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mardi, février 11, 2020

Mila, pour conclure : La liberté d’expression est-elle réductible à la politesse ?

L'édito
La liberté d’expression est-elle réductible à la politesse ?

C’est un curieux argument qui se déploie dans le débat public depuis l’affaire Mila. Certes on veut bien reconnaître qu’il y a en France un droit à la liberté d’expression, mais attention, il y aurait tout de même des limites à ne pas franchir, notamment celles de la politesse et de la civilité. L’argument n’est pas nouveau. On l’entend régulièrement de la part de croyants, musulmans ou autres. Ils se sentent blessés en tant que croyants (par ailleurs tout à fait pacifiques et tolérants) qu’on puisse tenir des propos orduriers envers leur religion.
Au moment de Charlie, certains n’étaient pas Charlie parce que « être Charlie » revenait pour eux à s’assimiler à un journal de caricaturistes vulgaires. Alors qu’être Charlie était et reste une position de principe qui n’avait rien à voir avec les convictions et la sensibilité des uns et des autres. Soutenir la liberté d’expression c’est justement soutenir ceux qui ne pensent pas comme vous et dont les positions ou les dessins peuvent parfois vous choquer. Soutenir ceux qui défendent vos idées, la belle affaire…
« Il ne s’agirait pas de déplaire en affichant des principes républicains alors qu’il est beaucoup plus payant et prudent de s’indigner de la grossièreté d’une adolescente. »
L’argument du savoir vivre est aussi celui de Ségolène Royal qui ne souhaite pas « ériger une adolescente qui manque de respect comme le parangon de la liberté d’expression ». Celui aussi de Martine Aubry qui appelle à « faire preuve de retenue et éviter ce genre de propos même si les menaces sont inacceptables ». Sans parler de Fabien Roussel, secrétaire national du Parti communiste français, qui a jugé sur RMC que les « propos injurieux » de Mila n’étaient « pas admissibles ». Ces trois personnes sont en campagne. Pour les municipales ou la présidentielle. Il ne s’agirait pas de déplaire en affichant des principes républicains alors qu’il est beaucoup plus payant et prudent de s’indigner de la grossièreté d’une adolescente.

« Dégueulis verbal »

Alain Finkielkraut, qu’on ne peut pas soupçonner de dérive clientéliste, de gauchisme culturel ou de lâcheté face aux principes républicains, a défendu, lui, une position qu’il veut « intransigeante » (soutien absolu à Mila) mais « nuancée », car précise-t-il, « je ne suis pas Mila ». L’auteur de L’Identité malheureuse (Stock, 2013), homme libre par excellence, qualifie les propos de Mila de « dégueulis verbal » et déplore, à juste titre, la perte de la politesse, de l’éducation, la disparition d’un « surmoi » éducatif qui puisse s’opposer à ce flot ordurier. Il ajoute « la liberté d’expression est une conquête de la civilisation et la grossièreté une défaite de la civilisation ». Déplorer l’hégémonie croissante de la vulgarité et de la grossièreté, qui ont explosé grâce au tout-à-l’ego crado des réseaux sociaux, comment ne pas s’y rallier ?
« En ces temps difficiles où justement, ceux qui n’ont que faire d’une tradition française qui emprunte à la fois à l’héritage des Lumières et à celui de la République, sont en guerre contre nos valeurs, comment faire valoir cette élégance ? »
Mais si la liberté d’expression est d’abord une bataille menée par les philosophes des Lumières du XVIIIe siècle, est-elle une conquête de la civilisation ? Comment définir cette civilisation ? L’ensemble des bonnes pratiques et des mœurs définissant un vivre ensemble ? Une élégance, un agrément, un respect mutuel fondé sur une histoire commune ? Nous pouvons tous signer des deux mains. Mais en ces temps difficiles où justement, ceux qui n’ont que faire d’une tradition française qui emprunte à la fois à l’héritage des Lumières et à celui de la République, sont en guerre contre nos valeurs, comment faire valoir cette élégance ?
Si la défense de nos valeurs s’appuie sur une élégance du style et des mœurs, prenons garde. Les adversaires de notre mode de vie sont les champions de l’élégance, celle qui couvre gracieusement les femmes d’un foulard, au nom de la modestie et de la pudeur, deux autres grandes et belles qualités : ils revendiquent une féminité de reconquête islamique, contre le déploiement de vulgarité des filles en mini-jupes, en string, sans parler des baigneuses topless.

Menace du « chantage à la blessure »

Les adversaires de notre mode de vie sont les champions de la politesse envers les religions. Ils attendent bonnes manières et égards envers leur croyance car toute parole un peu rude, un peu grossière, s’assimile pour eux à une blessure, une offense non seulement envers la religion mais aussi envers les croyants : c’est au nom de cette blessure intime que certains sont prêts à poursuivre en justice, n’hésitant pas à remettre en question nos lois fondamentales. Comme l’avaient fait en leur temps certains milieux catholiques d’extrême droite, « qui avaient laissé entendre, lors du vote de la loi Ferry sur l’école laïque obligatoire, que cette loi, en forçant les pères à scolariser leurs enfants, blessait leur conscience », ainsi que le rappelle l’historien Jacques de Saint-Victor qui s’inquiète d’une menace de « chantage à la blessure ».
« Mila n’a sûrement pas hérité du langage brillant des philosophes des Lumières, mais elle est leur héritière lorsqu’elle s’obstine à dire, malgré les insultes dont elle est l’objet, qu’on a le droit de critiquer une religion et que ce n’est pas du racisme. »
La liberté d’expression ne peut pas être circonscrite à la politesse et aux bonnes manières. Elle est sûrement une conquête de la civilisation mais encore plus sûrement des lois républicaines qui la garantissent : la loi qui abolit le blasphème en 1791, celle qui sanctuarise la liberté d’expression et le droit de critiquer les doctrines et croyances en 1881. La France c’est la liberté d’expression au risque de la vulgarité et du mauvais goût. C’est Charlie Hebdo et Hara-Kiri, Siné, Wolinski, Cabu, Reiser, Charb et Riss. C’est L’Assiette au beurre. Ce sont les caricatures anticléricales du XIXe siècle et du XXe, dont on a oublié la violence « blasphématoire ».
Mila n’a sûrement pas hérité du langage brillant des philosophes des Lumières (la barre est très haute !), mais elle est leur héritière lorsqu’elle s’obstine à dire, malgré les insultes dont elle est l’objet, qu’on a le droit de critiquer une religion et que ce n’est pas du racisme.

