L'historien et chroniqueur Jacques Bainville avait l'habitude d'écrire, quand il voyait une politique stupide, « Vous aurez les conséquences ».
Hé bien voilà, pour Air France, nous avons les conséquences.
Les syndicats ont raison, la nomination de Benjamin Smith comme Directeur général est doublement scandaleuse :
1) J'espère que pour diriger une compagnie nationale française, il y a en France toutes les compétences. Nous ne sommes pas un pays du Golfe qui était encore au cul des chameaux il y a cinquante ans.
2) C'est un sous-marin de Delta Airlines.
Mais quoi ? A force de grèves à répétition et de savonnage de planche pour tous les candidats français, les syndicats ont fini par mériter ce qui arrive.
Les directions successives d'Air France et les syndicats ont un point commun : être cons à tuer. Car, ils communiaient, par delà leurs différends, dans une hypothèse stupide : quelles que soient leurs folies, l'Etat, c'est-à-dire vous et moi, remettrait toujours des sous au pot.
Le jeu était donc bien huilé : les directions, nommées sur des critères politiques, menaient des stratégies particulièrement stupides, dont le point commun était de ne jamais mettre les pieds dans le plat. Et les syndicats de pilotes équilibraient la stupidité patronale en mettant en oeuvre une stupidité syndicale de compétition.
Maintenant, nous sommes au bout du rouleau. L'Etat a signifié, en laissant nommer un étranger, qu'il se désintéressait d'Air France. Game Over.
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vendredi, août 17, 2018
samedi, mai 05, 2018
Gestion d'Air France et coopération hautement fiable
Voici ce qu'Eric Verhaeghe écrit de la gestion du conflit social chez Air France :
Air France, SNCF: les entreprises publiques sont-elles capables de négocier avec leurs partenaires sociaux ?
********
Depuis le début, on s’étonnera quand même du peu de ménagement dont la direction d’Air France semble avoir fait preuve vis-à-vis des pilotes de ligne. On peut bien entendu reprocher à cette catégorie de salariés socialement privilégiée de se comporter à la manière des diva. Il n’en reste pas moins que, lorsqu’on est obligé de passer par un syndicat représentatif, il faut savoir mettre de l’eau dans son vin. Manifestement, ce n’est pas la première des facultés de la direction d’Air France.
[…]
Dans une entreprise ordinaire, les négociations entre patronat et syndicats ne se passent pas par l’intermédiaire de la presse. Tôt ou tard, la direction y rencontre les représentants élus des salariés et discute avec eux pour trouver un accord.
Manifestement cette méthode de négociation est trop simple pour les brillants cerveaux qui dirigent les entreprises publiques. Ceux-ci préfèrent se lancer dans des billards à quinze bandes dont l’issue laisse dubitatif.
Dans le cas d’Air France, la direction ne semble guère avoir exprimé auprès du SNPL son intention de négocier clairement avec lui. Au contraire, le SNPL a compris que la direction cherchait à le contourner et à le discréditer.
Comme à la SNCF, tout se passe comme si l’élite technocratique à la tête des entreprises publiques gâchait toute possibilité d’évolution collective faute de savoir négocier avec le petit personnel. Comme si jouer le jeu de la négociation avec les syndicats exposait à un ridicule indigne des codes aristocratiques.
********
Or, que dit Christian Morel ? Que la coopération hautement fiable, à base d'honnêteté, de réciprocité, d'ouverture et de confiance est indispensable à la sécurité et devrait être étendue au delà de ce domaine en raison de sa contribution décisive à la résilience de l'entreprise.
Cela m'inspire une réflexion : il n'y a rien d'étonnant à ce qu'Air France ne soit pas en tête des classements de sécurité des vols et ne soit pas non plus dans les compagnies à la santé florissante.
On pourra me dire que gestion de l'entreprise et gestion de la sécurité sont séparées. Oui ... mais non. Pas si on vise l'excellence. C'est même la culture de la sécurité, et donc de la coopération, diffusée à tous, y compris aux non-intervenants directs dans le vol, qui fait la différence entre l'excellence et la moyenne.
Air France, SNCF: les entreprises publiques sont-elles capables de négocier avec leurs partenaires sociaux ?
