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mardi, août 16, 2022

Les maîtres de la manipulation. Un siècle de persuasion de masse (D. Colon).

Connaitre la manipulation de masse : un devoir du citoyen du XXIème siècle

La manipulation, c'est vous entrainer sans votre consentement à adopter un comportement qui profite au manipulateur.

Le psychologue de génie Milton Erickson qui fait arrêter un étudiant de fumer en une heure ne le manipule pas, car il a bien pris le temps de vérifier que celui-ci voulait vraiment arrêter de fumer.

Inversement, la publicité qui vous fait acheter un objet qui restera au placard au bout d'une semaine d'usage vous manipule.

La manipulation de masse est si présente de nos jours que l'honnête homme du XXIème siècle doit connaître son existence (c'est vraiment le minimum) mais également avoir un peu de connaissances de ses techniques.

Le premier point à comprendre : la manipulation de masse n'est pas un sport d'amateurs, c'est un métier de professionnels avec ses techniques et sa doctrine. Ici est l'asymétrie fondamentale : ils sont payés à plein temps (souvent très cher) pour nous manipuler et, en gros, nous l'ignorons (qui est capable de citer le nom d'une seule firme de « relations publiques » ?).

Chaque fois que vous ouvrez la radio, la télévision ou le journal, vous devriez vous dire : « Bon, je vais me faire manipuler ».

Le délire covidiste n'est que cela : de la manipulation de masse du matin au soir depuis dix-huit mois.

Par exemple, je suis prêt à parier un an, ou même dix ans (je m'en fous, j'en suis sûr), de salaire que l'expression « épidémie de non-vaccinés » est sortie d'une de ces officines de « relations publiques » dont Volkoff décrivait déjà il y a vingt ans le rôle très actif dans la guerre du Kosovo.

Mais je n'ai jamais réussi à lire un traité de manipulation jusqu'au bout, ça me brouille vite l'écoute, ce n'est pas mon caractère.

C'est pourquoi j'ai choisi ce livre, plus historique et biographique que technique.

C'est une suite chronologique de portraits de manipulateurs professionnels.

20 portraits

Qu'on les appelle « conseiller en relations publiques », « communicant » ou « publicitaire » et même s'ils vont à la messe tous les dimanches et portent un noeud papillon, les manipulateurs professionnels sont obligatoirement d'immondes salauds, parce qu'ils ont choisi de faire de la tromperie et du mensonge leur métier (souvent très lucratif).

La plupart ont du sang sur les mains (par exemple, Edward Bernays, qui a mis le tabagisme féminin à la mode), bien plus que beaucoup de tyrans (manipulateurs professionnels et tyrans font d'ailleurs très bon  ménage).

On dit qu'il n'y a pas de sot métier. C'est possible, mais il y a des métiers déshonorants, publicitaire et communicant en font partie.

Nous voilà donc devant 20 portraits de manipulateurs (dont Walt Disney, Frank Capra et Mark Zuckerberg). On retrouve bien évidemment Bernays, Goebbels, Lin Biao.

D. Colon montre la généalogie et les liens logiques qui unissent ses monstres : la société fondée par Hill, qui a réussi a transformé des mineurs mitraillés lors d'une grève en coupables aux yeux de l'opinion en 1907, est choisie par la famille royale koweitienne pour « vendre » la première guerre du Golfe en 1990.

On peut voir Hollywood comme une gigantesque machine à biaiser les perceptions et donc à manipuler (en 1945, 70 % des Français estimaient que l'URSS était le principal contributeur de la victoire. En 2020, 70 % estiment que ce sont les Etats-Unis. Hollywood est passé par là (1)).

Il est à remarquer que l'auteur lui-même, professeur à Sciences-Po, est clairement de gauche sans jamais le dire. Manipule-t-il le lecteur ?

Je vous picore quelques portraits au hasard de la lecture.

George Creel

La commission Creel est un tournant très important de la manipulation d'opinion, en quelque sorte son industrialisation.

George Creel est un journaliste démocrate, dénonçant les techniques de manipulation de l'opinion qui devient, à la demande du président Wilson, manipulateur d'opinion.

Il est chargé de « vendre » l'entrée en guerre des Etats-Unis en 1917 à une opinion très réticente (quand je vous dis qu'ils ont du sang sur les mains).

Il développe à grande échelle une technique devenue classique (et bien connue de Big Pharma) : jouer sur la paresse des journalistes et leur fournir clés en mains des articles aux apparences factuelles, neutres, objectives, voire scientifiques.

La commission Creel fournira des milliers d'articles de cette sorte.

Il fait aussi feu de tous bois : affiches (la célèbre affiche I want you), chansons, films, conférences ...

Il invente les 4-minute men, 70 000 personnes entrainées à faire des discours de 4 minutes en n'importe quelles circonstances (réunion de boulistes, remise des prix à l'école etc.) pour vanter les mérites de la guerre.

C'est un succès : en moins de six mois, l'opinion américaine est complètement retournée.

Vous serez surpris (ou pas !) d'apprendre que Hitler et Goebbels se sont passionnés pour les travaux de la commission Creel.

Albert Lasker

Alors, lui, c'est un gratiné.

Il perfectionne les techniques de Creel.

Notamment, il invente la boucle publicitaire : sortir une publicité et faire des sondages pour mesurer comment elle est reçue.

En matière de sang sur les mains, il se pose un peu là : en tant que chef de la propagande républicaine, il est directement responsable de la non-ratification du traité de Versailles par l'Amérique, donc indirectement responsable de la seconde guerre mondiale.

Et il est le premier grand publicitaire de l'industrie du tabac.

Il est d'une particulière malhonnêteté, il n'hésite pas à répondre de purs mensonges.

On notera que, longtemps, ses adversaires démocrates ignorent même son existence.

Edward Bernays

Lui, c'est pourri de chez pourri.

Double neveu de Freud, par son père et par sa mère, il utilise les théories de son oncle pour faire du fric en manipulant le public. Celui-ci lui a écrit plusieurs fois qu'il désapprouvait son choix professionnel.

Exemple : il comprend que la cigarette est un symbole phallique. Pour faire fumer les femmes, il présente le tabagisme féminin comme une conquête sur les hommes. Il subventionne  les féministes, qui, incidemment, popularisent la cigarette. Succès total.

C'est un enculé de première grandeur : ils payent des médecins pour vanter les bienfaits de la cigarette (hé oui, les médecins sont corruptibles. Etonnant, non ?) et discréditer ceux qui parlent de cancer. Il prétendra toute sa vie qu'il n'était pas conscient des méfaits du tabac et, pourtant, il a très fortement découragé son épouse de fumer.

Sa spécialité, c'est l'indirect, l'association ou la société écran, l'argument d'autorité, faussement neutre, faussement scientifique. Il ne vante jamais le produit mais créée une mode qui va faire vendre le produit.

Commandité par une société de bacon, il embauche des médecins pour faire la pub du petit déjeuner copieux. Commandité par une société qui fabrique des filets pour cheveux, il fait une campagne sur la sécurité au travail.

D'ailleurs,  en nos temps de COVID, nous connaissons cette technique indirecte par coeur : qu'est-ce que l'OMS, si ce n'est une organisation écran, faussement neutre et faussement technique, qui justifie par son « expertise », le délire vaccinolâtre de nos gouvernants au service de Pfizer et compagnie ?

« Faut vous vacciner. Ce n'est pas moi qui le dis, c'est l'OMS. » Je suis désolé que beaucoup de mes contemporains crédules tombent dans ce panneau. Les « complotistes » sont sensibles à d'autres manipulations, Style Qanon, mais, au moins, ils n'ont pas cette naïveté.

Bernays est un des pères de l'expression « la fabrique du consentement ».

