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jeudi, mai 30, 2019

Salvini et l'Euro : nous vivons des temps passionnats

Matteo Salvini s’apprêterait à lancer une monnaie parallèle à l'Euro :

Italy to activate its 'parallel currency' in defiant riposte to EU ultimatum

Bien sûr, tout cela est une histoire de souveraineté et donc de liberté. Comme disait De Gaulle à qui on opposait le respect des traités : « On n’a jamais vu un grand pays rester lié par un traité défavorable. Un grand pays dit "Je suis couillonné" et il s'en va ». L’Euro couillonne l’Italie (la France aussi), on va bientôt savoir si notre soeur latine est encore un grand pays (pour la France, hélas, je n’ai plus guère de doutes. En tout cas, dans la tête des traitres qui la dirigent).

Salvini, c'est l’anti-Macron : Macron n’a pas de stratégie, pas de vision (ou plutôt, il a une vision périmée de 40 ans), pas de patriotisme, il se contente d’obéir à ses maitres et de frapper le peuple français. Il est raccord avec ses crétins d’électeurs.

Bref, Salvini est des années-lumières au dessus. Et en plus, on va bientôt savoir s’il a des couilles.

Prochain rendez-vous ? Septembre, pour le budget italien.

Mon pronostic ? 50/50, je ne me mouille pas : introduire une monnaie parallèle à l’Euro, ça serait une remise en cause du mondialisme aussi spectaculaire, et plus lourde de conséquences immédiates, que l’élection de Trump et la victoire du Brexit. Car, évidemment, c’est la fin de l’Euro et la crise financière assurées. Ça fait quand même un gros pas à sauter pour Salvini. Mais s’il veut le bien de l’Italie à long terme, il doit le faire. Le patriotisme fait quelquefois trouver des trésors de courage (Macron n’étant pas patriote, il ne craint rien. Ses électeurs non plus).

Si Salvini sort l'Italie de l'Euro sans trop de casse, il aura sa place dans l'histoire à l'égal d'un général vainqueur.

Autant pour tous les imbéciles qui me disent que l’Euro existe pour l’éternité. : si ce n’est pas ce coup-ci, ça sera pour le prochain.

Au moins, je vous aurais prévenus.

Nous vivons des temps intéressants, de ceux où l'histoire accélère (voir aussi la guerre larvée Etats-Unis/Chine).


jeudi, février 28, 2019

L'Euro, ce vampire.

Ça vient de tomber : l’euro a coûté 56 000 euros à chaque Français !

Depuis le temps qu'on en parle, je pense qu'il n'est plus nécessaire de s'appesantir : le mécanisme par lequel l'Euro tue les économies du sud de l'Europe est bien maitrisé par mes lecteurs (ou ceux de Charles Gave), c'est le même mécanisme par lequel l'unification italienne a tué l'économie du sud de l'Italie.

L'Euro est un problème politique : c'est la prison des peuples européens et le garde-chiourme est allemand, avec l'aide de collabos indigènes (situation historique classique).

Il est incontestable qu'il faut tuer l'Euro qui est en train de nous tuer. Comment en fait-on ?

Le problème est simple : 2/3 des Français déplorent les effets de l'Euro et seulement 1/3 veulent le faire éclater. Comment résout-on cette dissonance cognitive ? Sachant qu'il ne faut pas compter sur les politiciens, qui ont prouvé qu'ils manquaient du courage nécessaire pour affronter ce défi.

Des idées ?

dimanche, novembre 25, 2018

Gilets jaunes : « Le peuple n'a ni raison ni tort, il décide »

Gilets jaunes : « Le peuple n'a ni raison ni tort, il décide »

C'est l'essence même de la démocratie  : le peuple est souverain, non parce qu'il a toujours raison, il ne s'agit pas de diviniser le peuple, mais parce qu'il est seul légitime à le faire (il manque juste un roi au-dessus pour symboliser le spirituel).

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« Beaufs », « racistes », « pas éduqués »... les « Gilets jaunes » n'ont pas échappé aux insultes ni au mépris, note Nicolas Vidal. Selon lui, cette attitude est caractéristique d'une élite libérale et mondialisée qui ne comprend ni n'écoute plus les classes populaires.
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En tant que Parisien d'importation, j'en connais des palanquées de ces demi-intellos qui se croient bien meilleurs que le peuple (écolos, végétariens, non fumeurs, féministes -mais pas en banlieue islamique, trottinetteurs, ...). Ils sont risibles car rien ne justifie leur vanité : ils sont au moins autant que ceux qu'ils méprisent le jouet de l'endoctrinement.

De plus, ce sont des enculés d'hypocrites : ils prônent l'ouverture mais eux ont les moyens financiers et sociaux de ne pas en subir les désagréments et ne s'en privent pas (ils vivent dans les bons quartiers, contournent la carte scolaire, ils compensent en partie le naufrage scolaire etc.).

On nous dit que Darmanin et Philippe ont des origines modestes. Mais, comme le dit Christophe Guilluy, c'est le destin de la plupart de ceux qui montent de trahir leurs origines (je le vois tous les jours -et ce n'est pas une image, j'ai les noms).

Le guignol en chef est finalement bien représentatif de ces gens :



Et :


Comment en sort-on ? C'est simple, je n'ai pas varié d'un iota de l'analyse de Philippe Seguin en 1992 (cet excellent discours dit tout et prévoit tout. Regardez le si vous ne le connaissez pas: ce sont 2h très bien employées) l'Euro est l'arme de l'oligarchie mondialisée pour vider de sa substance la démocratie dans les pays européens (1). L'invasion migratoire est l'autre branche de cette tenaille (2).



Comme Jeanne d'Arc, il faut aller à l'essentiel : on en sort en sortant de l'Euro. Tout le reste, c'est du bruit avec la bouche.

Les gilets jaunes, ces manants au sens étymologique (ceux qui restent), nous rapprochent-ils de l'éclatement de l'Euro ? Oui, dans la mesure où tout ce qui introduit un peu de réalité dans la vie politique fragilise ce monstre technocratique qu'est l'Euro.

Les possédants ont peur de la sortie de l'Euro ? La question qui se pose à eux est simple, c'est celle du patriotisme : préfères-tu la France ou ton patrimoine ? Certes, en réalité, la perte de patrimoine ne serait pas si importante qu'ils croient, voire nulle, mais c'est bien l'épouvantail qu'on leur agite et comme le courage n'est pas une vertu bourgeoise, ces cons votent Macron, au moins au second tour.

Je suis assez optimiste à long terme, disons à l'horizon 10-15 ans, mais, en attendant, ça va tanguer fort.

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(1) :



(2) : chacun aura remarqué la blancheur des gilets jaunes. Les colorés ne s'intéressent pas à la France mais à leur communauté (sauf, bien entendu, quand ils sont aussi français qu'un Auvergnat, comme dans nos vieux DOM-TOM).

vendredi, septembre 28, 2018

Bonne nouvelle italienne

Suivant les mots mêmes de l'ennemi (le journal Les Echos) :

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En Italie, le populisme vient de marquer un point contre la finance. Après un bras de fer interne au gouvernement, opposant le ministre des Finances, Giovanni Tria, qui souhaitait maintenir le projet de budget avec un déficit inférieur à 2% du PIB, et les leaders de la coalition victorieuse des élections, le Mouvement 5 étoiles et la Ligue, désireux de tenir leurs promesses de campagne quitte à faire s'envoler le déficit, les seconds l'ont emporté. L'annonce d'un projet de déficit de 2,4% en 2019 a fait l'effet d'une douche froide pour les marchés, provoquant une brusque remontée des taux ce vendredi mation, à 3,23%, et une chute de 4% de la bourse de Milan à l'ouverture. Les relations de l'Italie avec la Commission européenne vont forcément se tendre, et les agences de notation ne vont pas tarder à revoir leurs notations. Le plus redoutable pour l'avenir est le fait que le ministre des Finances,Giovanni Tria, qui avait la confiance des milieux financiers, ait été battu dès son premier combat: son rôle de garde-fou s'en trouve forcément très relativisé. Dans la coalition, il y a désormais un inquiétant partage des tâches entre Matteo Salvini, le leader de la Ligue chargé de mener une politique de démolition de la politique européenne en matière de circulation des personnes, et Luigi di Maio, le patron du Mouvement 5 étoiles, engagé lui dans la mise en place de dispendieuses mesures sociales, creusant fatalement le déficit et la dette au-delà des limites permises par Bruxelles. 