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Depuis le début, on s’étonnera quand même du peu de ménagement dont la direction d’Air France semble avoir fait preuve vis-à-vis des pilotes de ligne. On peut bien entendu reprocher à cette catégorie de salariés socialement privilégiée de se comporter à la manière des diva. Il n’en reste pas moins que, lorsqu’on est obligé de passer par un syndicat représentatif, il faut savoir mettre de l’eau dans son vin. Manifestement, ce n’est pas la première des facultés de la direction d’Air France.
[…]
Dans une entreprise ordinaire, les négociations entre patronat et syndicats ne se passent pas par l’intermédiaire de la presse. Tôt ou tard, la direction y rencontre les représentants élus des salariés et discute avec eux pour trouver un accord.
Manifestement cette méthode de négociation est trop simple pour les brillants cerveaux qui dirigent les entreprises publiques. Ceux-ci préfèrent se lancer dans des billards à quinze bandes dont l’issue laisse dubitatif.
Dans le cas d’Air France, la direction ne semble guère avoir exprimé auprès du SNPL son intention de négocier clairement avec lui. Au contraire, le SNPL a compris que la direction cherchait à le contourner et à le discréditer.
Comme à la SNCF, tout se passe comme si l’élite technocratique à la tête des entreprises publiques gâchait toute possibilité d’évolution collective faute de savoir négocier avec le petit personnel. Comme si jouer le jeu de la négociation avec les syndicats exposait à un ridicule indigne des codes aristocratiques.
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Or, que dit Christian Morel ? Que la coopération hautement fiable, à base d'honnêteté, de réciprocité, d'ouverture et de confiance est indispensable à la sécurité et devrait être étendue au delà de ce domaine en raison de sa contribution décisive à la résilience de l'entreprise.
Cela m'inspire une réflexion : il n'y a rien d'étonnant à ce qu'Air France ne soit pas en tête des classements de sécurité des vols et ne soit pas non plus dans les compagnies à la santé florissante.
On pourra me dire que gestion de l'entreprise et gestion de la sécurité sont séparées. Oui ... mais non. Pas si on vise l'excellence. C'est même la culture de la sécurité, et donc de la coopération, diffusée à tous, y compris aux non-intervenants directs dans le vol, qui fait la différence entre l'excellence et la moyenne.
jeudi, octobre 22, 2015
Le mal français (quelques petits bouts)
Pourquoi Air France résume le mal français
**************
La technostructure d'Air France ne se contente pas de monopoliser des postes à responsabilité avec une logique de gestion où la vision est réduite à la portion congrue. Elle peine à imprimer un véritable charisme qui entraîne les salariés.
Beaucoup de Français gardent en mémoire les images de Xavier Brosetta, l'actuel DRH d'Air France, cherchant désespérément à ouvrir une porte que sa hiérarchie avait méticuleusement verrouillée pour couvrir sa fuite. Les généraux qui quittent le champ de bataille et qui laissent la troupe mourir seule au champ d'honneur : voilà un cliché qui en dit long sur le divorce entre les dirigeants et les officiers supérieurs qui tiennent les tranchées au jour le jour.
C'est aussi cela, l'exaspération de la société française: des dirigeants qui fuient au moment du combat, un encadrement intermédiaire coincé entre le marteau et l'enclume, sans aucune marge de manoeuvre.
**************
Intraitable avec les avocats, impassible à Moirans : le deux poids deux mesures de l'Etat
**************
Ce «deux poids, deux mesures» peut avoir plusieurs explications possibles. On ne peut pas exclure, parfois, un certain parti-pris idéologique de la part des responsables politiques. Mais le plus souvent, il y a une raison plus opérationnelle : il est beaucoup plus risqué d'interpeller des gens dangereux que des gens inoffensifs !
[…]
De nombreuses solutions ont été expérimentées aux Etats-Unis contre les gangs. Encore faut-il avoir le courage de s'en inspirer. La compassion est souvent un paravent commode derrière lequel se cachent bien des lâchetés.
