryism rests on patriotism, a concept the Left struggles to understand.

C’est tout à fait transposable en France, sauf que le corps électoral français (de plus en plus différent du peuple, vu le taux d’abstention) a porté au pouvoir un anti-patriote : Macron est le Destructeur, l’anti-France personnifiée. Voter Macron au 1er tour, au 2ème tour, au 3ème tour, au 122ème tour, c’est de la trahison. Je l’ai expliqué à des collègues qui, bien évidemment, ont voté trahison. Je suis un grand diplomate.

Christophe Guilluy a tout dit : « Le vote Macron est un vote patrimonial ». Qu’en termes délicats ces choses là sont dites.

Ou cet exquis dialogue de Serge Federbusch que j'aime à répéter :

_ Que représentent les Gilets Jaunes (sous-entendu, les vrais, du début, pas les récupérateurs gauchistes du Système (1)) ?

_ Le patriotisme.

_ Et Macron ?

_ Le contraire.


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(1) :




vendredi, décembre 06, 2019

Qu'avons nous à sacrifier pour la France ?

Jean-François Colosimo : "Le libéralisme de Macron est un autoritarisme"

Je ne suis pas d'accord sur tout avec Rougeyron mais il est très juste sur l'anti-France :



J’aime beaucoup sa tirade à 1h11 sur la France, pays millénaire qui a survécu à tant de désastres et qui a peur d’un changement de monnaie. La peur de l’éclatement de l’Euro est maintenant un lieu commun de la politique française, on en parle comme on parle de corde dans la maison d’un pendu. Je trouve cela humiliant : un grand pays comme la France serait terrifié à l’idée de changer de monnaie et de retrouver sa souveraineté monétaire ? De qui se moque-ton ?

Aujourd'hui encore, un an après, je ne vois aucune raison de revenir sur le petit dialogue de Serge Federbusch :

_ Qu'est-ce que les Gilets Jaunes ?

_ Le patriotisme.

_ Et Macron ?

_ Le contraire.


mardi, avril 09, 2019

Nice et la France, c'est tout un.










Commentaire que j'ai laissé chez Yves Daoudal, d'où provient le billet ci-dessus :

Si vous êtes surpris (j'en doute), c'est que vous n'avez pas compris à quel point la France d'en haut (y compris dans l'Eglise, d'ailleurs) est pourrie.

Cette pourriture vient de loin : c'est le retour des zélateurs de l'Europe allemande et technocratique, après la parenthèse gaulliste.

Cette France d'en haut cumule deux croyances complémentaires (à mon avis, gravement fausses toutes les deux) :

1) Ceux d'en haut savent mieux que ceux d'en bas ce qui est bon pour ... pour qui exactement ? C'est souvent très flou : la France ? Les Français ? L'Europe ? L'humanité ? La classe dirigeante elle-même ?

Quoi qu’il en soit, la consultation de ceux d'en bas est une mascarade destinée à les faire se tenir tranquilles.

2) La France ne peut vivre dans l'honneur et dans l'indépendance. Le mieux qu'elle puisse espérer est d'être reconnue comme le laquais en chef de l'Allemagne, ou, éventuellement, des Etats-Unis (cette double allégeance étant cohérente).

A partir de ces deux croyances fausses, on comprend le phénomène Macron.

La fausse alternance qui servait à tromper les Français n'était plus tenable.

Macron représente le dévoilement de ce mensonge et le passage en force de la France d'en haut dans toute sa brutalité.

Macron a été élu sur un coup d'Etat politico-judiciaire et, depuis, il gouverne comme il a été élu : en force. Sa logique, c'est « J'ai tous les pouvoirs et toi aucun. Alors tu fermes ta gueule et tu souffres en silence ou je te tape ! ».

Toute la France officielle (notamment les instruments de répression, justice, police, fisc) s'aligne sur ce comportement, c'est pure lutte de pouvoir. Tous les coups sont permis.

C'est déshonorant à titre individuel pour les juges et pour les policiers qui participent à cette politique ignoble. Aujourd'hui, leur conscience les juge et j'espère qu'un jour c'est un peu plus que leur conscience qui les jugera.

L'image la plus juste qui me vient : le pouvoir des hommes de l'Etat sur les Français est colonial (au pire sens du terme) et les Français doivent mener une guerre de décolonisation pour se libérer.

Tant qu'ils n'auront pas compris cela, ils ne pourront que se cogner sans but contre les murs de leur prison au lieu de se battre pour sortir.

J'ajoute : la prison dans lequel l'Etat français enferme les Français porte un nom. Court, facile à retenir : l'UE, avec son mitard, l'Euro.

Tant que les Français n'auront pas envie de liberté au point de faire exploser l'Euro, ils seront ridicules de gémir.



mercredi, avril 03, 2019

La Grande-Bretagne est notre alliée naturelle (pas l'Allemagne)

Une raisons parmi d'autres :



On voit aussi les souffrances de l'Italie.

Même en prenant en compte la veulerie, la bêtise et la soif de servitude de notre classe dirigeante (qui donnent chacune une bonne idée de l'infini), même en n'oubliant pas qu'elle est composée de fayots et de courtisans dans l'âme, sa fascination pour l'Allemagne garde une part de mystère.

