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jeudi, décembre 30, 2021

L'islam est-il notre avenir ? (JL Harouel)

Jean-Louis Harouel est toujours aussi clair et juste.

1) Le christianisme, grâce à la séparation des deux royaumes, est la religion de la liberté et de l'épanouissement des potentialités humaines.

2) A contrario, l'islam est fondamentalement immobiliste et obscurantiste, à cause de sa loi d'airain inamovible.

3) De toutes les grandes religions, l'islam est de très très loin la plus oppressive : oppressive contre les non-musulmans, contre les femmes et contre les esclaves. Le mensonge politiquement correct qui renvoie toutes les grandes religions dos à dos n'est que cela, un mensonge.

4) L'islam est par nature terroriste. La distinction entre islam et islamisme est spécieuse.

5) La religion des droits de l"homme, qui ignore la laïcité, puisque l'Etat est son principal vecteur, est suicidaire.

Les islamistes ont raison (de leur point de vue) de jouer la stratégie : « Avec vos lois, nous vous conquerrons. Avec nos lois, nous vous soumettrons ».

Comme pour toutes les religions gnostiques, le mépris des réalités des droits-de-lhommistes n'est pas un  accident, c'est le coeur de leur philosophie. Il est donc dans l'ordre des choses que la religion des droits de l'homme ne prenne pas l'islam et les immigrés musulmans comme ils sont et empêche les peuples autochtones de se défendre.

5) Si l'islam finit par prendre le pouvoir en Europe (un sursaut européen contre la religion des droits de l'homme est possible, mais il ne faut pas se faire trop d'illusions), l'Europe entrera dans une très longue nuit. L'islam est comme Attila, où il passe rien ne pousse.

mardi, décembre 17, 2019

Libres réflexions sur la peine de mort (JL Harouel)

Vous savez ce que je pense de la peine de mort (ici, ici et ici).

JL Harouel considère que faire de l'abolition de la peine de mort un absolu (elle est désormais inscrite dans notre constitution) est progressivement destructeur de toute possibilité de vivre en société. Il est donc important de comprendre la fétichisation de l'abolition.

Harouel commence par l'ignoble Dernier jour d'un condamné à mort. Ignoble car manipulatoire : Hugo efface totalement le crime et sa victime pour nous apitoyer sur le criminel. Procédé très efficace employé par Badinter dans ses plaidoiries : parler du crime et de la victime le moins possible, dans l'idéal pas du tout. Considérer le crime comme une chose accomplie, à rejeter dans un lointain passé, une page à tourner, n'ayant aucun rapport avec le criminel et son procès, et, bien sûr, avec la justice.

Significativement, Badinter parle quelquefois dans ses interviews des proches de la victime mais jamais de la victime elle-même, comme si elle n'avait jamais existé.

Péguy, avec sa perspicacité habituelle, a dévoilé le vilain petit secret de Hugo (qui est aussi celui de Badinter) : « M. Hugo aime les assassins ».

Harouel, fidèle à sa ligne (ici et ici), voit les racines de cet amour des assassins dans une forme particulière d'anti-christianisme, la gnose.

La peine de mort est chrétienne (en voulant rendre abolitionniste le catéchisme, Jorge Bergoglio (1) prouve, s'il en était encore besoin, qu'il n'est pas chrétien). En effet, pour un chrétien, l'homme est à la fois infecté par le Mal et responsable de ses actes, ce qui justifie que certains soient mis à mort par la société. La justice des hommes, quoiqu'imparfaite, est une exigence d'ici-bas et Saint Thomas d'Aquin dit que le juste se réjouit du châtiment du criminel.

Jésus sur la croix ne dit pas aux deux larrons que leur peine est injuste. Il dit au bon larron qu'en se repentant, il sauve son âme. C'est la dignité du criminel : en étant puni, de devenir un signe que la justice passe ; en se repentant, de sauver son âme.

Les Etats pontificaux, tant qu'ils furent indépendants, pendant mille ans, appliquèrent la peine de mort sans hésiter. Et pour que les choses soient bien claires (« Rendez à César .. »), le pape avait des tribunaux d'Eglise, qui ne pouvaient pas prononcer la peine de mort, et des tribunaux d'Etat, qui le pouvaient.

Bref, l'abolition dogmatique de la peine de mort ne peut s'envisager que dans des sociétés déchristianisées et devenues anti-chrétiennes.

La religion des droits de l'homme qui, très rapidement, en 50 ans, s'est substituée en occident à toutes les religions et pseudo-religions est une idéologie de suicide collectif (2).

L'absolutisation de l'Autre nous empêche de défendre quoi que ce soit qui nous appartienne, territoire, culture, coutumes, histoire, ordre, justice etc.

L'appareil judiciaire au sens large, avec ses cours et ses conseils, en combattant toutes les discriminations, y compris les plus légitimes, comme entre le coupable et l'innocent, entre l'étranger et l'autochtone, se révèle un instrument très efficace de ce suicide collectif (au moins, Harouel ne tourne pas autour du pot). Le plus gros facteur d'insécurité dans nos pays est, tout simplement, l'appareil judiciaire (les Français le sentent d'ailleurs instinctivement, mais c'est très bien documenté. Dernièrement, dans un livre de Philippe Bilger).

De cette préférence des magistrats pour les assassins , on en trouve tous les jours les preuves. Tenez, pas plus tard que ce matin :



Bien sûr, le fait que ce laxisme pro-criminel soit toujours argumenté juridiquement n'a aucune importance : c'est le métier des amoureux des assassins d'argumenter juridiquement. N'empêche que ce n'est pas juste, au sens le plus élémentaire du mot justice.

Et l'avortement ? En toute logique, si la vie du criminel est sacrée, encore plus celle du bébé dans le ventre de sa mère. Mais c'est un raisonnement que ne fait pas la religion des droits de l'homme : comme le communisme, les catégories de la logique et du bien et du mal, ici et maintenant, ne la concernent pas. Ce qui la concerne c'est le but : en l'occurrence, une société de l'indifférenciation.

Les sources de la religion des droits de l'homme ? La gnose et le millénarisme, bien sûr (voir les billets en lien au tout du début du présent billet).

Harouel déplore que l'Eglise se soit convertie à cette religion des droits de l'homme. Elle trahit sa mission spirituelle et bascule dans l'hérésie pure et simple, et aussi dans l'insignifiance (quoi de plus insignifiant que le pape actuel qui répète ce que disent tous les perroquets de la bien-pensance médiatique ?).

Harouel remarque que beaucoup de clercs catholiques utilisent désormais une technique typiquement gnostique : prendre des bouts du Nouveau Testament totalement détachés de leur contexte, de leur histoire (notamment, de leur histoire juive) et de leur interprétation, pour justifier tout et, surtout, n'importe quoi. Typiquement, la parabole du Bon Samaritain pour justifier l'immigrationnisme sans frein ou « aimez vous les uns les autres » pour justifier n'importe quelle vie désordonnée au nom de la primauté des sentiments.

Ensuite, Harouel explique qu'il ne faut pas avoir honte d'être anti-abolitionnsite et passe en revue les arguments : dissuasion, non-récidive, protection des policiers. Il y a aussi que, contrairement aux absurdes et mortifères thèses rousseauistes, le Mal est en l'homme et qu'il y a des criminels irrécupérables (Stendhal et Freud étaient partisans de la peine de mort au nom de cet argument). En dehors de tout contexte religieux, les scientifiques montrent que la pulsion de mort est en l'homme et que, pour certains hommes, elle procure un plaisir inextinguible (par exemple, chez les tueurs en série, comme Dutroux qui va bientôt être remis en liberté par la « justice »  belge).

