Affichage des articles dont le libellé est Naufrage de l'Etat-mamma. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Naufrage de l'Etat-mamma. Afficher tous les articles

vendredi, mars 13, 2020

La somme de toutes nos fautes.

1) De la gestion politique de l'épidémie de coronavirus, pas grand'chose à dire. Toutes les guerres perdues tiennent en deux mots : « Trop tard » (1).

Ceux qui avaient lu les ouvrages de Taleb, sur le cygne noir et l’anti-fragilité, ne sont pas du tout surpris.

2) Nous allons payer 3 décennies d'Euro et de technocratisme (ça va ensemble). Le rognage homothétique des budgets nous laisse sans marge de manoeuvre face à l'imprévu.

Le général qui garde une armée en réserve n'a pas besoin de savoir où l'ennemi attaquera : il a une réserve pour faire face à l'imprévu. A cause de l'Euro, des « contraintes  européennes », nous n'avons plus de réserves, nous sommes à poil.

Il y a encore beaucoup de Français qui ne veulent pas admettre le rôle destructeur de l'européisme parce que la dissolution du « rêve » européiste les laisserait démunis d'utopie et qu'ils ont peur des conséquences pratiques (quoi ? Prendre notre destin en mains ? Prendre nos responsabilités, nos décisions ? Ca fout les jetons !). Les premiers à avoir peur de la fin de l'européisme sont les politiciens.

3) Nous allons aussi payer des décennies de dissolution des liens naturels : invasion migratoire, décomposition des familles, dénatalité. Entre les vieux abandonnés et les bagarres à l'hôpital et dans les magasins, on n'a pas fini de rigoler (jaune).

4) La baudruche européiste se dégonfle. L'Italie préfère appeler à l'aide la Chine que ses voisins et l'Allemagne réquisitionne pour elle un stock de matériels sanitaires de l'UE. Et nous aurions du partager la bombe nucléaire avec eux ?

5) Bien entendu, nous allons payer la mondialisation et le tourisme de masse. Quel bonheur, Rome sans touristes.

6) Enfin, une faute spirituelle : nous sommes tellement abrutis de narcissisme et de matérialisme que l'idée de la mort nous empêche de vivre, nous fait perdre toute notion de la grandeur relative des choses. Une épidémie qui fait quelques dizaines de milliers de morts, surtout des vieux, donc plus près de la mort (j'aime mes parents, ce n'est pas la question) ne devrait pas paralyser notre pays. C'est un symbole cruel que le pays qui fut autrefois le coeur de la chrétienté, l'Italie, se retrouve comme mort et sans messes.



Pour l'instant, l'UE est partie pour être la zone du monde qui gère le moins bien l'épidémie (trop tôt pour dire concernant l'Amérique).

Le gouvernement français refuse les dépistages systématiques, faute, entre autres, d'en avoir prévu les moyens. Pendant ce temps, en Corée, on peut se faire dépister dans des drive through, comme au Mac Do, ce qui permet d'avoir une vue exacte de l'état de la population et rassure tout le monde.

*****************
(1) : Car je partage l'analyse d'Olivier Berruyer : la guerre contre l'épidémie est déjà perdue en France. Macron n'a plus que des mauvaises décisions devant lui : il laisse pisser et compte les morts (à mon sens, le plus rationnel, mais politiquement inacceptable) ou il bloque le pays et fait un million de chômeurs dans trois mois (le pays va peut-être se bloquer de lui-même).

François Bricaire dans Le Figaro :

Avec son diagnostic tranquille et son ton posé, il est l’un des rares porteurs du vaccin verbal contre les tentateurs de panique et les émules du principe de précaution appliqué à tout-va, tels Nicolas Dupont-Aignan, qui a dénoncé à grands cris l’impréparation des autorités, ou Marine Le Pen, qui réclame la fermeture des frontières. « Cela n’a aucun sens », tranche-t-il, en levant les yeux au ciel. « Les petits gestes du quotidien sont utiles, comme se laver les mains, mais le risque zéro n’existe pas », résume-t-il. Les caméras thermiques dans les aéroports dont les Chinois raffolent?  « Il suffit de prendre une aspirine avant l’atterrissage pour y échapper, et les Français sont très bons pour faire ça. » Aucune mesure coercitive n’empêchera la diffusion rapide du Covid-19. « À force de crier au loup, les gens ne vont plus croire aux mises en garde sérieuses lors de la prochaine pandémie », observe-t-il.

Pas facile de dire cela, quand la plupart de ses pairs s’en tiennent à une plus grande prudence. Bien sûr, ce virus nouveau peut réserver de mauvaises surprises. Il peut muter. Mais pour le moment, ce n’est pas le cas. « Si le Covid-19 était comparable à Ebola, qui tue 60 % des personnes infectées, je ne tiendrais pas le même discours, assène l’ex-chef du service des maladies infectieuses et tropicales de la Pitié-Salpêtrière. Vendredi dernier, il y avait 570.000 cas de personnes infectées par la dengue en Amérique latine, mais tout le monde s’en fiche. »

La décision italienne d’assigner à résidence tout un pays lui paraît donc très exagérée. « Les mesures drastiques de confinement détruisent des économies de manière bien plus dangereuse pour la santé des gens », met-il en garde. Dans un premier temps, il a été de ceux qui ont salué la mobilisation des autorités chinoises, mais aujourd’hui, il en mesure l’effet pervers : leur surréaction a induit un réflexe de précaution extrême partout dans le monde. Il ne voudrait pas pour autant qu’on le prenne pour un joyeux drille. « Je dis toujours à mes élèves qui ont choisi de se spécialiser dans les maladies infectieuses qu’ils ne s’ennuieront jamais et qu’ils se tromperont souvent. » En effet, il y a tellement de facteurs qui se combinent, « de la qualité du système de santé, au climat… », que la prévision est souvent prise en défaut.

En attendant, ce virus contagieux ne tue pas tant que cela. Il faudrait donc commencer dès maintenant à tirer des leçons de ce « crash test » pour nos systèmes de santé. « Cela peut nous inciter à réduire notre dépendance à la Chine et à l’Asie en général qui sous-traitent l’essentiel de la production de nos médicaments. » C’est l’occasion aussi de rappeler l’importance de la recherche semi-publique (Institut Pasteur et tant d’autres) en matière de vaccins, qui aura besoin de beaucoup de capitaux, souvent à perte, pour préparer la prochaine crise. Les nouvelles techniques sont prometteuses. « La génétique et l’intelligence artificielle peuvent nous aider à détecter en amont les virus émergents, par l’analyse du génome des virus déjà connus, avance-t-il. Soyons prospectifs ! Ne bloquons pas nos économies, et investissons pour trouver des prophylaxies et des thérapies. »




mardi, décembre 31, 2019

Le service public à la française que le monde entier nous envie (paraît-il): comparaison TGV-Shinkansen

Je peux témoigner de l'émerveillement du voyageur français habitué au TGV en découvrant le Shinkansen.

Jean-Pierre Robin: « Paris-Lyon et Tokyo-Kyoto au banc d’essai des trains à très grande vitesse »



Un point que certains d'entre vous ne jugeront pas majeur mais qui m'est de plus en plus pénible : le mauvais goût constant et la capacité d'enlaidissement sans limite de l'Etat technocratique français.

La dernière laideur à la mode, les éoliennes. Mais il y en a tant d'autres ...

mardi, novembre 05, 2019

Simplifions l'administration française : licencions en masse des ministres et des hauts fonctionnaires.

