Saint-Exupéry, la Catalogne et le retour du Franquisme
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[Les indépendantistes catalans] y apprendront, en somme, que le défi de l'Espagne du XXIe siècle est la «convivencia». «Si je diffère de toi, loin de te léser, je t'augmente» écrit Saint-Exupéry. Et c'est bien l'une des spécificités historique de l'Espagne depuis longtemps. Des langues régionales, des cultures locales très fortement ancrées, une énorme diversité. Politiquement, cet héritage culturel et cette réalité historique ont été inscrits dans les textes fondateurs dès 1977 avec le soutien de la très grande majorité des Espagnols. Si dans un premier temps la transition politique semblait solide, si la page du Franquisme semblait tournée, elle a vite révélé les fragilités historiques de l'Espagne. Le poids des partis nationalistes aux Cortes Espanolas a permis à ceux-ci de tirer parti de ces équilibres fragiles. De dénaturer de façon égoïste le projet politique. Les nationalistes catalans feraient bien de se demander comment ils ont pu arriver à reproduire les mêmes mécanismes d'exclusion et d'intolérance que les Franquistes. Triste cycle politique. Triste mais réel. Nier le fait que l'Espagne soit aujourd'hui une démocratie, ne pas savoir apprécier le degré incomparable d'autonomie locale au sein de l'Union européenne, est une erreur de jugement historique et politique. Comparer Rajoy à Franco et s'autoproclamer prisonniers politiques, c'est faire injure à la mémoire de tous ceux qui se sont battus pour que la liberté prime en Espagne. Relire l'histoire a toujours été la marque des régimes totalitaires. Mais pire ici, ils sont devenus prisonniers d'une mythologie politique ridicule, obscène. L'exil politique s'est transformé en exil personnel, ils ont perdu pied avec le réel.
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mardi, mars 06, 2018
vendredi, décembre 22, 2017
Catalogne : ça me gonfle
C’est vrai, ces histoires catalanes, ça me gonfle.
Je n’éprouve aucune sympathie pour les indépendantistes catalans. Rien à voir avec le Québec. Loin d’être un peuple opprimé, les Catalans sont des enfants gâtés qui piquent leur crise. De plus, dans un siècle, il n’y aura plus de Catalogne, mais une république islamique catalane.
Et puis, la Catalogne n'a tout simplement pas les moyens d'être un Etat indépendant (les Catalans sont tellement indépendantistes qu'ils vont accepter de rétablir le service militaire pour se constituer une armée ?).
Mais j’ai bien conscience que ce qui se passe est important.
Le boomerang catalan
C'est toujours la même histoire, simple et pourtant vraie : souveraineté et démocratie sont liées intimement, comme Castor et Pollux, Romeo et Juliette, Roux et Combaluzier.
L'Espagne est de moins en moins souveraine, elle est de moins en moins démocratique (idem pour la France). La Ctatlognen'est as souveraine, elle n'est pas non plus démocratique.
Je n’éprouve aucune sympathie pour les indépendantistes catalans. Rien à voir avec le Québec. Loin d’être un peuple opprimé, les Catalans sont des enfants gâtés qui piquent leur crise. De plus, dans un siècle, il n’y aura plus de Catalogne, mais une république islamique catalane.
Et puis, la Catalogne n'a tout simplement pas les moyens d'être un Etat indépendant (les Catalans sont tellement indépendantistes qu'ils vont accepter de rétablir le service militaire pour se constituer une armée ?).
Mais j’ai bien conscience que ce qui se passe est important.
Le boomerang catalan
C'est toujours la même histoire, simple et pourtant vraie : souveraineté et démocratie sont liées intimement, comme Castor et Pollux, Romeo et Juliette, Roux et Combaluzier.
L'Espagne est de moins en moins souveraine, elle est de moins en moins démocratique (idem pour la France). La Ctatlognen'est as souveraine, elle n'est pas non plus démocratique.
dimanche, novembre 12, 2017
Pourquoi l'UERSS lâche la Catalogne
L'UERSS a longtemps encouragé les régionalismes pour détruire les Etats-nations européens. Elle continue un peu, mais beaucoup moins qu'avant, pourquoi ? Pourquoi a-t-elle lâché la Catalogne en rase-campagne ?
Pour une raison très simple : jusqu'à il y a peu, la fracture était entre les Etats-nations qui défendaient (très mollement) leur souveraineté et l'UERSS qui l'attaquait. Dans ce combat, les régions étaient une arme de l'UERSS contre les Etats-nations.
Aujourd'hui, les Etats se sont séparés des nations et des peuples et se sont mis du coté de l'UERSS. C'est flagrant avec Macron et Rajoy. Dans cette nouvelle configuration, la fracture passe entre les Etats et l'UERSS d'une part, les peuples et les nations d'autre part. Les régionalismes, qui présentent, du point de vue tyrannique de l'UERSS, le risque d'une démocratie de proximité, sont devenus beaucoup moins intéressants pour elle.
Pour ma part, je persiste à penser que le bon niveau de résistance à l'UERSS est celui des vieilles nations européennes.
L'UERSS pourra toujours compter sur la bourgeoisie française, jamais en retard d'une trahison dès que l'essentiel, c'est-à-dire son patrimoine, est menacé, comme en 1871 quand la Commune voulait défendre Paris au risque de le voir détruit avec tout le joli immobilier qu'il y avait dedans ou en 1940, quand Edouard Herriot les larmes aux yeux suppliait le GQG de déclarer sa bonne ville de Lyon ville ouverte.
Les 76 % de Macron à Versailles, fief de la Manif Pour Tous, suffisent à montrer où sont les vraies priorités de la bourgeoisie française, quand il faut choisir entre le portefeuille et les idées, entre ses intérêts et le pays.
La majorité des grands hommes français récents sont issus de la bourgeoisie mais en opposition plus ou moins forte avec leur classe d'origine.
Quel rapport avec l'indépendance catalane ?
Le marché de l'immobilier étant ce qu'il est, la logique sociale conduit de plus en plus à une séparation territoriale : la bourgeoisie et sa domesticité, à la ville et dans la périphérie proche ; le peuple, à la campagne et dans la périphérie lointaine.
Malheureusement ou heureusement (je ne sais pas), ce découpage est imparfait : il n'y a pas de campagnes sans villes, ni de villes sans bouts de périphérie lointaine. Mais il arrive que la ségrégation soit assez avancée pour que la tentation de découper suivant les pointillés existe. C'est le cas de la Catalogne.
