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mercredi, juillet 29, 2020

Réchauffisme et covidisme : même combat.

Les parallèles entre la peur du réchauffement climatique et la peur du COVID sont nombreux parce qu'elles ont pour cause une même maladie spirituelle et intellectuelle, qui touche principalement l'occident.

Passons les en revue :

1) le scientisme. La croyance fétichiste dans la science définie comme l'affirmation de certitudes inébranlables, de prévisions forcément justes, issues de modèles numériques hautement fantaisistes et de données chiffrées très contestables.

2) la peur irrationnelle. L'hypothèse disant qu'un éventuel réchauffement climatique est très néfaste relève de la croyance et non de la science. Au contraire, l'évolution des techniques, notamment agricoles, conduit à penser que nous saurions profiter des avantages et compenser, au moins en partie, les inconvénients. S'agissant du COVID, maintenant que l'on commence à y voir clair : le nombre de morts est sur-évalué, on a classé à peu près n'importe quoi « mort COVID » (anecdote : on a classé aux Etats-Unis « mort COVID » un accident de moto sous prétexte que le motard avait été testé positif !) et on sait que la population vulnérable commence au-delà de 70 ans. De plus, on a des remèdes (IHU, Zelenko). Bref, pas vraiment de quoi avoir peur (et puis, l'épidémie est finie en Europe depuis deux mois).

Nous finirons dans l'ordre de grandeur de la grippe de Hong-Honk en 1969. Nous devrions sérieusement nous interroger sur la différence de réaction entre 1969 et 2020 : sang-froid voire indifférence en 1969. Panique quasi-mondiale en 2020 (pas de panique en Afrique, rationalité en Asie).

Raoult, qui est loin de n'avoir dit que des conneries, a écrit un livre il y a quelques années, pour dire que l'Europe était devenue le continent de la peur (une des étiquettes pour les billets de ce blog) et que ça allait nous jouer des tours. Jean-Paul II disait « N'ayez pas peur ! » mais il est mort.

3) le remède-miracle. Les énergies « renouvelables » d'un coté, la vaccin de l'autre.

4) l'exigence de coercition. Il faut taxer, brider, empêcher, interdire, légiférer ... et faire taire.

5) la pseudo-nécessité du gouvernement mondial pour faire face. au problème Inutile que j'y revienne, Bill (Gates) vous expliquera

6) la complicité des mammouths mondialisés dans la contagion de la peur. Là aussi, Bill a des choses à vous expliquer.

7) le martèlement médiatique. On se souvient du croque-mort en chef Salomon égréant ses chiffres tous les soirs. Si on avait pareil avec n'importe quelle maladie, on aurait créé aussi une panique.

Je laisse à votre jugement la cause commune à ces deux lubies pour abrutis. Je vous rappelle cette phrase de Claude Tresmontant, que je lis en ce moment : « Les grandes catastrophes humaines sont préparées par des fautes dans l'ordre de la pensée ».

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Superstition

Nombreux sont les saints qui ont enchaîné et tué un dragon. C’était, notamment, le symbole de la victoire du christianisme sur le paganisme.

[…]

Aujourd’hui on ne croit plus en ces fariboles de l’obscurantisme. D’ailleurs on ne croit plus en rien. C’est donc le moment de réinventer les pires superstitions. Ce n’est plus un très grand dragon qui terrorise, c’est un tout petit virus. Mais la terreur est la même et le culte est aussi exigeant. Les grands-prêtres si rationnels qui nous gouvernent (et plus encore, si c’était possible, qui gouvernent les médias), ne pouvant plus offrir d’enfants (le Moloch du droit à l’avortement les a déjà pris) ont offert quelques vieux par la grâce du Rivotril. Mais surtout il fallait imposer la dictature du dieu virus. Et elle connaît aujourd’hui un regain, avec l’obligation du port du masque. Or il s’agit réellement, clairement, évidemment, d’une superstition. Voyez celui-ci, tout seul dans son jardin, avec un masque. Voyez celui-là, tout seul dans sa voiture, avec un masque. Comment craignent-ils d’être « contaminés » ? Qui craignent-ils de « contaminer » ? Et je vois ces braves gens, contaminés par la propagande de la nouvelle religion, qui déambulent dans les rues avec un masque, dans des villages et des bourgs où il n’y a pas eu la moindre contamination depuis le début de l’épidémie. Et qui sont persuadés de faire acte de vertu. D’être des saints de la nouvelle religion.

C’est une nouvelle illustration de la vérité selon laquelle quand on ne croit plus à la vraie religion on tombe dans la superstition, surtout quand on se croit rationnel, et d’autant plus esclave qu’on se croit « libéré ».

Mais comme pour tout, il y a le bon côté des choses, qui permet de sourire un peu. Sans masque. Puisque, évidemment, je ne célèbre pas mardi-gras en été, il m’est interdit par la nouvelle religion d’entrer dans les boutiques. Il faut donc faire autrement pour acheter à manger. C’est l’occasion de découvrir des marchés que je ne connaissais pas, avec de sympathiques commerçants – ceux-là qui n’ont pas de masques et qui ne sont donc pas des adeptes de la nouvelle religion, et le montrent de façon ostensible et, redisons-le, souriante, ce que ne peuvent pas faire les sinistres adeptes masqués de la nouvelle religion.

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Je suis très inquiet parce que, au stade de folie où nous sommes, toutes les catastrophes sont possibles.

On nous a enfilé le réchauffement climatique, le COVID, c'est l'escalade dans la connerie. Alors, pour la suite, je crains le pire. Le suicide collectif des blancs pour faire plaisir aux noirs ? La conversion à l'islam pour apaiser les dieux du « vivrensemble » ? Autre chose aussi farfelu et aussi con ?


samedi, mars 28, 2020

Coronavirus : l'histoire se venge.

Les peuples de l'Europe de l'ouest veulent que l'histoire les laisse mourir en paix, gavés d'opulence. Le problème est que l'histoire ne laisse jamais les peuples mourir en paix, leur mort est toujours pleine de tragédies et de drames, d'horribles souffrances.

Les peuples d'Europe de l'ouest se sont donc inventés une fausse histoire, linéaire, sans soubresauts ni surprises, gentille, régie par le droit, par des colloques inter-gouvernementaux interminables peuplés de technocrates abrutis et par des juges idéologues inamovibles non-élus.

Ils fantasment de remplacer, suivant la géniale expression saint-simonienne, le gouvernement des hommes par l'administration des choses.

Cette conception fausse de l'histoire explique le vote Macron : c'est celui d'une histoire où il n'y a jamais besoin de prendre une décision de rupture, où on peut choisir la continuation de ce qui nous tue sans en souffrir, où on peut porter au pouvoir des gens qui n'ont aucun sens de l'histoire sans que ça nous pète à la gueule, où le prolongement des courbes et la mise en équations suffisent bien, où on n'a pas à choisir entre deux risques (1).

