Une raisons parmi d'autres :
On voit aussi les souffrances de l'Italie.
Même en prenant en compte la veulerie, la bêtise et la soif de servitude de notre classe dirigeante (qui donnent chacune une bonne idée de l'infini), même en n'oubliant pas qu'elle est composée de fayots et de courtisans dans l'âme, sa fascination pour l'Allemagne garde une part de mystère.
Je ne suis pas le seul que cette maladie mentale de nos Agnan intrigue.
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mercredi, avril 03, 2019
samedi, décembre 22, 2018
Vive la nation !
Yoram Hazony : « Les nouveaux universalistes vouent auxgémonies l'indépendance nationale »
Article intéressant.
Il y a trois formes politiques et trois seulement : l’empire, la tribu et la nation.
La nation, mis à part les petites nations comme Israël (la Bible est profondément nationaliste, c’est pourquoi on est fondé à se demander si les immigrationnistes sont vraiment chrétiens, même quand ils sont pape), est récente et, comme telle, fragile (ce qui vient de plus loin dans le passé a le plus de chances de durer dans l’avenir).
On comprend bien pourquoi les candidats tyrans-technos plébiscitent l’UE : comme tout projet impérial (faire tenir plusieurs peuples sous une même entité politique est la définition même de l’empire, donc aucun doute que l’UE est impériale. On connaît même son inspiration : le saint empire romain germanique), elle est par essence anti-démocratique (l'empire est toujours anti-démocratique).
C’est encore une fois l’enjeu du Brexit, de la Liga, d’Orban, des gilets jaunes : qui sont les souverains ? Les peuples des nations ou les technos de l’empire ?
Philippe Seguin avait remarquablement senti tout cela dans son discours contre l’Euro et contre le traité de Maastricht (discours de 2h20 que je vous invite à écouter en intégralité –il est sur Youtube, c’est la meilleure analyse politique du dernier demi-siècle). Par exemple : « La dénonciation des traités deviendra si complexe et si couteuse qu’elle ne sera plus qu’une solution illusoire », 26 ans avant le Brexit ! Et il ajoutait « Une fois le traité de Maastricht et l’Euro adoptés, aucune majorité parlementaire n’osera les défaire. Craignons alors que pour finir que les sentiments nationaux trop longtemps étouffés ne s’exacerbent. On ne joue pas impunément avec les peuples et leur histoire. Toutes les chimères politiques sont appelées un jour ou l’autre à se briser sur les réalités. Et les réalités en Europe, ce sont les nationalités qui la composent ». Il a résumé tout cela en une phrase : « Maastricht, c’est la revanche de 1789 ».
Article intéressant.
Il y a trois formes politiques et trois seulement : l’empire, la tribu et la nation.
La nation, mis à part les petites nations comme Israël (la Bible est profondément nationaliste, c’est pourquoi on est fondé à se demander si les immigrationnistes sont vraiment chrétiens, même quand ils sont pape), est récente et, comme telle, fragile (ce qui vient de plus loin dans le passé a le plus de chances de durer dans l’avenir).
On comprend bien pourquoi les candidats tyrans-technos plébiscitent l’UE : comme tout projet impérial (faire tenir plusieurs peuples sous une même entité politique est la définition même de l’empire, donc aucun doute que l’UE est impériale. On connaît même son inspiration : le saint empire romain germanique), elle est par essence anti-démocratique (l'empire est toujours anti-démocratique).
C’est encore une fois l’enjeu du Brexit, de la Liga, d’Orban, des gilets jaunes : qui sont les souverains ? Les peuples des nations ou les technos de l’empire ?
Philippe Seguin avait remarquablement senti tout cela dans son discours contre l’Euro et contre le traité de Maastricht (discours de 2h20 que je vous invite à écouter en intégralité –il est sur Youtube, c’est la meilleure analyse politique du dernier demi-siècle). Par exemple : « La dénonciation des traités deviendra si complexe et si couteuse qu’elle ne sera plus qu’une solution illusoire », 26 ans avant le Brexit ! Et il ajoutait « Une fois le traité de Maastricht et l’Euro adoptés, aucune majorité parlementaire n’osera les défaire. Craignons alors que pour finir que les sentiments nationaux trop longtemps étouffés ne s’exacerbent. On ne joue pas impunément avec les peuples et leur histoire. Toutes les chimères politiques sont appelées un jour ou l’autre à se briser sur les réalités. Et les réalités en Europe, ce sont les nationalités qui la composent ». Il a résumé tout cela en une phrase : « Maastricht, c’est la revanche de 1789 ».
Libellés :
les eurocrates contre les nations
jeudi, août 16, 2018
Dans la tête des négociateurs de l’UE, la Grande-Bretagne en 2019, ce n’est pas différent de la Grèce en 2015
Edouard Husson m'énerve à se faire passer pour Disraeli, je trouve cette coquetterie grotesque. Mais je suis d'accord avec son analyse.
J'entends un tas de propos anti-britanniques : « Ils veulent les avantages de l'UE sans les inconvénients », « Ils ont agi sur un coup de tête, ils ne savent pas ce qu'ils font, ils vont le regretter » etc.
Pourtant, l'argument de fond des Brexiters était clair et ne souffrait aucune ambiguïté : cesser d'être soumis aux technocrates de Bruxelles et à la CJUE, retrouver la pleine et entière souveraineté. Bien sûr, un européiste, convaincu ou non, juste simplet suffit, ne peut pas entendre cela, qui le classe immédiatement chez les dominés.
Je serais très heureux que la classe dirigeante française tienne le même raisonnement que les Brexiters.
Rappel pour ceux qui vivraient sur la planète Mars, la classe dirigeante française tient le raisonnement suivant : « La France est trop petite pour survivre indépendante, elle doit s'accrocher à un ensemble plus vaste, c'est-à-dire à l'Europe et l'Europe, c'est l'Allemagne. Autrement dit, la politique la plus intelligente pour la France, c'est de se soumettre à l'Allemagne sans réticence, bien servile, bien obséquieux, en espérant ramasser le maximum de miettes ». C'est le pétainisme, c'est totalement idiot (Pierre Gaxotte, à quelqu'un qui lui disait suivre le maréchal aveuglément, répondit : « Aveuglément, bien sûr ! Comment pourriez vous faire sinon ? »), même si c'est fait par des gens qui se croient très intelligents.
**************
Arezzo15 août 2018
Mon cher ami,
Je n’ai pas le coeur à vous entretenir des trésors que me fait découvrir ma visite de l’Etrurie. L’Italie est en deuil, depuis l’effondrement d’un viaduc à Gênes. La grandeur de la civilisation occidentale est de ne pas se précipiter dans la chasse aux boucs émissaires mais de rechercher les causes objectives d’une catastrophe. D’après ce que je lis, il semble que le problème n’ait pas été des coupes bugétaires dans la maintenance mais d’avoir préféré bricoler des réparations - toujours plus dispendieuses - plutôt que de reconstruire un pont à la place de celui-ci, qui datait de 1967. Malgré tout, je ne serais pas étonné que l’on découvre que l’Italie, essorée par l’appartenance à la zone euro, n’a pas suffisamment investi, ces dernières années, dans l’entretien de ses infrastructures [bien sûr : tous les indicateurs économiques des pays de la zone Euro, dont l'investissement public, subissent une inflexion vers le bas, sauf ceux de l'Allemagne et de ses copains, dès la mise en oeuvre des politiques de préparation au passage à l'Euro dans les années 90. C'est limpide]. A suivre.
L’UE ne négocie pas avec les pays déviationnistes : rappelez-vous Syriza.
Le sujet que je veux aborder ce soir ne me mettra pas d’humeur meilleure. Mais je tenais à vous faire part de l’impression de plus en plus forte qui s’impose à moi quand je réfléchis à ce qui attend mon pays dans les six prochains mois. A vrai dire, je voudrais recueillir votre sentiment sur une idée, à première vue trop simple mais que je crois profondément vraie. Il n’y a rien à attendre des négociateurs européens concernant le Brexit. Et la meilleure façon de s’en rendre compte est de se rappeler comment se sont déroulées les négociations avec la Grèce, après l’installation d’un gouvernement de bonne volonté et authentiquement européen en janvier 2015.