David Ogilvy

Le pape de l'économétrie en publicité : sondages, panels, tests, etc.

Il introduit la technique A/B : 100 000 exemplaires d'un magazine avec une publicité A, 100 000 exemplaires avec une publicité B et on mesure laquelle fonctionne le mieux grâce à une petite différence dans le bon de commande.

Cette technique est omniprésente sur internet : quand nous nous connectons à un site, il est probable que nous n'avons pas exactement la même interface que notre voisin et qu'on mesure la différence de réactions entre nous deux.

Ogilvy a une particularité notable dans le monde des publicitaires : il utilise les produits de ses clients ! Et refuse les clients qui ne lui plaisent pas.

Autre chose : Ogilvy considérait que la télévision comme une menace pour la démocratie.

C'est le seul manipulateur presque honnête de tous ces portraits.

John Hill

Encore un enculé de niveau olympique.

C'est lui que les marchands de tabac embauchent en 1953 pour contrer les gens qui disent que le tabac provoque le cancer.

Il décide de la stratégie consistant à ne pas s'opposer frontalement, à tout embrouiller, à semer le doute, à l'aide de médecins corrompus (oh ! Quelle surprise ! Les médecins sont corruptibles !).

Il a des milliers de morts sur ce qui lui tient lieu de conscience.

Sa firme Hill & Knowlton existe toujours et est l'une des plus prospères. La crime paye.

Mark Zuckerberg

David Colon est sans aucune ambiguïté : Mark Zuckerberg est la plus grand manipulateur de l'histoire.

Pour plusieurs raisons :

1) sa manipulation est la plus cachée. Quelqu'un de pas trop bête peut avoir conscience d'être manipulé par Goebbels ou par un publicitaire, mais il est douteux que les utilisateurs de Facebook se connectent en se disant « Allons faire un tour dans les griffes du plus grand manipulateur de l'histoire ».

Comme Google, sa manipulation la plus puissante est totalement invisible : le tunnel relationnel, la bulle mentale, qui est une authentique prison. Facebook et Google ne nous font jamais des propositions neutres. Ils nous proposent toujours des choses adaptées à nos goûts.

Si mon copain facho et mon copain mélenchoniste recherchent « Zemmour » sur Google, ils n'obtiendront pas le même résultat, Facebook ne leur proposera pas les mêmes articles.

A cela, je mets un bémol : il y a beaucoup de gens qui n'ont pas Face de Bouc, parce que, sans faire un raisonnement aussi précis sur la manipulation, ils sentent que c'est un truc vicieux fait par des vicieux.

2) Ses outils sont les plus puissants jamais conçus. Une enquête sénatoriale a révélé que Facebook est capable de tracer certains de vos clics même quand vous n'y êtes pas connecté. Quand à tracer toutes vos allers-et-venues, c'est un jeu d'enfant.

La masse de données de Facebook est non seulement la plus étendue et la plus individualisée de l'histoire, mais les outils pour l'exploiter sont perfectionnés en permanence.

3) Sa cible est de très très loin la plus vaste de toute l'histoire.


Richard Thaler

C'est l'inventeur du nudge, le coup de pouce. Il a eu un prix Nobel d'économie pour cela.

Cela consiste à faire adopter un comportement aux gens en modifiant leur perception.

L'exemple typique, c'est de rapprocher les arbres au bord des routes à l'approche des intersections, pour donner une impression d'accélération et inciter les gens à ralentir.

L'ausweis sanitaire comme incitation à la vaccination est tellement grossier que ce n'est plus du nudge mais du bon vieux chantage.

Le nudge, comme toutes les techniques de manipulation est une grosse dégueulasserie.

Reprenons l'exemple des arbres resserrés aux carrefours. Qui peut être contre cette incitation indolore au ralentissement  bienvenu ?

Bin ... Moi.

C'est une atteinte au libre arbitre, à la liberté, un mépris subtil mais bien réelle des autorités pour le citoyen, traité comme un enfant. 100 nudges comme cela et nous ne sommes plus libres, 1 000 nudges comme cela et nous sommes des animaux.


Willy Muzenberg

Il n'est pas dans ce livre et c'est un gros manque. C'est pourquoi je l'ajoute.

Manipulateur en chef du Komintern, il a probablement été exécuté en France (suicide très très bizarre) par un agent soviétique (le procès instantané de 9 mm).

Voici ses 4 règles, (je vous laisse juger de leur actualité) :

 1) L'émotion l'emporte toujours sur la raison.

Il faut choisir des activités à forte charge émotionnelle comme le secours et des instruments qui font la part belle à l'image comme la photo et le cinéma. Le noyautage des milieux culturels est extrêmement efficace pour créer et diffuser des impressions et des sentiments utiles à la cause.

2) Le mensonge en communication est à égalité avec la vérité. Il ne faut pas hésiter à mentir et à décrire des situations rêvées qui n'ont aucune relation avec la réalité.

Pendant que la dékoulakisation et la collectivisation de l'agriculture entraînaient une famine épouvantable et des millions de morts, la propagande du Komintern relayée par la presse communiste, amie ou achetée décrivait un véritable paradis.

3) Mieux vaut faire parler des « compagnons de route » que des militants.

Des dizaines d'organisations faux-nez ou noyautées ou faussement indépendantes permettront de faire passer le message soviétique comme s'il s'imposait aux grandes consciences occidentales.

La pénétration des universités a été systématique, notamment au Royaume-Uni, permettant de se cacher toujours derrière l'avis d'un « grand scientifique ». Le faire à l'échelon mondial permet des jeux de miroirs et le renforcement de l'argument d'autorité.

Müzenberg organisait des comités, des congrès et des mouvements internationaux comme un prestidigitateur sort des lapins de son chapeau : Comité pour l'Aide aux Victimes du Fascisme, Comité de Vigilance, Congrès de la Jeunesse, que sais-je encore ?

4) Le débat est inefficace : il faut écraser la contestation. L'adversaire doit être vilipendé pour que sa parole voire sa personne soient déconsidérées.

On mobilise tous les milieux noyautés et les compagnons de route ainsi que toutes les sources d'influence pour saper la crédibilité d'un intellectuel ou d'un opposant. Jusqu'au renversement de perspectives de 1932, les socio-démocrates sont des socio-fascistes.

La parenté des techniques de Muzenberg avec celles des réchauffistes (le GIEC), des wokes et des covidistes (l'OMS) n'est absolument pas un hasard.

En conclusion ?

Si, simplement, quand vous ouvrez le journal, la radio, la télévision ou internet, vous vous dites « Attention, je vais me faire manipuler », c'est déjà bien.

Le mieux, c'est quand même de n'ouvrir ni le journal, ni la radio, ni la télévision, ni internet (pour ma part, j'ai bon sur les 3 premiers, mais je pèche sur le 4ème).

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(1) : il n'y a pas photo : l'URSS a eu 60 (!!!!) fois plus de morts que les USA et a mis hors de combat 7 fois plus d'Allemands.

Alors, certes, la contribution américaine a été importante mais à la question relative « Quel est la plus gros contributeur ? », la réponse est évidente. Et ce n'est pas celle que donne Hollywood.

lundi, octobre 26, 2020

La madame psy nous parle de la covidémence.

 Vous pouvez regarder sans le son et en accéléré : c'est sous-titré.

Elle dit ce que je vous dis souvent, mais c'est mieux élaboré que par moi.

La covidémence résulte de la rencontre de deux phénomènes :

1) des techniques de manipulation de masse très sophistiquées (ceux qui nous manipulent en savent plus sur le fonctionnement de nos cerveaux que nous-mêmes).

2) des peuples dépourvus d'outils intellectuels pour faire face.