Et le coronavirus SARS-Cov2 est arrivé.

Lui, c'est de l'histoire bien tragique, qui tache, qui fait des vagues, où les morts ne se relèvent pas à la fin de la pièce. Oh, il n'est même pas très méchant, M. Coronavirus : sur la carte des grands fléaux de l'humanité, il apparaîtra comme un point minuscule.

Mais il suffit à mettre en bas le château de cartes de l'histoire gentille.

C'est pourquoi le professeur Raoult est l'objet d'une admiration proche de l'idolâtrie : parce qu'il vit dans l'histoire à l'ancienne, pleine de bruit et de fureur, c'est l'anti-Macron (d'ailleurs, la macronie l'a bien compris et le déteste).

Il prend des décisions risquées dans l'urgence. La mise en équation, les réunions d'experts qui se tirent l'élastique, les protocoles qui durent six mois, le copinage pourri avec les labos, pas le temps. La chloroquine ? C'est mieux que rien et, justement, on n'a rien.

De même qu'une hirondelle ne fait pas le printemps, un Raoult ne fait pas une révolution politique. Aussitôt le danger passé, les Français retomberont dans la mollesse de la mort douce. On l'a bien vu avec les Gilets Jaunes, autre expression de l'histoire furieuse.

Amusant paradoxe. C'est le pays le plus suicidaire, l'Allemagne, qui s'en sort le mieux parce qu'il lui reste de l'histoire tragique le sentiment de sa supériorité raciale et de sa légitimité à étrangler, à travers l'Euro, les races inférieures résidant dans le sud de l'Europe.

La vraie rupture avec la fausse histoire gentille, ça sera l'éclatement de l'Euro, obligeant à assumer de nouveau l'espace naturel de l'histoire tragique, la nation. Ce n'est pas pour tout de suite, mais peut-être pour demain.



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(1) : le vote Le Pen était risqué mais chaque jour qui passe prouve qu'il l'était moins que le vote Macron.

dimanche, mars 22, 2020

Gros malaise.




Haut les masques! Pourquoi le confinement général est un pis-aller. Par Anne-Laure Boch - 21 mars 2020

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L’épidémie de Covid19 s’aggrave et le gouvernement durcit et étend son arme principale, si ce n’est unique : le confinement. Ce confinement, pour nécessaire qu’il ait été dans les premiers temps, est en train de devenir le paravent de l’inaction du gouvernement dans un domaine régalien : la production des armes pour faire la guerre… en l’occurrence les masques !
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Je suis très mal à l'aise avec ce qui se passe : le gouvernement Macron et son conseil « scientifique » ne font pas de la science mais de la politique.

Il est de plus en plus patent que leur but n'est absolument pas d'obtenir les meilleurs résultats sanitaires, mais de ne pas se dédire sur le confinement et de renforcer toujours plus le contrôle social.

Face à cela, souvenez vous : la vérité rend libre.









samedi, mars 17, 2018

L'Europe d'Hitler est (presque) accomplie

Grande-Bretagne détachée, France soumise et désindustrialisée, Russie hostile mais inoffensive, Allemagne toute-puissante : l'objectif stratégique d'Hitler est accomplie.

Choquant ? Peut-être, mais est-ce faux ?

On peut rétorquer que l'idéologie européiste est à l'inverse de l'idéologie hitlérienne. Mais en fait, non, pas vraiment.

Par une ruse de l'histoire, l'obsession anti-raciste finit par constituer un violent communautarisme obsédé par les races (cela favorise aussi une obsession islamophile qui est puissamment anti-juive) et le mépris des libertés politiques est aujourd'hui tout aussi fort que sous Adolf (mais les libertés individuelles sont protégées jusqu'au délire).

La violence n'est pas vraiment un critère distinctif de la situation : Hitler aurait gagné la guerre en 1940 (1), croyez vous que l'Europe de 2018 serait plus violente que ce qu'elle est ? Bien sûr que non. Les opposants auraient été éliminés depuis longtemps ou se seraient ralliés. Peut-être même que les juifs, devenus très minoritaires (par déportation plus que par extermination : le judéocide est une conséquence de la défaite allemande), seraient ni plus ni moins menacés qu'aujourd'hui.

Cette continuité n'a rien de surprenant. Il y a un domaine où 1945 n'a absolument pas été une rupture : le règne des technocrates. Dans tous les pays, l'épuration a été superficielle, les technocrates sont passés sans efforts ni difficultés d'européistes nazis (ou pétainistes) à européistes monnetistes.

Par contre, il n'est pas indifférent que, pour en arriver à la situation actuelle, on n'ait pas usé de violence physique.

Pourtant, si l'on considère uniquement la situation, sans prendre en compte la manière dont on y est parvenu, un seul point sépare le rêve stratégique d'Hitler de l'Europe actuelle : la domination américaine.

J'admets ce que peut avoir de provocateur ce billet pour un lecteur abreuvé aux medias de masse, mais c'est étudié pour. Si cela vous permet au moins de comprendre à quel point nous sommes éloignés de « la France libre et indépendante, dans l'honneur et par la victoire », c'est déjà bien.



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(1) : rappelons qu'Hitler s'est approché au plus près de la victoire définitive fin mai 1940 :

Le duel Churchill-Hitler (J. Lukacs)

Five Days in London : May 1940 (J. Lukacs)

A ce moment là, la France était dotée d'un gouvernement légal et légitime, qui aurait accepté la fin des combats avec soulagement. Pas de De Gaulle, pas de Résistance, pas de déportations.

lundi, avril 10, 2017

Euro et inertie antidémocratique

Il y a des gens, comme Charles Gave et Jean-Jacques Rosa, qui ont dit dès le début que l'Euro était un monstre idéologique et une aberration économique. D'autres font le même constat aujourd'hui. Par une honnêteté intellectuelle qui les honore, ils voient ce qu'ils voient.

Je me suis trompé en votant "oui" en 1992 et en 2005, je n'en suis pas fier. Mais, du moins, j'ai compris,

Les articles de ce type se multiplient :

Euro : pour un passage de la monnaie unique à la monnaie commune

Pourtant, rien ne change : l'Euro est toujours régi par les mêmes règles qu'au premier jour.

C'est que les eurocrates ont trouvé la recette miracle : pour que rien ne change, il suffit ... de ne rien changer !

L'inertie comme réponse à toutes les revendications et à toutes les interrogations. Et un peu de manipulation pour faire passer tout cela, comme on le voit dans la campagne électorale en cours. Cause toujours, je continue à forer droit.

C'est si simple que c'est brillant.

Cette stratégie fonctionne très bien parce qu'elle est en phase avec l'époque. Nous vivons à l'époque de l'inertie. Nous communiquons et nous nous déplaçons de plus en plus vite, mais nous prenons les décisions de plus en plus lentement. Le temps pour décider de la construction d'un aéroport ou d'une pissotière a quintuplé en cinquante ans.

