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lundi, novembre 20, 2017

Le “Brexit allemand”, ou la dissolution accélérée

Le “Brexit allemand”, ou la dissolution accélérée

Vous connaissez mon analyse : Le Brexit (auquel je ne croyais pas) et l'élection de Trump (à laquelle je croyais peu) ont déstabilisé le Système, où tout se tient, et, même, où tous se tiennent par la barbichette.

Les choses bougent, pas forcément en bien, mais, au moins, elles bougent.

jeudi, octobre 05, 2017

Quelques articles sur la Catalogne

Ces histoires d’indépendance catalane m’intriguent beaucoup.

Il y a un tas de faits dérangeants.

Les leaders indépendantistes sont presque tous passés par des universités américaines. Le représentant catalan aux Etats-Unis s’appelle Andrew Davis, c’est vachement catalan comme nom ! Et puis la Catalogne s’islamise à la vitesse grand V. Au moins, en Corse, le premier graffiti que j’ai vu est « Arabi fora » et je n’ai pas eu besoin de traducteur pour m’explique que ça ne voulait pas dire « bienvenue aux arabes » mais, au moins, c’est cohérent : quand on veut foutre les Français dehors, on veut aussi foutre les arabes dehors. Pas en Catalogne : être « colonisé » par les Espagnols, c’est l’horreur absolue, mais être colonisé par les Américains et les arables, pas de problème. Ca a de quoi interroger un esprit logique qui considère qu'une porte doit être ouverte ou fermée et une identité défendue ou abandonnée.

Excellent article sur DeDefensa. John Laughland est un ancien diplomate anglais. Il explique très bien que, jusqu'à la catastrophe du Kosovo, la déclaration d'indépendance unilatérale était illégale au regard du droit international (excepté dans les cas d'oppression manifeste).

Un exercice en autodestruction


Une perspective historique :

COMPRENDRE LA QUESTION CATALANE



Pourquoi la Catalogne pourrait bien être le poison lent qui asphyxie l’Europe (et non, on ne parle pas que de "l’exemple" donné à La Flandre ou autre Padanie, loin de là)

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Le referendum a vu le oui l'emporter à 90%. Carles Puigdemont, président de la Catalogne, affirme même que l'indépendance sera proclamée la semaine prochaine. Comment l'Union Européenne doit réagir? Doit-elle respecter l'aspiration démocratique du peuple catalan ou respecter la légalité des structures étatiques en place?

Edouard Husson : Permettez-moi de formuler les choses autrement. La légitimité est à première vue du côté de l'Etat espagnol. Le référendum a été tenu de manière illégale. Et les 90% invoqués par Carles Puigdemont ne représentent pas une majorité des inscrits. Le roi d'Espagne ne réagit pas de manière surprenante lorsqu'il se pose en garant de l'union indéfectible entre la monarchie, l'Etat de droit et la démocratie. Et pourtant l'opinion internationale a été étonnée de la prise de position de Philippe VI. Ce n'est pas seulement que la réaction du gouvernement espagnol vis-à-vis des Catalans allant voter, par police interposée, apparaisse inutilement violente. C'est que, plus profondément, le gouvernement espagnol est complice de la machine à discipliner les peuples et stériliser leur créativité qu'est l'euro. Regardez où nous en sommes arrivés, nous autres Européens. Nos Etats sont prêts à un grand degré de violence contre leurs peuples. Le matraquage d'électeurs pacifiques est disproportionné même si l'on juge - c'est mon cas - que le referendum de dimanche ne repose sur aucune base légale. Mais l'Etat espagnol n'exerce-t-il pas, depuis le début de la décennie une grande violence vis-à-vis de toute l'Espagne en maintenant la discipline absurde de la monnaie unique, tout à fait inadaptée à une sortie de la crise économique et financière internationale. L'Espagne est devenue un microcosme de l'Europe au plan régional. Elle a sa région qui a réussi dans le système de la monnaie unique, la Catalogne, et qui veut pas payer pour les autres qui se débrouillent moins bien dans un système où l'Allemagne interdit la flexibilité monétaire comme variable d'ajustement de l'économie. L''obstination des leaders du mouvement indépendantiste à tenir le référendum contre la volonté du gouvernement espagnol le range du côté de tous ces Européens nantis et inconscients de la profonde injustice sociale qui s'est mise en place à l'échelle de la zone euro.

On ne joue pas avec la souveraineté sans risquer de déclencher de grands malheurs. La crise espagnole n'est pas simplement le face-à-face entre un gouvernement central et un mouvement autonomiste qui se radicalise. Il est l'aboutissement de l'insoutenable légèreté de l'Union Européenne, dont les dirigeants croient depuis vingt-cinq ans que l'on peut décider, au nom d'un système qui n'est cohérent qu'en apparence, de créer une union monétaire sans avoir créé une union politique au préalable. Allons jusqu'au bout de l'analyse: l'union monétaire ne fonctionne pas ni sur le plan des résultats économiques ni sur le plan de l'adhésion populaire.