Nous disposons de l’extraordinaire récit de ce qui s’est passé entre Bruxelles, Berlin et Athènes au printemps 2015, que nous en a livré Yanis Varoufakis. Vous vous rappelez, nous en avions parlé; Varoufakis est pour moi, le plus souvent, un homme de gauche un peu fumeux. Mais son livre Conversations entre adultes est une catégorie au-dessus de ce qu’il a publié par ailleurs. Et l’ouvrage vaut par ce qu’il raconte, le plus souvent sans aucun écran idéologique, sans autre lunette grossissante que le sens psychologique aigu de l’auteur. Précisément, ce que rapporte l’ancien ministre des Finances grec c’est que durant six mois il ne s’est rien passé en termes de négociations !
Le ministre et ses collaborateurs arrivaient, systématiquement, avec des documents travaillés, des propositions concrètes de restructuration de la dette, des échéanciers redessinés, des contre-propositions aux documents européens datant des négociations menées avec les gouvernements précédents. Eh bien, il y avait un total refus de négocier, d’ouvrir les documents, d’évoluer, de la part des négociateurs de l’Eurogroup. Il n’y avait qu’une solution possible : que le premier gouvernement Tsipras cesse de parler de restructuration de la dette, accepte de signer le Mémorandum européen déjà signé par ses prédécesseurs et s’engage, plus généralement, à signer des documents sans croire un seul instant à leur contenu - les membres de l’Eurogroup savaient pertinemment que la Grèce ne pourrait pas tenir ce à quoi elle s’engageait. Mais ce n’était pas le sujet.
Il s’agissait de faire comprendre à un gouvernement qu’on pouvait bien raconter ce qu’on voulait aux électeurs ; une fois élu, on ne pouvait suivre qu’une seule politique, celle de l’UE. Surtout, la société grecque devait être punie, indéfiniment, pour l’exemple. Il n’était pas pensable de ne pas respecter la discipline budgétaire européenne ; d’amorcer un mouvement de restructuration des dettes à l’échelle de l’UE. Sinon, où le mouvement s’arrêterait-il ?
Theresa May, nouveau Tsipras ?
Dans le cas de la Grande-Bretagne, l’enjeu est un peu différent. Mais il s’agit aussi d’exemplarité et de punition. Il n’est pas pensable qu’un pays ose sortir de l’Union Européenne. La Grande-Bretagne a osé, eh bien elle doit être punie ! Regardez bien comment Theresa May a beau changer de tactique de négociation, cela ne fait pas bouger d’un iota Michel Barnier. La Commission Européenne ne veut pas de négociation. Elle veut une capitulation. Barnier négocie avec la Grande-Bretagne comme Dijsselbloem, président de l’Eurogroup, naguère, avec la Grèce. C’est-à-dire qu’il ne négocie pas, il attend que son interlocuteur soit définitivement désemparé. Et Theresa May perd progressivement ses moyens, exactement comme Alexis Tsipras entra sur le chemin de la capitulation, au printemps 2015, malgré le sens tactique de son ministre des Finances.
Il n’est jusqu’au dénouement de l’affaire grecque, qui résume, de façon essentielle, ce que l’Union Européenne a en tête. Nous nous rappelons tous l’extraordinaire référendum organisé par Tsipras, début juillet, qui fut un triomphe politique pour lui : plus de 60% des votants soutenant la fermeté face à Bruxelles et Berlin. Eh bien, ce fut le prélude à la capitulation définitive : l’Eurogroup ne bougeant pas d’un iota devant ce vote massif, le résultat fut réduit à néant dans l’esprit de Tsipras aussi, qui poussa Varoufakis à la démission et signa une soumission financière encore plus léonine que celle acceptée par ses prédécesseurs. De même, pour la Commission européenne et la plupart des membres du Conseil, le vote des Britanniques n’a aucune valeur. Et si l’on réussit à faire convoquer un deuxième référendum, ce sera dans le but que le vote Remain l’emporte, cette fois. Mais si ce n’était pas le cas, cela n’aurait aucune importance par rapport à l’objectif final : empêcher la Grande-Bretagne de sortir, l’humilier et lui faire payer très cher dans tous les cas, si on ne peut l’empêcher de sortir. Peut-être Theresa May cherchera-t-elle, comme Tsipras, le salut dans un vote populaire qui la dédouane (j’ai conscience de faire involontairement un très mauvais jeu de mots) ou la requinque mais elle n’en tirera pas le bénéfice escompté.
L’Etoile de la Mort
Certes, la Grande-Bretagne, c’est un peu plus gros que la Grèce et plus difficile à abattre. Il est même certain que l’application de la même tactique à deux pays aussi différents, par leur potentiel de représailles, que la Grèce et la Grande-Bretagne, témoigne de la complète perte du sens des réalités à Bruxelles, Berlin ou Paris. Cependant, la Grèce aurait pu gagner le bras de fer si, à la ruse de Varoufakis, Tsipras avait ajouté le courage d’un combattant des Thermopyles. Et, à l’inverse, je me méfie beaucoup de la perte de courage qui traverse les rangs d’une partie de notre Parlement. Et, surtout, il règne à Bruxelles, une mentalité digne de l’Etoile de la Mort dans notre série de science-fiction favorite. Le Léviathan bruxellois est terrifié par les forces de désagrégation qu’il sent en lui-même et il est prêt à l’anéantissement de ses adversaires.
J’ai rendez-vous avec Theresa dans deux semaines exactement. Je ne crois pas que je vais comparer notre pays à la Grèce, elle ne me prendrait pas au sérieux. Ni que je lui proposerai de se prendre pour la princesse Léia. En revanche, je vais lui décrire la quintessence du comportement européen et tâcher de lui faire comprendre que ses interlocuteurs bruxellois ne bougeront pas d’un pouce jusqu’à ce qu’elle ait capitulé.
Theresa doit faire son devoir de Premier ministre et tirer les conséquences de l’inertie mortifère de la partie adverse. Il est encore temps, pour elle, de sauver l’honneur de notre drapeau, les intérêts de notre peuple et son mandat de Premier ministre. Elle aura fait montre de suffisamment de patience pour qu’on l’encourage, désormais, à changer de registre et de stratégie de négociation.
Bien fidèlement
Benjamin Disraëli
**************
Un peuple qui a vaincu Napoléon (un siècle pour apurer les dettes des guerres napoléoniennes) et Hitler, mis à genoux par Michel Barnier ? Difficile à croire.
Les eurotyrans devraient se méfier : la Grande-Bretagne n'est pas la Grèce. J'ai peu d'estime pour les Grecs, un peuple de petits magouilleurs ; les Anglais, c'est autre chose. Ce qui me permet un certain optimisme, c'est que des remainers commencent à trouver que le père Barnier pousse un peu la mère Theresa dans les orties.
Et puis, il y a l'Italie, elle a des liens historiques avec les Britanniques et verse aussi dans l'anti-européisme. Et l'Europe de l'est.
Je regrette que mon pays bien-aimé ne participe pas à cette fête qui s'annonce de l'anti-européisme et de la libération des peuples. Voir ce cher et vieux pays, si longtemps un phare de la liberté, se vautrer dans la servitude teutonne ... c'est plus que je ne peux écrire.
J'entends un tas de propos anti-britanniques : « Ils veulent les avantages de l'UE sans les inconvénients », « Ils ont agi sur un coup de tête, ils ne savent pas ce qu'ils font, ils vont le regretter » etc.
Pourtant, l'argument de fond des Brexiters était clair et ne souffrait aucune ambiguïté : cesser d'être soumis aux technocrates de Bruxelles et à la CJUE, retrouver la pleine et entière souveraineté. Bien sûr, un européiste, convaincu ou non, juste simplet suffit, ne peut pas entendre cela, qui le classe immédiatement chez les dominés.