Mais je crois la bourgeoisie française taraudée par une crainte inconsciente. Elle fait un complexe de supériorité : la France est un pays trop petit pour une élite si merveilleuse, d'où son investissement idéologique dans les « machins » supra-nationaux. En même temps (comme dirait l'autre), elle fait un complexe d'infériorité de ne pas être anglo-saxonne, de rester périphérique par rapport aux vrais maître du monde.
Tout cela pour dire quoi ? Que la bourgeoisie française se jettera toujours plus violemment dans les bras de l'UERSS, pour donner des gages de grandeur internationale.
Un motif d'espoir ? Si la ville l'a souvent emporté sur la campagne, il est arrivé en 1871 que la campagne l'emporte sur la ville. Certes, la campagne avait à ce moment là la bourgeoisie de son coté. Mais tout de même, la campagne peut l'emporter sur la ville, car les bourgeois des villes ne sont pas si sûrs d'être à l'aise dans la mondialisation. Ce n'est pas impossible. C'est très difficile, mais pas impossible.
Pour une raison très simple : jusqu'à il y a peu, la fracture était entre les Etats-nations qui défendaient (très mollement) leur souveraineté et l'UERSS qui l'attaquait. Dans ce combat, les régions étaient une arme de l'UERSS contre les Etats-nations.
Aujourd'hui, les Etats se sont séparés des nations et des peuples et se sont mis du coté de l'UERSS. C'est flagrant avec Macron et Rajoy. Dans cette nouvelle configuration, la fracture passe entre les Etats et l'UERSS d'une part, les peuples et les nations d'autre part. Les régionalismes, qui présentent, du point de vue tyrannique de l'UERSS, le risque d'une démocratie de proximité, sont devenus beaucoup moins intéressants pour elle.
Pour ma part, je persiste à penser que le bon niveau de résistance à l'UERSS est celui des vieilles nations européennes.
L'UERSS pourra toujours compter sur la bourgeoisie française, jamais en retard d'une trahison dès que l'essentiel, c'est-à-dire son patrimoine, est menacé, comme en 1871 quand la Commune voulait défendre Paris au risque de le voir détruit avec tout le joli immobilier qu'il y avait dedans ou en 1940, quand Edouard Herriot les larmes aux yeux suppliait le GQG de déclarer sa bonne ville de Lyon ville ouverte.
Les 76 % de Macron à Versailles, fief de la Manif Pour Tous, suffisent à montrer où sont les vraies priorités de la bourgeoisie française, quand il faut choisir entre le portefeuille et les idées, entre ses intérêts et le pays.
La majorité des grands hommes français récents sont issus de la bourgeoisie mais en opposition plus ou moins forte avec leur classe d'origine.
Quel rapport avec l'indépendance catalane ?
Le marché de l'immobilier étant ce qu'il est, la logique sociale conduit de plus en plus à une séparation territoriale : la bourgeoisie et sa domesticité, à la ville et dans la périphérie proche ; le peuple, à la campagne et dans la périphérie lointaine.
Malheureusement ou heureusement (je ne sais pas), ce découpage est imparfait : il n'y a pas de campagnes sans villes, ni de villes sans bouts de périphérie lointaine. Mais il arrive que la ségrégation soit assez avancée pour que la tentation de découper suivant les pointillés existe. C'est le cas de la Catalogne.
Mais je crois la bourgeoisie française taraudée par une crainte inconsciente. Elle fait un complexe de supériorité : la France est un pays trop petit pour une élite si merveilleuse, d'où son investissement idéologique dans les « machins » supra-nationaux. En même temps (comme dirait l'autre), elle fait un complexe d'infériorité de ne pas être anglo-saxonne, de rester périphérique par rapport aux vrais maître du monde.
Tout cela pour dire quoi ? Que la bourgeoisie française se jettera toujours plus violemment dans les bras de l'UERSS, pour donner des gages de grandeur internationale.
Un motif d'espoir ? Si la ville l'a souvent emporté sur la campagne, il est arrivé en 1871 que la campagne l'emporte sur la ville. Certes, la campagne avait à ce moment là la bourgeoisie de son coté. Mais tout de même, la campagne peut l'emporter sur la ville, car les bourgeois des villes ne sont pas si sûrs d'être à l'aise dans la mondialisation. Ce n'est pas impossible. C'est très difficile, mais pas impossible.
samedi, novembre 04, 2017
Catalogne : fin de la récréation ?
Catalogne : la grande peur des élites européennes
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L’Union européenne, qui avait si ardemment encouragé la dislocation de la Yougoslavie, et si longtemps prôné une « Europe des régions » destinée à affaiblir les Etats, a, tout à coup, perçu le danger : elle ne peut pas se permettre une dislocation de l’Espagne et une fragilisation de toute l’Europe méditerranéenne, dont les économies sont déjà affaiblies par la toute-puissance d’un euro plus fait pour l’Allemagne que pour elles. C’est toute l’Europe occidentale qui en subirait le contrecoup ; la construction européenne pourrait même être remise en cause.
Au même moment, Bruxelles prend conscience qu’il est plus facile de faire appliquer les directives européennes dans un Etat discipliné comme la France que dans quinze länder allemands [drôle de comparaison]: le régionalisme débridé pourrait passer de mode.
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Bref, l'Europe à 95, c'est pas gagné.
Je n'arrive pas à prendre ces histoires catalanes au sérieux. Ca me fait marrer (je m'excuse auprès des Catalans s'il y en a dans la salle). Pour moi, l'indépendantisme catalan est un truc de bobos qui s'emmerdent comme le féminisme est un truc de pétasses bourgeoises désoeuvrées qui veulent faire parler d'elles (Puigdemont, Schiappa, même combat).
Éric Zemmour : "Puigdemont rappellera aux amoureux de l'histoire de France le destin tragi-comique du général Boulanger.
Je ne sais pas si ces pantalonnades finiront bien ou mal, mais ça sera à coup sûr avec un grand éclat de rire de ma part.
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L’Union européenne, qui avait si ardemment encouragé la dislocation de la Yougoslavie, et si longtemps prôné une « Europe des régions » destinée à affaiblir les Etats, a, tout à coup, perçu le danger : elle ne peut pas se permettre une dislocation de l’Espagne et une fragilisation de toute l’Europe méditerranéenne, dont les économies sont déjà affaiblies par la toute-puissance d’un euro plus fait pour l’Allemagne que pour elles. C’est toute l’Europe occidentale qui en subirait le contrecoup ; la construction européenne pourrait même être remise en cause.