Olivier Babeau: Quand la simplification devient complexification

FIGAROVOX/CHRONIQUE - Le bilan de la simplication administrative est un échec sans appel. Notre chroniqueur Olivier Babeau explique les raisons de l’inertie des administrations centrales.
Par Olivier Babeau
Olivier Babeau. Jean-Christophe MARMARA/Le Figaro
Olivier Babeau. Jean-Christophe MARMARA/Le Figaro Jean-Christophe MARMARA/Le Figaro

Chaque semaine, Olivier Babeau décrypte l’air du temps pour FigaroVox. Il est président du think-tank l’Institut Sapiens et, par ailleurs, professeur en sciences de gestion à l’université de Bordeaux. L’auteur a récemment publié Éloge de l’hypocrisie (Éditions du Cerf, 2018).

Le bilan de la fusion des régions réalisée il y a trois ans est désormais connu. L’opération, on s’en souvient, avait pour but de réduire le fameux «millefeuille administratif» et d’endiguer la hausse des dépenses des collectivités locales. Miracle: dix régions de moins produiront une cinquantaine de millions d’euros de dépenses en plus en 2021. La nouvelle aura été assez peu commentée. On aurait pu concevoir que des foules de contribuables en colère viennent assiéger les exécutifs régionaux en exigeant des démissions. Des gilets jaunes auraient pu y trouver une légitime cause de courroux. Pourquoi sommes-nous si peu surpris de l’échec de cette simplification? La résignation y a sans doute sa part. Le Français ne se fait plus d’illusion concernant le fonctionnement de l’État. Et il a raison: la recherche académique a depuis longtemps montré les limites de la vision romantique d’une classe politique absorbée dans la recherche de l’intérêt général et d’une administration entièrement préoccupée de fournir le meilleur service public possible. En 1942, dans Capitalisme, socialisme et démocratie, Joseph Schumpeter osa mettre en doute le postulat traditionnel de «bienveillance» de l’homme politique, supposant que ce dernier poursuivait, comme tout un chacun, des objectifs personnels − carrière, confort, prestige, idéologie, etc. Il ouvrit la voie à un vaste courant de recherches hélas très méconnu en France. Des universitaires américains tels que James Buchanan, Gordon Tullock ou Mancur Olson portèrent ces travaux à leur niveau le plus élevé, constituant ce qu’il est convenu d’appeler l’école du choix public. Les découvertes de ces chercheurs ont jeté une lumière nouvelle sur le fonctionnement politique.
La complication est la grande arme utilisée par les organismes publics pour légitimer leur accroissement incessant.
L’école du choix public explique les nombreuses raisons pour lesquelles les administrations ne parviennent pas à se réformer. William Niskanen avait mis en évidence la tendance des administrations à vouloir accroître leur budget. Contrairement à une entreprise qui dépend en permanence de sa capacité à séduire des clients pour survivre, il existe une déconnexion totale entre la valeur d’un service public et son financement obtenu par l’impôt. Abritées par le monopole dont elles jouissent, les administrations peuvent ainsi sans sanction laisser filer leurs coûts de production et dégrader la qualité de service. L’administration peut librement devenir à elle-même sa propre fin: les citoyens, qui étaient au départ la raison d’être du système, n’en deviennent que le moyen. Le but d’une administration est de maximiser son pouvoir, donc son budget, tout simplement. Jacques Bainville écrivait avec causticité: «L’État encourage l’épargne comme l’éleveur engraisse les moutons.» La priorité du système, sa raison ultime, est la préservation de lui-même par tous les moyens, y compris l’exploitation de ceux qu’il administre, bien plus que le service de ces derniers. En un sens, les citoyens servent l’Etat, et non l’inverse. Si la bureaucratie a tendance à grossir, ce n’est pas en réalité parce qu’il y a objectivement plus de missions à remplir. C’est l’inverse qui est vrai: la bureaucratie remplit plus de missions car elle cherche à grossir, les missions nouvelles ne constituant que des prétextes.
La complication est la grande arme utilisée par les organismes publics pour légitimer leur accroissement incessant. Un règlement supplémentaire justifie l’existence des fonctionnaires qui l’ont édicté, rend nécessaire l’embauche de nouveaux pour en contrôler l’application et surtout crée un rideau de fumée permettant une mise à distance du reste de la société incapable d’en comprendre l’inutilité.
Les administrations centrales ont privilégié les décrets d’application pour fixer des milliers d’exceptions.
Pour ces raisons, et d’autres qu’il serait trop long de développer, les projets de simplification mènent presque immanquablement à plus de complications, et donc à plus de dépenses. Un exemple? En 2013, le gouvernement avait annoncé qu’il allait déclencher un «choc de simplification» qui allait enfin clarifier et faciliter les relations des citoyens et des entreprises avec l’État. L’une des mesures fortes du projet était d’instituer la règle selon laquelle «le silence de l’administration face à une demande vaut acceptation». Une révolution potentielle, puisqu’elle renversait la règle qui veut qu’un mutisme méprisant de l’administration soit une réponse − négative − suffisante aux demandes qu’on lui adresse. En faisant que le silence ne vaille plus rejet tacite mais acceptation, on bouleversait la charge de l’efficacité: l’État était tenu de réagir aux demandes et de motiver son refus, à défaut duquel le citoyen pouvait au bout de deux mois seulement considérer sa demande comme acceptée! Une innovation qui aurait obligé l’État à beaucoup se remettre en cause. C’est pourquoi il ne pouvait laisser faire. Les administrations centrales ont mis à profit les décrets d’application pour fixer des milliers d’exceptions au principe fixé par la loi, en déni complet de la volonté du législateur. Le délai de deux mois a même été repoussé, selon les cas, jusqu’à neuf mois. Celui qui voudra comprendre quelque chose à ces exceptions devra se reporter à un tableau de plus de cent pages accessible en ligne. L’ensemble est plus abstrus qu’un indicateur des chemins de fer. Sur plus de 3 600 procédures nécessitant une demande d’autorisation auprès de l’administration, seulement un tiers peuvent bénéficier de la nouvelle règle, et seulement 730 dans le délai de deux mois prévu initialement. Ainsi périt la volonté politique de simplification et les fantasmes de synergies lors des réorganisations.

samedi, mai 18, 2019

Un général pour Notre-Dame

Un général pour restaurer Notre-Dame.

Quel cinéma ! Pourquoi est-on allé cherché un général qui n'y connaît rien (ce n'est pas son métier) alors qu'il y a fouletitude d'architectes des bâtiments de France ? Pourquoi une loi spéciale ? Quel cirque là où il devrait y avoir sérénité et recueillement.

Après « un fait divers, une loi », on va avoir droit à « une catastrophe, un général ». Nous sommes dans la pure com, la manipulation émotionnelle, donner l'impression qu'on prend les choses à bras le corps, qu'il y a urgence, que, vite, vite, il faut faire quelque chose, n'importe quoi, mais quelque chose. La course du poulet sans tête.

La saine réaction : un pas en arrière. Y a-t-il urgence ? Non. Y a-t-il besoin d'un général ? Non. Une procédure d'exception se justifie-t-elle ? Non.

La vie étant ce qu'elle est, le général sans objet et la procédure d'exception sans justification risquent de provoquer plus de conneries que de miracles. Quand on fait les mauvaises choses pour de mauvaises raisons ...

La France de 2019 est un naufrage.

samedi, décembre 02, 2017

Chroniques d'un monde qui s'écroule (Black Friday, crise de la virilité et compagnie)

Black Friday : réduction (exceptionnelle) du domaine de l’humanité

***********
 […] Mais il est une troisième voie encore plus sûre vers le cataclysme, qui, non seulement n’est pas discutée, mais est au contraire valorisée, célébrée, glorifiée : celle du consumérisme fanatique dont le « Black Friday », cette journée de soldes importée des EtatsUnis, offre une excellente illustration. Il faut se réaliser que les manifestations mercantiles dont on nous offre l’affligeant spectacle ne sont que le fer de lance d’un mouvement profond résultant d’un faisceau de forces culturelles, sociales, et politiques aboutissant à la marchandisation complète de nos existences. La totalité des actions humaines est en passe d’être englobée dans une logique de marché. C’est la forme privilégiée dans laquelle s’exprime aujourd’hui l’idée même de progrès : il suffit – à propos justement du Black Friday – d’entendre la jubilation des responsables commerciaux des enseignes concernées, mais aussi l’accompagnement bienveillant de la plus grande partie des responsables politiques, notamment du gouvernement, et de notre président, dont la volonté d’ouverture des magasins les dimanches et jours de fêtes est la meilleure illustration. Plus que de progrès encore, c’est quasiment de salut dont il est question, implicitement, comme si cette frénésie de consommation était une façon de sortir nos sociétés de l’anomie latente dans laquelle elles s’enlisent.