Je serais très heureux que la classe dirigeante française tienne le même raisonnement que les Brexiters.
Rappel pour ceux qui vivraient sur la planète Mars, la classe dirigeante française tient le raisonnement suivant : « La France est trop petite pour survivre indépendante, elle doit s'accrocher à un ensemble plus vaste, c'est-à-dire à l'Europe et l'Europe, c'est l'Allemagne. Autrement dit, la politique la plus intelligente pour la France, c'est de se soumettre à l'Allemagne sans réticence, bien servile, bien obséquieux, en espérant ramasser le maximum de miettes ». C'est le pétainisme, c'est totalement idiot (Pierre Gaxotte, à quelqu'un qui lui disait suivre le maréchal aveuglément, répondit : « Aveuglément, bien sûr ! Comment pourriez vous faire sinon ? »), même si c'est fait par des gens qui se croient très intelligents.
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Arezzo15 août 2018
Mon cher ami,
Je n’ai pas le coeur à vous entretenir des trésors que me fait découvrir ma visite de l’Etrurie. L’Italie est en deuil, depuis l’effondrement d’un viaduc à Gênes. La grandeur de la civilisation occidentale est de ne pas se précipiter dans la chasse aux boucs émissaires mais de rechercher les causes objectives d’une catastrophe. D’après ce que je lis, il semble que le problème n’ait pas été des coupes bugétaires dans la maintenance mais d’avoir préféré bricoler des réparations - toujours plus dispendieuses - plutôt que de reconstruire un pont à la place de celui-ci, qui datait de 1967. Malgré tout, je ne serais pas étonné que l’on découvre que l’Italie, essorée par l’appartenance à la zone euro, n’a pas suffisamment investi, ces dernières années, dans l’entretien de ses infrastructures [bien sûr : tous les indicateurs économiques des pays de la zone Euro, dont l'investissement public, subissent une inflexion vers le bas, sauf ceux de l'Allemagne et de ses copains, dès la mise en oeuvre des politiques de préparation au passage à l'Euro dans les années 90. C'est limpide]. A suivre.
L’UE ne négocie pas avec les pays déviationnistes : rappelez-vous Syriza.
Le sujet que je veux aborder ce soir ne me mettra pas d’humeur meilleure. Mais je tenais à vous faire part de l’impression de plus en plus forte qui s’impose à moi quand je réfléchis à ce qui attend mon pays dans les six prochains mois. A vrai dire, je voudrais recueillir votre sentiment sur une idée, à première vue trop simple mais que je crois profondément vraie. Il n’y a rien à attendre des négociateurs européens concernant le Brexit. Et la meilleure façon de s’en rendre compte est de se rappeler comment se sont déroulées les négociations avec la Grèce, après l’installation d’un gouvernement de bonne volonté et authentiquement européen en janvier 2015.
Nous disposons de l’extraordinaire récit de ce qui s’est passé entre Bruxelles, Berlin et Athènes au printemps 2015, que nous en a livré Yanis Varoufakis. Vous vous rappelez, nous en avions parlé; Varoufakis est pour moi, le plus souvent, un homme de gauche un peu fumeux. Mais son livre Conversations entre adultes est une catégorie au-dessus de ce qu’il a publié par ailleurs. Et l’ouvrage vaut par ce qu’il raconte, le plus souvent sans aucun écran idéologique, sans autre lunette grossissante que le sens psychologique aigu de l’auteur. Précisément, ce que rapporte l’ancien ministre des Finances grec c’est que durant six mois il ne s’est rien passé en termes de négociations !
Le ministre et ses collaborateurs arrivaient, systématiquement, avec des documents travaillés, des propositions concrètes de restructuration de la dette, des échéanciers redessinés, des contre-propositions aux documents européens datant des négociations menées avec les gouvernements précédents. Eh bien, il y avait un total refus de négocier, d’ouvrir les documents, d’évoluer, de la part des négociateurs de l’Eurogroup. Il n’y avait qu’une solution possible : que le premier gouvernement Tsipras cesse de parler de restructuration de la dette, accepte de signer le Mémorandum européen déjà signé par ses prédécesseurs et s’engage, plus généralement, à signer des documents sans croire un seul instant à leur contenu - les membres de l’Eurogroup savaient pertinemment que la Grèce ne pourrait pas tenir ce à quoi elle s’engageait. Mais ce n’était pas le sujet.
Il s’agissait de faire comprendre à un gouvernement qu’on pouvait bien raconter ce qu’on voulait aux électeurs ; une fois élu, on ne pouvait suivre qu’une seule politique, celle de l’UE. Surtout, la société grecque devait être punie, indéfiniment, pour l’exemple. Il n’était pas pensable de ne pas respecter la discipline budgétaire européenne ; d’amorcer un mouvement de restructuration des dettes à l’échelle de l’UE. Sinon, où le mouvement s’arrêterait-il ?
Theresa May, nouveau Tsipras ?
Dans le cas de la Grande-Bretagne, l’enjeu est un peu différent. Mais il s’agit aussi d’exemplarité et de punition. Il n’est pas pensable qu’un pays ose sortir de l’Union Européenne. La Grande-Bretagne a osé, eh bien elle doit être punie ! Regardez bien comment Theresa May a beau changer de tactique de négociation, cela ne fait pas bouger d’un iota Michel Barnier. La Commission Européenne ne veut pas de négociation. Elle veut une capitulation. Barnier négocie avec la Grande-Bretagne comme Dijsselbloem, président de l’Eurogroup, naguère, avec la Grèce. C’est-à-dire qu’il ne négocie pas, il attend que son interlocuteur soit définitivement désemparé. Et Theresa May perd progressivement ses moyens, exactement comme Alexis Tsipras entra sur le chemin de la capitulation, au printemps 2015, malgré le sens tactique de son ministre des Finances.
Il n’est jusqu’au dénouement de l’affaire grecque, qui résume, de façon essentielle, ce que l’Union Européenne a en tête. Nous nous rappelons tous l’extraordinaire référendum organisé par Tsipras, début juillet, qui fut un triomphe politique pour lui : plus de 60% des votants soutenant la fermeté face à Bruxelles et Berlin. Eh bien, ce fut le prélude à la capitulation définitive : l’Eurogroup ne bougeant pas d’un iota devant ce vote massif, le résultat fut réduit à néant dans l’esprit de Tsipras aussi, qui poussa Varoufakis à la démission et signa une soumission financière encore plus léonine que celle acceptée par ses prédécesseurs. De même, pour la Commission européenne et la plupart des membres du Conseil, le vote des Britanniques n’a aucune valeur. Et si l’on réussit à faire convoquer un deuxième référendum, ce sera dans le but que le vote Remain l’emporte, cette fois. Mais si ce n’était pas le cas, cela n’aurait aucune importance par rapport à l’objectif final : empêcher la Grande-Bretagne de sortir, l’humilier et lui faire payer très cher dans tous les cas, si on ne peut l’empêcher de sortir. Peut-être Theresa May cherchera-t-elle, comme Tsipras, le salut dans un vote populaire qui la dédouane (j’ai conscience de faire involontairement un très mauvais jeu de mots) ou la requinque mais elle n’en tirera pas le bénéfice escompté.
L’Etoile de la Mort
Certes, la Grande-Bretagne, c’est un peu plus gros que la Grèce et plus difficile à abattre. Il est même certain que l’application de la même tactique à deux pays aussi différents, par leur potentiel de représailles, que la Grèce et la Grande-Bretagne, témoigne de la complète perte du sens des réalités à Bruxelles, Berlin ou Paris. Cependant, la Grèce aurait pu gagner le bras de fer si, à la ruse de Varoufakis, Tsipras avait ajouté le courage d’un combattant des Thermopyles. Et, à l’inverse, je me méfie beaucoup de la perte de courage qui traverse les rangs d’une partie de notre Parlement. Et, surtout, il règne à Bruxelles, une mentalité digne de l’Etoile de la Mort dans notre série de science-fiction favorite. Le Léviathan bruxellois est terrifié par les forces de désagrégation qu’il sent en lui-même et il est prêt à l’anéantissement de ses adversaires.