Au même moment, Bruxelles prend conscience qu’il est plus facile de faire appliquer les directives européennes dans un Etat discipliné comme la France que dans quinze länder allemands [drôle de comparaison]: le régionalisme débridé pourrait passer de mode.
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Bref, l'Europe à 95, c'est pas gagné.
Je n'arrive pas à prendre ces histoires catalanes au sérieux. Ca me fait marrer (je m'excuse auprès des Catalans s'il y en a dans la salle). Pour moi, l'indépendantisme catalan est un truc de bobos qui s'emmerdent comme le féminisme est un truc de pétasses bourgeoises désoeuvrées qui veulent faire parler d'elles (Puigdemont, Schiappa, même combat).
Éric Zemmour : "Puigdemont rappellera aux amoureux de l'histoire de France le destin tragi-comique du général Boulanger.
Je ne sais pas si ces pantalonnades finiront bien ou mal, mais ça sera à coup sûr avec un grand éclat de rire de ma part.
jeudi, novembre 02, 2017
Crise catalane : entre légalité et légitimité
Crise catalane : entre légalité et légitimité
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Et aujourd'hui, à travers toute l'Europe, les régionalistes indépendantistes appellent haut et fort à la reconnaissance de leurs droits, mais nulle part nous ne les entendons rappeler l'importance de leurs devoirs - cette gigantesque force qui les a portés durant des décennies, voire davantage, qui les ont faits ce qu'ils sont aujourd'hui.
Ils oublient ce qu'ont été les prises de terre durant les siècles passés, et le risque encouru par des régions qui auraient été autonomes, c'est-à-dire dépourvues d'un Etat central puissant pour assurer leur défense. Le système politique, économique et juridique qui protège la Catalogne aujourd'hui, l'autorisant à se rêver indépendante, a été rendu possible par l'Espagne, et par les autres nations européennes. Pas par la Catalogne seule.
Carles Puigdemont ainsi que l'ensemble des catalans gagneraient donc à entamer, déjà, un travail sur la mémoire collective, préalable au dénouement de la crise: oubli des tensions récentes et souvenir des liens constitutifs de l'unité de la nation espagnole.
Mariano Rajoy ainsi que l'ensemble des Espagnols feraient bien de s'y associer.
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La dialectique entre légalité et légitimité devrait être le coeur de tout débat démocratique. Hélas, elle est totalement ignorée, parce qu'au fond parce que nos élites ne veulent pas de débat démocratique.
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Et aujourd'hui, à travers toute l'Europe, les régionalistes indépendantistes appellent haut et fort à la reconnaissance de leurs droits, mais nulle part nous ne les entendons rappeler l'importance de leurs devoirs - cette gigantesque force qui les a portés durant des décennies, voire davantage, qui les ont faits ce qu'ils sont aujourd'hui.
Ils oublient ce qu'ont été les prises de terre durant les siècles passés, et le risque encouru par des régions qui auraient été autonomes, c'est-à-dire dépourvues d'un Etat central puissant pour assurer leur défense. Le système politique, économique et juridique qui protège la Catalogne aujourd'hui, l'autorisant à se rêver indépendante, a été rendu possible par l'Espagne, et par les autres nations européennes. Pas par la Catalogne seule.
Carles Puigdemont ainsi que l'ensemble des catalans gagneraient donc à entamer, déjà, un travail sur la mémoire collective, préalable au dénouement de la crise: oubli des tensions récentes et souvenir des liens constitutifs de l'unité de la nation espagnole.
Mariano Rajoy ainsi que l'ensemble des Espagnols feraient bien de s'y associer.
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La dialectique entre légalité et légitimité devrait être le coeur de tout débat démocratique. Hélas, elle est totalement ignorée, parce qu'au fond parce que nos élites ne veulent pas de débat démocratique.
samedi, octobre 28, 2017
Les indépendantistes bobos et l'agonie de la démocratie en Occident
Les histoires d'indépendances bobos illustrent à la perfection l'agonie des démocraties occidentales par le perfectionnement de la fabrique du consentement.
Prenons l'exemple de la Catalogne. L'indépendantisme y est entièrement bâti sur le mensonge.
Contrairement à ce que racontent les indépendantistes, la culture catalane y est pour majeure partie une création récente du système éducatif, un truc de bobos qui sont allés trop longtemps à l'école, le référendum était le contraire de démocratique (ou alors façon « démocratie populaire »), les Catalans ne sont pas opprimés par l'Espagne, la Catalogne ne peut être indépendante (comment cette région sur-endettée se paierait-elle une armée ?), elle sera juste dépendante d'un maître plus lointain, et l'avenir, si l'on en croit la démographie, est au Califat de Catalogne.
Quelle est la raison profonde de la tentative d'indépendance ? Non pas l'indépendance pour elle-même, mais l'indépendance pour sauver le pouvoir des indépendantistes, qui sont un mélange de sectaires et de corrompus.
Comment en est-on arrivé là ? Par l'usage intensif des techniques modernes de perversion du débat démocratique. La principale est « l'émotisme » : on remplace tout débat rationnel par un échange, potentiellement violent, d'émotions.
Je te jette à la face ma colère de me sentir opprimé, je ne discute plus la réalité de l'oppression. Il est frappant de voir que les indépendantistes utilisent beaucoup ce registre.
Ces techniques de manipulation de l'opinion, issues des travaux des publicitaires et des psychologues, ont mis un siècle à mûrir, elles sont désormais à leur niveau d'efficacité maximale.
This is a bitter day for Spain and Catalonia. The independence saga has no good ending
Le lent déclin de l’esprit démocratique en Europe
Tout cela est possible parce qu'on est dans le domaine de la parlote, manipulé par des bavasseurs professionnels. Mais que la « vraie vie » vienne à se manifester par une guerre, par un désastre, par une invasion et il ne restera rien de la Catalogne indépendante.
Les vieilles nations européennes sont nées de la nécessité historique. Il se pourrait qu'elles disparaissent de ne plus avoir l'énergie d'affronter le tragique de l'histoire.
Car tous les torts ne sont pas du coté indépendantiste catalan : en se faisant la courroie de transmission (comme tous les gouvernements du sud de l'Europe, France incluse) des diktats européistes, berlino-bruxellois, le gouvernement de Madrid a délégitimé l’Etat-nation espagnol.
