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dimanche, novembre 24, 2019

Puis François Zéro vint ...

Il m'est difficile de ne pas constater, comme Desproges, que tous les François (au moins, ceux de notre époque) sont des cons.

Comment François nous fait comprendre ce qu’est l’infaillibilité pontificale - et surtout ce qu’elle n’est pas.

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François ou l’avènement du relativisme sur la Chaire de Saint Pierre.

Le pontificat du pape François pose un redoutable défi à la communauté des catholiques à travers le monde. Jusqu’à la démission de Benoît XVI, en février 2013, la crise intellectuelle et morale d’une parti du clergé catholique avait été largement surmontée grâce à la qualité des papes qui se sont succédés, depuis que Pie X (1903-1914) avait engagé la lutte contre le modernisme, terme qu’il faut entendre comme l’introduction du relativisme dans la théologie et l’interprétation de l’Ecriture. Jusqu’à François, les papes ont su que le relativisme était, à court terme, une menace mortelle pour une institution bimillénaire, s’appuyant sur une tradition scripturale encore plus ancienne, au moins trimillénaire. Pensons aux trois défenseurs de l’esprit européen face à la guerre et au totalitarisme que furent Benoît XV (1914-1922), Pie XI (1922-1939) et Pie XII (1939-1958); au « bon pape » Jean XXIII (1958-1963), si imprégné du principe de saint François de Sales, « rien par force, tout par amour »; à ces deux géants de la fidélité que furent, dans une époque troublée, Paul VI (1963-1978) et Jean-Paul II (1978-2005); pensons enfin à ce théologien d’exception qu’est Benoît XVI (2005-2013).

Tout au long du XXè siècle, une partie du clergé s’est laissée séduire par le relativisme, que ce soient les sophismes de la philosophie allemande ou les tentations de la vie mondaine. Mais les catholiques pouvaient se reposer sur le fait qu’à Rome on tenait fermement le gouvernail.

Et puis vint François, dont le seul fait qu’il ne veuille pas que l’on adjoigne de numéro à son pontificat (« François Ier ») montre bien qu’il est un in individualiste, en rupture, arrivé comme par accident sur le siège de Saint Pierre. On ne compte plus ses approximations théologiques, ses déclarations provocatrices, ses gestes inappropriés à la fonction qu’il occupe. Le récent synode sur l’Amazonie a représenté le franchissement d’un cap supplémentaire puisque plusieurs moments de célébration païenne - en l’honneur d’une représentation andine de la Terre-Mère, la Pachamama - ont eu lieu en la présence du Saint-Père, sans que celui-ci en soit choqué. 

[…]

Il est arrivé dans l’histoire que des papes soient accusés d’avoir dévié de la foi reçu des apôtres et même qualifiés d’hérétiques ! Ainsi, au début du IVè siècle, le pape Marcellin fut déposé par un concile pour avoir participé à un culte idolâtrique, avant d’être réélu, suite aux regrets qu’il avait exprimés. 
 
On trouve de nombreux exemples de papes dont une partie de l’enseignement fut corrigée ou précisée par leurs successeurs. Et d’ailleurs, le premier d’entre eux, Saint Pierre, est passé, si l’on en croit les Evangiles et les Actes des Apôtres, par le manque de foi, l’incompréhension du sens de la Passion (Jésus le traite même de « Satan » lorsque Pierre lui suggère qu’il serait possible d’échapper à la souffrance et à la mort tout en restant le Messie), un triple reniement lors du procès du Christ, ou, plus tard, un manque de courage qui lui vaut d’être « corrigé » par Saint Paul. C’est pourtant le même homme qui professe en premier la messianité de Jésus et à qui est donc promis, par le Christ lui-même, le magistère suprême dans l’Eglise.

Lorsque l’on a tout cela en tête, il est possible d’envisager le cas de François avec sérénité.

[…]

François restera dans l’histoire comme un cas un peu aberrant: celui d’un pape de l’éphémère !
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jeudi, mars 14, 2019

La « pédophilie » dans l'Eglise : la fausse piste du « cléricalisme »

C'est une technique qu'ils connaissent par coeur : les pervers gauchistes qui sont dans l'Eglise, à commencer par le pape, détournent une accusation portée contre eux vers une fausse cause, de manière à exploiter une de leurs faiblesses pour encore plus promouvoir leur programme. La perversité, vous dis-je.