Alléger les haines, les ressentiments et la violence mais pas les principes

Mona Ozouf soulignait récemment que Voltaire lui-même n’hésitait pas à être ordurier. Dans sa lettre à d’Alembert, il écrivait : « Tous, calvinistes fanatiques, papistes fanatiques, tous ont trempé dans la même merde détrempée de sang corrompu ». Certes, cela a plus de panache que « le doigt dans le cul » à la religion musulmane proféré par Mila. Mais Mona Ozouf nous rappelle que la liberté d’expression est un principe hiérarchiquement supérieur dans lequel, en pays laïc, nous nous rejoignons. Et que la frontière est infime entre « avoir des manières » et « avoir des égards » (comment faire la différence ?) ; et qu’il existe aussi des croyances et des convictions envers lesquelles il n’y a pas à avoir d’égards.
« Mona Ozouf est une quintessence d’intelligence, de délicatesse et de distinction. Calmement, elle dit “Je suis Mila, oui bien sûr”… Et dieu qu’elle est élégante. »
Mona Ozouf dit d’elle-même qu’elle est « de l’Ancien régime ». Elle est très attachée à la civilité, à l’agrément entre les sexes, à la galanterie, à la conversation. Et à la littérature comme dernier espace, peut-être, qui rend compte de la complexité de la nature humaine, des différences et de la singularité, de l’articulation entre le personnel et l’universel. Elle évoque « des livres, des femmes, et des manières », de sa façon subtile et brillante dans son dernier ouvrage Pour rendre la vie plus légère (Stock) qui rassemble ses interventions dans l’émission Répliques d’Alain Finkielkraut.
Mona Ozouf nous invite à nous alléger des haines, des ressentiments et de la violence mais pas des principes. Sur le plateau de télévision, l’historienne répond avec grâce et humour, parfois avec gravité. Elle est une quintessence d’intelligence, de délicatesse et de distinction. Calmement, elle dit « Je suis Mila, oui bien sûr »… Et dieu qu’elle est élégante.

lundi, février 10, 2020

Les limites de Finkielkraut sont celles de beaucoup.



Je ne suis pas étonné, puisqu'il nous a fait le même coup avec Trump  : incapable d'aller au-delà des apparences, tout même un peu gênant pour un « grand » intellectuel (dommage, car l'analyse du comportement médiatique de Trump est passionnante et son efficacité redoutable : les Démocrates n'arrivent toujours pas à mettre en place une stratégie gagnante).

Cette réaction vis-à-vis de Mila s'explique très bien :

1) Finkielkraut n'est pas un guerrier. Un guerrier défend les siens sans faire de chichis. Ce n'est pas Zemmour qui se laisserait aller ainsi au « oui, mais ».

2) Comme le dit très bien le touit, Finkielkraut ne considère pas Mila comme faisant partie des siens. Moi, si. C'est toute la différence entre nous.

De toute façon, c'est simple : Finkielkraut passe beaucoup dans les medias. Cela signifie qu'il n'est pas un danger pour le Système. Demandez à Renaud Camus.

Nous n'avons pas besoin de Finkielkraut, c'est un aimable mondain de temps de paix. Qu'il prenne de longues vacances, nous le resortirons quand nous aurons gagné.









Toujours aussi con, Finkierlkraut.





Décidément, Roger Scruton me manque. Lui, c'était un type intelligent.

Les erreurs de jugements de Finkielkraut sont tout de même très nombreuses (il a commencé comme soixante-huitard, c'est dire ... Voir justement ce qu'en dit Scruton).

Il arrive à Finkielkraut d'être courageux, mais ce n'est vraiment pas un guerrier.

Il y a des situations tranchées où il faut choisir son camp. Et finasser, c'est, de facto, choisir le camp de la soumission.

Bref, Finkielkraut est un imbécile. Un gentil et estimable imbécile, mais imbécile tout de même.

samedi, novembre 16, 2019

« Affaire » Finkielkraut : hélas, il n'y a pas de fond à la connerie et le naufrage intellectuel ne mollit pas.

Si vous n'avez pas entendu parler de la dernière « affaire » Finkielkraut :

Finkielkraut fait les frais de la nouvelle campagne de pub de Caroline de Haas. A moins que l’ironie ne soit trop compliquée à appréhender pour la militante néoféministe.

Polémique sur Finkielkraut : « Faudra-t-il désormais un permis de second degré ? »

Et le parti dit, par antiphrase, France Insoumise (il n'est pas la France, et pas insoumis non plus) s'enfonce :






Bien sûr, à l'origine de cette agitation, il y a la dégueulasserie gauchiste. Et la politique identitaire qui transforme ses adeptes en Narcisses fragiles ne supportant pas la moindre pique.

Mais ce n'est pas seulement de la mauvaise foi. Il y a une réelle difficulté à comprendre. Je le constate tous les jours : l'incapacité à interpréter des figures de style classiques (l'antiphrase, l'euphémisme, la litote, ...) progresse telle la méningite. Lentement, elle s'installe et s'incruste, comme un virus.

L'origine de cette maladie intellectuelle est parfaitement connue. Depuis les années 60, les classes d'en haut détruisent l'ascenseur social afin de se protéger de la concurrence de ceux d'en dessous. Le principal instrument de cette politique est le sabotage de l'école, qui finit par affecter toutes les classes sociales (vous remarquerez la faute sur « ses » et « trainent » dans le touit supra).

A force de faire tourner à fond pendant cinquante ans une école transformée en fabrique du crétin, on en obtient la conséquence logique : une société de crétins, qui ne comprennent plus (et souvent à peine) que le premier degré sujet-verbe-complément.

J'ai bien une technique pour essayer de pouvoir continuer à faire de l'humour : le bombardement. S'il arrive qu'une blague ne soit pas comprise comme une blague, par contre, si vous en faites dix, on vous classe comme un blagueur. On est mal à l'aise parce qu'on ne comprend pas, mais on a quand même compris qu'on ne comprenait pas tout.

Cette façon de faire présente trois inconvénients : elle n'est pas infaillible, il y a des abrutis qui ne comprennent vraiment pas, même à la dixième blague. Elle met mal à l'aise ceux qui ne comprennent pas l'humour. Et puis, surtout, elle dégrade terriblement la conversation : au lieu de piques subtiles et d'allusions fines, c'est la grosse Bertha.

Reste la solution Audiard : « Je ne parle pas aux cons ». Mais vu la génération spontanée fulgurante de l'espèce en question, ma conversation va vite se réduire à un ennuyeux monologue.

Notons que Finkielkraut devrait s'inspirer un peu de cette maxime. Il parle trop. Il y a trop de phrases dans ses interventions et trop de mots dans ses phrases. Il devrait apprendre les vertus de la sobriété et de la concision. Sans rien changer, bien entendu, au sens de ses propos.




mercredi, février 20, 2019

Instrumentalisation de la judéophobie : toujours plus loin vers la tyrannie.

C'est bien malheureux ce qui est arrivé à Alain Finkielkraut (1).

Mais l'émoi médiatico-politique, spectaculaire, mis en scène, autour de cette agression est ridicule : la judéophobie musulmane n'est pas, ou on ne devrait pas être, une surprise. Pour personne.

On détecte tout de suite l'instrumentalisation quand on voit qui s'émeut : des gens qui n'ont jamais été avares de complaisances coupables vis-à-vis de l'islamo-gauchisme, par essence judéophobe.