J’ai rendez-vous avec Theresa dans deux semaines exactement. Je ne crois pas que je vais comparer notre pays à la Grèce, elle ne me prendrait pas au sérieux. Ni que je lui proposerai de se prendre pour la princesse Léia. En revanche, je vais lui décrire la quintessence du comportement européen et tâcher de lui faire comprendre que ses interlocuteurs bruxellois ne bougeront pas d’un pouce jusqu’à ce qu’elle ait capitulé.
Theresa doit faire son devoir de Premier ministre et tirer les conséquences de l’inertie mortifère de la partie adverse. Il est encore temps, pour elle, de sauver l’honneur de notre drapeau, les intérêts de notre peuple et son mandat de Premier ministre. Elle aura fait montre de suffisamment de patience pour qu’on l’encourage, désormais, à changer de registre et de stratégie de négociation.
Bien fidèlement
Benjamin Disraëli
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Un peuple qui a vaincu Napoléon (un siècle pour apurer les dettes des guerres napoléoniennes) et Hitler, mis à genoux par Michel Barnier ? Difficile à croire.
Les eurotyrans devraient se méfier : la Grande-Bretagne n'est pas la Grèce. J'ai peu d'estime pour les Grecs, un peuple de petits magouilleurs ; les Anglais, c'est autre chose. Ce qui me permet un certain optimisme, c'est que des remainers commencent à trouver que le père Barnier pousse un peu la mère Theresa dans les orties.
Et puis, il y a l'Italie, elle a des liens historiques avec les Britanniques et verse aussi dans l'anti-européisme. Et l'Europe de l'est.
Je regrette que mon pays bien-aimé ne participe pas à cette fête qui s'annonce de l'anti-européisme et de la libération des peuples. Voir ce cher et vieux pays, si longtemps un phare de la liberté, se vautrer dans la servitude teutonne ... c'est plus que je ne peux écrire.
mercredi, juin 06, 2018
La soeur latine campagnolise
On remarquera que toute l'actualité n'arrive pas jusqu'à Campagnol, puisque Combaz semble ignorer qu'il n'y aura pas d'élections en septembre !
mardi, octobre 03, 2017
lundi, avril 10, 2017
Euro et inertie antidémocratique
Il y a des gens, comme Charles Gave et Jean-Jacques Rosa, qui ont dit dès le début que l'Euro était un monstre idéologique et une aberration économique. D'autres font le même constat aujourd'hui. Par une honnêteté intellectuelle qui les honore, ils voient ce qu'ils voient.
Je me suis trompé en votant "oui" en 1992 et en 2005, je n'en suis pas fier. Mais, du moins, j'ai compris,
Les articles de ce type se multiplient :
Euro : pour un passage de la monnaie unique à la monnaie commune
Pourtant, rien ne change : l'Euro est toujours régi par les mêmes règles qu'au premier jour.
C'est que les eurocrates ont trouvé la recette miracle : pour que rien ne change, il suffit ... de ne rien changer !
L'inertie comme réponse à toutes les revendications et à toutes les interrogations. Et un peu de manipulation pour faire passer tout cela, comme on le voit dans la campagne électorale en cours. Cause toujours, je continue à forer droit.
C'est si simple que c'est brillant.
Cette stratégie fonctionne très bien parce qu'elle est en phase avec l'époque. Nous vivons à l'époque de l'inertie. Nous communiquons et nous nous déplaçons de plus en plus vite, mais nous prenons les décisions de plus en plus lentement. Le temps pour décider de la construction d'un aéroport ou d'une pissotière a quintuplé en cinquante ans.
Cela fait dix ans que les Français se sont fait mettre par le traité de Lisbonne inversant leur vote de 2005. A une autre époque, il y aurait déjà deux révolutions et un coup d'Etat. Là, rien.
La suite, qui me fait très peur, est connue : quand une caste fige un système, empêche les micro-ajustements, un macro-ajustement qui résout tout, sur le mode « maladie soignée, malade mort » tombe d'un coup : révolution, banqueroute, guerre, invasion, etc.
Je me suis trompé en votant "oui" en 1992 et en 2005, je n'en suis pas fier. Mais, du moins, j'ai compris,
Les articles de ce type se multiplient :
Euro : pour un passage de la monnaie unique à la monnaie commune
Pourtant, rien ne change : l'Euro est toujours régi par les mêmes règles qu'au premier jour.
C'est que les eurocrates ont trouvé la recette miracle : pour que rien ne change, il suffit ... de ne rien changer !
L'inertie comme réponse à toutes les revendications et à toutes les interrogations. Et un peu de manipulation pour faire passer tout cela, comme on le voit dans la campagne électorale en cours. Cause toujours, je continue à forer droit.
C'est si simple que c'est brillant.
Cette stratégie fonctionne très bien parce qu'elle est en phase avec l'époque. Nous vivons à l'époque de l'inertie. Nous communiquons et nous nous déplaçons de plus en plus vite, mais nous prenons les décisions de plus en plus lentement. Le temps pour décider de la construction d'un aéroport ou d'une pissotière a quintuplé en cinquante ans.
Cela fait dix ans que les Français se sont fait mettre par le traité de Lisbonne inversant leur vote de 2005. A une autre époque, il y aurait déjà deux révolutions et un coup d'Etat. Là, rien.
La suite, qui me fait très peur, est connue : quand une caste fige un système, empêche les micro-ajustements, un macro-ajustement qui résout tout, sur le mode « maladie soignée, malade mort » tombe d'un coup : révolution, banqueroute, guerre, invasion, etc.
mercredi, juin 29, 2016
En défense des nations
La thèse européiste disant qu'il faut faire disparaître les nations parce qu'elles sont faiseuses de guerres est idiote, révélant un manque de réflexion criant. Elle découle d'une analyse erronée des causes de la première guerre mondiale confondant nationalisme et nations.
Les nations détenant le pouvoir de la guerre et de la paix, elles sont, certes, faiseuses de guerres, mais pas plus qu'elles ne sont faiseuses de paix
Et je ne sache pas que les tribus, les empires et les idéologies fassent moins de guerres que les nations ayant en vue leurs intérêts.
Le traité de Westphalie a été possible, comme le congrès de Vienne, parce qu'on discutait entre nations souveraines. Et si l'on peut reprocher quelque chose au traité de Versailles, c'est avoir humilié la nation allemande au nom d'idées universalistes fumeuses sans pour autant faire droit aux craintes de la nation française.
Les utopistes n'aiment pas les nations parce qu'elles sont le produit de l'histoire et non des rêves tirés au cordeau d'intellectuels au cerveau en surchauffe. Elles sont contingentes et imparfaites.
Cela faisait donc longtemps que je cherchais une défense des nations, en réaction aux mauvaises fables européistes. Cette défense que je ne trouvais pas le courage d'écrire m'a été servie sur un plateau par Philippe Seguin (j'ai changé l'ordre de certains paragraphes) lors de discours visionnaire de 1992 (on a du mal à croire que ces mots ont déjà deux décennies) :
*************
Dans cette affaire éminemment politique, le véritable et le seul débat oppose donc, d'un côté, ceux qui tiennent la nation pour une simple modalité d'organisation sociale désormais dépassée dans une course à la mondialisation qu'ils appellent de leurs vœux et, de l'autre, ceux qui s'en font une tout autre idée.
La nation, pour ces derniers, est quelque chose qui possède une dimension affective et une dimension spirituelle. C'est le résultat d'un accomplissement, le produit d'une mystérieuse métamorphose par laquelle un peuple devient davantage qu'une communauté solidaire, presque un corps et une âme. Certes, les peuples n'ont pas tous ]a même conception de la nation : les Français ont la leur, qui n'est pas celle des Allemands ni celle des Anglais, mais toutes les nations se ressemblent quand même et nulle part rien de durable ne s'accomplit en dehors d'elles. La démocratie elle-même est impensable sans la nation.