[…]

Pour ce qui est du Black Friday, ce qu’on peut en voir, par exemple sur YouTube, montre sans équivoque la violence extrême qui s’associe à de tels emportements, la dépossession de tous les codes de civilité, la régression vers des formes de barbarie antérieures à la civilisation.

Il est irresponsable de s’en amuser. Il faut comprendre au contraire que cela illustre le fait incontournable que l’univers marchand ne produit aucune forme de sociabilité, et que, au contraire, comme l’a montré Polanyi dans La grande transformation, l’encastrement de la société dans le marché ne peut qu’aboutir à de la régression sociale. Une humanité totalement soumise à la logique marchande ne peut être qu’une société violente, sans ciment social, d’hypertrophie de l’égotisme, de faillite de toute forme de solidarité, de crispation identitaire, avec pour corollaire une dimension orwellienne la conduisant vers la défiance et la délation, ce dont on constate les premiers signes.
***********

Éric Zemmour : « Le grand retour de la guerre »


Et le conservatisme, qui est notre planche de salut, n'arrive pas à s'organiser :

Excès, petits calculs et confusion idéologique : y-a- t il encore quelqu’un à droite ET au centre capable de dire ce qu’il pense vraiment ?






PY Rougeyron donne à juste titre comme exemple de virilité la Résistance (à laquelle participèrent de nombreuses femmes). La virilité, c'est la vertu, c'est ce qui se tient droit, c'est ce qui ordonne le monde.

Sur cette époque, je ne peux que vous conseiller les Mémoires d'un agent secret de la France Libre, du colonel Rémy. C'est plein de vie, et même d'humour. Rémy avait baptisé son réseau Confrérie Notre Dame, l'avait placé sous le patronage de Notre Dame des Victoires (nous sommes très loin de la caricature actuelle droite=christianisme =Mal)et se croyait protégé de la Providence (il avait quelque raison de le croire. Comme ce jour où il se rend à un rendez vous, où la Gestapo lui tend une souricière ... et il se trompe d'étage).

samedi, décembre 31, 2016

Chevènement : à la mode de chez nous

Jean-Pierre Chevènement est à la mode. Engouement usurpé qui m'irrite fort, car c'est un leurre néfaste. Il faut tout de même rappeler ce qu'est Chevènement, un homme qui a toujours été en retard de trois ou quatre trains et qui a fait beaucoup de mal à la France : rouge quand il fallait être libéral, suppôt des pédagogistes quand il fallait être traditionaliste et aujourd'hui, il est souverainiste et fourrier de l'islam quand il faut être identitaire et anti-islam.

Il est devenu le refuge de tous les imbéciles qui ne veulent pas assumer la radicalité de la situation et préfèrent s'accrocher à de vieilles lunes (la république, la laïcité) qui ne sont pas à la hauteur des enjeux, certains me sont sympathiques (David Desgouilles), d'autres antipathiques (Florian Philippot, Natacha Polony).

Mais tous en commun d'avoir quelques trains de retard dans leur réflexion sur la France et son avenir. En cela, finalement, ils sont très français, du moins représentatifs d'une tendance politique française bien ancrée : il y a souvent les immobilistes qui se résignent sur le tard à des demi-mesures et les révolutionnaires, qui ont pour l'instant disparu, sauf sur ce blog :-) et peu de gens entre.








mercredi, décembre 07, 2016

Les naufrageurs

Le naufrage de l'école est le pire de tous, car il coupe le fil de la transmission, de manière irréversible.

C'est d'ailleurs le but poursuivi par les criminels de bureau qui sont à l'oeuvre. Ce que vous et moi considérons comme une horrible catastrophe, eux le voient comme une réussite. C'est pourquoi ils continuent imperturbablement.

PISA, RSI : les élites françaises et leur culture du déni

Les naufrageurs de l'Ecole pérorent encore

vendredi, octobre 28, 2016

Les taux d’intérêt remontent, quel candidat à la présidentielle en parle ?

Ni « l’intelligent » Juppé, ni le « raisonnable » Bayrou, ni les autres … n'en parlent.

Ils se livrent tous au concours absurde de « plus libéral que moi tu meurs » (absurde, car ils ont tous exercé le pouvoir sans se montrer libéraux. Juppé « l’intelligent », le déplafonneur de l'ISF, une des mesures les plus catastrophiques des trente dernières années ... ).

Mais pas un n'évoque spécifiquement les taux d'intérêt.

Pourtant, sans tomber dans l’économisme obsessionnel, c’est un enjeu majeur du quinquennat qui vient. C'est aussi une question passionnante, car elle se trouve au carrefour de bien des problèmes : notre relation à la machine européiste, notre rapport à nos débiteurs, notre rapport au temps, etc. C'est d'ailleurs pourquoi personne n'en parle : comme aucun de ces matamores d'estrade,  ni « l’intelligent », ni le « raisonnable », ni « l'agité »,  ne  veut remettre en cause le système qui nous tue, mieux faire silence sur les questions gênantes.

Bien sûr, il n’y a pas encore de panique, nous sommes revenus au niveau de juillet et la BCE est toujours là pour bien distordre les prix.

Néanmoins, il faut prendre en considération les éléments suivants :

1) Plus on est endetté, plus on est vulnérable à une hausse des taux. Or, la France est endettée comme jamais.

2) Le phénomène est général, donc il y a peu de chances qu’il soit passager.

3) La hausse des taux, on sait quand ça commence, pas quand ça finit. C’est une pente savonneuse, on n’est jamais sûr qu’au bout, il n’y a pas de krach obligataire. Et quand les taux remontent, c’est trop tard, ou beaucoup plus douloureux, de faire les réformes qu’on a repoussées quand les taux étaient bas et qu’elles étaient faciles.


dimanche, décembre 13, 2015

Le scrutin majoritaire à deux tours et la physique de la cocotte-minute

Le scrutin majoritaire à deux tours oblige à des alliances. C'est mécanique. On vient encore de le voir avec les élections régionales.

Le Front National a beau être devenu le premier parti de France, il n'a que deux députés et aucune région.

Cela condamne entre 25 % et 40 % des électeurs a avoir peu de représentants et encore moins de responsabilités exécutives, quelques mairies, pas plus.

C'est une catastrophe démocratique. Surtout si l'on tient compte de l'abstention. Les derniers scrutins signifient que les partis dits de gouvernement représentent dans l'évaluation la plus optimiste un tiers des Français au total, donc chacun 10 % à 20 %.

Comment peut-on gouverner dans ces conditions ? C'est très simple : en ne faisant rien de clair, net et tranché, en brouillant les pistes, en faisant de la "com". La politique Sarkozy/Hollande. Autrement dit, le non-gouvernement, la fuite en avant sur la lancée, européiste, immigrationniste, atlantiste, étatiste, progressiste mais sans l'assumer et sans le soumettre explicitement au jugement des Français. Combien de temps cela peut-il durer ? Mystère.

La suite, hélas, est assez prévisible : un jour, si rien ne change dans les partis dits de gouvernement, ils seront à ce point discrédités que le Front national dépassera les 50 % à une élection nationale et ce sera le saut dans l'inconnu. Arriveront au pouvoir des gens qui, quelles que soient leurs qualités personnelles, n'auront d'expérience majoritaire qu'au niveau municipal.

