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jeudi, octobre 15, 2020

Bientôt la révolution ?

 

Je suis opposé à son analyse de la révolution de 1789 : elle fut hyper-violente, physiquement et symboliquement. Verhaeghe oublie un peu facilement la Vendée.

Mais je suis d'accord sur la nécessité d'une vraie révolution, que ses inconvénients sont aujourd'hui surpassés par ses avantages.

samedi, juin 06, 2020

Epidémie, censure : la guerre de la classe dirigeante contre les peuples continue.

La guerre sanitaire

Ce que l’affaire de l’hydroxychloroquine et du Lancet dit de nos élites décadentes

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Le problème de notre nomenklatura ne réside pas seulement dans la haine qu’elle voue à l’esprit critique. Il réside encore plus dans le caractère moutonnier de cette haine. On déteste Raoult parce que la Cour le déteste, parce qu’il est ridicule, parce qu’il a les cheveux longs, parce qu’il n’accepte ni l’étiquette, ni le protocole, ni les usages en vigueur sous les ors de la République.

La nomenklatura aime se soumette à l’autorité

Et bien sûr, ce qui saute aux yeux, c’est la soumission à l’autorité. Cela nous saute aux yeux parce qu’il s’agit bien d’un éternel recommencement, d’une éternelle faiblesse enseignée doctement, patiemment, à Sciences Po, dans les grandes classes préparatoires, dans les grandes écoles, de l’ENA à HEC. The Lancet a écrit, donc c’est vrai, sans le moindre doute, sans la moindre précaution, sans la moindre réserve. Les Américains ont publié, donc c’est aussi infaillible qu’une bulle de Pie X.

Cette abdication de tout esprit critique de la nomenklatura face à l’autorité, qu’elle porte une blouse blanche, une bure dominicaine, une bannière américaine ou un uniforme vert-de-gris, a fait le sel de la décision publique en France à travers les siècles. Les plus forts ont décidé, donc on obéit, et on pourfend tous ceux qui résistent. Il était évident ce jour-là que ne pas organiser un autodafé des oeuvres de Didier Raoult, que prononcer son nom sans l’assortir d’un qualificatif injurieux devenait un crime contre l’humanité passible au minimum d’un bannissement immédiat de toutes les bonnes villes de France.

Dans ce réflexe quasi-mécanique, on ne lira pas seulement la faillite complète de l’Éducation Nationale dans la construction intellectuelle des meilleurs. On y lira comme dans le marc de café l’annonce de prochaines dictatures, de prochains décrets sur la race, de prochaines collaborations à Montoire ou ailleurs.

Sur le fond, les membres de la nomenklatura se croient étalons. Ils ne sont que des veaux. 
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Néo-pétainisme 

J'appelle néo-pétainisme la conjonction de deux politiques :

1) Considérer que la France ne mérite pas d'être souveraine et indépendante et doit séduire activement un protecteur, allemand ou américain, voire chinois, s'y soumettre avec joie et bassesse (il ne faut pas oublier que les pétainistes envisageaient allègrement de passer sans transition de la soumission allemande à la soumission américaine).

Et que, au fond, l'idée même de nation est fautive.

2) Considérer que la démocratie est un leurre dangereux et qu'il est préférable que le pays soit géré (pas dirigé) par des technocrates  qui se cooptent entre eux. Là encore, je rappelle que Vichy était le paradis des technocrates, ne revenons pas sur le cas emblématique de Jean Bichelonne.

Emmanuel Macron est l'archétype, le chef d'oeuvre, du néo-pétainisme. Il ne s'en cache même pas.

C'est pourquoi voter Macron est une trahison et toutes les « bonnes » raisons qu'on peut me donner de voter Macron ne peuvent me convaincre. Quand je dis que je préférerais une chèvre à Macron, je ne plaisante pas, il faut me prendre au premier degré. Blanchette est sympa, elle au moins.

Dis autrement, pour les gens qui sont incapables de comprendre les choses exprimées de manière plaisante, je préférerais que la présidence de la république soit occupée par Marine Le Pen, ou par un citoyen tiré au sort, ou même laissée vacante, plutôt qu'elle soit occupée par Emmanuel Macron ou un de ses semblables. Je peux difficilement être plus clair.

Tiens, au fait, Macron vient de supprimer le défilé du 14 juillet, avec les meilleures raisons du monde bien entendu.

La lemairisation de la connerie



Vous reprendrez bien un petit peu de censure ?

La loi Avia fait de la France un pays en pointe dans la censure, mais le problème est mondial.

Comme souvent, le combat décisif aura lieu aux États-Unis.

Le déclenchement des hostilités a eu lieu il y a quelques jours à travers deux tweets du Président Trump concernant le vote par correspondance. Donald Trump dénonçait la forte probabilité que les résultats d'un tel scrutin s'avèrent frauduleux. Twitter se sentit obligé de rajouter un avertissement sur ces messages, les classant de facto comme des informations à prendre avec des pincettes.



Le biais gauchiste des réseaux sociaux, comme des médias en général d'ailleurs, est un phénomène largement observé et documenté - et a même fait l'objet d'un billet détaillé sur ce blog, parmi de nombreux autres. Pour ne prendre qu'un exemple, la plus grande communauté pro-Trump sur Internet, le fameux canal The_Donald de Reddit, fort de 8 millions de membres, fut saboté par la plateforme sur des prétextes fallacieux, forçant les Internautes à se créer une nouvelle plateforme parallèle.

[…]

Quelques jours après l'épisode du "fact-checking", Twitter récidiva en dénonçant un autre tweet de Trump comme "faisant l'apologie de la violence". Le Président en exercice en avait en effet appelé au respect de la loi et de l'ordre au début des émeutes organisées à la suite du décès de George Floyd... Quelle apologie, en effet ! Et depuis que Twitter a franchi le Rubicon, la plateforme s'en donne à cœur-joie. Ainsi, Donald Trump apparaît en premier sur une recherche avec le terme "racisme".

Twitter regorge de milliers, si ce n'est de millions, de messages appelant à tuer M. Trump, ses supporters, et les Républicains en général, sans qu'aucun des auteurs de tels message ne soit inquiété. Le délit "d'apologie de la violence" n'est visiblement pas pour tout le monde.

On peut aussi appeler au génocide des juifs sur Twitter. Les responsables iraniens comme Ali Khamenei ou Javad Zarif ne s'en privent guère. Cela a d'ailleurs amené un élu américain à s'inquiéter que la plateforme laisse ainsi libre court à des appels au meurtre en servant la soupe aux régime de Téhéran. Il pense ainsi que Twitter viole les sanctions internationales.

Bref, si vous êtes raciste anti-blanc, islamiste, antisémite, porté sur la violence au nom de "l'antifascisme" ou simplement de gauche, vous n'avez pas de grandes craintes à avoir quant à votre utilisation des réseaux sociaux, quels que soient les excès auxquels vous vous livrez. 