Un grand écart par rapport aux règles communautaires qui pourrait rapidement transformer l'euro-zone en cocotte minute.
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 Tout ce qui inquiète les Echos est bon pour la France ... à long terme (ce long terme où nous serons peut-être tous morts mais auquel nous aurons légué quelque chose).

En attendant, si les Italiens vont au bout de leur logique, ça va turbuler fort.

Rappelons la logique italienne :

> l'Euro est la prison des peuples et l'instrument d'asservissement au bénéfice de l'Allemagne (vrai). Les politiques austéritaires, conséquences naturelles de l'Euro, étouffent les pays du sud de l'Europe (vrai).

> il faut mettre les Allemands devant leurs responsabilités, en creusant un déficit maousse costaud. Soit la BCE le monétise, soit l'Italie sort de l'Euro, le faisant éclater au passage, et fait banqueroute (seule cette dernière solution est viable à long terme).

Le gouvernement italien aura-t-il le courage de suivre sa logique jusqu'au bout ? J'en doute. Mais peut-être Salvini se couchera-t-il moins vite que Tsipras, ce traitre au peuple grec.

Note aux commentateurs : ne me resortez pas les conneries habituelles « Ah si les Italiens (ou les Grecs, ou les Français) étaient des Allemands, nous pourrions "réformer" à coups de schlague sans faire éclater l'Euro ». La politique économique sadique-punitive qui préserve les intérêts de la bourgeoisie mondialisée européiste, ça va cinq minutes. Quand on s'intéresse à l'avenir de son pays au lieu de se préoccuper exclusivement de ses intérêts de classe, on comprend que l'éclatement de l'Euro est un impératif patriotique.


Compléments :

LA COMÉDIA ITALIENNE RECOMMENCE

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Je prétends que la position de Macron est stratégiquement intenable ; il recherche l’alliance des pays du Nord contre l’Italie alors qu’il devrait s’allier aux pays du sud contre Merkel. La France a voulu l’entrée des pays méditerranéens dans la construction européenne pour faire contre poids à l’Allemagne et il fallait rester sur cette ligne. La culture et la politique allemande sont suicidaires. 

L’euro est intenable sans transferts massifs.
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Italie : le « budget du peuple » contre le budget de l’Europe

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Fleurissent en effet des dizaines de chroniques intitulées : « Et si Trump avait raison ? » Ce n’est bien sûr pas évident pour ceux qui se rassurent en régurgitant des manuels scolaires d’économie ou les chroniques des hebdomadaires mainstream. Or, aucun pays ne peut s’en sortir s’il ne défend pas ses industries, ses fermes et ses travailleurs. Ce que Friedrich List appelle « le principe national d’économie politique » et la « théorie des forces productives ». Tout le monde parle de Ricardo (qui fut un spéculateur), et personne de List (son contemporain) qui réussit la mise en œuvre de véritables politiques économiques et industrielles (aux Etats-Unis, puis en Allemagne).

La question qui se pose désormais est : et si Conte avait raison ?
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Nota : Trump propose de racheter la dette italienne ! C'est directement contribuer à l'explosion de l'Euro, donc de l'UE. Ce n'est sans doute qu'un effet d'annonce mais c'est pour des idées comme cela que j'apprécie Trump : c'est un briseur des chaines du politiquement correct.

Est-ce une évolution stratégique américaine ?

Je rappelle que, depuis 70 ans, la stratégie américaine vis-à-vis de l'Europe est limpide : oui à une Europe unie mais qui fonctionne mal et qui reste soumise à Washington sur l'essentiel (aujourd'hui, la Russie, la Chine et l'Iran), de manière à ne pas devenir une concurrente  stratégique de l'Amérique. Ce programme pleinement réalisé a donné cette saloperie d'UE à la Monnet (payé par la CIA, qui n'a pas distribué son argent en l'air pour des prunes).

L'UE n'a jamais été aussi dysfonctionnelle et soumise à Washington. Je ne vois pas l'intérêt des Etats-Unis à faire éclater l'UE. Cet éclatement que je souhaite de tout mon coeur ne peut qu'aboutir à revitaliser l'Europe en réveillant le génie qui a toujours été le sien : la  puissance et l'innovation par l'émulation entre nations.

Nous vivons des temps intéressants.

jeudi, août 16, 2018

Dans la tête des négociateurs de l’UE, la Grande-Bretagne en 2019, ce n’est pas différent de la Grèce en 2015

Edouard Husson m'énerve à se faire passer pour Disraeli, je trouve cette coquetterie grotesque. Mais je suis d'accord avec son analyse.

J'entends un tas de propos anti-britanniques : « Ils veulent les avantages de l'UE sans les inconvénients », « Ils ont agi sur un coup de tête, ils ne savent pas ce qu'ils font, ils vont le regretter » etc.

Pourtant, l'argument de fond des Brexiters était clair et ne souffrait aucune ambiguïté : cesser d'être soumis aux technocrates de Bruxelles et à la CJUE, retrouver la pleine et entière souveraineté. Bien sûr, un européiste, convaincu ou non, juste simplet suffit, ne peut pas entendre cela, qui le classe immédiatement chez les dominés.

Je serais très heureux que la classe dirigeante française tienne le même raisonnement que les Brexiters.

Rappel pour ceux qui vivraient sur la planète Mars, la classe dirigeante française tient le raisonnement suivant : « La France est trop petite pour survivre indépendante, elle doit s'accrocher à un ensemble plus vaste, c'est-à-dire à l'Europe et l'Europe, c'est l'Allemagne. Autrement dit, la politique la plus intelligente pour la France, c'est de se soumettre à l'Allemagne sans réticence, bien servile, bien obséquieux, en espérant ramasser le maximum de miettes ». C'est le pétainisme, c'est totalement idiot (Pierre Gaxotte, à quelqu'un qui lui disait suivre le maréchal aveuglément, répondit : « Aveuglément, bien sûr ! Comment pourriez vous faire sinon ? »), même si c'est fait par des gens qui se croient très intelligents.





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Arezzo15 août 2018

Mon cher ami,

Je n’ai pas le coeur à vous entretenir des trésors que me fait découvrir ma visite de l’Etrurie.  L’Italie est en deuil, depuis l’effondrement d’un viaduc à Gênes. La grandeur de la civilisation occidentale est de ne pas se précipiter dans la chasse aux boucs émissaires mais de rechercher les causes objectives d’une catastrophe. D’après ce que je lis, il semble que le problème n’ait pas été des coupes bugétaires dans la maintenance mais d’avoir préféré bricoler des réparations - toujours plus dispendieuses - plutôt que de reconstruire un pont à la place de celui-ci, qui datait de 1967. Malgré tout, je ne serais pas étonné que l’on découvre que l’Italie, essorée par l’appartenance à la zone euro, n’a pas suffisamment investi, ces dernières années, dans l’entretien de ses infrastructures [bien sûr : tous les indicateurs économiques des pays de la zone Euro, dont l'investissement public, subissent une inflexion vers le bas, sauf ceux de l'Allemagne et de ses copains, dès la mise en oeuvre des politiques de préparation au passage à l'Euro dans les années 90. C'est limpide]. A suivre.

L’UE ne négocie pas avec les pays déviationnistes : rappelez-vous Syriza.

Le sujet que je veux aborder ce soir ne me mettra pas d’humeur meilleure. Mais je tenais à vous faire part de l’impression de plus en plus forte qui s’impose à moi quand je réfléchis à ce qui attend mon pays dans les six prochains mois. A vrai dire, je voudrais recueillir votre sentiment sur une idée, à première vue trop simple mais que je crois profondément vraie. Il n’y a rien à attendre des négociateurs européens concernant le Brexit. Et la meilleure façon de s’en rendre compte est de se rappeler comment se sont déroulées les négociations avec la Grèce, après l’installation d’un gouvernement de bonne volonté et authentiquement européen en janvier 2015.