C'est le problème de la cocotte-minute, c'est bien beau de souquer le couvercle quand la pression monte mais si en plus on a fermé la soupape, ça finit par péter.

Bien sûr, cela s'est déjà produit dans l'histoire de France, puisque nous sommes un pays merveilleux avec un système politique raté et un Etat défaillant. Mais les précédents n'incitent justement pas à la franche rigolade.

C'est pourquoi j'aurais préféré que le FN fasse ses preuves, positives ou négatives, dans une ou deux régions. Les caciques parisiens du PS en ont décidé autrement, pour le plus grand malheur de la France, je crois. Mais s'en préoccupent-ils ?


lundi, novembre 02, 2015

Marvejols, c'est la France

France profonde : une phrase mystérieuse ou une explication lumineuse ?

Lisez cet article :

Ville ruinée cherche nouveau maire pour relever la tête

Cette phrase m’intrigue :

Surtout, les associations de la ville sont mises au régime sec, privées de subventions, soit une épargne globale de 300.000 euros environ.

Ce n’est pas possible, c’est une coquille. 300 000 euros de subventions annuelles aux associations pour une ville de 5 000 habitants !

Allez, j’ai mauvais esprit. J’ironise. Je me doute bien que ce n’est pas une coquille mais seulement la triste vérité.

Rappelons cette définition reaganienne et lumineuse du socialisme : « Le socialisme, c'est : si ça bouge, taxe ; si ça bouge encore, règlemente ; si ça ne bouge plus, subventionne ». Et la France n'a jamais été aussi socialiste qu'aujourd'hui. D'ailleurs, tous les partis politiques sont socialistes.

Je n'ai jamais compris le principe même de la subvention à une association. Soit les membres d'une association sont assez motivés pour la faire vivre, soit elle ne mérite pas de vivre, mais, dans tous les cas, la générosité aux dépens du contribuable pour des causes privées est immorale.

Marvejols, c'est la France



vendredi, octobre 23, 2015

Comment être prof dans les territoires perdus de la République ?

Comment être prof dans les territoires perdus de la République ?

************
Les professeurs témoignant dans votre documentaire font état de quatre fléaux par lesquels une partie de leurs élèves sont touchés. Il s'agit moins d'une violence en acte que de «codes de pensée»: le sentiment de ne pas appartenir à la nation française (voire une stricte «francophobie»), mais à la fraternité de la Oumma ; le goût pour l'explication conspirationniste du monde ; un sexisme assumant sans complexe son mépris du féminin ; un antisémitisme qualifié de «domestique» par le sociologue Smaïn Laarcher.
************

J'avoue avoir le plus grand mal à plaindre les enseignants. Certes, la situation des professeurs des territoires perdus n'est pas enviable, mais ils y sont quand même pour beaucoup. Ils ont soutenu sans faiblir les valeurs, les principes et les politiques qui les ont menés là où ils sont. Il est un peu tard pour pleurer.

Chaque fois qu'un prof a voté socialiste ou trotskiste, chaque fois qu'un prof a défilé en gueulant «Première ! Deuxième ! Troisième génération ! Nous sommes tous enfants d'immigrés !», chaque fois qu'un prof a enseigné la repentance coloniale ou le mépris de l'autorité, il a préparé son malheur actuel.

Et j'écris au passé parce que je suis gentil.

Quand on lit d'anciens profs comme Polony ou Brighelli, on s'aperçoit qu'ils n'ont toujours rien compris.

Ils en appellent à l'école «républicaine» et «laïque», «à l'ancienne», sans comprendre qu'étatisme et immigrationnisme ont désormais partis liés, qu'en appeler à l'Etat, c'est maintenir le loup communautariste dans la bergerie et que la laïcité est une arme de guerre contre le seul catholicisme et qu'elle renforce mécaniquement l'islam.

jeudi, octobre 22, 2015

Le mal français (quelques petits bouts)

Pourquoi Air France résume le mal français

**************
La technostructure d'Air France ne se contente pas de monopoliser des postes à responsabilité avec une logique de gestion où la vision est réduite à la portion congrue. Elle peine à imprimer un véritable charisme qui entraîne les salariés.

Beaucoup de Français gardent en mémoire les images de Xavier Brosetta, l'actuel DRH d'Air France, cherchant désespérément à ouvrir une porte que sa hiérarchie avait méticuleusement verrouillée pour couvrir sa fuite. Les généraux qui quittent le champ de bataille et qui laissent la troupe mourir seule au champ d'honneur : voilà un cliché qui en dit long sur le divorce entre les dirigeants et les officiers supérieurs qui tiennent les tranchées au jour le jour.

C'est aussi cela, l'exaspération de la société française: des dirigeants qui fuient au moment du combat, un encadrement intermédiaire coincé entre le marteau et l'enclume, sans aucune marge de manoeuvre.
**************


Intraitable avec les avocats, impassible à Moirans : le deux poids deux mesures de l'Etat

**************
Ce «deux poids, deux mesures» peut avoir plusieurs explications possibles. On ne peut pas exclure, parfois, un certain parti-pris idéologique de la part des responsables politiques. Mais le plus souvent, il y a une raison plus opérationnelle : il est beaucoup plus risqué d'interpeller des gens dangereux que des gens inoffensifs !

[…]

De nombreuses solutions ont été expérimentées aux Etats-Unis contre les gangs. Encore faut-il avoir le courage de s'en inspirer. La compassion est souvent un paravent commode derrière lequel se cachent bien des lâchetés.
**************





lundi, septembre 28, 2015

La fin de l’économie de bulles ?

Nous vivons dans une économie de bulles spéculatives (immobilier, voitures de collection, « art » contemporain, actions, obligations etc.) alimentées par l’argent « gratuit » des banques centrales. Plus on est près du robinet, plus on touche (banquiers, capitalistes de connivence, hauts fonctionnaires, etc.) Ca dure depuis environ trente ans avec une accélération dans les années 90.

La cause fondamentale est bien connue : financer les déficits étatiques abyssaux, c’est-à-dire préserver le Système en évitant de solder les comptes de la faillite social-clientéliste. Ne pas oublier qu’en France, la grande libération de « mon ennemi la finance sans visage » est due à un certain Laurent F., premier ministre.

Or, depuis plusieurs mois, la Fed, la banque centrale américaine, envoie des signaux « Ce coup-ci, les gars, ça y est, on va commencer à fermer le robinet ». A chaque fois, quelle surprise, la main tremble et la fermeture, même minime, du robinet est repoussée au trimestre suivant.

Je ne crois pas à cette fin de l’économie de bulles : ce que des économistes martiens considéreraient comme des défauts (déformations des prix, écrasement des rendements, encouragement à l’endettement, pression sur les bas salaires) est vu par les apprentis sorciers comme des avantages.

On en revient encore et toujours au bon sens thatcherien : « Le socialisme vit de l'argent des autres. Il s'arrête quand les autres n'ont plus d'argent ». Et le corollaire est « Tant que les autres ont de l'argent, le socialisme continue ».

Pour que le socialisme s'arrête, il faut un épuisement total de l'hôte sur lequel ce parasite vit, c'est pourquoi il est pire qu'Attila.



jeudi, septembre 03, 2015

Les paysans français ne sont pas victimes du méchant libéralisme mais du gentil socialisme

Non, l'agriculture française n'est pas victime du « libéralisme sauvage » !

**************
Aujourd'hui, les agriculteurs français restent subventionnés en moyenne à hauteur de 35 % environ, même si le chiffre a été révisé à la baisse ces dernières années au grand dam de nos gouvernants successifs. Les agriculteurs français restent l'une des catégories socioprofessionnelles privées les plus dépendantes de l'État. C'est à se demander comment font leurs homologues australiens et néozélandais, qui émargent au budget de l'État respectivement à hauteur de 5 % et de… 1 %!