Déléguer sa souveraineté à Bruxelles et à Francfort est une tentative, vouée à l'échec, de sortir paisiblement de l'histoire. Or, la seule sortie de l'histoire que prépare une telle politique, c'est la disparition, et ce n'est jamais paisible.
Prenons l'exemple de la Catalogne. L'indépendantisme y est entièrement bâti sur le mensonge.
Contrairement à ce que racontent les indépendantistes, la culture catalane y est pour majeure partie une création récente du système éducatif, un truc de bobos qui sont allés trop longtemps à l'école, le référendum était le contraire de démocratique (ou alors façon « démocratie populaire »), les Catalans ne sont pas opprimés par l'Espagne, la Catalogne ne peut être indépendante (comment cette région sur-endettée se paierait-elle une armée ?), elle sera juste dépendante d'un maître plus lointain, et l'avenir, si l'on en croit la démographie, est au Califat de Catalogne.
Quelle est la raison profonde de la tentative d'indépendance ? Non pas l'indépendance pour elle-même, mais l'indépendance pour sauver le pouvoir des indépendantistes, qui sont un mélange de sectaires et de corrompus.
Comment en est-on arrivé là ? Par l'usage intensif des techniques modernes de perversion du débat démocratique. La principale est « l'émotisme » : on remplace tout débat rationnel par un échange, potentiellement violent, d'émotions.
Je te jette à la face ma colère de me sentir opprimé, je ne discute plus la réalité de l'oppression. Il est frappant de voir que les indépendantistes utilisent beaucoup ce registre.
Ces techniques de manipulation de l'opinion, issues des travaux des publicitaires et des psychologues, ont mis un siècle à mûrir, elles sont désormais à leur niveau d'efficacité maximale.
This is a bitter day for Spain and Catalonia. The independence saga has no good ending
Le lent déclin de l’esprit démocratique en Europe
Tout cela est possible parce qu'on est dans le domaine de la parlote, manipulé par des bavasseurs professionnels. Mais que la « vraie vie » vienne à se manifester par une guerre, par un désastre, par une invasion et il ne restera rien de la Catalogne indépendante.
Les vieilles nations européennes sont nées de la nécessité historique. Il se pourrait qu'elles disparaissent de ne plus avoir l'énergie d'affronter le tragique de l'histoire.
Car tous les torts ne sont pas du coté indépendantiste catalan : en se faisant la courroie de transmission (comme tous les gouvernements du sud de l'Europe, France incluse) des diktats européistes, berlino-bruxellois, le gouvernement de Madrid a délégitimé l’Etat-nation espagnol.
Déléguer sa souveraineté à Bruxelles et à Francfort est une tentative, vouée à l'échec, de sortir paisiblement de l'histoire. Or, la seule sortie de l'histoire que prépare une telle politique, c'est la disparition, et ce n'est jamais paisible.
Libellés :
Catalogne,
fabrique du consentement,
règne du mensonge
vendredi, octobre 27, 2017
La désintégration espagnole et l'Euro
Natacha Polony : « Du droit des peuples à disposer d'eux-mêmes »
Il faut bien comprendre le rôle de l'Euro dans la décomposition de l'Etat espagnol. L'Euro a deux effets :
♘ par la concurrence entre régions à l'échelle de l'Europe, il fait diverger les régions et les régions pauvres au sein d'un même pays.
♘ En transformant les Etats du sud de l'Europe en instruments de répression économique et sociale au service de l'européisme, il les délégitime gravement.
Il faut bien comprendre le rôle de l'Euro dans la décomposition de l'Etat espagnol. L'Euro a deux effets :
♘ par la concurrence entre régions à l'échelle de l'Europe, il fait diverger les régions et les régions pauvres au sein d'un même pays.
♘ En transformant les Etats du sud de l'Europe en instruments de répression économique et sociale au service de l'européisme, il les délégitime gravement.
samedi, octobre 14, 2017
Catalogne : une tragédie de grande portée
Catalogne : une tragédie de grande portée
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Non, le projet indépendantiste est un projet négatif. Il vise à construire un « Nous» contre un « Eux » en coupant la société catalane de ses attaches hispaniques, à l'image de ce que fit l'Algérie tranchant ses adhérences culturelles et linguistiques avec la France après l'indépendance. Il ne s'agit pas de promouvoir le catalan (c'est déjà fait depuis longtemps), mais de réduire au silence la langue castillane, aujourd'hui déjà harcelée jusque dans les devantures des commerces. Il ne s'agit pas d'encourager l'expression des traditions locales (elles n'en ont pas besoin), mais de proscrire les us et coutumes hispaniques (les corridas, le flamenco), réputées étrangères au génie catalan, voire à son génome. Il faut faire le tri dans la mémoire collective en en chassant l'héritage espagnol, assimilé à l'arriération et au franquisme.
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Rappelons que ces conneries catalanes sont possibles parce que, comme De Gaulle en son temps, le pouvoir espagnol a abandonné le système éducatif aux doctrinaires gauchistes.
Maintenant, que va-t-il en sortir pour un Français qui n'en a rien à foutre de la Catalogne et des petites ambitions des petits indépendantistes ?
Je ne sais pas. Le plus clair à mes yeux est que l'indépendance de la Catalogne ferait sauter peut-être l'Euro et c'est bien.
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Non, le projet indépendantiste est un projet négatif. Il vise à construire un « Nous» contre un « Eux » en coupant la société catalane de ses attaches hispaniques, à l'image de ce que fit l'Algérie tranchant ses adhérences culturelles et linguistiques avec la France après l'indépendance. Il ne s'agit pas de promouvoir le catalan (c'est déjà fait depuis longtemps), mais de réduire au silence la langue castillane, aujourd'hui déjà harcelée jusque dans les devantures des commerces. Il ne s'agit pas d'encourager l'expression des traditions locales (elles n'en ont pas besoin), mais de proscrire les us et coutumes hispaniques (les corridas, le flamenco), réputées étrangères au génie catalan, voire à son génome. Il faut faire le tri dans la mémoire collective en en chassant l'héritage espagnol, assimilé à l'arriération et au franquisme.
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Rappelons que ces conneries catalanes sont possibles parce que, comme De Gaulle en son temps, le pouvoir espagnol a abandonné le système éducatif aux doctrinaires gauchistes.