Je ne suis pas le seul que cette maladie mentale de nos Agnan intrigue.


samedi, mars 30, 2019

Ze Brexit suite

🦁 Les votes of no confidence ont commencé dans les sections locales du parti dit conservateur  (faut vraiment le dire vite : ils sont aussi conservateurs que LR en France, c'est dire !) pour virer les candidats les plus anti-Brexit en cas de general election mais la procédure est compliquée et il est peu probable qu'elle ait un gros impact.

🦁 D’après le pointage du Telegraph, en cas de dissolution, il y aurait encore une majorité d’anti-Brexit au Parlement.

🦁 Les Brexiters du gouvernement essaient de forcer May à un no deal.

🦁 Enfin, comme la connerie de l’UE et en particulier de Macron n’est pas un vain mot, il se pourrait que Bruxelles refuse d’étendre le délai accordé à la Grande-Bretagne, pour la contraindre à choisir entre la révocation de l'article 50 (rester dans l'UE définitivement) et no deal, dans l'espoir, bien entendu, que la révocation l'emporte (ce qui est, à mon avis, bien mal connaitre les Anglais) ou que la Grande-Bretagne sorte en catastrophe et échoue (ce qui est une surévaluation de la difficulté du no deal). Et que l'européisme triomphe dans tous les cas.

L'issue la plus probable d'une telle politique serait que les Anglais fassent no deal et prospèrent. Et que l'européisme prenne une claque.



🐓 Et pour nous ? Le Brexit est une catastrophe : il laisse notre classe dirigeante ultra-pétainiste en tête à tête avec les casques à pointe de Berlin, alors que notre allié naturel est la Grande-Bretagne. Comme disaient avec crainte les Français des années 40 quand Pierre Laval partait pour Berlin : « Qu'est-ce que le maquignon va encore brader ? » (1).

Conclusion plus générale : pour que la démocratie fonctionne, il faut que les deux partis à vocation majoritaire s'opposent. Quand ils sont d'accord et que le vote se réduit à un choix entre blanc bonnet et bonnet blanc, la machine se grippe.

C''est un drame pour la France qu'il n'y ait plus d'opposition. Les petits calculs partisans des uns et des autres ne peuvent justifier cette trahison de leurs devoirs.

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(1) : il est symptomatique de l'aveuglement d'un certain type de politicien que Pierre Laval ait compris seulement au cours de son procès qu'il risquait sa tête.

mercredi, mars 13, 2019

Le « couple franco-allemand » : un suicide français

Petits coups de canif entre amis : mais à quoi jouent Paris et Berlin ?

(Bien sûr, je m'oppose à la fin de l'article : il faut liquider l'Euro. Le plus tôt sera le mieux).

Le « couple franco-allemand » n'existe que de ce coté-ci du Rhin. Vu de l'autre coté, les choses sont claires : « Tout ce qui est à moi est à moi, tout ce qui est à toi est négociable ».

Nous nous sommes déjà fait baiser en beauté avec EADS/Airbus. Les Français ont presque tout apporté, les Allemands pas grand'chose et ils ont pris le pouvoir.

Nous sommes partis pour faire le SCAF, futur chasseur après le Rafale, avec les Allemands : c'est un suicide (même sketch qu'EADS : nous allons donner, ils vont prendre). Les Allemands réclament notre siège permanent au conseil de sécurité de l'ONU sans aucune contrepartie : c'est un suicide.

Je ne comprends vraiment pas l'intérêt d'attacher notre destin à un pays sans avenir, en complet naufrage démographique. Faut-il que nos dirigeants détestent la France et les Français pour montrer autant de constance à leur faire du mal, et de plus long terme possible.

Le suicide consiste à donner le peu qui nous reste alors que nous devrions le transmettre en legs. Comme si nos dirigeants voulaient rendre le sursaut français impossible, le déclin irréversible.

Il est évident, pourtant, que notre allié de choix se trouve de l'autre coté de la Manche. Parce que nous envisageons beaucoup de choses de la même manière, parce que nos tailles s'équilibrent.

Certains me reprochent de parler de néo-pétainisme, mais tout de même, la politique de Macron ressemble terriblement à celle de Pétain : s'avilir devant l'Allemagne, puissance du moment, sans voir plus loin que le bout de son nez, sans voir que l'avenir est peut-être de l'autre coté de l'eau.

Et l'histrion de l'Elysée n'a même pas l'excuse, tout à fait valable pour Pétain, d'une défaite accablante et d'un ennemi à l'intelligence diabolique.

Il faudrait tout de même veiller à ne pas oublier que, par deux fois au XXème siècle, l’Allemagne a tenté d’abaisser définitivement la France. La plus extrême prudence, pour ne pas dire méfiance, devrait être la règle de saines relations. Macron, c’est tout le contraire.



Edouard Husson insiste, dans d'autres articles, sur le fait que le problème de la France est de ne pas savoir sélectionner ses élites. Notamment, l'ENA ne fait pas la différence entre un baratineur de talent sans pensée propre (à l'évidence, Husson pensait à Macron, mais il y en a fouletitude d'autres) et une vraie personnalité.

Je partage cette inquiétude. La solution est en nous. Mais où ?


samedi, mars 02, 2019

La France vendue à la découpe




Et cette video très marrante car elle vient de l'extrême-gauche (ici, on appelle les choses par leur nom, on n'emploie pas des périphrases à la con genre « la gauche de la gauche ») :


jeudi, février 28, 2019

Macron : un gouvernement de trahison

Chaque jour qui passe confirme que le gouvernement Macron est un gouvernement de trahison, comme pouvait l'être le gouvernement Pétain en 1940, sans même l'excuse d'une écrasante défaite militaire.