[Trump riposte par un décret présidentiel ôtant la protection de l'article 230 (irresponsabilité juridique vis-à-vis des contenus) aux publieurs (qui ne font que mettre à disposition des outils) qui se comportent comme des éditeurs (qui interviennent sur le contenu)]

On s'en doute, l'interprétation de l'article 230 finira devant les tribunaux, et probablement très vite. La bataille est d'importance puisque les réseaux sociaux sont désormais le nouvel espace public dans lequel se forme l'opinion. Ces derniers le savent bien et pèsent déjà de tout leur poids sur la campagne présidentielle américaine de 2020.

Gagnée ou perdue, la bataille lancée par Donald Trump définira sans doute ce qui restera de la liberté d'expression sur Internet aux États-Unis, en sachant qu'elle sera toujours moindre dans le reste du monde.
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lundi, mai 04, 2020

Ne pas confondre déconfinés (nous) et des cons finis (eux).

Déconfinement : l’ère de la patate chaude des responsabilités. Alors que le gouvernement multiplie les règles largement inapplicables pour le déconfinement, une fronde des élus locaux, des médecins et des entreprises de transport prend de l’ampleur.


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Eric Verhaeghe : De mon point de vue, deux phénomènes jouent à plein.

Le premier est circonstanciel. Édouard Philippe et son entourage sont des donneurs de leçons mais pas des gestionnaires de crise. Depuis l'arrivée de la pandémie, ils montrent leur manque total d'agilité. Et sur ce point, la pénurie de masques est emblématique d'une incapacité à gérer une crise. Tous ces gens sont dans la théorie et dans l'incantation, ils ne sont pas dans le faire. Et sur ce point, ils portent une lourde responsabilité dans le naufrage de cette gestion de crise.

Mais par-delà leur rôle personnel, c'est l'inadaptation de l'énarchie qu'il faut pointer du doigt. Les hauts fonctionnaires français sont incapables de gérer une crise, car ils sont des ayatollahs de l'étiquette aristocratique, et ils détestent se salir les mains dans l'opérationnel. Leur souci est de faire bonne figure en toutes circonstances, de montrer qu'ils sont des gens bien élevés, pondérés, capables de peser le pour et le contre, et de ne jamais se départir de cette forme de morgue et de bienséance qu'on enseigne au lycée Franklin et dans les maisons bourgeoises. Pour eux, l'audace, la prise de risque, sont la marque d'un manque d'équilibre personnel. Or on sait que pour gérer une crise, il faut savoir oser, prendre des décisions rapides et risquées, ne pas avoir peur de son petit doigt, et savoir pousser des coups de gueule pour que les choses avancent plus vite. Tout ce que les énarques détestent. Bref, nous avons une haute d'administration faite d'officiers d'états-majors, quand nous avons besoin de colonels de hussard pour remporter la bataille.
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samedi, mai 02, 2020

L’effondrement qui vient : quand il faudra choisir entre Thatcher et Maduro.

L’effondrement qui vient : quand il faudra choisir entre Thatcher et Maduro.

Je trouve Verhaeghe très (trop ?) optimiste. Une fois que les bureaucrates ont pris le contrôle d'une société, il est très difficile de s'en débarrasser. Ils ont créé des clientèles, les gens ont pris l'habitude d'être infantilisés.

jeudi, avril 30, 2020

Hydroxychloroquine : l’étrange trahison d’un gouvernement profond sous influence américaine.

Hydroxychloroquine : l’étrange trahison d’un gouvernement profond sous influence américaine.

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L'affaire de l'hydroxychloroquine est d'abord celle d'élites françaises fascinées par les intérêts américains Depuis le début, jusqu'à la décision rendue hier par le Conseil d'État, le gouvernement profond formé par les élites françaises semble protéger les intérêts de Gilead au détriment de notre propre recherche. Ce choix de l'ombre fait aujourd'hui très peur à ceux qui, notamment à Matignon, devront en porter la responsabilité...



Pour des raisons qui mettront peut-être beaucoup de temps à être éclaircies, l’hydroxychloroquine a suscité une surréaction de haine, de mépris et de déni dans les élites françaises. Je ne citerai pas ici la liste des commentaires fielleux que j’ai reçus, après un article sur le sujet, de la part d’universitaires incrémentés dans le mandarinat (dont on sait qu’il est fondé sur la flagornerie et le vice bien avant d’être fondé sur la reconnaissance des compétences), de managers à la tête de grandes entreprises contrôlées par des fonds américains, et d’autres petits marquis de la bien-pensance qu’une politesse un peu naïve m’interdit de citer.

Toutes ces manifestations de haine au quotidien surviennent pour peu qu’on prononce le mot « d’hydroxychloroquine » sans ajouter immédiatement qu’une sous-étude issue d’un dispensaire pour anciens combattants du Wyoming (basée sur 12 cas que personne n’a vérifiés) soutient qu’il s’agit d’une recette plus dangereuse que le Zyklon B. Ou pire : pour peu qu’on écrive Didier Raoult sans ajouter séance tenante qu’il est un voyou pire que Mesrine et Mandrin réunis. Cela fait trente ans que je fréquente les élites parisiennes, et depuis tout ce temps, je me pique d’avoir appris une chose : quand elles surréagissent de cette façon, c’est qu’il y a un lézard dans le potage, ou une couille sous le rocher.
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lundi, avril 20, 2020

En France, l’hystérie du coronavirus ne fait que commencer.

En France, l’hystérie du coronavirus ne fait que commencer.

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Que la grande faucheuse passe… Voilà l’angoisse du moment, qui prend à froid toute une société convaincue d’être à l’abri des problèmes, avec sa belle sécurité sociale qui coûte la peau des fesses, et ses protections, ses précautions à foison, qui se révèlent autant de châteaux de carte face au grand méchant loup du Wuhan.

Plutôt miséreux que mort

Cette peur de tirer le mauvais numéro à la loterie conduit à tous les excès, partout dans le monde.. Soudain l’on mesure combien l’après-guerre a changé les esprits. En 1920, des millions de gens pouvaient mourir de la grippe espagnole sans que personne n’ordonne le moindre confinement. Aujourd’hui, 100.000 morts dans le monde (l’équivalent de la campagne de France en 1940) paraissent insupportables. Pour les éviter, on est prêt à tout, même à organiser sciemment la pire crise économique de l’histoire.

Plutôt que d’encourir un risque sur 200 ou 300 de mourir en attrapant le virus dans la rue, les gouvernements, sous la pression de leur opinion publique, préfèrent condamner les 200 ou 300 à une longue, très longue pauvreté… qui leur sera reprochée très vite. Édouard Philippe l’a compris. Il a amorcé hier, dans son utile conférence de presse, le virage vers une austérité sans état d’âme.

Qui paiera ? La grande somnolence éveillée des Français.