De Gaulle disait: « La démocratie pour moi se confond exactement avec la souveraineté nationale.» On ne saurait mieux souligner que pour qu'il y ait une démocratie il faut qu'existe un sentiment d'appartenance communautaire suffisamment puissant pour entraîner la minorité à accepter la loi de la majorité! Et la nation c'est précisément ce par quoi ce sentiment existe. Or la nation cela ne s'invente ni ne se décrète pas plus que la souveraineté !
Le fait national s'impose de lui-même sans que personne puisse en décider autrement ; il n'est ni repli ni rejet, il est acte d'adhésion.
Car la nation ce n'est pas un clan, ce n'est pas une race, ce n'est pas une tribu. La nation c'est plus fort encore que l'idée de patrie, plus fort que le patriotisme, ce noble réflexe par lequel on défend sa terre natale, son champ, ses sépultures. Car le sentiment national c'est ce par quoi on devient citoyen, ce par quoi on accède à cette dignité suprême des hommes libres qui s'appelle la citoyenneté !
C'est assez dire que la citoyenneté non plus ne se décrète pas, qu'elle ne relève ni de la loi ni du traité. Pour qu'il y ait une citoyenneté européenne, il faudrait qu'il y ait une nation européenne.
Alors oui, il est possible d'enfermer les habitants des pays de la Communauté dans un corset de normes juridiques, de leur imposer des procédures, des régles, des interdits, de créer si on le veut de nouvelles catégories d'assujettis.
Mais on ne peut créer par un traité une nouvelle citoyenneté. Curieuse citoyenneté d'ailleurs que celle dont on nous parle, parée de droits, mais exempte de devoirs !
Le droit de vote exprime ainsi une adhésion très forte sans laquelle il n'a aucun sens. On ne vote pas dans un pays simplement parce qu'on y habite, mais parce que l'on veut partager ses valeurs et son destin. L'obstacle à la citoyenneté européenne n'est donc pas tant constitutionnel que moral.
[…]
Que peuvent d’ailleurs bien comprendre à la nation ceux qui, il y a cinquante ans, s’engageaient dans la collaboration avec les nazis pour bâtir l’ordre européen nouveau ; ceux qui, dans Paris occupé, organisaient des expositions sur la France européenne au Grand Palais, ceux qui prophétisaient qu’on parlerait de l’Allemagne et du Danemark comme on parle de la Flandre et de la Bourgogne, ou encore que dans une Europe où l’Allemagne tiendrait le rôle que l’Angleterre entendait s’arroger, ses intérêts et les nôtres se rejoindraient tôt ou tard ?
Je ne crois pas que ceux-là aient rompu avec ces penchants, malgré les efforts qu’ils déploient pour jouer sur l’égoïsme, tout en dissimulant l’idéologie qui les anime, qui dépasse d’ailleurs les frontières et qui est antirépublicaine parce qu’elle est viscéralement contre l’égalité des droits et la reconnaissance universelle de la dignité de la personne humaine.
Mais qu’on y prenne garde : c’est lorsque le sentiment national est bafoué que la voie s’ouvre aux dérives nationalistes et à tous les extrémismes !
[…]
Craignons alors que, pour finir, les sentiments nationaux, à force d’être étouffés, ne s’exacerbent jusqu’à se muer en nationalismes et ne conduisent l’Europe, une fois encore, au bord de graves difficultés, car rien n’est plus dangereux qu’une nation trop longtemps frustrée de la souveraineté par laquelle s’exprime sa liberté, c’est-à-dire son droit imprescriptible à choisir son destin. On ne joue pas impunément avec les peuples et leur histoire. Toutes les chimères politiques sont appelées un jour ou l’autre à se briser sur les réalités historiques. La Russie a bel et bien fini par boire le communisme comme un buvard parce que la Russie avait plus de consistance historique que le communisme, mais à quel prix ?
Alors, si nous organisons l’Europe, organisons-la à partir des réalités. Et les réalités, en Europe, ce sont toutes les nationalités qui la composent.
[…]
S’il y a une conscience européenne, c’est un peu comme il y a une conscience universelle ; elle est de l’ordre du concept et n’a à voir ni avec l’âme du peuple ni avec la solidarité charnelle de la nation. La nation française est une expérience multiséculaire, La conscience européenne est une idée qui d’ailleurs ne s’arrête pas aux frontières de la Communauté. Et l’on ne bâtit pas un Etat légitime sur une idée abstraite, encore moins sur une volonté technocratique.
[…]
Certains théoriciens de l’Europe fédérale, qui ont du moins le courage d’aller au bout de leurs idées, nous assurent que l’humanité entre désormais dans une ère nouvelle, où la nation n’aurait plus sa place, parce qu’elle n’était dans l’avancée des civilisations qu’une étape historique, une sorte de maladie infantile, une phase nécessaire et le temps serait enfin venu de la dépasser.
On retrouve là ces vieilles obsessions post-hégéliennes qui nous annoncent toujours pour demain la “fin de l’histoire”. Ces vieilles obsessions, c’est un comble qu’elles reprennent du service au moment même où les doctrines politiques qui reposaient sur le “sens de l’histoire” se dissolvent. Il s’agit d’ailleurs plus d’une idéologie que d’une philosophie de l’histoire, et d’une idéologie qui, comme toutes les autres idéologies, tourne le dos à l’observation du réel.
La réalité, c’est que, le plus souvent, les empires sont nés avant les nations et non après elles. Certes, on peut trouver des régions où les nationalités s’imbriquent trop pour qu’il soit possible d’organiser des Etats mais, partout ailleurs, les ensembles transnationaux qui ont précédé les nations ont dû leur céder la place quand les peuples, enfin, ont revendiqué leur droit à disposer d’eux-mêmes, car il est clair, il est avéré que, dans l’histoire du monde, l’émergence des nations est allée de pair avec l’émancipation des peuples.
Et puis les nations sont bien loin d’avoir été la cause principale de nos épreuves. Force est ainsi de reconnaître que, dans notre siècle, plus de malheurs nous sont venus des grandes idéologies et des impérialismes dominateurs que des ambitions nationales.
Donc, finissons-en avec cette vue naïve des choses qui voudrait nous faire croire que la disparition des Etats-nations signifierait la fin des conflits armés, “la paix perpétuelle”, pour reprendre cette fois la terminologie d’Emmanuel Kant, lequel ne la concevait d’ailleurs que comme une paix entre nations souveraines.
Et à ceux qui entendraient dauber encore sur les passions nationales et leur opposer la sagesse millénaire des commissions et autres conclaves technocratiques et supranationaux, je voudrais rappeler quelques exemples de l’histoire récente. Ils méritent qu’on s’y arrête avant de passer par pertes et profits la possibilité de conduire une politique étrangère nationale.
Chacun a en mémoire l’absence radicale de la Communauté de tous les événements majeurs de la fin des années quatre-vingt et du début des années quatre-vingt-dix : libération de l’Europe de l’Est, éclatement de l’Union soviétique, guerre du Golfe, tout s’est passé sans elle, lorsque ce n’est pas malgré elle !
Même le conflit yougoslave qui, tant par sa situation géographique que par la dimension de son territoire, semblait constituer un terrain d’exercices idéal pour la diplomatie communautaire, s’est transformé en un stand de démonstration de l’impuissance et de la désunion, impuissance qui, dans ce cas, ne tenait pas à l’absence d’une organisation intégrée, mais aux légitimes différences d’approche entre les pays membres et je souhaite, s’agissant de la France, qu’elle puisse continuer à les exprimer.
La crise des euromissiles apporte une autre éclatante démonstration du poids d’un vieil Etat-nation dans des circonstances critiques.