Il ne s'agit plus de discuter des circonstances louches (1) de l'élection d'Emmanuel Macron. Nous sommes désormais bien au-delà de ces débats. C'est le contenu de sa politique qui est une trahison en soi et le déligitime complètement.

Emmanuel Macron est au service de l'idéologie mondialiste au détriment de la France. C'est un Fabien qui a réussi, avec toute la sournoiserie et la félonie que cela suppose.

Je pensais que le nouveau Pétain serait mon idole Juppé. Je me suis trompé d'une génération mais le résultat est là : un traitre est au pouvoir.

La privatisation d'ADP n'est qu'un exemple :

« Pourquoi la privatisation d'Aéroports de Paris est un scandale politique »

Plus grave :

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En 1968, 2,5% des nouveaux-nés avaient un prénom musulman. En 2015, ce chiffre est passé à 18,5 %, soit quasiment un enfant sur 5.

Ce sont les données de l’enquête de Jérôme Fourquet dans son livre L’Archipel français.

En quelques décennies, tout a changé. La France, à l’heure des gilets jaunes, n’a plus rien à voir avec cette nation soudée par l’attachement de tous aux valeurs d’une république une et indivisible. Et lorsque l’analyste s’essaie à rendre compte de la dynamique de cette métamorphose, c’est un archipel d’îles s’ignorant les unes les autres qui se dessine sous les yeux fascinés du lecteur. C’est que le socle de la France d’autrefois, sa matrice catho-républicaine, s’est complètement disloqué.

Jérôme Fourquet envisage d’abord les conséquences culturelles et morales de cette érosion, et il remarque notamment combien notre relation au corps a changé (le développement de certaines pratiques comme le tatouage et l’incinération en témoigne) ainsi que notre rapport à l’animalité (le veganisme et la vogue des théories antispécistes en donnent la mesure). Mais, plus spectaculaire encore, l’effacement progressif de l’ancienne France sous la pression de la France nouvelle induit un effet ” d’archipelisation ” de la société tout entière : sécession des élites, autonomisation des catégories populaires, formation d’un réduit catholique, instauration d’une société multiculturelle de fait, dislocation des références culturelles communes.
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Emmanuel Macron n'est pas responsable de tout mais il accélère sciemment et délibérément ce mouvement de destruction de la France. Et le pire est devant nous : l'exode algérien.


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(1) : affaire Fillon, financement de la campagne.

mercredi, février 13, 2019

La violence « gratuite » des policiers : une inquiétante dérive milicienne (2)

L’accumulation de témoignages de violences policières produit un effet désastreux, on ne peut plus accuser des dérives individuelles.

Prenons un angle différent des violences physiques. Pour changer.

Sur toutes les videos que j’ai vues cette semaine (je dirais, une douzaine), les policiers (je ne crois pas avoir vu de gendarmes) tutoient les civils, passants ou manifestants (ça commence quelquefois par le vouvoiement et se termine par le tutoiement).

Anecdotique ? Pas du tout.

Quand une personne en situation de force, ce qui est évidemment le cas d’un policier (ou d’un président de la république), tutoie, c’est automatiquement une marque de mépris : ça insiste sur l'infériorité de l'interlocuteur. Quand, en plus, c’est pour donner des ordres, cela devient révoltant : on ne s'adresse plus à un citoyen mais à un sujet. C’est cela, justement, le passage de la police au service de la collectivité à la police au service d’intérêts particuliers, à commencer par le sien propre. Le passage de la police à la milice.

Comme quoi, de simples mots sont révélateurs.

Ces violences marqueront durablement la considération (ou son absence) pour la police, car elles n’arrivent pas à n’importe quel moment. Elles arrivent au moment où une partie des Français se réinvestit dans la politique. Et c’est précisément à ce moment que beaucoup de policiers se comportent comme des cow-boys agressifs et méprisants.

Et les syndicalistes policiers, dont ça serait le boulot de dénoncer ce qui doit l'être, motus ...

Allez donc après cela faire pleurer les Français sur les suicides de policiers, les orphelins de la police ou le « manque de moyens ». Va falloir sortir les rames.




De grands vicieux (et de grands malades ?)

JM Blanquer, ci-devant ministre de l’éducation nazionale, impose de mettre un drapeau français dans les classes. Jusque-là, pas grand'chose à dire (à part que c'est ridicule, au vu de la destruction de la France par l'EN).

Mais il y ajoute le drapeau européen, ce qui a été refusé par les Français en 2005 et est inconstitutionnel.

Bien entendu, venant de gens pour qui la France n’existe pas et qui souhaitent la victoire de l’Allemagne (1) préfèrent la langue allemande, nul doute que le premier est un simple accessoire pour faire passer le second.

Le vice à ce point, c’est pathologique. Et comme Blanquer n’est pas le plus con, ce n’est pas le moins vicieux.