 Nous disposons de l’extraordinaire récit de ce qui s’est passé entre Bruxelles, Berlin et Athènes au printemps 2015, que nous en a livré Yanis Varoufakis. Vous vous rappelez, nous en avions parlé; Varoufakis est pour moi, le plus souvent, un homme de gauche un peu fumeux. Mais son livre Conversations entre adultes est une catégorie au-dessus de ce qu’il a publié par ailleurs. Et l’ouvrage vaut par ce qu’il raconte, le plus souvent sans aucun écran idéologique, sans autre lunette grossissante que le sens psychologique aigu de l’auteur. Précisément, ce que rapporte  l’ancien ministre des Finances grec c’est que durant six mois il ne s’est rien passé en termes de négociations ! 

Le ministre et ses collaborateurs arrivaient, systématiquement, avec des documents travaillés, des propositions concrètes de restructuration de la dette, des échéanciers redessinés, des contre-propositions aux documents européens datant des négociations menées avec les gouvernements précédents. Eh bien, il y avait un total refus de négocier, d’ouvrir les documents, d’évoluer, de la part des négociateurs de l’Eurogroup. Il n’y avait qu’une solution possible : que le premier gouvernement Tsipras cesse de parler de restructuration de la dette, accepte de signer le Mémorandum européen déjà signé par ses prédécesseurs et s’engage, plus généralement, à signer des documents sans croire un seul instant à leur contenu - les membres de l’Eurogroup savaient pertinemment que la Grèce ne pourrait pas tenir ce à quoi elle s’engageait. Mais ce n’était pas le sujet.

Il s’agissait de faire comprendre à un gouvernement qu’on pouvait bien raconter ce qu’on voulait aux électeurs ; une fois élu, on ne pouvait suivre qu’une seule politique, celle de l’UE. Surtout, la société grecque devait être punie, indéfiniment, pour l’exemple. Il n’était pas pensable de ne pas respecter la discipline budgétaire européenne ; d’amorcer un mouvement de restructuration des dettes à l’échelle de l’UE. Sinon, où le mouvement s’arrêterait-il  ?

Theresa May, nouveau Tsipras ?   


Dans le cas de la Grande-Bretagne, l’enjeu est un peu différent. Mais il s’agit aussi d’exemplarité et de punition. Il n’est pas pensable qu’un pays ose sortir de l’Union Européenne. La Grande-Bretagne a osé, eh bien elle doit être punie ! Regardez bien comment Theresa May a beau changer de tactique de négociation, cela ne fait pas bouger d’un iota Michel Barnier. La Commission Européenne ne veut pas de négociation. Elle veut une capitulation. Barnier négocie avec la Grande-Bretagne comme Dijsselbloem, président de l’Eurogroup, naguère, avec la Grèce. C’est-à-dire qu’il ne négocie pas, il attend que son interlocuteur soit définitivement désemparé. Et Theresa May perd progressivement ses moyens, exactement comme Alexis Tsipras entra sur le chemin de la capitulation, au printemps 2015, malgré le sens tactique de son ministre des Finances.   

Il n’est jusqu’au dénouement de l’affaire grecque, qui résume, de façon essentielle, ce que l’Union Européenne a en tête. Nous nous rappelons tous l’extraordinaire référendum organisé par Tsipras, début juillet, qui fut un triomphe politique pour lui : plus de 60% des votants soutenant la fermeté face à Bruxelles et Berlin. Eh bien, ce fut le prélude à la capitulation définitive : l’Eurogroup ne bougeant pas d’un iota devant ce vote massif, le résultat fut réduit à néant dans l’esprit de Tsipras aussi, qui poussa Varoufakis à la démission et signa une soumission financière encore plus léonine que celle acceptée par ses prédécesseurs. De même, pour la Commission européenne et la plupart des membres du Conseil, le vote des Britanniques n’a aucune valeur. Et si l’on réussit à faire convoquer un deuxième référendum, ce sera dans le but que le vote Remain l’emporte, cette fois. Mais si ce n’était pas le cas, cela n’aurait aucune importance par rapport à l’objectif final : empêcher la Grande-Bretagne de sortir, l’humilier et lui faire payer très cher  dans tous les cas, si on ne peut l’empêcher de sortir. Peut-être Theresa May cherchera-t-elle, comme Tsipras, le salut dans un vote populaire qui la dédouane (j’ai conscience de faire involontairement un très mauvais jeu de mots) ou la requinque mais elle n’en tirera pas le bénéfice escompté.   

L’Etoile de la Mort  

Certes, la Grande-Bretagne, c’est un peu plus gros que la Grèce et plus difficile à abattre. Il est même certain que l’application de la même tactique à deux pays aussi différents, par leur potentiel de représailles, que la Grèce et la Grande-Bretagne, témoigne de la complète perte du sens des réalités à Bruxelles, Berlin ou Paris. Cependant, la Grèce aurait pu gagner le bras de fer si, à la ruse de Varoufakis, Tsipras avait ajouté le courage d’un combattant des Thermopyles. Et, à l’inverse, je me méfie beaucoup de la perte de courage qui traverse les rangs d’une partie de notre Parlement. Et, surtout, il règne à Bruxelles, une mentalité digne de l’Etoile de la Mort dans notre série de science-fiction favorite. Le Léviathan bruxellois est terrifié par les forces de désagrégation qu’il sent en lui-même et il est prêt à l’anéantissement de ses adversaires.   

J’ai rendez-vous avec Theresa dans deux semaines exactement. Je ne crois pas que je vais comparer notre pays à la Grèce, elle ne me prendrait pas au sérieux. Ni que je lui proposerai de se prendre pour la princesse Léia. En revanche, je vais lui décrire la quintessence du comportement européen et tâcher de lui faire comprendre que ses interlocuteurs bruxellois ne bougeront pas d’un pouce jusqu’à ce qu’elle ait capitulé.   

Theresa doit faire son devoir de Premier ministre et tirer les conséquences de l’inertie mortifère  de la partie adverse. Il est encore temps, pour elle, de sauver l’honneur de notre drapeau, les intérêts de notre peuple et son mandat de Premier ministre. Elle aura fait montre de suffisamment de patience pour qu’on l’encourage, désormais, à changer de registre et de stratégie de négociation.   

Bien fidèlement  

Benjamin Disraëli
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Un peuple qui a vaincu Napoléon (un siècle pour apurer les dettes des guerres napoléoniennes) et Hitler, mis à genoux par Michel Barnier ? Difficile à croire.

Les eurotyrans devraient se méfier : la Grande-Bretagne n'est pas la Grèce. J'ai peu d'estime pour les Grecs, un peuple de petits magouilleurs ; les Anglais, c'est autre chose. Ce qui me permet un certain optimisme, c'est que des remainers commencent à trouver que le père Barnier pousse un peu la mère Theresa dans les orties.

Et puis, il y a l'Italie, elle a des liens historiques avec les Britanniques et verse aussi dans l'anti-européisme. Et l'Europe de l'est.

Je regrette que mon pays bien-aimé ne participe pas à cette fête qui s'annonce de l'anti-européisme et de la libération des peuples. Voir ce cher et vieux pays, si longtemps un phare de la liberté, se vautrer dans la servitude teutonne ... c'est plus que je ne peux écrire.


samedi, mai 05, 2018

L'important se passe en Italie

Pendant qu'on nous amuse avec les casseurs gauchistes, l'important, la vraie révolution possible, c'est en Italie.

Je pronostique et je souhaite (dans cet ordre) l'éclatement de l'Euro et de l'UE depuis une douzaine d'années (la capacité de résistance, l'acharnement, des européistes m'a beaucoup surpris au début, maintenant je suis habitué).

Je pensais que le Brexit créerait un effet de mode. Mais les négociations se passent si mal, à cause d'une technocratie anglaise qui joue pour le camp d'en face, que ça serait plutôt le contraire.

Pendant que les medias complices nous montent une opposition mélenchono-lepeniste en carton-pâte à Macron, ce qui est évidemment le meilleur moyen de lui garder le pouvoir, l'Italie n'a pas dit son dernier mot. La subversion (l'émission par le gouvernement italien de reconnaissances de dettes échangeables tenant lieu de monnaie parallèle) puis l'éclatement de l'Euro sont dans beaucoup de têtes qui se sont rapprochées du pouvoir suite aux dernières élections.

Bien sûr, la France, qui se croit révolutionnaire, sera, une fois de plus depuis cinquante ans, à la traîne de l'histoire.

Mais les eurotyrans vont se battre et nous savons désormais de quoi ils sont capables.

