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vendredi, août 14, 2020

Cons comme des pelles à merde.



Bon, c'est exprimé un peu brutalement, mais je suis bien obligé d'approuver.

Les jeunes que je fréquente ne m'éblouissent pas, c'est le moins que je puisse dire.

Connaissances très faibles et désordonnées. Capacités de réflexion nulles. Dès qu'on les titille un peu, il n'y a plus personne. Régurgiteurs de propagande. Incapables de tenir le choc d'une conversation qui ne soit pas complaisante.

Ceux issus de ce qui est censé être les meilleurs établissements de France style Henri IV ou Stanislas se trimballent dans une médiocrité arrogante ou sympathique, suivant les caractères. Comme dit Edouard Husson, la casse scolaire a désormais atteint la tête.

Le nouveau mal français.

mardi, février 11, 2020

Le sentimentalisme comme suicide civilisationnel

Dalrymple demande s'il faut rire ou pleurer de ce père d'une victime du terrorisme qui espère que ce qui est arrivé à son fils ne servira pas de prétexte à allonger les peines des terroristes.

Ce sentimentalisme ridicule commence dès l'enfance. Le sentimentalisme est une anti-éducation.

Nombre de connasses (mais aussi quelques connards) appellent leurs rejetons « mon ange » voire « mon petit ange ». Il est clair que cette mièvrerie sirupeuse va fabriquer des adultes de choc, aptes à affronter les difficultés de la vie avec sérénité et persévérance, en se tenant droit.

Et tout est comme ça. Le but des parents est de rendre leurs enfants « heureux », c'est-à-dire de n'en rien en exiger et de ne rien leur apprendre qui demande quelque effort.

Au fond, les parents ne savent plus à quoi ils servent, à part subvenir aux besoins matériels. Parce qu'ils considèrent les enfants comme un produit de consommation, ou au moins, un objet de désir.

Il est difficile de se sentir des exigences éducatives vis-à-vis d'enfants considérés comme des animaux de compagnie en moins obéissants. La plaisanterie de Coluche « y en a qu' ont des enfants parce qu'ils n'ont pas pu avoir de chiens » devient en occident une vérité anthropologique (les chiens sont désormais aussi mal éduqués que les enfants).

Le Figaro se lamente à propos des écrans (Enfants et écrans : les contradictions des parents) mais c'est toute l'attitude des parents qui est contradictoire : ils voudraient faire plaisir à leurs enfants comme à leur chien, ils voudraient qu'ils se tiennent tranquilles comme leur chien mais ils voudraient aussi qu'ils soient intelligents comme des hommes ayant bénéficié de l'éducation la plus exigeante.

Il y a là une contradiction que rien ne peut résoudre, alors, la plupart du temps, on va au plus facile, l'exigence éducative est sacrifiée, pas forcément dans le discours (on se raconte des histoires, on relativise), mais dans les faits, dans les comportements.

Et on obtient la génération de lamentables abrutis que nous connaissons.

dimanche, novembre 03, 2019

Tout le monde il est surdoué, surtout les crétins.

« C’est valorisant de penser qu’on a un enfant intelligent plutôt qu’un petit dragon » 

ENTRETIEN - Psychologue pour enfants, Caroline Goldman déplore un business du « surdon » en France, de nombreux professionnels surfant sur le désir narcissique des parents.

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« Je n’en peux plus. La moitié des parents sont convaincus que leur enfant est surdoué », raconte cette professeur des écoles, qui enseigne depuis cinq ans en maternelle dans un établissement privé et huppé de l’Ouest parisien. Cela « empire à l’école primaire puis au collège », renchérit une autre enseignante du même établissement, un âge où « les enfants insupportables ou en difficulté scolaire sont souvent présentés comme précoces par leurs parents ».
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En réalité, vu l'effondrement de l'intelligence des occidentaux, il est plus probable que le nombre de surdoués, suivant les critères d'avant, diminue. Evidemment, dans une classe d'abrutis, il est facile de traiter de surdoué celui qui sait écrire son nom à 7 ans.

Je connais un vieil instituteur qui avait un point de vue très simple sur ses élèves : « Il y a les cons. Et les autres, qui sont très peu nombreux ». Il se gardait bien d'en faire part aux parents.

