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dimanche, novembre 04, 2018

La guerre civile par d'autres moyens

Trouvé chez Bruno Bertez :

American Politics Is Now Just Civil War by Other Means

Le passage essentiel est celui-ci (veuillez me pardonner ma flemme de traduire) :

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When Trump calls the establishment media the enemies of the people, that’s because they – together with their passive NPC drones and active Antifa enforcers – are enemies, if by “the people” we mean the historic American nation. Trump’s sin is that he calls them out for what they are.

Trump didn’t cause today’s polarization, he only exacerbates it because he punches back. Good, may he continue to do so. Pining for a more well-mannered time in a country that belongs to another, long-gone era is futile.
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Ce point me paraît essentiel : l'appel aux bonnes manières est une façon de conforter ceux qui tiennent le manche. Dans une situation de péril extrême, il est sain que les opposants soient cohérents, c'est-à-dire extrêmes eux aussi (je n'ai pas dit « extrémistes », il y a une nuance).

Alain Finkielkraut, qui est une personne estimable mais, en tant qu'intellectuel, pas loin d'être un imbécile, ne comprend rien à Trump  et en appelle, sincèrement me semble-t-il, à la civilité, sans comprendre qu'elle joue contre ce qu'il défend.

Il y a les imbéciles, il y a aussi les lâches (voir le commentaire de Wil 04 novembre 2018 à 01:47).

Ludovic Monnerat, un colonel suisse qui tenait un blog et a disparu des radars (si quelqu'un a des nouvelles ...), affectionnait le dicton : « Il y a deux sortes de militaires : les herbivores et les carnivores ». C'est à la guerre qu'on fait la différence. En temps de paix, les herbivores les plus habiles se donnent une image de carnivores.

Dans l'ordre intellectuel et politique (1), c'est pareil. Nous sommes dans un temps où il faut des carnivores.

De Gaulle et Thatcher ont souvent râlé d'être cernés par les mous, même parmi leurs fidèles. Il y a des moments où il faut des gens qui grimpent à l'échelle pour l'assaut sans tergiverser.

Trump et Salvini sont de ceux-là. En France, Wauquiez ... (je plaisante. Hélas. C'est un herbivore qui n'arrive même pas à se donner une image de carnivore. C'est dire s'il est con).

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(1) : je mélange volontairement les ordres intellectuel et politique. Dans l'ordre intellectuel, les ronds-de-jambe sont tout simplement grotesques. Montaigne a déjà tout dit :

De l'art de conférer

Dans l'ordre politique, on peut nuancer, puisque les violences rhétoriques débouchent parfois sur des violences physiques.

Mais nos ennemis ont choisi depuis une cinquantaine d'années d'établir une continuité entre ces deux ordres. De faire la guerre dans l'ordre intellectuel comme ils font la guerre dans l'ordre politique, et vice-versa. J'en tire les conséquences : vous avez voulu la guerre ? Hé bien, vous l'avez. Vous avez Trump, vous avez Orban, vous avez Salvini ...

dimanche, avril 24, 2016

Les limites de l'angélisme judiciaire

Je n'ai pas parlé du nouveau procès Breivik, j'ai juste laissé un commentaire chez P. Bilger pour rappeler le sort fait au fétichisme juridique dans le discours Le déclin du courage. C'est l'un de ces cas navrants où j'ai honte d'être un occidental.

Mais Stéphane Montabert a écrit un billet qui me va bien :

Les limites de l'angélisme judiciaire

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Dans une société saine d'esprit, Anders Breivik aurait été exécuté depuis longtemps et le monde serait passé à autre chose. La Norvège ne l'est plus - en bonne partie à cause de "progressistes" dont la jeunesse travailliste d'Utøya au sein de laquelle le néo-nazi fit un carnage.

Les bons sentiments sont toujours faciles lorsqu'on se donne le rôle d'observateur extérieur. L'exercice est plus difficile lorsqu'on endosse le rôle de victime. Les premiers concernés sont déboussolés:

« Que le tribunal tranche en faveur de Breivik est le signe que nous avons un système judiciaire qui fonctionne et respecte les droits de l’homme même dans des conditions extrêmes », a tweeté l'un [des survivants d'Utøya], Bjorn Ihler, appelant à prendre le jugement « sérieusement ». « Hourra pour l’Etat de droit et tout ça, mais ça, c'est absurde », a pour sa part réagi Viljar Hanssen, qui avait reçu cinq balles, dont une à la tête, pendant la fusillade.

Anders Breivik doit sa survie et sa victoire légale de cette semaine précisément à la culture de l'excuse entretenue par ses victimes. Ce n'est pas le moindre des paradoxes ; on pourrait pousser l'absurde encore plus loin et affirmer que maltraiter Breivik en prison reviendrait à trahir leur mémoire. Peut-on aller jusqu'à dire qu'il faudrait viser sa réinsertion et que c'est, selon la formule consacrée, "ce qu'ils auraient voulu" 

Le cas Breivik n'est pas qu'un exercice de style. Les massacres refont leur apparition sur le continent européen et posent de façon urgente la question de sanctions appropriées, car il va de soi que des exemples de ce type ne dissuaderont aucun candidat de passer à l'acte.
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J'aime bien aussi la formule de Christian Vanneste : «A force de ne pas tuer les loups, nous allons finir comme des moutons ».