Très bon démontage des techniques de manipulation.

mercredi, juillet 17, 2019

La nouvelle féodalité (et les imbéciles qui croient aux sornettes qu'on leur raconte)



Comme Aldo, je suis frappé, non pas que des enculés oppriment les pauvres pour se goberger de homard et de Chateau Yquem, mais que, à cause de la fabrique du consentement, les pauvres donnent dans le panneau qui leur est tendu pour qu'ils adhèrent d'enthousiasme à leur propre spoliation.

On n'arrête pas le progrès, comme on dit. Malheureusement, c'est le progrès dans l'arnaque.



samedi, mars 16, 2019

Violences policières et Gilets jaunes : petit exemple de manipulation de l'opinion. La minoration, la symétrisation et le différé.

Il faut bien comprendre que, conformément aux préceptes d'Edward Bernays et de Walter Lippman, la manipulation des foules par les medias fait peu appel aux mensonges purs et durs. Bien sûr, il y en a, mais pas tant que ça.

Les techniques sont plus subtiles.

Le traitement des violences policières, la plupart du temps illégales et dignes d'une dictature,  lors des manifestations de Gilets jaunes, est un bon exemple.

Les journalistes ont eu trois types de réactions :

1) la minimisation. « C'est normal, c'est habituel : on ne fait pas d'omelette sans casser d'oeufs, on ne fait pas de manifestation sans casser de manifestant ».

2) quand la minimisation devient difficile, on sort la symétrisation, le une minute pour Hitler, une minute pour les juifs. « Bon, d'accord, les policiers sont violents, mais il faut voir la violence des casseurs ».

Ces deux techniques sont foncièrement malhonnêtes car elles dissimulent sciemment un élément fondamental du problème : en tant que dépositaires de l'usage de la violence légale, les policiers et les gendarmes ont des devoirs particuliers dans l'usage de cette violence. Devoirs qu'ils n'ont absolument pas respectés, et ce de manière massive et à cause de choix politiques du pouvoir (réprimer violemment plutôt que répondre politiquement).

Sous-jacente à ces deux premières techniques, il y a une technique qui est permanente chez les journaliste de manipulation :  « Je choisis de quoi je parle (et de quoi je ne parle pas) de manière honteusement orientée ».

Et la troisième technique, la plus hypocrite :

3) le différé. On encense David Dufresne, l'infatigable compilateur de violences policières, mais quand il est trop tard, quand le sujet n'est plus brulant et n'intéresse plus, quand sa nocivité pour le pouvoir est désamorcée.

Cela permet aux connards de journalistes, qui sont en fait de purs laquais du pouvoir,  de se refaire une virginité : « Mais si, nous en avons parlé ». Oui, juste avec trois mois de retard et quand tout le monde s'en fout.

Comment éviter de se faire manipuler ainsi ?

1) être rigoureux, discipliné, refuser de se laisser emporter par la frénésie médiatique (échantillonner toujours au même rythme : j'ai une liste de sites que je consulte, une fois le matin, une fois le soir, et qui évolue très peu - j'ajoute ou je retire 2 ou 3 par an sur 20). Cette constance crée une familiarité : vous savez comment tel site va traiter telle information, et si vous êtes surpris, c'est peut-être l'indice de quelque chose d'intéressant.

2) être conscient que tout le monde cherche à manipuler tout le monde mais les medias « officiels », style BFM, Le Figaro et compagnie, sont malhonnêtes, orientés et, surtout, particulièrement vicieux (normal, ce sont des professionnels du mensonge/manipulation). Les manipulation et mensonges amateurs d'internet sont plus « premier degré ».

3) ne pas tomber dans le relativisme absolu. Oui, la Vérité existe, mais ce n'est pas une fille facile. Et elle ne jaillit que de la confrontation des points de vue. Si tout le monde dit la même chose, c'est qu'il y a une grosse entourloupe.

Robert Hersant, qui en a tout de même connus quelques uns, méprisait les journalistes. Les prostituées, elles, au moins, apportent des satisfactions au client.

Bon, enfin, des vrais mensonges, il y en a quand même :






mercredi, février 20, 2019

Instrumentalisation de la judéophobie : toujours plus loin vers la tyrannie.

C'est bien malheureux ce qui est arrivé à Alain Finkielkraut (1).

Mais l'émoi médiatico-politique, spectaculaire, mis en scène, autour de cette agression est ridicule : la judéophobie musulmane n'est pas, ou on ne devrait pas être, une surprise. Pour personne.

On détecte tout de suite l'instrumentalisation quand on voit qui s'émeut : des gens qui n'ont jamais été avares de complaisances coupables vis-à-vis de l'islamo-gauchisme, par essence judéophobe.




C'est bien gentil de s'occuper des djihadistes, c'est très chrétien en un sens perverti, mais cela ne témoigne pas d'une hostilité farouche d'En Marche pour l'islamisme (comme d'autres indices le laissent penser, le « comique » Bellatar, le député Aurélien Taché), c'est le moins qu'on puisse dire.

Et ce sont ces gens-là qui versent dans les démonstrations grandiloquentes d'émotion après l'agression de Finkielkraut ?

S'ils étaient sérieux, ils feraient moins de bruit et plus de travail de fond.

Bien entendu, la lutte contre l'antisémitisme n'est qu'un prétexte. Ces pervers n'en ont rien à foutre, des juifs.

Le premier but est de salir les Gilets jaunes. Cela pose une fois de plus la question des tactiques à adopter par les GJ pour éviter ce genre de piège.

Le deuxième, plus profond, est d'alimenter une psychose pour pousser les pions liberticides, et ça marche, hélas :



La plupart des gens, pourtant nés avec la télévision, ne prennent aucun recul par rapport aux emballements médiatiques, qui ne sont jamais innocents, jamais sans but ni programme.

Pourtant, nous ne sommes vraiment pas loin des 4 conditions de Volkoff permettant de détecter la désinformation :

1) Tout le monde dit la même chose. L'Huma et le Figaro sont d'accord. Dans le monde réel, avec toutes ses complexités, c'est impossible. Nous sommes donc en face de la désinformation.

2) Nous sommes informés jusqu'à saturation d'un certain coté du problème et pas du tout des autres.

3) Tous les bons sont d'un coté et les méchants de l'autre.

4) L'acquiescement de l'opinion débouche sur une psychose collective.

Sur le 2) par exemple, je n'ai lu dans aucun journal un article sur les sources de la judéophobie musulmane. Cela semble un phénomène naturel sorti de nulle part.

En tout cas, c'est une bien belle manipulation.

Alors, ne vous emballez pas. Défendez les juifs calmement, sans effets de manche, sans vous en servir comme prétexte pour exhiber votre belle âme, avec une grande persévérance car c'est un combat de longue haleine. Et servez avant tout la Justice.

Addendum :

Antisémitisme: le rassemblement de ceux qui n’ont rien fait contre.A l'initiative du PS, le défilé organisé à Paris a tout du bal des hypocrites.

Voilà ce qui arrive quand on touche à la laïcité.

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(1) : je regrette d'avoir pensé et écrit que, en tant que personnage médiatique (et non en tant que juif -la judéité est une catégorie d'explication qui m'indiffère), il pouvait avoir provoqué cet incident (je me rappelais le précédent de Nuit Debout - deux fois les mêmes circonstances, ça me paraissait trop gros pour être vrai), sa réaction ultérieure politiquement incorrecte prouve que j'avais tort : Finkielkraut a juste un grand talent pour se faire pincer les doigts dans la porte. (Ca a au moins l'avantage d'être révélateur)

lundi, décembre 24, 2018

Des policiers attaqués par les Gilets Jaunes ? Euh, c'est qui qu'a commencé ?

