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dimanche, mai 19, 2019

Rougeyron, c'est intéressont










1) Notamment, je suis turlupiné par son passage sur le libéral-conservatisme qui ne peut pas être français.

En effet, si on me demande ce que je suis politiquement, je réponds « libéral conservateur ». Mais, depuis les Gilets jaunes, j'ai de plus en plus de doutes. J'ai vu de prétendus libéraux-conservateurs appeler hystériquement à taper sur le peuple façon Flaubert.

Pour moi, un libéral conservateur aujourd'hui, c'est un crétin qui va se faire baiser par Bellamy comme il s'est fait baiser par Sarkozy.

Sarko, j'ai donné une fois et demi (en 2007, j'y croyais à moitié. En 2012, c'est juste que je ne pouvais pas blairer Hollande - je ne me souviens plus bien, je ne suis même pas sûr de ne pas m'être abstenu. C'est dire si j'étais à fond).

Mais bon, se faire baiser à répétition, ce n'est plus un viol, c'est qu'on aime ça.

Bref, libéral-conservateur, c'est peut-être un autre manière d'être européiste et mondialiste, non par enthousiasme comme les macronistes, mais par désespoir.

Je suis de plus en plus sur la ligne gaulliste : « Le seul vrai révolutionnaire, c'est moi ». La révolution aujourd'hui, c'est d'être nationaliste.

2) Je partage ses doutes sur Salvini, qui tarde à concrétiser son opposition à l'UE au-delà des gesticulations, au point que j'en viens à m'interroger, et son admiration de Farage (2ème partie Grand entretien à partir de 15'). Depuis les débuts de ces affaires de Brexit, malgré les déceptions qui s'accumulent, je fais toujours, envers et contre tout, confiance aux Anglais pur se libérer.

3) PYR répond (2ème partie, 28') à la question qui me hante. Pourquoi la bourgeoisie française ne cesse-t-elle de trahir (1815, 1870, 1940, 1992, 2007, 2017) ?

4) Je suis d'accord avec lui (2ème partie, 35') que la société civile est le faux-nez du féodalisme. L'Etat est l'armature de la France. L'Etat, pas l'administration, pas la bureaucratie. Quelle est la différence ? L'Etat, c'est le pouvoir politique qui décide et l'administration qui exécute, dans l'intérêt de la France. L'idéal étant le duo Louis XIII et Richelieu.

Bonus

Polony n'atomise pas Bellamy, mais elle met bien en évidence qu'il est l'imposture symétrique de Macron (JY Le Gallou : Bellamy parle comme Orban mais votera comme Soros) :



Nota

PYR y fait allusion. Si vous ne connaissez pas Albert Roche : cultivateur, puis cantonnier, il est le soldat le plus décoré de la guerre de 14.

Régulièrement en première ligne, il se retrouve un jour être le seul survivant de sa position, une tranchée au Sudel en Alsace, tous ses camarades ayant été tués. Il positionne alors tous les fusils des morts avec lesquels il tire alternativement faisant croire à l’ennemi à la résistance d’une garnison, mettant ceux-ci en déroute.

Il a fait 1 180 prisonniers à lui tout seul ! La dernière de ses huit citations suffit :

Chasseur dont la bravoure est légendaire au bataillon. Fait preuve, dans les circonstances les plus difficiles d'un mépris absolu du danger ; conserve un calme absolu aux moments les plus critiques, donne à ses camarades l'exemple de l'entrain, exalte leur courage, est pour ses chefs un auxiliaire précieux. Pendant les opérations du 31 août 1918, a réussi comme agent de liaison à transmettre à toutes les sections de sa compagnie les ordres du commandant, n'hésitant devant aucun danger, triomphant des difficultés de toutes sortes, montrant un rare esprits de décision, une conscience au dessus de tout éloge. Médaillé militaire pour faits de guerre (sept citations).

Face à ce Super-Dupont, Captain America peut effectivement aller se rhabiller.



jeudi, mars 21, 2019

La bonne politique

Réprimer les casseurs et répondre aux Gilets jaunes.

Hélas, le gouvernement fait l’inverse : il laisse faire les casseurs et réprime les Gilets jaunes sans aucune réponse politique.

C’est l’absence de réponse politique qui rend la répression illégitime, ce qui l’apparente à une répression dictatoriale.

A qui réfléchit, la réponse aux GJ n’est pas le RIC ou quelque innovation politique, mais tout simplement, un changement de politique. Et comme le gouvernement ne veut pas changer de politique et ne veut pas non plus se représenter devant le peuple, il est obligé de réprimer.

D'opprimer.

Une synthèse navrante mais vraie :

Comment le système a récupéré les gilets jaunes

Nous devons continuer le combat, en étant plus intelligents et résolus que nos ennemis.

Article de Jacques Sapir sur la déférence (il est gentil de ne pas écrire « servilité ») des intellectuels français vis-à-vis d'Emmanuel Macron :

Un dîner en ville ...

jeudi, février 07, 2019

Politique politicienne : pourquoi François-Xavier Bellamy va échouer aux élections européennes

Le candidat LR aux prochaines élections européennes, François-Xavier Bellamy, me semble un bon petit gars assez respectable, mais il va échouer à remonter LR.

Il se dit conservateur mais Trump a montré que ce qui marche n'est pas le « discours des valeurs » seul, mais de l'associer à une politique économique ouvertement anti-mondialiste et protectionniste. Sans quoi, le « discours des valeurs » apparaît comme une simple incantation, ça ne coûte pas cher de se payer de mots.