Cela fait dix ans que les Français se sont fait mettre par le traité de Lisbonne inversant leur vote de 2005. A une autre époque, il y aurait déjà deux révolutions et un coup d'Etat. Là, rien.

La suite, qui me fait très peur, est connue : quand une caste fige un système, empêche les micro-ajustements, un macro-ajustement qui résout tout, sur le mode « maladie soignée, malade mort » tombe d'un coup : révolution, banqueroute, guerre, invasion, etc.


















vendredi, juin 24, 2016

Mon pays à l'heure allemande

Je l'écrivais ce matin, suite au Brexit :

« l'Europe allemande voulue par Hitler est faite, l'obsession raciale est juste inversée (métissage à la place de pureté) mais elle est toujours là. Les collabos sont déjà en place. Nous allons morfler. Les dirigeants français vont ramper devant Muttie Angela. Et comme la trouille rend violent, on va la sentir, la schlague ».

Les journalistes « objectifs » et « raisonnables » de Radio-Paris, pardon, de France Télévisions, prennent la tête d'enterrement de leurs aïeux annonçant la défaite de Stalingrad.




C'est marrant tous ces gens qui parlent d' « un jour triste pour l'Europe », de  « l'Europe pour laquelle nous nous sommes tant battus », sans avoir un seul mot pour la France et les Français. Au moins, on sait où sont leurs priorités et leurs amours. Mais on le savait déjà.



Tout cela est bien réjouissant. C'est un peu primaire, mais ne mégotons pas notre joie.

Et maintenant ? Nous sommes en juin 1940, seuls face aux Allemands (qui ont, heureusement, des méthodes plus douces, mais l'appétit de domination est le même). Notre Pétain, nous ne le connaissons pas vraiment puisque les candidats pour le poste se bousculent. Alain Juppé semble tenir la corde (pour nous pendre).

Bon, pas de De Gaulle à l'horizon. Mais tout espoir n'est pas perdu.

Et si Trump gagne en novembre ? Omaha Beach reloaded ?

C'est marrant, comme au fond, les mêmes questions se posent sans cesse : d'un coté la voie de l'indépendance, de la raison de long terme, de la difficulté, de l'avenir et de l'espoir et de l'autre, la voie de la soumission, du calcul de court terme, de la facilité, du passé et du désespoir.



jeudi, juin 09, 2016

Le problème de la (fausse) droite soumise

La jouer “plus libéral que moi tu meurs” ne peut suffire

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Pour exiger des gens des sacrifices courageux, il faut soi-même donné le sentiment de faire preuve de courage. Quoiqu’ ils n’en soient pas toujours conscients, les Français sentent bien que les réformes libérales, même si certaines sont nécessaires, visent à satisfaire des donneurs d’ordres étrangers (Bruxelles, Berlin ou d’autres), que ces ordres sont répercutés par des « princes esclaves » selon l’expression de Gaston Fessard. Piètre posture pour exiger « du sang et des larmes ».

[…]

La convergence des propositions des candidats Les Républicains ne tient pas seulement au conformisme technocratique : ne remettant évidement pas en cause l’euro, ils n’envisagent pas non plus des solutions alternatives comme un vigoureux transfert des charges sociales sur la TVA dite « TVA sociale » (assortie d’une hausse des salaires à due proportion, sinon la mesure apparaîtra elle aussi pénitentielle). A l’intérieur des contraintes dans lesquelles ils inscrivent leur projet, la seule solution qu’ils voient pour relancer la croissance est la politique dite de l’offre : faciliter l’initiative des chefs d’entreprise en améliorant leur situation financière et réglementaire vis-à-vis du reste de la population.

[…]

Le plus probable à ce jour est que le prochain président soit issu des rangs des Républicains. La règle à suivre par ceux qui conseillent les candidats à la primaire de ce parti ne devrait pas être seulement « plus libéral que moi tu meurs », mais : « Comment éviter que la nouvelle majorité ne soit carbonisée en trois mois ? » Autrement dit, comment ne pas réitérer les mésaventures de 1986 et 1995 : toute la population dans la rue aux premières réformes ? Mais qui s’en souvient ? C’est alors en effet qu’aurait lieu l’explosion que tout le monde attend depuis des mois, voire des années. Les réformes en seraient définitivement discréditées et la gauche, malgré son épuisement idéologique, se trouverait une fois de plus, remise en selle.
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Je trouve que Roland Hureaux n'est pas si clair que d'habitude. La solution au problème qu'il expose  est simple et connue puisqu'elle est donnée par le discours économique de De Gaulle en 1958 :

1) des réformes amples, qui font des mécontents partout mais la colère étant également répartie, pas de sentiment d'injustice.

2) Un but clair. Des perspectives. Ne pas rester sur le traumatisme du moment. Se projeter dans l'avenir.

3) Faire dans l'intérêt de notre pays. Pas dans l'intérêt de « l'Europe », de l'Amérique, de l'Allemagne, du Balouchistan,  du Volapuk (intégré ou non) de la gauche ou de la droite, mais dans l'intérêt de la France, et elle seule.

Seulement voilà : contrairement à notre fausse droite, qui a peur de tout et est une chienne soumise à tous les maîtres, la gauche, l'islam, l'UE, l'Amérique, ... (tous, sauf le seul maître qu'elle devrait accepter, la France), De Gaulle n'avait pas honte d'être un patriote français et de parler comme tel.

S'il se trouvait au pouvoir un authentique patriote, nous pourrions de nouveau entendre :

« J’ai décidé de remettre nos affaires en ordre réellement et profondément. [...] Notre pays va se trouver à l’épreuve [mais] le rétablissement visé est tel qu’il peut nous payer de tout [...] Sans cet effort et ces sacrifices, nous resterions un pays à la traîne, oscillant perpétuellement entre le drame et la médiocrité. »








jeudi, avril 07, 2016

Vers la fin de l'UERSS ?

Référendum aux Pays-Bas : quand il s'agit d'Europe, les peuples disent toujours non

Référendum aux Pays-Bas : quelles conséquences aprèsla victoire du « non » ?

La survie de l'UERSS tient à une seule politique : celle de Mario Draghi, qui permet aux Etats européens faillis de ne pas déposer le bilan tout en ne recouvrant pas leur souveraiineté monétaire.

Et cela peut durer très longtemps : même l'hyper-classe européiste allemande sent que, malgré ses réticences, elle n'a pas intérêt à secouer le cocotier.

Pour l'instant, les fragilités augmentent, la vulnérabilité s'accroît, les fissures s'élargissent et les lézardes se voient mais la tour de Babel bruxello-francfortoise, qui finira par s'écrouler, comme sa célèbre ancêtre, tient bon.

Quel sera l'événement déclencheur de la chute ? Une crise financière ? Un attentat ? Une nouvelle vague d'invasion migratoire ? Le Brexit (auquel je ne crois pas) ? Autre chose ? Je l'ignore.