Des policiers lâchement attaqués par des Gilets Jaunes ? C'est ainsi que la presse officielle nous a présenté la chose. Quand on voit la séquence un peu plus longuement, il y a de quoi s'interroger :



Ca ressemble vachement à des policiers à moto cons comme des bites (rappel : les flics ne sont pas nos amis. Pas forcément, nos ennemis, mais pas nos amis, puisque amis du pouvoir. Et ce ne sont pas forcément des lumières) qui ont voulu gazer tranquillos des gens qui ne leur demandaient rien et ils se sont faits prendre.

Encore une fois, qu'est-ce que les médias officiels auraient dit si ça venait de chez Poutine !

Bon, Ok, il manque peut-être encore quelques secondes avant pour bien comprendre le contexte, le film est peut-être coupé au bon endroit.

Mais c'est tout de même la merveille d'internet : la fabrique à bobards trouve soudain une opposition, par d'autres bobards quelquefois. On comprend que ça soit la panique chez ceux qui font profession de dispenser une vérité officielle, mais il fallait qu'ils y réfléchissent avant de passer des décennies à manipuler les images à leur profit : une fois qu'on a détruit la confiance pour des petits (et des grands) profits immédiats, on a l'air con de pleurer sur le lait renversé.

Tenez encore une video édifiante sur la police :






La police fera comme d'habitude : elle changera de bord et se proclamera du coté du peuple quand le pouvoir sera tombé, pas avant. La grève de la police parisienne en 1944 ? Rappelez moi la date, j'ai un trou de mémoire. Un an avant la Libération ? Un mois ? Ah, une semaine ...






lundi, décembre 17, 2018

Gilets jaunes : panne de la fabrique du consentement ?

Comme mes fidèles lecteurs le savent, je considère que l'ensemble des techniques d'ingénierie sociale connu sous le nom de « fabrique du consentement » rend presque impossible la démocratie. Pour Arnaud Benedetti, la révolte des gilets jeunes est le premier soulèvement contre cette fabrique du consentement.

« Les gilets jaunes contre les technocrates, c'est David contre Goliath »

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Par-delà tous les commentaires de circonstance, c'est bel et bien à une rupture que nous assistons. Les contrastes rhétoriques de nos dirigeants en disent plus long sur leur propre situation d'anomie que toutes les colères qu'ils ont déclenchées. Monsieur Castaner peut bien se balader face caméra, sa parole est déconnectée. L'ordre ne règne pas. Partout, le sentiment d'un branle-bas s'installe. Le mois jaune que nous venons de traverser a non seulement ébranlé l'image d'un président qui se prétendait inflexible face au déchaînement des flots ; il a redonné surtout confiance à de larges fractions populaires en leur démontrant que les fatalités qu'on voulait leur imposer étaient susceptibles d'être repoussées, à condition de ne plus consentir au discours technocrate.

Les « gilets jaunes » constituent ainsi la première crise post-moderne de « la fabrique du consentement » dont l'éditorialiste Walter Lippman souffla le concept au père fondateur de la com' des oligarchies, Edward Bernays. Cette alliance du journaliste et du spin-doctor est à la base de la grande illusion démocratique que les oligarques aiment à vendre au peuple. « À l'insu de leur plein gré », les opinions adhèrent à l'offre unilatérale de leurs dirigeants. Cet angle mort des démocraties de l'après-guerre froide a ramené les vieilles sociétés européennes à ne concevoir qu'une seule vision du monde. C'est à partir de cette « cornerisation » des peuples, sur le mode « de toutes les façons vous n'avez pas le choix », que les techniciens, néo-légistes d'une chose publique dégradée, ont pris et assis leur pouvoir. La com' a servi d'adjuvant à l'inoculation d'un sérum anesthésiant, par le biais d'une classe éditoriale pour l'essentiel ralliée à la vision exclusive du parti des technocrates. Cette désensibilisation du politique a acté la victoire des quatre cavaliers d'une apocalypse post-républicaine : le techno, le communicant, l'éditorialiste mondain et le financier...

Sur les ailes des réseaux sociaux, au grand dam de quelques intellectuels qui avaient fait de l'espace public leur terrain de jeu, les «gilets jaunes», David d'un genre nouveau, ont bousculé l'optimisme des Goliaths... Le gilet fut leur fronde, et les réseaux sociaux leurs montures légères qui prirent à revers les appareils communicants lourdauds de l'ancien monde .
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Allez, pour vous faire rire, un qui sait marier à merveille pertinence, tact et humilité :







samedi, novembre 03, 2018

Macron : « Z'est le retour des zheures les plus zombres de notre histoire. Mein Führeur ! »

J'avais décidé de ne pas parler des pauvres conneries de Macron sur le retour des années 30 puisque tout le monde l'a fait : 3 articles dans Causeur, 2 dans Atlantico, 2 dans le Figaro, 1 chez Bruno Bertez, 1 chez de Castelnau, ...

Mais, bon allez, deux, trois, petits articles :

Macron Trahison !

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Sur les déclarations de Manu l’extra-lucide, on ne peut que déplorer une fois encore l’argent public gaspillé à produire des énarques qui parlent avec assurance de choses dont ils ignorent tout. Comme d’habitude, il a plaqué sur la réalité une vision idéologique de l’histoire, celle qui lui a été enseignée.
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« Retour des années 30 » : Macron fait joujou avec l’histoire

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Comme le montre sa dernière sortie sur « le retour des années 30 », le rapport du jeune Macron à la vieille histoire fonctionne comme un extraordinaire révélateur. Du conformisme des jeunes élites, de l’inaptitude à penser l’irréductibilité des événements sans recourir à des cadres pré-établis, et de l’hubris de l’hyper-contemporanéité.
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Macron est un crétin narcissique inculte qui a de petites habiletés, bref, un François Hollande avec encore moins de retenue  (ne pas oublier cette parole fondamentale de François Hollande : « Macron, c'est moi en mieux » c'est-à-dire en pire).

Je me souviens de gens autour de moi disant « Macron, il est brillant », ce à quoi je répondais en riant « La brillance, une qualité de cireur de pompes ». Et je pensais à part moi que l'appétit de servilité dénoncé par La Boétie n'est pas mort.

Ces admirateurs transis ramènent moins leur fraise, ces temps-ci. Mais ont-ils compris que la source de leur erreur est une combinaison de superficialité, de conformisme et probablement d'irresponsabilité ? Bien sûr que non. Ils sont prêts à refaire exactement la même erreur pour un autre : répéter la pensée conforme du moment, c'est tout de même moins fatigant, et moins dangereux, que de réfléchir.

Mais ils ont une excuse : la « communication » est devenue une extraordinaire machine à  biaiser les problèmes, à ne jamais poser les questions droit, à susciter des impressions plutôt que des réflexions, à jouer sur l'image plutôt que sur la pensée, à tout noyer dans un maelström de sentiments au lieu de construire un discours.

Il y a toujours eu une grande part d'irrationnel dans la politique. L'innovation moderne est de l'avoir industrialisée. Les « communicants » au service du pouvoir sont des milliers, si on compte les administrations et leurs satellites. La question est de savoir si cette industrialisation de la perversion de la politique par la communication permet encore à la démocratie de vivre.

J'ai des doutes si gros que je considère que nous ne sommes déjà plus en démocratie. Car le vote éclairé n'existe plus.

EDITORIAL, DE LA FONCTION CLIVANTE DU POPULISME, SON UTILITÉ POUR MAINTENIR LA FICTION DE LA DÉMOCRATIE LIBÉRALE.


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L’accusation de populisme , c’est une arme qui est utilisée par les élites et leurs suiveurs, leurs harkis pour essayer de tuer socialement, démocratiquement ou républicainement ceux qui ne pensent pas comme eux. C’est le contraire d’un mot inclusif, c’est un mot qui disqualifie. Ce mot est balancé comme une insulte parce qu’il est chargé de connections soigneusement tracées et entretenues: racisme, antisémite, nazisme. Grâce à cela il est utilisé comme disqualification à la parole, comme une nullification : vous êtes un populiste , donc vous n’avez ni le droit à la parole ni le droit d’exister .