C'est bien gentil de s'occuper des djihadistes, c'est très chrétien en un sens perverti, mais cela ne témoigne pas d'une hostilité farouche d'En Marche pour l'islamisme (comme d'autres indices le laissent penser, le « comique » Bellatar, le député Aurélien Taché), c'est le moins qu'on puisse dire.

Et ce sont ces gens-là qui versent dans les démonstrations grandiloquentes d'émotion après l'agression de Finkielkraut ?

S'ils étaient sérieux, ils feraient moins de bruit et plus de travail de fond.

Bien entendu, la lutte contre l'antisémitisme n'est qu'un prétexte. Ces pervers n'en ont rien à foutre, des juifs.

Le premier but est de salir les Gilets jaunes. Cela pose une fois de plus la question des tactiques à adopter par les GJ pour éviter ce genre de piège.

Le deuxième, plus profond, est d'alimenter une psychose pour pousser les pions liberticides, et ça marche, hélas :



La plupart des gens, pourtant nés avec la télévision, ne prennent aucun recul par rapport aux emballements médiatiques, qui ne sont jamais innocents, jamais sans but ni programme.

Pourtant, nous ne sommes vraiment pas loin des 4 conditions de Volkoff permettant de détecter la désinformation :

1) Tout le monde dit la même chose. L'Huma et le Figaro sont d'accord. Dans le monde réel, avec toutes ses complexités, c'est impossible. Nous sommes donc en face de la désinformation.

2) Nous sommes informés jusqu'à saturation d'un certain coté du problème et pas du tout des autres.

3) Tous les bons sont d'un coté et les méchants de l'autre.

4) L'acquiescement de l'opinion débouche sur une psychose collective.

Sur le 2) par exemple, je n'ai lu dans aucun journal un article sur les sources de la judéophobie musulmane. Cela semble un phénomène naturel sorti de nulle part.

En tout cas, c'est une bien belle manipulation.

Alors, ne vous emballez pas. Défendez les juifs calmement, sans effets de manche, sans vous en servir comme prétexte pour exhiber votre belle âme, avec une grande persévérance car c'est un combat de longue haleine. Et servez avant tout la Justice.

Addendum :

Antisémitisme: le rassemblement de ceux qui n’ont rien fait contre.A l'initiative du PS, le défilé organisé à Paris a tout du bal des hypocrites.

Voilà ce qui arrive quand on touche à la laïcité.

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(1) : je regrette d'avoir pensé et écrit que, en tant que personnage médiatique (et non en tant que juif -la judéité est une catégorie d'explication qui m'indiffère), il pouvait avoir provoqué cet incident (je me rappelais le précédent de Nuit Debout - deux fois les mêmes circonstances, ça me paraissait trop gros pour être vrai), sa réaction ultérieure politiquement incorrecte prouve que j'avais tort : Finkielkraut a juste un grand talent pour se faire pincer les doigts dans la porte. (Ca a au moins l'avantage d'être révélateur)

lundi, février 18, 2019

Lutter contre la judéophobie, c’est facile.

Au risque de surprendre, je pense que lutter contre la judéophobie (terme que je préfère au vague « antisémitisme ») est facile.

Si on ne le fait pas, c’est qu’on ne le veut pas vraiment, on veut juste, et encore, traiter la symptôme, pas la maladie. « On », ce sont nos gouvernants depuis plusieurs décennies.

La judéophobie a presque disparu de la masse du peuple français vraiment français (tous les sondages et toutes les études le montrent). Il ne reste plus que deux sources :

1) La culture musulmane.

2) Le sentiment de dépossession.

[Addendum : j'ai oublié : une école qui enseigne au lieu d'une école qui formate (ce n'est pas en répétant que la haine des juifs c'est mal qu'on combat la judéophobie. C'est en donnant les moyens intellectuels de comprendre le monde sans passer par la simplification du complot juif). Mais alors là ... autant croire au père Noël.]

Les deux se rejoignent dans l’islamo-gauchisme.

Il serait très facile, si nos gouvernants le voulaient, de traiter ces deux causes :

1) Zéro immigration musulmane, les Français ne demandent que cela (y compris d’ailleurs beaucoup de musulmans intégrés !).

2) Plus de démocratie et reprendre possession de leur pays, il me semble que cela fait trois mois que des centaines de milliers de Français manifestent pour cela.

Autrement dit, si les gouvernants voulaient vraiment éradiquer les causes sociales de la judéophobie (je pense qu'il y aussi des causes psychologiques, plus difficiles), ils auraient un soutien populaire qui renverserait tous les obstacles que la bien-pensance ne manquerait pas de leur opposer. Sortir de la CEDH ? De la CJUE ? Dénoncer les traités européistes qui nous ligotent ? Un référendum et c’est fait haut la main.

Pourtant, la triste vérité est que ceux qui poussent des cris de putois à la moindre insulte judéophobe sont bien contents d’avoir ce prétexte pour culpabiliser les vrais Français (qui n’y sont pas pour grand’chose). La chasse à la « mauvaise pensée » est devenue une méthode de répression arbitraire  (comment se défend-t-on de « Vous êtes antisémite même si vous ne le dites pas. Votre discours est connoté, je vous accuse de pensées antisémites dissimulées » ?  Doit-on se scier le crâne pour montrer ce qu'il ya dedans ?).


Nota : le père Finkielkraut m'en a bouché un coin, j'ai été injuste à son égard :






dimanche, novembre 04, 2018

La guerre civile par d'autres moyens

Trouvé chez Bruno Bertez :

American Politics Is Now Just Civil War by Other Means

Le passage essentiel est celui-ci (veuillez me pardonner ma flemme de traduire) :

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When Trump calls the establishment media the enemies of the people, that’s because they – together with their passive NPC drones and active Antifa enforcers – are enemies, if by “the people” we mean the historic American nation. Trump’s sin is that he calls them out for what they are.

Trump didn’t cause today’s polarization, he only exacerbates it because he punches back. Good, may he continue to do so. Pining for a more well-mannered time in a country that belongs to another, long-gone era is futile.
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Ce point me paraît essentiel : l'appel aux bonnes manières est une façon de conforter ceux qui tiennent le manche. Dans une situation de péril extrême, il est sain que les opposants soient cohérents, c'est-à-dire extrêmes eux aussi (je n'ai pas dit « extrémistes », il y a une nuance).

Alain Finkielkraut, qui est une personne estimable mais, en tant qu'intellectuel, pas loin d'être un imbécile, ne comprend rien à Trump  et en appelle, sincèrement me semble-t-il, à la civilité, sans comprendre qu'elle joue contre ce qu'il défend.

Il y a les imbéciles, il y a aussi les lâches (voir le commentaire de Wil 04 novembre 2018 à 01:47).

Ludovic Monnerat, un colonel suisse qui tenait un blog et a disparu des radars (si quelqu'un a des nouvelles ...), affectionnait le dicton : « Il y a deux sortes de militaires : les herbivores et les carnivores ». C'est à la guerre qu'on fait la différence. En temps de paix, les herbivores les plus habiles se donnent une image de carnivores.