Dans une classe de 30 élèves, c'est déjà bien si 1 ou 2 ont un vrai potentiel intellectuel, sans être forcément des surdoués.

C'est pourquoi, si l'objectif est l'instruction, c'est une très mauvaise idée de diminuer les effectifs par classe : on prive les élèves moyens de têtes de classe qui peuvent les entrainer.

Mais, bien sûr, si comme semblent l'estimer 99 % des Français, qu'ils soient parents d'élèves, enseignants ou politiciens, la première mission de l'école est le gardiennage des enfants, alors diminuer les effectifs par classe est une bonne idée. Ca soulage les gardiens-animateurs, les Gentils Organisateurs, comme on dirait dans un club de vacances, abusivement baptisés « professeurs ».

Au passage, la façon la plus simple de régler le problème des mères accompagnatrices voilées, c'est de supprimer les sorties scolaires, qui sont une distraction néfaste.


lundi, juin 24, 2019

« Canicule » : quels enfants allons nous laisser à notre monde ?

Le brevet des collèges reporté à cause de la « canicule », c'est, à mes yeux, la même chose que la légalisation du cannabis, objet de précédent billet. La pente de la facilité, l'esprit d'abandon.

Evidemment, c'est plus facile, plus immédiat, les félicitations pleuvent aussitôt en bouquets de tous les champions du laxisme.

Or, en essayant de protéger les enfants et les élèves de tout, nous, adultes, trahissons notre premier devoir qui est de les éduquer. Educare : conduire hors. Hors d'eux-mêmes, hors de l'enfance, hors de la puérilité.

L'être humain ne se développe que dans l'effort. En ôtant l'adversité, nous éradiquons aussi toute possibilité de développement (c'est le but recherché par certains idéologues. Mais la plupart des laxistes sont simplement des idiots utiles du nihilisme).

Je suis terrifié par les enfants que ce comportement anti-éducatif donne : des narcissiques plus ou moins colériques, mais arrêtés par le moindre obstacle. La grosse crise de colère, puis la dépression.

Ils ont d'autant plus un avis sur tout qu'ils sont ignares. Ce n'est pas la génération X, ou Y, ou Z, c'est la génération DK, comme Dunning-Kruger.


Une vraie canicule :




samedi, décembre 08, 2018

La police à l'école



Voici le commentaire que j'ai laissé au Figaro :



L'attitude idiote et très actuelle consistant à se plaindre de malheurs dont on a tout fait pour qu'ils arrivent à le don de m'irriter.

mercredi, septembre 19, 2018

La gifle

« L'affaire de la gifle est le symptôme d'une société en manque d'autorité »


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Tous les pédopsychiatres, les enseignants, les magistrats, les policiers constatent le développement continu de nouvelles formes de violences dans la jeunesse. L'intolérance à la frustration qui caractérise tant de nos jeunes enfants et élèves sont des bombes à retardement pour la société de demain. Quand s'y ajoutent la déculturation de masse et/ou l'identitarisme d'une minorité qui s'estime toute-puissante, le danger est mortifère. Ces violences s'inscrivent pleinement dans le contexte d'un individualisme toujours plus amoral qui justifie, au nom de son bon droit, d'écraser l'autre ou de chasser en meute, qui un chauffeur et «son bus de merde» qu'on caillasse, qui une fille aux atours trop féminins pour ne pas être «une salope». Ce collégien se souviendra sans doute de cette gifle reçue pour l'insulte qu'il a proférée. Elle aura peut-être une valeur éducative, évitant que l'insulte restée impunie l'autorise, demain, à agresser physiquement un adulte qui lui ferait une remarque.