Il est frappant de voir que ceux qui l’utilisent se présentent comme centristes, comme refusant le clivage droite/gauche comme Macron. En fait ils tracent un autre clivage, celui du centre marécageux qui rejette les extrêmes. Ce clivage c’est d’un côté le camp du bien massifié, dont on a fait disparaître les identités et les déterminations et de l’autre le camp du mal, le camp de ceux qui sont structurés qui ont une colonne vertébrale, qui tiennent debout par des références et des convictions. Le camp du bien martelle: « vous devriez avoir honte de ce que votre populisme évoque; votre devriez avoir honte des associations d’idées que nous y accolons car en dernière analyse, quand tout le cheminement des associations d’idées a été parcouru, vous êtes raciste, antisémite, ringard, égoïste, bref nazi ».

[…]

ll faut cesser de s’interroger sur « nazi » car le contenu du mot est un piège, c’est une diversion. Il faut s’interroger sur l’utilisation du mot, démystifier cette utilisation, montrer en quoi elle est scélérate. Si vous entrez dans la discussion sur le nazisme vous êtes foutus, car là on touche au sacré, on touche à des interdits qui sont maintenant définitifs. La seule chose à faire est de discuter de l’utilisation du mot, de contester l’usage de cette arme que constitue la nazification de l’adversaire. Mais attention l’adversaire est rusé et quelque fois il ne vous nazifie pas directement, il joue par la bande! Ainsi Macron varie les attaques et quelquefois il se borne a évoquer … la similitude avec les Années Trente. Il joue sur les amalgames, la polysémie, les associations d’idées. Ce que bien sur tout le monde comprend , mais il ne l’a pas dit n’est ce pas que vous êtes un nazi, c’est vous qui le dites.

Désigner, nommer des populistes, c’est diviser le champ social pour régner

J’y insiste car pour lire régulièrement les travaux des think tanks européistes, je sais que c’est une stratégie élaborée, pensée, qui a été mise au point dans la perspective des élections européennes de 2019; faute de pouvoir se vanter d ‘un succès de gestion les européistes ont mis au point une fois de plus une stratégie scélérate qui consiste à cliver salement, honteusement, à diviser les peuples. Ils se contentent de gagner, ils n’ambitionnent plus de recueillir des adhésions. Ils se foutent d’être légitimes. Et à cette stratégie il faut reconnaître que les partis de gauche type Mélenchon prêtent leur concours. Pour avoir une place à table, un strapontin, et pour survivre ces pseudo partis de gauche comme Diem 25 ou les Insoumis, se soumettent au clivage imposé par les dominants et les européistes.

[…]

L’opposition entre les libéraux et les populistes ou entre les libéraux et les il-libéraux est, vue sous cet angle une mystification de plus, un piège et à mon sens il fait la récuser dès maintenant car c’est cette opposition qui permet au système des élites de se maintenir.

La vraie opposition n’a pas besoin de nom. Elle n’est même pas à inventer , même pas à formuler, elle s’imposera d’elle même sans mot d’ordre et sans discours. Sans mise en forme car elle sera pure force de rejet brutal. Car les inventions ne sont que prolongements du passé; non la vraie opposition se produira d’elle même sous une forme inconnue, elle sera produite par le réel , par la souffrance, par le mal être, pas par les hommes ou par des guides.

Il n’y a pas de prophète de ce qui n’existe pas encore et n’est donc pas nommable. La vraie révolution se fera bien sur, elle sera d’abord révolte des forces vives, brutes, dionysiaques, non canalisées, non mises en mots.
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Tout espoir est-il perdu ? Non.

Car l'histoire ne s'arrête jamais. La fabrique industrielle du consentement ne rencontre pas d'ennemi terme à terme. En revanche, elle a un tel effet dissolvant sur les sociétés que se créent des ilots en retrait, des gens qui arrêtent de jouer le jeu.

Nous ne sommes pas si loin de la lutte contre la tyrannie préconisée par La Boétie. Non pas la lutte armée, mais le retrait : arrêter d'écouter et, dans la mesure du possible, d'obéir. Cela semble bien faible, puisque le Système continue à prélever les impôts qui le font vivre.

Et pourtant, c'est de ces interstices hors-Système que viendra sa chute. Une révolte des bonnets rouges en plus grand, une révolution islamiste, une croisade chrétienne ... on peut imaginer tout ce qu'on veut, puisque, de toute façon, on ne peut prévoir l'avenir (seul quelqu'un d'aussi con qu'un énarque prend au sérieux la prospective).

Il faut adopter une approche systémique antifragile, à la Taleb : non pas s'épuiser à prévoir un avenir imprévisible, mais se bâtir les moyens intellectuels, financiers, sociaux et politiques de saisir par le cheveux les chances qui surgiront.

Le révolution française ne s'est pas faite autrement : c'est parce que les sociétés de pensée et les salons parisiens d'un coté, l'armée d'un autre coté, avaient préparé le terrain qu'on vit surgir à la première occasion les Mirabeau, Danton, Robespierre, Hoche,  Bonaparte, Lannes, Davout ...



dimanche, août 19, 2018

Varoufakis : l'Etat Profond existe-il ?

On the Deep State – an audio essay in seven parts

L'Etat Profond est une notion popularisée par l'extrême-gauche et reprise par l'extrême-doite.

Il existerait une collusion internationale de hauts fonctionnaires, ceux qui ont beaucoup de pouvoir et qui restent quand les politiciens passent, de connivence avec leurs homologues technocrates du privé, pour mener une politique conforme aux intérêts de l'oligarchie technocrate, au mépris de la démocratie, ou carrément en opposition avec elle. C'est pourquoi le vote ne serait plus qu'un simulacre, les vrais décisions étant prises ailleurs, dans le secret des cabinets (de là à dire que ce sont des décisions de merde ...).

L'Etat Profond existe-il ?

Varoufakis, lancien ministre grec des finances, répond positivement et explique pourquoi : l'abolition des frontières (entre public et privé, entre nations)  a créé une classe de technocrates qui ont tous les mêmes intérêts et communient dans la même idéologie saint-simonienne (remplacer le gouvernement des hommes par l'administration des choses). C'est la partie haut-fonctionnaire de ce que l'extrême-droite appelle « l'hyper-classe mondiale ».

C'est un complot sans complotistes, c'est d'ailleurs ce qui fait sa force. Les opposants qui s'obnubilent de Bildelberg et de Trilatérale ne se rendent pas compte que ce sont des leurres : la convergence est suffisamment forte pour que cette collusion existe même sans ces complots.

Varoufakis décrit les 4 armes de l'Etat Profond, que je vous laisse en anglais :


1) Manufacturing prices (i.e. subverting the very market mechanism that capitalism is supposed to rely on)

2) Manufacturing desires

3) Manufacturing money (e.g. the black magic by which central and private banks conjure up the supply of money)

4) Manufacturing consent


J'ai mi les points 1 et 3 à l'étude : je suis en train de lire Crashed, d'Adam Tooze, sur la crise de 2008 et ses conséquences (je rame, c'est un pavé écrit en style universitaire : aussi agréable à lire que d'avaler de l'huile de foie de morue. Et c'est un bidon de 5 litres). C'est exactement ce qu'il décrit : une perversion des marchés et de la monnaie, mais qui s'est faite par des mesures très techniques, décidées dans des cénacles sans aucune consultation démocratique, les dirigeants élus étant la plupart du temps tenus à l'écart (par exemple, l'élargissement des collatéraux acceptés par les banques centrales a de  grandes conséquences pratiques mais reste très techniques). Pour une vulgarisation de ces notions, voir Charles Gave.

