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jeudi, février 12, 2015

Ukraine : non, Poutine ne veut pas reconquérir l'Europe de l'Est

Ukraine : non, Poutine ne veut pas reconquérir l'Europe de l'Est

L'article est un peu trop poutinolâtre mais je suis d'accord avec la tonalité générale.

Vous connaissez mon analyse.

On dirait qu'on revient à la raison coté européen (autrement dit, Angela est raisonnable, puisqu'elle seule compte) mais coté américain, c'est toujours autant la déconnade. On parle de conseillers militaires et de livraisons d'armes officiels.

C'est une catastrophe que les Européens, d'abandons en abandons, de facilités en facilités, soient devenus dépendants des Etats-Unis pour leur défense. Hélas, on ne peut pas les envoyer bouler sur le thème « L'Europe c'est chez nous, on se démerde avec Vladimir ».

Cela me rappelle une forte phrase de De Gaulle : la défense est la raison d'être de l'Etat, son ultima ratio (comme il était gravé sur les canons de Louis XIV), si l'Etat abandonne la défense, il perd sa légitimité pour tout le reste, pour lever des impôts, par exemple.

samedi, février 07, 2015

Eric Verheaghe : François, Angela, Vladimir, Alexis et les autres

Je pense que la politique de François Hollande, cautionnée tacitement par l'UMP (on entend très rarement, pour ne pas dire jamais, un désaccord sur le fond), est une véritable catastrophe de long terme, dans ses aspects économiques, sociaux, européens, diplomatiques et militaires. Rien ne va.


Eric Verheaghe (comme d'hab, c'est moi qui souligne):

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Merkollande: la France inaugure les chrysanthèmes allemandes

François Hollande ne quitte plus Angela Merkel. Après une rencontre à Strasbourg, en présence de Martin Schulz dimanche dernier, pour évoquer la question grecque, le couple franco-allemand s’est envolé pour Kiev puis pour Moscou pour tenter de « préserver la paix » en Europe. Si l’Europe ne vivait pas au bord du gouffre, cette idylle transrhénane prêterait à sourire. Le spectacle d’Angela Merkel emmenant François Hollande dans ses bagages a quelque chose de touchant. On ne sait plus si on est du côté du vieux couple qui parcourt l’Europe pour occuper sa retraite, ou du côté de la tournée internationale de la diva suivie de son fidèle assistant. Une chose est sûre en tout cas : la tournée s’exerce au bénéfice d’Angela Merkel et n’apporte rien de bon à la France.

Le moment le plus saisissant a peut-être été le dîner strasbourgeois dont rien ne devait transpirer, mais d’où une évidence est née: Tsipras n’y a gagné aucun répit ni aucune forme d’indulgence. Peut-être existait-il encore en Grèce des esprits naïfs parfaitement convaincus qu’un jour où l’autre François Hollande assumerait ses propos sur la lutte contre la finance ou sur le retour de la croissance en Europe. Ces derniers ne sont pourtant pas si éloignés: en juillet 2014 encore, François Hollande plaidait pour un plan européen de relance de 1300 milliards. Les faits montrent que l’enterrement en grande pompe de cette promesse n’empêche pas notre Président de dormir. Le plan Juncker a 300 milliards en poudre de perlimpinpin semble désormais suffire, joint aux 1.000 milliards de la BCE qui permettront d’acheter de la dette française.

Tsipras a naïvement cru, à peine élu, qu’il obtiendrait mieux de François Hollande, notamment un soutien à ses projets de lutte contre l’austérité allemande. Il a compris, à l’issue du dîner de Strasbourg, ce que les Français savent depuis mai 2012: il y a les paroles de François Hollande et il y a ses actes. Il est parfois difficile de trouver le lien entre les deux.

La loyauté, pour ne pas dire la subordination, de François Hollande à Angela Merkel ne seraient pas problématiques si elles se justifiaient par une vision raisonnable de l’économie européenne. La difficulté de l’exercice vient des extrêmes réserves que l’on peut avoir sur la question. La croissance en France n’est pas près de revenir dans un jeu où l’investissement public est réduit à la portion congrue et tout porte à croire aujourd’hui que 2015 confirmera l’enlisement économique du continent.