**************
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La technostructure d'Air France ne se contente pas de monopoliser des postes à responsabilité avec une logique de gestion où la vision est réduite à la portion congrue. Elle peine à imprimer un véritable charisme qui entraîne les salariés.
Beaucoup de Français gardent en mémoire les images de Xavier Brosetta, l'actuel DRH d'Air France, cherchant désespérément à ouvrir une porte que sa hiérarchie avait méticuleusement verrouillée pour couvrir sa fuite. Les généraux qui quittent le champ de bataille et qui laissent la troupe mourir seule au champ d'honneur : voilà un cliché qui en dit long sur le divorce entre les dirigeants et les officiers supérieurs qui tiennent les tranchées au jour le jour.
C'est aussi cela, l'exaspération de la société française: des dirigeants qui fuient au moment du combat, un encadrement intermédiaire coincé entre le marteau et l'enclume, sans aucune marge de manoeuvre.
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Intraitable avec les avocats, impassible à Moirans : le deux poids deux mesures de l'Etat
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Ce «deux poids, deux mesures» peut avoir plusieurs explications possibles. On ne peut pas exclure, parfois, un certain parti-pris idéologique de la part des responsables politiques. Mais le plus souvent, il y a une raison plus opérationnelle : il est beaucoup plus risqué d'interpeller des gens dangereux que des gens inoffensifs !
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De nombreuses solutions ont été expérimentées aux Etats-Unis contre les gangs. Encore faut-il avoir le courage de s'en inspirer. La compassion est souvent un paravent commode derrière lequel se cachent bien des lâchetés.
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lundi, septembre 29, 2014
Air France menacée par le scénario Alitalia
Air France menacée par le scénario Alitalia
L'auteur fait mine de considérer qu'Air France peut encore être sauvé.
Peut-être sacrifie-t-il aux convenances qui veulent qu'on n'annonce pas trop brutalement l'étendue du mal à l'agonisant et à sa famille.
Moi, je n'ai pas ces politesses. J'avais des doutes sur l'avenir d'Air France avant la grève. Les pilotes les ont levés, hélas pas dans le bon sens.
Dans dix ans, Air France sera une filiale d'Emirates ou d'Etihad et aura perdu la moitié ou les deux tiers de ses effectifs. Merci les pilotes (et la direction).
C'est d'autant plus facile à anticiper que le scénario n'a rien de surprenant : il s'est déjà produit plusieurs fois depuis vingt ans. De là à penser que les pilotes d'Air France, puisqu'ils ne savent même pas tirer leçon des erreurs fatales des autres, sont bêtes à manger du foin ...
L'auteur fait mine de considérer qu'Air France peut encore être sauvé.
Peut-être sacrifie-t-il aux convenances qui veulent qu'on n'annonce pas trop brutalement l'étendue du mal à l'agonisant et à sa famille.
Moi, je n'ai pas ces politesses. J'avais des doutes sur l'avenir d'Air France avant la grève. Les pilotes les ont levés, hélas pas dans le bon sens.
Dans dix ans, Air France sera une filiale d'Emirates ou d'Etihad et aura perdu la moitié ou les deux tiers de ses effectifs. Merci les pilotes (et la direction).
C'est d'autant plus facile à anticiper que le scénario n'a rien de surprenant : il s'est déjà produit plusieurs fois depuis vingt ans. De là à penser que les pilotes d'Air France, puisqu'ils ne savent même pas tirer leçon des erreurs fatales des autres, sont bêtes à manger du foin ...
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mercredi, septembre 24, 2014
Air France, c'est fini
Air France renonce à son plan de la dernière chance. Sous la pression des pilotes, Air France vient de rater le dernier métro.
Air France disparaitra donc dans les dix ans à venir, de crise en crise, comme a disparu Pan Am en 1992, qui était cogéré de fait par les employés.
L'agonie sera longue, mais elle est écrite.
Air France disparaitra donc dans les dix ans à venir, de crise en crise, comme a disparu Pan Am en 1992, qui était cogéré de fait par les employés.
L'agonie sera longue, mais elle est écrite.
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vendredi, juillet 06, 2012
Les facteurs humains de l'accident d'AF 447
Je pense que le rapport du BEA est biaisé, qu'il sous-estime sciemment les responsabilités, dans l'ordre, d'Airbus, d'Air France, de Thales, et des organismes européens et français de supervision.