Quant aux points 2 et 4, c'est presque une obsession chez moi de considérer que le perfectionnement depuis un siècle des techniques de manipulation des foules est un danger mortel pour la démocratie en ce sens qu'on ne peut plus dire que le vote est libre et éclairé.

Je connais des gens qui ont voté Macron au second tour, qui n'ont toujours pas compris qu'ils s'étaient faits manipuler (pour ne pas écrire un autre mot, commençant par « b »), qu'il n'y a jamais eu de danger Le Pen en France, qu'il n'y a jamais aucune nécessité qu'ils votent Macron.

Après Varoufakis part dans une déconnade de gauchiste. Il baptise Trump, Salvini et compagnie « néo-fascistes », explique qu'ils dénoncent l'Etat Profond pour mieux en prendre le contrôle, comme Mussolini et que, en conséquence, les démocrates authentiques, coincés entre l'Etat Profond et les « néo-fascistes », n'ont pour seule solution de ne rien changer et de continuer comme depuis trente ans.

Bien entendu, la peur du « néo-fascisme » est pur fantasme : Trump et Salvini dérivent vers le fascisme comme moi je m'apprête à être champion du monde du 110 m haies parce que j'ai enjambé la clôture du jardin ce matin. Ils n'ont pas de théorie fasciste ni de pratique (ou alors, j'ai raté la marche sur Rome ?).

Bref, Varoufakis prouve une fois de plus que les gauchistes sont les meilleurs gardiens du Système. Et c'est bien normal, puisque le Système reprend leurs idées sous une autre forme (avant-garde éclairée, science plutôt que politique).

En fait, la solution ce sont bien les « populistes », car, en tentant de refermer les frontières, ils attaquent le pouvoir de l'oligarchie mondialiste et de l'Etat profond à son fondement. Si vous en voulez une preuve, il suffit de regarder les réactions des mondialistes eux-mêmes. Je me moquais d'un Iranien qui me disait que la mauvaise météo était provoquée par les juifs, mais les démocrates sont au même niveau de délire sur Trump.

dimanche, août 12, 2018

Malheur aux peuples dirigés par des « pédagogues » et par des « communicants » !

De Jacques Sapir :

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Cela conduit [Cicéron] à considérer que tous ceux qui s’élèvent contre le Sénat sont des « séditieux » et qu’il faut mener contre eux une guerre à outrance. Le vocabulaire de la guerre emplit alors l’espace civique. Il utilise dans De re publica la métaphore de la tutelle, une métaphore qu’il reprendra dans De officis. Le peuple est donc considéré comme le fils mineur du Sénat, dans un parallèle avec le droit privé et dans une référence aux pouvoirs du paterfamilias romain. Mais un autre parallèle vient alors à l’esprit. Dans ce « peuple » mis en tutelle par l’élite sénatoriale on peut retrouver comme un écho lointain de la volonté de mise en tutelle du peuple actuel par « ceux qui savent », à la condition que ces derniers fassent preuve de « pédagogie ». Le parallèle est d’autant plus tentant que, peu à peu, les décisions du peuple sont contestées voire révoquées, comme ce fut le cas avec le référendum de 2005 et le traité de Lisbonne qui suivit en 2007. Mais, là où Cicéron usait d’une métaphore juridique, qui restait d’une certaine mesure dans le champs du politique, car le droit est aussi une expression du politique, aujourd’hui l’oligarchie utilise l’extension d’une légitimité scientifique (ou plus exactement pseudo-scientifique) dans un domaine où elle n’a rien à faire.

[...]

Le principe du peuple souverain sera maintenu, du moins dans l’ordre du discours [jusqu'au IIIème siècle]. Il faudra le basculement de l’Empire vers la chrétienté pour que cette référence disparaisse peu à peu et que se substitue à la souveraineté du peuple l’idée d’un pacte entre Dieu et l’Empereur. Mais, ceci est une autre histoire…

Claudia Moatti en tire les conclusions dans ce passage qu’il convient de citer : « Ceux qui aujourd’hui définissent la res publica comme le gouvernement en vue du bien commun ne s’encombrent pas de ces distinctions, pas plus que les sénateurs de l’époque impériale ; or, l’idéologie est bien différente là encore selon que ce commun dépend des citoyens ou de la cité ; selon qu’il est une notion surplombante ou en mouvement. En mouvement, le bien commun peut-être défini comme le résultat visible de l’action conjuguée de tous (…), surplombant il devient un principe invariable, un universel caché au nom duquel on rejette une partie de citoyens hors de la cité ». Ce passage résonne, dans la France d’aujourd’hui, avec une force certaine.

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Beaucoup de choses me mettent hors de moi dans la politique contemporaine, comme mes lecteurs le savent bien, parce que, sur la forme, on est en démocratie, mais la dérive tyrannique sur le fond est bien engagée et presque achevée.

Parmi les expressions débiles des politiciens (elles le sont toutes, puisque les politiciens sont des menteurs professionnels), il y en a deux qui me font encore plus bondir que les autres : « Il faut faire de la pédagogie » et « On n'a pas assez bien communiqué ».

« Il faut faire de la pédagogie » sous-entend que le peuple est un enfant, c'est aux enfants qu'on « fait de la pédagogie ». Et « On n'a pas assez bien communiqué » sous-entend que le peuple est un abruti et que si on ne lui parle pas comme à un débile mental à 3 de QI, si on ne descend des sphères de la haute intelligence technocratique (parce qu'on est intelligent, nous, hein, on a des diplômes qui le prouvent) pour s'abaisser à son niveau, il ne comprend rien, ce con.

Et pour ajouter l'outrecuidance à l'insulte, tout cela est dit avec une parfaite bonne conscience par les imbéciles qui mènent la France dans le mur depuis quarante ans. Moi, je serais eux, vu les résultats, je ne ferais pas tant le fier. Evidemment, c'est ce qui fait la différence entre nous : eux n'ont honte de rien.

Bien sûr, j'ai envie de répondre : « Ducon, je n'ai besoin ni de pédagogie ni de communication. J'ai regardé ton truc, j'y ai réfléchi et je n'ai pas besoin qu'on m'explique : je ne suis pas d'accord. Point barre. Casse toi avant que je te mette la mandale que tu mérites ».

La question posée par Sapir est simple et très contemporaine, bien qu'elle date de Rome : la Res Publica était-elle une chose commune, au niveau de tous, issue de la confrontation des opinions politiques ou est-elle une chose sacrée, surplombante, qu'il convient de préserver à tout prix, quitte à en confier la gestion à une oligarchie supposée plus raisonnable que le peuple ?

On voit bien que la dérive actuelle est oligrachique : on sacralise la « République » mise à toutes les sauces, l'étape d'après est évidemment de dire que c'est une chose tellement sacrée qu'il est fou de la soumettre aux aleas des élections.

Je n'aimais pas Sarkozy, mais un des reproches qu'on lui faisait qui me mettait hors de moi, comme la « pédagogie » et la « comunication », était d'être un « diviseur ». Et alors ? La division et le conflit sont l'essence même de la politique ... sauf dans la vision oligarchique où le peuple est unanime sous la direction de bons maîtres éclairés et les opposants des brebis galeuses.

Faire de « diviseur » une insulte politique sous-entend qu'on nie la souveraineté du peuple, qui se divise naturellement pour former ses opinions. Je ne l'avais pas compris aussi explicitement qu'aujourd'hui mais je le sentais déjà profondément.