En effet, il faut s'inquiéter de la rapidité du passage des insultes aux coups devenue trop banale dans la jeunesse. Cela exige qu'on s'interroge sur notre modèle de civilisation, pas seulement sur notre «modèle de société» comme on l'entend dire pour la forme par ceux qui ont validé ce modèle de déconstruction de l'autorité et de la culture qui lui était adossée. La civilisation est une construction précieuse et fragile, élaborée par la chaîne de générations successives. La famille, où souvent le rôle du père s'efface soit pour ressembler à une maman-bis, soit pour déserter le champ éducatif abandonné à une mère qui doit jouer tous les rôles, est le lieu premier de la civilisation. Il est celui où se forge une vision du monde, des grands modèles d'action pour la vie future. Elle est ce lieu où se donne un enseignement moral qui n'a rien à faire dans l'école - lieu de transmission des savoirs et non une plateforme éducative où on formate les esprits aux enjeux de l'idéologiquement correct du moment, en se substituant à l'éducation familiale. La famille est ce lieu précieux qui préserve l'enfant de notre monde glorifiant l'utile et le bougisme, elle est le lieu où s'enseignent les permanences.
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Cette catastrophique forclusion du père qui ouvre le chemin de la barbarie vient de loin. Guillotiner Louis XVI, c'était déjà tuer le père. Mais il y a aussi beaucoup plus près.



jeudi, décembre 07, 2017

Le plein midi des abrutis

Marin de Viry a écrit Le matin des abrutis. On n’en n’est plus là, on s’approche de midi.

Maxime Tandonnet s’étonne des progrès fulgurants de la bêtise au sein de notre société :

La crétinisation de la France

Cette bêtise se manifeste dans les indicateurs les plus basiques : tests d’intelligence divers et variés, maîtrise de gestes et de concepts élémentaires.

On met volontiers cette catastrophe sur le compte des « perturbateurs endocriniens ». Foutaise ! Non qu’ils ne jouent pas un rôle, mais celui-ci est mineur par rapport aux éléphants dans la pièce. C’est comme quand on attribue la baisse de la fécondité à la pollution : pour faire des enfants, il faudrait que les hommes et les femmes restent ensemble suffisamment longtemps pour avoir envie de faire des enfants et couchent sans contraception. Alors, la pollution …

De même, on sait depuis la nuit des temps, et les neurosciences le confirment tous les jours, que le cerveau humain se développe à travers des périodes de stimulation intense et puis de repos. Et que ce qui n’a pas été appris au bon moment dans l’enfance est impossible à rattraper. Autrement dit, pour développer au mieux l’intelligence d’un enfant, il faut alterner effort et ennui. Effort et ennui ? Les deux ennemis de nos contemporains. Essayez donc d’expliquer à des jeunes ou à des parents que l’effort intellectuel intense (pas le petit effort qu’on arrête, mon chéri, à la première difficulté) et l’ennui sont une bonne chose, excellents, indispensables. Plus grave, essayez d’expliquer à une institutrice (il n’y a presque plus d’instituteurs) que son travail n’est pas animatrice de classe. Vous m’en direz des nouvelles.

Le symbole de notre société d'abrutissement, c'est l'écran, télévision ou jeu video : le cerveau n'est ni stimulé de manière structurée ni au repos, le pire état qu'on puisse imaginer.

De plus, si on monte d'un niveau dans l'échelle de la complexité, les réseaux dits sociaux inventent de fausses sociabilités, des sociabilités leurres, qui se substituent aux sociabilités authentiques et empêchent leur construction.

De plus, il n’est pas sûr que nous importons les populations les plus susceptibles de donner des prix Nobel de physique (pour le dire gentiment).

Avec ces deux facteurs, je n’ai pas besoin de faire vingt ans d’études sur les perturbateurs endocriniens pour expliquer l’effondrement de l’intelligence des Français. L’ironie de l’histoire est que cette éducation sans effort qui fabrique des abrutis génère un ennui abyssal. Cet ennui qu’on veut pourtant éviter à tout prix.

Bref, l'étonnant n'est pas que nous vivions dans un monde d'abrutis, mais qu'il n'y en ait pas davantage.




mercredi, janvier 25, 2017

Méritocratie contre élitisme

Un distinction subtile mais que je crois pertinente et importante, comme la distinction entre intelligent et intellectuel.

Méritocratie, Oligarchie et Populisme



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Il y a une sacrée différence entre méritocratie et élitisme. La méritocratie est une oligarchie qui feint d’être là par pur mérite, alors qu’elle n’y est que par reproduction. L’élitisme consiste au contraire à pousser chacun au plus haut de ses capacités — particulièrement les plus jeunes. Quelles que soient leurs origines.
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dimanche, septembre 25, 2016

Islam : l'endoctrinement par les manuels scolaires

Comment l'islam est abordé dans les manuels scolaires ?

