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samedi, novembre 01, 2014

Niall Ferguson : les institutions ou les hommes ?

Vous savez que le problème des institutions me turlupine depuis longtemps.

A la question «Qui est coupable de la décadence ? Les hommes au pouvoir ou les institutions dans lesquelles ils se meuvent ?», Niall Ferguson dans The civilization, the west and the rest, tranche sans hésiter : les institutions.

Son argument : il compare les pays divisés (Allemagne de l'ouest et Allemagne de l'est, les deux Corée, Taïwan, Singapour et la Chine). La culture et les hommes sont identiques, ce qui change, ce sont sont les institutions, et les résultats sont spectaculairement divergents.

Jean-Pierre Petit, sur BFM, emploie souvent cet argument : il y a des hommes intelligents partout, ce qui change, ce sont les institutions. La différence fondamentale entre le Suède et le Zimbabwe, ce sont les institutions.

Bien sûr, on peut reboucler en disant que c'est la responsabilité des hommes de corriger les mauvaises institutions, mais l'expérience prouve que c'est très difficile une fois qu'on a laissé la situation se dégrader, ce qui est le cas de la France.

C'est pourquoi la France est engagée dans une décadence de long terme. En revanche, si elle est redressée un jour, le sursaut se fera dans la brutalité et la violence : il y a trop de privilèges à casser pour qu'il en soit autrement.

lundi, avril 01, 2013

Les deux problèmes du moment : les institutions et le chef

Dans cette émission, Jean-Pierre Petit dresse un  tableau très noir de la situation française, qu'il qualifie de décadence, avec les symptômes que mes fidèles lecteurs connaissent bien : démagogie, social-clientélisme, nominalisme, etc.

Un des intervenants, patron (2), lui répond qu'il y a des gens très bien en France.

Jen-Pierre Petit réplique que ce n'est pas le problème, qu'il y a aussi des gens très bien en Argentine, mais que ce qui fait la différence entre les pays, c'est la «gouvernance» et que la qualité du personnel politique français ne cesse de décliner depuis trente ans.

Il trace ainsi en quelques mots le problème.

La «gouvernance», j'appelle cela les institutions.

Nostalgiques des poisons et délices de la IVème République, les apparatchiks de la fausse droite et de la vraie gauche se sont entendus comme larrons en foire pour dénaturer complètement, à coups de réformes constitutionnelles magouillées entre eux, les institutions de la Vème République.

Ils ont réussi l'exploit de ne garder de la constitution gaullienne que les défauts.

Suivant l'adage qu'il ne faut pas compter sur ceux qui ont créé les problème pour les résoudre, nous ne pouvons compter ni sur la vraie gauche ni sur la fausse droite pour une réforme radicale de nos institutions.

Il reste donc la vraie droite, telle qu'on la voit apparaître dans les Manifs pour Tous. Cette vraie droite a besoin, pour se fédérer, d'un vrai chef. Sinon, nous pouvons nous attendre au même naufrage que les Tea Parties américaines.

De ce point de vue, Frigide Barjot est une catastrophe (voir l'article de Roman Bernard).

Or -on en revient à Jean-Pierre Petit- la qualité du personnel politique a décliné à ce point qu'on ne voit aucune institution d'où pourrait venir une personnalité à la fois forte et compétente (il faut les deux caractéristiques).

Les Français de 2013 étant ce qu'ils sont, c'est-à-dire amollis par une société de confort, je ne pense pas qu'ils feront émerger le chef radical et exigeant qui leur manque.

La suite de la jacquerie de la France bien élevée est donc écrite : l'extinction progressive avec quelques groupes radicaux trainant par ci par là et qui serviront de noyaux au prochain mouvement.

Et pendant ce temps, la France continuera de s'africaniser (3), de se «bantoustaniser».

Si l'analyse rationnelle conduit à ce noir pessimisme, il ne faut pas oublier que l'histoire est le domaine de l'imprévu et il ne faut pas perdre la foi.

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(1) : il fait une différence entre décadence et déclin. Le déclin est passager. La décadence est auto-entretenue.

(2) : au passage, cela montre que les patrons peuvent être très bons en micro-économie et très nuls en macro.

(3) : je n'entends pas seulement cette africanisation en termes raciaux. Nicolas Sarkozy essayant de caser son fils à l'EPAD ou François Hollande se dépatouillant de ses multiples pseudo-épouses, ce sont des bouts d'africanisation.

jeudi, novembre 01, 2012

Les fossoyeurs T. 2 (Pertinax)

J'ai trouvé ce deuxième tome grâce à Abebooks. Je n'ai pas fini de la lire. Il s'agit hélas de l'édition publiée à New-York en 1943 et non de celle de 1946.

Après le premier tome consacré aux événements de septembre 39 au 16 juin 40 et à Gamelin, Daladier et Reynaud, ce deuxième tome se concentre sur Pétain (et Laval). L'auteur en profite pour dresser le tableau de la France de la fin du XIXème siècle à 1940.

Je suis pas sûr qu'il existe en 2012 un journaliste français capable de dresser un tableau équivalent et avec style.

Ce point de vue contemporain est intéressant : Pétain et Laval ne lui semblent pas tant coupables de l'armistice que de leur action (et de leur inaction) traitresse qui a amené la défaite. Je ne pense pas que Pertinax ait rien trouvé à redire à la condamnation à mort de Laval.




dimanche, octobre 28, 2012

Les fossoyeurs T. 1 (Pertinax)

C'est un livre écrit à la va-vite par André Géraud, alias Pertinax, journaliste de droite anti-totalitaire. Publié à New-York en 1943 puis réédité en France en 1947.

Ecrit au vitriol, il dresse le portrait d'une classe politique médiocre, perdu dans son univers de combinaisons parlementaires alors que le monde s'écroule autour d'elle.

Ses jugements sur Albert Lebrun, polytechnicien d'élite mais président catastrophique, et sur Edouard Daladier, le taureau aux cornes d'escargot, sont ravageurs.

On remarquera que les hommes de cet ancien régime ne furent pas véritablement éliminés par la guerre et qu'il fallut attendre 1958 pour qu'enfin ces fossoyeurs disparaissent de la scène politique. Il n'y a pas de justice en politique.

J'ai comparé Nicolas Sarkozy à Paul Reynaud.

Mais, ces «comitards» qui combinent de subtiles formules politiques dans leurs cornues alors que les événements exigent des chefs, font irrésistiblement penser à François Hollande.

Pourtant, il n'y a pas d'équivalent de notre président actuel : un mou jaloux et sectaire, qui n'a jamais dépassé le stade de président de conseil général qui se retrouve propulsé, à la suite de combinaisons sordides et d'une campagne de caniveau, à la présidence de la république.

Je ne peux pas dire que cela m'emplisse d'optimisme béat.