La mode est à prétendre qu'il y aurait un problème de « pédophilie » dans l'Eglise qui serait causé par un excès de « cléricalisme », c'est-à-dire d'ascendant, ou de pouvoir, du prêtre.

Quelle aubaine que cette accusation tronquée  et cette analyse faussée ! Depuis le temps que les gauchistes veulent détruire l'Eglise en tant qu'institution et en tant que hiérarchie ... Mettre en accusation le magistère du prêtre ... Bravo ! Youpi ! Alleluhia (j'ose) !

Foutaises !

Non, il n'y a pas de problème de « pédophilie », mais un problème de pédérastie, d'homosexualité.

Et la cause n'en est pas le « cléricalisme » mais le défaut de croyance dans le péché originel et dans les fins dernières.

On s'encule à qui mieux mieux dans certains séminaires et dans certaines sacristies parce qu'on ne croit plus au Malin, ni au Jugement dernier, ni à l'Enfer, et même, ni à Dieu, ni au Diable. Ce n'est pas plus compliqué que ça. Et ça n'a rien à voir avec le « cléricalisme ».

Addendum : sous un angle différent :

lundi, août 20, 2018

Non, pape François, je ne jeûnerai pas.

Le pape François demande aux catholiques de jeûner en pénitence des affaires de pédophilie aux Etats-Unis.

L’Eglise est une, certes, mais je ne suis absolument pas engagé par les errements d’un clergé que je désapprouve depuis longtemps. C’est un amalgame : vouloir englober tous les catholiques dans une responsabilité qui n’est pas la leur.

Il faut dire la vérité : ces histoires de pédophilie ne sont que la conséquence de la trop grande tolérance vis-à-vis de l’homosexualité dans les séminaires et les sacristies (car tous les pys le savent –mais, chut, il ne faut pas le dire- l’homosexualité incline bien souvent à la pédophilie). Le Figaro dit que « les catholiques sont sous le choc ». Je ne sais pas pour les autres, mais moi, je ne suis pas surpris, il n'y a hélas aucun choc.

Je ne suis responsable que d’une chose : ne pas avoir gueulé assez fort.

Je peux aussi, éventuellement, être responsable d’une deuxième chose : trouver que le niveau intellectuel et moral du clergé n’est pas terrible terrible et préférer être marié que prêtre.

Mais bon, rien qui justifie à mes yeux de jeûner et je n’ai pas assez de respect pour le pape François pour le suivre aveuglément. Qu’il fasse le ménage (bien que je pense qu’il n’est absolument pas l’homme pour ça) et on en reparlera. A ce moment-là, je voudrai bien jeûner pour sa réussite.


dimanche, février 21, 2016

Jean Birnbaum : « On ne vaincra pas les djihadistes en les traitant de salopards »

Jean Birnbaum : « On ne vaincra pas les djihadistes en les traitant de salopards »

Je ne m'attendais pas à trouver de tels propos dans la bouche d'un tel homme. Il est vrai que les intellectuels de gauche bénéficient d'une présomption de légitimité, contrairement aux intellectuels de droite. Il sont donc plus libres de s'exprimer sans tabous.

L'article démarre très bien. Il a des grosses faiblesses au milieu (voir Zemmour) mais c'est déjà un bel effort de la part d'un gauchiste.

Je souligne en bleu.

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LE FIGARO. - Dans Un silence religieux. La gauche face au djihadisme, vous vous moquez du «rien à voir avec l'islam» venu des plus hautes autorités de l'État et de la propension de la gauche à trouver des justifications sociales ou économiques aux assassins des attentats de janvier et du Bataclan…

Ce qui m'intéresse, au fond, c'est moins la «justification» ou l'«excuse» que le déni ou le refoulement de la question religieuse. Car la gauche française hérite d'une longue cécité en la matière. Le plus souvent, elle a réduit la croyance spirituelle à un simple archaïsme, une illusion appelée à être dissipée par le progrès technique et l'émancipation sociale. Elle a largement oublié Marx, qui prenait la question spirituelle au sérieux, lui, pour n'en retenir que des formules réductrices qui font de la religion «l'opium du peuple» ou le «soupir de la créature opprimée». Dès lors, dans l'imaginaire de cette gauche, tout croyant tend à être assimilé à une créature opprimée... Ce préjugé a des conséquences directes sur la façon d'aborder le djihadisme: aux origines du destin terroriste, il y aurait forcément la frustration sociale et la misère intellectuelle.