De plus, pour sceller cette volonté de rupture avec l'ordre progressiste-mondialiste, il faut refuser le magistère moral des médias, ces nouveaux curés. Un journaliste vous agresse ? Coup de pied où je pense, coup de boule, coup de boule et coup de pied dans le ventre quand il est à terre.

Bref, sur les trois points majeurs, valeurs, protectionnisme, médias, il en manque au moins deux à Bellamy.

Le problème est plus profond que ses idées : il faut un tueur, un guerrier, un Trump, un Salvini, un type qui jette sur l'ennemi tout ce qui lui tombe sous la main, pas un gentil philosophe qui remportera des succès d'estime mais aucun succès politique, les seuls qui comptent ... quand on fait de la politique.


lundi, juillet 16, 2018

Grand entretien de juillet de PY Rougeyron

PY Rougeyron est un branleur mais je l'aime bien quand même. Ses analyses sont globalement bonnes.














lundi, juillet 02, 2018

Ne sous-estimez pas les européistes

Il souffle un certain vent d'optimisme chez les conservateurs européens, qui sentent bien que le sens de l'histoire (auquel ils sont censés ne pas croire) souffle dans leur sens.

Mais, quand on regarde la dure réalité, le recul de l'européisme est minime, pour ne pas dire inexistant : quelle directive, quelle procédure importante, quel fondement du pouvoir européiste a été changé ? Aucun. Même le Brexit n'est toujours pas effectif et tous les signes pointent vers un échec.

C'est pourquoi la mise en garde d'Edouard Husson est salutaire :

A tous ceux qui croient que le sommet européen des 27, 28 et 29 juin a été un échec

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Tant que Giuseppe Conte ne met pas en cause l’architecture de la BCE, il est utile : il aide à canaliser les populismes ; il peut s’allier avec la Bavière ou la Hongrie qui sont plus rigoureuses budgétairement parlant que l’Italie. Pendant ce temps, le débat ne porte pas autant qu’Emmanuel Macron le voudrait sur l’avenir de la zone euro. Mais n’est-ce pas dangereux de trop parler des choses ; au lieu de les traiter à huis clos et de les sortir du chapeau du Conseil ou de la Commission quand c’est opportun ?

Le refus de donner prise au débat sur les questions qui sont au coeur de l’appareil de pouvoir européen reste une très grande force de l’Union Européenne. Qui décide ? Comment ? Quelle est l’efficacité réelle des politiques mises en place ? Personne n’est capable de le dire mais, jusqu’à maintenant, la capacité à résister à tous les assauts jugés démagogiques a rassuré les marchés. 

J’entends bien monter les mécontentements, je vois bien que Madame Merkel, en déstabilisant l’espace Schengen, a mis ses confrères chefs de gouvernement dans une situation délicate. Mais il ne faut pas sous-estimer les ressources dont dispose encore la bureaucratie que nous appelons « bruxelloise » par facilité. Les dirigeants européens, à Bruxelles, Francfort ou dans les gouvernements nationaux, peuvent considérer qu’ils ont le temps pour eux, que la zone euro est « too big to fail ». C’est en tout cas la carte qu’ils ont l’intention de jouer encore durant plusieurs années.  

Je ne dis pas que les partisans du réel soient condamnés à affronter en vain les défenseurs de l’utopie européiste. L’histoire de l’Europe est un cimetière de mauvais gouvernements, renversés pour ne pas avoir tenu compte de la réalité. Mais les illusions ont la vie longue. Machiavel sert à tous ceux qui veulent entretenir la manipulation. Et il faudra beaucoup de réalisme aristotélicien pour ébranler son assise. 

Si vous avez décidé de porter le fer dans les failles de la cuirasse de votre adversaire,  préparez-vous à un combat long et, au départ, asymétrique. Cuirassez-vous comme il faut vous-même. Acceptez d’être un temps ostracisé. Soyez constant et patient.
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On ne sortira pas de cette vérité toute simple : l'européisme est la prison des peuples et les barreaux de cette prison sont faits d'Euros. Tout ce qui n'attaque pas l'Euro est dommageable diversion, resserre en douce les noeuds de la camisole.

dimanche, juillet 01, 2018

France, le moment politique (H. Juvin)

Commençons par un bon point : ce n’est pas trop écrit avec les pieds. J’avais été dégouté par un précédent livre de Juvin à cause de son style illisible. Pour l'occasion, il a fait un sérieux effort de clarté. Il y a même de beaux moments.

Son amour de la France paraît sincère.

Il écrit parfois d’énormes conneries. Lorsqu’il raconte que la France est menacée par des températures de 50°C ! Ou quand il nous dit que la France participe au au programme F35 ! Sans compter les fautes d'orthographe ou typographiques. Et la couverture est horrible, elle mériterait à son auteur une peine sévère, style audition des oeuvres complètes de Dave. Bref, c'est un livre outrageusement bâclé.

Mais on lui pardonne, au nom de son intelligence d'ensemble. Et puis, il est partisan du nucléaire, ce qui est la seule position écologique et raisonnable en matière de politique énergétique.

Que dit-il ?

Que la France n’est pas une abstraction et que les dirigeants mondialistes conspirent à faire disparaître cette réalité gênante, à la dissoudre dans des abstractions (l’UE, « la communauté internationale » …). La France qui ne serait plus qu’un terrain administratif où passent des flux humains, matériels et financiers ne seraient plus la France.

La menace est qu’on nous laisse des bribes de folklore pour consoler notre identité blessée et que nous nous en contentions.

Hélas, l’important n’est pas de pouvoir continuer à manger du cochon, mais que nous continuions à avoir collectivement du pouvoir, c’est-à-dire que la nation française continue à exister souverainement.