Mais il ne faudra recommencer les mêmes erreurs, et c'est déjà mal parti.

La plupart de mes connaissances tombent d'accord que l'UERSS est condamnée, mais ce sont les mêmes personnes qui croient qu'il faudrait refaire une union européenne sous une autre forme.

Elles ne comprennent pas que c'est l'idée même d'union européenne qui est absurde, utopique, idéologique ; que ce qui fait, en politique, la culture européenne que nous partageons  entre Européens, c'est précisément la nation et qu'une union européenne supranationale est un oxymore.

Et quand j'essaie d'expliquer, en face de « l'union fait la force », que mieux vaut être seul que mal accompagné, que des accords multi-latéraux limités sont possibles sans supranationalité, j'ai l'impression d'exposer une idée aussi complexe que la géométrie non-euclidienne en douze dimensions, tant le matraquage idéologique a été efficace.

samedi, janvier 23, 2016

Hureaux et les enfants d'Europe

Quand le forum de Davos se penche sur l’immigration, il oublie la question fondamentale : pourquoi l’Europe ne fait plus d’enfants


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On élude la question de la dénatalité en Europe : n'a-t-elle aucun remède ? Evoquer ce sujet est tabou parce qu'on finirait par parler de la politique familiale qui est la bête noire des lobbies féministes maîtres du politiquement correct international [c'est mes yeux ou cela correspond exactement à ce que j'écrivais hier ? Laisser l'autorité toute entière aux femmes, c'est une calamité]. La dénatalité européenne est considéré comme une donnée intangible. Pourtant la Russie de Poutine montre que quand un gouvernement veut remonter la natalité, il y arrive.

En disant cela, on évite surtout de poser le problème culturel. Une nation ce ne sont pas seulement des chiffres de population, des tranches d'âge etc., c'est aussi une certaine homogénéité culturelle. Sinon, on va vers une société d'apartheid probablement autoritaire ; il faudra une autorité forte pour éviter la guerre civile : on le voit en France avec la réforme constitutionnelle et l'état d'urgence qui préfigurent ce que sera l'Europe de demain.

En disant cela, surtout, on ignore délibérément la question identitaire. On tient pour rien l'angoisse qui traverse aujourd'hui l'Europe sur l'avenir de sa civilisation. Or le sentiment d'un peuple, même si on ne le juge pas légitime (je crois pour ma part qu'il l'est) doit être pris en compte. La capacité d'accueil, pas financière mais politique, de nos pays est limitée. Un petit nombre d'immigrés

[…]

Enfin, que révèle cette volonté de considérer l'ensemble des problèmes par leur prisme économique en premier lieu ? Quelle traduction de notre société faut-il y lire ?

Au premier abord, on y verra une sorte d'esprit technocratique, d'économisme un peu sec, d'ignorance des réalités sociales et culturelles. C'est peut-être le signe d'une inculture croissante de notre classe politique. Je ne crois pas par exemple que Angela Merkel soit très cultivée. Mais par-derrière on peut y voir aussi le signe d'un malaise profond, d'une indifférence des dirigeants de l'Europe à l'avenir de la civilisation européenne. Ce qui, selon Spinoza, est la volonté fondamentale de tout ce qui compose l'univers , vouloir persévérer dans l'être, est perdu de vue, voire diabolisé comme une forme d'égoïsme, de fascisme. Signe d'une étrange maladie psychologique qui s'apparente à une forme de décadence. Il ne faut pas imaginer que cette fausse générosité abstraite nous rend populaires dans le monde. "Il faut aimer son prochain comme soi-même". Ceux qui ne s'aiment plus sont incapables d'aimer vraiment les autres. Au lieu de leur dire merci, on les méprise et on les hait. D'où peut-être les incidents de Cologne. Heureusement tous les Européens ne sont pas atteints par cette maladie dégénérative, du moins j'espère.
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vendredi, septembre 11, 2015

Migrants : "Merkel croit qu'elle devient sourde quand elle n'entend plus les acclamations"



Migrants : "Merkel croit qu'elle devient sourde... par rtl-fr

Où est la France, dans tout ça ?

Contrairement aux foutaises criminelles que répandent les traitres dans les journaux, l'immigration incontrôlée n'a jamais été la tradition française. Bien au contraire. La vraie France serait un utile contrepoids à l'exaltation de la caste dirigeante allemande.





dimanche, août 02, 2015

Invasion migratoire et bordelification des régions

Un billet de Maxime Tandonnet et un entretien à propos de la bordelification hollandiste des régions. Deux sujets déconnectés et qui témoignent pourtant d'un pays en crise du fait de sa caste dirigeante.

En rouge gras, mes soulignements. Entre crochets mes commentaires. Et quelques corrections orthographiques.

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"L'histoire nous enseigne que les migrations améliorent le sort de ceux qui s'exilent mais aussi font avancer l'humanité toute entière". Cette phrase de Kofi Annan, secrétaire général de l'ONU prononcée en 2004 devant le parlement européen, exprime l'idéologie dominante, issue notamment de la mauvaise conscience coloniale de l'Europe, qui imprègne en profondeur la pensée de ses classes dirigeantes, ses élites médiatiques, politiques, intellectuelles .

Or, un sondage vient de révéler que l'immigration était aujourd'hui, pour la première fois, la première préoccupation des peuples Européens. Ce n'est pas la venue régulière en Europe de personnes du monde entier, désireuses d'y travailler en respectant ses lois et d'y élever leurs enfants, disposant d'un logement et d'un emploi, qui suscite cette réaction. Non, ce que rejettent les Européens, c'est le chaos migratoire, le sentiment largement partagé de l'impuissance tragique des autorités politiques - nationales comme européennes - face à des arrivées non maîtrisées de migrants qui forcent le passage par tous les moyens dans une Europe qui compte 20 millions de chômeurs et confrontée à des difficultés gigantesques, sociales, financières, politique.

L'Europe "d'en haut", politique comme intellectuelle, est dans l'impossibilité absolue de penser, de concevoir, d'essayer de comprendre ce malaise populaire. Pour elle, il est le fruit d'un obscurantisme que reflète l'usage du mot méprisant "populiste". Elle réagit exactement comme un apparatchik du Soviet suprême, dans les années 1950, auquel on aurait voulu expliquer que le "socialisme scientifique" n'est pas forcément l'avenir radieux de l'humanité.

Que peut-il sortir de ce gouffre entre l'Europe d'en haut et l'Europe des peuples?