Le président Mitterrand croit laisser sa marque dans l’histoire de ce pays comme le héraut de la cause européenne. Oserai-je dire qu’à mon avis, il s’agit d’un contresens ? Car, si cette empreinte historique existe, elle est à chercher plutôt dans son discours au Bundestag, qui a infléchi de manière décisive la position allemande devant la crise des euromissiles dans le sens de la fermeté ! Par là même était ouverte la voie aux événements de la fin des années quatre-vingts, qui ne le virent malheureusement pas faire preuve de la même lucidité.
Ce qui fit peser en 1983 la balance dans le sens de la résistance, et donc de la liberté, ce ne fut certes pas l’intervention d’une communauté hétéroclite, ce fut le représentant d’un vieil Etat-nation, sûr dans le cas d’espèce de sa légitimité et du soutien des citoyens français, fort de l’opposition résolue du corps social et politique aux sirènes pacifistes.
Qui ne voit, à la lumière de ce qui s’est passé lors de la crise du Golfe, que l’Europe de Maastricht, qui se serait probablement préférée plutôt rouge que morte en 1983, s’acceptera demain verte ou brune au gré des conjonctures, privée qu’elle est de ces garde-fous fondamentaux pour la démocratie que sont le sentiment national et la légitimité populaire.
L’histoire, loin d’être achevée, est plus que jamais en marche et elle demeure tragique.
*************
Les nations détenant le pouvoir de la guerre et de la paix, elles sont, certes, faiseuses de guerres, mais pas plus qu'elles ne sont faiseuses de paix
Et je ne sache pas que les tribus, les empires et les idéologies fassent moins de guerres que les nations ayant en vue leurs intérêts.
Le traité de Westphalie a été possible, comme le congrès de Vienne, parce qu'on discutait entre nations souveraines. Et si l'on peut reprocher quelque chose au traité de Versailles, c'est avoir humilié la nation allemande au nom d'idées universalistes fumeuses sans pour autant faire droit aux craintes de la nation française.
Les utopistes n'aiment pas les nations parce qu'elles sont le produit de l'histoire et non des rêves tirés au cordeau d'intellectuels au cerveau en surchauffe. Elles sont contingentes et imparfaites.
Cela faisait donc longtemps que je cherchais une défense des nations, en réaction aux mauvaises fables européistes. Cette défense que je ne trouvais pas le courage d'écrire m'a été servie sur un plateau par Philippe Seguin (j'ai changé l'ordre de certains paragraphes) lors de discours visionnaire de 1992 (on a du mal à croire que ces mots ont déjà deux décennies) :
*************
Dans cette affaire éminemment politique, le véritable et le seul débat oppose donc, d'un côté, ceux qui tiennent la nation pour une simple modalité d'organisation sociale désormais dépassée dans une course à la mondialisation qu'ils appellent de leurs vœux et, de l'autre, ceux qui s'en font une tout autre idée.
La nation, pour ces derniers, est quelque chose qui possède une dimension affective et une dimension spirituelle. C'est le résultat d'un accomplissement, le produit d'une mystérieuse métamorphose par laquelle un peuple devient davantage qu'une communauté solidaire, presque un corps et une âme. Certes, les peuples n'ont pas tous ]a même conception de la nation : les Français ont la leur, qui n'est pas celle des Allemands ni celle des Anglais, mais toutes les nations se ressemblent quand même et nulle part rien de durable ne s'accomplit en dehors d'elles. La démocratie elle-même est impensable sans la nation.
De Gaulle disait: « La démocratie pour moi se confond exactement avec la souveraineté nationale.» On ne saurait mieux souligner que pour qu'il y ait une démocratie il faut qu'existe un sentiment d'appartenance communautaire suffisamment puissant pour entraîner la minorité à accepter la loi de la majorité! Et la nation c'est précisément ce par quoi ce sentiment existe. Or la nation cela ne s'invente ni ne se décrète pas plus que la souveraineté !
Le fait national s'impose de lui-même sans que personne puisse en décider autrement ; il n'est ni repli ni rejet, il est acte d'adhésion.
Car la nation ce n'est pas un clan, ce n'est pas une race, ce n'est pas une tribu. La nation c'est plus fort encore que l'idée de patrie, plus fort que le patriotisme, ce noble réflexe par lequel on défend sa terre natale, son champ, ses sépultures. Car le sentiment national c'est ce par quoi on devient citoyen, ce par quoi on accède à cette dignité suprême des hommes libres qui s'appelle la citoyenneté !
C'est assez dire que la citoyenneté non plus ne se décrète pas, qu'elle ne relève ni de la loi ni du traité. Pour qu'il y ait une citoyenneté européenne, il faudrait qu'il y ait une nation européenne.
Alors oui, il est possible d'enfermer les habitants des pays de la Communauté dans un corset de normes juridiques, de leur imposer des procédures, des régles, des interdits, de créer si on le veut de nouvelles catégories d'assujettis.
Mais on ne peut créer par un traité une nouvelle citoyenneté. Curieuse citoyenneté d'ailleurs que celle dont on nous parle, parée de droits, mais exempte de devoirs !
Le droit de vote exprime ainsi une adhésion très forte sans laquelle il n'a aucun sens. On ne vote pas dans un pays simplement parce qu'on y habite, mais parce que l'on veut partager ses valeurs et son destin. L'obstacle à la citoyenneté européenne n'est donc pas tant constitutionnel que moral.
[…]
Que peuvent d’ailleurs bien comprendre à la nation ceux qui, il y a cinquante ans, s’engageaient dans la collaboration avec les nazis pour bâtir l’ordre européen nouveau ; ceux qui, dans Paris occupé, organisaient des expositions sur la France européenne au Grand Palais, ceux qui prophétisaient qu’on parlerait de l’Allemagne et du Danemark comme on parle de la Flandre et de la Bourgogne, ou encore que dans une Europe où l’Allemagne tiendrait le rôle que l’Angleterre entendait s’arroger, ses intérêts et les nôtres se rejoindraient tôt ou tard ?
Je ne crois pas que ceux-là aient rompu avec ces penchants, malgré les efforts qu’ils déploient pour jouer sur l’égoïsme, tout en dissimulant l’idéologie qui les anime, qui dépasse d’ailleurs les frontières et qui est antirépublicaine parce qu’elle est viscéralement contre l’égalité des droits et la reconnaissance universelle de la dignité de la personne humaine.
Mais qu’on y prenne garde : c’est lorsque le sentiment national est bafoué que la voie s’ouvre aux dérives nationalistes et à tous les extrémismes !
[…]
Craignons alors que, pour finir, les sentiments nationaux, à force d’être étouffés, ne s’exacerbent jusqu’à se muer en nationalismes et ne conduisent l’Europe, une fois encore, au bord de graves difficultés, car rien n’est plus dangereux qu’une nation trop longtemps frustrée de la souveraineté par laquelle s’exprime sa liberté, c’est-à-dire son droit imprescriptible à choisir son destin. On ne joue pas impunément avec les peuples et leur histoire. Toutes les chimères politiques sont appelées un jour ou l’autre à se briser sur les réalités historiques. La Russie a bel et bien fini par boire le communisme comme un buvard parce que la Russie avait plus de consistance historique que le communisme, mais à quel prix ?
Alors, si nous organisons l’Europe, organisons-la à partir des réalités. Et les réalités, en Europe, ce sont toutes les nationalités qui la composent.
[…]
S’il y a une conscience européenne, c’est un peu comme il y a une conscience universelle ; elle est de l’ordre du concept et n’a à voir ni avec l’âme du peuple ni avec la solidarité charnelle de la nation. La nation française est une expérience multiséculaire, La conscience européenne est une idée qui d’ailleurs ne s’arrête pas aux frontières de la Communauté. Et l’on ne bâtit pas un Etat légitime sur une idée abstraite, encore moins sur une volonté technocratique.