À ROME, LE SORT DES PEUPLES D’EUROPE EST EN JEU






samedi, mars 17, 2018

Gave : Trump et les banques européennes



La phrase à retenir : « N'écoutez pas ce que disent les intellectuels et les journalistes français sur Trump et sur l'Amérique, ils n'y comprennent rien ». Ca, on avait compris !

Concernant Trump, quand je compare mes analyses et prédictions sur Trump et celles des journalistes et des intellectuels français, je suis un aigle qui vole au firmament. Et pourtant, j'en ai racontées, des conneries ! Mais, quand je me regarde, je m'inquiète ; quand je me compare, je me rassure, surtout quand le point de comparaison est un journaliste français.

Mon mépris pour les journalistes français est violent et brutal. Ce sont des crétins et des lâches (les deux ensemble).



D'où il découle tout naturellement :

vendredi, mars 16, 2018

La Russie, l'européisme et la France vassale : les bellicistes en action ?

Je ne suis pas souvent d'accord avec Emmanuel Todd, mais à part son petit moment d'égarement sur Macron « populiste », je ne trouve rien à redire :

Emmanuel Todd : « Le protectionnisme oppose des populistes lucides à un establishment aveugle »

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Après l'élection de Trump, vous aviez forgé le concept de « Globalization fatigue »… De quoi s'agit-il ?

On nous a présenté l'électorat de Trump comme une bande de gros lourds incultes, des ouvriers qui n'ont plus de métier, et nous avons une vision déformée de la situation. La victoire de Trump a été possible grâce au vote des ouvriers, mais pas seulement. Le libreéchange produit une monté des inégalités dans les sociétés avancées, continue, féroce. Il avantage les détenteurs du capital et les personnes âgées. Pendant un moment, il a avantagé les diplômés. L'apothéose libre-échangiste a eu lieu quand les 20% diplômés du supérieur étaient effectivement avantagés. Mais depuis le début des années 2000, après que le revenu médian a lourdement chuté aux Etats-Unis pour les gens ordinaires, le revenu des diplômés américains stagne à son tour. Les jeunes diplômés ne sont plus protégés de la déchéance sociale. C'est pourquoi j'ai parlé de fatigue de la globalisation. Les Américains sont fatigués. Et dans certains cas, cela peut même se traduire par la mort.

Justement, que va faire l'Europe ?


Quand j'imagine un dirigeant français autour d'une table de négociation, je pense de plus en plus au film génial de Francis Veber « Le dîner de cons ». Ces mêmes technos qui ont si bien dompté l'Allemagne (82 millions d'habitants) nous proposent maintenant de mettre à genoux les Etats-Unis (325 millions). Mais ils ne savent même pas, lorsqu'ils parlent de guerre commerciale, que s'il y a une zone dans le monde où l'intensité de cette guerre est maximale, c'est précisément la zone euro! La contraction austéritaire de la demande couplée à l'impossibilité de jouer sur les taux de change y rend cette guerre plus intense encore qu'ailleurs ; la France est d'ailleurs en train de la perdre. Nous perdons peu à peu notre industrie, notre capacité à construire des TGV, et tant d'autres choses… alors entendre dire que ce sont les Etats-Unis qui nous précipitent dans une guerre commerciale, cela n'a aucun sens!

Est-ce que les élections italiennes participent aussi de cette réaction protectionniste ?

J'analyse surtout cela comme un atterrissage dans la réalité !  La tragicomédie des establishments occidentaux, c'est cet étonnement désormais incessant devant tout ce qui se passe. Comme si le monde ne cessait de nous surprendre et d'être inexplicable. C'est là le signe d'un profond aveuglement idéologique, la fausse-conscience du marxisme ! Si on accepte de regarder notre monde comme il est, avec ses taux de chômage, sa stagnation des salaires, le ralentissement des mobilités sociales et en fin de compte la fragmentation des sociétés, alors on ne peut que comprendre ces basculements électoraux un peu partout en Europe et dans le monde. Les systèmes de représentation sont en train d'exploser. L'emploi par un commentateur du mot « populiste » signifie le plus souvent: je n'ai rien compris mais je m'accroche à mon micro.

[...]

En tout cas, son élection [de Macron] ne signifie pas que la France n'est pas traversée par le même phénomène! Et ça ne fait que commencer. L'économie est atone, la société se fragmente et l'électorat est déstructuré, ce qui rend toute opposition difficile. C'est dans ce genre de situation qu'on voit l'Etat prendre son envol et devenir régime autoritaire ! Alors, quand le gouvernement veut légiférer sur l'information et retirer au parlement le droit d'amendement… on a de quoi s'inquiéter ! [J'ai la même inquiétude].

La critique que vous faites du libre-échange est essentiellement économique : n'y at- il pas aussi une révolte contre une excessive liberté de circulation des personnes ?

Si, absolument. Au départ la démocratie n'est pas universaliste, je l'ai expliqué dans mon dernier livre. La démocratie, au départ, c'est un peuple particulier qui s'organise sur un territoire pour débattre dans une langue que tout le monde comprend. Dans l'idée de démocratie, il y a l'idée d'appartenance territoriale et il y a toujours un élément de xénophobie fondatrice. Pourquoi refuser de voir l'histoire, Athènes, l'Amérique raciale, le nationalisme révolutionnaire français.

Il est donc tout à fait logique que le regain démocratique que l'on observe actuellement contienne une part de xénophobie. Je vais tenter un aphorisme, en espérant un peu d'humour à sa réception. « Si beaucoup de xénophobie détruit la démocratie, un peu de xénophobie peut y ramener ». La conscience de soi d'un peuple est un « mal nécessaire » [C'est un bien] pour établir un minimum de cohésion sociale et une capacité d'action collective.

[...]

J'affirme de plus que nier la légitimité de ce contrôle contient un élément antidémocratique implicite. Les gens qui sont favorables à l'ouverture absolue de toutes les frontières se pensent de gauche mais ils sont selon moi des antidémocrates radicaux. Aucun système de représentation démocratique n'est possible sans stabilité territoriale. J'ai d'ailleurs senti bizarrement monter ces dernières années une exaspération de cette posture dans certains milieux culturels et sociaux minoritaires, au moment même où les populations occidentales manifestaient le désir légitime de préserver un minimum d'entre-soi. Cette radicalisation n'est aucunement le signe d'un progrès, d'une plus grande ouverture à l'Autre ; j'y perçois en fait une dimension nihiliste [pile-poil, Manu].

Pour finir, vous aviez prédit la chute de l'URSS: est-ce qu'aujourd'hui, vous prophétisez la chute de l'Union européenne ?

Je n'ose plus guère faire de prophéties sur l'Europe : la survie de l'euro m'a rendu modeste. J'avais tout de suite prédit qu'il ne marcherait jamais et de ce point de vue, je ne me suis pas trompé! Mais le niveau de violence avec lequel les classes dirigeantes ont maintenu cette monnaie sacrificielle, en revanche, je ne l'avais pas anticipé. J'ai fini par comprendre que le continent européen n'était pas démocratique et libéral de tradition et que ses dirigeants, de tradition autoritaire, étaient tout à fait capables de maintenir une monnaie unique qui détruirait les sociétés.

[...]

Dans la colonne stabilité, il y a l'impossibilité pour nos « élites » d'admettre leur échec et leur nullité [entièrement d'accord : je suis navré du peu de vision et de profondeur, du conformisme, de nos dirigeants, Macron le tout premier]. il y a aussi et surtout le fait que le continent est très vieux. Or les personnes âgées, dont je suis, sont devenues otages de l'Euro car les dirigeants nous menacent d'une liquéfaction de nos pensions et de nos économies en cas de rupture du système monétaire.

Dans la colonne rupture de l'Union européenne il y a des tas d'éléments: l'Euro ne fonctionne pas, les frontières ne sont plus contrôlées, l'insécurité économique et culturelle monte, les peuples sont furieux…

Le Brexit est peut-être la clé. L'Union européenne semble se mettre dans une posture de conflit avec le Royaume-Uni en tentant un Brexit punitif. Mais nous n'avons pas d'exemple historique d'une puissance continentale qui ait réussi à vaincre le Royaume- Uni. Si Bruxelles continue de menacer l'intégrité territoriale du Royaume-Uni en jouant avec la frontière irlandaise, je suis prêt à parier que, quelle que soit leur russophobie et leur aversion actuelles pour le régime de Poutine, les Britanniques opéreront un renversement d'alliance [je n'y crois pas du tout, mais on peut quelquefois être surpris par l'intelligence stratégique des Anglais]. Et l'Union européenne s'effondrera avec un grand bruit mou …
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La France servile du président Macron. Le président sacrifie l'indépendance de la France sur l'autel de son Europe intégrée.