J'en ai déjà parlé ailleurs. Cependant, ce sont les facteurs humains qui m'intéressent. Les pilotes ont fait quatre erreurs importantes :
1) rentrer dans un cumulonimbus
2) réagir malencontreusement (ordre à cabrer)
3) ne pas poser une analyse de la situation
4) ne pas communiquer clairement
La décision 1 me semble relever d'un manque de rigueur comme il peut en arriver à tous.
Peut-être un problème de formation, d'expérience et de procédure. Le problème 2 est un mystère. Un des pilotes s'est crispé à cabrer pendant pratiquement toute la chute (problème de conception Airbus : l'autre pilote ne pouvait pas le savoir. Boeing relie ses manches).
Là où ça devient intéressant c'est qu'il s'agit d'un réflexe élémentaire de pilotage : quand ça décroche, on ne cabre pas.
Rod Machado, qui tient un blog et écrit des articles sur les facteurs humains, compare la méthode actuelle d'enseignement du pilotage professionnel à la méthode de lecture globale. Pas rassurant.
Jadis, quand les gens étaient plus cons que les génies qui nous dirigent en 2012, on procédait méthodiquement du simple vers le complexe.
On apprenait à déchiffrer les lettres, puis les syllabes, ce qui permettait de déchiffrer des mots de plus en plus difficiles. De même, les pilotes passaient du J3 au Stearman, puis du Stearman au T6, puis du T6 au Beech 18 et enfin aux gros multimoteurs.
Ces méthodes simples, jugées trop peu sophistiquées par nos demi-habiles, qui ne comprennent pas l'intelligence de la simplicité, ont formé des millions de lecteurs et de pilotes.
Maintenant, on apprend à lire directement les mots et les pilotes sont mis en simulateur dans des situations complexes en espérant qu'ils apprendront aussi, par la même occasion, les réflexes de base. Ca coûte moins cher et ça peut rentrer dans les cases d'un formulaire (le "box ticking" des rosbeefs).
Le seul petit hic de ces méthodes super-maxi-intelligentes, c'est qu'elles vont à rebours de ce qu'on sait du cerveau humain : en situation de tension, on régresse. On revient, par réflexe, aux premières choses que l'on a apprises, d'où l'importance des bons et des mauvais plis qu'on prend dans les premières heures de vol.
C'est dans les premières heures qu'on acquiert le sens de l'air (en anglais airmanship). Et si on ne l'a pas acquis à cause de méthodes à la con, c'est foutu. Amis qui ambitionnez de devenir pilotes, commencez sur un train classique simple (J3, Jodel), et c'est moins cher. Il y a cependant une contradiction : 99 % du temps, les pilotes professionnels modernes sont des gestionnaires de systèmes, ils ne doivent surtout pas se fier à leurs sensations, mais analyser le problème et appliquer les bonnes procédures. Reste le dernier pourcent.
C'est pourquoi il faudrait un mix des deux : gestionnaires de systèmes la semaine, pilotes de vieux coucous le week-end. J'en connais qui le font. Mais on peut aussi pousser le système au fond de sa logique : y a-t-il encore besoin des pilotes ?
J'en ai déjà parlé ailleurs. Cependant, ce sont les facteurs humains qui m'intéressent. Les pilotes ont fait quatre erreurs importantes :
1) rentrer dans un cumulonimbus
2) réagir malencontreusement (ordre à cabrer)
3) ne pas poser une analyse de la situation
4) ne pas communiquer clairement
La décision 1 me semble relever d'un manque de rigueur comme il peut en arriver à tous.
Peut-être un problème de formation, d'expérience et de procédure. Le problème 2 est un mystère. Un des pilotes s'est crispé à cabrer pendant pratiquement toute la chute (problème de conception Airbus : l'autre pilote ne pouvait pas le savoir. Boeing relie ses manches).
Là où ça devient intéressant c'est qu'il s'agit d'un réflexe élémentaire de pilotage : quand ça décroche, on ne cabre pas.