L'article parle de désinformation, ou d'information biaisée. Je parle d'endoctrinement, pourquoi ?

Parce que c'est la vocation naturelle de l'école à s'opposer à l'endoctrinement musulman (comme aux autres endoctrinements) en lui opposant la vérité et la solidité des savoirs construits. En manquant à cette mission, par lâcheté, pusillanimité ou complicité, l'école favorise de fait cet endoctrinement.

Que diraient toutes les belles âmes qu'une présentation complaisante de l'islam ne dérange pas en cas de présentation complaisante du nazisme (islam et nazisme ont beaucoup d'affinités) ?

mardi, août 09, 2016

Quand la bêtise à front de taureau est au pouvoir

Suède: les dérives de l'interdiction de la fessée

Ce qui me fait rager dans cette nouvelle, c’est la bêtise.

Tout cela était prévisible et prévu. Mais les idéologues hors sol sont sourds, arrogants et dépourvus du moindre bon sens. Hélas, ils ont le pouvoir. C’est rageant …


dimanche, mai 29, 2016

Il n'y a pas d'épidémie de dyslexie et il n'y a pas d'épidémie d'enfants hyper-actifs

Il y a juste des enfants victimes de méthodes d'apprentissage catastrophiques et des enfants mal élevés.

Mais la mode est à médicaliser et à psychiatriser les comportements, ce qui évite (bien évidemment c'est le but) de remettre en cause nos sociétés à la dérive.

vendredi, octobre 23, 2015

Comment être prof dans les territoires perdus de la République ?

Comment être prof dans les territoires perdus de la République ?

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Les professeurs témoignant dans votre documentaire font état de quatre fléaux par lesquels une partie de leurs élèves sont touchés. Il s'agit moins d'une violence en acte que de «codes de pensée»: le sentiment de ne pas appartenir à la nation française (voire une stricte «francophobie»), mais à la fraternité de la Oumma ; le goût pour l'explication conspirationniste du monde ; un sexisme assumant sans complexe son mépris du féminin ; un antisémitisme qualifié de «domestique» par le sociologue Smaïn Laarcher.
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J'avoue avoir le plus grand mal à plaindre les enseignants. Certes, la situation des professeurs des territoires perdus n'est pas enviable, mais ils y sont quand même pour beaucoup. Ils ont soutenu sans faiblir les valeurs, les principes et les politiques qui les ont menés là où ils sont. Il est un peu tard pour pleurer.

Chaque fois qu'un prof a voté socialiste ou trotskiste, chaque fois qu'un prof a défilé en gueulant «Première ! Deuxième ! Troisième génération ! Nous sommes tous enfants d'immigrés !», chaque fois qu'un prof a enseigné la repentance coloniale ou le mépris de l'autorité, il a préparé son malheur actuel.

Et j'écris au passé parce que je suis gentil.

Quand on lit d'anciens profs comme Polony ou Brighelli, on s'aperçoit qu'ils n'ont toujours rien compris.

Ils en appellent à l'école «républicaine» et «laïque», «à l'ancienne», sans comprendre qu'étatisme et immigrationnisme ont désormais partis liés, qu'en appeler à l'Etat, c'est maintenir le loup communautariste dans la bergerie et que la laïcité est une arme de guerre contre le seul catholicisme et qu'elle renforce mécaniquement l'islam.

jeudi, avril 02, 2015

Hélas, je n’y perds pas mon latin

Un jour, je me suis retrouvé à parler du latin avec un collègue qui avait passé le latin comme deuxième langue aux concours alors que je l’avais passé en deuxième langue au bac. Nous devisions sur cette langue à la fois étrangère et si familière. Le latin est, pour un Européen, un oxymore : une langue maternelle étrangère.

C’est fini : à « l’école de la république », l’apprentissage du latin devient impossible, par décret de Mme Vallaud.