Maintenant, que va-t-il en sortir pour un Français qui n'en a rien à foutre de la Catalogne et des petites ambitions des petits indépendantistes ?
Je ne sais pas. Le plus clair à mes yeux est que l'indépendance de la Catalogne ferait sauter peut-être l'Euro et c'est bien.
Libellés :
Catalogne,
saloperies gauchistes
dimanche, octobre 08, 2017
jeudi, octobre 05, 2017
Quelques articles sur la Catalogne
Ces histoires d’indépendance catalane m’intriguent beaucoup.
Il y a un tas de faits dérangeants.
Les leaders indépendantistes sont presque tous passés par des universités américaines. Le représentant catalan aux Etats-Unis s’appelle Andrew Davis, c’est vachement catalan comme nom ! Et puis la Catalogne s’islamise à la vitesse grand V. Au moins, en Corse, le premier graffiti que j’ai vu est « Arabi fora » et je n’ai pas eu besoin de traducteur pour m’explique que ça ne voulait pas dire « bienvenue aux arabes » mais, au moins, c’est cohérent : quand on veut foutre les Français dehors, on veut aussi foutre les arabes dehors. Pas en Catalogne : être « colonisé » par les Espagnols, c’est l’horreur absolue, mais être colonisé par les Américains et les arables, pas de problème. Ca a de quoi interroger un esprit logique qui considère qu'une porte doit être ouverte ou fermée et une identité défendue ou abandonnée.
Excellent article sur DeDefensa. John Laughland est un ancien diplomate anglais. Il explique très bien que, jusqu'à la catastrophe du Kosovo, la déclaration d'indépendance unilatérale était illégale au regard du droit international (excepté dans les cas d'oppression manifeste).
Un exercice en autodestruction
Une perspective historique :
COMPRENDRE LA QUESTION CATALANE
Pourquoi la Catalogne pourrait bien être le poison lent qui asphyxie l’Europe (et non, on ne parle pas que de "l’exemple" donné à La Flandre ou autre Padanie, loin de là)
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Le referendum a vu le oui l'emporter à 90%. Carles Puigdemont, président de la Catalogne, affirme même que l'indépendance sera proclamée la semaine prochaine. Comment l'Union Européenne doit réagir? Doit-elle respecter l'aspiration démocratique du peuple catalan ou respecter la légalité des structures étatiques en place?
Edouard Husson : Permettez-moi de formuler les choses autrement. La légitimité est à première vue du côté de l'Etat espagnol. Le référendum a été tenu de manière illégale. Et les 90% invoqués par Carles Puigdemont ne représentent pas une majorité des inscrits. Le roi d'Espagne ne réagit pas de manière surprenante lorsqu'il se pose en garant de l'union indéfectible entre la monarchie, l'Etat de droit et la démocratie. Et pourtant l'opinion internationale a été étonnée de la prise de position de Philippe VI. Ce n'est pas seulement que la réaction du gouvernement espagnol vis-à-vis des Catalans allant voter, par police interposée, apparaisse inutilement violente. C'est que, plus profondément, le gouvernement espagnol est complice de la machine à discipliner les peuples et stériliser leur créativité qu'est l'euro. Regardez où nous en sommes arrivés, nous autres Européens. Nos Etats sont prêts à un grand degré de violence contre leurs peuples. Le matraquage d'électeurs pacifiques est disproportionné même si l'on juge - c'est mon cas - que le referendum de dimanche ne repose sur aucune base légale. Mais l'Etat espagnol n'exerce-t-il pas, depuis le début de la décennie une grande violence vis-à-vis de toute l'Espagne en maintenant la discipline absurde de la monnaie unique, tout à fait inadaptée à une sortie de la crise économique et financière internationale. L'Espagne est devenue un microcosme de l'Europe au plan régional. Elle a sa région qui a réussi dans le système de la monnaie unique, la Catalogne, et qui veut pas payer pour les autres qui se débrouillent moins bien dans un système où l'Allemagne interdit la flexibilité monétaire comme variable d'ajustement de l'économie. L''obstination des leaders du mouvement indépendantiste à tenir le référendum contre la volonté du gouvernement espagnol le range du côté de tous ces Européens nantis et inconscients de la profonde injustice sociale qui s'est mise en place à l'échelle de la zone euro.
On ne joue pas avec la souveraineté sans risquer de déclencher de grands malheurs. La crise espagnole n'est pas simplement le face-à-face entre un gouvernement central et un mouvement autonomiste qui se radicalise. Il est l'aboutissement de l'insoutenable légèreté de l'Union Européenne, dont les dirigeants croient depuis vingt-cinq ans que l'on peut décider, au nom d'un système qui n'est cohérent qu'en apparence, de créer une union monétaire sans avoir créé une union politique au préalable. Allons jusqu'au bout de l'analyse: l'union monétaire ne fonctionne pas ni sur le plan des résultats économiques ni sur le plan de l'adhésion populaire.
L'Euroland s'est donc durci, imposant un véritable pouvoir de coercition dont les gouvernements nationaux se font le relais. Madrid fait taper sans retenue sur les indépendantistes catalans comme s'il fallait compenser toute la pression subie de la part du pouvoir européen - du triangle du pouvoir européen actuel: Berlin-Francfort-Bruxelles. Les indépendantistes catalans comme boucs émissaires de la crise espagnole? Le système de l'euroland est profondément injuste parce qu'il a, en quelque sorte figé les situations à un moment donné, entre gagnants et perdants d'une extension à toute l'Europe de la régulation monétaire à l'allemande. Pour des raisons qu'il serait trop long d'expliquer ici, les Catalans s'y trouvent très à l'aise, ce qui est moins le cas des Castillans et des Andalous. Les Catalans ont plutôt tendance à s'enrichir tandis que les autres, en Espagne, ont tendance à stagner ou s'appauvrir. Les Catalans ont un réflexe de riches, de rentiers que le spectacle de la pauvreté environnante insupporte et qu'ils veulent mettre hors de vue. Les indépendantistes catalans ne veulent plus se contenter de la très forte autonomie dont ils disposent déjà; ils font de l'indépendance une question de principe; ils veulent rompre les amarres avec toute solidarité entre régions d'Espagne. Au fond, les équipes dirigeantes de Barcelone et celle de Madrid sont d'accord pour garder l'euro quel qu'en soit le coût social: et Madrid est enragé de constater que Barcelone n'est plus prête à l'aider dans le maintien du système de coercition sociale. On voit bien ce que qui gêne dans le discours de Philippe VI. On rêve d'une autorité morale qui, dans le même discours, dénoncerait l'égoïsme des classes supérieures catalanes, rappellerait à l'Europe les souffrances sociales de l'Espagne - qui n'épargnent pas "la Catalogne d'en bas" - et en appellerait à une grande manifestation de solidarité à travers toute l'Espagne avec les petits et les humbles pour refonder l'unité nationale, la prospérité et la solidarité. Mais aucune voix forte ne s'est dressée en Europe.