Cette semaine, la polémique a enflé sur le thème du « qui paiera la crise? ». Comme s’il existait une cagnotte cachée (ce vieux fantasme antisémite qui hante toujours la gauche), ou comme si la solidarité se limitait à recevoir des bienfaits et à choisir un bouc-émissaire au moment de rembourser. On veut bien tous bénéficier d’une aide, mais on ne veut surtout pas qu’elle soit payée par les autres !

L’exercice ne sera pas facile à mener pour des gouvernants qui bercent d’illusions leurs gouvernés depuis des décennies sur le thème de « notre richesse est éternelle, insubmersible, et sans peine ». Le spectre d’une hausse des impôts se profile. Le moment de rembourser sonnera comme une terrible trompette dans la bataille : les efforts viendront, inéluctables.

Macron s’y attend. Il préparerait un gouvernement d’union nationale, avec des gens de droite et un discours de gauche. Pas sûr que le « en même temps » fonctionne bien cette fois. Les Français qui ne veulent pas payer ne pardonneront pas aux gens de droite d’aller à la gamelle pour mener une politique socialiste, où les impôts frapperont d’abord les riches, et ensuite tout le monde.

Les vannes de la jacquerie risquent bien d’être ouvertes ce jour-là.

Solitude et derniers jours heureux

En dehors de la solitude imposée par le confinement, la période que nous traversons est heureuse. Les plus lucides savent qu’il faut bien en jouir avant que ne s’installent les jours mauvais.

[…]

Les nuages s’amoncellent sur l’horizon international

Ceux qui s’informent comprennent progressivement qu’un piège se referme. Depuis plusieurs semaines, le ton monte entre les États-Unis et la Chine. Tout laisse à penser que cette situation pourrait dégénérer. Face à la crise économique qui s’annonce, nul ne sait quelle stratégie internationale chacun de ces acteurs déploiera pour rendre les efforts acceptables à son peuple.

Trump ne cache plus désormais ses soupçons : il est bien possible que la Chine ait délibérément laissé courir le virus. Il menace de représailles.

Jusqu’où cette escalade ira-t-elle ?
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Vous savez ce que j'en pense : Les caractères d'une psychose collective.

Bref, nous sommes dans une folie collective et ce n'est pas glorieux. Mais c'est dans la continuité de l'abrutissement de l'homme moderne.

Nous allons payer très cher d'être devenus cons comme des balais et lâches comme des femmelettes. Je ne pense pas que la France se relèvera de mon vivant.


Etat bloqueur et déclassement de la France.

Chacun a pu constater, à l'occasion de cette crise sanitaire, que l'Etat est désormais le principal obstacle à la vie de la France, que l'Etat bloque, par action ou par omission, le fonctionnement de notre pays.

Pas de masques, pas de tests, pas de chloroquine et si des particuliers se démerdent pour en avoir et distribuer, plutôt que de se réjouir, l'Etat les empêche et porte plainte.

Je ne suis pas surpris : c'est un constat que je fais depuis des années. L'Etat est devenu l'ennemi de la France.

Pierre Vermeren : « La crise sanitaire, révélateur du déclassement de la France »

Pierre Vermeren explique ce déclassement de la France par l'Etat par la transformation de la haute fonction publique. Tant que l'Etat était faiseur, jusqu'au début des années 80, le recrutement au sommet de l'Etat était diversifié : juristes, militaires, ingénieurs des grands corps.

Les juristes sont par profession des bloqueurs, des empêcheurs, des gens qui n'ont aucun sens des réalités. Vous voulez qu'un sujet n'avance pas ? Vous réunissez quatre juristes, vous leur confiez le dossier et vous êtes tranquille pour des années.

Mais les militaires et les ingénieurs amenaient dans l'Etat le sens pratique de gens qui font.

Or, à la faveur de l'européisme (Eric Verhaeghe de son coté explique très bien ce phénomène), à partir des années 80, les juristes, les interpréteurs d'arrêts du Conseil d'Etat et de directives bruxelloises, ont éliminé de la haute fonction publique les professions à contenu pratique. Je peux en porter un témoignage personnel.

C'est ainsi que nous nous retrouvons en 2020 avec un Etat bloqueur, empêcheur. Et la France et les Français en souffrent terriblement.

Pierre Vermeren croit que la nécessité forcera l'Etat à changer. Je n'en suis nullement convaincu : en général, les parasites étouffent leur hôte jusqu'à la mort, quitte à en mourir aussi.

Comme je le dis depuis des années (la répétition est la base de la pédagogie, dans mon cas, le radotage), l'européisme (plus exactement, la pulsion suicidaire de sortie de l'histoire qui meut l'européisme) est le noeud de tout.

Pas par hasard si E. Verhaeghe explique la suprématie bloquante des juristes par l'européisme. Quand on a envie de mourir, de sortir de l'histoire, les faiseurs deviennent des gêneurs , on a juste besoin de bloqueurs pour être sûr qu'on ne prend aucun risque pendant l'agonie.

De plus, ce sont des juristes abrutis par le fonctionnariat, qui savent à peine que le privé existe, sauf pour l'emmerder et pour le traire, comme le montre chaque jour la présente crise.

Puisqu'on parle d'européisme, on parle de mon copain l'Euro. L'UE est la prison des peuples et l'Euro est la chaine qui les tient attachés au mur du cachot. Vers 2010, j'ai parié que l'Euro éclaterait et que la France ferait banqueroute avant fin 2020.

Je pensais avoir perdu mon pari. Aujourd'hui, ma cote remonte en flèche. Les huit mois qui restent avant la fin de l'année vont être un peu courts, mais ma prévision ne devrait pas tomber très loin tout de même.

Dans le Figaro de ce matin, je trouve cet article (d'autant plus stupéfiant qu'il provient du chroniqueur économique habituel) :

La crise actuelle est bien plus violente que ne le serait l’éclatement de l’Euro. ANALYSE - La fin de la monnaie européenne aurait un coût relativement modeste !

Si ce n'était la petite phrase convenue sur le regret de l'auteur d'un éventuel éclatement de l'Euro, cet article aurait pu être écrit par un souverainiste pathologique.

Les choses changent.

La BCE à Francfort.



jeudi, mars 19, 2020

Contre le confinement.



Je viens de faire quelque chose que je préfère éviter : des prévisions. En effet, dans ce touit, je compare implicitement les prévisions de mortalité du coronavirus et les prévisions de catastrophe économico-politique.

De plus, en pratique, je vois des images de gens qui se promènent nonchalamment en profitant du printemps. Le confinement consiste beaucoup en des congés payés par l'Etat. Je doute fortement de son efficacité.

Richelieu disait que le dirigeant (je n'ose écrire « l'homme d'Etat ») pèche par inaction, on ne faisant pas ce qu'il doit faire. Aujourd'hui, les péchers de nos politiciens s'appellent : manque de lits médicalisés, manque de médecins, manque de masques, manque de tests.

Maintenant, que toutes ces fautes ont été commises, est-il vraiment nécessaire de rajouter une crise économique au malheur public ?