Mais l'argument le plus fort, c'est la justice vraie, celle du Décalogue, de l'humanité depuis des milliers d'années : il y a des crimes si abominables que seule la mort du criminel peut être à la hauteur du crime, réparer l'ordre cosmique blessé par la mort de l'innocent et rétablir le criminel dans son humanité (3).

D'ailleurs, certains criminels eux-mêmes l'ont reconnu. Cette ordure (4) de Badinter qui aime les assassins pensait que Pompidou allait accorder sa grâce à Buffet et à Bontems parce que c'était « un humaniste » (preuve que Badinter n'a rien compris à l'humanisme : l'humanisme vrai n'est pas l'ennemi de la justice). Pompidou a refusé et c'est tout à son honneur. Buffet, lui, avait refusé de signer son pourvoi en cassation.

L'exemple le plus connu est Jacques Fesch. Jeune meurtrier d'un policier veuf, laissant derrière lui une orpheline, il est condamné à mort. En prison, il lit beaucoup, se convertit et mène une vie exemplaire, au point que l'Eglise songe à en faire un Bienheureux. Le président Coty refuse sa grâce. Il a toujours considéré que sa mise à mort était juste.

L'abolition de la peine de mort détruit toute l'échelle des peines, qui veut qu'en face chaque crime il y ait une punition à hauteur de la gravité du crime. Cette destruction est le vrai but poursuivi par les idéologues anti-pénaux.

N'ayez pas peur de vous dire partisan de la peine de mort : cela signifie que vous préférez la vie des innocents à la vie des assassins. Vous rétablissez l'ordre du monde mis à mal par la préférence pour les assassins. Il n'y a aucune honte à cela, bien au contraire.

Il ne s'agit pas d'aimer la peine de mort mais d'aimer la justice.

Enfin, Harouel remarque que l'obsession de l'abolition est circonscrite à un cercle de blancs aisés (5) post-chrétiens, que ça ne fait pas grand monde mais que ça suffit à détruire une civilisation déboussolée.


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(1) : je devrais l'appeler pape François, puisque, pour le meilleur et surtout pour le pire, il est pape. Mais ça me fait mal à un double titre : qu'il soit pape, et de profaner le beau nom de François, un des saints les plus attachants.

(2) : j'ajoute que le suicide est aussi individuel. La rombière immigrationniste, le juge laxiste, ont tort de penser qu'ils seraient bien traités par les immigrés, par les criminels, si ces derniers prenaient le pouvoir. Il n'y a qu'à voir comment l'Algérie a traité les porteurs de valise après l'indépendance. Jean Raspail a déjà tout dit dans la Camp des saints.

(3) : oui, une erreur judiciaire est possible, mais ainsi va la justice des hommes. Ou alors, il faut renoncer à toute justice sous prétexte qu'une erreur est possible (ce qui est d'ailleurs la position des laxistes). Evidemment, cet absolutisme est fallacieux.

(4) : il me semble qu'il est légitime d'appeler ainsi quelqu'un qui a travaillé toute sa vie au triomphe de l'injustice.

(5) : les moins aisés sont plus confrontés à la criminalité et ne peuvent pas se permettre le laxisme. Encore un cas d'enfoirés bourgeois (plus bourgeois que les Badinter, y a pas) qui s'achètent une belle âme au détriment de toute la société. La trahison des élites est vraiment généralisée.


mardi, mars 13, 2018

Jean-Louis Harouel : « On peut être libéral sans être libre-échangiste »

Jean-Louis Harouel : « On peut être libéral sans être libre-échangiste »

Sans connaître les auteurs cités (bien ouais, je n’ai pas lu Adam Smith), je répète depuis des années (après un passage bêbête mais utile par un quasi-libertarisme) la conclusion : liberté au-dedans, protection au-dehors. Les pays prospères n’ont jamais fait autrement.

Le dogmatisme libre-échangiste de Bruxelles et de Paris fait bien rire Berlin, Washington et Pékin.

En fait, c'est dans l'esprit abstrait d'un Français que peut naître le conflit entre libéralisme et conservatisme.

Dans le concret, l'homme ne naît pas de nulle part, il hérite l'être, l'avoir et le savoir d'une famille, d'une culture, d'une tradition, d'un pays. Et il part en laissant un héritage, même inconnu. On ne sait pas forcément qui a posé cette pierre ou labouré ce champ, mais un quelqu'un l'a fait.

C'est pourquoi l'homme déraciné du libertarien est un monstre.

Mais l'homme libre est un noeud de liens, certains hérités, certains choisis. La contradiction entre conservatisme et libéralisme est donc spécieuse dans nos contrées où ce qui est à conserver, c'est justement une conception de l'homme libre.





samedi, novembre 11, 2017

L'alliance pas si difficile du conservatisme et du libéralisme

Les conservateurs français éprouvent les pires difficultés à concilier conservatisme et libéralisme alors que les Anglais y arrivent fort bien (voir Roger Scruton). La plupart (voir Polony, Zemmour, Rougeyron , ...) se disent anti-libéraux : or, c'est une impasse qui les condamne à la stérilité. On n'arrive à rien en trahissant son histoire.

En effet, la France est un pays de libertés, elles sont un pilier de notre culture. Dois-je rappeler l'étymologie du mot « France ». ? Bien sûr, les anti-libéraux feront mine de ne considérer que les libertés collectives, ce qui est une ruse de garçon de bains sur laquelle il est inutile de s'attarder.

Certes, la tradition de liberté civile et politique est mieux ancrée en Grande-Bretagne, mais considérer que l'étatisme est l'alpha et l'oméga de la « francitude » est une aberration. Refuser un libéralisme raisonnable par peur de le voir dévier avers le libéralisme libertaire, c'est s'amputer un membre faute de savoir le soigner. Etre conservateur, c'est aussi vouloir conserver ce que notre tradition a de libéral.

Or, Jean-Louis Harouel, utilisant sa grille de lecture gauche = gnose / droite = christianisme, explique de façon limpide comment on réconcilie conservatisme et libéralisme :

J-L Harouel : « Une droite vraiment à droite n'a pas peur de parler de tous les sujets qui fâchent »

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La frontière entre droite et gauche passe à l'intérieur du libéralisme.

Le libéralisme est de droite quand il insiste sur la responsabilité de l'individu quant aux conséquences de ses actes, dans la tradition du Décalogue. Il est de gauche quand il refuse cette responsabilité au nom de la souveraineté absolue du moi, laquelle renvoie à l'homme-Dieu de la gnose, à qui est permis l'immoralisme.

À cela s'ajoute l'antithèse entre l'individu inséré dans une société particulière et l'individu pareil à un électron libre, sans attache ni identité. À l'état pur, quand il ne veut connaître que l'individu et l'humanité, le libéralisme est une religion séculière, une utopie, un système total, comme le communisme.

Face au libéralisme de droite - héritier du christianisme, gardant la notion de bien et de mal -, les libéraux modernes poursuivent une utopie de la liberté illimitée, par-delà le bien et le mal, par-delà les spécificités des peuples, des civilisations, des sexes même. Pour ce libéralisme total œuvrant à l'uniformisation du monde, il n'y a que des individus interchangeables selon le modèle de l'homo œconomicus et festivus d'un marché mondialisé hédoniste.
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Ceux qui sont incapables de réconcilier conservatisme et libéralisme raisonnable manquent tout simplement d'esprit de finesse. Ils ont trop l'esprit de système. Ils sont à la pensée politique ce que la perceuse à percussion est à la musique de chambre.

Enfin, il ne faut pas oublier que la politique est un art tout d'exécution (un art et non une science). On ne peut pas se passer d'idées nettes. Mais cela ne suffit pas. Et on n'est pas obligé de les dire, ou de les dire toutes. Exemple : De Gaulle 1958. Contre-exemple : Theresa May 2017.


vendredi, novembre 03, 2017

Droite-gauche, ce n'est pas fini (JL Harouel)

Le titre de ce livre est nullissime. Il est même trompeur. Quelqu'un qui croirait trouver un livre assez léger de politique actuelle serait déçu.