- Scénario 1 - le pourrissement : tout continue comme si de rien n'était, sur la ligne actuelle, en essayant d'enfouir les problème et de détourner l'attention des peuples et de traiter leurs inquiétudes par le mépris. Peu à peu, à la faveur d'un chaos qui se répand, aux frontières comme dans les zones urbaines, nous assistons à un retour des nationalismes en Europe, une montée des tensions entre les Etats (France/Italie, France/Royaume-Uni) ; la défiance envers les politiques se généralise, s'exacerbe, les partis nationalistes, venus parfois de l'antisémitisme et du racisme, poursuivent leur vertigineuse ascension partout. Sur une vingtaine d'années, peut-être moins, on peut envisager l'arrivée de régimes autoritaires sur le continent, sinon de dictatures, un rejet viscéral de toute forme de solidarité européenne, des phénomènes de repli autarcique et une résurgence des haines nationalistes de la pire espèce.

- Scénario 2 - la prise de conscience : les autorités politiques nationales et européennes réalisent enfin le danger auquel elles exposent le continent européen. Elles s'affranchissent des dogmes, des idéologies, de l'ordre moral qui conditionnent leur comportement sur ces sujets depuis plusieurs décennies. Un principe simple doit dès lors effectivement prévaloir: l'Europe est certes un continent ouvert et hospitalier, en fonction de ses capacités d'accueil, mais personne ne peut entretenir le moindre espoir d'y entrer ou d'y rester illégalement, c'est-à-dire en dehors du respect de son droit et de ses lois (communautaires et nationales). En contrepartie de cette clarification, l'Europe entreprend un gigantesque effort d'aide au développement des pays sources de l'immigration.

Hélas, l'aveuglement obtus qui prévaut aujourd'hui, la terreur du qu'en dira-t-on aussi, qui paralyse les élites politiques et intellectuelles, dans un climat de lâcheté et de narcissisme généralisé,  me font plutôt pencher vers la première alternative mais comme souvent, je peux me tromper et je l'espère sincèrement...

Maxime TANDONNET






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Atlantico : Ce vendredi 31 juillet, le Premier ministre annonçait le choix des capitales régionales, dans le cadre de la réforme territoriale. Que pensez-vous des choix réalisés? Cette décision va-t-elle mettre fin au débat entre les différentes villes concurrentes ?

Jean-Luc Boeuf : La notion de capitale régionale est sensible. Elle emporte avec elle de nombreuses conséquences. C'est le lieu d'exercice du pouvoir, aussi bien de l'Etat que de la collectivité locale. C'est surtout le lieu où se concentrent l'enseignement supérieur, la recherche, certaines grandes entreprises. C'est donc considéré comme un déclassement que de perdre sa capitale régionale. Lorsque la réforme territoriale avait été lancée, les mots d'ordre étaient : simplifier, économiser l'argent public, rationaliser les structures. Aujourd'hui, aucun de ces objectifs n'est rempli.

Roland Hureaux : Le résultat de ce nouveau découpage : il n'y a pas de capitale régionale entre la Loire, l'Atlantique, la Garonne, le Rhône, soit près d'un tiers de la France. Ce résultat est en cohérence avec le délaissement dramatique du monde rural français depuis 25 ans où les socialistes, auteurs de la réforme de la Politique agricole commune de 1992 ont plus que leur part. La crise actuelle de l'élevage, qui est dramatique, en est une des conséquences. Le mépris de la France profonde, monde rural, petites villes, régions isolées comme le Limousin,  par les socialistes est hallucinant. C'est l'esprit bobo dans toute sa splendeur pour qui comptent  seulement les grandes capitales cosmopolites, largement ouvertes à l'international. Le reste, pour eux,  ne compte pas. S'y intéresser c'est du pétainisme, disent-ils (ce dont on ne s'était pas avisé pendant le trente années qui sont suivi la guerre et où avait été lancée la magnifique politique d'aménagement du territoire, aujourd'hui à l'abandon).

Le choix de sacrifier certaine villes a été fait en réalité quand on a voté la loi sur les régions, avec  une droite étonnamment passive.  Il fallait s'attendre à ce que certaines  villes soient  sacrifiées : les choix de Rouen, Bordeaux et Lyon sont assez logiques. Le sacrifice de Montpellier suscite une réaction vive du nouveau maire, Philippe Saurel, dissident de la gauche et   disciple de Frèche et qui  n'a pas sa langue dans la poche. Il est probable qu'il ne se résignera pas facilement. De même que les  Lorrains qui sont non seulement rayés de  la carte mais passent sous la tutelle  de Strasbourg et de la région alsacienne très excentrée.

Je pense qu'il sera difficile de panser les plaies et qu'un nouveau gouvernement de droite sera sans doute obligé de revenir sinon au statu quo (personne ne songera à diviser à nouveau la Normandie en deux) mais à revoir cette politique de regroupement aberrante. 

Cette réforme territoriale a été conçue dans un objectif de simplification et de réalisation d'économies. Mais est-ce vraiment le cas? Qu'est-ce que cela coûte réellement et est-ce un investissement pour l'avenir? Arrivera-t-on vraiment à plus de simplification?

Roland Hureaux : Simplification, non. Beaucoup d'affaires qui étaient traitées dans la proximité le  seront plus loin  du citoyen. D'autant que l'évolution récente a tendu à recentraliser  beaucoup d'affaires du   niveau départemental   du  niveau régional. Pour trouver un instituteur remplaçant à Lagny (Aube), il fallait aller à Châlons-en-Champagne, il faudra aller à Strasbourg. Les gens modestes seront un peu plus paumés.

Economies, absolument pas. Cette réforme  sera au contraire la source de dépenses supplémentaires. Il faut une incomparable incompétence pour  imaginer que 13 régions coûteront moins que 20. Déjà on  recrute du personnel pour  assurer la coordination des  nouvelles entités (sans licencier personne évidemment). Mais les auteurs de la réforme ignorent la  loi fondamentale de l'économie publique: plus  les  ensembles administratifs territoriaux ou non-territoriaux   sont gros, plus ils génèrent des frais généraux. On l'a vu avec l'intercommunalité : pour la mettre en place, il a fallu recruter  200 000  fonctionnaires, qui sont venus s'ajouter aux fonctionnaires communaux. Cette loi des coûts croissants, des déséconomies  d'échelle en matière administrative  ne souffre aucune exception. Comment peut-on être aujourd'hui ministre et l'ignorer ? 

Qu'est-ce qui explique cet échec de la simplification, de la rationalisation des structures et des coûts ?

Jean-Luc Boeuf : On ne simplifie pas car on crée des sous-capitales régionales ou des sur-préfectures de départements. L'Etat va annoncer des mesures de compensation. Par exemple, transformer en communauté urbaine une ancienne capitale régionale, ce qui sera coûteux. Pour payer ces dotations, l'Etat va se servir sur d'autres dotations. Certains vont trinquer pour remplir cet objectif de compensation.