Si les consommateurs sont depuis des décennies les dindons de la farce, les premières victimes sont en réalité des agriculteurs, pour l'essentiel d'entre eux. En effet, le lobbying agricole ne profite qu'à quelques privilégiés, syndicalistes et hommes politiques, au détriment du plus grand nombre selon la loi du «marché politique» qui constitue un cas d'école en la matière.
**************




Même notre ami Bob s'y met :


@hameau dans les nuages | 03 septembre 2015 à 10:36

Autrement dit : la distribution, c'est un métier. D'où le caractère fallacieux de l'idéologie anti-grandes surfaces qui fait des ravages chez les démagogues de droite et de gauche, ces temps-ci.

Bien sûr que les agriculteurs ne peuvent pas commercialiser leur production "en direct" et par "circuits courts", sauf exceptions marginales impliquant en général une arnaque du consommateur (consentant, il y a des ânes partout) ou un travail excessivement mal rémunéré pour le producteur.

A moins, bien sûr, que l'agriculteur ne se transforme en distributeur, ce qui est parfaitement possible sur le papier mais impossible en France, pour la même raison que la plupart des petites entreprises n'arrivent en général pas à devenir grandes : manque de capitaux et charges excessives, découlant d'une dépense publique beaucoup trop élevée.

Avant que les agriculteurs ne puissent, par exemple, créer un réseau de grandes surfaces, encore faudrait-il qu'ils puissent accumuler du capital en devenant agriculteurs tout court, c'est-à-dire producteurs suffisamment rentables et productifs.

Ce qui peut se faire (toujours en théorie) sur différents marchés : celui de la production chère de haut de gamme, comme celui de la production massive de qualité courante. Il se trouve que le territoire français est adapté aux deux modes de production, ce qui est un atout exceptionnel.
Mais dans une économie étouffée par l'assistanat, les subventions, les impôts et les réglementations, dans une société infectée par la haine du capital et du profit (à laquelle les agriculteurs contribuent pour une part importante), cela n'est pas possible.
Tant qu'on assistera au spectacle surréaliste d'agriculteurs s'attaquant à d'autres agriculteurs parce que ces derniers veulent exploiter une "ferme de mille vaches" (800, en réalité), je resterai assez froid face aux gens qui nous racontent que "les agriculteurs se suicident".
C'est bien le problème. Les agriculteurs se sont suicidés depuis longtemps avant de sortir le fusil : ils se sont suicidés en refusant les fermes de mille vaches, en bloquant les routes sans interruption depuis 1945 au lieu de se moderniser, en réclamant sans cesse l'assistanat et les subventions qu'ils font mine de dédaigner aujourd'hui, etc.
J'aimerais bien qu'on m'indique un autre pays, un seul, où les manifestations violentes d'agriculteurs font autant partie du paysage, et depuis aussi longtemps, au même titre que la migration des hirondelles ou la chaleur en été.
Aujourd'hui, les agriculteurs prétendent refuser la subvention et vouloir "vivre de leur travail", mais ils réclament des prix fixés par l'Etat ! Il n'est pas nécessaire d'avoir un doctorat en économie pour comprendre qu'on ne peut pas, à la fois, réclamer le libéralisme et l'économie dirigée. Il va falloir choisir.
La moitié du revenu des agriculteurs (en moyenne, les disparités sont grandes) provient de subventions, financées par les gens qu'ils empêchent de travailler, de circuler et de vivre aujourd'hui. Je n'ai pas beaucoup entendu la communauté "paysanne" se plaindre d'être financée par l'Etat pendant les longues années où la France était le premier bénéficiaire des fonds du Marché commun, lesquels allaient massivement aux agriculteurs.
Les actes ont des conséquences. Il serait agréable que les agriculteurs assument la responsabilité de leurs positions politiques il y a dix, vingt ou cinquante ans, et ne se contentent pas de se plaindre de leurs propres suicides - ce qui est assez paradoxal, quand on y pense.
Ce souhait est valable pour de nombreuses autres corporations, naturellement. L'irresponsabilité, l'appel incessant à l'Etat-maman accompagné du refus continuel de l'autorité de l'Etat-papa sont des vices bien français et largement partagés.


C'est un grand classique : le protectionnisme (subventions, barrières à la concurrence) anesthésie, on ne perçoit plus les signaux du marché, on ne s'adapte plus assez vite et - paf !- le réveil est brutal. On se retrouve dinosaure au quaternaire. Les taxis ou Air France pourraient avoir quelques discussions intéressantes avec les agriculteurs.



Puis, il y a la bureaucratie et les bobos-écolos :

Crise de l'agriculture : attention à ne pas mythifier la nature

**************
Ce qui compte alors dans les décisions politiques, c'est la perception de la nature (dé)formée et sacralisée par les écologistes et celle des risques alimentaires irraisonnés ou imaginés par d'autres. Peu importe qu'en France, la surface boisée ait triplé en deux siècles, que l'eau abonde, que les sangliers soient quatre fois plus nombreux qu'il y a vingt ans (2 millions!), que les loups dévorent leur ration d'agneaux, qu'il n'y a pas d'agriculture - y compris biologique - sans engrais et sans pesticides, que les aliments n'aient jamais été aussi bons et sains … Les Français mythifient une nature qui n'a jamais existé et craignent de se faire empoisonner par des traces inexistantes ou infimes de produits chimiques, oubliant que les plantes produisent des toxines naturelles, elles, en plus grande quantité! D'où les normes ridicules, les réactions sur la «ferme des mille vaches», l'interdiction de la vente du Roundup dans les jardineries, les engrais accusés de polluer les eaux, quand ils ne dégradent pas le climat, et autres croyances qui conduisent à des réglementations aussi inutiles qu'inadaptées.

La préoccupation environnementale est légitime, mais pas au point de se priver des innovations majeures apportées par la chimie, la génétique et l'agronomie, disciplines pouvant toutes contribuer à préserver l'environnement, ne serait-ce qu'en limitant les surfaces cultivées du fait des considérables gains de productivité.

Ainsi, à force d'être harcelée, l'industrie française des engrais et des produits phytosanitaires a quasiment disparu. Quant à l'industrie semencière, dont la France est l'incontestable leader européen, sa disparition est-elle à redouter si le refus des progrès extraordinaires du génie génétique persiste. Le solde commercial de l'industrie agroalimentaire française, encore positif en 2014 (7,8 milliards d'euros), recule pour les mêmes raisons et est dépassé par l'Allemagne et les Pays-Bas !

En mai 1981, Edgar Pisani disait à un candidat, premier conseiller agricole de Pierre Mauroy, «vous savez, les socialistes ne connaissent rien à l'agriculture!». Il semblerait que cette méconnaissance ait depuis frappé aussi la droite qui, sous Nicolas Sarkozy, a interdit la culture de plantes génétiquement modifiées. Sans compréhension, sans respect, sans perspective, les agriculteurs se réfugient dans une regrettable désobéissance civile et dans le vote pour les extrêmes.
**************

Par exemple, cette vache-là, qu'est-ce qu'elle y connait en agriculture :



Bref, l'agriculture française est victime des subventions, des politiques et des normes. Là dedans, je ne vois vraiment pas de libéralisme. En revanche, les socialistes de droite comme de gauche auraient quelques comptes à rendre ... c'est pourquoi ils s'empressent d'accuser quelques boucs-émissaires faciles (l'Allemagne, «l'Europe», la grande distribution).

jeudi, août 27, 2015

Bob joue avec les armes à feu et l'assistanat

Je me suis permis un échange de chez Philippe Bilger :


*************
J'adore ce texte qui circule depuis des années sur les réseaux sociaux et qui est tellement réaliste et reflète si bien ce qui se passe en Socialie.
Je le remets rien que pour le plaisir :

Selon vous, quelle est la différence entre un policier français et un policier américain ?
Question posée aux policiers...