A la fin, j'ai bien peur que les plus lucides (qui seront rares, la majorité préférera se voiler la face devant l'étendue de l'erreur collective) disent : « Tout ça pour ça ! ».

Eric Verhaeghe :

Pour la France, le coronavirus est un nouveau 10 mai 1940

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Ce qui s’effondre, on en connaît la teneur. En 1920, le monde sortait d’une guerre meurtrière, mais il ne s’est pas confiné à cause de la grippe espagnole, bien plus mortelle et virulente que le coronavirus. Aujourd’hui, endosser 500.000 morts de maladie [prévision alarmiste : 50 000 morts, ça serait déjà très surprenant. En tout cas, pour moi] en France est inimaginable. On troque 500.000 survies contre 65 millions de pauvres.

Car le pays ne se relèvera pas plus que ses voisins du coup de tabac qui déferle sur le monde industrialisé. On parle désormais d’une récession de 5%, de 10% peut-être. En réalité, l’Occident s’apprête à affronter une épreuve assez proche de ce que les Incas ont subi lorsque les Espagnols sont arrivés.

Qui tirera son parti de cette destruction ? La Chine ? La Russie ? Les deux peut-être. Ou bien personne.
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Et H16 (le titre suffit) :

Nos politiciens sont des criminels.

jeudi, février 06, 2020

Les européistes, tyrans d'aujourd'hui.

Contrairement à ce que qu'écrit Verhaeghe, l'autisme des européistes n'a rien d'étrange. Ce sont des idéologues.

Comme l'écologisme et le veganisme, l'européisme est une distinction sociale qui permet aux enculés d'en haut de culpabiliser les prolos et de s'agripper au pouvoir envers et contre tous.

Je suis bien convaincu que, dans mon entourage de bourgeois parisiens cosmopolites, il y a autant d'autistes européistes, vegans et écolos qu'au parlement dit européen.


Post-Brexit : plus d’Europe, moins d’Europe ou mieux d’Europe ?

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De façon assez étrange, le Brexit, qui constitue pourtant un désaveu fondamental, cinglant, sans appel, de la construction européenne telle qu’elle est conçue depuis au moins vingt ans, ne paraît pas ébranler les certitudes des élites europhiles qui ont conduit à cette rupture. Entre le discours d’Emmanuel Macron et la réaction d’un europhile convaincu comme Guy Verhofstadt, on ne donne pas cher des libertés publiques telles qu’elles ont vu le jour sur notre continent.

 Les élites europhiles ont-elles compris l’appel à l’identité et à la liberté ? Parfois, on se pince en se demandant si l’on rêve ou si l’on est éveillé. Et, à l’immédiate issue de ce Brexit, on se pince encore et encore.


[…]

En réalité, les élites au pouvoir ne veulent ni en démordre ni en tirer les leçons : à leurs yeux, le départ britannique relève de l’erreur, voire de la bêtise. En aucun cas, le dogme du « plus d’Europe » ne sera remis en cause. Au rythme de leur déni, l’Union européenne ne devrait pas tarder à imploser.

On notera d’ailleurs que l’Union devrait réformer les règles d’adhésion pour contourner le veto français à l’entrée des pays balkaniques. Et voilà ! la France, qui s’imagine encore peser dans l’Union, devra bientôt constater que l’Allemagne continue à tour de bras à intégrer dans la construction communautaire de futurs partenaires commerciaux qui font tous le jeu des États-Unis et n’ont aucune envie de participer à un projet au-delà de leurs intérêts immédiats.

C’est cette Europe-là que les Britanniques ont voulu quitter. C’est cette Europe-là qui constitue désormais notre horizon indépassable.
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dimanche, décembre 01, 2019

#Block Petits Bourgeois de Merde

C'est moi qui souligne.

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#BlockFriday : cette culture de guerre civile larvée qu’entretiennent ceux qui veulent empêcher les autres d’acheter pendant le Black Friday.

Les Block Friday sont aux bobos ce que les Black Blocs sont à la CGT : une variante radicale, décidée à en découdre, de la pensée ambiante qui inspire la majorité bien-pensante. Ces manifestants ont un peu partout protesté contre la surconsommation et la débauche de jouissances matérielles que le « Black Friday » permet.

Avec Éric Verhaeghe

Les Block Friday luttent contre la consommation de masse au nom d’une écologie superficielle qui dénonce le réchauffement climatique comme expression ultime du capitalisme. Peu à peu se dessine un élitisme consumériste, où tout ce qui est grand public est perçu comme polluant.

Pour bien comprendre le « Block Friday », il faut lire Libération, qui décrit quelques scènes prises sur le vif avec une candeur bobo dont on ne se lasse pas. Par exemple, on retiendra ce moment fort, illustration d’une réaction à chaud venue du tréfonds de ce que les consommateurs ordinaires, harassés par une paupérisation progressive du pays et contraints de tirer chaque mois le diable par la queue pour financer les fameux acquis sociaux que le monde entier nous envierait.

La scène se passe à l’entrée du centre commercial des Quatre Temps à la Défense. Des manifestants d’Extinction-Rébellion, mouvement financé comme on le sait par Georges Soros et quelques-uns de ses amis, tentent de bloquer l’accès au magasin. Une cliente réagit :

« C’est fatigant qu’on ne puisse pas accéder à tous les magasins un jour de soldes. Pour des gens comme moi qui n’ont pas beaucoup d’argent, c’est une occasion de faire mes courses, souffle-t-elle. Faire un blocage ici, ce n’est pas la meilleure idée, ils feraient mieux d’aller dans un autre quartier. »

D’un côté, les militants petits-bourgeois qui pensent combattre le capitalisme, d’un autre côté, les prolétaires qui subissent une action supposée les défendre.

Block Friday, ou l’éloge de la consommation élitaire

La scène n’est pas anecdotique. Elle est au cœur de la contradiction qui se noue entre une écologie superficielle portée par une bourgeoisie progressiste partisane de la raréfaction des biens pour les autres, et une majorité silencieuse épuisée par des prélèvements obligatoires en expansion permanente, et dont le niveau de vie ne cesse de s’éroder au fur et à mesure que l’exigence de performance économique qui pèse sur elle augmente.

Que le Block Friday soit porté par une bourgeoisie progressiste, qui se croit éclairée et qui revendique aujourd’hui, de façon déguisée, le privilège de rester la seule à avoir accès aux biens de consommation, est une évidence que la caste bobo ne veut pas avouer. Dans la pratique, le discours écologiste radical propose d’empêcher la masse de consommer, parce que la consommation de masse serait dangereuse pour la planète. Incidemment, l’objectif politique est de revenir à des biens rares et chers, à une indigence qui frapperait en priorité les plus pauvres et restaurerait la sélection sociale selon des procédés pratiqués en leur temps dans les pays communistes.