Aujourd'hui, la démocratie rencontre un obstacle qui ne laisse pas de me soucier : le sophistication de la fabrique du consentement, le haut degré de perfectionnement de la manipulation des foules. C'est pourquoi je pense sur ce point qu'il faut revenir à la base de la démocratie : des questions simples, qui nous concernent tous. Cela me paraît offrir le moins d'emprise à la manipulation. Et c'est, bien entendu, ce qu'évitent au maximum nos politiciens. Après le référendum de 2005, il n'y aura plus jamais de référendum en France.

Je ne suis pas un grand démocrate, je n'idéalise ni le peuple ni la démocratie. Mais je ne suis pas un faux-jeton comme ces connards de Macron et de Philippe : je ne m'emplis pas la bouche du mot « démocratie » pour mieux mépriser le peuple, en pratique.

Celui qui fusillera tous les technocrates fera oeuvre de salubrité publique pour la France.

dimanche, juillet 15, 2018

La soumission globale, par Bruno Bertez

La soumission des pays européens à l'islam est évidente. Elle saute aux yeux de qui s'en sert encore pour voir et non pour s'aveugler. Nos Etats ont décidé de se soumettre et nous avec. Mais Bertez a raison : la soumission est plus globale.

LES SOMMETS, LA COUPE : VOUS REPRENDREZ BIEN UN PEU DE SOUMISSION !

Mon seul point de désaccord majeur avec lui, c’est quand il prend Trump pour un imbécile qui ne sait pas ce qu’il fait.

Je crois, au contraire, au vu de sa trajectoire passée, qu’il sait très bien ce qu’il fait et et que ses déclarations à tort et à travers dressent un écran de fumée auquel se laissent prendre les gogos (et les bobos) et que ça l’amuse d’enfumer ceux qui le prennent pour un con.

Le coup de génie de la manipulation moderne, c'est qu'elle n'est pas coercitive. La soumission est consentie, la plupart du temps inconsciente.

Je me suis intéressé aux manipulateurs d'opinion professionnels, les as de la fabrique du consentement (E. Bernays, R. Cialdini, et compagnie). Ils donnent tous la même règle fondamentale : adressez vous à l'émotion plutôt qu'à la raison, à l'inconscient plutôt qu'au conscient.

Cela se décline en règles pratiques que nous subissons tous : transformez les problèmes politiques et sociaux en problèmes personnels et psychologiques (est-ce qu'Angela aime Emmanuel ? Est-ce que Vladimir s'entend avec Donald ? Est-ce que Donald est fou ? etc). Abordez toujours les problèmes par le petit bout de la lorgnette (est-ce que la femme de Donald était mieux habillée que Theresa ?) Empêchez que les problèmes soient posés clairement, fragmentez, présentez toujours les choses par le biais qui vous arrange, par le petit bout de la lorgnette, détournez l'attention sur des futilités.

La seule manière d'y échapper vraiment, c'est de réduire au maximum l'exposition (message que j'ai beaucoup de mal à faire passer !). Je suis, par exemple, totalement immunisé de l'hystérie footballistique, sans aucun effort ni frustration, tout simplement parce que je n'ai pas la télé et que je n'écoute pas autre chose que la musique à la radio.

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Ce qui se passe ces jours ci est au plus haut point symbolique ; la plèbe grisée, vautrée dans football, la bière et les pizzas et les chefs, au sommet, entre eux, qui font ou défont l’ordre du monde.

[…]

Vous noterez que depuis plusieurs mois l’activité diplomatique internationale, au sommet , est très intense, mais que quasi rien d’important ne transpire au dela des communiqués bidons. Vous constatez les évènements et ce sont pour ainsi dire autant de coups de théatre.

L’absence de continuité, l’absence de logique contribuent à confirmer les impressions, justifiées, que l’on a d’un monde chaotique.

Simplement on ne peut que constater le résultat:  une certaine détente. Nous sommes loin de la fin 2017 ou les néocons semblaient tenir le haut du pavé, époque ou les agressions fusaient, tous azimuts.

[…]

Et puis il y a les négociations souterraines sur les embargos et sanctions et les droits de douane.

Plus que jamais les peuples et leurs pantins de représentants sont tenus à l’écart des grands problèmes géopolitiques alors qu’en fait ce sont ces problèmes qui sont les déterminants de leur avenir.

Pour les peuples c’est le pain et le cirque, en clair les aumones de la redistribution et la coupe du monde de football.

Nous ne dirons jamais assez tout le mal que nous pensons de cette coupe du monde, non en raison de son aspect sportif, si il en comporte encore un ; mais en raison de sa récupération par les élites et leurs médias.

Il suffit de regarder la télé Bouygues pour comprendre que le foot et la coupe sont utilisés au profit de l’endoctrinement, de l’ouverture et de l’inclusion. Le foot dans sa mise en scène vous vend de la pseudo-unité, du pseudo-collectif, mais de la vraie globalisation.

Il vous pointe de façon aveuglante la structure de ce monde à deux ou trois vitesses, avec l’argent mal gagné et la hierarchie fondée sur les titres et non sur le droit. Il vous vend de … la soumission puisque les « grands », les chefs sont en haut, sur les gradins dans le réel tandis que vous vous êtes devant le succédané, devant le spectacle auquel vous croyez participer tout en étant relégués, devant votre télé. Vous êtes dans la Fête, pas la vraie mais devant celle de l’homo festivus de Muray. Les dominants ont le vrai, dans tous les domaines, les richesses, les femmes, les stars et vous les « images », la pornographie !

Dans mon excessive indignation j’irai jusqu’à prétendre que ne pas participer à ces spectacles répugnants, voire obscènes est un acte politique. En fait le prmier acte politique dans le monde moderne et ses pseudo jouissances consommatrices c’est d’accepter la frustration.

La consommation, y compris celle des images est à la racine de l’aliénation qui produit la soumission.
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mardi, juillet 03, 2018

Cela fait déjà longtemps que nous ne sommes plus en démocratie

Le redécoupage électoral affole les députés

En gros, nous ne sommes plus en démocratie depuis 1974, quand la « communication », pseudonyme de la manipulation des foules, a pris le pas sur la politique. Ca commence à faire un bail.

mercredi, juin 13, 2018

Propaganda : la fabrique du consentement

Un documentaire passionnant sur la propagande en démocratie :

 

Comme le fait remarquer un des intervenants, la fabrique du consentement est tellement puissante que, même lorsque le marionnettiste explique ses trucs (il n’y a rien de caché, les fondateurs, Bernays et compagnie, ont écrit des tonnes de bouquins), les gens ne peuvent pas s’empêcher de tomber dans le panneau. C’est le même truc que les rires enregistrés sur les émissions comiques : les gens disent les détester, mais quand on fait la comparaison, on s’aperçoit qu’ils préfèrent quand même celles où il y a les rires enregistrés.

Faire une pub « Achetez mon produit, c’est le meilleur », c’est grossier.

Il y a beaucoup plus fin.

Les leaders d’opinion, par exemple. Une profession respectée, les médecins. Si les médecins vous conseillent de faire un solide petit-déjeuner, vous allez les écouter, n’est-ce pas ? Et vous ne saurez jamais que l’étude était financée par un fabricant de bacon (qui a fait fortune). Hé oui, le petit-déjeuner américain bacon and eggs, qui paraît si évident, si traditionnel, est une création marketing des années 20.

L’humour. Les blagues de blondes, c’est spontané, n’est-ce pas ? Il ne vous viendrait pas à l’idée que c’est la création d’un vendeur de teinture noire ? Et pourtant …

Le merveilleux de tout cela, c’est que c’est consenti, non-contraint. Mais est-ce la liberté ?