Mise en situation :
Vous marchez dans une rue déserte avec votre femme et vos deux enfants. Soudainement, un "jeune" (c'est comme ça que les médias les appellent) arrive devant vous avec un énorme couteau et vous regarde droit dans les yeux
en éructant injures et obscénités. Il lève le couteau et charge sur vous.
Vous avez votre arme de service 9 mm sur vous.
Vous n'avez que quelques dixième de secondes pour réagir avant qu'il ne vous atteigne. Que faites-vous ?

LE POLICIER AMÉRICAIN :

« BANG BANG BANG BANG BANG BANG BANG BANG BANG BANG BANG click... reload...!!
- BANG BANG BANG BANG BANG BANG BANG BANG BANG BANG click click click click » !!
.........................

LE POLICIER FRANCAIS :

Analyse de la situation : si je tire :
- Est-ce que je suis en état de légitime défense ?
- Est-ce que le port de ce couteau est autorisé ?
- Est-ce que cela va avoir un impact sur mes chances d'une promotion ?
- Est-ce que les médias vont en faire une victime ?
- Est-il un "jeune" de quartier incompris par la société ?
- Est-il un nouvel individu en probation qui a mal été réinséré dans la société ?
- Est-ce que cela va être vu comme du racisme s'il fait partie de la "diversité" ?
- Est-ce que la ville va être ensuite mise à feu et à sang par les "jeunes" des quartiers ?
- Est-ce que je vais être poursuivi par la Halde, le MRAP, SOS Racisme ?
- Est-ce qu'on va parler de "bavure" dans les médias et me condamner lourdement ?
- Est-ce que je vais perdre mon emploi pour que l''Etat puisse acheter la paix sociale dans les « quartiers » ?
Réponse du policier : "Je vais lui demander gentiment de déposer son arme..."
Réponse du malfrat : "BANG BANG BANG BANG BANG BANG" !!




@ sylvain | 26 août 2015 à 14:35

Votre historiette est un peu caricaturale... mais juste.

Comparons deux faits récents de terrorisme musulman, très similaires : l'un en France, l'autre aux Etats-Unis.

En mai dernier, se tenait à Garland, au Texas, une exposition de caricatures de Mahomet, à laquelle assistait Geert Wilders : ce député et chef de parti hollandais est l'une des cibles les plus proéminentes des assassins du mouvement islamiste international. Pionnier de la résistance européenne à l'islam, il ne se déplace que muni d'un gilet pare-balles, protégé par des gardes du corps fournis par les autorités de son pays, et dort souvent dans des casernes, voire en prison. Pour tenter de rester en vie.

Les autorités avaient été prévenues de la manifestation, en connaissaient les dangers et avaient mis en place un dispositif de protection.

Deux terroristes musulmans, munis de gilets pare-balles et de fusils-mitrailleurs, ont attaqué par surprise l'une des voitures de police qui gardait l'exposition. A l'intérieur se trouvait un vigile non armé, et un... policier de la circulation du bled local.

Il a tué les deux terroristes. Il n'était muni que d'un pistolet. Selon les premières dépêches, deux ou trois balles lui ont suffi. Grâce à lui, cet attentat n'a fait aucun mort parmi les personnes visées.


En janvier dernier, à Paris, se tenait la conférence de rédaction de Charlie Hebdo, journal explicitement visé par le mouvement djihadiste international pour ses caricatures de Mahomet, et déjà victime d'un attentat.
Charb, le directeur de la publication, était naturellement présent. Particulièrement menacé, il était protégé en permanence par un ou plusieurs policiers fournis par les autorités de son pays. Il dormait aussi avec un couteau sous son oreiller.
Deux terroristes musulmans, munis de gilets pare-balles et de fusils-mitrailleurs, ont attaqué le journal. Mais auparavant, ils se sont trompés d'adresse et ont dû demander leur chemin. Ils ont tiré des coups de feu dans les locaux d'une autre entreprise, située plus loin dans la rue. Ils ont à nouveau tiré des coups de feu au rez-de-chaussée de l'immeuble de Charlie, tuant une personne. Ils ont ensuite pris une employée en otage, l'obligeant à donner le code des locaux du journal.
Ce n'est qu'après ces longs préliminaires qu'ils ont pénétré dans la rédaction et tué une grande partie des personnes présentes. Dont le policier chargé de la protection de Charb, qui, faisant partie d'un service spécialement chargé de la protection des hautes personnalités, était, sur le papier, infiniment plus entraîné à cette tâche que le flic du Texas chargé des excès de vitesse.
De surcroît, certaines informations ont évoqué un second policier chargé de la protection de Charb, qui se serait, à ce moment-là, absenté pour aller chercher des sandwiches, ou quelque chose de ce genre.
Au milieu du déluge "Je suis Charlie" qui a suivi, je n'ai pas le souvenir d'avoir lu d'autocritiques du dispositif de protection policier mis en place. Certes, il est facile de jouer les colonels d'opérette après-coup, et le hasard joue toujours un rôle. De plus, on conçoit bien que personne n'ait eu envie de mettre en cause, sur le moment, le rôle de Franck Brinsolaro, le policier qui a failli à sa mission et qui en est mort.
Mais enfin, le déroulement de cette attaque, joint à ce que tout un chacun peut constater à travers le pays, obligent à se poser des questions. Concernant aussi bien les forces de l'ordre que la population en général, la France vit sous le règne de la soumission, de la non-violence, de l'interdiction de la légitime défense, de l'abdication des droits des citoyens au profit de l'autorité (absente) de l'Etat, et aussi, il faut le dire, d'un je-m'en-foutisme, d'une culture de l'approximation et du travail mal fait, dont on voit les résultats écrits en flaques de sang sur le terrain.
Le moindre "redneck américain adepte des méthodes du Far-West", pour reprendre ce stéréotype bien franchouille, autrement dit le moindre civil anonyme et paisible, normalement détenteur d'une arme à feu légale n'ayant jamais tué personne (et il y en a des millions), a infiniment plus d'entraînement au tir, à la légitime défense et à l'usage en toute sécurité de son arme dans un lieu public pour sauver la vie d'autrui et la sienne propre, que le policier moyen français.
Et il est soutenu par une idéologie nationale appelée le libéralisme, qui tend à le féliciter de prendre en mains la défense de sa vie et de celle des autres face aux criminels, alors que le policier français (pour ne pas parler des civils...) est étouffé sous une idéologie qui le menace des pires ennuis professionnels, judiciaires et sociaux, s'il ose ne serait-ce que péter au nez d'un délinquant - j'ai nommé le socialisme.
Voilà pourquoi les héros du Thalys sont, quasi-exclusivement, américains et anglais.

*************

Il faut nuancer le propos de notre ami Bob :

1) Les héros du Thalys ont réussi parce qu’ils étaient en milieu confiné. C’est plus facile de choper la kalach d’un mec à 1 m qu’à 50 m. Cela n’enlève bien entendu rien à leur courage : celui-ci ne dépend pas de la réussite ou de l’échec. Il n’en demeure pas moins que, pour intervenir, il faut avoir une chance de réussite : la réaction la plus raisonnable face à une kalach, c’est de se carapater. Notons tout de même une réflexion de l’Anglais de l’affaire. Il s’est vite dit qu’entre mourir plus tard passivement et tenter quelque chose tout de suite, il était plus honorable d’essayer. Les terroristes, en convaincant leurs victimes que leurs attentats équivalent à une mort assurée, motivent leurs cibles à se bouger. Si nos politiciens faisaient leur boulot en expliquant aux Français qu’ils sont en guerre, cela les aiderait à se prendre en charge.