Même des patrons très libéraux ont signé une pétition, fin 2014, pour demander à l’Allemagne d’assouplir sa politique en matière d’investissement public : personne ne demande, bien entendu, de relancer la dépense publique improductive. En revanche, face au raidissement du marché, particulièrement visible pour ceux qui ne se laissent pas abuser par les prévisions fantaisistes de croissance, le bon sens est de desserrer le noeud qui se referme en se lançant dans les investissements qui feront l’économie de demain. Manifestement, François Hollande ne parvient pas à faire entendre ce langage de raison à Angela Merkel.

Plus inquiétant, la France s’est lancée dans un soutien à la politique allemande en Ukraine. Qu’Angela Merkel reprenne sans vergogne les habits de la Prusse en cherchant à grignoter le territoire russe n’est guère surprenant. Personne n’a de doute sur le fait que l’Allemagne imagine un bon relance de croissance dans une Ukraine sortie de l’orbite russe et qu’elle fera tout pour l’obtenir.

Cet affaiblissement de la Russie est une position hétérodoxe pour la diplomatie française. La France a toujours joué la Russie contre la Prusse. Cette politique fut même formalisée il y a cent ans par l’alliance franco-russe et son traité de 1892, qui avait achevé une sorte de ligue de la Russie, de la France et de l’Angleterre, contre l’Allemagne, l’Autriche et l’Italie.

La folie de la construction communautaire consiste bien entendu à détourner le continent de ces grands équilibres d’antan, et à unir la France et l’Allemagne dans une aventure extrêmement dangereuse contre l’un de nos alliés naturels. La Russie ne veut pas entendre parler d’un basculement du géant ukrainien dans l’orbite occidentale. Elle s’y opposera, nous le savons, de toutes ses forces. Le rôle de François Hollande ne doit pas être de conforter Angela Merkel au nom de l’europhilie béate de l’énarchie française. Il doit être de la contre-balancer en mettant en perspective ce que l’Europe gagnera et ce qu’elle perdra dans cette logique d’affrontement.

Le couple franco-allemand, nous dit-on, est un élément essentiel de l’unité européenne. Le couple Merkozy avait, à sa manière, sauver l’euro en acceptant l’explosion temporaire des déficits publics pour faire face à la crise de 2008, puis la mise en place de mécanisme de solidarité européenne. On avait alors l’impression que la rigueur allemande était compensée par une sorte de générosité française. Le couple Merkollande fonctionne sur un autre principe: les deux membres du couple sont toujours d’accord surtout à la manière de la reine de coeur dans Alice au pays des merveilles qui impressionne tant son petit mari qu’il n’ose jamais rien contester.

On ne donne pas six mois à l’Europe pour tirer le bilan de cette politique.
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J'ai suffisamment écrit sur le Russie ces derniers temps pour que vous connaissiez mon point de vue.

Je suis très inquiet : les positions idéologiques à la Merkel-Obama-Hollande sont de celles qui mènent à la guerre façon 1914 : personne ne veut vraiment la guerre mais personne n'est vraiment prêt à faire les concessions qu'il faut pour l'empêcher. Et la guerre arrive par glissements successifs sur la pente savonneuse de l'escalade (image audacieuse, je le concède).

Je ne vois pas de raisons de changer mon analyse de l'année dernière, dont, hélas, on s'éloigne de plus en plus :

Mon point de vue sur l'Ukraine

Ukraine, que faire ?

Dans ce merdier, la France hollandiste ne remplit pas son rôle historique qui devrait être de se poser en modérateur et en médiateur. Mais cela suppose de la force et non de la mollesse, et alors là, la France hollandiste est à la rue. De quoi la France à terre pourrait-elle menacer la Russie, l'Allemagne ou les USA pour leur faire entendre raison ? De bouder ? De faire les gros yeux ? De hausser les sourcils ? De pleurer ?

Alors on reste à la remorque d'une politique bavarde et belliqueuse qui ressemble de plus en plus à de la folie furieuse.








lundi, janvier 26, 2015

Charles Gave (et un peu Alain Madelin) sur l'Ukraine et la Russie il y a 10 mois

Je vous poste à nouveau cette video pour deux raisons :
  • l'analyse stratégique me semble toujours tenir.
  • le journaliste imagine une envolée des cours du brut et Alain Madelin glisse que les prix du pétrole peuvent tout aussi bien s'écrouler, ce qui est advenu depuis. Ce genre de remarques valide un type qui parle dans le poste alors qu'il y a tant de baratineurs (combien de fois les Apathie, Sylvestre, Duhamel et consorts nous ont-ils seriné que l'Euro nous protègerait ? On sait ce qu'il est advenu et ils causent toujours dans le poste). Même raison pour laquelle je fais assez confiance à Marc de Scitivaux et Jean-Pierre Petit.