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La géopolitique de Macron, telle qu’elle se dessine depuis le début du quinquennat oppose d’un côté le bloc continental de l’Union européenne sous commandement allemand et de l’autre côté les EtatsUnis (version Trump), la Russie et le RoyaumeUni.

Jusqu’où va le bloc continental ainsi dessiné ? Nous serions tentés de dire « jusqu’à Stalingrad » mais nous ne sommes pas en 1943 ! Il reste que la silhouette sur la carte est la même. Il est clair qu’en maintenant les sanctions visàvis de la Russie et en jouant le jeu du renforcement de l’OTAN dans les pays baltes, Macron s’inscrit à plein parmi ceux qui considèrent que l’Ukraine a vocation à faire partie de l’Union européenne, sous une étroite surveillance allemande évidemment, et à tourner le dos à la Russie.

La carte de l’Europe n’est donc pas sans rappeler celle de l’Europe occupée de la dernière guerre mondiale.

Si l’on omet toute comparaison idéologique entre les deux époques, l’euro a un effet mécanique sur l’économie française analogue à celui de l’Occupation : le transfert progressif, pour des raisons de compétitivité, d’une part croissante du potentiel industriel français chez nos concurrents d’outreRhin.

La coopération militaire accrue souhaitée par le président Macron, au nom d’une Europe de la défense à laquelle nos partenaires ne croient pas mais dont ils tirent parti à nos dépens, conduit déjà au transfert progressif vers l’Allemagne des fleurons de ce qui constituait un des grands atouts de la France : une industrie militaire puissante. Déjà Nexter (l’ancien GIAT), qui a fabriqué le char Leclerc, est à 50% allemand. Un sort analogue semble promis à Naval Group issu de la DCN qui a fait le porteavions Charles de Gaulle, convoité par les Italiens. Bien que formé au départ de 70% d’apports techniques français, Airbus est perçu aujourd’hui dans le monde comme une entreprise allemande.

Rappelons que, forte de ses excédents, l’Allemagne envisage de remonter ses crédits militaires jusqu’au niveau requis par l’OTAN : 2% de PIB, ce qui la placera très en avant du niveau français, érodé année après année par les contraintes budgétaires liées à l’euro, et encore par Macron récemment. Le même Macron qui, dans son discours de Versailles, exhortait l’Allemagne à se réarmer !

Ce qu’il faut bien appeler une inféodation n’a rien à voir, quoi qu’on prétende, avec l’héritage du gaullisme. C’est à tort que certains voient dans cette orientation l’inspiration du général lequel aurait, lui aussi, fait le choix de l’Allemagne contre les AngloSaxons.

Qui peut imaginer qu’il aurait jamais signé le traité de l’Elysée si la France avait été en position de faiblesse comme elle l’est, de son propre fait, aujourd’hui ?

Cette diplomatie à la fois servile et idéologique ne se contente pas de nous aliéner Washington et Moscou ; elle nous fait perdre aussi un des bénéfices que nous aurions pu tirer de l’élection de Donald Trump. En prenant à partie Angela Merkel, ce dernier ne faisait que suivre la politique traditionnelle du monde anglosaxon : l’équilibre sur le continent. Devant une Allemagne devenue hégémonique, il est clair que le président américain était prêt à nous aider à rééquilibrer le rapport de forces. Ce n’est pas l’actuel président qui saisira cette perche. Encore une occasion de perdue.
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La conclusion de tout cela ? Face aux nuages qui s'amoncellent sur leurs têtes, les européistes et les mondialistes (ce sont les mêmes) peuvent se dire qu'une bonne petite guerre viendrait résoudre pas mal de leurs problèmes, dont le premier : conserver le pouvoir malgré les peuples. Ca n'aurait vraiment rien d'une nouveauté.

La russophobie, annonciatrice de la prochaine guerre européenne ?

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D’abord, les médias mainstream, propriété de l’oligarchie transnationale, ne font en la matière qu’appliquer la stratégie fixée par les Etats Unis depuis la chute de l’URSS : empêcher par tous les moyens la constitution d’une Europe « de l’Atlantique à l’Oural », pour reprendre la célèbre formule du Général De Gaulle, c’est-à-dire une alliance stratégique entre l’Europe et la Russie, susceptible d’équilibrer et finalement de contrebalancer la surpuissance américaine.

La Super Classe Mondiale qui a pris le pouvoir en Occident après la chute de l’URSS s’efforce en effet de maintenir par tous les moyens le leadership américain, car elle a besoin de lui pour faire avancer son projet de gouvernement mondial. Et pour semer le chaos partout, afin d’affaiblir les Etats-Nations qu’elle veut supplanter.

En diabolisant la Russie, les médias et les gouvernements européens n’expriment donc, une fois encore, que la voix de leurs vrais maîtres : la Super Classe Mondiale.

La russophobie occidentale n’est donc pas seulement ridicule. Elle n’est pas seulement une forme de racisme d’Etat, qui fait du peuple russe un coupable ou un danger par essence.

Elle est surtout dangereuse car elle prépare les esprits européens à un affrontement avec la Russie : elle véhicule des bobards de guerre, un « bourrage de crâne » comme on disait pendant la Grande Guerre, qui toujours annoncent la vraie guerre !

En effet, la Super Classe Mondiale n’a nullement renoncé à la guerre pour parvenir à ses fins. Car le monde est en passe de lui échapper. La puissance des anglo-saxons – qui constituait le cœur nucléaire de l’oligarchie occidentale – ne cesse de décliner à l’échelle du monde, dans tous les domaines et pas seulement économiques. Et les oligarques le savent bien.

Les médias mainstream s’efforcent de nous cacher ce grand secret : le monde échappe aux mondialistes parce qu’il devient de plus en plus multipolaire. Parce que de grandes civilisations – notamment en Eurasie – se réinventent et veulent se libérer de la tutelle occidentale. Et qu’elles acquièrent de plus en plus les moyens de le faire.

On ne peut donc exclure que certains oligarques anglo-saxons ne soient tentés, une nouvelle fois, de miser sur un conflit mondial pour maintenir leur leadership, c’est-à-dire leur domination et leur projet liberticide de gouverner le monde à leur seul profit.
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Macron ne laisse pas de m'inquiéter. Il a un sérieux pète au casque (un type qui épouse sa mère ne peut pas être équilibré) et le pouvoir absolu (puisque sans opposition). Il pourrait bien être celui par qui arrive à la France le rappel que l'histoire est vraiment tragique.











jeudi, octobre 05, 2017

Quelques articles sur la Catalogne

Ces histoires d’indépendance catalane m’intriguent beaucoup.

Il y a un tas de faits dérangeants.

Les leaders indépendantistes sont presque tous passés par des universités américaines. Le représentant catalan aux Etats-Unis s’appelle Andrew Davis, c’est vachement catalan comme nom ! Et puis la Catalogne s’islamise à la vitesse grand V. Au moins, en Corse, le premier graffiti que j’ai vu est « Arabi fora » et je n’ai pas eu besoin de traducteur pour m’explique que ça ne voulait pas dire « bienvenue aux arabes » mais, au moins, c’est cohérent : quand on veut foutre les Français dehors, on veut aussi foutre les arabes dehors. Pas en Catalogne : être « colonisé » par les Espagnols, c’est l’horreur absolue, mais être colonisé par les Américains et les arables, pas de problème. Ca a de quoi interroger un esprit logique qui considère qu'une porte doit être ouverte ou fermée et une identité défendue ou abandonnée.

Excellent article sur DeDefensa. John Laughland est un ancien diplomate anglais. Il explique très bien que, jusqu'à la catastrophe du Kosovo, la déclaration d'indépendance unilatérale était illégale au regard du droit international (excepté dans les cas d'oppression manifeste).