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(1) : digression. Il y aurait une psychanalyse à faire sur cette fameuse phrase de Laval : « Je souhaite la victoire de l'Allemagne parce que, sans elle, le bolchevisme, demain, s'installerait partout ! ». Elle date du 22 juin 1942. Les Etats-Unis sont entrés en guerre depuis six mois. La victoire de l’Allemagne est devenue quasi-impossible, Laval ne peut l’ignorer. Son entourage, y compris sa fille adorée (grande copine d’Arletty, mais c’est un autre histoire), l’a supplié de la retirer, comprenant bien qu’elle pesait son poids de plomb.

mercredi, janvier 30, 2019

Loi anti-casseurs : Serge Federbusch





Serge Federbusch fait exactement la même analyse que moi (que nous, car nous sommes nombreux à la faire) : le gouvernement Macron refuse sciemment de chercher une issue politique, qui est de sa responsabilité, à la crise des Gilets jaunes et joue l'escalade répressive de manière à envenimer les choses et à profiter des troubles ainsi provoqués pour renforcer son pouvoir et nous faire basculer un peu plus dans la tyrannie.

Cette politique est une véritable trahison. Vous ne pouvez en être surpris : depuis son apparition sur la scène publique, Emmanuel Macron est un traitre au plein sens du terme, un Pétain modernisé (sans les états de service).

En attendant qu'il soit jugé en Haute Cour comme il le mérite, Emmanuel Macron porte et portera la pleine et entière responsabilité des troubles et des drames que sa politique provoque.

Et Campagnol, toujours excellent :

mercredi, janvier 23, 2019

Le grand démocrate Macron signe un traité de trahison

Emmanuel Macron est un grand démocrate.

Après avoir souhaité interdire l'anonymat sur internet (je n'apprécie pas l'anonymat mais je reconnais que c'est protecteur), il y a ça :






Et Macron est assisté par une presse moralement corrompue :

Presse française : le mode Full Propagande est activé

Heureusement, quelques journalistes sauvant l'honneur de la profession :

Quand la macronie voit des menteurs partout...

Mais on peut comprendre pourquoi Macron a besoin d'achever la démocratie française : c'est fondamentalement un traitre. Par ses convictions (la France est le vestige malsain d'un passé détestable, sauf à titre folklorique) et par ses appuis (la ploutocratie mondialisée).

La place de Macron est devant la Haute Cour.

Asselineau est un crétin, de ces gens intelligents qui ont une cervelle de colibri. Il confond la politique avec un concours d'entrée à l'ENA. Il a le charisme d'une serpillère mouillée, il est assommant comme pas un, mais si vous éprouvez des insomnies, c'est le remède :



Si vous ne vous êtes pas endormi avant la fin, vous savez tout sur la trahison que constitue le traité d'Aix-la-Chapelle.

Sinon, en plus court :

Traité d’Aix-la Chapelle : forfaiture et trahison !



Partager notre arme nucléaire et notre siège de membre permanent du conseil de sécurité de l'ONU avec l'Allemagne sans rien obtenir en contrepartie, qu'est-ce, si ce n'est une trahison pure et simple ?

Comme conclut Vanneste : non, le mot « trahison » n'est pas trop fort.

Pour vous réconforter, cet article lucide sur la difficulté, en même temps que la nécessité, de sortir de l'UE :

Il n’y a pas d'« exit » heureux

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Il ne faut pas se tromper : la sortie de l’Union européenne, c’est une guerre de libération. Bien sûr, une guerre feutrée, ou les armes ne sont pas des chars et des canons, mais des armes économiques. Imaginer que l’Union européenne hésitera à saboter l’économie, la santé, la cohésion territoriale du pays sortant au nom d’on ne sait quelle « amitié européenne » c’est se bercer de douces illusions. On l’a vu avec la Grèce. Dans les rapports internationaux – et, on a tendance à l’oublier, les rapports entre états européens sont des rapports internationaux – il n’y a pas beaucoup de place pour les sentiments ou les principes. Et si vous ne me croyez pas, regardez ce qu’ont été les discussions sur le Brexit. Menaces d’asphyxie économique, soutien ouvert ou déguisé aux indépendantismes en Ecosse et dans l’Ulster, campagnes sur une prochaine pénurie de médicaments ou de papier hygiénique – non, le ridicule ne tue pas – si le Brexit devait avoir lieu…

Ceux qui – et je me compte parmi eux – militent pour un retour à la pleine souveraineté de notre pays doivent prendre conscience que le Frexit – comme n’importe quel « exit » – ne sera pas, ne peut pas être un diner de gala. Bruxelles fera tout, y compris le pire, pour montrer que hors de l’Union point de salut. C’est pour les institutions européennes une question existentielle. Imaginer qu’on puisse récupérer les instruments de la souveraineté à travers un Frexit négocié, c’est aussi absurde qu’imaginer que Vichy aurait pu récupérer la pleine souveraineté en négociant avec le IIIème Reich. Cela n’existe tout simplement pas. Secouer le joug d’une domination est toujours douloureux, coûteux, tragique. Et ceux qui choisissent cette voie doivent être prêts à assumer le fait qu’à court terme du moins ils n’ont à proposer, comme disait Churchill, que du sang, de la sueur et des larmes. Comme tout choix véritablement politique, le choix du Frexit est nécessairement un choix tragique.