De plus, j'apprécie l'insistance de Charles Gave sur la géographie et sur l'histoire. On dirait que nos dirigeants n'ouvrent jamais une carte ou un livre d'histoire, qu'ils se contentent de s'aligner paresseusement sur les USA.

Il est pourtant évident, dés que l'on ouvre une carte, que nos intérêts vis-à-vis de la Russie ne peuvent être les mêmes que ceux des USA.

C'est d'autant plus net que les Américains insistent, depuis une dizaine d'années, sur leur intention de se concentrer sur leur rivalité avec la Chine et de délaisser l'Europe.

Sans partager la vision poutinolâtre de certains droitiers, je trouve la vision qui fait de la Russie une ennemie de la France absolument grotesque. Pour une raison simple : la Russie de 2015 n'a ni raisons ni moyens de nuire aux intérêts de la France.

La Russie de 2015 n'est ni une ennemie ni une amie de la France. C'est un partenaire parfois, un rival ou un opposant quelquefois.

Addendum : j'apprends que Vladimir Poutine n'a pas été invité au 70ème anniversaire de la libération du camp d'Auschwitz. Les bras m'en tombent.

Rappelons que l'Armée Rouge a mis hors de combat un million d'Allemands par année de guerre (pour environ vingt-deux millions de morts russes au total) contre environ deux-cent mille pour les Anglo-Saxons (pour un million de morts anglo-saxons au total). Déjà que cet abruti de Hollande avait choqué les Russes en évoquant les «dizaines de milliers de morts russes».

Plus grave, cet «oubli» s'accompagne d'une scandaleuse falsification de l'histoire.



mardi, avril 15, 2014

Pourvu que Poutine n'écoute pas du Wagner !

Je pense évidemment à Woody Allen : «Chaque fois que j'écoute du Wagner, cela me donne envie d'envahir la Pologne».

Pendant ce temps, le bourrage de crânes continue :

Ukraine : j’aimerais que l’on m’explique…

Quant à moi, je ne varie pas.

samedi, mars 22, 2014

Ukraine, que faire ?

Raymond Aron raconte que, jeune normalien revenant d'un séjour en Allemagne, il a fait un exposé de la montée du nazisme au ministre des affaires étrangères. Le ministre l'a écouté et lui a demandé «A ma place, qu'est-ce que vous feriez ?» et il s'est trouvé sec.

Pour ne pas rester dans la situation du spectateur critique, que ferai-je à propos de l'Ukraine si j'étais ministre ?

1) Je temporiserai. La Crimée est russe. Je laisserai le temps passer pour désamorcer la situation.

2) Je profiterai d'un discours solennel, par exemple celui des commémorations du débarquement, pour déclarer publiquement aux Russes que, du point de vue de la France, l'expansion de l'UE vers l'est est terminée et que, désormais, la France s'opposera à Bruxelles à tout mouvement de coopération vers les pays de la sphère russe non validé par la Russie. Et je ferai même un peu de publicité autour du premier refus de ce genre.

3) Mais je signifierai aussi que ce qui est acquis est acquis et je renforcerai la coopération militaire avec les pays de l'est déjà dans l'UE.

Bien sûr, mon plan suppose que nos politiciens mènent un politique étrangère soucieuse des intérêts de la France et, pour être franc, je ne crois pas que cela soit le cas, ni à droite ni à gauche.

Des visions idéologiques, des représentations erronées, des influences néfastes et, je le pense, tout simplement un manque de patriotisme empêchent que cela soit.

Au moins, j'aurai pris date.

vendredi, mars 21, 2014

1914-2014 : les mêmes somnambules ?

Comme le rappelle opportunément Dominique Jamet, les premiers coups de feu de la guerre de 14 ont été tirés le 16 mars 1914, lorsque Mme Caillaux a abattu dans son bureau Gaston Calmette, le directeur du Figaro, qui menait une campagne infamante contre son mari de ministre.



En effet, Joseph Caillaux était le seul homme politique français susceptible de s'opposer au revanchard Poincaré et d'éviter la guerre en 1914 comme il l'avait évitée en 1911.

Contrairement à la légende noire des européistes, ce ne sont pas les nationalismes qui ont provoqué cette catastrophe. Les peuples n'y sont pour rien, ni de près ni de loin, ils n'ont pas été consultés, directement ou indirectement, on n'a pas eu le temps de prendre leur pouls.