Pas la peine de longues explications. Entre l’utilitarisme, l’égalitarisme et le nihilisme, il y a suffisamment de mots en « isme » pour comprendre. Il faut sans doute y ajouter la haine moderne de la beauté sous toutes ses formes.

Nous sommes en plein dans les thèses de Rémi Brague (et d’autres) : la culture est chose très fragile. Il suffit qu’une génération (en l’occurrence, les enfoirés de 68ards et leurs descendants directs) refuse de transmettre pour que la chaine soit rompue à jamais. Cette catastrophe a déjà eu lieu à la fin de l’empire romain d’occident, cela n’était pas beau à voir.

Le palmarès de nos destructeurs est impressionnant : français ? Fini. Grammaire ? Fini. Orthographe ? Fini. Littérature ? Fini. Histoire de France ? Fini. Logique ? Fini. Calcul ? Fini. Géométrie ? Fini. Faut-il que la haine soit profonde en leurs cœurs pour arriver là. On le connaît bien ce mélange de la rancœur adolescente et de la jalousie des médiocres.

Fumaroli et Letac sur le massacre du latin

Arma virumque cano, Troiae qui primus ab oris
Italiam, fato profugus, Laviniaque venit
litora, multum ille et terris iactatus et alto
vi superum saevae memorem Iunonis ob iram;
multa quoque et bello passus, dum conderet urbem,
inferretque deos Latio, genus unde Latinum,
Albanique patres, atque altae moenia Romae

vendredi, mars 20, 2015

Macédoine : éclipse, Grèce, enracinement

Éclipse : l'Éducation nationale, les yeux grand fermés

La Grèce entre cigale et fourmi

Ces Français en quête d'enracinement

Simone Weil (le philosophe, pas le ministre de l'avortement) mérite d'être découverte. Je n'écris pas « re-découverte », je me doute qu'elle n'est pas au programme de nos « grandes » écoles qui fabriquent des nains nanissimes en humanités.










mardi, mars 17, 2015

La fessée non, la manipulation oui

Il n’y a que moi à être choqué par cet article du Point ?

Comment manipuler son enfant (pour se faireobéir)

Qu’il y ait de la manipulation (manipuler : amener quelqu’un à un but qu’il n’a pas fixé lui-même) dans l’éducation, c’est une évidence. Mais que la manipulation prenne toute la place par refus d’assumer l’autorité est profondément malsain.

Car l’autorité protège et crée  les conditions de la confiance. La manipulation détruit la confiance entre parents et enfants : les enfants finissent par comprendre les ficelles et qu’ils se sont faits avoir. Et s’ils ne le comprennent pas, il n’en restera pas moins qu’ils n’auront jamais connu de relation franche et respectueuse avec leurs parents (respecter un enfant, c’est le considérer comme un enfant et se comporter comme un adulte).

Nous vivons dans un monde carnavalesque où les principes sont cul par dessus tête.


jeudi, février 07, 2013

Qu'est-ce que l'éducation ?

Avec mes collègues, nous tenons des conversations de plus en plus élevées. Je commence à avoir la trouille : c'est anormal. Et tout ce qui est anormal doit susciter la peur, par pur instinct de  conservation (les «phobies» sont un signe d'intelligence basique). Donc, j'ai de plus en plus peur de mes collègues, déjà que je rase les murs et que  je porte un slip en zinc. Je me demande si je ne vais pas aller jusqu'au gilet pare-balles et à la kalach.

Vivement que nous recommencions à parler foot et bagnole.

Le sujet du jour était : «Qu'est-ce que l'éducation ?»

Excellente question puisque, sur ce sujet, le bon sens a subi depuis quelques décennies  une défaite en rase campagne dont nous voyons tous les jours les dramatiques conséquences.

Comme la guerre, l'éducation est un art tout d'exécution, mais, en théorie, c'est simplissime.

Eduquer, étymologiquement, c'est «conduire hors». Hors de quoi ? De l'enfance, bien entendu.

Et ce n'est pas nouveau, ça date des Romains (au moins). C'est dire si les relents réactionnaires et passéistes de l'éducation sont puissants, nauséabonds comme un clodo qui se déchausse.

Conduire hors de l'enfance ? Donc de la fusion maternelle et du fantasme de toute-puissance. C'est pourquoi l'éducation est à la fois frustrante et libératrice.