[…]
Certains théoriciens de l’Europe fédérale, qui ont du moins le courage d’aller au bout de leurs idées, nous assurent que l’humanité entre désormais dans une ère nouvelle, où la nation n’aurait plus sa place, parce qu’elle n’était dans l’avancée des civilisations qu’une étape historique, une sorte de maladie infantile, une phase nécessaire et le temps serait enfin venu de la dépasser.
On retrouve là ces vieilles obsessions post-hégéliennes qui nous annoncent toujours pour demain la “fin de l’histoire”. Ces vieilles obsessions, c’est un comble qu’elles reprennent du service au moment même où les doctrines politiques qui reposaient sur le “sens de l’histoire” se dissolvent. Il s’agit d’ailleurs plus d’une idéologie que d’une philosophie de l’histoire, et d’une idéologie qui, comme toutes les autres idéologies, tourne le dos à l’observation du réel.
La réalité, c’est que, le plus souvent, les empires sont nés avant les nations et non après elles. Certes, on peut trouver des régions où les nationalités s’imbriquent trop pour qu’il soit possible d’organiser des Etats mais, partout ailleurs, les ensembles transnationaux qui ont précédé les nations ont dû leur céder la place quand les peuples, enfin, ont revendiqué leur droit à disposer d’eux-mêmes, car il est clair, il est avéré que, dans l’histoire du monde, l’émergence des nations est allée de pair avec l’émancipation des peuples.
Et puis les nations sont bien loin d’avoir été la cause principale de nos épreuves. Force est ainsi de reconnaître que, dans notre siècle, plus de malheurs nous sont venus des grandes idéologies et des impérialismes dominateurs que des ambitions nationales.
Donc, finissons-en avec cette vue naïve des choses qui voudrait nous faire croire que la disparition des Etats-nations signifierait la fin des conflits armés, “la paix perpétuelle”, pour reprendre cette fois la terminologie d’Emmanuel Kant, lequel ne la concevait d’ailleurs que comme une paix entre nations souveraines.
Et à ceux qui entendraient dauber encore sur les passions nationales et leur opposer la sagesse millénaire des commissions et autres conclaves technocratiques et supranationaux, je voudrais rappeler quelques exemples de l’histoire récente. Ils méritent qu’on s’y arrête avant de passer par pertes et profits la possibilité de conduire une politique étrangère nationale.
Chacun a en mémoire l’absence radicale de la Communauté de tous les événements majeurs de la fin des années quatre-vingt et du début des années quatre-vingt-dix : libération de l’Europe de l’Est, éclatement de l’Union soviétique, guerre du Golfe, tout s’est passé sans elle, lorsque ce n’est pas malgré elle !
Même le conflit yougoslave qui, tant par sa situation géographique que par la dimension de son territoire, semblait constituer un terrain d’exercices idéal pour la diplomatie communautaire, s’est transformé en un stand de démonstration de l’impuissance et de la désunion, impuissance qui, dans ce cas, ne tenait pas à l’absence d’une organisation intégrée, mais aux légitimes différences d’approche entre les pays membres et je souhaite, s’agissant de la France, qu’elle puisse continuer à les exprimer.
La crise des euromissiles apporte une autre éclatante démonstration du poids d’un vieil Etat-nation dans des circonstances critiques.
Le président Mitterrand croit laisser sa marque dans l’histoire de ce pays comme le héraut de la cause européenne. Oserai-je dire qu’à mon avis, il s’agit d’un contresens ? Car, si cette empreinte historique existe, elle est à chercher plutôt dans son discours au Bundestag, qui a infléchi de manière décisive la position allemande devant la crise des euromissiles dans le sens de la fermeté ! Par là même était ouverte la voie aux événements de la fin des années quatre-vingts, qui ne le virent malheureusement pas faire preuve de la même lucidité.
Ce qui fit peser en 1983 la balance dans le sens de la résistance, et donc de la liberté, ce ne fut certes pas l’intervention d’une communauté hétéroclite, ce fut le représentant d’un vieil Etat-nation, sûr dans le cas d’espèce de sa légitimité et du soutien des citoyens français, fort de l’opposition résolue du corps social et politique aux sirènes pacifistes.
Qui ne voit, à la lumière de ce qui s’est passé lors de la crise du Golfe, que l’Europe de Maastricht, qui se serait probablement préférée plutôt rouge que morte en 1983, s’acceptera demain verte ou brune au gré des conjonctures, privée qu’elle est de ces garde-fous fondamentaux pour la démocratie que sont le sentiment national et la légitimité populaire.
L’histoire, loin d’être achevée, est plus que jamais en marche et elle demeure tragique.
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Libellés :
les eurocrates contre les nations
samedi, juin 18, 2016
Après Anna Lindh, Jo Cox ?
Le 11 septembre 2003, à trois jours du référendum suédois sur l'Euro, le porte-parole pro-Euro, Anna Lindh, est assassiné par un malade mental.
Le parallèle avec ce qui vient d'arriver à Jo Cox en Grande-Bretagne est troublant et fat naître des pensées dérangeantes.
Bien sûr, si j'avais confiance dans le caractère démocratique de nos institutions, je conclurais de suite à une malheureuse coïncidence et rien de plus. Mais voilà : je n'ai justement pas confiance. Les européistes ont prouvé trop souvent et par tant de biais qu'ils ne sont pas du tout démocrates.
Alors ? Il me reste un doute. J'ai lu Machiavel et je ne suis pas le seul.
Le parallèle avec ce qui vient d'arriver à Jo Cox en Grande-Bretagne est troublant et fat naître des pensées dérangeantes.
Bien sûr, si j'avais confiance dans le caractère démocratique de nos institutions, je conclurais de suite à une malheureuse coïncidence et rien de plus. Mais voilà : je n'ai justement pas confiance. Les européistes ont prouvé trop souvent et par tant de biais qu'ils ne sont pas du tout démocrates.
Alors ? Il me reste un doute. J'ai lu Machiavel et je ne suis pas le seul.
Libellés :
les eurocrates contre les nations
jeudi, mai 05, 2016
La fuite en avant eurocratique
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La trahison eurocratique
La Commission européenne a proposé l’instauration d’une amende de 250 000 euros par personne, envers les Etats refusant d’accueillir des réfugiés. Cette idée exhale un étrange parfum totalitaire. L’Union a lancé en septembre dernier un mot d’ordre d’accueil, par la voie du président de la Commission – « ouvrons leur les bras » – et désormais, elle se fait fort de châtier violemment les Etats qui refuseraient d’appliquer cet objectif. En soi, cette pénalisation du non accueil est la négation même de la liberté des Nations: le choix d’accueillir ou ne pas accueillir un ressortissant étranger. Même dans une fédération comme les Etats-Unis, l’Etat fédéral n’aurait pas – me semble-t-il – le pouvoir de châtier un Etat pour refus d’accueillir une personne venue de l’extérieur du pays. Cette proposition est révélatrice d’une image assez sordide de « l’étranger », considéré comme un pion que l’on affecte autoritairement depuis Bruxelles, sous le menace de lourdes sanctions dans tel ou tel lieu d’accueil. Bref, nous sommes en pleine trahison de l’idéal européen, « une union toujours plus étroite entre les peuples ». Cette idée étrange, tellement caractéristique de la mentalité eurocratique, semble destinée à mieux faire haïr l’Europe, à accélérer sa désintégration, à faciliter le Brexit, à donner un nouvel élan spectaculaire aux partis de la haine démagogique et nationaliste en Europe. Et si tel était le but recherché ? Et si cette eurocratie, dans sa fuite en avant, n’avait pas d’autre but, par idéologie, que la destruction de l’Europe, au sens d’une communauté de peuples liés par une histoire et un destin commun?
Maxime TANDONNET
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Pour ma part, je ne suis même pas révolté par une telle mesure : ma révolte a eu lieu il y a longtemps, chaque nouvelle de ce type ne fait que confirmer mon analyse et mon sentiment vis-à-vis de l'UE.