Mais le livre en lui-même vaut le coup. Eric Zemmour en a fait la recension :

Éric Zemmour : « Les racines religieuses de la gauche et de la droite »

La thèse d'Harouel est simple : il corrige la très célèbre formule de Chesterton sur les « vertus chrétiennes devenues folles ».

Pour Harouel, la gauche n'est pas faite de vertus chrétiennes devenues folles mais d'idées hérétiques (donc d'idées chrétiennes devenues folles, voir Belloc) digérées : la gnose (1) pour le gauchisme sociétal, le millénarisme (2) pour le communisme.

Le parallèle entre gauchisme sociétal et gnose est impressionnant : haine des différences homme-femme ; haine du mariage et de la procréation ; éloge de l'homosexualité ; préférence pour le déviant, pour le criminel, pour l'ennemi,  pour l'Autre absolutisé ; existence d'une avant-garde éclairée, d'initiés séparés des hommes ordinaires ; individualisme exacerbé s'affranchissant de toute morale ordinaire ; mélange de débauche et de puritanisme ; et last but not least anti-judaïsme obsessionnel ...

Le parallèle, que je vous épargne, entre communisme et millénarisme est tout aussi édifiant.

Harouel fait remonter la fusion entre millénarisme et gnose à Joachim de Flore.

L'intérêt de ce livre est que Harouel tient ces similitudes non pour une désastreuse (pour l'humanité) coïncidence, mais pour le fruit d'un cheminement historique qu'il essaie de retracer.

Par exemple, même s'il l'a rejeté ensuite, Karl Marx a été très influencé par un gnostique illuminé, Weitling.

La gnose fait un détour par la mode des spiritualités orientales. Au XIXème siècle, occultisme, spiritisme et socialisme sont très liés. Victor Hugo faisant tourner les tables pour découvrir, ô surprise, que les esprits partagent ses convictions socialistes est hilarant (Fantine la prostituée et Valjean le bagnard sont des héros gnostiques : toujours cette préférence pour les déviants).

Plus d'un socialiste se justifie par sa croyance en la métempsycose et c'est assez logique. En effet, si toutes les saloperies, goulag, holodomor, exterminations diverses et variées, sont justifiées par le but de faire advenir le paradis socialiste sur terre, au moins on se console en se disant que les malheureux qu'on a violés, torturés et massacrés pour la bonne cause vont se réincarner dans un monde meilleur.

En tout cas, vous ne serez plus étonnés des affinités entre New Age et socialisme.

Cela aboutit, par un chemin tortueux et désespérant pour l'humanité, à la mortifère religion de l'humanité que traduit la religion des doits de l'homme.

Au fond, pour être droits-de-l'hommiste, il ne faut pas être très intelligent. Quand on a l'intelligence des saints, on n'est pas droits-de-l'hommiste. D'ailleurs, le droit-de-l'hommisme n'a jamais donné aucun saint.

La franc-maçonnerie (très imprégnée du mépris gnostique du peuple - qu'on veut d'ailleurs remplacer) est l'église cachée du droit-de-l'hommisme, tandis que l'Etat est son bras armé. Cette confusion du spirituel et du temporel au service d'une cause fausse (le sens de l'histoire n'existe pas) est mortelle, au sens le plus littéral, pour la France.

Un des fruits empoisonnés de la gnose, c'est le mépris de la raison, qui est très présent de nos jours. Il y a aujourd'hui neuf occidentaux sur dix pour estimer que l'émotion est supérieure à la raison, qu'il vaut mieux ressentir les choses que les penser.

En face, il y a, ou il devrait y avoir, le catholicisme et la droite.

Même si l'Eglise romaine a dérivé vers le droit-de-l'hommisme et le socialisme, elle a, étant donné que « mon royaume n'est pas de ce monde », vocation à combattre les utopies.

Alain Besançon fait remarquer que les condamnations théologiques du socialisme étaient plus précises, plus profondes et plus exactes au XIXème siècle. Que la connaissance des horreurs du socialisme concret est allée de pair avec des condamnations plus circonstancielles, plus superficielles.

Le chrétien (qu'on prendra dans la suite de ce billet pour équivalent de l'homme de droite) ne croit pas que la Mal puisse être extirpé de l'homme, il essaie de tirer la meilleure part d'une situation dont il sait quelle restera insatisfaisante jusqu'au Jugement Dernier.

Il ne croit pas aux utopies, il ne croit donc pas aux crimes qu'on doit commettre en leur nom. Là où l'utopiste prend, le chrétien donne ; c'est toute la différence entre la « solidarité » socialiste et la charité chrétienne.

Le chrétien s'efforce aussi de mettre en ordre une société qu'il sait perfectionnable à l'infini. Il croit donc en la sécurité et en la justice, il n'a pas cette préférence pour les assassins et pour les violeurs de MM. Hugo et Badinter. Harouel en profite pour nous glisser un passage décapant sur le Mur des Cons, révélateur à la fois du mépris du peuple, de la morale commune et des victimes et d'une conviction d'une supériorité morale des juges.

La priorité politique du chrétien est la sécurité des citoyens, sans laquelle la liberté et la la responsabilité sont des mensonges. Il ne rechigne pas à punir les criminels puisqu'il sait que le Mal ne vient pas de l'extérieur (comme le croit le gnostique, d'où la théorie à la mode que tout le mal vient non des individus mais de la société) mais que le Mal est en l'homme dès la Chute originelle.

Contrairement au gnostique, qui est par nature marcioniste (hérésie consistant à rejeter l'Ancien Testament), le chrétien est héritier de peuple juif et donc reconnaît sans réticence la nécessité des nations (pape François, entends-tu ?), à l'exemple de la nation juive. Il en découle que la défense des nations est parfaitement chrétienne.

Ce qui différencie le libéralisme, de droite, d'origine chrétienne, du libéralisme de gauche, c'est le réalisme, le refus d'en faire un absolu, applicable partout. De manière intéressante, Harouel considère que Smith et List (théoricien du protectionnisme allemand) étaient tous deux libéraux mais s'adressaient à des sociétés différentes : la Grande-Bretagne dominatrice de Smith avait intérêt à un libre-échangisme maximal tandis que l'Allemagne naissante de List avait intérêt à des barrières douanières.

Le libéralisme de droite, c'est très simple : libéral à l'intérieur, raisonnablement protectionniste à l'extérieur, parce que les nations existent et que le libéralisme n'est pas un absolu, mais juste un moyen d'exprimer la responsabilité de l'homme sous le regard de Dieu.

La conclusion est la partie la plus faible, peut-être parce qu'il ne peut faire autrement.

Les religions font les civilisations, et non le contraire. Il peut arriver que les civilisations se suicident par de mauvais choix religieux. C'est précisément le cas de l'Europe déchristianisée.

Mais le droite survivra parce quelle est indispensable (on peut ne pas y croire).

Mon opinion est différente : la droite survivra seulement si la France se rechristianise. Ce n'est pas impossible : la spécialité de l'Eglise est tout de même la résurrection. En attendant, prions, ne faisons pas que cela, mais faisons le aussi.

Bien sûr, les petites magouilles des petits arrivistes de LR sont très  à la surface des choses. Je vous parle du temps long.









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(1) : la gnose affirme l'existence d'un dieu supérieur, connu des seuls initiés, qui ont vocation à devenir de purs esprits. Tout ce qui tend vers ce but est bon, y compris, bien entendu, s'affranchir de la morale commune.