Vous me direz : « Et si le fabricant de décolorant fait des blagues sur les brunes ? Tout cela s’équilibre ». Non, car la propagande coûte cher et, dans la propagande, il y a une prime au premier. Tout cela favorise outrageusement les puissances établies. Ce n’est pas un hasard si, depuis ces techniques, il n’y a pas eu de révolution (là encore, je n’invente rien, je ne fantasme pas : ce sont les professionnels qui s’en vantent).

La solution est connue, mais hélas hors de portée psychologique de la plupart : débrancher. C’est pourquoi on rationalise, on se raconte des conneries du genre « Oui, mais moi, je filtre » qui font bien rire les professionnels.

Vraiment, les blagues de blondes, vous filtrez en pensant que c'est un coup de marchand de teinture ? Vous vous foutez de ma gueule ? Orwell était moins naïf : quand on écoute Big Brother, volontairement ou non, il en reste toujours quelque chose.

Il y a aussi la variante de Volkoff : échantillonner à basse fréquence. Lire l’Huma et Minute une fois par semaine.

vendredi, novembre 03, 2017

L’infantilisation de la politique

L’infantilisation de la politique

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On l’a constaté, depuis son élection, l’ancien professeur de théâtre Justin Trudeau n’est jamais aussi heureux que lorsqu’il peut se déguiser. Dès qu’il trouve une fête folklorique ou religieuse, il enfile le costume de la communauté en question.

Certes, il symbolise bien ici le Canada multiculturaliste, qui embrasse toutes les identités parce qu’il n’en a aucune.

Mais surtout, il exemplifie ce qu’on pourrait appeler l’infantilisation de la politique. Le premier ministre ne veut plus convaincre, il veut plaire, et n’est jamais aussi heureux que lorsqu’il peut transformer son travail en jeu de rôle devant un électorat qu’il suppose rempli d’analphabètes politiques.

Traditionnellement, la politique incarnait avec sérieux le destin collectif.

Un homme politique, une fois élu, était censé prendre de la hauteur. Il était responsable d’une chose aussi grave que l’avenir du pays. Mais qui parle ainsi aujourd’hui risque la moquerie. On lui dira de se décoincer. De relaxer. Un premier ministre, d’abord et avant tout, doit être cool. C’est ainsi qu’il charmera les masses. C’est la politique adaptée au modèle de la téléréalité.
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 Bien entendu, cette infantilisation de la politique n'est pas innocente. Elle vise, avec succès hélas, à remplacer la raison par l'émotion, « Trudeau fait la bonne politique » par « Trudeau est sympa ».

Je crois que, ce mouvement étant très lié à l'effondrement de l'intelligence des Occidentaux, il est profond et très difficilement réversible.



Mais dites moi, un dirigeant qui adore se déguiser, ça ne vous rappelle rien ?












samedi, octobre 28, 2017

Les indépendantistes bobos et l'agonie de la démocratie en Occident

Les histoires d'indépendances bobos illustrent à la perfection l'agonie des démocraties occidentales par le perfectionnement de la fabrique du consentement.

Prenons l'exemple de la Catalogne. L'indépendantisme y est entièrement bâti sur le mensonge.

Contrairement à ce que racontent les indépendantistes, la culture catalane y est pour majeure partie une création récente du système éducatif, un truc de bobos qui sont allés trop longtemps à l'école, le référendum était le contraire de démocratique (ou alors façon « démocratie populaire »), les Catalans ne sont pas opprimés par l'Espagne, la Catalogne ne peut être indépendante (comment cette région sur-endettée se paierait-elle une armée ?), elle sera juste dépendante d'un maître plus lointain, et l'avenir, si l'on en croit la démographie, est au Califat de Catalogne.

Quelle est la raison profonde de la tentative d'indépendance ? Non pas l'indépendance pour elle-même, mais  l'indépendance pour sauver le pouvoir des indépendantistes, qui sont un mélange de sectaires et de corrompus.

Comment en est-on arrivé là ? Par l'usage intensif des techniques modernes de perversion du débat démocratique. La principale est « l'émotisme » : on remplace tout débat rationnel par un échange, potentiellement violent, d'émotions.

Je te jette à la face ma colère de me sentir opprimé, je ne discute plus la réalité de l'oppression. Il est frappant de voir que les indépendantistes utilisent beaucoup ce registre.

Ces techniques de manipulation de l'opinion, issues des travaux des publicitaires et des psychologues, ont mis un siècle à mûrir, elles sont désormais à leur niveau d'efficacité maximale.

This is a bitter day for Spain and Catalonia. The independence saga has no good ending

Le lent déclin de l’esprit démocratique en Europe

Tout cela est possible parce qu'on est dans le domaine de la parlote, manipulé par des bavasseurs professionnels. Mais que la « vraie vie » vienne à se manifester par une guerre, par un désastre, par une invasion et il ne restera rien de la Catalogne indépendante.

Les vieilles nations européennes sont nées de la nécessité historique. Il se pourrait qu'elles disparaissent de ne plus avoir l'énergie d'affronter le tragique de l'histoire.

Car tous les torts ne sont pas du coté indépendantiste catalan : en se faisant la courroie de transmission (comme tous les gouvernements du sud de l'Europe, France incluse) des diktats européistes, berlino-bruxellois, le gouvernement de Madrid a délégitimé l’Etat-nation espagnol.

Déléguer sa souveraineté à Bruxelles et à Francfort est une tentative, vouée à l'échec, de sortir paisiblement de l'histoire. Or, la seule sortie de l'histoire que prépare une telle politique, c'est la disparition, et ce n'est jamais paisible.

vendredi, octobre 20, 2017

La fabrique de la psychose, l’exemple du harcèlement

Dans la boite à outils de la fabrique du consentement, outil moderne de manipulation des foules, il y a la fabrique de la psychose.

La psychose a un rôle simple : créer un précédent, infléchir la référence dans le sens voulu.

Faire que ce qui était impensable devienne difficilement envisageable, avant de devenir envisageable à la rigueur, puis acceptable, puis normal.

On fait monter la tension de trois crans, on la fait rebaisser de deux crans, et on a gagné un cran. et on recommence quelques temps après sur un sujet connexe.

Une fois la psychose bien établie, on peut arriver à des absurdités sans frein :












Ce titre ridicule, à mourir de rire ou à pleurer de honte, n'émane pas de la feuille de chou ronéotypée d'un groupuscule d'exaltés qui se réunissent dans les catacombes avec une cagoule sur la tête. Non, non, ça vient d'un des plus grands journaux français (grand par la diffusion, grand par la subvention), censé être modéré.

Pour arriver à tel résultat, il suffit de ne jamais définir précisément ce qu’est le harcèlement, ce qui permet de lui donner de manière implicite une extension presque infinie. D'autant que tout le monde veut se revendiquer victime de quelque chose.

Les commentaires des internautes du Figaro sont instructifs : la plupart considèrent qu’il y a là un vrai problème (quiconque vit en France avec les yeux ouverts sait que c’est absurde : le seul problème de harcèlement, c’est avec les immigrés d’une certaine religion, qui ne sont pas français). Rares sont ceux qui dénoncent une pure construction médiatique.

Le point qui me frappe le plus, c’est l’inculture des commentateurs. On a des tartines à propos de l’absurde droit de cuissage et de la condition quasi-servile des femmes au moyen-âge. L’histoire au filtre de Game of Thrones et de Canal Plus. Et des kilomètres à propos de l’enfer que vivraient les françaises de 2017.

Voilà le résultat de cinquante ans de déséducation nationale : des citoyens qu’on peut supposer de bonne foi n’ont pas les instruments intellectuels pour prendre de la distance par rapport aux bourrage de crâne médiatique. Ils ne savent plus penser. Mais ils n’ont pas non plus de bons sens, car on leur a farci la tête avec des conneries.

C'est réellement effrayant. On a l'impression d'être face à une meute d'abrutis totalement imperméables à la moindre intelligence.