C’est bien à cette disparition du caillou dans la chaussure de la mondialisation que travaillent Emmanuel Macron et ses marionnettistes.

Juvin insiste sur le fait que la nation est le bon périmètre pour exercer le pouvoir, pour prendre des décisions concrètes et porteuses d'avenir.

Comme Bruno Bertez et d'autres, Juvin pense que la protection des libertés individuelles contre les manipulations des GAFA offre l'occasion d'un retour de l'Etat régalien. Je doute que celui-ci la saisisse.

Juvin se laisse emporter, certaines de ses idées sont mauvaises, mais tout cela est rattrapé par deux grandes forces :

♘ : son amour de la France est éclatant. Il est évident qu'il parle de héros, de villages, de gens avec le coeur, que ce n'est pas une acrobatie littéraire, tout simplement parce qu'il y raccroche des souvenirs personnels, que cela le concerne personnellement. Ah si, les Wauquiez, Macron et compagnie pouvaient cesser d'être des comédiens, mais la tripe, c'est justement ce qui leur manque.

♘ son idée directrice est juste. Hors de la nation, c'est l'individu et la tribu.

L'un des très grands mérites de ce livre est, de manière de plus en plus rare, de parler sans tabou (de l'immigration, de l'islam, de la soumission à l'Allemagne, du consumérisme, de la beaufitude, les éoliennes, la corruption et les paysages etc).

Juvin pense que le retour du politique (par opposition à l'économisme et au juridisme. Les libertés collectives par opposition à l'extension indéfinie et folles des libertés individuelles) est rendu inéluctable par l'urgence écologique au sens large (environnement, populations, cultures, ...). Il pense que la folie individualiste actuelle n'est possible que dans un contexte de croissance continue, pour en atténuer les effets humains néfastes à l'aide d'un raz-de-marrée de matériels et que cette croissance continue touche à sa fin.

C'est la parti la plus faible de son ouvrage : le futur n'est jamais écrit d'avance.

Il a raison : depuis le XVIIIème siècle, l'extension de l'individualisme se nourrit de la dissolution des solidarités permise par l'empire technique. Mais de là à penser que la date de la fin de ce processus est fixée, il y a un pas que je refuse de franchir. Comme il parle sans tabou, il aborde la question de l'effondrement de l'intelligence des occidentaux, mais sans en tirer les conséquences politiques : la révolte pas des idiots-bêtes est plus difficile.

Juvin établit enfin et tout de même, après tant d’attente, un manifeste conservateur pour la France. Ça manque de concret mais l’esprit est là. Il suffirait de quelques politiciens pour transformer ce manifeste en programme mais, hélas, les hommes, à droite ... comment dire ...

La recension de Zemmour :

Éric Zemmour : « Plaidoyer pour une écologie identitaire »

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(1) : Le programme de Juvin n'est pas une politique de Bisounours. Il assume et combat ses ennemis. « Certaines ONG, certains groupes de pression, certaines entreprises multinationales, certaines Églises ou sectes comptent aujourd'hui parmi les pires ennemis de la France. » Il rompt avec des allégeances qu'on ne remet plus en cause: «La justice est rendue au nom du peuple français. Pas au nom du droit, de la Cour de justice européenne, de cours et de conseils tous plus éminents les uns que les autres…» Il dénonce l'Otan à la manière gaullienne, pour ne plus être entraînée dans des expéditions militaires américaines qui ne sont pas dans l'intérêt de la France ; une politique gaullienne qui aurait eu la chance d'être débarrassée des boulets de la guerre froide et de la menace communiste: «Trente ans après la chute du mur de l'Est à Berlin, la chute du mur de l'Ouest, celui de la colonisation américaine qui coupe l'Europe du continent et interdit l'alliance avec la Russie et la Chine, est la première mission de l'Europe des libertés.»

Sa critique de l'Europe et de l'euro est plus argumentée que celle de Marine Le Pen pendant la campagne électorale.

[…]

« Tout conduit la France à être administrée par un manager américain. Tout la pousse à être gérée par un comptable allemand.» Au moins, Hervé Juvin, comme d'autres, aura essayé de l'arracher à ce destin funeste mais qui semble inéluctable. En vain. Jusqu'à quand ?
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mardi, mars 13, 2018

Jean-Louis Harouel : « On peut être libéral sans être libre-échangiste »

Jean-Louis Harouel : « On peut être libéral sans être libre-échangiste »

Sans connaître les auteurs cités (bien ouais, je n’ai pas lu Adam Smith), je répète depuis des années (après un passage bêbête mais utile par un quasi-libertarisme) la conclusion : liberté au-dedans, protection au-dehors. Les pays prospères n’ont jamais fait autrement.

Le dogmatisme libre-échangiste de Bruxelles et de Paris fait bien rire Berlin, Washington et Pékin.

En fait, c'est dans l'esprit abstrait d'un Français que peut naître le conflit entre libéralisme et conservatisme.

Dans le concret, l'homme ne naît pas de nulle part, il hérite l'être, l'avoir et le savoir d'une famille, d'une culture, d'une tradition, d'un pays. Et il part en laissant un héritage, même inconnu. On ne sait pas forcément qui a posé cette pierre ou labouré ce champ, mais un quelqu'un l'a fait.

C'est pourquoi l'homme déraciné du libertarien est un monstre.