Rod Machado, qui tient un blog et écrit des articles sur les facteurs humains, compare la méthode actuelle d'enseignement du pilotage professionnel à la méthode de lecture globale. Pas rassurant.
Jadis, quand les gens étaient plus cons que les génies qui nous dirigent en 2012, on procédait méthodiquement du simple vers le complexe.
On apprenait à déchiffrer les lettres, puis les syllabes, ce qui permettait de déchiffrer des mots de plus en plus difficiles. De même, les pilotes passaient du J3 au Stearman, puis du Stearman au T6, puis du T6 au Beech 18 et enfin aux gros multimoteurs.
Ces méthodes simples, jugées trop peu sophistiquées par nos demi-habiles, qui ne comprennent pas l'intelligence de la simplicité, ont formé des millions de lecteurs et de pilotes.
Maintenant, on apprend à lire directement les mots et les pilotes sont mis en simulateur dans des situations complexes en espérant qu'ils apprendront aussi, par la même occasion, les réflexes de base. Ca coûte moins cher et ça peut rentrer dans les cases d'un formulaire (le "box ticking" des rosbeefs).
Le seul petit hic de ces méthodes super-maxi-intelligentes, c'est qu'elles vont à rebours de ce qu'on sait du cerveau humain : en situation de tension, on régresse. On revient, par réflexe, aux premières choses que l'on a apprises, d'où l'importance des bons et des mauvais plis qu'on prend dans les premières heures de vol.
C'est dans les premières heures qu'on acquiert le sens de l'air (en anglais airmanship). Et si on ne l'a pas acquis à cause de méthodes à la con, c'est foutu. Amis qui ambitionnez de devenir pilotes, commencez sur un train classique simple (J3, Jodel), et c'est moins cher. Il y a cependant une contradiction : 99 % du temps, les pilotes professionnels modernes sont des gestionnaires de systèmes, ils ne doivent surtout pas se fier à leurs sensations, mais analyser le problème et appliquer les bonnes procédures. Reste le dernier pourcent.
C'est pourquoi il faudrait un mix des deux : gestionnaires de systèmes la semaine, pilotes de vieux coucous le week-end. J'en connais qui le font. Mais on peut aussi pousser le système au fond de sa logique : y a-t-il encore besoin des pilotes ?
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mercredi, juin 27, 2012
La France telle qu'elle coule
AFP :
Air France-La CGT ne signera pas le plan "Transform" 2015 :
* La CGT est le premier syndicat d'Air France
* L'accord d'une majorité des syndicats est nécessaire pour la signature du plan début juillet
* La CGT demande au gouvernement français des assises du transport aérien
Je vous traduis le langage CGT : "Nous serrer la ceinture ? Abandonner nos prédendes et nos sinécures ? Devenir compétitifs ? Va te faire f..tre. Il faut que l'Etat, donc le contribuable, raque et nous protège (c'est la traduction de "assises du transport aérien"). Sinon, je me roule par terre en hurlant (et je fais grève en pleine période de départ en vacances)."
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samedi, décembre 17, 2011
Les Français aiment-ils encore la liberté ?
L'absence de réaction des Français à la dérive anti-démocratique que nous subissons provoque chez moi un profond malaise.
Les Français, depuis 2005, sont dépossédés de leur souveraineté. Ce mouvement a commencé bien avant 2005 mais il s'est accéléré depuis cette date.
Je ne reconnais pas les Français. Où est le peuple maillotinier, frondeur, râleur, gaulois ? Ca serait le bon moment de gueuler.
Ce peuple, on l'a dissous dans la colonisation à rebours, on l'a décébré dans les écoles progressistes, on l'a abruti avec la télé. Mais tout de même, c'est triste.
Nous sommes de plus en plus dans un monde orwellien.
Les Français, depuis 2005, sont dépossédés de leur souveraineté. Ce mouvement a commencé bien avant 2005 mais il s'est accéléré depuis cette date.
Je ne reconnais pas les Français. Où est le peuple maillotinier, frondeur, râleur, gaulois ? Ca serait le bon moment de gueuler.
Ce peuple, on l'a dissous dans la colonisation à rebours, on l'a décébré dans les écoles progressistes, on l'a abruti avec la télé. Mais tout de même, c'est triste.