C’est là le point faible dans la médiatisation du projet souverainiste. Alors que le champ idéologique est dominé par des classes intermédiaires hédonistes qui tiennent avant tout à leur petit confort, il est difficile de parler d’effort et de sacrifice. Rien n’illustre mieux cette idéologie que le récent « tweet » de Ian Brossat, tête de liste du PCF aux élections européennes, qui décidément commence bien mal sa campagne. Voici ce qu’il écrit : « Quand on voit à quel point la Grande-Bretagne galère avec le Brexit, on se dit que l’idée d’une sortie de l’UE serait une folie pour la France. Pas d’autre choix qu’une transformation profonde de l’Union européenne ». Étonnant de voir un dirigeant communiste invoquer l’esprit de madame Thacher en proclamant « qu’il n’y a pas d’autre choix ». Mais surtout, que serait devenue la France si nos ancêtres, voyant à quel point les britanniques « galéraient » sous le Blitz, avaient conclu que combattre les Allemands était une « folie » ? On a envie de pleurer lorsqu’on pense que ce sont les héritiers du « parti des fusillés » qui tient ce genre de propos. Un parti qui se dit « révolutionnaire » mais qui craint les « galères ». A quand « la révolution sans effort » ?

Et ne croyez pas que c’est mieux ailleurs. S’il y a quelque chose qui réunit Bayrou et Marine Le Pen, Brossat et Hamon, Faure et Wauquiez, Dupont-Aignan et Jadot, Macron et Mélenchon, c’est la croyance que le salut viendra non pas de la reprise en main de nos affaires, mais de la « transformation profonde de l’Union européenne ». Transformation qui, bien entendu sera indolore pour tout le monde sauf peut-être pour le « 1% », c’est-à-dire, l’autre. Tous ces personnages communient dans le rejet de la « galère » que serait une sortie de l’UE. Et c’est logique : cette « galère » terrorise les classes intermédiaires, qui tiennent à leur statut et n’aiment l’effort que quand ce sont les autres qui le font. Remarquez, on a toujours le choix de voter pour l’UPR qui, elle, croit au « Frexit heureux » par la magie du droit…

C’est pourquoi le seul espoir du camp souverainiste est de construire un récit qui soit à la foi réaliste et mobilisateur. Inutile de raconter que demain on rase gratis, notre peuple sait très bien ce qu’il faut faire de ce type de discours. La sortie de l’Union européenne serait aujourd’hui, comme la Résistance hier, une aventure. Il est irresponsable – et peu crédible – de dire le contraire. On ne sortira pas de l’Union européenne en pantoufles. Alors autant avoir du panache et raconter le Frexit comme une aventure exaltante, et non comme une noce chez les petits bourgeois. La France populaire est prête à accepter des efforts et des sacrifices – elle en a fait beaucoup ces dernières années – à condition qu’ils soient justement repartis et surtout qu’ils aient un sens, d’où le besoin d’un « récit » d’avenir qui soit plus attractif que le darwinisme social qu’on nous propose. Un « récit » terriblement difficile à construire, dans la mesure où l’ensemble de l’establishment politico-médiatique est bien décidé à en empêcher l’émergence. C’est pourquoi le travail politique fondamental à mes yeux pour les progressistes aujourd’hui est la défense des jeunes pousses de ce « récit », contre tous ceux qui prêchent la soumission et la résignation comme moyen d’éviter les « galères ».
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lundi, novembre 26, 2018

Zemmour et Pétain

Ca commence à me gonfler. Eric Zemmour défend le pétainisme avec habileté et ses contradicteurs, pétris de caricatures, de savoir rétrospectif et de jugement contemporain, sont à chier.

Paul Thibaud décevant et Finkielkraut égal à lui-même, c'est-à-dire bien brave mais pas très intelligent :



Et Guillaume Durand en-dessous de tout, et hargneux :



Quand on regarde ces débats, Zemmour a raison :

1) la collaboration entendait bien sauver les meubles face à l'occupant allemand.

2) le statut des juifs est un produit direct de la défaite et de l'occupation allemande. Il s'agissait d'amadouer les Allemands en les devançant sur les juifs pour essayer d'obtenir des concessions sur autre chose.

3) oui, les juifs français ont moins souffert que les autres juifs d'Europe à cause de la mauvaise volonté de l'administration française, encouragée par Vichy, à aider les Allemands (des historiens contestent ce point, mais c'est qu'ils ne veulent pas perdre leur place à l'université).

Alors, où est le problème ?

C'est simple : les contradicteurs de Zemmour sont des pétainistes incohérents alors que Zemmour est un pétainiste cohérent. Il est donc bien normal que Zemmour l'emporte dans les débats.

Expliquons nous.

Le pétainisme considère que l'armistice était la moins mauvaise solution dans une situation dramatique (8 millions de Français sur les routes, 2 millions de prisonniers).

Mais de cette prémisse, découlent mécaniquement la collaboration, le statut des juifs et la rafle du Vel d'Hiv. En effet, à partir du moment où on met en face de l'occupant allemand, non plus une simple administration mais un gouvernement, quelle que soit sa légitimité, celui-ci ne peut qu'enchainer les concessions et les finasseries, quand on tient compte des 2 millions de prisonniers et de l'occupation de la moitié du territoire métropolitain.

Tous ceux qui nous racontent que le gouvernement de Vichy n'aurait pas du collaborer sont des imbéciles ou des salauds, des irresponsables. C'est totalement irréaliste.

Or, les contradicteurs de Zemmour sont des paxtoniens (du nom de Robert Paxton, historien américain qui traite le gouvernement de Vichy comme si les Allemands n'avaient pas existé). Ils sont totalement intoxiqués par le discours de trahison chiraquien « Vichy, c'était la France ».