Un exercice en autodestruction


Une perspective historique :

COMPRENDRE LA QUESTION CATALANE



Pourquoi la Catalogne pourrait bien être le poison lent qui asphyxie l’Europe (et non, on ne parle pas que de "l’exemple" donné à La Flandre ou autre Padanie, loin de là)

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Le referendum a vu le oui l'emporter à 90%. Carles Puigdemont, président de la Catalogne, affirme même que l'indépendance sera proclamée la semaine prochaine. Comment l'Union Européenne doit réagir? Doit-elle respecter l'aspiration démocratique du peuple catalan ou respecter la légalité des structures étatiques en place?

Edouard Husson : Permettez-moi de formuler les choses autrement. La légitimité est à première vue du côté de l'Etat espagnol. Le référendum a été tenu de manière illégale. Et les 90% invoqués par Carles Puigdemont ne représentent pas une majorité des inscrits. Le roi d'Espagne ne réagit pas de manière surprenante lorsqu'il se pose en garant de l'union indéfectible entre la monarchie, l'Etat de droit et la démocratie. Et pourtant l'opinion internationale a été étonnée de la prise de position de Philippe VI. Ce n'est pas seulement que la réaction du gouvernement espagnol vis-à-vis des Catalans allant voter, par police interposée, apparaisse inutilement violente. C'est que, plus profondément, le gouvernement espagnol est complice de la machine à discipliner les peuples et stériliser leur créativité qu'est l'euro. Regardez où nous en sommes arrivés, nous autres Européens. Nos Etats sont prêts à un grand degré de violence contre leurs peuples. Le matraquage d'électeurs pacifiques est disproportionné même si l'on juge - c'est mon cas - que le referendum de dimanche ne repose sur aucune base légale. Mais l'Etat espagnol n'exerce-t-il pas, depuis le début de la décennie une grande violence vis-à-vis de toute l'Espagne en maintenant la discipline absurde de la monnaie unique, tout à fait inadaptée à une sortie de la crise économique et financière internationale. L'Espagne est devenue un microcosme de l'Europe au plan régional. Elle a sa région qui a réussi dans le système de la monnaie unique, la Catalogne, et qui veut pas payer pour les autres qui se débrouillent moins bien dans un système où l'Allemagne interdit la flexibilité monétaire comme variable d'ajustement de l'économie. L''obstination des leaders du mouvement indépendantiste à tenir le référendum contre la volonté du gouvernement espagnol le range du côté de tous ces Européens nantis et inconscients de la profonde injustice sociale qui s'est mise en place à l'échelle de la zone euro.

On ne joue pas avec la souveraineté sans risquer de déclencher de grands malheurs. La crise espagnole n'est pas simplement le face-à-face entre un gouvernement central et un mouvement autonomiste qui se radicalise. Il est l'aboutissement de l'insoutenable légèreté de l'Union Européenne, dont les dirigeants croient depuis vingt-cinq ans que l'on peut décider, au nom d'un système qui n'est cohérent qu'en apparence, de créer une union monétaire sans avoir créé une union politique au préalable. Allons jusqu'au bout de l'analyse: l'union monétaire ne fonctionne pas ni sur le plan des résultats économiques ni sur le plan de l'adhésion populaire.

L'Euroland s'est donc durci, imposant un véritable pouvoir de coercition dont les gouvernements nationaux se font le relais. Madrid fait taper sans retenue sur les indépendantistes catalans comme s'il fallait compenser toute la pression subie de la part du pouvoir européen - du triangle du pouvoir européen actuel: Berlin-Francfort-Bruxelles. Les indépendantistes catalans comme boucs émissaires de la crise espagnole? Le système de l'euroland est profondément injuste parce qu'il a, en quelque sorte figé les situations à un moment donné, entre gagnants et perdants d'une extension à toute l'Europe de la régulation monétaire à l'allemande. Pour des raisons qu'il serait trop long d'expliquer ici, les Catalans s'y trouvent très à l'aise, ce qui est moins le cas des Castillans et des Andalous. Les Catalans ont plutôt tendance à s'enrichir tandis que les autres, en Espagne, ont tendance à stagner ou s'appauvrir. Les Catalans ont un réflexe de riches, de rentiers que le spectacle de la pauvreté environnante insupporte et qu'ils veulent mettre hors de vue. Les indépendantistes catalans ne veulent plus se contenter de la très forte autonomie dont ils disposent déjà; ils font de l'indépendance une question de principe; ils veulent rompre les amarres avec toute solidarité entre régions d'Espagne. Au fond, les équipes dirigeantes de Barcelone et celle de Madrid sont d'accord pour garder l'euro quel qu'en soit le coût social: et Madrid est enragé de constater que Barcelone n'est plus prête à l'aider dans le maintien du système de coercition sociale. On voit bien ce que qui gêne dans le discours de Philippe VI. On rêve d'une autorité morale qui, dans le même discours, dénoncerait l'égoïsme des classes supérieures catalanes, rappellerait à l'Europe les souffrances sociales de l'Espagne - qui n'épargnent pas "la Catalogne d'en bas" - et en appellerait à une grande manifestation de solidarité à travers toute l'Espagne avec les petits et les humbles pour refonder l'unité nationale, la prospérité et la solidarité. Mais aucune voix forte ne s'est dressée en Europe.

L'Eglise catholique pourrait jouer ce rôle mais le pape François est un penseur abstrait, pétri de bons sentiments mais coupé des réalités économiques et sociales à la différence des papes du XXe siècle; et je ne connais pas assez l'épiscopat espagnol pour savoir si nous pouvons attendre qu'une voix forte s'élève. Plus généralement, les dirigeants de l'Union Européenne sont trop structurellement impliqués dans le durcissement de la crise pour aider à la résoudre. Quelle réponse crédible l'UE peut-elle apporter? Si elle ne prend pas la défense des indépendantistes catalans, elle aura l'air de trahir sa propre cause. Si elle ne respecte pas la souveraineté espagnole, elle ébranlera un peu plus ce qui fait sa propre légitimité: la confiance que les Etats souverains ont mise en l'Union à laquelle ils ont délégué, pour le pire, l'exercice d'une partie de leur souveraineté. En même temps qu'à une crise espagnole très sévère, nous assistons au début de l'agonie de l'Union Européenne. Nul ne peut dire à quelle vitesse la crise européenne générale va s'enclencher. Mais elle est inévitable.
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Catalogne : la nation déchirée

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JB Noé : Mon premier contact avec le nationalisme catalan eut lieu il y a deux ans. J’envoyais un courriel à un professeur d’université à Barcelone, rédigé en espagnol. Celui-ci me répondit en catalan. Nous poursuivîmes donc la conversation en anglais. Cette anecdote est révélatrice des impasses du nationalisme catalan. Il est devenu une idéologie portée jusqu’à l’absurde (répondre en catalan à un locuteur français qui forcément ne maîtrise pas cette langue par refus d’utiliser l’espagnol, que le professeur en question maîtrise parfaitement) pour aboutir à une autre forme de domination (symbolisée par l’usage de l’anglais). La Catalogne est déchirée et il n’y a plus de dialogue possible entre les indépendantistes et le reste de l’Espagne.

[…]
Malheur aux Catalans qui ne sont pas indépendantistes : ils sont brimés et, dans les administrations, leur progression professionnelle est arrêtée. La région ne semble plus qu’avoir une seule obsession en tête : l’indépendance.

L’indépendance ou l’hubris en action

La passion indépendantiste a rejoint les sommets de l’hubris, la démesure décrite par les Grecs comme étant déraisonnable et coupée du logos, de la raison. Impossible d’échanger avec un Catalan indépendantiste sur le sujet. Quand on leur demande quelle constitution ils prévoient en cas d’indépendance, comment ils feront pour assurer les services régaliens d’un État (diplomatie, armée, police, douane), ce qu’ils feront aussi lorsqu’ils auront quitté l’Union européenne, quelle monnaie ils prendront en place de l’euro, il n’y a aucune réponse. Les indépendantistes ne parlent que de passions, de luttes, d’oppression, mais ils n’ont aucun sens des réalités concrètes d’une indépendance ni des obligations dévolues aux États. Face à cette absence totale de dialogue, on comprend que la situation avec le gouvernement central soit bloquée. Madrid essaye de rester dans le domaine du droit, de rappeler que la tenue de ce référendum est illégale et qu’il ne respecte ni la constitution espagnole ni les lois votées par la Generalitat. Mais dans les villes en-dehors de Barcelone cela fait longtemps que les panneaux écrits en espagnol ont été retirés pour être remplacés par des panneaux en catalan. 