Frustrante, parce qu'elle pose des limites, la limite ultime et insurmontable de la vie adulte étant la mort acceptée. Libératrice parce qu'elle donne les outils pour affronter le réel et s'y épanouir. Toutes les micro-limites érigées quotidiennement par l'éducation «Mouche ton nez», «Dis bonjour à la dame», «Tiens toi droit» ne sont que les projections sur de petites situations de la Limite. Et ce rôle d'éducateur est symboliquement dévolu au père, cet ignoble intrus qui brise la fusion maternelle.

Inversement, la fusion maternelle est nécessaire pour acquérir la confiance mais devient à la longue étouffante et mortifère.

Bref, je pousse la folie jusqu'à prétendre cette chose horrible, fachisse, nazie, à savoir qu'en matière d'éducation, les sexes sont complémentaires.

Je n'ai malheureusement pas gardé un article fort intéressant d'un professeur de lycée expliquant qu'il trouvait que ses élèves étaient de plus en plus facilement découragés par les obstacles et devenaient dépressifs, qu'il y en avait de moins en moins de persévérants. Or, c'est pour moi un symptome de non-éducation, puisque je définis l'éducation comme l'apprentissage de la frustration afin de savoir s'épanouir malgré toutes les emmerdes qui nous tombent sur la gueule dans la vie.

La non-éducation est la facilité, c'est agreable de dire oui, mais aussi une trahison de ses devoirs.

L'explication de cette non-éducation ? La forclusion du père.

La plupart des pères que je connais se comportent comme des mères-bis et ne remplissent que très mal (en tout cas, pas aussi bien qu'ils le pourraient avec un peu de couilles) leur rôle d'éducateur. Seule leur présence, qu'ils ne peuvent totalement effacer, en introduisant un coin dans la fusion maternelle, joue encore un rôle éducatif. Quant aux «familles» monoparentales, mieux vaut ne pas en parler (on peut saluer les femmes seules qui arrivent quand même à éduquer leurs gosses).

Et l'on retombe sur le problème du conformisme qui modèle une société. Nos grands-parents se posaient-ils plus de questions que nous sur l'éducation ? Je n'en sais rien mais j'en doute. En revanche, l'exemple venu d'en haut et l'atmosphère générale étaient très différents.

Le père, et donc l'éducation, étaient valorisés. Aujourd'hui, le père, et donc l'éducation, sont dévalorisés. On a ce qu'on mérite.

Dieu rit des hommes qui se plaignent de maux dont ils chérissent les causes.

dimanche, février 19, 2012

Condamnation du maire gifleur: La France est-elle devenue allergique à l'autorité ?

Avant cet entretien, rappelons un principe : L'autorité est nécessaire à l'éducation et l'éducation est nécessaire pour se comporter face aux épreuves de la vie en adulte responsable. Conclusion : privés d'autorité, de plus en plus d'adultes n'ont pas grandi et se comportent comme des enfants narcissiques et irresponsables. J'en vois tous les jours, je peux vous donner une liste de noms, on en trouve même beaucoup en politique.

Bertrand Vergely est philosophe et théologien

Atlantico: Pour vous, que signifie cette décision de justice où le maire de Cousolre a été condamné à 1000 euros d'amende pour avoir giflé un garçon de 15 ans ?

Bertrand Vergely
: Cette décision de justice est lamentable. Elle signifie la victoire de l'idéologie dominante actuellement en Europe, qui considère qu'un père qui met une paire de baffes à ses enfants peut être traîné en justice pour des raisons de châtiments corporels. C'est le monde à l'envers. La société n'ose plus éduquer. Le discours idéologique anglo-saxon est en train de prendre le pouvoir, considérant qu'il ne faut absolument pas traumatiser l'enfant. Cela devient une sorte de phobie de la violence. Je pense que l'on est dans ce que Alain Minc avait appelé l'ivresse démocratique, où on n'ose plus critiquer quelqu'un, on n'ose plus rentrer dans le lard. Ce gamin qui a été giflé, il s'avère que c'est un multirécidiviste qui a dégradé le matériel de la commune et qui se permet, en plus, d'insulter le maire. Condamner ce dernier pour une baffe, avec une telle sévérité, alors qu'il n'a fait que réagir en bon père de famille, cela s'appelle de l'idéologie.