Comme disait Philippe Seguin « Si Vichy c'était la France, les Résistants sont des traitres, les Justes des rebelles, le général De Gaulle un félon. Il faut débaptiser immédiatement l’aéroport de Roissy et le rebaptiser Aéroport Philippe Pétain et de même avec la place de l’Etoile et un bon paquet de rues et d’avenues de France ».

Les contradicteurs de Zemmour partant des mêmes présupposés pétainistes que lui mais étant moins rigoureux ne peuvent qu'avoir le dessous. D'ailleurs les pétainistes contemporains, qui considèrent que l'armistice était inéluctable, sont souvent aussi des néo-pétainistes, qui considèrent que la France ne doit pas défendre son indépendance et doit se coucher devant l'Allemagne, au nom de l'Europe (typiquement, Macron).

Alors, que répondre à Zemmour ?

C'est simple : l'ennemi du pétainisme existe, ça s'appelle le gaullisme. Il ne fallait pas signer l'armistice et toutes les conséquences, bonnes ou mauvaises, qui en découlent auraient été évitées.

Tout est déjà dit dans le discours du 18 juin 1940 et dans celui du 22 juin 1940.

Comme Zemmour n'est pas idiot, il sait (contrairement à ses contradicteurs !) que la position purement pétainiste est intenable, c'est pourquoi il soutient la thèse du glaive et du bouclier, De Gaulle et Pétain complémentaires. C'est un jeu intellectuel assez vain, ça rassure, mais cette analyse ne tient ni dans la psychologie ni dans la politique.

Que dit De Gaulle ? Qu'il ne faut rien négocier, ne pas se compromettre avec l'occupant et continuer le combat à partir de l'Algérie, ou de Londres par défaut. Faire ce qu'ont fait les gouvernements belges et hollandais.

Des gens ont étudié la question : c'était possible, incertain mais possible.

C'est le point qui sépare De Gaulle et Pétain : armistice ou pas armistice, le reste en découle. Le choix est binaire, c'est pourquoi la théorie du glaive et du bouclier est un sophisme. On remarquera pourtant que De Gaulle et Pétain font en 1940 la même erreur : il voit des ennemis allemands, ils ne voient pas les particularités du nazisme (ils ont d'ailleurs en partie raison : je suis navré de le rappeler, mais le nazisme ne sort pas de nulle part, il est très allemand). De Gaulle se rattrape par la suite. Pétain a été roulé dans la farine par Hitler, pas De Gaulle.

Mais là où ça devient comique, c'est que si le gaullisme l'avait emporté en 1940, c'est-à-dire si le gouvernement Reynaud avait déménagé en Algérie en laissant l'administration se démerder avec l'occupant, les juifs français auraient probablement beaucoup plus souffert, comme en Hollande.

Bref, la victoire de la politique gaulliste en 1940 aurait été meilleure pour la France et moins bonne pour les juifs. Avec Pétain, c'est l'inverse.

Mais, évidemment, quand on est inculte et endoctriné par une vision anachronique comme les contradicteurs de Zemmour, on ne peut faire une analyse correcte.

Pétain eut une occasion de revenir sur son erreur initiale en novembre 1942, lors de l'invasion de la zone sud : certains de ses conseillers l'encourageaient à prendre l'avion pour Alger. Il a refusé. C'est ce qui le condamne vraiment, bien plus que le statut des juifs (l'obsession contemporaine du judéocide fait oublier qu'il y avait une guerre en cours), un peu comme les Cents Jours condamnent plus Napoléon que tout ce qui a précédé.

A la décharge de Zemmour, je pense qu'il s'amuse bien face à des ignares pareils (quoique ça doit fatiguer à la longue).

Quand cet abruti de Durand rappelle à Zemmour que les députés communistes n'ont pas voté les pleins pouvoirs à Pétain. Et pour cause ! Ils étaient en prison du fait du pacte germano-soviétique.

Ou quand le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux, cite Maurras sur la distinction entre le pays réel et le pays légal en croyant citer Marc Bloch, il y a de quoi se pisser dessus de rire, car cette distinction n'est pas anecdotique, c'est un des fondements du maurrasisme. C'est comme citer Marx en croyant citer Tocqueville.

Zemmmour se fait plaisir en signalant que le De Gaulle d'après 1958 applique le programme diplomatique de Maurras dans Kiel et Tanger, en sachant que tous les imbéciles qui prennent Maurras pour le diable,  comme Nathalie Kosciusko-Morizet qui avait traité Patrick Buisson de maurassien, n'ont pas la moindre idée de la pensée de Maurras, un des plus grands penseurs français du XXème siècle (à part que Maurras, c'est mal, ce qui est tout de même un peu sommaire).

Pompidou a dit que Kiel et Tanger était un fondement de la diplomatie française, mais bon, comparer Pompidou à des phares de l'intelligence comme Castaner, Griveaux ou Macron, il y a comme un effet comique.

Bref, j'aimerais bien débattre avec Zemmour, il bosserait plus qu'avec les crétins qu'on lui oppose habituellement.






vendredi, novembre 09, 2018

Les carottes Vichy (la bourgeoisie française y était)

C'est un débat assez récurrent sur ce blog « La bourgeoisie française a-t-elle un tradition de trahison, notamment au profit de l'Allemagne ? ». Ma réponse est clairement positive (comme celle de Clemenceau et de Gaulle, entre autres).