(2) : le millénarisme suppose qu'en faisant une certaine action, en général exterminer tous les riches, les dignitaires et les juges, on fera advenir le paradis sur terre pour mille ans.



dimanche, juin 19, 2016

Harouel : « Les droits de l'homme érigés en religion détruisent les nations »

Entretien du Figaro suite à son nouveau bouquin :

« Les droits de l'homme érigés en religion détruisent les nations »


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C'est un déni de réalité que de mettre systématiquement sur le même plan les religions monothéistes afin de ne pas avoir à prononcer de critique envers l'islam. Ce déni de réalité est pratiqué par les démocraties occidentales au nom d'un « politiquement correct » qui n'est qu'un aspect d'une religion séculière que l'on peut appeler religion des droits de l'homme.

[…]

L'islam ne manque jamais d'utiliser l'arme des droits de l'homme pour contraindre les pays européens à adopter un profil bas face à la population musulmane qui y vit. Sous couvert de non-discrimination et de respect de la liberté religieuse, c'est une civilisation antagoniste de la civilisation européenne qui poursuit son entreprise de conquête et de domination.

[…]

En Europe occidentale, l'islam a profité à plein des droits de l'homme. C'est sur eux que se fondent les revendications vestimentaires, alimentaires et autres des musulmans, lesquelles relèvent en réalité d'une prise de pouvoir de nature politique, d'une appropriation de territoires, d'une domination de secteurs de la société. L'islam combinant en lui le politique, le juridique et le religieux, toute concession faite à l'islam comme religion est aussi une concession faite à l'islam politique et juridique, avec pour effet de transformer peu à peu les pays européens concernés en terres musulmanes.

[…]

Je suis bien d'accord avec vous: beaucoup d'immigrants s'introduisent et s'incrustent en Europe occidentale simplement pour des raisons d'intérêt personnel, pour jouir d'un niveau de vie et de conditions d'existence infiniment meilleurs que dans leur pays. Ils n'ont pas d'arrière-pensées colonisatrices ou conquérantes. Mais les Wisigoths, les Burgondes et les Francs jadis autorisés par le pouvoir impérial à trouver refuge et à s'installer sur le territoire de l'Empire romain d'Occident n'avaient pas non plus d'intentions conquérantes. Simplement, deux générations plus tard, ils avaient pris le pouvoir et s'étaient taillé des royaumes sur le territoire de l'Empire anéanti. L'histoire montre par de nombreux exemples qu'une immigration numériquement minoritaire mais vigoureuse peut s'emparer durablement du pouvoir et dominer la population autochtone.

Aussi bien certaines personnalités musulmanes ne cachent-elles pas leurs intentions conquérantes en Europe. Tel le cheikh Youssouf al Quaradawi, l'un des principaux de l'UOIE (Union des organisations islamiques européennes, dont la branche française est l'UOIF), qui déclarait en 2002 : « Avec vos lois démocratiques nous vous coloniserons. Avec nos lois coraniques nous vous dominerons. »

[…]

Pour mettre fin à l'appel d'air permanent qui attire par millions les immigrants d'origine extra-européenne, il faut restaurer la discrimination fondatrice de l'idée de cité : celle qui traite différemment le citoyen et le non-citoyen, le national et l'étranger. Il faudrait idéalement qu'il n'y ait plus d'intérêt matériel à s'incruster illégalement sur le sol français. Or cela va à l'encontre de la religion séculière des droits de l'homme.

Dès l'aube des années 1980, Marcel Gauchet avait bien vu que, si les démocraties européennes faisaient des droits de l'homme leur politique, elles se condamneraient à l'impuissance collective. La religion des droits de l'homme handicape très dangereusement la France face au déferlement de l'immigration et à la présence sur son sol d'un islam de masse. Instaurant une morale d'État vertueusement suicidaire, la religion des droits de l'homme interdit à nos dirigeants d'envisager ces problèmes et d'y répondre d'un point de vue politique.

La religion des droits de l'homme est la négation des droits collectifs des nations européennes. Elle refuse à la collectivité nationale le droit de vivre comme elle le souhaite. La souveraineté démocratique consiste dans la propriété d'un groupe humain sur lui-même, son destin, son identité, son sol, son patrimoine matériel et immatériel. Refusant cette souveraineté, la religion des droits de l'homme détruit l'idée de patrimoine d'un groupe humain, elle prétend le contraindre à le partager, le mettre en commun. Bref, c'est une nouvelle forme de communisme.

[…]

La fidélité aux « fondamentaux de l'Occident » passe par le rejet du délire anti-discriminatoire suicidaire de la religion séculière des droits de l'homme et le retour aux droits de l'homme conçus comme protecteurs des citoyens contre le pouvoir, c'est-à-dire aux libertés publiques - centrées sur les seuls nationaux - qui sont notre patrimoine juridique.

[…]

Nous sommes confrontés à deux impératifs vitaux : bloquer d'urgence les flux migratoires et arrêter le processus de la conquête musulmane. Pour cela, il nous faut résister à la religion séculière des droits de l'homme qui favorise notre submersion par une immigration extra européenne sans limite et la domination d'une civilisation musulmane conquérante qui veut imposer ses mœurs et son droit. Pour tenter de survivre comme peuple, nous n'avons pas le choix: nous sommes dans l'obligation de rétablir ou de créer des discriminations, lesquelles ne contredisent d'ailleurs nullement la démocratie, bien au contraire.

Les fanatiques d'une immigration érigée en droit de l'homme prétendent mener en faveur des étrangers entrés clandestinement un combat citoyen. C'est une imposture: leur combat est un combat contre la cité et la citoyenneté, un combat anti-citoyen et anti-démocratique.

La démocratie repose sur l'idée de discrimination. En son article 3, la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen du 26 août 1789 énonce que « le principe de toute souveraineté réside essentiellement dans la Nation ». Il n'y a pas de démocratie possible en l'absence d'un cadre territorial et humain bien précis. Ainsi que l'écrit Rousseau au début de l'Émile, «o ù il n'y a pas de patrie, il ne peut plus y avoir de citoyens ». Patrie, démocratie : dans les deux cas, il s'agit du peuple, d'un peuple particulier. L'existence d'une démocratie suppose une discrimination entre citoyens et non-citoyens, entre nationaux et étrangers.

Quant à une discrimination à l'égard de l'islam, elle n'est pas davantage contraire à la démocratie. D'ailleurs, c'est la démocratie la plus ancienne et la plus exemplaire du monde, la démocratie helvétique, qui nous en donne l'exemple et nous montre la voie. En interdisant la construction de minarets, le peuple suisse n'a aucunement restreint la liberté religieuse, il a instauré une discrimination d'ordre symbolique destinée à faire comprendre aux musulmans vivant dans le pays que la Suisse n'était pas une terre d'islam, que la civilisation arabo-musulmane n'y était pas chez elle et ne devait pas chercher à y imposer ses mœurs et ses règles de droit prétendument divines. Dans le même esprit, il est vital d'adopter en France et dans les autres pays européens des mesures discriminatoires l'égard de l'islam. C'est une discrimination amplement justifiée par le fait que l'islam est avant tout un système politique et juridique, qui fonctionne en France et dans les autres pays européens comme une machine de guerre dirigée contre la civilisation européenne dans le but de lui substituer la civilisation arabo-musulmane.

De toute manière, si nous laissons se poursuivre la conquête musulmane, nous sortirons purement et simplement des droits de l'homme, car les textes fondateurs de l'islam sont porteurs d'un système structurellement ultra-discriminatoire (à l'encontre des non-musulmans, des femmes, des esclaves) et négateur de la liberté d'expression. La Déclaration sur les droits de l'homme en islam de 1990 interdit d'exprimer toute opinion « en contradiction avec les principes de la Charia ».
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Contrairement à certains qui sont très pessimistes, je suis modérément optimiste.

Certes, je ne méconnais pas que l'islam est une religion bien adaptée à notre monde d'abrutis narcissiques et décérébrés et que c'est ce qui la rend conquérante. Mais je crois que qu'il ne faut pas sous-estimer la faiblesse intrinsèque de l'islam.