Nous sommes de plus en plus dans un monde orwellien.
lundi, octobre 31, 2011
800 millions
800 millions ? C'est le nombre de VChinnois ? Le nombre d'amis Facebook de Lady Gaga ? La fortune Bruni ?
Que nenni : 800 millions d€, c'est ce qu'économiserait annuellement Air France en charges sociales si son siège était ... sur la Lune ? Non, aux Pays-Bas.
Ca Fait réfléchir, non ? Enfin ... Ca fait réfléchir ceux qui ont cerveau, c'est-à-dire pas les PNC d'Air France.
Que nenni : 800 millions d€, c'est ce qu'économiserait annuellement Air France en charges sociales si son siège était ... sur la Lune ? Non, aux Pays-Bas.
Ca Fait réfléchir, non ? Enfin ... Ca fait réfléchir ceux qui ont cerveau, c'est-à-dire pas les PNC d'Air France.
vendredi, août 19, 2011
AF 447 : deux questions intéressantes
Ca pue pour la sécurité !
Le tract que vous trouverez au lien ci-dessus est fortement corporatiste. J'en réprouve le ton excessif mais il pose deux questions intéressantes :
> quel est le comportement de l'A330 en décrochage profond ? Pouvait-on attendre des pilotes qu'il le rattrape sans être des surhommes ? A ce propos, y a-t-il eu récemment un essai de décrochage profond d'A330 qui s'est révélé scabreux ?
> question que j'ai déjà soulevée : en fonction de toutes les informations à leur disposition, les pilotes pouvaient-ils se faire une représentation correcte de leur situation ?
Il est inutile de revenir par ailleurs sur la partialité airbusienne des autorités françaises, y compris en matière de sécurité : justifiée ou non, elle est patente et de longue date.
Le tract que vous trouverez au lien ci-dessus est fortement corporatiste. J'en réprouve le ton excessif mais il pose deux questions intéressantes :
> quel est le comportement de l'A330 en décrochage profond ? Pouvait-on attendre des pilotes qu'il le rattrape sans être des surhommes ? A ce propos, y a-t-il eu récemment un essai de décrochage profond d'A330 qui s'est révélé scabreux ?
> question que j'ai déjà soulevée : en fonction de toutes les informations à leur disposition, les pilotes pouvaient-ils se faire une représentation correcte de leur situation ?
Il est inutile de revenir par ailleurs sur la partialité airbusienne des autorités françaises, y compris en matière de sécurité : justifiée ou non, elle est patente et de longue date.
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aviation
mercredi, août 03, 2011
AF 447 : trois minutes, c'est long ou c'est court ?
Les trois pilotes d'AF 447 ont eu trois minutes pour comprendre la situation et tenter de sauver l'avion.
Ils n'ont pas compris et n'ont rien tenté qui auraient pu sauver l'avion.
Trois minutes, c'est long ou c'est court ?
Trois minutes, c'est long quand il est question d'agir, de faire des gestes.
En revanche, c'est court quand il est question de comprendre. En effet, sous l'effet du stress, l'esprit humain est victime de "l'effet tunnel", il se focalise sur une idée et une seule. Si elle est bonne l'avion est sauvé. Si elle est mauvaise, l'avion est foutu.
Un exemple célèbre est l'accident d'UA 173 : pendant une heure, l'équipage s'est focalisé sur le fait se savoir si le train était sorti ou pas et ils ont fini par tomber en panne de carburant et s'écraser.
Dans le cas d'AF447, les pilotes avaient la mauvaise idée (je suis persuadé qu'ils se croyaient en piqué et non en décrochage). Quand on pense que les trois membres d'équipage d'UA 173 n'ont pas réussi à se sortir de leur effet tunnel en une heure, il n'est pas sûr que quelques minutes de plus auraient changé quoi que ce soit pour AF 447.
En revanche, il y a un mystère : pourquoi le commandant de bord, arrivé dans le cockpit après le début de l'incident, a-t-il adopté sans remise en cause l'effet tunnel de ses subordonnés ?