Nous sommes « simplement » victimes d'une mentalité idéologique de type soviétique : le communisme est intrinsèquement bon, s'il échoue, c'est que nous n'en avons pas fait encore assez. L'européisme est intrinsèquement bon, s'il échoue, si les peuples y sont de plus en plus opposés, si les Britanniques font un référendum pour se barrer, c'est que nous n'en avons pas fait encore assez.
Ces gens-là ne changent pas, il n'y a qu'un seul moyen de traiter avec eux : s'en débarrasser, politiquement ou physiquement ; la violence, symbolique si possible, réelle si nécessaire.
Au fait, est-ce que la harengère Le Pen continue à dire que le Grand Remplacement n'existe pas, que c'est un fantasme ?
jeudi, avril 07, 2016
Vers la fin de l'UERSS ?
Référendum aux Pays-Bas : quand il s'agit d'Europe, les peuples disent toujours non
Référendum aux Pays-Bas : quelles conséquences aprèsla victoire du « non » ?
La survie de l'UERSS tient à une seule politique : celle de Mario Draghi, qui permet aux Etats européens faillis de ne pas déposer le bilan tout en ne recouvrant pas leur souveraiineté monétaire.
Et cela peut durer très longtemps : même l'hyper-classe européiste allemande sent que, malgré ses réticences, elle n'a pas intérêt à secouer le cocotier.
Pour l'instant, les fragilités augmentent, la vulnérabilité s'accroît, les fissures s'élargissent et les lézardes se voient mais la tour de Babel bruxello-francfortoise, qui finira par s'écrouler, comme sa célèbre ancêtre, tient bon.
Quel sera l'événement déclencheur de la chute ? Une crise financière ? Un attentat ? Une nouvelle vague d'invasion migratoire ? Le Brexit (auquel je ne crois pas) ? Autre chose ? Je l'ignore.
Mais il ne faudra recommencer les mêmes erreurs, et c'est déjà mal parti.
La plupart de mes connaissances tombent d'accord que l'UERSS est condamnée, mais ce sont les mêmes personnes qui croient qu'il faudrait refaire une union européenne sous une autre forme.
Elles ne comprennent pas que c'est l'idée même d'union européenne qui est absurde, utopique, idéologique ; que ce qui fait, en politique, la culture européenne que nous partageons entre Européens, c'est précisément la nation et qu'une union européenne supranationale est un oxymore.
Et quand j'essaie d'expliquer, en face de « l'union fait la force », que mieux vaut être seul que mal accompagné, que des accords multi-latéraux limités sont possibles sans supranationalité, j'ai l'impression d'exposer une idée aussi complexe que la géométrie non-euclidienne en douze dimensions, tant le matraquage idéologique a été efficace.
Référendum aux Pays-Bas : quelles conséquences aprèsla victoire du « non » ?
La survie de l'UERSS tient à une seule politique : celle de Mario Draghi, qui permet aux Etats européens faillis de ne pas déposer le bilan tout en ne recouvrant pas leur souveraiineté monétaire.
Et cela peut durer très longtemps : même l'hyper-classe européiste allemande sent que, malgré ses réticences, elle n'a pas intérêt à secouer le cocotier.
Pour l'instant, les fragilités augmentent, la vulnérabilité s'accroît, les fissures s'élargissent et les lézardes se voient mais la tour de Babel bruxello-francfortoise, qui finira par s'écrouler, comme sa célèbre ancêtre, tient bon.
Quel sera l'événement déclencheur de la chute ? Une crise financière ? Un attentat ? Une nouvelle vague d'invasion migratoire ? Le Brexit (auquel je ne crois pas) ? Autre chose ? Je l'ignore.
Mais il ne faudra recommencer les mêmes erreurs, et c'est déjà mal parti.
La plupart de mes connaissances tombent d'accord que l'UERSS est condamnée, mais ce sont les mêmes personnes qui croient qu'il faudrait refaire une union européenne sous une autre forme.
Elles ne comprennent pas que c'est l'idée même d'union européenne qui est absurde, utopique, idéologique ; que ce qui fait, en politique, la culture européenne que nous partageons entre Européens, c'est précisément la nation et qu'une union européenne supranationale est un oxymore.
Et quand j'essaie d'expliquer, en face de « l'union fait la force », que mieux vaut être seul que mal accompagné, que des accords multi-latéraux limités sont possibles sans supranationalité, j'ai l'impression d'exposer une idée aussi complexe que la géométrie non-euclidienne en douze dimensions, tant le matraquage idéologique a été efficace.
vendredi, juin 26, 2015
Grèce : "C'est la fable du paralytique guidé par l'aveugle"
Pour une fois que Zemmour fait une chronique économique qui tient la route :
Grèce : "C'est la fable du paralytique guidé... par rtl-fr
Grèce : "C'est la fable du paralytique guidé... par rtl-fr
mercredi, mai 13, 2015
Vivent les Anglais ! Pour la Grande-Bretagne, les migrants «devraient être renvoyés»
Pour la Grande-Bretagne, les migrants«devraient être renvoyés»Londres rejette le plan Juncker
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« Les migrants qui tentent de gagner l’Union européenne en traversant la Méditerranée devraient être renvoyés », a affirmé dans les médias britanniques la ministre de l’Intérieur, Theresa May, reconduite dans ses fonctions par David Cameron après sa victoire aux législatives.
« Je suis en désaccord avec Federica Mogherini (le chef de la diplomatie européenne) quand elle soutient qu’aucun migrant ou réfugié intercepté en mer ne sera renvoyé contre son gré », a insisté Mme May, quelques heures avant la présentation du plan de Jean-Claude Juncker. « Une telle approche ne peut qu’encourager plus de gens à risquer leur vie », a-t-elle estimé. Le plan d’action adopté mercredi par la Commission européenne veut éviter les embarquements, secourir les migrants qui ont pris la mer et gérer leur accueil à leur arrivée dans l’Union européenne.
************
La solution de ces problèmes est simple, il suffit de le vouloir :
1) Renvoyer les bateaux de migrants sans les secourir, à l'australienne. Quelques corvettes suffisent.
2) Rétablir la nationalité héréditaire par opposition au droit du sol (« On n'appelle pas une vache cheval parce qu'elle est née dans une écurie ») et durcir les conditions de naturalisation jusqu'à la rendre impossible pour les immigrants de première, voire de deuxième génération, sauf par le sang versé ou autre insigne service rendu à la France. Une loi suffit, on en vote des centaines tous les ans.
3) Réserver les aides sociales aux nationaux. Une loi suffit, on en vote des centaines tous les ans.
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« Les migrants qui tentent de gagner l’Union européenne en traversant la Méditerranée devraient être renvoyés », a affirmé dans les médias britanniques la ministre de l’Intérieur, Theresa May, reconduite dans ses fonctions par David Cameron après sa victoire aux législatives.
« Je suis en désaccord avec Federica Mogherini (le chef de la diplomatie européenne) quand elle soutient qu’aucun migrant ou réfugié intercepté en mer ne sera renvoyé contre son gré », a insisté Mme May, quelques heures avant la présentation du plan de Jean-Claude Juncker. « Une telle approche ne peut qu’encourager plus de gens à risquer leur vie », a-t-elle estimé. Le plan d’action adopté mercredi par la Commission européenne veut éviter les embarquements, secourir les migrants qui ont pris la mer et gérer leur accueil à leur arrivée dans l’Union européenne.
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La solution de ces problèmes est simple, il suffit de le vouloir :
1) Renvoyer les bateaux de migrants sans les secourir, à l'australienne. Quelques corvettes suffisent.
2) Rétablir la nationalité héréditaire par opposition au droit du sol (« On n'appelle pas une vache cheval parce qu'elle est née dans une écurie ») et durcir les conditions de naturalisation jusqu'à la rendre impossible pour les immigrants de première, voire de deuxième génération, sauf par le sang versé ou autre insigne service rendu à la France. Une loi suffit, on en vote des centaines tous les ans.
3) Réserver les aides sociales aux nationaux. Une loi suffit, on en vote des centaines tous les ans.
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