Mais l'homme libre est un noeud de liens, certains hérités, certains choisis. La contradiction entre conservatisme et libéralisme est donc spécieuse dans nos contrées où ce qui est à conserver, c'est justement une conception de l'homme libre.





lundi, décembre 18, 2017

La Vendée buissonnnière

Je vous ai déjà parlé des convergences de Michel Ragon, vendéen et libertaire, et de Philippe de Villiers, vendéen et conservateur. Il y en a qui admirent Macron, moi je préfère Ragon. Entre le petit bourgeois fayot d’Amiens (qu’a fait Macron toute sa vie à part fayoter, avec ses profs, au point d’en épouser une, avec ses mentors, avec ses patrons, avec ses électeurs, avec Merkel ?) et l’ouvrier autodidacte de Cholet, on n’a pas les mêmes valeurs.

Pour ma part, je suis un chaud partisan du tirage au sort des dirigeants. Ca marchait bien pour la démocratie athénienne et ça marche encore pour les cours d’assises.

La conférence de Patrick Buisson est dans cette veine vendéenne.


mardi, décembre 05, 2017

Le gaullisme, c’est le conservatisme à la française

Le (vrai) gaullisme est à la France ce que le conservatisme est à la Grande-Bretagne

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En rejetant de Gaulle, la droite a abandonné sa raison d’être: faire vivre une tradition, protéger la nation et les communautés qui y préservent la liberté individuelle, transmettre un capital accru aux générations qui suivront. En fait, la droite française a expulsé de Gaulle, bouc-émissaire de ses peurs et de ses divisions. Puis elle en a fait sa figure tutélaire. Vous remarquerez comme les forces de droite ont d’autant plus parlé du Général avec révérence qu’elles ont fait une politique à l’opposé de la sienne: cédant devant les Américains (Pompidou) ; se ralliant à l’Europe fédérale (Giscard); enfourchant le dada du néo-béralisme (Chirac). J’aime mieux votre Sarkozy, qui n’a jamais fait semblant d’aimer de Gaulle. Mais si l’on va plus au fond des choses, ce que la droite a lâché, avec de Gaulle, c’est ce que nous autres Britanniques appelons le conservatisme.
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Husson est quelque peu ridicule à singer Disraeli, c’est une affectation déplacée. Mais, sur le fond, il a raison.

Le gaullisme est la forme française du conservatisme.

Précisons deux choses :

1) Il n’y a plus un seul gaulliste parmi les politiciens français, et surtout pas à droite, où le sport depuis cinquante ans est de trahir l’esprit du gaullisme tant et plus. Bien entendu, Laurent Wauquiez n'est pas plus gaulliste que moi je suis évêque.

2) Je ne connais peu (pas ?) de critique intelligente du gaullisme. Les critiques du gaullisme que je connais sont sans valeur, soit parce qu’elles reposent sur une blessure sentimentale, l’Algérie française, soit parce qu’elles partent d’une analyse historique idiote et même criminelle, le pétainisme, soit, enfin, parce qu’elles sont de gauche et donc sans valeur aussi (si le socialistes pensaient juste, ça se saurait).

Les arguments d’Argoud sont trop empreints de haine pour être recevables :

La décadence, l'imposture et la tragédie (A. Argoud)

Dominique Venner, qui est moins radical et réussit à tenir à distance ses sentiments, est plus intéressant :

De Gaulle : la grandeur et le néant (D. Venner)

La critique principale de Venner est que De Gaulle a une vision trop abstraite de la France, le fameux « toute ma vie, je me suis fait une certaine idée de la France ».

samedi, décembre 02, 2017

Chroniques d'un monde qui s'écroule (Black Friday, crise de la virilité et compagnie)

Black Friday : réduction (exceptionnelle) du domaine de l’humanité

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 […] Mais il est une troisième voie encore plus sûre vers le cataclysme, qui, non seulement n’est pas discutée, mais est au contraire valorisée, célébrée, glorifiée : celle du consumérisme fanatique dont le « Black Friday », cette journée de soldes importée des EtatsUnis, offre une excellente illustration. Il faut se réaliser que les manifestations mercantiles dont on nous offre l’affligeant spectacle ne sont que le fer de lance d’un mouvement profond résultant d’un faisceau de forces culturelles, sociales, et politiques aboutissant à la marchandisation complète de nos existences. La totalité des actions humaines est en passe d’être englobée dans une logique de marché. C’est la forme privilégiée dans laquelle s’exprime aujourd’hui l’idée même de progrès : il suffit – à propos justement du Black Friday – d’entendre la jubilation des responsables commerciaux des enseignes concernées, mais aussi l’accompagnement bienveillant de la plus grande partie des responsables politiques, notamment du gouvernement, et de notre président, dont la volonté d’ouverture des magasins les dimanches et jours de fêtes est la meilleure illustration. Plus que de progrès encore, c’est quasiment de salut dont il est question, implicitement, comme si cette frénésie de consommation était une façon de sortir nos sociétés de l’anomie latente dans laquelle elles s’enlisent.

[…]

Pour ce qui est du Black Friday, ce qu’on peut en voir, par exemple sur YouTube, montre sans équivoque la violence extrême qui s’associe à de tels emportements, la dépossession de tous les codes de civilité, la régression vers des formes de barbarie antérieures à la civilisation.

Il est irresponsable de s’en amuser. Il faut comprendre au contraire que cela illustre le fait incontournable que l’univers marchand ne produit aucune forme de sociabilité, et que, au contraire, comme l’a montré Polanyi dans La grande transformation, l’encastrement de la société dans le marché ne peut qu’aboutir à de la régression sociale. Une humanité totalement soumise à la logique marchande ne peut être qu’une société violente, sans ciment social, d’hypertrophie de l’égotisme, de faillite de toute forme de solidarité, de crispation identitaire, avec pour corollaire une dimension orwellienne la conduisant vers la défiance et la délation, ce dont on constate les premiers signes.
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Éric Zemmour : « Le grand retour de la guerre »


Et le conservatisme, qui est notre planche de salut, n'arrive pas à s'organiser :

Excès, petits calculs et confusion idéologique : y-a- t il encore quelqu’un à droite ET au centre capable de dire ce qu’il pense vraiment ?