Bien sûr, cela varie dans le temps : peu entre 1914 et 1918 ; beaucoup entre 1940 et 1944. Il y a des nuances : je n'oublie pas que la sociologie des Résistants était au-dessus de la moyenne.

Mais globalement, je maintiens mon analyse.

En tout cas, après guerre, c'est très clair : il y a une veine politique d'extrêmes centristes, forcenés de la trahison, combinant atlantisme et européisme, toujours prêts à brader les intérêts de la France pour complaire à Washington et à Berlin (auparavant, à Bonn) sans que la France en tire aucun avantage significatif en retour. C'est vrai aussi dans le domaine industriel (EADS, Alstom, ...).

Il y a continuité dans la trahison des bourgeois mous (sauf quand il s'agit de trahir. Là, ils savent être durs) : Schuman, Giscard, Hollande, Macron.


Vichy n’était pas la France, c’était le gouvernement des élites


Une tribune de Guillaume Bigot autour du livre "L'Etat contre les Juifs" de Laurent Joly

par

Guillaume Bigot

- 8 novembre 2018

Guillaume Bigot. ©GB

Saluant la publication du brillant essai, L’Etat contre les Juifs, que publie l’historien Laurent Joly, Guillaume Bigot en conteste néanmoins une partie des thèses. Bloc de traîtrise, de bêtise et de haine, le régime antisémite de Vichy a cependant empêché, selon lui, une extermination totale des juifs français.

Une brillante synthèse consacrée à la politique antisémite de Vichy vient de sortir : L’Etat contre les Juifs, signée de l’historien Laurent Joly. Ce travail d’une grande clarté permet à la France contemporaine de resituer précisément sur la fresque nationale cette tâche morale indélébile que fut Vichy. La resituer avec justesse, sans la minimiser mais sans non plus l’étendre à tout un peuple qui a subi le choix de ses dirigeants et à qui on n’a jamais demandé son avis. Ce n’est pas le moindre mérite du livre de Joly que de dénoncer cet amalgame permanent entre Vichy, la France et l’Allemagne. L’Etat contre les Juifs tord le cou à trois idées fausses.

Abject, l’antisémitisme français n’était pas nazi

La première, c’est que Vichy n’a jamais été comparable à l’Allemagne nazie. Cette conclusion saute d’autant plus aux yeux si l’on se place du point de vue des crimes antisémites. Certes, le régime de Vichy va, de son propre chef, édicter, le 3 octobre 1940, un statut des Israélites, faisant de nos compatriotes juifs des citoyens de seconde zone. Il n’en reste pas moins que l’antisémitisme de Vichy différait fort de l’antisémitisme génocidaire des nazis. L’écrivain royaliste et résistant Bernanos poussera d’ailleurs un cri surréaliste à la Libération : « Le nazisme a déshonoré l’antisémitisme. » Joly écrit : « La tradition antisémite autochtone n’était pas assez puissante pour aboutir à l’adoption d’une loi raciale. »

Vichy n’était pas Berlin : jamais le port de l’étoile jaune ne sera imposé en zone libre. L’Etat français n’est pas le Reich : même des antisémites virulents, comme Xavier Vallat (insultant Léon Blum à la Chambre, le 6 juin 1936 : « Pour la première fois, ce vieux pays gallo-romain sera gouverné par un juif ».) ne veulent pas que l’on arrête les « juifs respectables » ! En novembre 1943, René Bousquet écrit à un officier SS : « Pour les services de police, (…) le fait d’être israélite ne constitue une présomption de responsabilité, ni en matière politique, ni en matière de droit commun. »

Le zèle administratif français facilite les rafles

L’Etat contre les Juifs montre aussi comment le zèle administratif français va grandement faciliter la tâche criminelle des Allemands. A l’été 1942, les hommes de Vichy, au nom d’une pathétique « reconquête administrative », disent en substance aux Allemands : « On vous donnera le nombre de juifs que vous voulez mais laissez-nous faire et épargnez les juifs français ». A l’été 1942, l’Etat français opère donc en effet un choix déshonorant et ignoble.

Joly montre ainsi comment Vichy a sacrifié les juifs apatrides sur l’autel de la collaboration. C’est exactement le même argument que l’on retrouve sous la plume de Zemmour et dont on ne comprend pas bien pourquoi Joly tient absolument à dire qu’il est en désaccord avec lui. Des Juifs français sont raflés au passage et, horreur dans l’horreur, abomination au carré, les enfants nés sur notre sol, donc français, sont également livrés.

Contrairement à Zemmour et à Joly, l’historien Pierre Vidal-Naquet, contestant l’évidence de cette ignoble troc écrivait : « Des mesures n’ayant affecté que des étrangers… si cela était vrai, le crime n’en serait pas moins éclatant ! » Vidal-Naquet a moralement raison mais mathématiquement tort. Car si Vichy n’avait pas existé, le sort des Juifs dans l’Hexagone aurait été pire, bien pire. En France, 90 % des Juifs français, 86 % des enfants juifs français et étrangers et 60 % des Juifs étrangers survivront à la guerre. Partout ailleurs, les nazis détruiront entre 50 et 90 % des communautés israélites. Pour autant, Vichy n’a jamais été un moindre mal.

La France n’était pas Vichy

Sur 280 000 juifs recensés (sur 320 000) en 1941, il y aura tout de même 74 150 morts. Vichy est un bloc de traîtrise, de bêtise et de haine qui a livré les apatrides, arrêté ses concitoyens juifs et fait couler le sang des résistants et des alliés.