La génération qui arrive a perdu la mémoire de ce qu’était la consommation en Union Soviétique, en Pologne ou en Allemagne de l’Est. C’est pour quoi elle a peu de scrupules à proposer un retour en bonne et due forme à ce modèle : des Lada pour tous, chères et difficiles à obtenir, et, pour la nomenklatura, des limousines coûteuses à accès privilégié. Mais en lisant les banderoles et la littérature des écologistes radicaux, on y retrouve le même millénarisme élitaire que celui qui inspirait les bolcheviks en leur temps [depuis un certain temps déjà, des sociologues lucides ont analysé le véganisme et l'écologisme comme des distinctions sociales. Ce n'est pas la réalité qui compte, c'est la barrière symbolique (1) : un bourgeois écolo pollue beaucoup plus qu'un smicard pas écolo. Le terrifiant, c'est qu'à chaque fois dans l'histoire qu'une caste s'est proclamée éclairée et marquée par le destin pour avoir le monopole du pouvoir de diriger les autres, c'est-à-dire les cons, ça s'est terminé en bain de sang. J'ai plus peur de Greta Thunberg que de Poutine].

L’écologie radicale et son injonction paradoxale contre le capitalisme

On ne dira pas assez combien les critiques adressées au capitalisme et au « néo-libéralisme » aujourd’hui sont contradictoires et soumettent la société à une injonction paradoxale permanente.

D’un côté, le capitalisme est accusé d’accroître les inégalités, d’appauvrir les peuples du monde entier, de produire de la précarité et de l’injustice sociale. D’un autre côté, il est accusé de produire de la consommation de masse, et même de surproduire, de surabonder pourrait-on dire. Et souvent, dans la même envolée (typique du discours d’Attac), on trouve cette critique absurde selon laquelle le capitalisme appauvrirait le monde tout en détruisant la planète par une surconsommation de biens.

Dans les blocages de centres commerciaux organisés par Extinction Rébellion et Attac, on ne trouvera pas autre chose que cette injonction paradoxale. Le capitalisme occidental aurait produit et produirait encore de nombreuses inégalités, notamment raciales, qui iraient sans cesse en augmentant. Mais il permet aussi au plus grand nombre d’avoir accès aux biens de consommation et, en ce sens, met en danger les équilibres écologiques. On vient bien ici l’argumentation fallacieuse qui accuse à la fois d’appauvrir et d’enrichir.

Les Block Friday et le retour à la sélection par l’argent

L’alternative qui est portée par les écologistes radicaux ne se dévoile jamais vraiment, mais on comprend bien vers où elle nous guide.

Premier point : il s’agit de réduire drastiquement la consommation de masse. La critique portée contre la société de consommation est d’abord une critique contre la démocratisation de la consommation. Il faut que peu de gens consomment.

Deuxième point : l’accès à la consommation doit être contrôlé par une élite éclairée, qui comprend les enjeux écologiques et peut imposer des mesures au besoin liberticides pour imposer la transition énergétique. On n’avait pas, depuis Lénine, inventé de meilleur projet de domestication de la société, d’asservissement du plus grand nombre à une caste auto-proclamée légitime, que celui-là.

Pour convaincre du bien-fondé de ce projet totalitaire et ségrégatif, une rhétorique se met désormais en place : la consommation de masse, c’est polluant. On ne sait pas trop si la pollution, selon ce discours, n’est pas aussi le fait (ontologiquement, comme disent les philosophes) de la masse, qui est par nature vulgaire et informe. Mais on sait que le sauvetage de la planète passe par un combat acharné contre cette démocratisation des biens. Au nom de la protection de la planète, bien entendu.

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(1) : un article dévastateur dans le Telegraph : pourquoi le petit peuple ne respecte plus la caste d'en haut ? Parce qu'elle se paye de mots ronflants et moralisateurs qui ne coûtent pas cher mais jouit sans entraves sur le dos des autres et n'assument aucun devoir. En résumé, parce qu'elle est profondément immorale dans son comportement, à angle droit de ses discours. Exemple : le couple Sussex.

Mais j'en connais plus près de moi, qui ne vivent pas dans des palais : vegans et cyclistes, qui se font un sang d'encre pour « laplanète » (en un seul mot), mais qui laissent leur voisin crever la bouche ouverte (surtout qu'il est blanc) et prêts à voter Macron pour qu'ils continuent à éborgner les manants.





jeudi, novembre 15, 2018

Un discours de trahison

J’ai l’impression que le mot « trahison » est plus fréquent pour parler de nos politiciens et hauts fonctionnaires, qu’il remplace petit à petit « incompétence ».

Comme cela fait déjà longtemps que je pense que notre classe dirigeante trahit, au plein sens du terme, je suis peut-être victime d’un biais de confirmation.

La crise du sens derrière la crise de l'essence : comment une addition de réformes rationnelles produit un résultat politique qui ne l'est plus du tout

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Peut-on parler d'une faillite des élites ? Et comment en sortir ?

Eric Verhaeghe : C'est un joli débat. Je crains que le sujet ne soit pas la faillite des élites, mais la trahison des élites pour paraphraser Julien Benda. Nos élites sont toutes des produits du système républicain. Elles devraient toutes chérir la démocratie, le peuple comme corps social maître de son destin, et le rayonnement universel de la France comme objectif. Au lieu de cela, nos élites n'ont jamais de mots assez durs pour stigmatiser le populisme du peuple français, pour le rabaisser. Ecoutez Macron parler des Gaulois réfractaires. On croirait entendre le grand bourgeois parisien qui a honte de ses cousins de province. Macron a profité du système public pour s'élever dans la hiérarchie sociale. Il a fait l'ENA, école payée par les contribuables français. De quel droit méprise-t-il aujourd'hui ceux qui lui ont permis d'être là ? Nos élites n'ont jamais de mots assez durs pour la France elle-même. Leur leitmotiv est de répéter en boucle que la France est une puissance moyenne, que son destin solitaire est fini, qu'elle doit désormais se fondre dans une entité supra-nationale pour exister. Je ne pense pas que ce défaitisme corresponde à un mandat donné par le peuple français. Je ne pense pas non plus qu'il contribue à relever le pays de ses ruines industrielles.

Ce discours-là est, de mon point de vue, un discours de trahison dans la mesure où il valide, il assume, la désindustrialisation du pays.
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Pour ma part, j'entends cette trahison dans un sens plus concret : je pense que nos politiciens servent véritablement des intérêts différents et opposés à ceux de la France et en tirent personnellement des avantages (comme des conférences internationales grassement payées ou des sinécures rémunératrices, qu'on ne propose pas aux « populistes »).

jeudi, mai 17, 2018

En France, les vieux, les paysans et les artisans seraient au bout du rouleau

En France, les vieux, les paysans et les artisans seraient au bout du rouleau

(le texte est d'Eric Verhaeghe, j'ai juste souligné les passages qui me tiennent le plus à coeur).


La société française est-elle devenue invivable pour ceux qui en composent le socle historique : les vieux, les paysans, les artisans, entre autres? L’actualité téléscope curieusement plusieurs informations très différentes, qui dressent un portrait sombre de l’état moral et sanitaire de la majorité silencieuse dans ce pays.