Dans l'ordre intellectuel et politique (1), c'est pareil. Nous sommes dans un temps où il faut des carnivores.

De Gaulle et Thatcher ont souvent râlé d'être cernés par les mous, même parmi leurs fidèles. Il y a des moments où il faut des gens qui grimpent à l'échelle pour l'assaut sans tergiverser.

Trump et Salvini sont de ceux-là. En France, Wauquiez ... (je plaisante. Hélas. C'est un herbivore qui n'arrive même pas à se donner une image de carnivore. C'est dire s'il est con).

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(1) : je mélange volontairement les ordres intellectuel et politique. Dans l'ordre intellectuel, les ronds-de-jambe sont tout simplement grotesques. Montaigne a déjà tout dit :

De l'art de conférer

Dans l'ordre politique, on peut nuancer, puisque les violences rhétoriques débouchent parfois sur des violences physiques.

Mais nos ennemis ont choisi depuis une cinquantaine d'années d'établir une continuité entre ces deux ordres. De faire la guerre dans l'ordre intellectuel comme ils font la guerre dans l'ordre politique, et vice-versa. J'en tire les conséquences : vous avez voulu la guerre ? Hé bien, vous l'avez. Vous avez Trump, vous avez Orban, vous avez Salvini ...

mercredi, avril 04, 2018

Finkielkraut à la ramasse

Décidément, si j’ai de l’estime pour la personne d’Alain Finkielkraut, on ne peut pas dire que je sois ébloui par sa pensée (sauf par son sens de la formule). Notamment, sa pensée politique ne m'impressionne vraiment pas, il fait dans le centrisme mou et consensuel à la Bilger alors que nous sommes pris dans un combat à mort.

Il dit dans le Figaro que nous progressons, qu’il est enfin licite de parler de l’islamisme et de la judéphobie (terme plus précis que « antisémitisme ») musulmane et que c'est un progrès.

Il n’a rien compris : nous ne progressons pas, ce sont les nihilistes qui actent une victoire.

Quand il devient licite de parler d’un sujet auparavant interdit, c’est qu’il est devenu trop tard pour y porter remède. C’est une manière d’acter le fait accompli. C’est une façon de cocher la case : « Et une destruction. Une ! ».

Aujourd’hui, il est licite de parler des méfaits de l’immigration, du naufrage de l’école ou de la violence de l’islam parce qu’il est trop tard pour y remédier. On permet la catharsis parce qu'elle ne peut plus déboucher sur une action et que, ce faisant, elle joue encore dans la main des destructeurs, en désamorçant la colère. A tout prendre, mieux vaudrait que le tabou persiste et que la colère soit entretenue souterrainement pour exploser un jour.

En revanche, il reste tabou de parler des ravages du divorce, de la catastrophe de l’avortement ou de la féminisation de certaines professions parce que nous ne sommes pas encore arrivés au bout de la destruction. Une fois que les Français auront cessé d’exprimer sondage après sondage (même si, dans les faits, c’est autre chose) leur attachement à la famille ou une fois que la médecine française, notamment rurale, aura été détruite par la féminisation, nous pourrons critiquer librement. Pas avant.

Finkielkraut prend les vessies pour des lanternes et les bulletins de victoire des nihilistes pour des progrès.

Comme disait un adjoint de Montgomery, quand celui-ci clamait que l’opération manquée Market-Garden était une victoire : « Encore beaucoup de victoires comme celle-ci et nous allons perdre la guerre ».

vendredi, mars 31, 2017

Macron, héritier de Hollande : enfin !

La grande manœuvre : comment Hollande pousse secrètement Macron

Ca fait des semaines que j'attendais ce genre d'articles.

Je ne comprends pas pourquoi l'équipe de Fillon ne se répand pas sur la toile avec ça, ne fait pas le « buzz ». Ou plutôt si, je comprends : il n'y a pas d'équipe Fillon.

François Fillon est un homme seul, il se retrouve bien malgré lui opposant au Système alors que ses soutiens supposés en sont des piliers. Ils font donc le service minimum. Beaucoup des prétendus soutiens de Fillon seraient finalement moins gênés d'une victoire de Macron que du risque que les choses changent.


Je trouve souvent que la réflexion de Finkielkraut manque de finesse, mais là, il faut juste avoir la franchise de dire ce que l'on voit, il est parfait :

Alain Finkielkraut : « Il ne s'agit plus, en votant, de choisir, mais d'obéir »

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LE FIGARO. - À trois semaines du premier tour, que pensez-vous de cette élection présidentielle ? Qu'est-ce qui la caractérise ?

Alain FINKIELKRAUT. - Jamais une ambiance aussi lourdement prescriptive n'a pesé sur une élection présidentielle. On n'attend pas comme naguère le verdict des urnes, on attend la confirmation dans les urnes d'un verdict déjà rendu. Les citoyens que nous sommes sont mis en demeure de valider ce scénario écrit d'avance: éliminer au premier tour le candidat de la droite et du centre discrédité par les affaires, puis élire au second le candidat d'En marche! pour faire barrage au Front national. Il ne s'agit plus, en votant, de choisir, mais d'obéir.

Rien de tel ne serait arrivé, me dira-t-on, et nous n'étoufferions pas sous le règne humiliant de cette injonction permanente, si Fillon n'avait pas lui-même dérogé à son image d'homme irréprochable. Il a fallu l'accaparement familial de son enveloppe parlementaire et les largesses consenties à son épouse par la Revue des deux mondes pour que se mette en place le scénario de l'élection obligatoire. C'est vrai. Ayant moi-même été très choqué de l'entendre dire: « Qui imaginerait le général de Gaulle mis en examen ? », car cette phrase ne respectait ni la présomption d'innocence ni la séparation des pouvoirs dans la mesure où elle conférait à la justice le soin d'arbitrer sa rivalité avec Nicolas Sarkozy, je me suis remémoré, dans les premiers jours du « Penelopegate » ce sage proverbe africain: « Quand on monte au cocotier, il vaut mieux avoir le cul propre.»

Mais je me demande aujourd'hui ce qui rend la justice si expéditive et les journalistes si hargneux. Parce qu'il ne disposait pas d'éléments assez graves et concordants pour renvoyer François Fillon devant un tribunal correctionnel, le parquet national financier a confié le dossier à trois magistrats instructeurs. Saisis le 24 février, soit deux jours avant l'entrée en vigueur de la loi qui aurait provoqué la prescription de la plupart des faits incriminés, ces juges ont épluché le dossier pendant le week-end, alors même que les policiers n'avaient pas eu le temps de produire un rapport de synthèse, ce qui, selon le journal Le Monde lui-même, est très inhabituel en procédure. Dès le lundi, c'est-à-dire sans avoir procédé à la moindre investigation, les magistrats envoyaient une lettre recommandée aux époux Fillon en vue d'une mise en examen. Et François Fillon était convoqué le 15 mars, soit deux jours avant la clôture des parrainages. Cette précipitation n'a pas été plus critiquée que la médiatisation instantanée des procès-verbaux des auditions. On y a même vu un acte de salubrité publique. Peu importe le respect des règles : tout devait être fait pour empêcher la vénalité d'entrer à l'Élysée. C'est le mandat moral que s'est assigné la plus grande partie de la presse. Ainsi, le lendemain de la mise en examen de Penelope Fillon, a-t-on appris au journal télévisé de France 2 qu'elle risquait dix ans de prison pour ses abominables forfaits.