[…]

La gauche extrême est prête à enclencher cette violence. 

 
Le terrorisme n’est jamais loin de la criminalité vénale. Si l’on commence à commettre des attentats pour des motifs politiques, on les poursuit pour des motifs financiers, sous couverture politique. Les Farcs contrôlent le trafic de drogue, les mafias albanaises ont fait du Kosovo leur base arrière, les terroristes basques se sont enrichis dans le trafic d’armes. Il en ira de même pour les éventuels terroristes catalans. Une alliance financière avec les islamistes n’est pas à exclure. La Catalogne, via le port de Barcelone, pourrait ainsi devenir une plaque tournante de l’entrée de la drogue en Europe. Les réseaux existent déjà vers le Maroc. Il faudra peu de chose pour les activer et pour relancer la chaine de la violence en Espagne. Ce sujet concerne directement la France. Outre que nous avons une frontière commune, les indépendantistes souhaitent l’indépendance de la Catalogne française. Nos insoumis français ont pris Podemos comme modèle et sont prêts à s’allier avec la CUP. Ce qui se joue en Espagne dépasse donc largement ses frontières.

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Et moi, quelle est mon opinion ?

D'abord, je n'en ai rien à foutre, de la Catalogne et des Catalans. Je ne suis pas de ceux qui se préoccupent des Tartares pour ne pas avoir à aimer leurs voisins.  Que les Espagnols prennent leurs responsabilités. Je ne vais pas aller leur expliquer ce qu'ils doivent faire.

Ce mélodrame catalan ne m'intéresse donc que dans la mesure où il a un impact sur la France.

Les indépendantistes catalans sont des petits mecs (mille anecdotes comme celle de JB Noé le prouvent) qui ne méritent rien d'autre que le mépris (d'autant plus qu'ils se mêlent d'exporter leur indépendantisme en Roussillon français : un grand coup de pied au cul, voilà ce qui leur faut). Et Dieu sait si les minables sans scrupules prennent partout le pouvoir.

A l'évidence, l'indépendance catalane représenterait une grande victoire pour tous ceux (islamistes, européistes, américains, gauchistes) qui rêvent d'assassiner les vieilles nations européennes.

D'autre coté, l'indépendance catalane, forcément chaotique, entrainerait, presque à coup sûr, un éclatement de l'Euro que j'appelle de mes voeux.

Alors, je ne sais pas ce que je préfère, mais je sais que j'ai peur.

Contrairement à ce que croient les cons, l'histoire ne s'arrête pas et elle est tragique. Comme l'écrit avec sagesse Edouard Husson, on ne joue pas impunément avec la souveraineté. L'histoire s'apprête à nous présenter la note et elle va être salée. Elle pèsera son poids de larmes, de sang et de misère, et les morts ne se relèveront pas à la fin.




jeudi, août 24, 2017

Euro : commediante ! Tragediante !

J’ai la conviction que l’Euro est une prison allemande pour les peuples européens et l’espoir qu’il finira par éclater. Je ne sais pas comment cela arrivera. Il y a déjà un certain temps que je pense que le mouvement de dégel des libertés européennes pourrait partir d’Italie (même si, évidemment, le dernier clou sera planté dans le cercueil de l’Euro par l’Allemagne, quand elle l’abandonnera à son tour pour se replier, probablement, sur une monnaie nordique).

Silvio Berlusconi vient de proposer de faire renaître la Lire comme monnaie intérieure. Bien sûr, c’est une manière déguisée d’envisager l’éclatement de l’Euro par la sortie de l’Italie.

Economiquement, il n’y a aucun mystère. Depuis la crise de 2008, ceux qui ont des yeux pour voir savent que les pays méditerranéens, dont la France, bénéficieraient d’un retour aux monnaies nationales. Quant à ceux qui ne voient pas et ne comprennent pas … quand on est con, on est con.

Politiquement, c’est plus difficile. C’est l’abandon de l’utopie européiste . Elle imprègne encore beaucoup les peuples.

Encore plus profond, c’est le renoncement à l’idée, fausse mais qui paraît évidente, que l’union fait la force, que « big is beautiful ». On voit cette idée à l’œuvre partout dans le monde dans les situations les plus diverses. Cette idée est le paradigme de l’époque (avec « Je fais ce que je veux comme je veux quand je veux »), par définition incontestée (alors qu’elle est en réalité très contestable).

Or, il me semble que ce paradigme est petit à petit remis en cause, que la mode revient au localisme, au « small is beautiful ». La véritable écologie (et non le monstre maoïste que des politocards ambitieux nous font passer pour tel) y contribue. C’est souvent implicite, c’est le propre des paradigmes de paraître si évidents qu’on n’éprouve guère le besoin de les dire. L’Euro est alors menacé dans les têtes.

Le problème posé par l’Euro est simple. Il ne suffit pas de cesser de le soutenir pour qu’il s’écroule. C’est une prison très solide. Il faudra des actes et nous en sommes encore loin. Il faudra plus qu'un vieux Berlusconi en mal de faire parler de lui ... mais c'est un début.



lundi, avril 10, 2017

Euro et inertie antidémocratique

Il y a des gens, comme Charles Gave et Jean-Jacques Rosa, qui ont dit dès le début que l'Euro était un monstre idéologique et une aberration économique. D'autres font le même constat aujourd'hui. Par une honnêteté intellectuelle qui les honore, ils voient ce qu'ils voient.

Je me suis trompé en votant "oui" en 1992 et en 2005, je n'en suis pas fier. Mais, du moins, j'ai compris,

Les articles de ce type se multiplient :

Euro : pour un passage de la monnaie unique à la monnaie commune

Pourtant, rien ne change : l'Euro est toujours régi par les mêmes règles qu'au premier jour.

C'est que les eurocrates ont trouvé la recette miracle : pour que rien ne change, il suffit ... de ne rien changer !

L'inertie comme réponse à toutes les revendications et à toutes les interrogations. Et un peu de manipulation pour faire passer tout cela, comme on le voit dans la campagne électorale en cours. Cause toujours, je continue à forer droit.

C'est si simple que c'est brillant.

Cette stratégie fonctionne très bien parce qu'elle est en phase avec l'époque. Nous vivons à l'époque de l'inertie. Nous communiquons et nous nous déplaçons de plus en plus vite, mais nous prenons les décisions de plus en plus lentement. Le temps pour décider de la construction d'un aéroport ou d'une pissotière a quintuplé en cinquante ans.

Cela fait dix ans que les Français se sont fait mettre par le traité de Lisbonne inversant leur vote de 2005. A une autre époque, il y aurait déjà deux révolutions et un coup d'Etat. Là, rien.

La suite, qui me fait très peur, est connue : quand une caste fige un système, empêche les micro-ajustements, un macro-ajustement qui résout tout, sur le mode « maladie soignée, malade mort » tombe d'un coup : révolution, banqueroute, guerre, invasion, etc.


















mercredi, mars 29, 2017

La sortie de l'européisme : un problème de compétences

Le coût d’un maintien dans l’euro

La BCE ne pourra pas maintenir continuellement la zone euro sous perfusion

La fin de l'Euro et de l'UE, que je souhaite, et que je crois inévitable à un horizon que je n'arrive pas à évaluer, posera un problème simple mais ardu, comme les Britanniques viennent de le constater avec le Brexit : le manque de compétences pour gouverner.

A force de déléguer sa souveraineté à Bruxelles, les compétences finissent par manquer pour le travail gouvernemental de haut niveau.

Oh, bien sûr, la bureaucratie française sera toujours la meilleure du monde pour nous sortir des règlements pinailleurs et des circulaires à la con afin de pourrir la vie des petites gens. C'est facile. C'est même une honteuse facilité. Mais il ne s'agit pas de cela.

Non, il s'agit des questions de guerre et de paix, de négociation des traités.

Evidemment, il est plus facile d'emmerder un smicard parce que son chauffe-eau n'est pas aux normes que d'aller affronter la Chine.

samedi, janvier 07, 2017

L'envie et la difficulté

Only those who don't want to leave ««»«»see Brexit as mind-blowingly complicated

Je traduis : « Seuls ceux qui ne veulent pas quitter l'UE voient le Brexit comme follement compliqué ».