Or ce cliché a été maintes fois démenti par les faits. Les jeunes gens qui rejoignent le combat djihadiste sont loin d'être tous des déshérités et des ignares. Parmi eux, il y a des fils de nantis et des gens très savants. Dès les années 1990, en Algérie, la présence des scientifiques étaient si forte, parmi les islamistes, qu'on a pu parler d'«islam des ingénieurs». Quant à Mohamed Belhoucine, le jeune homme charismatique lié à Amedy Coulibaly et qui a organisé la fuite de sa compagne vers la Syrie après l'attentat contre l'Hypercacher, il est diplômé de l'École des mines d'Albi. On pourrait aussi citer des figures moins connues, surgies à l'occasion de tel ou tel attentat, et qui nous mettent toutes devant nos propres préjugés. Ainsi, le jour de Noël 2010, un homme voulut faire exploser un vol entre Amsterdam et Detroit. Très vite, on apprit que l'auteur de l'attentat manqué, Umar Farouk Abdulmutallab, 23 ans, fils d'un riche banquier nigérian, avait fréquenté les écoles les plus prestigieuses, depuis la British International School de Lomé, au Togo, jusqu'à l'University College de Londres.

Ce qui rassemble les djihadistes par-delà leurs origines et leurs itinéraires, à Paris comme à Alep ou à Nairobi, c'est une même énergie religieuse, une même attente messianique, une communauté de gestes et textes. Dans la bibliothèque des frères Kouachi, comme dans celle d'Amedy Coulibaly, du reste, se trouvaient des livres qui font référence pour les djihadistes de tous les pays, et cette bibliothèque idéale du djihadiste est moins constituée de guides pratiques du terrorisme que de traités érudits, mobilisant moult commentaires du Coran. Si on écoute le discours des djihadistes, si on regarde leurs vidéos, on constate qu'ils passent leur temps à se réclamer de versets coraniques, de révélations prophétiques, d'anges protecteurs... Mais plus les djihadistes invoquent le ciel, plus la gauche tombe des nues. Ainsi, à l'Élysée puis au Quai d'Orsay, on s'est empressé de marteler une seule et même idée: non, non et non, ces attentats n'avaient «rien à voir» avec l'islam. Les djihadistes avaient beau se réclamer d'Allah, leurs actions ne devaient en aucun cas être reliées à quelque passion religieuse que ce fût. «Barbares», «Terroristes», «Déséquilibrés»: tous les qualificatifs étaient bons pour écarter la moindre référence à la foi, comme si cette causalité était la seule qu'il fallait escamoter.

Comme le répète Alain Finkielkraut citant Péguy, «Il faut voir ce que l'on voit». Partagez-vous désormais le constat des «néoréacs» que vous fustigiez jadis ?

Je connais bien l'œuvre d'Alain Finkielkraut dont j'ai lu tous les livres, mais aussi les articles parus dans les revues les plus confidentielles... J'ai été marqué par son rapport aux textes et par sa façon de penser la fragilité d'une transmission, d'un héritage intellectuel. Récemment, j'ai effectivement été amené à souligner son glissement pour le moins périlleux de la scène «républicaine» à la scène «identitaire». C'est un débat, on doit pouvoir le mener sans être accusé de tous les maux… Mais pour notre sujet, l'essentiel est ailleurs : Finkielkraut demeure largement étranger au fait religieux, cela ne l'intéresse guère, en réalité. Son approche de l'islam, tout comme celle du judaïsme, est plus culturelle que spirituelle. Il parle du voile ou des boucheries halal comme autant de traces identitaires ou d'indices de «communautarisation» présumée... Alors, il faut voir ce que l'on voit, sans doute, mais encore faut-il avoir l'oeil spirituel: or dès qu'il est question de religion, Finkielkraut n'y voit que du feu. [Finkielkraut a réussi l'exploit d'écrire tout un livre sur Péguy en évoquant son retour au catholicisme au détour d'une seule phrase. C'est pourquoi j'ai plus d'affection pour l'homme que d'admiration pour sa pensée, que je trouve manquer d'ampleur. Je respecte son sens de la formule mais ça ne fait pas tout.]Il n'aborde jamais la religion comme mode d'être au monde, comme rapport intime à des textes, comme espérance vécue. De même, sa grille de lecture demeure très franco-française, voilà pourquoi à mon sens elle ne permet pas de comprendre le problème du djihadisme, un phénomène sans frontières par nature, et dont la force tient justement à la dimension transnationale. Les djihadistes ne sont pas tous des déshérités, comme veut le croire une certaine gauche marxisante. Mais les djihadistes ne sont non plus tous des «immigrés» ou des «étrangers», comme le prétend une certaine droite nationaliste. Pour comprendre cette puissance d'aimantation, les causes sociales et les enjeux nationaux doivent être pris en compte, bien sûr, mais si on évacue la force propre du religieux, on passe à côté d'un aspect essentiel.
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Et le Zemmour peut se laisser aller à une rafraichissante ironie :