Ce qui me vient à l'esprit, c'est l'incohérence. On n'arrive pas à choisir entre un aménagement équilibré du territoire avec des villes moyennes, et les fameuses grandes métropoles à taille européenne qui permettraient à la France de rivaliser avec Milan, Barcelone ou Düsseldorf. Les fameuses "métropoles d'équilibre" ont été définies dans les années 60 par Olivier Guichard. Mais elles ne sont pas 13, elles sont 7. Donc on est au milieu du gué comme toujours, ce n'est pas cohérent. D'un côté on souhaite favoriser ces grandes métropoles, mais on ne va pas jusqu'au bout, et de l'autre, en créant des métropoles à taille bizarre, on risque d'assécher les politiques publiques dans les territoires. Dans un territoire où il y a deux métropoles, l'Etat va répartir ses crédits publics sur les deux, à charge pour elles de partager avec les autres parties du territoire. La diminution de l'argent public se traduit par une diminution encore plus importante pour les villes moyennes, alors que l'on n'arrête pas de répéter que ce sont les villes moyennes qui font l'équilibre du territoire. Ici on ne favorise que les grandes ; vers elles se dirigent tous les crédits publics. On l'a vu de façon flagrante dans la négociation des contrats de plan 2014-2020. Là où la tendance des années précédentes était à la répartition de crédit sur les pôles moyens, aujourd'hui la tendance est à la concentration extrême sur les métropoles.

C'est aussi une réforme qui est coûteuse, car on veut tout faire à la fois. Créer des métropoles mais compenser, dire aux agents publics qu'ils dépendront d'une nouvelle préfecture de région tout en les maintenant sur place car les déplacer est coûteux. Dans les années 90, au moment des délocalisations, l'Etat s'était donné les moyens financiers de faire déménager quelques milliers d'agents publics, par exemple pour rejoindre Guéret ou Poitiers. Il y avait des mesures de compensation ; l'aide au conjoint, l'aide au logement. Aujourd'hui l'état des finances publiques ne permet pas de le faire à grande échelle. On va maintenir les agents sur place et, ce faisant, on va multiplier les réunions, les kilomètres, les déplacements. A ce titre, deux exemples sont caricaturaux : le triptyque Bordeaux-Limoges-Poitiers, et Strasbourg-Metz-Châlons-en-Champagne. De Pau à Poitiers, ce sera la même capitale régionale, Bordeaux. Ce qui va réunir des personnes de toute la région Aquitaine, de la région Limousin, de la région Poitou-Charentes. 600 km de long : c'est la région "Autoroute A10".

Le seul moyen de réussir la réforme, ce serait donc d'y consacrer des moyens financiers plus importants? Comment réformer hors période de croissance ?

Jean-Luc Boeuf : Un constat : on n'a pas retrouvé en 2015 le niveau de PIB par habitant de 2008. On n'a donc pas les moyens financiers. Quand on réforme, il faut accepter de consacrer de l'argent public à ceux qui vont perdre quelque chose dans l'opération. En s'attaquant à la question des moyens financiers, l'Etat a déjà donné un énorme signal à la diminution de la dépense publique. En 2014 et 2015, les budgets des collectivités ont diminué par rapport aux années précédentes. Selon moi, il faut du temps pour digérer cette baisse de la dépense publique. On ne peut pas tout mener de front en même temps.

Comment expliquer cette obsession française pour la régionalisation, et notamment pour les Landers allemands ?

Jean-Luc Boeuf : C'est à la fois une fascination et une obsession. Quoi que l'Etat en dise, l'Etat central a toujours eu peur des régions. Une phrase des révolutionnaires dit : « 80 petits roquets plutôt que 15 gros chiens-loups ». On trouve l'illustration de cette phrase sous Napoléon, sous la monarchie de juillet, sous la République. La conséquence, c'est qu'on ne leur confie pas de véritable pouvoir politique. En 1986, lors de la première élection au suffrage direct des conseillers régionaux, tous les poids lourds y vont, à gauche comme à droite. Alors qu'en 2010, il n'y en avait qu'une seule, c'était Ségolène Royal. Où sont les Juppé et les Bayrou à droite, où sont les Ayrault et les Valls à gauche? La région en France est en régression budgétaire, le poids relatif des régions diminue et ce sont les métropoles qui montent en puissance. Cette peur du pouvoir central vis-à-vis des régions reste éminemment présent.  

La fascination pour le modèle allemand est fabuleux parce que nous ne sommes pas un Etat fédéral, mais un Etat centralisé, avec un Etat qui donne le la. N'étant pas un Etat fédéral, il y a d'énormes parties des dépenses publiques qui relèvent non pas de la collectivité régionale, mais soit de l'Etat soit des autres collectivités. C'est la Catalogne qui s'occupe de l'enseignement, c'est la Lombardie qui s'occupe de son système de santé. Cette fascination du modèle allemand ou fédéral est paradoxale car les Länder n'ont pas de fiscalité, ils n'ont qu'une fiscalité d'attribution. Donc on est fasciné par un modèle dont l'argent ne relève pas de sa propre maîtrise fiscale, mais d'une affectation par l'Etat.
En Allemagne, le pouvoir syndical est très fort. En France, ce sont les maires qui sont les véritables remparts face à la crise. Rien de surprenant à ce que le modèle du maire persiste. Le maire est celui vers qui l'on se tourne naturellement.

Roland Hureaux : L'obsession de certains en tous les cas. La régionalisation,  c'est une chose : elle était  nécessaire, elle avait été faite en 1972 sur une base équilibrée avec   vingt régions métropolitaines.  La volonté   absurde de fusionner ces  vingt régions  en six ou sept ,   treize, ce n'est que un compromis  avec le réel,  qui taraude une certaine  gauche depuis des années, c'en est une autre. Elle a plusieurs raisons.

D'abord une idée fausse de l'Allemagne.  Ceux qui disent qu'en Allemagne tout est très bien et que il faut tout  faire pareil (les mêmes qui traitent les autres de "pétainistes" !!) sont en  réalité d'une ignorance crasse sur ce qui se passe réellement en Allemagne où ils ne sont  jamais allés.

Par exemple,  on veut supprimer les départements en France pour faire comme les Allemands  en ignorant  que les départements (kreise)  existent en Allemagne.

Nos vingt régions pesaient en moyennes 3 millions d'habitants chacune. Sur 15 Länder, 10 sont au-dessous de cette moyenne. L'exemple allemand ne tient donc pas.

La moyenne régionale allemande qui est plus élevée que la notre est gonflée par l'existence de super-länder, en fait trois, la Rhénanie Nord Westphalie (17 millions),  la Bavière (12 millions) ,  le Bade Wurtemberg (10 millions) , mais les autres Länder sont plus petits que les nôtres: la  Sarre est beaucoup plus petite que la Lorraine.  Dans la grande taille, nous avons l'Ile-de-France  (12 millions), mais c'est tout.