Tout s'est joué dans les chancelleries, autour d'une poignée d'hommes qui n'ont pas vraiment eu envie de sauver la paix : Poincaré, Guillaume II, Nicolas II ... Ils ont marché comme des somnambules et ont jeté l'Europe dans le précipice. Rien ne les obligeait à transformer un conflit balkanique en suicide européen.

Peut-être que si Mme Caillaux n'avait pas tué Gaston Calmette, tout cela aurait été évité. Avec des si ...

Quand je vois, en 2014, la technocratie bruxelloise jouer avec le feu en Ukraine, en toute inconscience, hors de tout contrôle démocratique, au nom d'une utopie européiste complètement folle, détachée des réalités,  quand je vois le gouvernement français prendre une position anti-russe primaire, j'ai la même impression de voir des somnambules au bord du précipice.

La situation intérieure est aussi délétère qu'en 1914 : certes, Nicolas Sarkozy n'est pas Joseph Caillaux, mais comment prendre de bonnes décisions internationales, dans un climat serein, après un débat honnête, quand on traite un ancien président de la république comme le gouvernement Hollande traite Nicolas Sarkozy ? Et Nicolas Sarkozy lui-même, est-il à la hauteur ?

Je ne crains pas une conflagration guerrière à l'ancienne mais une série de conflits en périphérie sur fond d'une tension géopolitique très dommageable pour l'économie et qui appauvrirait tout le monde (sauf l'oligarchie mondialisée, qui s'en sort toujours).

Je sais bien que la politique à suivre vis-à-vis de la Russie n'est pas facile, à la fois signifier un coup d'arrêt à ses visées expansionnistes et ne pas s'en faire un ennemi irréductible, mais quoi ? C'est pour cela que nous élisons des gens supérieurement intelligents, non ? En tout cas, en ce moment, je temporiserai. Je laisserai la situation refroidir, les opinions publiques et les medias passer à autre chose. Je désamorcerai, quitte à avoir de sérieuses discussions dans quelques mois.

Je crains, par dessus tout, la médiocrité de nos politiciens. Comment faire confiance à un Fabius, à un Hollande, à un Copé ?

Mais rassurez vous : comme d'habitude, ce ne sont pas ceux qui auront pris les mauvaises décisions qui en subiront les conséquences. Paul Doumer a perdu quatre fils à la guerre, cela n'arrivera plus.

Addendum : visiblement, je ne suis pas seul dans mon inquiétude. Cela ne me rassure pas :

In between the Crisis and the Catastrophe - Please Read This



Olivier Berruyer sur l'Ukraine



Je suis rarement d'accord avec Olivier Berruyer, mais, pour le coup, je n'ai pas grand'chose à en dire. Probablement qu'il prend un peu trop pour argent comptant les chiffres de la propagande russe mais cela ne remet pas en question ses deux conclusions, que je partage :

• l'idéologie européiste et sa tentative d'extension indéfinie sont devenues les premiers facteurs de troubles géopolitiques en Europe. Pour tout un tas de raisons, tant internes qu'externes, les gouvernements européens devraient remettre les enfoirés de Bruxelles à leur place, ce sont des fous irresponsables.

Je trouve souvent que la realpolitik est à courte vue. Cependant, le messianisme européiste, qui fait fi des histoires et des cultures, me semble encore plus dangereux.

• un modus vivendi raisonnable doit être trouvé avec les Russes de manière à ce que l'Ukraine reste une zone tampon neutre.

samedi, mars 08, 2014

Ukraine, des sanctions économiques contre la Russie ?

La Russie est dans un rapport de forces. Qu'on prenne les sanctions qu'on peut prendre, pourquoi pas ?

Encore faut-il avoir des objectifs clairs et une probabilité non nulle de les atteindre. Or, il me semble que ni l'une ni l'autre condition ne sont réunies. Monter sa force et ne rien obtenir, c'est montrer sa faiblesse.

Et pourtant, je prendrais quand même des sanctions, sachant qu'on va en partie se ridiculiser, au moins dans un premier temps. Les Russes nous prennent pour des femmelettes, incapables de faire un quelconque sacrifice pour atteindre un objectif stratégique. Il faut bien montrer que pas tout à fait.

jeudi, mars 06, 2014

Mon point de vue sur l'Ukraine

J'ai laissé parler jusqu'à maintenant mes commentateurs, il est temps que je donne mon point de vue :

1) La Russie estime que l'Ukraine fait partie de sa sphère d'influence et que le projet de rapprochement avec l'UE, considérée comme valet des USA, est une agression caractérisée. Si l'on prend en compte certains propos américains plus ou moins officieux, cette analyse est exacte.