Session de rattrapage

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Heureux comme un intellectuel de gauche en France. Pendant des années, vous dites n'importe quoi : les pays communistes sont des paradis ; l'immigration est une chance pour la France ; l'islam est une religion de paix et d'amour. Vous mettez tout votre art de sophiste à maquiller le réel comme une voiture volée : les démocraties libérales sont des dictatures ; il n'y a pas plus d'étrangers que dans les années 1930 ; ce n'est pas l'islam qui se radicalise, mais la radicalisation qui s'islamise.

Et tous ceux qui essayent, les méchants, de décrire le réel sans fard, vous les couvrez d'opprobre, d'injures, vous les ostracisez, les diabolisez, réactionnaires, fascistes, racistes, font le jeu de qui vous savez, sont la France du repli, la France rance.

Et puis, un jour, vous avez une révélation divine : l'homme qui tue en criant «Allah Akhbar!» a peut-être un vague rapport avec l'islam. Alors, Paris vous fête comme si vous aviez découvert la théorie de la relativité : quelle audace ! Quel courage! Quelle subtilité ! Cette histoire sempiternelle est celle du dernier livre de Jean Birnbaum. L'auteur est une figure du Landernau médiatico-intellectuel. Il dirige Le Monde des livres, et a transformé, depuis des années, sa colonne éditoriale en chaire de la bien-pensance, du haut de laquelle, en Torquemada de sous-préfecture, il tance les mécréants et excommunie les hérétiques.

Que nous dit-il ? « Là où il y a de la religion, la gauche ne voit pas trace de politique. Dès qu'il est question de politique, elle évacue la religion. » On remarquera que notre prophète ne s'adresse qu'à la gauche, et non au reste du pays, et encore moins au monde. Mais la gauche française, depuis 1789, se prend pour la France et le monde ; et ne supporte d'entendre la vérité que de la bouche de l'un des siens : c'est la définition même du sectarisme. Notre auteur se moque, dans l'une de ses meilleures pages, du «rien à voir avec l'islam» venu des plus hautes autorités de l'État ; et de la propension de la gauche à trouver des justifications sociologiques, économiques, psychologiques, voire psychiatriques, aux assassins de Charlie et du Bataclan. Dommage qu'on ait déjà lu cela sous des plumes réactionnaires qu'il n'a cessé de vouer aux gémonies !

[…]

Birnbaum ne serait pas de gauche s'il ne prétendait pas que la bataille se déroule d'abord au sein de l'islam entre libéraux et littéralistes, entre ceux en quête de spiritualité et les adeptes d'un rigorisme juridique. Or, cette querelle entre mystiques et légalistes, entre «modérés» et «extrémistes», n'existe que dans les têtes occidentales. Les rares personnalités qui souhaitent arracher l'islam à la rigueur de la lettre, favoriser l'interprétation sur l'application, sont des individus esseulés, et souvent menacés de mort. Dans l'histoire de l'islam, ces réformateurs ont perdu toutes les batailles. Ils perdront encore cette guerre qu'ils n'ont même pas les moyens de mener. Que Birnbaum le veuille ou non, l'islam n'est pas une religion de l'Alliance, mais une loi. L'islam est un Droit qui ne supporte pas d'interprétation, puisque sorti de la bouche de Dieu. Un judaïsme sans Talmud.