Le Monde a fait scandale hier en titrant sa une sur la maltraitance des vieux en France. L’article se faisait l’écho de l’avis rendu par le Comité Consultatif National d’Éthique (CCNE) sur le sort réservé aux plus de 75 ans, et particulièrement aux 500.000 d’entre eux placés dans des Établissements d’Accueil (les fameux EHPAD en quasi-grève perlée depuis plusieurs mois). On notera, pour illustrer le propos du Comité, cette phrase instructive: « force est de constater que l’institutionnalisation des personnes âgées dépendantes et leur concentration entre elles génèrent des situations parfois indignes, qui, réciproquement, sont source d’un sentiment d’indignité de ces personnes. Leur exclusion de fait de la société, ayant probablement trait à une dénégation collective de ce que peut être la vieillesse, la fin de la vie et la mort, pose de véritables problèmes éthiques, notamment en termes de respect dû aux personnes. »

Les vieux face à la dénégation de la mort dans la société du Vivre Ensemble

Cet avis est assez courageux de la part d’une instance officielle. La dénégation de la mort fait partie des principes « religieux » contemporains, ces « credo » laïques qui sous-tendent toute la pensée que Philippe Muray avait qualifiée de post-historique. Dans la société française, qui se caractérise par un immense mouvement d’infantilisation des esprits et de négation de la vie dans ce qu’elle a de risqué et de précaire, la mort et son spectacle n’ont guère droit de cité. Elle rappelle trop l’imposture contemporaine, selon laquelle la technologie permettrait de sublimer le genre humain et ses limites.

Ce n’est d’ailleurs pas le moindre des paradoxes que la société du Vivre Ensemble, dominée par la bienveillance et les valeurs positives, soit aussi productrice d’enfermement et d’exclusion pour tous ceux qui lui rappellent la fragilité de ses croyances. Des campagnes lénifiantes occupent quotidiennement le champ médiatique sur l’accueil des réfugiés, la protection des femmes et des homosexuels, la dignité animale. Les mêmes qui professent une sorte d’amour sans limite pour toutes ces causes généreuses semblent avoir, dans le même temps moins de scrupule à « placer » leurs parents ou leurs grands-parents dans des mouroirs totalement indignes.

Dans cet empire du bien qui nous est proposé sans relâche par les médias officiels, retenir administrativement des demandeurs d’asile est vécu comme une honte, mais enfermer ses vieux dans des maisons prisons dont ils ne sortent que refroidis par la mort semble beaucoup moins choquer. Ce deux poids deux mesures permet, il est vrai, d’éloigner de nos yeux les images choquantes de ce que nous deviendrons un jour, et nous maintient dans l’illusion puérile que nous pouvons, toute notre vie demeurer d’éternels adolescents.

Le CCNE veut soigner le mal par le mal

Au demeurant, les solutions proposées par le CCNE sous la plume de la rapporteuse Cynthia Fleury, philosophe de son état, montrent l’incapacité de la commission à sortir de la doxa post-historique qui étouffe l’Occident. En particulier, on notera que l’avis propose de créer un cinquième risque de sécurité sociale qui s’appellerait la dépendance. Là encore, plutôt que d’intégrer la prise en charge du vieillissement à la vie sociale ordinaire et à la prévoyance que chacun se doit à lui-même, le Conseil propose de l’isoler un peu plus en transférant le risque à un opérateur extérieur, bureaucratique, administratif, qui nous débarrasserait une bonne fois pour toutes de la nécessité d’inclure nos vieux dans notre vie quotidienne.

Comme si le bannissement des vieux dépendants n’était pas le résultat ultime de cette grande infantilisation collective à laquelle la sécurité sociale participe, en dispensant chacun de veiller à son propre destin, en confiant à l’État le soin de se préoccuper d etout à notre place.

Dans cette obsession de soigner le mal par le mal, on notera que le Conseil cède à la facilité du discours lénifiant propre à notre époque. Ainsi, il propose de ne plus dire « personnes âgées »: « Il serait nécessaire de refonder certains termes très usités comme celui de « personne âgée » qui, d’une part est imprécis et d’autre part peut être discriminatoire » (page 11).

Ce constat est assez tragique : il nous rappelle que la vie humaine n’a plus guère d’intérêt que lorsqu’elle est victime de discrimination. Sans cette victimisation, elle ne compte pas pour grand chose.

Les vieux sont pourtant plus riches que la moyenne des Français

Le même jour, la DREES publiait son panorama annuel sur la retraite et les retraités. L’alignement de statistiques permet pourtant de vérifier que les vieux en France font l’objet de tout, mais certainement pas de discrimination au sens classique du terme. Les chiffres sont sans appel: « En 2015, le niveau de vie médian des retraités s’élève à 1 760 euros par mois, ce qui est légèrement supérieur à celui de l’ensemble de la population (1 690 euros). »

Redisons-le, nous ne sommes pas ici sur des chiffres moyens, mais sur des médianes. Si l’on intègre les différentes sources de revenu de nos retraités, y compris ceux tirés de l’épargne ou de l’immobilier, on constate donc que leur niveau de vie médian est supérieur à celui des actifs. Ces chiffres ne signifient bien entendu pas qu’il n’existe pas de précarité chez une fraction plus ou moins importante de nos retraités. 16% des retraités perçoivent d’ailleurs le montant minimum. Ces chiffres prouvent néanmoins que, par rapport à la moyenne des Français, les retraités ne sont globalement pas plus mal traités que les autres.

Parler de discrimination à leur endroit constitue donc un artifice de langage destiné à légitimer leur prise en compte. Dans la France infantilisée d’aujourd’hui, les seules personnes qui ont le droit à espérer une prise en considération sont les « victimes ». Les autres sont présumés être des bourreaux à punir.

Nos paysans aussi sont au bout du rouleau

L’ironie de l’actualité veut que, le même jour, la Coordination Rurale ait publié un communiqué sur la situation de détresse de nos paysans. On se souvient que, l’an dernier, une campagne avait sensibilisé à la question du burn-out dans les campagnes, et au nombre inquiétant de suicides chez les agriculteurs. Un plan de prévention avait été monté en urgence, financé par l’État.

Ce plan semble avoir été utile. La Mutualité Sociale Agricole (MSA), en charge du dispositif, aurait accompagné 3.500 agriculteurs en un an dans ce cadre, soit environ 0,5% de la population globale. Ce n’est pas rien! et ce chiffre confirme l’acuité de la question de l’épuisement professionnel dans les exploitations agricoles.

Selon la Coordination Rurale, le ministère de l’agriculture retirerait ses financements et laisserait désormais la MSA agir seule, avec une enveloppe de 3,5 millions € qui se substituerait aux 4 millions apportés par l’État. Là encore, on s’étonne de voir les économies de bout de chandelles qui accroissent la pression sur ces figures emblématiques de notre identité collective. La MSA commet d’ailleurs l’aveu qu’elle dispose d’un fonds d’action sociale de plus de 150 millions € annuels. Que diable ne consacre-t-elle pas plus d’argent à aider ceux qui n’en peuvent plus de leur métier ?