[…] je me suis dit que ce qui se joue dans l'affaire Fillon ce ne sont pas les infractions qu'il a pu commettre. On déteste en lui non les médiocres magouilles ni l'argent qu'il a amassé (Macron s'est enrichi beaucoup plus et beaucoup plus vite), mais le côté vieille France. Nos sociétés se partagent désormais entre planétaires et sédentaires, globaux et locaux, hors sol et autochtones, ouverts à toutes les innovations et attachés aux traditions. Du fait même de leur mode d'être et d'agir, la majorité des journalistes appartiennent à la première catégorie et Fillon, aussi geek, aussi connecté qu'il se veuille, représente à leurs yeux le monde d'avant. C'est à ce monde qu'à travers lui ils ont le sentiment de donner tous ensemble le coup de grâce.

[…]

Si aujourd'hui vous avez le malheur de dire que dans tel ou tel domaine la situation empire, les choses se dégradent, le journaliste qui vous questionne vous regarde interloqué et s'exclame: « Vous n'allez tout de même pas prétendre que c'était mieux avant ! » C'était mieux avant est la phrase que la doxa vous interdit de prononcer sous peine de passer pour le dernier des cons. Pangloss mène la danse et persécute la nostalgie. Macron est le candidat de Pangloss. À l'heure où la langue française dépérit, où la nation se disloque, où l'école s'effondre, où la production animale remplace l'élevage fermier et fait disparaître veaux, vaches, cochons, couvées, il explique doctement que le vieux clivage droite-gauche doit être remplacé par l'opposition des progressistes et des conservateurs.

Et qu'est-ce que le progrès pour Emmanuel Macron ? C'est d'abord de ne jamais oublier de dire « celles et ceux » quand il désigne une pluralité d'individus, c'est ensuite la dissolution de toute permanence, la liquidation de tout ce qui est solide, la libération de tous les flux. Les flux contre l'identité, la circulation contre l'héritage, l'avenir ubérisé contre l'expérience partagée, la diversité et la mobilité contre l'idée même d'une culture française et d'un art français : avec ses « helpers », ses « coworkers » et son « pôle event », Emmanuel Macron ne conçoit pas la France comme une nation, il la voit comme un open space.

Mais il n'est pas seul en cause. J'ai été frappé par l'indigence du premier débat présidentiel sur la question éducative. Aucun candidat n'a pris la mesure du désastre. François Fillon a certes insisté sur la nécessité de revenir «aux fondamentaux», mais ce mot, «fondamentaux», est un éteignoir bureaucratique. Il faut nommer les choses pour prendre conscience de leur disparition.

[…]

Mais qu'advient-il à la civilisation quand deux corporations se soustraient à l'obligation de rendre des comptes ? Des juges et des journalistes peuvent saccager des vies, il ne leur arrive rien, ils ne répondent de rien, et si l'on s'avise de s'interroger sur leurs pratiques, on tombe dans la trumpisation. Un nouveau syllogisme est à l'œuvre: Trump critique les médias, Trump critique les magistrats ; critiquer les médias et les magistrats, c'est donc se ranger sous la bannière du mégalomane infantile qui met la planète en danger. C'est trop facile. Et pour ma part, je ne vois rien de trumpiste dans la volonté de connaître l'origine des fuites qui ont déclenché l'affaire Fillon. Une telle information ne peut en aucun cas lui servir d'excuse, mais, comme dit Edwy Plenel, nous avons le droit de savoir. La démocratie ne saurait s'accommoder d'une investigation à géométrie variable. Cessons donc de dénoncer le complotisme pour justifier l'incuriosité et laissons Trump là où il est. Imaginez, en effet, qu'il émette demain un jugement négatif sur Staline ou Pol Pot. Faudra-t-il, pour montrer de quel bois on se chauffe, envisager leur réhabilitation ?
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lundi, avril 18, 2016

Alain et la réalité du politique

Alain Finkielkraut a un coté naïf, Pierrot tombé de la lune, toujours à s'étonner quand il rencontre dans la vraie vie de vrais méchants, que cela soit sur internet ou place de la république, assez navrant pour un homme de son âge. Avec son expérience, il devrait mieux savoir que cela. Il n'a pas lu Carl Schmitt ou Julien Freund. Ou ils ne les a pas compris. Il ne connaît pas l'histoire des guerres civiles et des luttes politiques. Ou il ne les a pas comprises.

Ca et d'autres choses me font trouver le penseur sans grand intérêt. En revanche, l'homme m'est sympathique.

Il a eu un certain courage d'aller voir les Nuit debout / Journée couché par lui-même, mais, justement, les moins naïfs que lui n'ont pas eu besoin de se déplacer pour comprendre ce qu'il en était, cette manifestation non autorisée (en plein état d'urgence !) étant sans mystère (comme le rappelle Guillaume Perrault, on connaît la technique depuis les « journées » révolutionnaires, ça commence à faire un bail).

Citons encore Guillaume Perrault :

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Rien de fécond ne pourra naître des incantations de la place de la République. Le grand historien du libéralisme anglais, Elie Halévy (1870-1937), avait tout dit. En 1906, rentré d'Oxford, l'universitaire assiste à une réunion politique à Paris. Il en sort accablé, et écrit à sa femme :

« Quand j'écoute, comme hier à la Société de philosophie, un socialiste révolutionnaire français divaguer trois heures de suite au milieu de l'attention respectueuse d'une trentaine de fonctionnaires, je souhaite d'avoir une religion, un roi, respecter les institutions établies pour donner une assiette à ma vie et sentir que quelque chose autour de moi et en moi s'oppose au tumulte, à la violence, à l'incohérence et à la funeste éloquence. »
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L'oncle Finky était-il conscient que son escapade était risquée, qu'un excité alcoolisé ou abruti de mariejeanne pouvait lui mettre son poing dans la gueule ou pire ? Je n'en suis pas sûr, vu qu'il avait emmené son épouse. Ca fait un peu bizarre de penser qu'un homme de sa réputation n'ait pas bien compris que se mêler de politique est dangereux, physiquement dangereux. Pourtant, ses parents ont failli être poussés dans un four pour des raisons politiques, sans animosité personnelle, ça devrait vacciner, rendre prudent, une histoire pareille.

Sa démarche a eu le mérite d'éclairer les naïfs dans son genre et de faire marrer (jaune) les cyniques dans mon genre.