En lisant Birnbaum, on se dit que l'art indépassable d'un intellectuel de gauche est d'arriver après la bataille, comme la cavalerie américaine dans les westerns, mais de faire croire qu'on a gagné la guerre. Dans un an, dans cinq ans, Jean Birnbaum découvrira peut-être que l'islamisme est bien «le véritable islam, l'islam en mouvement» (Bernard Lewis), «l'islam des musulmans impatients» (Boualem Sansal), qu'il n'est pas un danger pour la gauche, mais pour la France, parce qu'il est une identité, une nation, une civilisation, qui ne supporte pas de se soumettre à une autre ni même de cohabiter à égalité avec une autre ; que le rêve d'Andalousie que la gauche nous a imposé se transformera en cauchemar [notons que l'Andalousie arabe et heureuse est un mythe au sens péjoratif du terme. La charia y était appliquée comme ailleurs avec ce que cela suppose]. Bref, il découvrira tout ce qu'il repousse encore avec hauteur. Et son livre sera accueilli avec enthousiasme. «Il paraît que Sylvie Vartan a fait des progrès! Encore? s'exclamait Coluche. J'attendrai la fin des progrès.» J'attendrai moi aussi la fin des progrès de notre Sylvie Vartan à nous.

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vendredi, août 09, 2013

Un extrait de La révolution française, de Pierre Gaxotte


Un extrait de La révolution française

J'ai choisi cette extrait parce qu'il est frappant d'actualité. Sa description du jacobin en cours de naissance rappelle sans hésitation nos socialistes de gouvernement de 2013.

Quand Finkielkraut accuse la gauche actuelle d'être l'ennemi de la réalité, on a l'impression qu'il attaque un trouble passager, une dérive. Comme tous ces intellectuels qui, au fond de leur coeur, n'arrivent pas à renoncer à l'idée que la gauche, c'est le Bien, il est incapable d'envisager que le totalitarisme et l'utopie sont consubstantiels à la gauche depuis sa naissance. Il n'y a jamais eu une bonne gauche qui aurait été pervertie.

La gauche est perverse depuis sa naissance, c'est pourquoi il est catastrophique que Louis XV et Louis XVI n'aient pas su l'étouffer dans l'oeuf.

lundi, avril 01, 2013

Les deux problèmes du moment : les institutions et le chef

Dans cette émission, Jean-Pierre Petit dresse un  tableau très noir de la situation française, qu'il qualifie de décadence, avec les symptômes que mes fidèles lecteurs connaissent bien : démagogie, social-clientélisme, nominalisme, etc.

Un des intervenants, patron (2), lui répond qu'il y a des gens très bien en France.

Jen-Pierre Petit réplique que ce n'est pas le problème, qu'il y a aussi des gens très bien en Argentine, mais que ce qui fait la différence entre les pays, c'est la «gouvernance» et que la qualité du personnel politique français ne cesse de décliner depuis trente ans.

Il trace ainsi en quelques mots le problème.

La «gouvernance», j'appelle cela les institutions.

Nostalgiques des poisons et délices de la IVème République, les apparatchiks de la fausse droite et de la vraie gauche se sont entendus comme larrons en foire pour dénaturer complètement, à coups de réformes constitutionnelles magouillées entre eux, les institutions de la Vème République.

Ils ont réussi l'exploit de ne garder de la constitution gaullienne que les défauts.

Suivant l'adage qu'il ne faut pas compter sur ceux qui ont créé les problème pour les résoudre, nous ne pouvons compter ni sur la vraie gauche ni sur la fausse droite pour une réforme radicale de nos institutions.

Il reste donc la vraie droite, telle qu'on la voit apparaître dans les Manifs pour Tous. Cette vraie droite a besoin, pour se fédérer, d'un vrai chef. Sinon, nous pouvons nous attendre au même naufrage que les Tea Parties américaines.

De ce point de vue, Frigide Barjot est une catastrophe (voir l'article de Roman Bernard).

Or -on en revient à Jean-Pierre Petit- la qualité du personnel politique a décliné à ce point qu'on ne voit aucune institution d'où pourrait venir une personnalité à la fois forte et compétente (il faut les deux caractéristiques).

Les Français de 2013 étant ce qu'ils sont, c'est-à-dire amollis par une société de confort, je ne pense pas qu'ils feront émerger le chef radical et exigeant qui leur manque.

La suite de la jacquerie de la France bien élevée est donc écrite : l'extinction progressive avec quelques groupes radicaux trainant par ci par là et qui serviront de noyaux au prochain mouvement.

Et pendant ce temps, la France continuera de s'africaniser (3), de se «bantoustaniser».

Si l'analyse rationnelle conduit à ce noir pessimisme, il ne faut pas oublier que l'histoire est le domaine de l'imprévu et il ne faut pas perdre la foi.