L'Eglise catholique pourrait jouer ce rôle mais le pape François est un penseur abstrait, pétri de bons sentiments mais coupé des réalités économiques et sociales à la différence des papes du XXe siècle; et je ne connais pas assez l'épiscopat espagnol pour savoir si nous pouvons attendre qu'une voix forte s'élève. Plus généralement, les dirigeants de l'Union Européenne sont trop structurellement impliqués dans le durcissement de la crise pour aider à la résoudre. Quelle réponse crédible l'UE peut-elle apporter? Si elle ne prend pas la défense des indépendantistes catalans, elle aura l'air de trahir sa propre cause. Si elle ne respecte pas la souveraineté espagnole, elle ébranlera un peu plus ce qui fait sa propre légitimité: la confiance que les Etats souverains ont mise en l'Union à laquelle ils ont délégué, pour le pire, l'exercice d'une partie de leur souveraineté. En même temps qu'à une crise espagnole très sévère, nous assistons au début de l'agonie de l'Union Européenne. Nul ne peut dire à quelle vitesse la crise européenne générale va s'enclencher. Mais elle est inévitable.
*************
Catalogne : la nation déchirée
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JB Noé : Mon premier contact avec le nationalisme catalan eut lieu il y a deux ans. J’envoyais un courriel à un professeur d’université à Barcelone, rédigé en espagnol. Celui-ci me répondit en catalan. Nous poursuivîmes donc la conversation en anglais. Cette anecdote est révélatrice des impasses du nationalisme catalan. Il est devenu une idéologie portée jusqu’à l’absurde (répondre en catalan à un locuteur français qui forcément ne maîtrise pas cette langue par refus d’utiliser l’espagnol, que le professeur en question maîtrise parfaitement) pour aboutir à une autre forme de domination (symbolisée par l’usage de l’anglais). La Catalogne est déchirée et il n’y a plus de dialogue possible entre les indépendantistes et le reste de l’Espagne.
[…]
Malheur aux Catalans qui ne sont pas indépendantistes : ils sont brimés et, dans les administrations, leur progression professionnelle est arrêtée. La région ne semble plus qu’avoir une seule obsession en tête : l’indépendance.
L’indépendance ou l’hubris en action
La passion indépendantiste a rejoint les sommets de l’hubris, la démesure décrite par les Grecs comme étant déraisonnable et coupée du logos, de la raison. Impossible d’échanger avec un Catalan indépendantiste sur le sujet. Quand on leur demande quelle constitution ils prévoient en cas d’indépendance, comment ils feront pour assurer les services régaliens d’un État (diplomatie, armée, police, douane), ce qu’ils feront aussi lorsqu’ils auront quitté l’Union européenne, quelle monnaie ils prendront en place de l’euro, il n’y a aucune réponse. Les indépendantistes ne parlent que de passions, de luttes, d’oppression, mais ils n’ont aucun sens des réalités concrètes d’une indépendance ni des obligations dévolues aux États. Face à cette absence totale de dialogue, on comprend que la situation avec le gouvernement central soit bloquée. Madrid essaye de rester dans le domaine du droit, de rappeler que la tenue de ce référendum est illégale et qu’il ne respecte ni la constitution espagnole ni les lois votées par la Generalitat. Mais dans les villes en-dehors de Barcelone cela fait longtemps que les panneaux écrits en espagnol ont été retirés pour être remplacés par des panneaux en catalan.
[…]
La gauche extrême est prête à enclencher cette violence.
Le terrorisme n’est jamais loin de la criminalité vénale. Si l’on commence à commettre des attentats pour des motifs politiques, on les poursuit pour des motifs financiers, sous couverture politique. Les Farcs contrôlent le trafic de drogue, les mafias albanaises ont fait du Kosovo leur base arrière, les terroristes basques se sont enrichis dans le trafic d’armes. Il en ira de même pour les éventuels terroristes catalans. Une alliance financière avec les islamistes n’est pas à exclure. La Catalogne, via le port de Barcelone, pourrait ainsi devenir une plaque tournante de l’entrée de la drogue en Europe. Les réseaux existent déjà vers le Maroc. Il faudra peu de chose pour les activer et pour relancer la chaine de la violence en Espagne. Ce sujet concerne directement la France. Outre que nous avons une frontière commune, les indépendantistes souhaitent l’indépendance de la Catalogne française. Nos insoumis français ont pris Podemos comme modèle et sont prêts à s’allier avec la CUP. Ce qui se joue en Espagne dépasse donc largement ses frontières.
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Et moi, quelle est mon opinion ?
D'abord, je n'en ai rien à foutre, de la Catalogne et des Catalans. Je ne suis pas de ceux qui se préoccupent des Tartares pour ne pas avoir à aimer leurs voisins. Que les Espagnols prennent leurs responsabilités. Je ne vais pas aller leur expliquer ce qu'ils doivent faire.
Ce mélodrame catalan ne m'intéresse donc que dans la mesure où il a un impact sur la France.
Les indépendantistes catalans sont des petits mecs (mille anecdotes comme celle de JB Noé le prouvent) qui ne méritent rien d'autre que le mépris (d'autant plus qu'ils se mêlent d'exporter leur indépendantisme en Roussillon français : un grand coup de pied au cul, voilà ce qui leur faut). Et Dieu sait si les minables sans scrupules prennent partout le pouvoir.
A l'évidence, l'indépendance catalane représenterait une grande victoire pour tous ceux (islamistes, européistes, américains, gauchistes) qui rêvent d'assassiner les vieilles nations européennes.
D'autre coté, l'indépendance catalane, forcément chaotique, entrainerait, presque à coup sûr, un éclatement de l'Euro que j'appelle de mes voeux.
Alors, je ne sais pas ce que je préfère, mais je sais que j'ai peur.