Disons le aussi brutalement que Gilles Kepel : la force de l'islam est indexée sur le cours du pétrole. Que restera-t-il de l'islam conquérant quand les Saoudiens et les Qataris seront au cul des chameaux ?






mardi, mai 31, 2016

Les droits de l'homme contre le peuple (JL Harouel)

Comme d'habitude, Harouel est clair et carré. Un vrai plaisir à lire.

1) La distinction entre islam et islamisme est spécieuse. L'islam a en lui un germe de violence qui fait de tout musulman conséquent un allié potentiel, actif ou passif, de cette violence. Ce n'est pas le cas du christianisme et des chrétiens.

2) L'islam, contrairement au christianisme, est à la fois une religion et une politique. Son utilisation des droits de l'homme contre nous à des fins politico-religieuses est dans l'ordre des choses. C'est à nous de savoir nous défendre.

3) Les droits de l'homme ont été conçus pour régir les relations entre le peuple, composé d'individus, et l'Etat. Le cas du changement de peuple n'a pas été envisagé par les fondateurs des droits de l"homme, cas que nous vivons actuellement où un peuple étranger retourne nos droits de l'homme contre notre Etat, l'Etat qui est censé nous défendre.

4) Les droits de l'homme ont été transformés en religion suite au recul de la religion chrétienne. Comme le dit Chesterton, être incroyant, ce n'est pas croire en rien mais croire en n'importe quoi. Cette nouvelle religion est la religion de l'humanité, l'historicisme : il n'y a plus de dieux au ciel, il n'y a plus de Mal ni de tragique, l'humanité est son propre dieu et son histoire la dirige vers un avenir radieux où nous serons tous frères, tous pareils, tous interchangeables. Bien sûr, il suffit d'exposer au grand jour cette doctrine pour en saisir toute la niaiserie, c'est pourquoi ses défenseurs aiment beaucoup l'ambiguïté et les mots creux qui font écran.

5) La religion des droits de l'homme est une gnose et un millénarisme, comme le communisme, et comme lui, a besoin d'exterminer ceux qui font obstacle à l'avénement du paradis terrestre, en l'occurence, nous occidentaux, comme jadis les bourgeois. Nous faisons obstacle à la fusion de l'humanité par notre supériorité, nous devons disparaître.

Comme la gnose, la nouvelle religion considère que le Mal est extérieur à l'homme, donc les assassins sont des victimes, et de là, une préférence marquée pour la déviance sous toutes ses formes (on étonnerait nos modernes pourtoussistes en leur expliquant qu'ils descendent d'un abbé du XIIème siècle, Joachim de Flore, et pourtant ...).

6) La religion des droits de l'homme nous tue. A petit feu, mais elle nous tue. Pierre Manent et Malika Sorel s'étonnent que les occidentaux, tels les membres de la Secte du Temple Solaire, consentent si facilement à leur disparition. Comment se débarrasser de cette vérole de religion des droits de l'homme ?

7) La solution ? La discrimination, la préférence nationale. Il faut de nouveau avoir le bon sens d’accepter cette réalité : les hommes sont différents, ils ne sont pas interchangeables, ils forment des communautés non-miscibles. Deux Maliens ne remplacent pas deux Français en France (contrairement à ce qu’il m’ a été donné d’entendre) tout comme, d’ailleurs, deux Français ne remplacent deux Maliens au Mali. La préférence nationale, avec des lois spécifiques concernant l’islam et les musulmans, pour tenir compte du potentiel de violence de cette religion politique (pas de minarets, pas de hallal, pas de voile, etc.).

Le vrai « vivre ensemble », ce n'est pas quand les communautés sont mélangées de force mais, au contraire, quand elles peuvent s'ignorer sans problèmes. Autrement dit, chacun chez soi et tout ira mieux.

Hélas, Harouel ne dit pas comment on y parvient. Mac Arthur disait que toutes les guerres perdues se résument en deux mots : trop tard.

vendredi, mai 01, 2015

Revenir à la nation (JL Harouel)

Excellent livre qui rassemble nombre de réflexions de ce blog. Ce billet est un peu long mais il est fondamental.

On peut faire l'éloge des nations à la Chateaubriand. Harouel est plus analytique.

Nous sommes dans la droite ligne des vertus chrétiennes devenues folles de Chesterton, que mes fidèles lecteurs connaissent par cœur.

Extrait (dont j’ai fait sauter les références, que vous retrouverez dans le livre) en forme d’introduction et d’incitation à l’achat. Vous apprécierez la critique de l’Eglise catholique conquise à l’insu de son plein gré par la religion séculière humanitaire, car elle répond à une discussion récurrente sur ce blog, les chrétiens sont-ils les meilleurs amis ou les meilleurs ennemis des nations européennes ? :

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Amour obligatoire de l'autre et haine de soi des Européens

Si l'oubli total de soi au profit de l'autre est une vertu chrétienne, elle est aujourd'hui dénaturée par sa sécularisation et sa transformation en norme juridique. Dans le christianisme, c'était un acte libre accompli dans l'espérance du salut. Dans le post-christianisme, c'est devenu une contrainte juridique sans contrepartie. C'est une tyrannie exercée au nom de la vertu.

La très vertueuse religion séculière des nouveaux droits de l'homme trace aux Européens le devoir de disparaître en souriant pour faire place sur leur sol à d'autres peuples et à d'autres civilisations. C'est une invitation implicite à une euthanasie collective, à un suicide forcément heureux puisque conforme aux exigences de la vertu. Et le plus étrange, c'est que les peuples européens, ou du moins leurs dirigeants, semblent acquis à ce programme de sortie de l'histoire par la sortie de la vie.

Des observateurs lucides, tel Pierre Manent, ont noté cette effarante adhésion de la civilisation européenne à son propre anéantissement au profit des autres, perçu comme l'accomplissement d'un devoir éthique: «Je suis très surpris de la léthargie des Européens qui semblent consentir à leur propre disparition. Pis, ils interprètent cette disparition comme la preuve de leur supériorité morale. » Or cette prétendue supériorité morale est fondée sur la haine de soi : nous sommes sublimes puisque nous acceptons de disparaître au profit des autres ; mais si nous l'acceptons, c'est que nous ne méritons pas de vivre car nous sommes infâmes. Tel est le mécanisme de ce que Pascal Bruckner appelle le «masochisme occidental». Celui-ci est indispensable à l'amour de l'autre jusqu'au mépris de soi qu'exige le millénarisme post-chrétien. Si on déteste sa religion, sa civilisation, sa nation, il est logique de s'effacer devant les intérêts, les modes de vie et de pensée de l'autre. Le masochisme européen est l'outil obligé du travail de destruction des nations européennes par la religion humanitaire.

Les Européens ne se sentent plus le droit de s'estimer ni de s'aimer, comme le souligne Pierre Manent : «Il y a peu de temps encore, l'idée démocratique légitimait et nourrissait l'amour que chaque peuple éprouve naturellement pour lui-même. Désormais, au nom de la démocratie, on réprouve et rabroue cet amour. » C'est que - et j'y reviendrai -, sous l'effet du millénarisme post-chrétien, on a adopté une conception sensiblement différente de la démocratie, avec injection massive de valeurs universalistes. Si bien que, si on se place du point de vue des nouvelles valeurs démocratiques, «aucun peuple n'est plus légitime [et] seule la généralité humaine est légitime» .

Pourtant, les peuples européens ont une identité, un contenu humain, une histoire, une civilisation. Mais tout cela est en péril de mort à cause du millénarisme de l'amour de l'autre jusqu'au déni de soi. Car la question de l'identité est interdite aux populations « indigènes » d'Europe par le despotisme antiraciste, c'est-à-dire universaliste. Dans les pays européens, les seules revendications identitaires ne risquant « pas de s'attirer des accusations de nationalisme, de racisme ou de xénophobie [sont] celles émanant des étrangers » .