PY Rougeyron donne à juste titre comme exemple de virilité la Résistance (à laquelle participèrent de nombreuses femmes). La virilité, c'est la vertu, c'est ce qui se tient droit, c'est ce qui ordonne le monde.

Sur cette époque, je ne peux que vous conseiller les Mémoires d'un agent secret de la France Libre, du colonel Rémy. C'est plein de vie, et même d'humour. Rémy avait baptisé son réseau Confrérie Notre Dame, l'avait placé sous le patronage de Notre Dame des Victoires (nous sommes très loin de la caricature actuelle droite=christianisme =Mal)et se croyait protégé de la Providence (il avait quelque raison de le croire. Comme ce jour où il se rend à un rendez vous, où la Gestapo lui tend une souricière ... et il se trompe d'étage).

samedi, novembre 11, 2017

L'alliance pas si difficile du conservatisme et du libéralisme

Les conservateurs français éprouvent les pires difficultés à concilier conservatisme et libéralisme alors que les Anglais y arrivent fort bien (voir Roger Scruton). La plupart (voir Polony, Zemmour, Rougeyron , ...) se disent anti-libéraux : or, c'est une impasse qui les condamne à la stérilité. On n'arrive à rien en trahissant son histoire.

En effet, la France est un pays de libertés, elles sont un pilier de notre culture. Dois-je rappeler l'étymologie du mot « France ». ? Bien sûr, les anti-libéraux feront mine de ne considérer que les libertés collectives, ce qui est une ruse de garçon de bains sur laquelle il est inutile de s'attarder.

Certes, la tradition de liberté civile et politique est mieux ancrée en Grande-Bretagne, mais considérer que l'étatisme est l'alpha et l'oméga de la « francitude » est une aberration. Refuser un libéralisme raisonnable par peur de le voir dévier avers le libéralisme libertaire, c'est s'amputer un membre faute de savoir le soigner. Etre conservateur, c'est aussi vouloir conserver ce que notre tradition a de libéral.

Or, Jean-Louis Harouel, utilisant sa grille de lecture gauche = gnose / droite = christianisme, explique de façon limpide comment on réconcilie conservatisme et libéralisme :

J-L Harouel : « Une droite vraiment à droite n'a pas peur de parler de tous les sujets qui fâchent »

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La frontière entre droite et gauche passe à l'intérieur du libéralisme.

Le libéralisme est de droite quand il insiste sur la responsabilité de l'individu quant aux conséquences de ses actes, dans la tradition du Décalogue. Il est de gauche quand il refuse cette responsabilité au nom de la souveraineté absolue du moi, laquelle renvoie à l'homme-Dieu de la gnose, à qui est permis l'immoralisme.

À cela s'ajoute l'antithèse entre l'individu inséré dans une société particulière et l'individu pareil à un électron libre, sans attache ni identité. À l'état pur, quand il ne veut connaître que l'individu et l'humanité, le libéralisme est une religion séculière, une utopie, un système total, comme le communisme.

Face au libéralisme de droite - héritier du christianisme, gardant la notion de bien et de mal -, les libéraux modernes poursuivent une utopie de la liberté illimitée, par-delà le bien et le mal, par-delà les spécificités des peuples, des civilisations, des sexes même. Pour ce libéralisme total œuvrant à l'uniformisation du monde, il n'y a que des individus interchangeables selon le modèle de l'homo œconomicus et festivus d'un marché mondialisé hédoniste.
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Ceux qui sont incapables de réconcilier conservatisme et libéralisme raisonnable manquent tout simplement d'esprit de finesse. Ils ont trop l'esprit de système. Ils sont à la pensée politique ce que la perceuse à percussion est à la musique de chambre.

Enfin, il ne faut pas oublier que la politique est un art tout d'exécution (un art et non une science). On ne peut pas se passer d'idées nettes. Mais cela ne suffit pas. Et on n'est pas obligé de les dire, ou de les dire toutes. Exemple : De Gaulle 1958. Contre-exemple : Theresa May 2017.


dimanche, août 13, 2017

Des racines ... et des ailes ?



J'aime bien cette émission parce qu'elle essaie de se sortir du piège du passéisme. Contrairement à 99 % de ce que je lis chez les conservateurs, il y a l'idée que se complaire dans la nostalgie est stérile.

samedi, juillet 22, 2017

Pêle-mêle : Polony, Thibaud, Saint-Ex

Natacha Polony est souvent ridicule (comme Zemmour) quand elle aborde les questions économiques, mais quand elle s'en tient éloignée, ses propos sont plus solides :

Natacha Polony: « Pas de démocratie sans souveraineté militaire »

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Ceux qui, depuis des décennies, utilisent le budget de la défense comme variable d'ajustement répondent à deux principes idéologiques. Le premier est un mépris profond pour l'industrie - celle de l'armement, qu'on le déplore ou non, est une des rares que la France ait pu sauver - qui explique qu'ils aient laissé détruire plus d'un million d'emplois industriels sur les quinze dernières années alors que ce sont les emplois les plus porteurs de valeur ajoutée. Le second est une indifférence totale à l'idée de souveraineté, qui est pourtant le fondement même de la démocratie.
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Emmanuel Macron, la commémoration politiquement correcte