2) La Russie a réagi à ce qu'elle considère comme une agression avec des méthodes un peu balourdes, qui fleurent bon la guerre froide, mais probablement efficaces.

3) Le silence de la Chine est tout à fait remarquable et instructif : il vaut approbation des manoeuvres russes.

3) La question pour les Européens est l'éternel «qui n'est pas avec moi est contre moi». Les Européens ayant refusé de fait d'avoir une défense, et donc une diplomatie, autonomes sont dans l'obligation de se choisir un protecteur. L'identité de celui-ci est bien connu : les Etats-Unis d'Amérique.

4) Malheureusement pour les Européens, le protecteur se désintéresse de plus en plus ouvertement de ses protégés. Ils se retrouvent avec, d'un coté, un pays qui ne les voit certainement pas comme des amis et, de l'autre, un protecteur qui regarde ailleurs.

5) C'est le destin de ceux qui troquent leur liberté contre la sécurité que de perdre les deux.

6) Il ne faut pas s'exagérer le danger. Moscou est loin de Paris, moins de Varsovie et de Berlin. Contrairement à ce que prétendent quelques têtes chaudes, la Russie n'est plus l'URSS. Elle est impérialiste, elle reconstitue son empire mais elle n'est plus expansionniste, elle n'en a rien à foutre de régner à Paris. Ses intérêts sont d'ailleurs autant au sud et à l'est qu'à l'ouest.

7) Bref, la France va devoir continuer à vivre faible et désarmée avec un voisin imposant et un peu lointain, qui a aussi ses faiblesses, et un protecteur qui s'éloigne. Ce n'est pas tout à fait nouveau mais cela s'accentue.

8) La position très hostile à la Russie du gouvernement Hollande me semble manquer d'intelligence et de pragmatisme.

9 ) La position outrageusement russophile de certains relève plus de la politique intérieur ou de la position idéologiques que d'une analyse de politique étrangère raisonnable.

10) Une démarche logique serait de nous montrer moins mous,  de nous prendre en mains, d'être plus forts militairement et économiquement, afin, d'un coté, de nous passer un peu plus des Américains et, de l'autre, de montrer aux Russes qui nous prennent pour des femmelettes que nous en avons encore. Mais cela n'arrivera pas.

Ukraine, un nouveau fil

Je relance la discussion sur ce nouveau fil car les commentaires s'accumulent sous les anciens.

Je remarque que tout le monde semble d'accord pour un certain réalisme, un examen en termes de qui gagne quoi, qui perd quoi.

La question «Quel est l'intérêt de la France ?» dans cette histoire semble difficile à trancher. Bien sûr, il y a des convaincus de part et d'autre, mais leurs arguments ne me convainquent guère.

Addendum :

La fin de l'Europe sans frontières

mardi, mars 04, 2014

Gave et Dalrymple sur l'Ukraine

Charles Gave répond de manière intéressante à ma question «Où est l'intérêt de la France en Ukraine ?».

Je suis déçu que mes lecteurs n'aient pas fait cette analyse. Je me demande si je ne vais pas en demander des neufs à Blogger.

Dalrymple :

The wisdom of a Ukrainian plumber

On notera ces deux phrases assassines :

• A propos des analyses des journalistes  : I can only suppose that one of modern education’s purposes is to prevent people from thinking for themselves. Je ne peux que supposer qu'un des buts de l'enseignement moderne est d'empêcher les gens de penser par eux-mêmes.

Quiconque a fréquenté des journalistes comprend ce que Dalrymple veut dire.

It can turn off Western Europe’s central heating at a stroke, and for Europeans such heating is the whole meaning and purpose of life—together with six-week annual holidays in Bali or Benidorm. Il [Poutine] peut éteindre le chauffage central de l'Europe occidentale d'un coup et, pour les Européens, le chauffage central est le sens et le but de la vie - ça et les vancances annuelles de six semaines à Bali ou Benidorm.

Par ailleurs, Dalrymple a parfaitement raison d'insister sur le très mauvais goût des nouveaux riches.

lundi, mars 03, 2014

Ukraine : où est l'intérêt de la France ?

Ukraine : où est l'intérêt de la France ? C'est une vraie question, je n'ai pas la réponse.