C'est pour ce courage et ce mérite que je vous joins son article :

Finkielkraut : « Ma réponse à ceux qui m'ont expulsé de Nuit debout »

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Et ça ne prend pas. Dans les rues qui longent la place, la vie continue comme si de rien n'était. Les gens vont au restaurant ou au spectacle sans prêter la moindre attention à ce qui se passe à quelques mètres d'eux. J'ai pris conscience, assis moi-même sur une terrasse pour me remettre de mes émotions, que Nuit debout était une kermesse gauchiste sous cloche, une bulle révolutionnaire lovée au milieu d'une ville complètement indifférente.

Tout le monde s'en fout, de Nuit debout. Tout le monde, sauf les médias qui cherchent éperdument dans ce rendez-vous quotidien un renouveau de la politique et lui accordent une importance démesurée. Quel contraste avec les Veilleurs, ces manifestants nocturnes contre la filiation pour tous et la gestation pour autrui! Ceux-là retardaient la marche de l'humanité. Ils ont donc été traités comme quantité négligeable. Je n'ai pas de sympathie particulière pour leur action mais j'aurais aimé alors, et j'aimerais aujourd'hui que les médias se donnent pour mission d'informer et non d'épouser ce qu'ils croient être le mouvement de l'Histoire.
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Je suis d'accord avec lui : ça ne prend pas.

En revanche, je ne suis pas d'accord avec la suite comme démonstration : « Dans les rues qui longent la place, la vie continue comme si de rien n'était. Les gens vont au restaurant ou au spectacle sans prêter la moindre attention à ce qui se passe à quelques mètres d'eux. » Pendant la Terreur et l'Occupation, les gens allaient au théâtre et au restaurant, ça ne veut démontre rien.

Ce qui prouve que ça ne prend pas, c'est que le pouvoir n'est pas menacé, ni légalement (on ne sent pas un engouement massif susceptible de faire gagner une élection à Nuit à bavasser) ni illégalement (vous imaginez les gendarmes prêtant main forte à un coup d'Etat des crasseux de Nuit à fumer des pétards !).




samedi, janvier 23, 2016

De l'impartialité des médias et autres contes pour enfants

Cet extrait de Causeur m'a bien fait rire :
1h28 de jeu [match Finkielkraut Cohn-Bendit]. Un autre moment fort du match. David Pujadas quitte à la surprise générale son rôle d’arbitre et lance, presque solennel : « N’oublions pas quand même, et tout le monde sera sans doute d’accord ici, qu’une écrasante majorité des musulmans adhèrent aux valeurs françaises et se fondent parfaitement dans la société française. » Accélération de mon rythme cardiaque. Je m’égosille. « Tu te bases sur quelles statistiques ou sur quels chiffres précis pour sortir cela David ? Et la laïcité, la liberté d’expression, ça fait partie des valeurs françaises ou pas ? Et l’égalité homme-femme, la lutte contre l’antisémitisme aussi ?
Pujadas ne me répond pas. Faut dire qu’il ne peut pas m’entendre de là où il est. Mon chien me reluque bizarrement.
On joue depuis plus de deux heures maintenant et on va enfin savoir qui a remporté la rencontre. L’arbitre fait appel à Karim Rissouli. Le journaliste est censé nous dire quel est la tendance sur les réseaux sociaux. Je me souviens avoir vu ce journaliste s’en prendre à Zemmour il y a quelques années, quand il officiait au « Grand Journal » sur Canal+. Du coup, un doute m’effleure quant à son impartialité. Karim Rissouli précise que les commentaires les plus fréquents concernent l’intervention de l’enseignante, sans préciser s’ils sont élogieux ou non. « Qui a gagné sur Twitter entre Cohn-Bendit et Finkielkraut ? Je dirais 50-50 », conclut-il magnanime. Du coup, le doute m’effleure un peu plus encore. Ce n’est pas du tout l’impression que j’avais en lisant les réactions tout à l’heure.
C’est au tour de Jean-Daniel Lévy d’intervenir pour l’institut Harris Interactive. D’après un sondage réalisé en fin d’émission, c’est Cohn-Bendit qui a le plus convaincu les téléspectateurs (55%) face à Finkielkraut (44%). El Rafe tweet dans la foulée : « Ils font croire que les gens ont préféré Cohn-Bendit à Finkielkraut. LOL »
Sur Twitter, je m’amuse à répertorier les tweets concernant l’émission. J’en dénombre 36 : 28 d’entre eux sont favorables à Finkielkraut ou défavorables à Cohn-Bendit contre 8 pour l’opinion inverse. Je me dis que Karim Rissouli est sans doute davantage un littéraire qu’un matheux car 28/8 ce n’est pas, même grosso modo, du 50/50.
Du coup, je vais illico sur la page Facebook « Des paroles et des actes ». Il est minuit et je dénombre pas moins de 417 messages postés durant l’émission. J’hésite quelques secondes. Mais je veux en avoir le cœur net. Je décide de me coltiner tous les messages, histoire de connaître le ressenti des gens. Surtout qu’au-delà de 400, l’échantillon commence à être représentatif. Un hommage à Stakhanov. Histoire de bien faire les choses, je dénombre précisément les messages favorables à Finkielkraut (ou défavorables à Cohn-Bendit) d’un côté, ceux favorables à Cohn-Bendit (ou défavorables à Finkielkraut) de l’autre. Dans une troisième colonne, je répertorie les messages neutres ou hors sujets. Je prends un crayon noir et une gomme. J’ai l’impression de faire une heure de colle à l’école.
Le résultat est édifiant. Pas moins de 190 messages sont en faveur de Finkielkraut contre… 35 pour Cohn-Bendit. Ce qui nous fait un ratio de 85/15 en faveur du philosophe. Par ailleurs, près de 130 personnes s’attaquent plus ou moins vertement à la prof d’Anglais, vous savez celle qui va « droit au but », alors que seulement 9 la soutiennent.
Je referme mon cahier avec plein de questions en tête. Sur quels critères le journaliste s’est-il basé pour balancer son 50/50 ? Au lieu de citer quelques tweets anodins, pourquoi n’a-t-il pas mentionné les critiques massives à l’égard de l’enseignante sur les réseaux sociaux, lui qui était censé décortiquer la tendance ? Qui sont les gens interrogés par l’institut de sondage ? Comment un tel décalage avec les réseaux sociaux est-il possible ?
Dans les années 60, l’Office de radiodiffusion-télévision française contrôlait la télé publique et la plupart des journalistes étaient à la botte des gaullistes. Aujourd’hui, l’ORTF n’existe plus. La télé publique a-t-elle changé de camp ?

mardi, novembre 10, 2015

L'étrange fragilité d'Alain Finkielkraut

Alain Finkielkraut a écrit un article dans Causeur dont je ne peux lire que le début (la suite est payante) :

La haine au nom de l’amour

J'y trouve cette phrase que je trouve assez ridicule :

«Je suis atterré et très affecté par les attaques féroces de ces dernières semaines.»

Atterré, je veux bien, mais affecté ?