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Fondamentalement ce fut là, sur le moment, l’attitude de la Résistance : les Juifs sont victimes des occupants, c’est donc ceux-ci qu’il faut combattre. Aider directement leurs victimes privilégiées ne peut être qu’un palliatif, une bonne oeuvre. J’ai eu un ami, reconnu « juste des nations » auquel sa femme reprochait encore, des décennies plus tard, de ne pas être allé au maquis. La question que les résistants ont prise au sérieux, alors que beaucoup autour d’eux l’éludaient était simplement : se battre ou pas. Cela est resté leur critère de jugement, tant qu’ils ont vécu. C’est pourquoi, Simone Veil l’a rappelé : après la guerre, on écoutait plus volontiers dans sa famille sa soeur qui avait pris des risques dans les FrancsTireurs, que celle qui avait survécu à Auschwitz.

Plus tard, au procès Papon, Pierre Messmer a choqué en disant qu’il était plus ému par le souvenir de ceux qui étaient morts en luttant pour notre liberté que par celui des victimes de la barbarie. Il parlait en acteur qu’il était encore devant des hommes de commémoration.

C’est parce que nous commémorons de loin l’événement que nous saisissons mal ce qu’était l’enjeu : la question d’être ou ne pas être, posée à la France et même à chacun. Nous croyons donner plus de profondeur au choix de naguère en lui associant un corpus idéologique et des motifs moraux ou sentimentaux. Mais ce sont des rajouts pour le spectacle. Aucune liste de bonnes raisons ne me dira jamais pourquoi je dois, moi, m’engager… y aller. On s’inquiète donc quand nos politiciens, sincèrement sans doute, s’époumonent à nous exhorter après coup. Ils croient servir un progrès dans la lucidité en jouant les épurateurs de conscience, mais ils sortent ainsi de leur rôle, qui serait d’assumer et de revendiquer le sens présent de leur action. En sont-ils capables ? Leurs performances commémoratives, de quel manque actuel sont-elles un alibi ?
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Jacques Sapir fait aussi remarquer (Bir Hakeim, le Vel’ d’Hiv’ et Emmanuel Macron) que la vision chiraco-hollando-mécronienne de la seconde guerre mondiale (Vichy était la France, De Gaulle et la Résistance étaient des illusions) est très américaine. Le plus grand, le plus acharné, adversaire de De Gaulle était Rossevelt.


Breton / Saint-Exupéry : le manifeste et le sacrifice

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À celui qui professe un mépris absolu de la religion et un refus de la transcendance, Saint-Ex rappelle qu'il est lui-même le plus clérical des hommes, le héraut d'une « Très Sainte Inquisition ». « Vous êtes l'homme des excommunications, des exclusives, des orthodoxies absolues, des procès de tendance, des jugements définitifs portés sur l'homme à l'occasion d'une phrase de hasard, d'un pas, d'un geste. Si vous n'êtes pas l'homme des bastilles, c'est faute de pouvoir. Mais dans la mesure où votre faible pouvoir peut s'exercer, vous êtes l'homme des camps de concentration spirituels », écrit-il. Et encore: « On ne condamne personne chez moi pour un mot qu'il a prononcé ou une connerie qu'on a racontée sur lui. On y ignore les délits d'opinion. »

Au clivage droite-gauche que voudraient instaurer les antifascistes, Saint-Exupéry oppose une autre frontière plus fondamentale : celle qui sépare les planqués, ceux qui se sont mis à l'abri, de ceux qui vivent l'engagement dans leur chair. À la « culture du manifeste » (référence aux deux manifestes surréalistes) qui prône des signes extérieurs de vertu sans « mouiller le maillot », il répond par son expérience concrète du métier d'aviateur: « Je crois aux actes, non aux grands mots », « D'abord, je me suis battu ». Il oppose à la mondanité surfaite des avant-gardes une saine camaraderie soudée par le danger: « Il vous manque mes vingt ans d'aviation parmi les mécaniciens et les ouvriers. Bon Dieu, que nous étions faciles à vivre. On disait “je t'emmerde” et on jouait sa peau les uns pour les autres. »


[…]

La veille de sa mort, il écrivait à son ami Pierre Dalloz, comme en écho avec sa dispute avec Breton : « Je hais leurs vertus de robots. » À la liberté proclamée des surréalistes, cette liberté pétitionnaire, cette liberté de l'écriture automatique qui hache la conscience au lieu d'entretenir l'âme, Saint-Exupéry oppose une liberté toute simple, aussi pure et claire qu'une traînée d'avion dans un ciel bleu : celle de la mort consentie.
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L'opposition est presque trop belle pour être vraie : Breton, le baveux sectaire et bien confortable, et Saint-Ex qui ne la ramène mais meurt pour ce qu'il croit.




En ce moment, je suis agacé que les conservateurs puissent paraître des grincheux acariâtres, alors il ne me déplaît pas que Natacha Polony soit plutôt mignonne et que Saint-Ex fût un doux.

Tiens, un autre conservateur qu'on eut aimé avoir comme ami :




lundi, juillet 10, 2017

Libéralisme de droite, libéralisme de gauche (par Julien Rochedy)

C'est le meilleur exposé sur le sujet que j'ai entendu depuis longtemps.

On mesure combien les médiatiques, les Zemmour (qui, n'ayant pas peur du ridicule, se dit marxiste et bonapartiste), les Polony (qui se dit chevènementiste), les Finkielkraut (qui persiste à se dire de gauche), les Philippot et les Le Pen en sont loin.