L'Euroland s'est donc durci, imposant un véritable pouvoir de coercition dont les gouvernements nationaux se font le relais. Madrid fait taper sans retenue sur les indépendantistes catalans comme s'il fallait compenser toute la pression subie de la part du pouvoir européen - du triangle du pouvoir européen actuel: Berlin-Francfort-Bruxelles. Les indépendantistes catalans comme boucs émissaires de la crise espagnole? Le système de l'euroland est profondément injuste parce qu'il a, en quelque sorte figé les situations à un moment donné, entre gagnants et perdants d'une extension à toute l'Europe de la régulation monétaire à l'allemande. Pour des raisons qu'il serait trop long d'expliquer ici, les Catalans s'y trouvent très à l'aise, ce qui est moins le cas des Castillans et des Andalous. Les Catalans ont plutôt tendance à s'enrichir tandis que les autres, en Espagne, ont tendance à stagner ou s'appauvrir. Les Catalans ont un réflexe de riches, de rentiers que le spectacle de la pauvreté environnante insupporte et qu'ils veulent mettre hors de vue. Les indépendantistes catalans ne veulent plus se contenter de la très forte autonomie dont ils disposent déjà; ils font de l'indépendance une question de principe; ils veulent rompre les amarres avec toute solidarité entre régions d'Espagne. Au fond, les équipes dirigeantes de Barcelone et celle de Madrid sont d'accord pour garder l'euro quel qu'en soit le coût social: et Madrid est enragé de constater que Barcelone n'est plus prête à l'aider dans le maintien du système de coercition sociale. On voit bien ce que qui gêne dans le discours de Philippe VI. On rêve d'une autorité morale qui, dans le même discours, dénoncerait l'égoïsme des classes supérieures catalanes, rappellerait à l'Europe les souffrances sociales de l'Espagne - qui n'épargnent pas "la Catalogne d'en bas" - et en appellerait à une grande manifestation de solidarité à travers toute l'Espagne avec les petits et les humbles pour refonder l'unité nationale, la prospérité et la solidarité. Mais aucune voix forte ne s'est dressée en Europe.

L'Eglise catholique pourrait jouer ce rôle mais le pape François est un penseur abstrait, pétri de bons sentiments mais coupé des réalités économiques et sociales à la différence des papes du XXe siècle; et je ne connais pas assez l'épiscopat espagnol pour savoir si nous pouvons attendre qu'une voix forte s'élève. Plus généralement, les dirigeants de l'Union Européenne sont trop structurellement impliqués dans le durcissement de la crise pour aider à la résoudre. Quelle réponse crédible l'UE peut-elle apporter? Si elle ne prend pas la défense des indépendantistes catalans, elle aura l'air de trahir sa propre cause. Si elle ne respecte pas la souveraineté espagnole, elle ébranlera un peu plus ce qui fait sa propre légitimité: la confiance que les Etats souverains ont mise en l'Union à laquelle ils ont délégué, pour le pire, l'exercice d'une partie de leur souveraineté. En même temps qu'à une crise espagnole très sévère, nous assistons au début de l'agonie de l'Union Européenne. Nul ne peut dire à quelle vitesse la crise européenne générale va s'enclencher. Mais elle est inévitable.
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Catalogne : la nation déchirée

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JB Noé : Mon premier contact avec le nationalisme catalan eut lieu il y a deux ans. J’envoyais un courriel à un professeur d’université à Barcelone, rédigé en espagnol. Celui-ci me répondit en catalan. Nous poursuivîmes donc la conversation en anglais. Cette anecdote est révélatrice des impasses du nationalisme catalan. Il est devenu une idéologie portée jusqu’à l’absurde (répondre en catalan à un locuteur français qui forcément ne maîtrise pas cette langue par refus d’utiliser l’espagnol, que le professeur en question maîtrise parfaitement) pour aboutir à une autre forme de domination (symbolisée par l’usage de l’anglais). La Catalogne est déchirée et il n’y a plus de dialogue possible entre les indépendantistes et le reste de l’Espagne.

[…]
Malheur aux Catalans qui ne sont pas indépendantistes : ils sont brimés et, dans les administrations, leur progression professionnelle est arrêtée. La région ne semble plus qu’avoir une seule obsession en tête : l’indépendance.