On serait curieux de savoir où passent ces sommes de l’action sociale agricole pour le reste. Non qu’il y ait anguille sous roche. Mais tous ceux qui ont fréquenté le monde paritaire savent combien la notion « d’action sociale » peut faire l’objet « d’interprétations » très diverses. Tout ceci conforte en tout cas l’idée que la souffrance de plus en plus grande éprouvée par la majorité silencieuse de ce pays n’intéresse guère les décideurs de ce pays.

39% des artisans en situation de souffrance professionnelle

Le même jour (l’actualité étant décidément caustique quand elle le veut), la Chambre des Artisans du Bâtiment, la CAPEB, publiait son baromètre annuel sur la santé des artisans. Là encore, les chiffres sont durs à lire et soulignent que les forces vives de ce pays sont de plus en plus écrasées par le poids d’un système qui les traitent mal, faute de les considérer comme des « victimes », et à force de les considérer comme des « responsables ».

On lit ainsi:

« En 2017, ils sont ainsi 39% à s’estimer en mauvaise santé, contre 29% en 2016. Parmi eux, 68% disent souffrir de douleurs musculaires. A noter que ces dernières sont en constante baisse (-10%), « ce qui montre que les artisans adaptent de plus en plus leur manière de travailler afin de limiter les contraintes physiques ». (…)

Comment expliquer cette dégradation de l’état de santé des artisans ? Il y a tout d’abord l’intensification des rythmes de travail hebdomadaire : 63% des artisans travaillent plus de 50 heures par semaine dont 24% plus de 60 heures.

Le stress concerne 58% des interrogés qui pointent le poids des démarches administratives, la charge de travail, les contraintes de délais et le manque de repose. Ce stress impacte la qualité de sommeil des artisans et les expose à un « risque accru » d’épuisement professionnel. Ils sont d’ailleurs 37% à déclarer avoir subi ou frôle un burn-out.

« En plus du travail sur les chantiers, la charge administrative excessive pèse lourdement sur les artisans du BTP et occasionne un stress toxique. Il est urgent et essentiel d’alléger cet aspect de leur quotidien, au lieu de quoi, on veut leur imposer de nouvelles tâches telles que le prélèvement de l’impôt à la source », regrette Patrick Liébus.

Le baromètre met également en avant « un suivi médical quasi inexistant » : seuls 13% des artisans sont suivis médicalement pour leur activité professionnels tandis que 51% consultent leur médecin à de très rares occasions, voire jamais. La principale raison évoquée étant le manque de temps (27%).

Et les congés dans tout cela ? 33% des artisans prennent au maximum 2 semaines de congés par an. »

Le constat est accablant, bien sûr. Il souligne l’extrême disparité des modes de vie dans notre société. Alors que la France compte environ 3,5 millions de chômeurs (tous victimes de l’oppression capitaliste, c’est bien connu), la pénurie de main-d’oeuvre s’installe. Du même coup, alors même que le partage du travail est devenu l’objet d’une théorisation, les artisans sont obligés d’assumer seuls le poids de toute reprise économique. La relance de l’activité se traduit immédiatement par un écrasement physique pour tous ces employeurs qui ploient sous le poids d’une réglementation proliférante, d’une complexité bureaucratique grandissante, mais aussi d’une inégalité assumée collectivement, semble-t-il, dans la répartition des efforts à fournir.

En France, les forces vives sont fatiguées

Par petites touches, cette accumulation de chiffres et de données donne une autre image de la France que celle véhiculée par les medias ordinaires. Si la France souffre, aujourd’hui, ce n’est pas forcément celle qu’on croie. Les déluges de considérations culpabilisantes sur le mauvais traitements qui serait réservé aux minorités en tous genres dans ce pays dissimulent de moins en moins une réalité plus gênante : ce sont les forces vives qui faiblissent aujourd’hui, qui sont écrasées par l’armature de plus en plus lourde d’une société qui multiplie les instances bureaucratiques destinées à faire vivre le mythe d’une victoire sur les risques, sur l’éphémère, sur le précaire de la vie.



samedi, mai 05, 2018

Gestion d'Air France et coopération hautement fiable

Voici ce qu'Eric Verhaeghe écrit de la gestion du conflit social chez Air France :

Air France, SNCF: les entreprises publiques sont-elles capables de négocier avec leurs partenaires sociaux ?

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Depuis le début, on s’étonnera quand même du peu de ménagement dont la direction d’Air France semble avoir fait preuve vis-à-vis des pilotes de ligne. On peut bien entendu reprocher à cette catégorie de salariés socialement privilégiée de se comporter à la manière des diva. Il n’en reste pas moins que, lorsqu’on est obligé de passer par un syndicat représentatif, il faut savoir mettre de l’eau dans son vin. Manifestement, ce n’est pas la première des facultés de la direction d’Air France.

[…]

Dans une entreprise ordinaire, les négociations entre patronat et syndicats ne se passent pas par l’intermédiaire de la presse. Tôt ou tard, la direction y rencontre les représentants élus des salariés et discute avec eux pour trouver un accord.

Manifestement cette méthode de négociation est trop simple pour les brillants cerveaux qui dirigent les entreprises publiques. Ceux-ci préfèrent se lancer dans des billards à quinze bandes dont l’issue laisse dubitatif.

Dans le cas d’Air France, la direction ne semble guère avoir exprimé auprès du SNPL son intention de négocier clairement avec lui. Au contraire, le SNPL a compris que la direction cherchait à le contourner et à le discréditer.

Comme à la SNCF, tout se passe comme si l’élite technocratique à la tête des entreprises publiques gâchait toute possibilité d’évolution collective faute de savoir négocier avec le petit personnel. Comme si jouer le jeu de la négociation avec les syndicats exposait à un ridicule indigne des codes aristocratiques.
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Or, que dit Christian Morel ? Que la coopération hautement fiable, à base d'honnêteté, de réciprocité, d'ouverture et de confiance est indispensable à la sécurité et devrait être étendue au delà de ce domaine en raison de sa contribution décisive à la résilience de l'entreprise.

Cela m'inspire une réflexion : il n'y a rien d'étonnant à ce qu'Air France ne soit pas en tête des classements de sécurité des vols et ne soit pas non plus dans les compagnies à la santé florissante.

On pourra me dire que gestion de l'entreprise et gestion de la sécurité sont séparées. Oui ... mais non. Pas si on vise l'excellence. C'est même la culture de la sécurité, et donc de la coopération, diffusée à tous, y compris aux non-intervenants directs dans le vol, qui fait la différence entre l'excellence et la moyenne.


jeudi, avril 19, 2018

Nouvelle flambée d’inquisition féministe en France

Nouvelle flambée d’inquisition féministe en France

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Cette violence-là [du vrai viol, style dans nos riantes banlieues] n’a rien à avoir avec ce qui se passe dans une chambre d’hôtel entre un homme qui court un jupon et une femme que personne n’a forcée à être là et qui sait pour le reste à quoi s’en tenir.