Contrairement à ce que croient les cons, l'histoire ne s'arrête pas et elle est tragique. Comme l'écrit avec sagesse Edouard Husson, on ne joue pas impunément avec la souveraineté. L'histoire s'apprête à nous présenter la note et elle va être salée. Elle pèsera son poids de larmes, de sang et de misère, et les morts ne se relèveront pas à la fin.
Il y a un tas de faits dérangeants.
Les leaders indépendantistes sont presque tous passés par des universités américaines. Le représentant catalan aux Etats-Unis s’appelle Andrew Davis, c’est vachement catalan comme nom ! Et puis la Catalogne s’islamise à la vitesse grand V. Au moins, en Corse, le premier graffiti que j’ai vu est « Arabi fora » et je n’ai pas eu besoin de traducteur pour m’explique que ça ne voulait pas dire « bienvenue aux arabes » mais, au moins, c’est cohérent : quand on veut foutre les Français dehors, on veut aussi foutre les arabes dehors. Pas en Catalogne : être « colonisé » par les Espagnols, c’est l’horreur absolue, mais être colonisé par les Américains et les arables, pas de problème. Ca a de quoi interroger un esprit logique qui considère qu'une porte doit être ouverte ou fermée et une identité défendue ou abandonnée.
Excellent article sur DeDefensa. John Laughland est un ancien diplomate anglais. Il explique très bien que, jusqu'à la catastrophe du Kosovo, la déclaration d'indépendance unilatérale était illégale au regard du droit international (excepté dans les cas d'oppression manifeste).
Un exercice en autodestruction
Une perspective historique :
COMPRENDRE LA QUESTION CATALANE
Pourquoi la Catalogne pourrait bien être le poison lent qui asphyxie l’Europe (et non, on ne parle pas que de "l’exemple" donné à La Flandre ou autre Padanie, loin de là)
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Le referendum a vu le oui l'emporter à 90%. Carles Puigdemont, président de la Catalogne, affirme même que l'indépendance sera proclamée la semaine prochaine. Comment l'Union Européenne doit réagir? Doit-elle respecter l'aspiration démocratique du peuple catalan ou respecter la légalité des structures étatiques en place?
Edouard Husson : Permettez-moi de formuler les choses autrement. La légitimité est à première vue du côté de l'Etat espagnol. Le référendum a été tenu de manière illégale. Et les 90% invoqués par Carles Puigdemont ne représentent pas une majorité des inscrits. Le roi d'Espagne ne réagit pas de manière surprenante lorsqu'il se pose en garant de l'union indéfectible entre la monarchie, l'Etat de droit et la démocratie. Et pourtant l'opinion internationale a été étonnée de la prise de position de Philippe VI. Ce n'est pas seulement que la réaction du gouvernement espagnol vis-à-vis des Catalans allant voter, par police interposée, apparaisse inutilement violente. C'est que, plus profondément, le gouvernement espagnol est complice de la machine à discipliner les peuples et stériliser leur créativité qu'est l'euro. Regardez où nous en sommes arrivés, nous autres Européens. Nos Etats sont prêts à un grand degré de violence contre leurs peuples. Le matraquage d'électeurs pacifiques est disproportionné même si l'on juge - c'est mon cas - que le referendum de dimanche ne repose sur aucune base légale. Mais l'Etat espagnol n'exerce-t-il pas, depuis le début de la décennie une grande violence vis-à-vis de toute l'Espagne en maintenant la discipline absurde de la monnaie unique, tout à fait inadaptée à une sortie de la crise économique et financière internationale. L'Espagne est devenue un microcosme de l'Europe au plan régional. Elle a sa région qui a réussi dans le système de la monnaie unique, la Catalogne, et qui veut pas payer pour les autres qui se débrouillent moins bien dans un système où l'Allemagne interdit la flexibilité monétaire comme variable d'ajustement de l'économie. L''obstination des leaders du mouvement indépendantiste à tenir le référendum contre la volonté du gouvernement espagnol le range du côté de tous ces Européens nantis et inconscients de la profonde injustice sociale qui s'est mise en place à l'échelle de la zone euro.
On ne joue pas avec la souveraineté sans risquer de déclencher de grands malheurs. La crise espagnole n'est pas simplement le face-à-face entre un gouvernement central et un mouvement autonomiste qui se radicalise. Il est l'aboutissement de l'insoutenable légèreté de l'Union Européenne, dont les dirigeants croient depuis vingt-cinq ans que l'on peut décider, au nom d'un système qui n'est cohérent qu'en apparence, de créer une union monétaire sans avoir créé une union politique au préalable. Allons jusqu'au bout de l'analyse: l'union monétaire ne fonctionne pas ni sur le plan des résultats économiques ni sur le plan de l'adhésion populaire.
L'Euroland s'est donc durci, imposant un véritable pouvoir de coercition dont les gouvernements nationaux se font le relais. Madrid fait taper sans retenue sur les indépendantistes catalans comme s'il fallait compenser toute la pression subie de la part du pouvoir européen - du triangle du pouvoir européen actuel: Berlin-Francfort-Bruxelles. Les indépendantistes catalans comme boucs émissaires de la crise espagnole? Le système de l'euroland est profondément injuste parce qu'il a, en quelque sorte figé les situations à un moment donné, entre gagnants et perdants d'une extension à toute l'Europe de la régulation monétaire à l'allemande. Pour des raisons qu'il serait trop long d'expliquer ici, les Catalans s'y trouvent très à l'aise, ce qui est moins le cas des Castillans et des Andalous. Les Catalans ont plutôt tendance à s'enrichir tandis que les autres, en Espagne, ont tendance à stagner ou s'appauvrir. Les Catalans ont un réflexe de riches, de rentiers que le spectacle de la pauvreté environnante insupporte et qu'ils veulent mettre hors de vue. Les indépendantistes catalans ne veulent plus se contenter de la très forte autonomie dont ils disposent déjà; ils font de l'indépendance une question de principe; ils veulent rompre les amarres avec toute solidarité entre régions d'Espagne. Au fond, les équipes dirigeantes de Barcelone et celle de Madrid sont d'accord pour garder l'euro quel qu'en soit le coût social: et Madrid est enragé de constater que Barcelone n'est plus prête à l'aider dans le maintien du système de coercition sociale. On voit bien ce que qui gêne dans le discours de Philippe VI. On rêve d'une autorité morale qui, dans le même discours, dénoncerait l'égoïsme des classes supérieures catalanes, rappellerait à l'Europe les souffrances sociales de l'Espagne - qui n'épargnent pas "la Catalogne d'en bas" - et en appellerait à une grande manifestation de solidarité à travers toute l'Espagne avec les petits et les humbles pour refonder l'unité nationale, la prospérité et la solidarité. Mais aucune voix forte ne s'est dressée en Europe.