En jouant à cette farce tragique d’une souveraineté à la botte, Vichy va libérer deux millions de soldats nazis qui auraient dû autrement occuper notre vaste pays et saborder notre flotte qui était, en 1940, la première du monde, devant la Royal Navy.

La deuxième démonstration irréfutable de Joly, c’est que la France n’était pas Vichy. En marge d’un projet de loi antisémite, le chef adjoint du cabinet civil de Pétain note : « Le pays n’est pas antisémite… On dira que c’est un asservissement devant l’Allemagne, le racisme n’est pas apprécié dans ce pays parce qu’il est allemand. »

Bien sûr, un antisémitisme bien de chez nous a existé mais que pesait-il ? Le Journal Au Pilori, tiré à 65 000 exemplaires, organise un concours en 1943 à propos des juifs intitulé « Où les fourrer? » La gagnante en est une habitante de Clichy qui propose de stériliser les juifs. 65 000 exemplaires, c’est à comparer, avec les quelque 1200 journaux résistants qui seront distribués à plus de 2 millions d’exemplaires.

La France n’était pas Vichy en témoigne encore les rapports des préfets qui atterrissent sur le bureau du vieux maréchal. Ces rapports sont sans appel : l’étoile jaune ne passe pas, les restrictions alimentaires ne passent pas, la poignée de main avec Hitler ne passe pas.

Une minorité de héros… et de salauds

L’historien Henri Amouroux a raison : en juillet 1940, il y a bien 40 millions de pétainistes. Quelques mois plus tard, le 24 octobre, le soutien populaire s’effondre. C’est l’entrevue de Montoire. La France copine avec l’ennemi. Les Gaulois réfractaires ne l’acceptent pas. Vichy n’est pas la France… En témoigne le stoïcisme des populations civiles, notamment en Normandie, lourdement bombardée par les anglo-américains et qui réserve pourtant un accueil triomphal aux alliés qui débarquent en juin 44.

Certes, les héros furent peu nombreux. Mais les salauds aussi. Le sentiment dominant des Français, c’est la détestation du Boche qui pille et qui fusille. Quant au sort des Juifs, il est incompréhensible à la majorité. Le livre de Joly contient ce témoignage bouleversant d’une Française anonyme qui écrit à Pétain, en voyant passer des autocars chargés de femmes et d’enfants raflés : « Ce sont des charrettes de condamnés. »

La troisième leçon de vérité de ce livre, et sans doute la plus importante pour la France de 2018, c’est que les élites furent derrière Vichy et le peuple derrière la Résistance et les Alliés. Le principal mérite de Laurent Joly est sûrement de faire éclater la vérité sociologique de la Collaboration.

Qui étaient les collabos ? Les magistrats, les hauts fonctionnaires, les journalistes, les intellectuels et les pipoles… Comme c’est étrange. Le conseiller d’Etat Louis Canet, les hauts fonctionnaires Bousquet et Papon. Canet, Laval, Bousquet, trois petits marquis de bureau qui incarnent parfaitement un certain conformisme de classe.

Les petits marquis de la Collaboration

Écoutons Laurent Joly croquer le portrait de ces petits marquis : « Chez l’un comme l’autre, le franc-parler et le volontarisme affichés marquent une constante soumission aux forces dominantes du moment, sur fond d’égo hypertrophié et d’amour immodéré du pouvoir. »

Cynique, méprisante et vaniteuse, notre classe dirigeante a semble-t-il peu changé.

« Par ces temps de terreur, il est trop grave de faire connaître ses sentiments s’ils ne sont pas absolument conformistes », note l’avocat Maurice Garçon dans son Journal (1939-1945).

En d’autres termes qu’à l’époque, dans Paris occupé, existait un politiquement correct, socialement très marqué [votez Macron !]. Entre 1940 et 1944, la « France d’en haut » pariait sur Hitler. Or, aujourd’hui, les élites qui veulent brader la souveraineté veulent aussi charger les épaules du peuple français du fardeau de la culpabilité morale des classes dirigeantes d’hier ! Les couches, les CSP les plus représentées dans la défense des sans-papiers, dans la haine de Trump et du Brexit, dans l’apologie de la mondialisation et de l’UE… étaient surreprésentés dans la collaboration [votez Macron !] !

De là à penser que, pour nous faire avaler la monnaie unique et le renoncement au volontarisme et à la démocratie nationale, il fallait préalablement aligner la France sur l’Allemagne, il y a un pas que… l’on peut envisager   [votez Macron !] !  

Pourquoi déshonorer le peuple français ?

L’alignement moral a précédé et préparé l’alignement monétaire. L’Etat contre les Juifs dénonce en tous cas un révisionnisme grave qui veut à tous prix déshonorer le peuple français. Le révisionnisme de François Hollande dont le discours du 22 juillet 2012 ne comportait aucune allusion au contexte de l’occupation et au nazisme. Plus grave encore et toujours plus éloigné de la réalité historique, Emmanuel Macron, dans une allocution prononcée le 16 juillet 2017, ose dire que c’est la France seule qui est responsable de la mort des juifs. Plus d’Allemands donneurs d’ordre et même plus de génocide, que des Français antisémites. Édifiant. L’occupation allemande n’était pas un détail. Vichy n’a jamais été la France. La France n’est pas et ne sera jamais l’Allemagne !