Loin des schémas simplificateurs du BEA destinés à protéger Airbus, je pense que nous n'aurons la réponse que dans quelques mois, voire dans quelques années, quand un universitaire s'attellera à la tâche de reconstituer les différents panneaux possibles, de croiser cela avec la conversation de l'équipage et de s'apercevoir, peut-être, qu'il y avait une configuration propice à l'erreur.
En tout cas, le BEA fait bien mal son travail officiel d'investigation et très bien son travail officieux de protection d'Airbus.
Ils n'ont pas compris et n'ont rien tenté qui auraient pu sauver l'avion.
Trois minutes, c'est long ou c'est court ?
Trois minutes, c'est long quand il est question d'agir, de faire des gestes.
En revanche, c'est court quand il est question de comprendre. En effet, sous l'effet du stress, l'esprit humain est victime de "l'effet tunnel", il se focalise sur une idée et une seule. Si elle est bonne l'avion est sauvé. Si elle est mauvaise, l'avion est foutu.
Un exemple célèbre est l'accident d'UA 173 : pendant une heure, l'équipage s'est focalisé sur le fait se savoir si le train était sorti ou pas et ils ont fini par tomber en panne de carburant et s'écraser.
Dans le cas d'AF447, les pilotes avaient la mauvaise idée (je suis persuadé qu'ils se croyaient en piqué et non en décrochage). Quand on pense que les trois membres d'équipage d'UA 173 n'ont pas réussi à se sortir de leur effet tunnel en une heure, il n'est pas sûr que quelques minutes de plus auraient changé quoi que ce soit pour AF 447.
En revanche, il y a un mystère : pourquoi le commandant de bord, arrivé dans le cockpit après le début de l'incident, a-t-il adopté sans remise en cause l'effet tunnel de ses subordonnés ?
Loin des schémas simplificateurs du BEA destinés à protéger Airbus, je pense que nous n'aurons la réponse que dans quelques mois, voire dans quelques années, quand un universitaire s'attellera à la tâche de reconstituer les différents panneaux possibles, de croiser cela avec la conversation de l'équipage et de s'apercevoir, peut-être, qu'il y avait une configuration propice à l'erreur.
En tout cas, le BEA fait bien mal son travail officiel d'investigation et très bien son travail officieux de protection d'Airbus.
Polémique AF 447 / BEA
A props de l'accident AF 447, le BEA a «oublié» de dire dans son rapport intermédiaire que l'alarme de décrochage avait donné de fausses indications aux pilotes, alors qu'une recommandation à ce sujet figurait dans le brouillon. C'est pourtant évident (point 6 de mon scenario).
Les familles «n'ont plus confiance». Ils sont mignons ! Certains étonnements étonnent : quiconque a l'expérience des rapports du BEA sait qu'ils sont toujours acquis aux intérêts industriels autant que faire se peut.
La conclusion du BEA était écrite d'avance : c'est de la faute de ces couillons de pilotes. Comme je vous l'expliquais il y a déjà deux ans, la méthodologie du BEA est telle qu'elle présente un biais en direction de la mise en cause des pilotes, qui arrange tout le monde (sauf les pilotes).
Nous savons déjà comment tout cela se conclura : un patch logiciel Airbus. C'est ce qui coute le moins cher. Toutes les questions gênantes seront glissées sous le tapis comme il convient entre des gentlemen de mèche (BEA, DGAC et Airbus, tout ça, c'est cul et chemise).
Quant au procès, il y aura lieu dans si longtemps et les experts se contrediront tellement que tout le monde en sortira blanchi.
Nous avons déjà vécu cela dix fois.
Les familles «n'ont plus confiance». Ils sont mignons ! Certains étonnements étonnent : quiconque a l'expérience des rapports du BEA sait qu'ils sont toujours acquis aux intérêts industriels autant que faire se peut.
La conclusion du BEA était écrite d'avance : c'est de la faute de ces couillons de pilotes. Comme je vous l'expliquais il y a déjà deux ans, la méthodologie du BEA est telle qu'elle présente un biais en direction de la mise en cause des pilotes, qui arrange tout le monde (sauf les pilotes).