2) Les opposants au port d’armes citent les Etats-Unis comme contre-exemple. Mais, au Canada, il y autant d’armes et beaucoup moins de meurtres par armes à feu. Remarquons que, si aux Etats-Unis, il n’y avait que les blancs, ils en seraient presque au taux du Canada. Et la France ? Sommes nous encore assez civilisés pour qu’un port d’arme généralisé n’ait pas les mêmes conséquences qu’aux Etas-Unis ? Je le crois mais je doute.

Il me semble que la réflexion sur la liberté n'est pas morte :

Ne t’aide pas et l’Etat t’aidera !


*************
L’invention, en 1945, d’un système obligatoire de sécurité sociale a-t-il contribué à déresponsabiliser les Français ? Est-il aujourd’hui la principale cause du déclin national par le sentiment de sécurité inexpugnable qu’il nourrit, quels que soient les dangers auxquels le pays est exposé ? Est-il au coeur de l’aversion de la société française pour les réformes et l’adaptation aux évolutions du monde ? A-t-il érigé le principe de l’assistance en idéologie discrète mais tenace qui phagocyte en France l’esprit d’entreprise, ce que les militaires britanniques appelleraient le Fighting Spirit ? Et au fond, la sécurité sociale n’incarne-t-elle pas une préférence française pour une médiocrité collective et une allergie aux réussites individuelles ?

Ces questions provocatrices percutent évidemment de plein fouet le prêt à penser contemporain pour lequel l’éloge sans limite de la sécurité sociale constitue un passage obligé. Dans la perception collective, le fait que la France soit le pays industrialisé qui consacre la plus grande part de ses richesses à la protection des individus constitue une sorte de manifestation caractéristique de notre génie national éternel. Il prouve que la France occupe une place différente dans un monde capitaliste soumis à une concurrence effrénée, et qu’elle entend bien manifester de cette façon sa résistance à l’argent-roi qui domine l’Occident.

L’usage, l’étiquette pourrait-on même dire, veut que ce qu’on appelle le modèle social français soit sanctuarisé et épargné par les critiques. Il est le produit d’une sorte de consensus discret, forgé dans les « couches basses » de la conscience collective, et le seul inconvénient qui puisse lui être trouvé est de coûter trop cher. En dehors de ce défaut, il ne comporte bien entendu que des avantages et seuls les mauvais esprits ont l’insolence d’imaginer qu’il puisse porter préjudice au destin national.

Il n’est donc pas de bon ton de revenir au sens même de ce qu’est la sécurité sociale, ni à ses conséquences en termes de civilisation. Le fait que, dès sa naissance, chaque Français soit affilié à un système qui le prend en charge toute sa vie, qui veille à son éducation, qui lui assure une assistance quel que soit son comportement, jusqu’à la mort s’il le faut, apparaît aujourd’hui comme un fonctionnement normal de la société qui n’a plus besoin d’être discuté. L’obsession (prétendument, nous y reviendrons) égalitaire du modèle social français est telle qu’il semble normal, par exemple, que les Français qui choisissent d’habiter loin d’un centre ville de quelque importance bénéficie néanmoins à proximité de leur domicile d’une prise en charge hospitalière identique à celle d’un urbain. Et si cette prise en charge n’est pas possible, la règle évidente pour « le système » est que la collectivité prenne en charge quasiment sans limite non seulement les soins, mais le transport de l’assuré entre son domicile et l’hôpital où il est suivi.

La contrepartie de ce droit de tirage illimité sur l’assistance apportée par la collectivité réside dans l’obligation qui est faite à chaque Français (ou presque, nous y reviendrons) de se soumettre à ce système et d’y contribuer financièrement s’il a le malheur d’avoir un emploi payé correctement. La sécurité sociale est bonne mère pour ceux qui la sollicitent, mais elle est intraitable pour ceux qui n’ont pas besoin d’elle: elle les oblige à participer à son fonctionnement, et elle veut tout savoir de chacun. Aucun assuré n’a de secret pour elle: elle sait tout de ses revenus, de ses maladies, de ses tourments matrimoniaux, de ses enfants, de son patrimoine et elle traite en délinquant tous ceux qui chercheraient à dissimuler une part d’ombre.

Quand George Orwell avait imaginé son Big Brother, il lui avait prêté les traits d’un Etat policier surveillant la vie de chacun. La sécurité sociale lui a donné un autre visage: celle d’une mère possessive qui est le plus souvent là quand on a besoin d’elle, mais qui, en contrepartie de sa disponibilité, tyrannise ses enfants jusqu’à ne tolérer de leur part aucune forme d’autonomie. C’est le prix à payer pour la sécurité : elle étouffe la liberté.

Comment la France, pays des Droits de l’Homme, a-t-elle pu accepter sans coup férir une telle intrusion d’une instance publique dans la vie privée des citoyens ? Bien entendu, la dimension bifide de la sécurité sociale:  dispensatrice de soins en même temps qu’observatrice de tous les secrets, a constitué l’astuce par laquelle les Français ont accepté avec une sorte de satisfaction résignée le principe d’une surveillance publique généralisée et d’une abolition de fait du principe de responsabilité. Et c’est précisément la grande ruse du modèle social français que d’utiliser les bienfaits du système pour faire admettre ses inconvénients. La promesse d’une sécurité à toute épreuve a anesthésié les résistances individuelles et l’aspiration collective à la liberté.
*************

Vous me direz, il n'y a rien là de nouveau : tout le monde connaît (ou devrait connaître) les pages extraordinaires de Tocqueville sur la tyrannie douce de l'Etat tutélaire. Mais ça fait du bien de le redire.


Addendum, toujours sur le même fil bilgerien :


Étonnant, cette idée qui voudrait qu'interdire les armes rendrait la vie plus sûre.
La vente d'armes à feu est très réglementée en France.
Cela n'a pas empêché Merah, les Kouachi, Coulibaly, pour ne citer que les plus connus, de s'en procurer avec les résultats que l'on sait.
Quant à Breivik...

On cite toujours les USA comme contre-modèle.
Mais outre le fait, souligné avec raison par Marchenoir, que la société américaine est violente parce que multiraciale (même constat au Brésil d'ailleurs, mais ce pays n'est bizarrement jamais cité), il y a au moins deux sociétés occidentales surarmées où les armes, détenues légalement ou pas, ne provoquent que très rarement des violences domestiques.
La Suisse et Israël.
A propos de la Suisse :
"Selon les chiffres publiés en décembre 2010 par l’Office fédéral de la statistique avant le passage en votation de l’initiative sur les armes, le nombre de morts par balle a baissé de manière constante en Suisse dans les premières années du 21e siècle, passant de 466 en 1998 à 259 en 2008 (dernières données complètes à disposition).
Les tueries de masse sont plutôt rares dans ce pays où les armes sont pourtant si répandues. La plus grave a eu lieu en septembre 2001: un forcené en conflit avec les autorités a abattu 14 élus dans le bâtiment du parlement du canton de Zoug. La dernière remonte au 2 janvier 2013 : trois morts et deux blessés dans le village valaisan de Daillon par un homme qui voulait «régler un problème familial».
Si la violence des armes fait aussi peu de bruit dans les medias helvétiques, c’est que l’immense majorité des cas sont des suicides, événements dont la presse, par principe, ne parle pas. En 1998, 413 personnes s’étaient ôté la vie avec une arme à feu. En 2008, le chiffre a baissé à 239, alors même que le nombre total de suicides est resté relativement stable, entre 1300 et 1400 par année. La Suisse n’en reste pas moins deuxième au classement mondial du taux de suicide par arme à feu, derrière les Etats-Unis."

jeudi, août 20, 2015

Les retraites ou la spoliation des classes moyennes

Les retraites ou la spoliation des classes moyennes

***************
Dans la grande oeuvre entreprise en 1945, dont l’un des résultats majeurs fut d’uniformiser et de déresponsabiliser la société française, l’invention de la branche vieillesse constitue probablement l’exemple le plus remarquable de la spoliation et de la prolétarisation asymptotique dont les classes moyennes ont été victimes au nom de la solidarité, de la protection contre le risque et autres mots gorgés de bonnes inventions et pavés de mauvaises réalisations. D’emblée (ou presque) déficitaire, rappelons-le, le régime général inventé en 1941 par le gouvernement de Vichy et élevé au pinacle par le Conseil National de la Résistance, défendu depuis avec acharnement par tout ce que la gauche de la gauche comporte d’idéologues de la Révolution en chambre ou en cabinet, s’est transformé en immense piège pour tous les salariés ou indépendants qui ont cherché à gravir les échelons de la société.