Un honnête homme n'est affecté que par les critiques des gens qu'il estime.

Cela signifie-t-il qu'Alain Finkielkraut garde quelque estime pour ceux qui le trainent dans la boue ou, du moins, qu'il recherche leur approbation ? Ca ne m'étonnerait qu'à moitié. Après tout, il persiste, de manière navrante pour quelqu'un censé être intelligent, à se proclamer de gauche. Cette façon de regretter de ne pas être approuvé par les salauds est indigne d'un éminent intellectuel. On dirait un chien abandonné qui suit son maître malgré les pierres que celui lui lance pour l'éloigner.

Il faut dire qu'il a naturellement un air de chien battu !

Quel contraste avec Julien Freund qui vivait dans son Alsace chérie et n'avait que foutre du qu'en dira-t-on parisien, ce qui ne l'a pas empêché d'acquérir un renommée internationale. Constatons que ce n'est pas tout à fait le même calibre.

Finkielkraut, un philosophe qui n'est pas très philosophe.

jeudi, août 13, 2015

Débat Houellebecq-Finkielkraut

Débat Houellebecq-Finkielkraut (exceptionnellement, je n'ai pas repris le titre de l'article pour le lien parce que ce titre est très con, à contre-courant de l'article).

Je suis beaucoup plus en accord avec Houellebecq qu'avec Finkielkraut.

Comme d'habitude, Finkielkraut est incapable de penser les religions. C'est quand même l'homme qui a réussi à écrire un livre sur Péguy en faisant l'impasse sur son retour au catholicisme. Cet angle aveugle devient inquiétant. Cela rend sa pensée naïve, voire crétine ... et sans guère d'intérêt.

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[…]

Michel Houellebecq - Je suis tout à fait d'accord, le malaise occidental est avant tout endogène. De ce point de vue, je suis resté tout à fait positiviste. A la fin du Moyen Age, on entre dans une nouvelle ère, critique, celle que Comte appelait l'âge métaphysique, qui est incapable de créer quoi que ce soit, dont la seule fonction est de détruire l'ère organique antérieure, basée sur la féodalité et la chrétienté. Nous vivons en ce moment l'effondrement de l'âge métaphysique, qui va laisser la place à une nouvelle ère organique, nécessairement basée sur une religion. Mais quelle religion ? En bon disciple de Comte, j'ai exploré dans mes romans précédents l'hypothèse d'une religion nouvelle, basée sur la science. J'avais omis de considérer cette hypothèse simple: il se peut très bien qu'on assiste, tout simplement, au retour d'une religion ancienne.

Alain Finkielkraut - Dieu est parti, et il ne dépend pas de nous de le faire revenir. Je crois que ce qui est mort pour de bon en France comme dans le reste du monde occidental, c'est la croyance en la vie éternelle. «Là où il y avait Dieu, il y a maintenant la mélancolie», disait Gershom Scholem. Et le croyant lui-même ne sait plus retirer à la mort son dard venimeux. On ne peut pas décider de croire à nouveau dans la vie éternelle - et c'est le destin de l'Occident… Mais il faut en rabattre : l'histoire de l'Occident, ce n'est pas l'histoire universelle. Je pense qu'en islam, par exemple, la question de la vie éternelle ne fait même pas débat.

Michel Houellebecq - Alain, je suis en net désaccord là-dessus. Ce sont ceux qui croient à la vie éternelle qui survivent. La religion gagne toujours à la fin - ne serait-ce que pour des raisons simplement, brutalement démographiques.

[…]

Alain Finkielkraut -[…]Par-delà la mort, [les tués de Charlie Hebdo] nous posent cette question : qui sommes-nous et à quoi tenons-nous ? La France, qui s'enchante de ses valeurs, prend conscience que les valeurs ne sont pas tout. Elle redécouvre qu'elle a des moeurs parce que ces moeurs sont aujourd'hui rejetées par une partie de la population. Et cela doit se distinguer, je crois, de la question religieuse.

Michel Houellebecq - Je ne crois pas qu'on puisse dissocier la question des moeurs de la question religieuse. J'ai lu l'ayatollah Khomeyni, c'est intéressant. On aimerait avoir en France des gens d'une aussi grande rigueur, qui souligneraient que l'islam parle peu des questions métaphysiques, beaucoup plus des moeurs et de l'organisation sociale. C'est cette modestie métaphysique qui lui a permis de traverser sans problème les révolutions scientifiques successives, alors que le catholicisme se fracassait sur Galilée, puis sur Darwin.

[…]

Michel Houellebecq - On peut écrire des essais, étudier l'histoire, mais je crois que les bifurcations essentielles demeurent mystérieuses, on les ressent sans les comprendre. Nous venons de traverser une de ces bifurcations. Depuis les attentats de Charlie Hebdo, plus personne ne croit que les choses puissent s'arranger ; et, pire, plus personne ne le souhaite.
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lundi, avril 28, 2014

Le mécontemporain (A. Finkielkraut)

L'élection d'Alain Finkielkraut à l'Académie Française m'a donné envie de lire ce livre. Je me doutais qu'il allait m'intéresser.

De Péguy, on ne connaît plus qu'une image : le chantre de la patrie charnelle, tué à l'ennemi en septembre 1914 après des vers prémonitoires. Certains, plus cultivés, se souviennent aussi du fils de la rempailleuse de chaises, normalien et dreyfusard.

On comprend immédiatement pourquoi Finkielkraut a eu la bonne idée d'exhumer Péguy : il était tellement visionnaire qu'il tombe à pieds joints dans les débats actuels.

Finkielkraut commence par faire un sort à la colère de Péguy. En effet, Péguy s'exprime quasiment toujours sur le ton de la colère (ce qui est lassant). On a mis cela un peu aisément sur le compte de l'ambition frustrée. Finkielkraut fait remarquer qu'il y a des cas où l'homme en colère a raison et l'intellectuel détaché et serein tort.

Péguy détestait la modernité parce qu'elle créait un homme déraciné et «surplombant», ne faisant plus partie du monde mais le regardant de haut comme une chose infiniment malléable, y compris les autres hommes. L'homme moderne croit pouvoir se créer lui-même et ne rien devoir.

L'image du bois et du fer est explicite.

Le bois est un matériau à l'ancienne : il a ses veines, ses courbes, ses noeuds, son histoire. Il est une donnée. Tout l'art du menuisier ou du sculpteur est d'en tirer le meilleur. Un coup de ciseau de trop et c'est foutu. L'homme est sur le même plan que le bois.

Le fer est un matériau moderne. Il est putassier. Il n'est pas une donnée, il se donne. Une fois fondu, il n'a plus d'histoire. Il est ductile, soudable, on peut corriger les erreurs. Il se soumet sans rechigner aux calculs.

Pareil pour la science, on est passé de l'observation à l'expérimentation. L'observation, c'est la nature qui se donne à voir. Une expérience, cela consiste à mettre la nature dans une situation artificielle aux convenances de l'homme.