L'Eglise catholique pourrait jouer ce rôle mais le pape François est un penseur abstrait, pétri de bons sentiments mais coupé des réalités économiques et sociales à la différence des papes du XXe siècle; et je ne connais pas assez l'épiscopat espagnol pour savoir si nous pouvons attendre qu'une voix forte s'élève. Plus généralement, les dirigeants de l'Union Européenne sont trop structurellement impliqués dans le durcissement de la crise pour aider à la résoudre. Quelle réponse crédible l'UE peut-elle apporter? Si elle ne prend pas la défense des indépendantistes catalans, elle aura l'air de trahir sa propre cause. Si elle ne respecte pas la souveraineté espagnole, elle ébranlera un peu plus ce qui fait sa propre légitimité: la confiance que les Etats souverains ont mise en l'Union à laquelle ils ont délégué, pour le pire, l'exercice d'une partie de leur souveraineté. En même temps qu'à une crise espagnole très sévère, nous assistons au début de l'agonie de l'Union Européenne. Nul ne peut dire à quelle vitesse la crise européenne générale va s'enclencher. Mais elle est inévitable.
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Catalogne : la nation déchirée
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JB Noé : Mon premier contact avec le nationalisme catalan eut lieu il y a deux ans. J’envoyais un courriel à un professeur d’université à Barcelone, rédigé en espagnol. Celui-ci me répondit en catalan. Nous poursuivîmes donc la conversation en anglais. Cette anecdote est révélatrice des impasses du nationalisme catalan. Il est devenu une idéologie portée jusqu’à l’absurde (répondre en catalan à un locuteur français qui forcément ne maîtrise pas cette langue par refus d’utiliser l’espagnol, que le professeur en question maîtrise parfaitement) pour aboutir à une autre forme de domination (symbolisée par l’usage de l’anglais). La Catalogne est déchirée et il n’y a plus de dialogue possible entre les indépendantistes et le reste de l’Espagne.
[…]
Malheur aux Catalans qui ne sont pas indépendantistes : ils sont brimés et, dans les administrations, leur progression professionnelle est arrêtée. La région ne semble plus qu’avoir une seule obsession en tête : l’indépendance.
L’indépendance ou l’hubris en action
La passion indépendantiste a rejoint les sommets de l’hubris, la démesure décrite par les Grecs comme étant déraisonnable et coupée du logos, de la raison. Impossible d’échanger avec un Catalan indépendantiste sur le sujet. Quand on leur demande quelle constitution ils prévoient en cas d’indépendance, comment ils feront pour assurer les services régaliens d’un État (diplomatie, armée, police, douane), ce qu’ils feront aussi lorsqu’ils auront quitté l’Union européenne, quelle monnaie ils prendront en place de l’euro, il n’y a aucune réponse. Les indépendantistes ne parlent que de passions, de luttes, d’oppression, mais ils n’ont aucun sens des réalités concrètes d’une indépendance ni des obligations dévolues aux États. Face à cette absence totale de dialogue, on comprend que la situation avec le gouvernement central soit bloquée. Madrid essaye de rester dans le domaine du droit, de rappeler que la tenue de ce référendum est illégale et qu’il ne respecte ni la constitution espagnole ni les lois votées par la Generalitat. Mais dans les villes en-dehors de Barcelone cela fait longtemps que les panneaux écrits en espagnol ont été retirés pour être remplacés par des panneaux en catalan.
[…]
La gauche extrême est prête à enclencher cette violence.
Le terrorisme n’est jamais loin de la criminalité vénale. Si l’on commence à commettre des attentats pour des motifs politiques, on les poursuit pour des motifs financiers, sous couverture politique. Les Farcs contrôlent le trafic de drogue, les mafias albanaises ont fait du Kosovo leur base arrière, les terroristes basques se sont enrichis dans le trafic d’armes. Il en ira de même pour les éventuels terroristes catalans. Une alliance financière avec les islamistes n’est pas à exclure. La Catalogne, via le port de Barcelone, pourrait ainsi devenir une plaque tournante de l’entrée de la drogue en Europe. Les réseaux existent déjà vers le Maroc. Il faudra peu de chose pour les activer et pour relancer la chaine de la violence en Espagne. Ce sujet concerne directement la France. Outre que nous avons une frontière commune, les indépendantistes souhaitent l’indépendance de la Catalogne française. Nos insoumis français ont pris Podemos comme modèle et sont prêts à s’allier avec la CUP. Ce qui se joue en Espagne dépasse donc largement ses frontières.
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Et moi, quelle est mon opinion ?
D'abord, je n'en ai rien à foutre, de la Catalogne et des Catalans. Je ne suis pas de ceux qui se préoccupent des Tartares pour ne pas avoir à aimer leurs voisins. Que les Espagnols prennent leurs responsabilités. Je ne vais pas aller leur expliquer ce qu'ils doivent faire.
Ce mélodrame catalan ne m'intéresse donc que dans la mesure où il a un impact sur la France.
Les indépendantistes catalans sont des petits mecs (mille anecdotes comme celle de JB Noé le prouvent) qui ne méritent rien d'autre que le mépris (d'autant plus qu'ils se mêlent d'exporter leur indépendantisme en Roussillon français : un grand coup de pied au cul, voilà ce qui leur faut). Et Dieu sait si les minables sans scrupules prennent partout le pouvoir.
A l'évidence, l'indépendance catalane représenterait une grande victoire pour tous ceux (islamistes, européistes, américains, gauchistes) qui rêvent d'assassiner les vieilles nations européennes.
D'autre coté, l'indépendance catalane, forcément chaotique, entrainerait, presque à coup sûr, un éclatement de l'Euro que j'appelle de mes voeux.
Alors, je ne sais pas ce que je préfère, mais je sais que j'ai peur.
Contrairement à ce que croient les cons, l'histoire ne s'arrête pas et elle est tragique. Comme l'écrit avec sagesse Edouard Husson, on ne joue pas impunément avec la souveraineté. L'histoire s'apprête à nous présenter la note et elle va être salée. Elle pèsera son poids de larmes, de sang et de misère, et les morts ne se relèveront pas à la fin.
mardi, octobre 03, 2017
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