Ces grandes régions allemandes n'ont pas été découpées pour faire à tout prix du kolossal, ou par souci d'efficacité mais par respect de l'héritage historique.  Or cet héritage historique,  que les Allemands ont pris en compte  et qui fait que certaines de leurs régions sont grandes et les autres petites, était aussi pris en compte   dans l'ancien découpage. On le  piétine allègrement dans le nouveau. La nouvelle région Alsace-Lorraine -Champagne va être la seule en Europe qui chevauche  une frontière  linguistique ! Je doute fort  que ce système   dure  longtemps.    
J'ajoute qu'en 1990, l'Allemagne a découpé l'ancienne Allemagne de l'Est  en cinq Länder qui sont bien plus petits que nos régions  (2,5 millions d'habitants en moyenne).
On est en pleine folie : on veut à tout prix imiter l'Allemagne en copiant ce qui n'existe pas en Allemagne !

Cette situation incarne assez bien les complexes  absurdes que les Français ont aujourd'hui envers les Allemands, symbole d'un assujettissement volontaire profondément choquant.   

J'ajoute que dans ce que vous appelez une obsession, il y a le rôle de deux ou trois  idéologues socialistes, esprits médiocres qui depuis trente ans répètent à l'envie  que le salut de la France est de faire des Länder à l'allemande.  Je certains de ces   idéologues ; ils sont  complètement déjantés. Mais dans notre pays, à force de dire toujours les mêmes  âneries, elles finissent par passer pour   des vérités.  

La réforme territoriale et les nouvelles capitales régionales auront-elles un impact sur les élections régionales ?

Jean-Luc Boeuf : Je ne pense pas. Cela peut générer un certain mécontentement de nature à favoriser les extrêmes peut-être, Front de gauche et Front national. Ceux qui vont garder leur capitale régionale ne vont rien dire, ceux  qui vont la perdre vont manifester ou se manifester, et dans l'urne cela pourra tendre vers un vote contestataire. Donc c'est peut-être de nature à favoriser les extrêmes, à la marge.

Roland Hureaux : Il est probable que dans certaines régions comme la Lorraine ou Languedoc Roussillon, le gouvernement sera sévèrement sanctionné. Le maire de Montpellier   a brandi la bannière de la résistance en Languedoc Roussillon pourrait tailler de croupières au parti socialiste qui espérait garder la  nouvelle région du Midi. Il en taillera aussi à l'UMP dont le candidat est contesté.
Mais comme tout le monde s'attend à un désastre électoral de la gauche, un peu plus un peu moins, qu'importe, doivent se dire Hollande et Valls.  

Quelles sont les conséquences à craindre pour les mois et les années à venir ?

Jean-Luc Boeuf : Le maître-mot que je donnerais, c'est le temps. On va perdre encore plus de temps. A force de s'épuiser dans des réunions stériles et dans des déplacements permanents, on est en train de créer en France ce que l'on reproche à l'Europe, le fameux triptyque Bruxelles-Luxembourg-Strasbourg : les gens qui se déplacent en permanence entre les trois. La perte de temps et ce que j'appelle le "syndrome de Bruxelles".

Roland Hureaux : Les problèmes vont être en effet multiples.

Il faudra transférer plusieurs milliers  de fonctionnaires de Montpellier à Toulouse, de  Poitiers à  Bordeaux  et, si on ne le fait pas, tout sera dédoublé. 

Les locaux des villes de concentration seront insuffisants ; il faudra agrandir les hôtels de région à Bordeaux, Lyon, Rouen. Pendant ce temps, le nouvel hôtel de région inauguré en juin 2014 à Clermont-Ferrand  et qui a coûté 80 millions d'euros ne servira à rien. 

Entre Languedoc -Roussillon et Midi-Pyrénées, le niveau des impôts n'est pas égal. Il faudra les  harmoniser. Devinez dans quel sens ? Celui du niveau le plus élevé évidemment.

Il y a dans ce projet de création  de grandes régions une autre idée, à plus long terme mais peut-être plus perverse : celle d'affaiblir l'Etat français au sein d'une "Europe des régions" ce qui suppose des  régions suffisamment grandes. Je ne crois pas qu'on y arrivera vraiment mais sait on jamais ?

Là aussi on s'inspire du modèle allemand sans le connaitre. Un Etat fédéral relativement léger, des Länder forts c'est la tradition allemande, mais ce n'est pas la tradition française.Mais on oublie aussi que les compétences des Länder ont été réduites  au cours des dernières années en raison de la centralisation de  nombreuses compétences économiques non point à Berlin mais à Bruxelles.

Il reste que  dans un mode en perte de repères où il faudrait un minimum de stabilité,  on va dans ce domaine où personne ne se plaignait de l'existant comme les structures territoriales, mettre un peu plus de pagaille et de confusion. 


Propos recueillis par Catherine Laurent

jeudi, juillet 09, 2015

Angela, Alexis, Jean-Claude ... et James

Une citation amusante (et inquiétante) de Peter Hitchens :

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As I write, I have no idea how or where it may end, but I am reminded of Dominic Cummings’s warning about Britain’s government.

‘Everyone thinks there's some moment, like in a James Bond movie, where you open the door and that's where the really good people are, but there is no door.’

There is no door in Brussels or Berlin either. These people are human, they lack sleep, they don’t understand economics, they let petty ambition or dogma blind them to obvious facts. They may not even have been very bright in the first place.
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Traduction :

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En écrivant, je n'ai aucune idée comment cela [la crise européenne] va finir mais je me rappelle un avertissement de Dominic Cummings concernant le gouvernement britannique :

«Tout le monde pense qu'à un moment, comme dans les films de James Bond, une porte va s'ouvrir et derrière il y aura les gens vraiment bons, mais il n'y a pas de porte.»

Il n'y a pas de porte non plus à Bruxelles ou à Berlin. Ces gens sont humains, ils manquent de sommeil, ils ne comprennent rien à l'économie, ils se laissent aveugler par les ambitions minables ou par les dogmes face aux faits d'évidence. Il se peut même qu'ils n'aient jamais été vraiment intelligents.
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Cela me rappelle une autre citation, d'Alain Madelin :

«Face à une décision gouvernementale incompréhensible, si votre explication hésite entre le machiavélisme et la connerie, choisissez la connerie.»

Il n'y a pas de surhommes, pas plus dans les ministères qu'ailleurs. Probablement moins, vu comment nous sélectionnons notre classe dirigeante.







lundi, avril 06, 2015

Euro: le beau spectacle d’une union monétaire en déroute…

Euro: le beau spectacle d’une union monétaire en déroute…

Article très anti-allemand (1) d'Eric Verhaeghe, mais a-t-il vraiment tort ?

Comme je l'ai écrit quelquefois, les Allemands sont bons en industrie et nuls en finance. C'est en train de se confirmer une fois de plus. L'économie, ce n'est pas de la morale.

Je souhaite la dissolution de l'Euro, mais sous la forme la plus ordonnée possible car je pense que les conditions de l'éclatement joueront beaucoup sur le suite des événements. Or, nous nous dirigeons vers un éclatement par accident, invitus invitam dimisit, c'est-à-dire le pire scénario.