Nous savons déjà comment tout cela se conclura : un patch logiciel Airbus. C'est ce qui coute le moins cher. Toutes les questions gênantes seront glissées sous le tapis comme il convient entre des gentlemen de mèche (BEA, DGAC et Airbus, tout ça, c'est cul et chemise).
Quant au procès, il y aura lieu dans si longtemps et les experts se contrediront tellement que tout le monde en sortira blanchi.
Nous avons déjà vécu cela dix fois.
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samedi, mai 28, 2011
AF 447 : danger de mort pour Air France
Synthétisons : un incident bénin (1) conduit à perdre un avion et tous ses passagers, avec cette circonstance extraordinaire que trois pilotes n'ont pas réussi pendant 3'30 à comprendre la situation.
Il sera facile d'incriminer les pilotes, mais la conception de l'avion est fondamentalement en cause : c'est toute la philosophie Airbus qui est touchée.
Comme je le disais précédemment, tout le monde est atteint par la merde qui gicle du ventilateur : avionneur, certificateur, autorité de contrôle, formateur et exploitant.
Mais le plus atteint risque d'être Air France :
> les autorités sont payées avec nos impôts, le fait d'être discréditées ne les empêche pas de vivre (et pourtant, de tous les acteurs du drame, je me demande si ce ne sont pas elles les plus fautives, même si leur rôle frappe moins le grand public).
> Airbus est protégé par son duopole avec Boeing et par le fait que les avions Boeing ne sont guère différents dans leur philosophie. Donc les compagnies n'ont pas vraiment d'alternative, c'est bonnet blanc et blanc bonnet.
> en revanche, Air France est en danger de mort. En effet, les compagnies aériennes sont les organes de l'aviation commerciale les plus fragiles économiquement. Il suffirait que 15 % des passagers actuels décident de ne plus voyager sur AF pour raisons de sécurité, décision radicale mais pas infondée, pour que s'enclenche une pente possiblement fatale : moins de passagers, moins d'investissements, moins de réputation, moins de passagers, faillite. C'est ce qui est arrivé à Swiss Air. Or, après Concorde, Toronto et AF447, le bilan sécurité d'AF sur les dix dernières années n'est pas brillantissime, on sent bien qu'AF est au bord du gouffre question réputation.
C'est en fonction de ces enjeux qu'il faudra lire les différentes déclarations des prochains jours.
*********
(1) : perdre un pitot n'empêche pas plus un avion de voler que perdre votre indicateur de vitesse n'empêche votre voiture de rouler.
Il sera facile d'incriminer les pilotes, mais la conception de l'avion est fondamentalement en cause : c'est toute la philosophie Airbus qui est touchée.
Comme je le disais précédemment, tout le monde est atteint par la merde qui gicle du ventilateur : avionneur, certificateur, autorité de contrôle, formateur et exploitant.
Mais le plus atteint risque d'être Air France :
> les autorités sont payées avec nos impôts, le fait d'être discréditées ne les empêche pas de vivre (et pourtant, de tous les acteurs du drame, je me demande si ce ne sont pas elles les plus fautives, même si leur rôle frappe moins le grand public).
> Airbus est protégé par son duopole avec Boeing et par le fait que les avions Boeing ne sont guère différents dans leur philosophie. Donc les compagnies n'ont pas vraiment d'alternative, c'est bonnet blanc et blanc bonnet.
> en revanche, Air France est en danger de mort. En effet, les compagnies aériennes sont les organes de l'aviation commerciale les plus fragiles économiquement. Il suffirait que 15 % des passagers actuels décident de ne plus voyager sur AF pour raisons de sécurité, décision radicale mais pas infondée, pour que s'enclenche une pente possiblement fatale : moins de passagers, moins d'investissements, moins de réputation, moins de passagers, faillite. C'est ce qui est arrivé à Swiss Air. Or, après Concorde, Toronto et AF447, le bilan sécurité d'AF sur les dix dernières années n'est pas brillantissime, on sent bien qu'AF est au bord du gouffre question réputation.
C'est en fonction de ces enjeux qu'il faudra lire les différentes déclarations des prochains jours.
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(1) : perdre un pitot n'empêche pas plus un avion de voler que perdre votre indicateur de vitesse n'empêche votre voiture de rouler.
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