En érigeant son droit en religion d'Etat bourrée de valeurs d'origine évangélique aboutissant à un universalisme fantasmé et à une chasse féroce à toute velléité de discrimination, l'Europe occidentale s'est placée en position de faiblesse par rapport aux autres civilisations, qui sont peu concernées par le projet millénariste d'une humanité unifiée par l'amour de l'autre jusqu'au mépris de soi.

Le post-christianisme démocrate-chrétien contre la nation et la démocratie

Il est bien connu que la démocratie chrétienne n'aime pas vraiment la démocratie et n'aime pas du tout la nation, cadre optimal de la démocratie. Nation et démocratie sont étroitement liées. Ainsi que l'écrit Rousseau au début de l’Emile, « où il n'y a plus de patrie, il ne peut plus y avoir de citoyens». Patrie, démocratie : dans les deux cas, il s'agit du peuple, d'un peuple particulier, ce que les chrétiens-démocrates abominent puisqu'ils n'aiment que l'universel.

On le voit admirablement à la manière dont l'Europe occidentale fut dirigée après la Seconde guerre mondiale, durant la période de la reconstruction, qui fut aussi le temps des Trente Glorieuse et celui du lancement du projet européen. La partie continentale de l'Europe était alors pour l'essentiel dominée par la démocratie chrétienne. Or, tant au niveau des choix politiques et institutionnels internes que dans la mise en œuvre de la construction européenne, toute l'action des dirigeants chrétiens-démocrates s'exerça contre la nation et la souveraineté du peuple.

Leur objectif était de détruire « l'idée d'une suprématie parlementaire absolue» et ils y parvinrent. Partout en Europe sauf en Grande-Bretagne, elle « cessa d'être considérée comme légitime». Le moyen employé fut une « technique constitutionnelle» reprise de Kelsen : la création des cours constitutionnelles. Kelsen fut leur grande référence, car sa pensée constitutionnaliste était jugée utile pour limiter le pouvoir du peuple souverain au moyen du droit. On a adopté la solution des cours constitutionnelles afin de «limiter ou même contredire la notion traditionnelle de souveraineté populaire». La création des cours constitutionnelles était clairement dirigée contre les parlements nationaux.

Quant à la construction européenne, elle fut décidée de la manière la moins démocratique du monde par la démocratie chrétienne. Les fondateurs de la Communauté européenne, Robert Schuman, Alcide de Gasperi et Konrad Adenauer, qui étaient tous des chrétiens-démocrates, s'abstinrent soigneusement «de convoquer leurs peuples devant les urnes pour définir les dispositifs supranationaux». Ils recherchèrent «un consensus parmi les élites» pour décider «un certain nombre de mesures technocratiques et administratives». Ils tenaient par-dessus tout à éviter «les périls de la souveraineté populaire». Ils craignaient autant la démocratie que l'idée de nation. L'objectif des démocrates-chrétiens était «la dévalorisation de l'idée de souveraineté nationale».

Celle-ci fut, dès le début des années 1960, anéantie au niveau des principes par un coup de force judiciaire de la Cour de justice des communautés européennes décidant que le droit communautaire prévalait sur les législations nationales et était donc directement applicable dans les Etats membres, où il pouvait être invoqué par les particuliers devant les juridictions du pays. C'est de là qu'a découlé la déréliction des nations souveraines.

La construction européenne a marqué la fin des démocraties européennes. L'idéologie et les mécanismes institutionnels de l'Union européenne ont vidé les instances politiques nationales de leur substance. Pour la prise de décision, les mécanismes de la démocratie ont fait place au règne feutré des technocrates, des banquiers et des juges qui exercent dans le secret de leurs bureaux un pouvoir absolu. Les luttes électorales et politiques à l'intérieur des Etats-nations ne sont plus qu'un théâtre d'ombres sans enjeu réel, dont le spectacle n'a pour raison d'être que d'empêcher les peuples de prendre tout à fait conscience que les grands choix de société ne se font plus au niveau national, que les hommes d'Etat des divers pays européens ne sont plus que des marionnettes en charge de faire accepter ce qui a été décidé ailleurs.

Nous ne sommes plus des citoyens. Nous sommes les dociles sujets des experts de Bruxelles et des juges de Strasbourg, qui exercent sur nous un despotisme doux dans la forme mais inflexible dans le fond. Cela ne veut pas dire que, dans l'Union européenne, le politique n'existe pas. Il existe tout en étant nié comme tel. L'abandon du gouvernement des hommes et des choses pour une gouvernance économique docilement soumise aux dogmes du libre échange universel est un choix politique en creux.

Et il en est de même pour le remplacement du pouvoir législatif par le règne du droit, dominé par la norme sacrée de l'anti-discrimination, dont le culte est entretenu par des juges-prêtres qui lui font dire ce qu'ils veulent, tout comme les prêtres de Delphes interprétaient à leur guise les oracles d'Apollon.

Tout cela exprime un rejet de l'éthique de la responsabilité en faveur de l'éthique de la conviction. C'est un choix politique négatif, mais un choix politique tout de même. Dans l'Union européenne, le pouvoir est entre les mains du juge, du commissaire et du banquier. Le déficit démocratique de l'Europe n'est « pas une dérive, une erreur d'aiguillage, mais bien un projet pensé, superbement mis en œuvre». Tournant radicalement le dos à la démocratie, l'Union européenne est un millénarisme bureaucratique post-chrétien.

La démocratie post-chrétienne contre la démocratie libérale

Sur quantité de sujets majeurs, le millénarisme de l'amour de l'autre jusqu'au mépris de soi fait obstacle au débat démocratique, que l'État-Eglise de la religion de l'anti-discrimination parvient à empêcher grâce à l'arme de la répression pénale des expressions de la pensée libre. Cela traduit une crise peut-être mortelle de la démocratie européenne.

C'est que, sans trop le dire, on nous impose une version post-chrétienne de la démocratie, fort éloignée du modèle classique de la démocratie libérale : souveraineté du peuple et garantie des citoyens contre l'arbitraire par les libertés publiques. Dans sa nouvelle version, la démocratie ne consiste pas «qu'en la souveraineté du nombre». Elle « consiste surtout dans des valeurs de tolérance et de dialogue ».

Bref, dans son acception post-chrétienne, la démocratie, c'est fondamentalement le culte de l'universel, l'ouverture à l'autre, la chasse aux discriminations, la mise en tutelle de la souveraineté du peuple. On est là en pleine guerre des mots. Si on décide que là est la démocratie, cela veut dire que la classique démocratie libérale n'était pas la démocratie. Et c'est ce qui s'est passé de manière assez sournoise. On a décidé que les valeurs de la religion humanitaire étaient les vraies valeurs démocratiques. On a placé ces valeurs au-dessus de l'Etat. Et, ce faisant, on a « institutionnalisé la paralysie politique de la démocratie» .

En se réclamant de Kelsen, on a voulu réduire l'Etat à n'être plus qu'une hiérarchie de normes. Or le principe du règne abstrait du droit, se suffisant à lui-même et ne se souciant pas des conséquences pratiques auxquelles il aboutit, relève de la morale de la conviction dont Max Weber observait qu'elle ne pouvait être la morale de l'État. Le gouvernement d'un Etat doit se soucier des résultats de son action, il doit donc se fonder sur la morale de la responsabilité. Étant trop souvent une éthique de l'irresponsabilité, l'éthique de la conviction ne saurait régner souverainement sur la société sans de graves dangers pour celle-ci. Établir une fois pour toute une norme suprême et s'interdire de la remettre en cause malgré ses effets pervers est un système suicidaire.