L’indépendance ou l’hubris en action

La passion indépendantiste a rejoint les sommets de l’hubris, la démesure décrite par les Grecs comme étant déraisonnable et coupée du logos, de la raison. Impossible d’échanger avec un Catalan indépendantiste sur le sujet. Quand on leur demande quelle constitution ils prévoient en cas d’indépendance, comment ils feront pour assurer les services régaliens d’un État (diplomatie, armée, police, douane), ce qu’ils feront aussi lorsqu’ils auront quitté l’Union européenne, quelle monnaie ils prendront en place de l’euro, il n’y a aucune réponse. Les indépendantistes ne parlent que de passions, de luttes, d’oppression, mais ils n’ont aucun sens des réalités concrètes d’une indépendance ni des obligations dévolues aux États. Face à cette absence totale de dialogue, on comprend que la situation avec le gouvernement central soit bloquée. Madrid essaye de rester dans le domaine du droit, de rappeler que la tenue de ce référendum est illégale et qu’il ne respecte ni la constitution espagnole ni les lois votées par la Generalitat. Mais dans les villes en-dehors de Barcelone cela fait longtemps que les panneaux écrits en espagnol ont été retirés pour être remplacés par des panneaux en catalan. 

[…]

La gauche extrême est prête à enclencher cette violence. 

 
Le terrorisme n’est jamais loin de la criminalité vénale. Si l’on commence à commettre des attentats pour des motifs politiques, on les poursuit pour des motifs financiers, sous couverture politique. Les Farcs contrôlent le trafic de drogue, les mafias albanaises ont fait du Kosovo leur base arrière, les terroristes basques se sont enrichis dans le trafic d’armes. Il en ira de même pour les éventuels terroristes catalans. Une alliance financière avec les islamistes n’est pas à exclure. La Catalogne, via le port de Barcelone, pourrait ainsi devenir une plaque tournante de l’entrée de la drogue en Europe. Les réseaux existent déjà vers le Maroc. Il faudra peu de chose pour les activer et pour relancer la chaine de la violence en Espagne. Ce sujet concerne directement la France. Outre que nous avons une frontière commune, les indépendantistes souhaitent l’indépendance de la Catalogne française. Nos insoumis français ont pris Podemos comme modèle et sont prêts à s’allier avec la CUP. Ce qui se joue en Espagne dépasse donc largement ses frontières.

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Et moi, quelle est mon opinion ?

D'abord, je n'en ai rien à foutre, de la Catalogne et des Catalans. Je ne suis pas de ceux qui se préoccupent des Tartares pour ne pas avoir à aimer leurs voisins.  Que les Espagnols prennent leurs responsabilités. Je ne vais pas aller leur expliquer ce qu'ils doivent faire.

Ce mélodrame catalan ne m'intéresse donc que dans la mesure où il a un impact sur la France.

Les indépendantistes catalans sont des petits mecs (mille anecdotes comme celle de JB Noé le prouvent) qui ne méritent rien d'autre que le mépris (d'autant plus qu'ils se mêlent d'exporter leur indépendantisme en Roussillon français : un grand coup de pied au cul, voilà ce qui leur faut). Et Dieu sait si les minables sans scrupules prennent partout le pouvoir.

A l'évidence, l'indépendance catalane représenterait une grande victoire pour tous ceux (islamistes, européistes, américains, gauchistes) qui rêvent d'assassiner les vieilles nations européennes.

D'autre coté, l'indépendance catalane, forcément chaotique, entrainerait, presque à coup sûr, un éclatement de l'Euro que j'appelle de mes voeux.

Alors, je ne sais pas ce que je préfère, mais je sais que j'ai peur.

Contrairement à ce que croient les cons, l'histoire ne s'arrête pas et elle est tragique. Comme l'écrit avec sagesse Edouard Husson, on ne joue pas impunément avec la souveraineté. L'histoire s'apprête à nous présenter la note et elle va être salée. Elle pèsera son poids de larmes, de sang et de misère, et les morts ne se relèveront pas à la fin.




mardi, février 14, 2017

Un cycle historique se ferme

Le morne printemps qui attend l’Europe

(C'est moi qui souligne)

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La réaction des principaux dirigeants européens face à la victoire de Trump a été significative : communiqués froids, leçons de morale aussi sournoises que ridicules (de la part de la chancelière allemande en particulier). La réaction aux événements du Proche-Orient n’a pas été moins désolante : dénonciation insensée de crimes de guerre imaginaires, tentatives de la France de changer in extremis la Charte des Nations-Unies pour autoriser l’ingérence humanitaire au moment où celle-ci venait de montrer un peu partout son caractère désastreux, encouragements des Britanniques à certains groupes djihadistes pour qu’ils rompent la trêve décidée autour de Poutine, et reconduction des sanctions imposées à la Russie alors qu’on sait que les Etats-Unis ne vont pas tarder à les lever : au lieu de prendre les devants, les Européens [les européistes] s’enfoncent dans le déni.