A votre avis, la justice avait-elle à intervenir ?

On est dans la judiciarisation de tous les aspects de la société, même les plus banals, et dans l'exagération judiciaire. C'est une dérive, où la justice acquiert un pouvoir sans précédent. Dès que vous critiquez ou insultez quelqu'un, vous êtes susceptible d'être trainé en justice. La justice intervient tous azimuts. Des fois, il y a des gens qui méritent une paire de baffes, et cela leur fait grand bien d'en recevoir une. Cette histoire de maire montre que ce n'est plus possible. La justice, ici, n'avait qu'une chose à faire: dire que cet incident ne la regardait pas. L'enfant n'en est pas mort, et il l'avait bien cherché. Pourtant, son père a été porter plainte, considérant que c'était une atteinte au droits de l'homme. On est dans une sorte de délire droit-de-l'hommiste et populiste qui consacre le règne des médias et des avocats, une dictature bien-pensante et judiciaire. Ces affaires vont se multiplier dans les années à venir.

Depuis l'épisode de la gifle de Bayrou qui l'avait rendu populaire, la société française a-t-elle évolué dans son rapport à l'autorité ?

Lorsque François Bayrou avait flanqué une paire de claques à un gamin qui lui faisait les poches, c'est tout juste si on ne l'a pas traité de fasciste. Le problème de l'autorité consiste à, par moment, taper du poing sur la table, à dire de c'est inadmissible, et aussi, de temps à autres, à donner une paire de baffes. Ce n'est pas de la torture, et dire le contraire constitue du terrorisme intellectuel. D'un autre coté, cela l'avait aussi rendu populaire, car il avait osé ramener un peu de bon sens dans une société qui en fait trop. Les choses s'aggravent, comme le montre la condamnation du maire. C'est l'aboutissement d'une culture qui tend à dire que toute autorité est fasciste. Mais si toute autorité devient suspecte, comment éduquer ?

samedi, octobre 15, 2011

Quelle politique après notre naufrage éducatif ?

Nous vivons un naufrage éducatif.

Certains psychologues tiennent que le matriarcat intégral que nous subissons est une figure inédite dans l'histoire, aux conséquences imprévisibles.

Dans l'éducation traditionnelle qui remonte (au moins) à l'Antiquité, l'alternance de la protection maternelle et de l'exigence paternelle préparait les enfants à être des adultes affrontant la réalité du monde.

Aujourd'hui, les enfants, élevés dans le mensonge qui consiste à leur faire croire qu'ils sont le centre du monde, étouffés par la sollicitude des vraies mères et des mères-bis que sont devenus les pères biologiques, découvrent à l'entrée de l'âge adulte que leur vie était bâtie sur une tromperie. C'est la fameuse crise de l'adolescence.

Au lieu d'avoir eu toute l'enfance pour se préparer à affronter le monde, ils doivent en quelques années turbulentes se forger les armes et les outils qu'on a refusé de leur enseigner. Il est bien normal qu'ils n'y réussissent qu'imparfaitement.

Quelles conséquences ?

La première conséquence, nous l'avons déjà sous les yeux : une décadence évidente de la vie sociale, intellectuelle et spirituelle. On ne compte plus les comportements et les idées marqués par la frustration, la puérilité et le caprice.

Je redoute que l'ère des conséquences n'en soit qu'au commencement.

On a pu décrire le nazisme comme la politique des enfants sans père, Hitler faisant office de père de substitution.

Mais il est une autre politique des enfants sans père possible : le retour dans le giron maternel d'où la méchante réalité nous a arrachés.

Une figure castratrice comme Ségolène Royal pourrait parfaitement incarner cette dictature maternelle du conformisme, de la fusion communautaire. Je crois d'ailleurs que cette dimension n'est pas absente de l'enthousiasme qu'elle a suscitée en 2007 : je suis frappé par le registre émotionnel et affectif de ses partisans.

En politique, c'est sûr, les années qui viennent vont être passionnantes. Heureuses, c'est moins sûr.