Mais chez l’accusatrice, la notion de viol semble se confondre avec la notion de libido. Cette synonymie progressivement nourrie dans les esprits est un sujet majeur pour notre époque: progressivement, c’est le procès du désir et de sa liberté qui est dressé par d’improbables accusatrices. L’argument de l’emprise est ici terrible. Manifestement, la FEMEN était fascinée par cette vedette de théâtre… et elle semble décidée aujourd’hui à reprocher à la vedette la fascination qu’il exerçait sur elle.

C’est peut-être d’ailleurs le principal procès qui est dressé ici : celui de la fascination qu’un homme peut exercer sur une femme.

[...]

On lira notamment cette mesure :

Créer une charte d’engagement destinée aux médias relative à la lutte contre les stéréotypes sexistes. Cette charte posera les grands principes d’une communication non sexiste.

Bien entendu, on comprendra, dans la « communication non sexiste » le principe d’une communication dévalorisant le sexe masculin.

La fin de la campagne anti-masculine n’est pas pour demain.
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dimanche, avril 15, 2018

dimanche, mars 25, 2018

Terrorisme musulman : la guerre (perdue) de l'information

Arnaud Beltrame, tombé au champ du pseudo-Vivre ensemble

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Nous laissons les Qataris acheter le Paris-Saint-Germain, diffuser des émissions de télévision sur notre sol… alors que nous savons les liens qu’ils entretiennent avec ceux qui ont fauché des vies au Petit Cambodge et au Bataclan. Accessoirement, les services secrets du Golfe, notamment saoudiens, soutiennent activement des mouvances terroristes avec la bénédiction de nos propres services… qui s’épuisent ensuite à empêcher leurs « alliés » du Moyen-Orient de venir commettre des attentats sur notre sol.

Pour maintenir l’écran de fumée qui dissimule cette ambiguïté, il existe donc une multitude de chiens de garde qui protègent les vertes prairies du Vivre Ensemble, où tout le monde il est beau tout le monde il est gentil. Ces chiens de garde mènent une véritable guerre de l’information destinée à discréditer tout discours sur le lien stratégique entre les alliés de l’Occident et le terrorisme, et pour faire taire l’idée que l’Islam de France est aujourd’hui noyauté à tous les étages par des prédicateurs qui sont complices d’un terrorisme salafiste largement instrumentalisé par les services secrets occidentaux dans les conflits en Asie ou au Moyen-Orient.

[…]

On touche ici au nerf de cette guerre de l’information : il faut déplorer le terrorisme, mais il ne faut pas chercher à le comprendre. Il faut notamment éviter d’en retracer l’histoire et les conditions de développement. Cette démarche critique est en effet suspecte de complotisme comme Galilée était suspect d’athéisme.
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mardi, février 27, 2018

Banques « too big to fail / to big to be saved » : on marche sur la tête (vous allez me dire « Ce n'est pas nouveau »)

Lu ce sous-titre dans Le Figaro :

Les autorités de régulation appellent de leurs vœux des fusions entre banques, afin de créer des géants paneuropéens. Ce qui permettrait de limiter les risques en cas de crise.

C'est fou. C'est absolument contraire à l'intelligence la plus élémentaire : plus les banques sont grosses, plus elles représentent un risque ingérable en cas de crise.

Mieux vaut beaucoup de petites banques dont certaines peuvent survivre que quelques grosses banques toutes soumises au même risque. C'est un raisonnement systémique simple.

Mais il est vrai que l'européisme est une idéologie et que le propre des idéologies est de vivre en complète contradiction avec les réalités les plus évidentes. C'est d'ailleurs ce qui en fait le danger.

Une autre réalité évidente est : les connards européistes qui nous emmènent dans le mur tiennent le manche et nous sommes bien baisés.












Addendum :

Eric Verhaeghe, dans un billet sur le même sujet, conclut ironiquement :

Mais, bien entendu, le danger dans nos sociétés ne provient pas des élites, mais du petit peuple et du populisme …

lundi, novembre 13, 2017

Où il est encore question de libéralisme et de conservatisme …

Je suis de plus en plus convaincu (vous me direz que je fais de l’auto-persuasion !) que le bon cocktail politique pour la France est libéralisme à l’intérieur et protectionnisme à l’extérieur. C'est tout à fait possible si on n'est pas idéologue, si on ne fait pas du libéralisme un absolu.

Car, à l’intérieur, la France étouffe du mammouth étatique, à la fois, dispendieux, maternant et inefficace (tout Français a cette expérience quotidienne) et, vis-à-vis de l’extérieur, de se sentir ouverte à tout vent. Or, ce programme politique, personne, absolument personne, ne le propose. On sait pourquoi : il bouscule trop d’habitudes de pensée et d’action de nos politiciens, il bouscule à la fois « l’Europe, l’Europe, l’Europe » des uns et « l’Etat, l’Etat, l’Etat » des autres et il y y a des fous (Juppé, Macron, etc.) qui font les deux.

De même que je n’ai aucun doute qu’immigrationnisme et étatisme sont liés (ils se justifient l’un l’autre), je suis persuadé que mondialisme et étatisme sont liés. Le mondialisme ravage les pays occidentaux au profit de l’hyper-classe mondiale et les Etats appauvris font la voiture-balai et envahissent nos vies pour éviter que les éclopés ne se révoltent.

Les Français ont besoin d’être rassurés ? Certes, mais ce n’est pas en faisant ce qu’on fait depuis quarante ans (qui est justement ce qui les a mis dans cet état d’inquiétude), l’extension indéfinie de l’Etat, toujours plus de ce qui ne marche pas, qu’on les rassurera. C’est en faisant exactement le contraire de ce qu’on fait depuis quarante ans : en fermant les frontières, en mettant les délinquants en prison et les libérant de cet Etat-mamma qui les étouffe.

La droite est-elle encore capable de penser l’État ?

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Hormis le « conservatisme », Laurent Wauquiez n’a guère de désaccord de fond avec Alain Juppé. Autrement dit, les deux compères devraient se retrouver sur la question de l’État et de son rôle dans la société française. La droite sociale appelle ouvertement à la force de l’État, contre-balancée, paraît-il, par la justice sociale.

Tout le monde sait avec quoi riment ces mots : pression fiscale, services publics en goguette et usines à gaz incessantes pour étatiser ce que le marché peut faire.

[…]

Le libéralisme orphelin de la droite

Ce qu’on appelle la recomposition macronienne s’apparente donc ici, surtout, à une reprise en main du discours politique par une idéologie étatiste. On se souvient du choc prôné par Fillon, avec de fortes baisses de dépenses publiques.

Décidément, ce spectre s’éloigne, et on voit mal qui, à droite, pourrait le faire revenir.
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