Seuls de Villiers et Marion Maréchal ont les idées aussi cohérentes et claires.

Ecoutez à partir de 58' :

mardi, juin 20, 2017

Eux et nous, mais pas seulement, mais pas superficiellement

Les conservateurs aujourd’hui jouent nous contre eux. Opposition facile : les travailleurs contre le banquier, les patriotes contre l’hyperclasse mondiale, les enracinés contre les ectoplasmes etc. C’est facile mais stérile. Moi-même, j'y joue, à ma grande honte.

Rappelons, ce que certains semblent avoir oublié, que les conservateurs font de la politique non pour prendre une pose avantageuse et esthétique, mais pour s'emparer du pouvoir, dans le but d'utiliser ce pouvoir afin de protéger la France et le peuple français. Ceux pour qui la politique est une petite entreprise familiale sans réelle volonté d'arriver au pouvoir (suivez mon regard) trahissent leurs devoirs.

Avec « Pensez printemps » (qui m'a fait rire, à tort, moi aussi), Emmanuel Macron a été plus habile que tous les branleurs de nouille de la droite molle et de la droite dure. Oui, ce slogan creux, mais il permet une projection positive. Emmanuel Macron est l’alibi de la frivolité des Français : ils se donnent l’illusion du renouvellement sans les difficultés du renouvellement réel. Les droites n'ont pas été la moitié du quart aussi intelligentes.

Et quand il s'est agi de cramer Fillon, les macronistes ont oeuvré, ils se sont sorti les doigts du cul.

Les médias ont beau jeu de caricaturer les conservateurs en vieux bougons, parce que nous leur donnons quelques raisons. La France reste en attente d’une espérance qui ne soit pas à base de destruction systématique et ne se contentera pas de la nostalgie.

La notion, soutenue par des gens comme Philippot, Polony, Marine Le Pen, Sapir, que le clivage droite/gauche est obsolète, est une grave erreur de jugement. Il est vrai que de nouveaux clivages, essentiellement souverainistes / européistes, passent à travers la gauche et la droite. Mais en conclure que le clivage droite/gauche est dépassé revient à faire de la politique une pure intellectualité. C’est tout le contraire qui est vrai. La politique est faite d’affects, d’histoire, d’appartenance, de sociologie.

Thomas Sowell, dans Conflict of visions, est plus fin que Marine Le Pen et sa troupe de crétins : les deux visions s'opposent sur plus que de simples opinions.

C’est pourquoi il faut compter que le clivage droite/gauche perdurera et qu'il est tout à fait illusoire d'espérer joindre les souverainistes des deux bords. En revanche, il est tout à fait possible de faire glisser le spectre politique vers la droite.

Le bon cadre de réflexion repose donc sur deux piliers :

♘ comment unir les droites, comment ratisser large à droite, façon RPF ? Par les appareils ? Par les hommes ? Lesquels ? Par les idées ? Lesquelles ?

♘ comment séduire ? Comment faire rêver ?

Pour cela, il faut être au clair sur ses idées, ce que n'est pas du tout le FN. Or, le FN, plus que les autres, parce qu'il n'a jamais exercé le pouvoir national, doit montrer sa compétence technique. Fouletitude de questions dérangeantes traînent sur internet.

Par exemple, Julien Rochedy : « Le FN veut favoriser la production locale. Très bien. Les règles de l'UE l'interdisent. Comment nous en affranchissons nous ? ». Ou Eric Verhaeghe : « Le FN veut financer le système social par la lutte contre la fraude. Outre que les montants ne sont pas hauteur du problème, comment faire accepter par les Français l'inquisition que cette ambition suppose ? » Et tant d'autres ...

Ce ne sont pas les analyses qui manquent :

L’avenir du Front National est-il dans un aggiornamento libéral ?

Carnets de déroute I

Mathieu Bock-Côté : « Macron oblige ses opposants conservateurs à élever le niveau »

Plus tragique, mais aussi plus marrant :

Jean-Marie Le Pen : "Madame Le Pen n'a pas compris les raisons de son échec"

M'est avis que le FN n'entendra pas vraiment les questions et les conseils et fera le service minimum en matière de remise en cause, ce qui le condamne à être le piège qui stérilise le populo comme le PCF dans les années 70.

D'où la question qui ne tardera pas à nous travailler : comment nous débarrasser du FN ?





lundi, juin 19, 2017

Pour un conservatisme d'avenir

Si les conservateurs s'obstinent à cultiver la nostalgie et seulement elle, ils n'iront nulle part. J'aime bien Zemmour mais il est limité par son fatalisme. Il ne faut pas faire l'erreur des légitimistes du XIXème siècle, dont l'ambition de revenir à l'état quo ante a échoué

Les conservateurs doivent proposer un projet. J'entrevois quelques pistes.

Pierre-Yves Rougeyron propose de mettre la priorité sur la France maritime, Roger Scruton sur la beauté, Natacha Polony sur le local.

Les plus intelligents sont d'accord sur la méthode : compétence technique, non-dispersion des efforts, combats sur les points-clés, habileté tactique (inutile de braquer l'opinion, on se fait plaisir mais la cause n'avance pas. Les conneries du FN sur L'Euro doivent servir de leçon).

Dussè-je en choquer quelques uns, je pense que le retour du général De Gaulle est un exemple.

Vous pouvez vous déchainer dans les commentaires.



Parce que tout recommence toujours …

Certains voient dans le règne macroniste une chance pour la vraie droite : le PS est mort, LR et le FN ne se portent pas très bien et l’adversaire centriste anti-national est enfin identifié clairement, après des décennies de fausse alternance.