Par exemple, Ivan Rioufol a une position anti-Poutine beaucoup plus affirmée que la mienne. Je trouve son analyse un peu naïve, premier degré.

Pour moi, Poutine rend un chien de leur chienne aux Américains par Ukrainiens interposés. Je pense que cela ne concerne pas vraiment la France et je m'en fous donc un peu.

Mais c'est le sujet d'actualité et on m'en parle. Alors, fidèles lecteurs, je vous demande de réfléchir à ma place : où est l'intérêt de la France dans cette histoire ?

Nota : il est inutile de vous référer aux déclarations du gouvernement Hollande pour savoir où est l'intérêt de la France : il y a longtemps que ces gens ne raisonnent plus en ces termes. On peut même se demander s'ils raisonnent.


dimanche, mars 02, 2014

Ukraine : USA-Russie 1-1 ?

La stratégie américaine vis-à-vis de la Russie est clairement exprimée à peu près depuis vingt ans (1). Je récapitule :

> l'Eurasie est encore l'axe du monde.

> Dans cette Eurasie, les YSA ont un allié, voire un valet, l'UERSS et deux ennemis potentiels, la Russie et la Chine.

> Sans l'Ukraine, la Russie cesse d'être un empire.

Evidemment, la stratégie russe est à peu près le miroir de la stratégie américaine.

En 2004, la révolution orange, sponsorisée par Georges Soros et organisée par des ONG américaines qui sont non-gouvernementales seulement de façade, a constitué la première manche, gagnée par l'axe atlantiste.

La deuxième manche consistait à graver dans le marbre cette première victoire par une adhésion à l'UE.

Les Russes avaient anticipé ce mouvement avec le retour de Ianoukovitch en 2010.

La partition de l'Ukraine qui se dessine serait un match nul : les Russes n'ont pas tout perdu et les Atlantistes n'ont pas tout gagné.

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(1) : scenarios du Pentagone, auditions du Congrès, think-tanks, mémoires de conseillers ...

mardi, février 25, 2014

Ukraine : allons vers la partition

Les gouvernants ont peur de la partition et du remodelage des frontières. Il me semble pourtant que c'est la solution de beaucoup de problèmes.

D'une part, je ne vois pas bien la raison de forcer à vivre ensemble des gens qui ne veulent pas ; d'autre part, vous connaissez mon idée que l'avenir est aux petits pays homogènes et agiles.

Je rappelle que la paix européenne depuis 1945 tient en partie aux transferts de populations et aux partitions effectués (très brutalement) par les vainqueurs.

Contrairement à la pétition de principe à la mode «si les peuples se connaissaient mieux, ils s'aimeraient plus», quand les peuples se connaissent, c'est en général pour se foutre sur la gueule.

Organiser une pacifique indifférence est une bonne idée.

samedi, février 22, 2014

L'Ukraine ? Rien à foutre

Les médias ont le génie de nous imposer hystériquement des thèmes qui seront oubliés la semaine suivante. Ce kaléidoscope fou fait partie de la disneylandisation du monde. Il faut y résister en fermant souverainement les yeux.

Les événements ukrainiens font partie des dizaines de massacres bien pires qui ont lieu en ce moment à travers le monde et qui ne sont pas moins importants (oubliés la Libye, la Syrie, le Soudan ?).

Vladimir Volkoff a plusieurs fois décrit comment cette hystérisation sentimentale servait des intérêts très rationnels et très réfléchis.

En réalité, nous sommes dans cette partie d'échecs où les Américains tentent, avec l'aide de leurs valets européistes, de rogner la Russie. Les Ukrainiens ne sont qu'un prétexte. Les Européens, pour des raisons géographiques n'ont pas intérêt à cette stratégie. Je ne vois pas la Russie comme le sauveur de l'Europe mais nous devons avoir des rapports avec elle cohérents avec nos intérêts et non avec ceux des États-Unis.

Il est donc dans notre intérêt de ne pas nous laisser prendre à l'hystérie médiatique et de regarder ailleurs.

De toute façon, c'est le coup de trop pour les atlantistes : l'Ukraine est trop proche de la Russie et l'UE trop empêtrée dans ses propres problèmes. Les événements ukrainiens n'ont donc pas grande importance, ils sont peu susceptibles de changer quoi que ce soit, de notre point de vue.

Addendum : cela n'empêche évidemment pas d'avoir pitié des Ukrainiens.