Face à l’effondrement de l’idéologie néoconservatrice (ultralibérale en économie et libertaire dans le sociétal) qui a le même caractère intégrateur et mondialiste que l’idéologie européenne façon Bruxelles, les Européens sont aujourd’hui comme un canard sans tête qui continue à marcher sans réaliser qu’il est déjà mort. Le traité transatlantique qui constituait en quelque sorte une extension de la mécanique européenne à l’Atlantique-Nord est enterré.

Entre deux géants

Mais le plus grave pour l’Europe est qu’elle a désormais affaire à deux géants : Poutine plus populaire que jamais dans son pays et prestigieux vainqueur au Proche-Orient, Trump qui a réussi l’exploit de se faire élire contre son parti, contre la totalité de l’oligarchie économique et des médias.

Aucun de ces deux hommes n’a de raison d’avoir la moindre sympathie pour les dirigeants actuels d’Europe occidentale qui ont tous pris parti contre eux, sur le terrain diplomatique et militaire pour Poutine, dans l’arène électorale pour Trump. Le troisième grand homme, plus inquiétant, est Erdogan dont les ambitions se heurtent une situation intérieure très perturbée et que Poutine a du mal à tenir en bride. Nettement éloigné de l’Europe de Bruxelles, il reste un homme fort.

Face à ces grands, quel désastre ! L’Allemagne n’a pour ainsi dire plus de chancelière tant Angela Merkel s’est discréditée en ouvrant de manière irresponsable le pays à un million de migrants, la France a un président zombie, dévalué sur la scène internationale et qui n’a même pas pu se représenter. L’Italie a vu la démission de l’illusionniste Rienzi, si politiquement correct. Mme May semble en meilleure posture mais, encore mal connue à l’étranger, elle semble absorbée par les mille et une difficultés juridiques du Brexit, sans doute parce que, d’aucun côté de la Manche, personne n’ose comme Alexandre trancher le nœud gordien. Et ne parlons pas de Juncker dans ses heures de lucidité ! Tout cela sur fond de crise de l’euro, sauvé in extremis dans l’affaire grecque par la pression d’Obama. Que fera Trump la prochaine fois ?

Il se peut que l’Europe occidentale telle qu’elle est fonctionne aujourd’hui s’avère incapable, de manière structurelle, de produire de vrais leaders. Ce printemps, en attendant de savoir ce qui sortira de l’élection présidentielle française, première du calendrier, le vide sidéral qui est aujourd’hui celui l’Europe occidentale, va paraître au grand jour. C’est tout un cycle historique qui se termine pour elle.
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mardi, avril 21, 2015

Maxime Tandonnet : la débâcle européenne

Maxime Tandonnet : la débâcle européenne

C'est la fin, comme vous voyez : l'Europe fait eau de toute part. Que s'est-il donc passé ? Ceci, tout simplement, que nous étions les sujets de l'histoire et que nous en sommes à présent les objets."

Cette phrase prophétique est de Jean-Paul Sartre, tirée de la préface des "damnés de la terre" de Franz Fanon. Il faut regarder les choses  en perspective. Pendant environ 400 ans, de la Renaissance au XXe siècle, l'Europe a dominé, écrasé le monde, par sa révolution industrielle, la suprématie de ses idées, la conquête coloniale. Le XXe siècle a été celui de son déclin, de ses tueries suicidaires. Aujourd'hui, rongée par sa mauvaise conscience - la colonisation, le totalitarisme (fascismes, national-socialisme, marxisme) - elle a mis en place une prodigieuse et impuissante bureaucratie appelée "l'Union européenne" mais la voilà totalement fragmentée, démantelée, décérébrée. On s'habitue à tout au point de ne plus rien voir mais il est extravagant de constater à quel point cette Europe est désemparée, traumatisée, paralysée par l'arrivée sur ses côtes de bateaux de migrants  en perdition et dans l'incapacité absolue d'esquisser le moindre geste. Son inertie, sa contemplation, sa lâcheté insigne face à des massacres abominables qui se produisent sous ses yeux à deux pas de ses frontières, fait froid dans le dos. Face au nouveau meurtre médiatisé des chrétiens éthiopiens par le daesh sur une terre d'influence traditionnelle de l'Europe, cette Libye voisine, la passivité, le silence de l'Europe nous laissent pantois. Nous assistons à la mort tragique d'un continent désuni, déboussolé, anesthésié, qui a été le phare de l'humanité pendant des siècles. Les gesticulations et bavardages méprisants de ses politiciens nous révulsent mais ils ne sont pourtant qu'un symptôme de cet effarant déclin qui laisse les Européens désarmés et désormais à la merci de n'importe quel cataclysme à venir.