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(1) : il fait une différence entre décadence et déclin. Le déclin est passager. La décadence est auto-entretenue.

(2) : au passage, cela montre que les patrons peuvent être très bons en micro-économie et très nuls en macro.

(3) : je n'entends pas seulement cette africanisation en termes raciaux. Nicolas Sarkozy essayant de caser son fils à l'EPAD ou François Hollande se dépatouillant de ses multiples pseudo-épouses, ce sont des bouts d'africanisation.

samedi, février 02, 2013

Le nouveau génie du christianisme (Jean-Louis Harouel)

Le génie (politique et philosophique) du christianisme tient en deux phrases :

> Mon royaume n'est pas de ce monde.

> Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu.

Ces phrases sont tellement originales que les exégètes ne doutent guère de leur authenticité.

Elles ouvrent la voie à la séparation du spirituel et du temporal.

Cette idée est tellement novatrice que les orthodoxes, pourtant chrétiens, ne l'ont pas passée dans leurs pratiques et en sont restés au césaro-papisme. Il aura fallu en Occident le démembrement de l'Empire Romain et les querelles du Pape et de l'Empereur pour que la séparation du pouvoir temporel et de l'Eglise devienne, avec des coups de balancier, une réalité.

Or, cette séparation ouvre un espace de liberté philosophique et intellectuelle inconnu partout ailleurs. Il explique l'aventure prodigieuse de notre civilisation. N'en déplaise aux sectateurs laïcards, le génie de l'Occident, c'est tout simplement, la génie du christianisme.

A l'opposé, il y a l'hérésie millénariste, mélangeant le spirituel et le temporel, qui postule que si l'on éradique, sur terre, avec toutes les horreurs que cela suppose, les mauvais croyants, on fera advenir, sur terre, le royaume de Dieu pour mille ans.

Dans les atrocités  anabaptistes de Münster en 1533, on a la matrice de tous les totalitarisme millénaristes modernes, Terreur, communisme, nazisme, qui, au nom du bien de l'Humanité, génèrent une misère des hommes sans précédent.

Or, la séparation du spirituel et du temporel a été abolie dans nos pays européens : la Nouvelle Religion, celle des droits de l'homme, a fusionné avec le pouvoir.

La nouvelle caste théocratique, que je baptise habituellement classe jacassante (séparée du peuple, comme il se doit dans une théocratie) impose sa dictature : les juges-prêtres condamnent les blasphèmes et les journalistes couvrent d'opprobre les mal pensants, provoquant leur mort sociale. Les professeurs font le catéchisme. Et il y a une organisation cléricale : la franc-maçonnerie.

A cet égard, l'affaire Zemmour fut exemplaire : le débat qui amena sa condamnation porta, non pas sur la vérité, difficilement contestable, des déclarations incriminées, mais sur leur caractère blasphématoire.

Ce n'est nullement un hasard si la caste théocratique (journalistes, juges, politiciens, enseignants) est nettement plus à gauche que la moyenne des Français : les gardiens de la foi doivent tout même y croire un peu plus que la moyenne !

Le premier problème est que cette fusion du religieux et du politique est d'autant plus dramatique que la Nouvelle Religion s'ignore comme religion. Cela interdit tout débat : il ne sert à rien de reprocher à quelqu'un les défauts de sa religion s'il commence par nier que cela soit une religion.

Le deuxième problème est le caractère suicidaire de cette Nouvelle Religion L'auteur n'hésite pas à invoquer le suicide collectif de l'Ordre du temple Solaire.

Une fois de plus, nous sommes face à la funeste confusion des valeurs individuelles et des valeurs collectives. S'il est louable pour un chrétien de tendre la joue gauche, cela est suicidaire pour une nation, une civilisation, une race.

Ce que les droits-de-l'hommistes croient être tolérance et «ouverture à l'Autre» n'est que faiblesse et renonciation à soi-même.  Et notre grande fusion dans l'Humanité n'est en réalité que notre disparition.

Car les Autres ne partagent pas notre fantasme millénariste et ne renoncent pas à eux-mêmes (et ils ont ont bien raison).

Le troisième problème est que la théocratie finit toujours en oppression, même si celle-ci est pratiquée au nom de la gentillesse et des bisous.

La conclusion du livre est extrêmement sombre, par omission : l'auteur ne trace aucune piste pour s'en sortir.