Si les normes supérieures régissant une nation mettent en péril son existence, la nation doit pouvoir les changer, ou au minimum les mettre entre parenthèses pendant le temps nécessaire. C'est l'idée, exposée en 1938 par le politologue allemand Karl Loewenstein, alors réfugié aux États-Unis, que face à une menace de nature totalitaire, une démocratie est handicapée par « un aveuglement légaliste» et « un formalisme exagéré de l'État de droit» . C'est dans le même sens que s'inscrit la fameuse formule du juge Robert H. Jackson quand il déclarait en 1949: «La démocratie n'est pas un pacte suicidaire. »

Or la démocratie post-chrétienne constitue un pacte suicidaire pour les nations d'Europe occidentale, exposées sans défense à une menace totalitaire feutrée mais bien réelle, d'autant plus pernicieuse qu'elle se trouve au cœur même de leur système de normes. Le principe de prohibition absolue de toute discrimination est lourd de menace totalitaire, car sa logique est d'anéantir l'État libéral. La démonstration en a été faite dès 1965 par Léo Strauss. Celui-ci expose que le libéralisme « repose essentiellement sur la distinction entre l'État et la société, ou sur la reconnaissance d'une sphère privée, protégée par la loi mais où la loi ne peut pénétrer». L'Etat libéral ne doit pratiquer aucune «discrimination» entre ses citoyens. En revanche, du fait de l'existence officielle d'une sphère privée, il ne peut sans se renier intervenir dans cette sphère pour empêcher une «discrimination "privée" » pratiquée par des individus ou des groupes. En conséquence, «une interdiction légale de toute "discrimination" de quelque sorte qu'elle soit» signifie «l'abolition de la sphère privée, la négation de la différence entre l'État et la société, la destruction de l'État libéral». Bref, un système totalitaire.

Racine du principe de non discrimination, l'amour évangélique est fou dans une perspective terrestre et humaine. Il n'est sage que dans la perspective du salut céleste. Pour un pouvoir s'inscrivant dans une logique exclusivement terrestre et humaine, il est fou et suicidaire de faire de l'amour absolu de l'autre la norme juridique suprême, sanctionnée par le juge.

Le désintérêt de l'Église post-chrétienne envers les nations européennes

Le christianisme ayant été en grande partie chassé de la Méditerranée orientale et de l'Afrique du Nord par l'islam, il n'a pu survivre que grâce à l'Europe. Pendant un millénaire et demi, l'histoire du christianisme s'est pour l'essentiel confondue avec l'histoire des Européens. Mais, aujourd'hui, les intérêts du christianisme ne résident plus que très secondairement en Europe. La pratique religieuse y est tombée à peu de chose, tandis que l'explosion démographique de l'Afrique, de l'Amérique latine et de l'Asie y a multiplié le nombre des chrétiens pratiquants.

L'Église catholique est une institution admirable qui a joué un rôle historique immense. Elle doit son immense succès à l'Europe qui a été pendant une grande partie de son existence son tissu porteur. Maintenant, elle prend acte de ce que son mariage avec les Européens est caduc. Elle tourne la page sans état d'âme. Elle ne s'attache à rien ni à personne. Par-delà son empathie affichée, l'Église est un monstre froid, tout autant que l'État, lequel s'est construit à son image. L'Église ne connaît que ses intérêts, sa survie dans la longue durée. Et celle-ci passe aujourd'hui par ce que l'on appelait naguère le Tiers Monde, où sont maintenant les gros bataillons de fidèles. D'où l'intérêt que l'Église peut avoir aujourd'hui à se créer une clientèle parmi ces peuples en prenant ouvertement leur parti contre les nations européennes, spécialement à propos de l'immigration.

Ce faisant, l'Église a été amenée à effectuer dans le cadre de son magistère des prises de position politiques s'inscrivant dans la logique millénariste de la religion humanitaire. Le tournant s'est placé sous le pontificat de Jean XXIII, quand le pape a déclaré qu'il lui fallait intervenir non seulement en raison du salut des hommes, mais aussi au nom des droits de l'homme. Après quoi le pontificat de Paul VI a marqué le passage de l'Église à une théologie de la démocratie constitutionnelle. D'un point de vue politique, tout cela été très positif, puisque les prises de position de Jean-Paul II en faveur des droits de l'homme et de la démocratie dans les pays de l'Est ont grandement contribué à délégitimer le communisme et à favoriser la chute de l'Union Soviétique. Il n'en reste pas moins que le culte des droits de l'homme et de la démocratie relève de la religion humanitaire et donc du post-christianisme.

Dans le passé, on a beaucoup critiqué l'Église pour avoir marqué son attachement aux régimes monarchiques, condamné la liberté de conscience, la souveraineté du peuple, le libéralisme et des théories philosophiques telles que le naturalisme ou le rationalisme. Et il est vrai que l'Eglise n'était pas dans son rôle. Mais elle n'est pas davantage dans son rôle quand elle prend aujourd'hui fait et cause pour la démocratie et pour les droits de l'homme, et quand elle prétend interdire aux nations européennes tout contrôle des flux migratoires.

Dans son principe, l'Église est une institution de nature de spirituelle ayant pour objet la foi en vue du salut. Or, dans l'Église actuelle, la religion chrétienne cohabite avec une religion séculière très proche d'elle sur le plan moral mais dont les préoccupations sont exclusivement terrestres : la religion de la démocratie et des droits de l'homme, lesquels sont principalement envisagés sous l'angle de la non-discrimination. C'est ainsi qu'on voit l'Eglise réclamer à cor et à cri l'accueil à bras ouverts en Europe de toute l'immigration illégale en provenance de l'Afrique et de l'Asie.

L'appel lancé à Lampedusa par le nouveau pape a des accents millénaristes : accueillons tous les migrants et ce sera la cité de Dieu sur la terre. Mais l'histoire des mouvements millénaristes se réclamant de l'amour divin enseigne qu'ils n'ont jamais débouché sur autre chose que sur un enfer. Etrangement, le pape actuel a choisi la posture de chef d'un mouvement humanitaire, ce qui transforme quelque peu l'Église en une ONG droits-de-l'hommiste. Il y a actuellement deux religions dans l'Église : la religion catholique et la religion humanitaire, laquelle est une religion séculière. L'Église est décidément contaminée par le post-christianisme et de ce fait devenue peu amie des nations européennes.

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Puisque l’universalisme est l’ennemi mortel pour les nations européennes, que propose Harouel ? De prendre exemple sur la plus particulariste des nations démocratiques : Israël. Il développe cette idée intéressante.

Israël a été fondée par des Européens et il ne faut pas oublier que la notion de peuple élu marque la naissance des nations européennes.

En effet, chacun se référant à l'Ancien Testament, se voulait le peuple élu de la Nouvelle Alliance. C'est particulièrement flagrant dans la mythologie du royaume de France.

Quant aux cathos mièvres qui feraient la moue devant cette référence à l'Ancien Testament pas assez bisounours, je leur rappelle que l'oubli de l'Ancien Testament est une hérésie (le marcionisme).

Il a toujours été entendu en bonne théologie que l'amour du prochain se faisait en cercles concentriques, qu'avant d'aller chercher des amours lointaines et souvent abstraites, il fallait assumer ses amours proches et concrètes.

Aimer d'abord les siens et ensuite seulement l'étranger n'est pas une faute mais un devoir.

L'appartenance à la nation suppose l'accueil de l'héritage par l'enfant et par l'immigré. Ni l'enfant ni l'immigré n'arrivent dans un pays vide.  L'appartenance à la nation entraine avec lui l'acceptation active de l'héritage national. Chaque Français hérite d'un petit bout de France qu'il est de son devoir d'accueillir, de préserver et de transmettre. Le droit naturel de la nationalité est donc le droit du sang. Le droit du sol ne peut être qu'une exception très restreinte.