Cette affirmation est d’ailleurs un lieu commun bien connu dès 1945, contre lequel la bureaucratie étatiste de la sécurité sociale et ses différents suppôts ne cessent de lutter à force d’embrouillaminis, d’usines à gaz et de confusions sur le fonctionnement du système lui-même. Pour mémoire en effet, dès 1946, les syndicats de cadres en France avaient refusé l’absorption de leurs intérêts dans le magma du régime général.

[…]

Il n’en reste pas moins que, lorsque le pharmacien, l’avocat, le dirigeant d’entreprise, le directeur commercial, liquide son portefeuille d’actions vers 45 ans pour acheter une maison ou un appartement, il paie une contribution sociale généralisée de 8,2% (ce qui n’est pas rien). Le problème tient à la contrepartie de ce versement: elle est, en termes de droits, totalement nulle. S’acquitter d’une contribution en faveur du régime vieillesse n’ouvre aucun droit spécifique à la retraite.

Dans un système de sécurité sociale entièrement fiscalisé, cette absence de contrepartie ne pose pas problème. La difficulté apparaît lorsque le système est mixte, c’est-à-dire lorsqu’il est aussi financé par des cotisations qui ouvrent des droits dits contributifs. Dans ce cas, en effet, le système introduit un fort élément d’iniquité qui, dans le cas français, illustre bien les ambiguïtés fondatrices de la sécurité sociale.

Ainsi, lorsque l’assuré verse un euro de contribution au régime vieillesse, il ouvre droit à une contrepartie: le versement d’une retraite. En revanche, lorsqu’il le verse au titre de la contribution sociale généralisée ou de l’impôt (par exemple la taxe sur le tabac), il n’ouvre droit à aucune contrepartie. Cette asymétrie est particulièrement choquante lorsqu’elle concerne un impôt universel inventé pour financer la sécurité sociale (la CSG): pour quelle raison dans un cas l’assuré ouvre-t-il des droits, et dans un autre n’y ouvre-t-il pas droit?

Si l’on admet l’hypothèse que la CSG pèse majoritairement sur les classes moyennes, cela signifie clairement que celles-ci ont vocation à payer sans contrepartie, simplement parce qu’elles ont « un peu d’argent », alors que ceux qui en ont moins peuvent bénéficier du système avec des droits pleins. Une fois de plus, on retrouve l’aversion française pour la réussite sociale, pour ceux qui, à la force du poignet, s’élèvent dans l’échelle sociale. Mais on voit mal comment, dans ce cas d’espèce, le consentement au système pourrait durer.

[…] 


Les classes moyennes prisonnières de la sécurité sociale


Malgré les écrans de fumée multipliés depuis 20 ans devant le grand public pour dissimuler la complète perte de sens de la sécurité sociale, une prise de conscience se produit peu à peu parmi ceux qui invoquent notamment la liberté de sortir de la sécurité sociale. Si ce mouvement contrevient aux principes de fond posés par le droit européen en matière de protection sociale (qui sont forcément de systèmes obligatoires), il révèle l’ampleur du refus aujourd’hui, dans les classes moyennes, et notamment chez les entrepreneurs, face à un système coûteux, aux performances faibles, et surtout aux injustices criantes. Dans le cas de la retraite des classes moyennes, le système est évidemment d’autant plus troublant que la technostructure étatique a transformé la sécurité sociale en une sorte de bagne dont il est impossible de s’échapper, à moins d’un exil très précoce à l’étranger. Cette captivité est d’autant moins satisfaisante que nos voisins européens ont pour la plupart opté pour des systèmes beaucoup plus équilibrés, ou ont choisi de réformer en profondeur leur système lorsqu’il s’approchait du modèle français.

[…]


Ce sont bien aujourd’hui deux France qui s’affrontent: celle qui veut préserver un amortisseur obsolète en imposant une étouffante égalité, et celle qui veut progresser en reconnaissant le principe de responsabilité.

***************

mercredi, juillet 01, 2015

La Grèce est comme la France : aidons la à sortir de l'Euro

Explosion de la dette : après la Grèce, la France ?

Aidons la Grèce…à sortir de la zone euro

Je ne suis pas d'accord avec la conclusion de cet article puisque je pense que l'Euro est un Frankenstein financier qu'il faut achever à coups de pelle sur la tête, donc je m'en fous complètement de renforcer sa crédibilité.

Par contre, aider la Grèce à sortir de l'Euro me semble une excellente idée. Puis le Portugal, l'Italie et la France. Et les Allemands pourront continuer à faire touche-pipi dans leur coin avec leur monnaie forte et les bataves.









samedi, juin 27, 2015

En France, pendant ce temps là ...

L'absentéisme atteint des sommets dans la fonction publique

Aucun rapport direct avec les attentats, bien sûr, mais tout cela est tout de même symptomatique d'une société dysfonctionnelle et du fait que le premier facteur de dysfonctionnement de la société française, c'est l'Etat.




mardi, juin 02, 2015

Stratégie : Africa first

Africa first

Excellent article de Michel Goya, limpide, définissant une stratégie d'intervention extérieure pour la France.

Le titre est une allusion à la stratégie «Germany first» choisie par Roosevelt en 1940.

Bien sûr, cet article ne portera aucun fruit : l'Etat français adipeux et bureaucratique (il faudrait trouver un mot encore plus fort que «bureaucratique»), au sommet duquel on trouve des politiciens qui sont tout sauf des chefs, est absolument incapable de définir une stratégie quelconque. Décider ? Trancher ? Pour emmerder Sarkozy, oui. Mais pour défendre la France ? Et à long terme ? Vous n'y pensez pas !

Alors, la politique de la France est faite par l'équilibre des lobbys : lobby antisémite et pro-arabe du quai d'Orsay, lobby atlantiste des fondations subventionnées par la CIA et ses filiales, etc. La conduite est simple : c'est toujours la pente du moindre effort.

D'ailleurs, Michal Goya ne semble guère se faire d'illusions puisqu'il conclut : «Celui qui ne se fixe pas d’objectifs ne risque pas de les atteindre. Si nous voulons des résultats stratégiques, commençons par avoir une stratégie.».


vendredi, mai 08, 2015

Les premières secousses du krach obligataire tant redouté et tant espéré ?

Comme d'habitude, il ne faut pas compter sur les journaux français pour nous informer des événements importants :

Violent bond moves signal tectonic shifts in global markets

Sont-ce les les premières secousses du krach obligataire tant redouté et tant espéré ?

Tant redouté parce que les pays occidentaux sont gangrenés par la paresse, la peur, l'assistanat et le clientélisme et qu'un krach obligataire serait un sevrage brutal des têteurs de mamelles étatiques. Cela ne serait pas sans dégénérer en troubles sociaux, puis politiques. Au point que je ne serai pas surpris que la dictature molle du système devienne plus dure.

Tant espéré car ce krach crèverait la bulle d'irréalité et de mensonge dans laquelle nous vivons depuis quelques décennies. Certains sont persuadés que cette bulle est de nature spirituelle et qu'aucun événement matériel ne peut la dégonfler. J'en suis beaucoup moins sûr : l'homme ne vit pas seulement d'idées. Quand le gîte et le couverts sont menacés, les esprits peuvent changer, de manière rapide et violente.