Verhaeghe omet de signaler que la faiblesse française, faite de renoncements, de lâchetés et de paresse intellectuelle (ah ! On la voit à l'oeuvre la «brillance» de nos énarques. Leur silence est assourdissant) est un drame pour l'Europe.

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(1) : non, je n'écrirai pas «germanophobe». Marre de l'abus des mots tendancieux en «phobe», comme si s'opposer à tel ou tel communauté était forcément signe de dérangement psychologique.




jeudi, février 19, 2015

Grexit : du bist verruckt !

On a de plus en plus l'impression que les européistes allemands et leurs esclaves bruxellois sont devenus complètement givrés. L'article ci-dessous de Coralie Delaume résume très bien la situation.

Le coup du communiqué négocié avec les Grecs remplacé au dernier moment par un communiqué unilatéral où toutes les concessions sont effacées, c'est se tirer une balle dans le pied au canon de 75. Sous d'autres latitudes, une connerie de cette taille se serait réglée par une balle dans la nuque du coupable derrière le rideau de la conférence de presse.

A moins d'imaginer un machiavélisme allemand poussant à l'éclatement de la zone Euro en faisant porter la responsabilité aux Grecs, ce comportement est irrationnel.

Les technocrates européistes semblent enfermés dans une vision du monde  de plus en plus éloignée de la réalité. Ils raisonnent en morale alors que l'économie est la science du sordide. Ils perdent de vue les conséquences de ce qu'ils font. Il n'y a plus qu'une seule voie possible, celle qu'ils ont choisie, avec les conséquences qui leur paraissent souhaitables et si la réalité se comporte autrement, c'est la réalité qui a tort.

Je veux bien entendre que cela puisse être une posture de négociation, mais c'est jouer avec le feu : à mettre l'autre au défi de s'approcher encore plus près du bord de la falaise, ils arrivent que les deux tombent sans l'avoir voulu.

Ce sont des connards du même acabit qui ont précipité la guerre de 14. Et ils étaient déjà allemands.

Ultimatum de la zone euro: un «Grexit» n'est pas du tout à exclure

ECB risks crippling political damage if Greece forced to default

Addendum : ce n'est pas l'éclatement de l'Euro qui m'inquiète. Je le souhaite. C'est que cela se fasse dans le chaos et l'improvisation. Peut-être n'est-il pas possible de faire autrement. En tout cas, une des premières conditions à la sortie de l'Euro est remplie : la baisse par rapport aux autres monnaies.




mardi, février 17, 2015

Le point culminant de la crise grecque : le prix de la liberté

Greek crisis talks collapse in acrimony as Syriza defies EMU

D'un saut de puce dans le gouffre

Juncker, sors de ton bunker !

Ce qui se joue actuellement entre Athènes, Francfort et Bruxelles, ce n'est pas à proprement parler la souveraineté.

On sait que, comme le prévoyait Philippe Séguin, les pays endettés de la zone Euro ont perdu leur souveraineté monétaire, budgétaire et économique (le cas grec le montre tous les jours) et, donc, leur démocratie. Car une démocratie où ne reste plus comme choix que la sauce à laquelle on va être mangé n'est plus une démocratie.

La question que pose la Grèce aujourd'hui n'est pas « La Grèce dans l'Euro est-elle encore souveraine ? ». La réponse est sans ambiguité :  «Non».

La question que pose la Grèce est «Un peuple européen est-il prêt à sortir de l'Euro pour retrouver sa souveraineté et sa démocratie ?».

Or, cette question n'a pas été tranchée par les récentes élections qui ont porté Syriza au pouvoir.

En effet, Alexis Tsipras a été élu sur un programme paradoxal : à la fois rester dans l'Euro et refuser les exigences nordiques.

C'est pourquoi il se retrouve à devoir trancher dans l'urgence cette question fondamentale et la probabilité, car c'est la facilité, est qu'il plie d'une manière ou d'une autre et reste dans l'Euro.

vendredi, mars 21, 2014

Olivier Berruyer sur l'Ukraine



Je suis rarement d'accord avec Olivier Berruyer, mais, pour le coup, je n'ai pas grand'chose à en dire. Probablement qu'il prend un peu trop pour argent comptant les chiffres de la propagande russe mais cela ne remet pas en question ses deux conclusions, que je partage :

• l'idéologie européiste et sa tentative d'extension indéfinie sont devenues les premiers facteurs de troubles géopolitiques en Europe. Pour tout un tas de raisons, tant internes qu'externes, les gouvernements européens devraient remettre les enfoirés de Bruxelles à leur place, ce sont des fous irresponsables.

Je trouve souvent que la realpolitik est à courte vue. Cependant, le messianisme européiste, qui fait fi des histoires et des cultures, me semble encore plus dangereux.

• un modus vivendi raisonnable doit être trouvé avec les Russes de manière à ce que l'Ukraine reste une zone tampon neutre.

mardi, février 11, 2014

Quelques mots à propos du référendum suisse sur l'immigration

Alarme suisse

Leçons du 9 février

L'aveu : l'Europe n'est pas démocrate

D'autres ayant écrit mieux que moi, je ne vais guère insister :

1) les «élites» dirigeantes sont unies dans une pensée unique, il n'y a plus d'alternance politique véritable. ils ont tous les mêmes idées, à quelques nuances près. Idées qui ne sont pas, et de très loin, celles des peuples.

La démocratie représentative est morte puisque les représentants ne représentent plus rien que leur caste et non leurs mandants.

C'est pourquoi tout referendum en France est repoussé à une date ultérieure car, quelque soit le sujet, il serait une occasion de constater, comme en 2005, le fossé entre la classe jacassante et le peuple, c'est-à-dire la mort de la démocratie représentative, qui justifie pourtant l'existence de la classe jacassante.

Ce phénomène n'est pas circonscrit à la France ni même à l'UE;, puisque la Suisse est touchée.

2) Le fossé des idées débouche sur un fossé politique et social. Il y a «eux» et «nous». «Nous» les détestons. «Ils» nous méprisent.

Concrètement, le référendum suisse n'aura quasiment aucune conséquence pratique : «ils» s'entendront, des deux cotés de la frontière, pour vider le vote populaire de sa substance lors de la transposition.

3) Cette situation de blocage est conflictuelle : «ils» aimeraient se débarrasser de nous (c'est le Grand Remplacement) et «nous» aimerions nous débarrasser d'eux (c'est l'incantation «ça va péter»).

Or, je pense que cette situation de blocage est pérenne. Rien ne va péter et nous n'allons pas être remplacés tout de suite. La situation va donc continuer à pourrir et à se dégrader.

Nous sommes assez dans la situation du Meilleur des mondes.

mercredi, janvier 15, 2014

Pierre Manent sur l'Europe

Pierre Manent sur l'Europe

A quelques nuances près (je crois que le projet européiste était vicieux dès le départ), je suis d'accord.