Le droit du sol généralisé et automatique actuel est mortel, parce que les immigrés sont trop nombreux, d'où le Grand Remplacement, et parce que, de culture et de religion différentes, voire opposées à aux nôtre, ils ne se sentent nullement concernés par notre héritage et n'ont aucune intention de le faire leur. Ils gardent leur héritage et ne le remplacent pas par leur nôtre. On le voit  à la mortifère (pour la France) fierté de leurs origines. Combien d'immigrés de deuxième ou de troisième génération font encore «comme au pays» marquant de la manière la plus claire que la France n'est pas leur pays, quoiqu'en dise l'administration ?

L'islam s'est construite en opposition avec la chrétienté, donc avec l'Europe. Toute arrivée massive de musulmans en Europe ne peut être, qu'on le veuille ou non, qu'une invasion et qu'une colonisation. A partir d'un certain nombre, dépassé depuis longtemps, peu importent les destins individuels.

On ne peut être à la fois bon musulman et bon Français (air connu sur ce blog). On ne peut donc devenir réellement français qu'en cessant d'être musulman. Et c'est le rôle des institutions (administration, lois, etc) et des Français eux-mêmes que de forcer les musulmans à choisir.

Harouel est saignant sur toutes les manifestations de la présence des musulmans en France (menus hallal, voile, ségrégation sexuelle, mosquées pharaoniques, etc.). Pour lui, ce sont les manifestations de victoire d'une colonisation, ennemie par essence, et elles doivent être interdites pour cette raison. Cette position a le mérite d'être claire et juste.

Il rappelle un point intéressant : le Coran interdit aux musulmans de s'installer en «terre de mécréance», point validé par l'université Al-Hazar. L'expulsion de France des musulmans ne serait même pas en contradiction avec le Coran ! Je n'en ai rien à foutre du Coran, mais c'est rigolo.

La solution ? La préférence nationale dans tous les domaines. Le premier devoir d'un Etat est de protéger ses nationaux. Tout autre attitude est une trahison.

Concrètement, cela suppose de sortir de tous les «machins» européistes  et mondialistes (cours de justice, parlements, commissions, chartes, déclarations, Euro, etc.) dont la finalité est d'empêcher les nations européennes de se défendre an nom de la théorie fausse «les nations, c'est la guerre».

Cela suppose aussi, comme dit précédemment, qu'on arrête cette folie de l'acquisition de la nationalité par un droit du sol largement ouvert et automatique.

Harouel fait remarquer que les petits pays, Suisse, Israël, semblent avoir moins de problèmes à assumer le sentiment national. Je soupçonne qu'il met beaucoup d'espoir dans les petits pays, Grèce, Portugal, menacés par le bulldozer bruxello-berlinois.

Je termine par des commentaires personnels.

La violence vient. Elle est déjà là. C'est celle des musulmans imposant leur mode de vie aux Européens et elle ne peut aller qu'en augmentant. Mais je souhaite une autre violence : celle des Européens expulsant les musulmans.

Ceux qui nous disent que ce n'est pas possible sont des traitres ou des imbéciles (ou les deux). Si on avait dit aux Français d'Algérie de 1952 que, dix ans plus tard, ils repasseraient la Méditerranée avec un baluchon sur le dos et que l'Algérie ne serait plus un département français, si on avait dit aux Allemands de 1935 que, dix ans plus tard, ils seraient expulsés par millions des terres de l'est où ils vivaient depuis des siècles et que la Prusse serait rayée de la carte, ils n'y auraient pas cru et vous auraient dit que ce n'était pas possible. Et pourtant, c'est arrivé.

Je connais trop l'histoire des guerres pour être de ces intellectuels fascinés par la violence. Mais je pense qu'en l'état actuel des choses, la violence est inévitable. Alors je préfère qu'elle soit de notre coté plutôt que du leur.

J'espère encore que notre violence puisse être limitée à l'économique et au social, mais j'en suis de moins en moins certain. Si notre violence doit devenir civile et guerrière, hé bien tant pis, cela sera un grand malheur, mais moins grand que la servitude.











samedi, février 02, 2013

Le nouveau génie du christianisme (Jean-Louis Harouel)

Le génie (politique et philosophique) du christianisme tient en deux phrases :

> Mon royaume n'est pas de ce monde.

> Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu.

Ces phrases sont tellement originales que les exégètes ne doutent guère de leur authenticité.

Elles ouvrent la voie à la séparation du spirituel et du temporal.

Cette idée est tellement novatrice que les orthodoxes, pourtant chrétiens, ne l'ont pas passée dans leurs pratiques et en sont restés au césaro-papisme. Il aura fallu en Occident le démembrement de l'Empire Romain et les querelles du Pape et de l'Empereur pour que la séparation du pouvoir temporel et de l'Eglise devienne, avec des coups de balancier, une réalité.

Or, cette séparation ouvre un espace de liberté philosophique et intellectuelle inconnu partout ailleurs. Il explique l'aventure prodigieuse de notre civilisation. N'en déplaise aux sectateurs laïcards, le génie de l'Occident, c'est tout simplement, la génie du christianisme.

A l'opposé, il y a l'hérésie millénariste, mélangeant le spirituel et le temporel, qui postule que si l'on éradique, sur terre, avec toutes les horreurs que cela suppose, les mauvais croyants, on fera advenir, sur terre, le royaume de Dieu pour mille ans.

Dans les atrocités  anabaptistes de Münster en 1533, on a la matrice de tous les totalitarisme millénaristes modernes, Terreur, communisme, nazisme, qui, au nom du bien de l'Humanité, génèrent une misère des hommes sans précédent.

Or, la séparation du spirituel et du temporel a été abolie dans nos pays européens : la Nouvelle Religion, celle des droits de l'homme, a fusionné avec le pouvoir.

La nouvelle caste théocratique, que je baptise habituellement classe jacassante (séparée du peuple, comme il se doit dans une théocratie) impose sa dictature : les juges-prêtres condamnent les blasphèmes et les journalistes couvrent d'opprobre les mal pensants, provoquant leur mort sociale. Les professeurs font le catéchisme. Et il y a une organisation cléricale : la franc-maçonnerie.

A cet égard, l'affaire Zemmour fut exemplaire : le débat qui amena sa condamnation porta, non pas sur la vérité, difficilement contestable, des déclarations incriminées, mais sur leur caractère blasphématoire.

Ce n'est nullement un hasard si la caste théocratique (journalistes, juges, politiciens, enseignants) est nettement plus à gauche que la moyenne des Français : les gardiens de la foi doivent tout même y croire un peu plus que la moyenne !

Le premier problème est que cette fusion du religieux et du politique est d'autant plus dramatique que la Nouvelle Religion s'ignore comme religion. Cela interdit tout débat : il ne sert à rien de reprocher à quelqu'un les défauts de sa religion s'il commence par nier que cela soit une religion.

Le deuxième problème est le caractère suicidaire de cette Nouvelle Religion L'auteur n'hésite pas à invoquer le suicide collectif de l'Ordre du temple Solaire.

Une fois de plus, nous sommes face à la funeste confusion des valeurs individuelles et des valeurs collectives. S'il est louable pour un chrétien de tendre la joue gauche, cela est suicidaire pour une nation, une civilisation, une race.

Ce que les droits-de-l'hommistes croient être tolérance et «ouverture à l'Autre» n'est que faiblesse et renonciation à soi-même.  Et notre grande fusion dans l'Humanité n'est en réalité que notre disparition.

Car les Autres ne partagent pas notre fantasme millénariste et ne renoncent pas à eux-mêmes (et ils ont ont bien raison).

Le troisième problème est que la théocratie finit toujours en oppression, même si celle-ci est pratiquée au nom de la gentillesse et des bisous.

La conclusion du livre est extrêmement sombre, par omission : l'auteur ne trace aucune piste pour s'en sortir.