C'est un grand classique. Quand on ne veut pas de quelque chose mais qu'on n'est pas vraiment majoritaire, on dit « Oui, mais c'est très très très très très très très très très très très très très très très très très très très très très très très très très très très très très très très très très très très très très très très très très très très très très très très très compliqué ».

Mais les gens sincères et motivés ne procrastinent pas, ils s'engagent et font au mieux. Ensuite corrigent comme ils peuvent les erreurs (1).

En fait, c'est une variante de Sénèque. Ce n'est pas parce que les choses sont difficiles que nous n'osons pas, c'est parce que nous n'osons pas qu'elles sont difficiles.

Et on nous joue le même sketch en France avec la sortie de l'Euro. Je suis bien sûr que la Banque de France a dans ses cartons une étude de sortie de l'Euro. D'ailleurs, Varoufakis a révélé que le ministère des finances grec a étudié la question et avait un scénario.

Ce n'est certes pas facile, mais s'en faire une montagne est une manière hypocrite de refuser de le faire.

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(1) : si deux adversaires, toutes choses égales par ailleurs, ont 95 % de chances de prendre la bonne décision pour le premier et 50 % pour le second, mais que ce dernier est deux fois plus rapide à prendre une décision, c'est lui qui l'emportera dans 51 % des cas contre 23 % pour le premier.








vendredi, décembre 30, 2016

Euro : gesta Dei per Italicos ?

L’Italie doit sortir de l’euro. Il y a urgence si elle veut sauver son économie.

Par l'emprise de l'Etat sur la société, par la sclérose de son système politique et par la nullité abyssale de sa classe dirigeante, politiciens, journalistes et faiseurs d'opinion confondus (bien entendu, c'est à dessein que je n'emploie pas le mot « élites »), la France a perdu la maitrise de son destin (1).

Je recherche donc à l'extérieur les signes d'un changement qui pourrait avoir le même effet positif que les décisions salutaires que nous ne prenons pas.

Trump, le Brexit, le référendum Renzi sont de ces signes.

La lutte au sein du patronat italien, petits patrons pour sortir de l'Euro, grands patrons pour y rester, pèsera peut-être plus lourd sur le destin de la France que l'élection en 2017 d'un de ces politocards qui se valent tous dans la nullité.

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(1) : j'ai été marqué par Les fossoyeurs de Pertinax (Les fossoyeurs T. 1 (Pertinax) et Les fossoyeurs T. 2 (Pertinax). J'y vois de nombreuses analogies contemporaines.







jeudi, juin 23, 2016

Euro, Brexit : le coût et la peur du changement

L'Euro a été essayé et c'est, comme prévu par ses opposants les plus lucides (dont, hélas, je ne fus pas), un désastre économique et politique. Nous avons aujourd'hui l'Europe allemande dont rêvait Hitler (il est donc dans l'ordre des choses que la Grande-Bretagne finisse par la quitter).

Les arguments en faveur de la sortie de l'Euro s'accumulent et, pourtant, même le Front National, dont c'était un des rares points économiques pas complètement débiles, a abandonné l'idée.

Pourquoi ? Parce que le coût, forcément transitoire et, à mon avis, exagéré, et la peur, savamment entretenue, du changement paralysent toute initiative.

Pourtant, je suis persuadé que la sortie de l'Euro serait une Libération.

Sans indépendance monétaire, nous ne pouvons pas résoudre nos problèmes économiques. Les expériences de déflation compétitive ont toujours été des catastrophes, voyez le politique Laval.

Vous avez compris la logique : avec l'indépendance monétaire, il n'est pas sûr que nous résoudrons nos difficultés, mais il est sûr qu'avec l'Euro, nous ne les résoudrons pas.

Et puis, il y a un point moral : mieux vaut vivre libre et responsable, y compris de ses conneries, qu'enchaîné comme un subordonné infantilisé de l'Allemagne. Mais, pour cela, fondamentalement, il faut croire en la France, ce qui n'est pas le cas de 99 % de notre classe dirigeante et de beaucoup de Français.

La peur du changement est renforcée par la peur de la liberté. Tout le monde n'aime pas être libre et responsable, beaucoup trouvent du confort dans la servitude.

Et l'on en vient au Brexit. Le slogan des pro-Brexit « BeLeave in Britain» me semble aller au fond des choses et je pense que la réponse va être négative, tout simplement à cause de l'Ecosse. Sans l'Ecosse, le Brexit ne fait pas un pli. Mais il y a l'Ecosse ...

Ca ne sera que partie remise. Le jour où l'Ecosse prend son indépendance, le reste de la Grande-Bretagne quitte l'UE.

On notera aussi qu'on retrouve la coupure, désormais habituelle dans les pays occidentaux, entre les élites mondialisées et le peuple. Et que le peuple a bien du mal à faire valoir son avis. De la même façon que je crois le coût de la sortie de l'Euro largement exagéré par ceux qui ont intérêt à figer la situation, je crois qu'on en fait trop sur le coût du Brexit. Vendredi matin, quel que soit le résultat du vote, l'Angleterre sera toujours une île entourée d'eau de tous cotés.

Mais, quand il y a des changements nécessaires et inéluctables, le plus tôt est le mieux, tout le temps perdu ne fait qu'ajouter des souffrances. Comme pour la sortie de l'Euro ...




Addendum :

Serge Federbusch est de mon avis sur les bienfaits du Brexit :

Messieurs les Anglais, tirez les premiers !



dimanche, juillet 05, 2015

Grèce : on se calme

Dans la droite ligne du billet précédent :

Si la Grèce sort de l'euro, il ne se passera rien

J'espère de tout coeur que le psychodrame grec aboutira un jour à l'éclatement de cette folie qu'est l'Euro, mais je suis très loin d'en être sûr.

vendredi, juillet 03, 2015

Grèce : la phrase la plus importante de la semaine

Les Echos :

«Jeudi, Angela Merkel a rappelé une nouvelle fois qu’elle était contre une union de transfert devant le Bundestag.»

Comme «l'union de transfert» est la seule solution viable à long terme (voir mes nombreux billets sur le sujet), il n'y a plus que deux avenirs possibles :

  • l'éclatement de l'Euro. Je ne sais pas quand, mais un jour. Après tout, c'est le destin de la majorité des unions monétaires de l'histoire.
  • les Allemands changent d'avis, démocratiquement ou non. 


mercredi, juillet 01, 2015

La Grèce est comme la France : aidons la à sortir de l'Euro

Explosion de la dette : après la Grèce, la France ?

Aidons la Grèce…à sortir de la zone euro

Je ne suis pas d'accord avec la conclusion de cet article puisque je pense que l'Euro est un Frankenstein financier qu'il faut achever à coups de pelle sur la tête, donc je m'en fous complètement de renforcer sa crédibilité.

Par contre, aider la Grèce à sortir de l'Euro me semble une excellente idée. Puis le Portugal, l'Italie et la France. Et les Allemands pourront continuer à faire touche-pipi dans leur coin avec leur monnaie forte et les bataves.









lundi, avril 06, 2015

Euro: le beau spectacle d’une union monétaire en déroute…

Euro: le beau spectacle d’une union monétaire en déroute…

Article très anti-allemand (1) d'Eric Verhaeghe, mais a-t-il vraiment tort ?

Comme je l'ai écrit quelquefois, les Allemands sont bons en industrie et nuls en finance. C'est en train de se confirmer une fois de plus. L'économie, ce n'est pas de la morale.

Je souhaite la dissolution de l'Euro, mais sous la forme la plus ordonnée possible car je pense que les conditions de l'éclatement joueront beaucoup sur le suite des événements. Or, nous nous dirigeons vers un éclatement par accident, invitus invitam dimisit, c'est-à-dire le pire scénario.

Verhaeghe omet de signaler que la faiblesse française, faite de renoncements, de lâchetés et de paresse intellectuelle (ah ! On la voit à l'oeuvre la «brillance» de nos énarques. Leur silence est assourdissant) est un drame pour l'Europe.

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(1) : non, je n'écrirai pas «germanophobe». Marre de l'abus des mots tendancieux en «phobe», comme si s'opposer à tel ou tel communauté était forcément signe de dérangement psychologique.