Tout cela est vrai, mais il ne faut pas se faire d’illusions. Un tas de gens vivent de la vieille politique, qui est une a-politique (« Il n’y a pas d’alternative », « le cercle de la raison ») ils ne vont pas disparaître du jour au lendemain. Ni le FN ni LR ne vont disparaître, ils continueront à faire sentir, chacun dans son genre, leurs effets néfastes de piliers du Système.

Mais, sur le moyen terme, à l’horizon de quinze à vingt ans, il est clair qu’une recomposition politique a commencé. Le danger est que cela n’aille pas assez vite : Gramsci et un certain bon sens historique disent que les coups de balancier culturel et politique durent de trente à quarante ans, soit une grosse génération. Les fils contestent les pères.

Le coup de balancier à gauche, qu’on peut dater de 1965-1970, aurait donc dû se terminer au plus tard en 2010 et une vague de droite aurait dû commencer, avec le destin de finir vers 2050. Or, ce processus naturel a été bloqué par la pusillanimité de la droite.

Nous sommes menacés par le retour de balancier à gauche (sous la forme du transhumanisme ?) avant que le balancier ne soit allé vraiment à droite. Certes, en 2050, je sucrerai les fraises …

Je vous laisse avec Pierre-Yves Rougeyron (il pose d'excellentes questions sur la cohérence des opposants à Macron) :



Et puis, il y a autre chose que l'incohérence des adversaires, il y a aussi leur manque de combativité.

Je ne doute pas que certains se feraient tuer sur les barricades pour défendre la France, mais sont-ils prêts à se salir les mains ? Les mcronistes, eux, le sont (affaire Fillon, financements d'EM, ...). A coté de Macron, ses adversaires sont des enfants de choeur.

Face à de forces si puissantes, il faut une intelligence mais aussi un caractère :

Trump et l’Etat Profond : un complot fort bien monté

dimanche, mai 28, 2017

Construisons

Zemmour propose de « déconstruire les déconstructeurs ». On peut par exemple s'attaquer à Foucault.

Mais il faut aussi construire. Quelques principes. Je dis « principes » car je ne les démontre pas, je pose des jalons.

Aristote (sur lequel je suis en phase d'acquisition) et Saint Thomas d'Aquin me semblent des pistes intéressantes.

L'homme naît, vit et meurt (pas forcément dans son lit, comme diraient les Tontons Flingueurs). Si un homme n'est pas un passeur, héritier et légataire, son existence éphémère est sans intérêt. Le « jouissez sans entraves » fait, à un homme bien né, plus pitié qu'envie.

L'ordre juste protège, notamment le plus faible. L'autorité est la base de cet ordre : voir mon billet à quoi sert l'autorité  ? L'autorité suprême est celle de Dieu.

Rétablir l'autorité, c'est rétablir le Père. Les (certaines) femmes essayent de priver leurs enfants de père : elles se font engrosser puis, au bout d'un certain temps, elles divorcent. L'homme devient un simple géniteur, vieux fantasme féminin, que la fusion mère-enfant ne soit plus dérangée par cet étranger qu'est le père. Mais ça ne marche pas, cet échec est d'ailleurs le tabou n° 1 de notre époque : allez donc raconter dans les diners en ville que le divorce augmente les risques d'échec scolaire et de problèmes psychologiques des enfants, et que, au final, le divorce à plus d'inconvénients que d'avantages, je vous souhaite bien du plaisir.

Dans la transmission, si l'on est provocateur, on peut aussi faire l'éloge du préjugé. Mais c'est anecdotique.

Avec transmission et autorité, on tient un duo très solide avec lequel on peut renvoyer dans leur but les vandales.


dimanche, mai 21, 2017

Libéralisme et conservatisme : recherche saines lectures

La thèse à la mode chez les conservateurs français, dans le sillage des Zemmour, Michea et compagnie (dont on notera qu'une bonne part vient de la gauche) est que libéralisme économique et libéralisme moral sont liés.

Je pense que c'est faux :

1) Nous avons vécu pendant un gros siècle (à cheval sur le XIXème et le XXème) dans un régime de libéralisme économique et pourtant les moeurs étaient conservatrices. Le lien mécanique qu'on nous vend n'est donc pas si évident. On nous dit encore que c'est une question de latence, j'ai du mal à y croire. D'autant plus que la dégradation est récente (cinquante ans) et coïncide plutôt avec une étatisation des économies occidentales (montée en flèche de la part des dépenses publiques dans le PIB).

2) Nous ne vivons pas vraiment dans un régime de liberté économique, mais plutôt dans un capitalisme de connivence où l'Etat est omniprésent, à la fois pour servir les intérêts particuliers de quelques uns et pour acheter la tranquillité du peuple floué. Et la liberté des moeurs vire à la licence et semble faire partie des politiques de contrôle social étatique.

Or, je manque de base théorique, de saines lectures, pour étayer mon intuition.

J'ai lu Burke et Scruton. Mais ils sont très anglais. Le fond de leur propos repose sur une longue tradition libérale qui n'existe que chez eux.

J'ai bien compris que notion fondamentale est le tri entre les choses qui ont une valeur et celles qui ont un prix (admirable définition du cynique par Oscar Wilde, encore un Anglais : « Un cynique connaît le prix de tout et la valeur de rien »). Dès qu'on met un prix sur une chose, elle cesse d'avoir de la valeur.

J'aimerais un guide de plus conforme au génie français. Un bouquin bien charpenté, bien écrit, pas forcément récent (je soupçonne qu'il y a peut-être quelque chose chez les auteurs du XIXème). Vous avez des recommandations ?