Vous voyez, Péguy n'aurait absolument pas été surpris par le «mariage pour tous». Péguy invente un mot pour qualifier le monde moderne : la «panmuflerie», la muflerie en toute chose. Incidemment, on comprend à quel point nous méritons François Hollande, le président mufle.

Où est le problème de la modernité ? C'est qu'elle ampute l'homme de sa dimension la plus importante, sa dimension spirituelle. Avec la dimension spirituelle, c'est la dimension historique  qui disparaît car nous sommes des héritiers avant tout par l'esprit et par la culture. Péguy fait remarquer que nous avons le devoir de protéger les morts, il sont très vulnérables, ils ne peuvent plus se défendre : il suffit qu'une génération cesse de transmettre leur héritage et ils sombrent dans l'oubli.

Péguy a lui-même été victime de crime posthume, puisqu'il est désormais associé aux pétainistes et que certains voient en lui un précurseur du fascisme.

Qu'est-ce qui distingue Maurras et les pétainistes de Péguy ? Quand Maurras écrit la «la seule France», c'est encore un individualisme matérialiste. Certes, sur une base collective, mais ce n'est pas très différent de penser que seules les nations existent comme les individualistes pensent que seuls les individus existent.

Les individualistes pensent que seuls les individus existent et que la nation n'est qu'une idée. Les maurrassiens pensent que seules les nations existent et qu'elles sont matérielles.

Péguy les renvoient dos à dos en disant que la nation est, à la fois, matérielle et idéale. C'est ainsi qu'il combine son dreyfusisme, soutien à la France idéale, et son soutien à l'armée, soutien à la France charnelle.

Tout cela est bel et bon, mais il y a tout de même un truc qui me chiffonne : Finkielkraut réussit à écrire tout un livre sur la pensée de Péguy sans évoquer autrement qu'au détour d'une demi-phrase son spectaculaire retour au catholicisme. C'est une sorte d'exploit. Je ne suis pas bien sûr qu'il faille applaudir Finkielkraut.

vendredi, février 07, 2014

Finkielkraut : des socialistes saisissent le CSA

Finkielkraut : des socialistes saisissent le CSA

Le premier danger, ça serait de dire «ils sont complètement cinglés», sous-entendu «ils ne savent pas ce qu'ils font».

Ils savent très bien ce qu'ils font : ils veulent que les Français de souche, seuls parmi toutes les populations vivant en France, n'osent plus revendiquer leurs origines alors qu'ils sont les seuls légitimes à le faire.

Ce n'est évidemment pas un hasard si cette plainte est portée par deux socialistes d'origine étrangère. Ils mènent une guerre, contre les Français revendiquant leur «françitude», qui, pour n'être que juridique, n'en est pas moins une guerre.

Deuxième danger, minimiser : «plainte ne veut pas dire condamnation».

Certes, mais c'est le même problème qu'avec le responsable de Hollande démission : les salauds  sont fonctionnaires, apparatchiks, subventionnés, ils n'ont que cela à faire, d'emmerder les Français. Ils sont même payés pour.

Au contraire, Finkielkraut n'a pas que cela à faire, se défendre va lui couter des soucis, du temps et de l'argent, même s'il gagne.

C'est un harcèlement. Comme tout harcèlement, il fonctionne à l'usure. Il ne faut pas voir seulement ses effets immédiats.

Les dissidents soviétiques ont tous fini par partir en exil, usés par le harcèlement des autorités. Devrons nous aussi partir en exil pour pouvoir discuter librement de la France et des Français ?

Il ne faut jamais oublier que les Français furent, avec leur révolution, les précurseurs du totalitarisme. Nos socialistes n'en ont que foutre de la liberté de pensée.

Grâce à nos institutions et à notre système juridique, cohabitent désormais en France deux traits contradictoires : le juridisme à l'anglo-saxonne et la toute-puissance de l'Etat et des organes para-étatiques en matière de comportement, de discours et de pensée.

Lorsqu'Alain Finkielkraut se dit stupéfait de cette plainte, il fait preuve d'une grande naïveté. Il n'a pas encore compris à qui il avait à faire. On peut trouver bien des qualificatifs pour la plainte le concernant, mais certainement pas «surprenante» et «étonnante».


samedi, janvier 21, 2012

Bigeard privé d'Invalides ?

Quelques salopards, appuyés par les traitres habituels (puisqu'il y a eu une polémique sur ce blog à propos des phrases qu'on colle à un parti, rappelons celle fameuse de Jacques Duclos «Le Parti Communiste doit concourir à la défaite de l'armée française partout où elle se bat»), pétitionnent pour que les cendres de Marcel Bigeard ne soient pas transférées aux Invalides.

La mauvaise foi (cette pétition vient de gens qui vénèrent Trotsky, le boucher créateur de l'Armée Rouge) le dispute à l'imbécillité.

Nicolas Sarkozy, toujours aussi couillu, hésite.

Le texte de Finkielkraut remet les pendules à l'heure.

lundi, février 07, 2011

Pourquoi je n'aime pas Alain Finkielkraut

J'ai lu très jeune La défaite de la pensée d'Alain Finkielkraut. Il rencontre un succès d'estime dans la réacossphère. Je devrais l'aimer, n'est-ce pas ?

Hé bien non. Et pour des raisons précises.

Le droit du sol est, en ces temps de grandes migrations, un crime contre la France. Or, qui était dans les années 80, en pointe dans le combat contre les différentes lois qui tentèrent de revenir sur ce droit funeste ? Alain Finkielkraut. En 1997 encore, ce n'est pas si vieux, il signait une pétition réclamant leur abrogation.

C'est une trahison. Pas une petite trahison, comme de changer de parti politique ou de boucher-charcutier. Non, une vraie trahison, de celles qui se terminent dans le petit matin blême à la Santé. «En joue .... Feu». Pan ! Pan ! Et le coup de grâce derrière l'oreille.

Bien sûr, l'Alain, il n'a pas été condamné pour son crime contre la France, il n'a même pas été jugé. Il a été encensé, fêté, médiatisé célébré, par le tout-Paris microcosmique.

Et vingt ans après, regrette-il ? Pas le moins du monde. Bien sûr, bien sûr, il regrette amèrement, bruyamment et médiatiquement les conséquences fâcheuses de ses mauvaises idées, mais pas au point de remettre en cause les idées en question. Il baigne toujours dans le bain méphitique de l'universalisme.

Comme Zemmour, Finkielkraut est l'allié objectif du politiquement correct. Il le rend tolérable en laissant croire que la bien-pensance accepte la contestation. Mais c'est une opposition en carton bouilli, qui n'est pas cohérente, qui ne va pas au fond des choses, et qui, en réalité, ne conteste rien du tout d'essentiel et repose sur les mêmes bases intellectuelles que le politiquement correct.

Avec des opposants comme ceux-là, le politiquement correct devrait bien durer mille ans. Beaucoup plus de temps qu'il n'en faut pour faire disparaître la France.

Ecoutez Jean Raspail, c'est autre chose.