Je plains la France, nos ancêtres qui nous regardent, notre histoire qui nous oblige, du naufrage actuel.
Mais je ne plains pas les Français, ceux de 2020, nous méritons ce qui nous arrive.
Depuis trente ans, chaque fois que nous avons eu l'occasion de détourner le cours du mauvais destin, nous avons refusé de la saisir. Bien sûr, souvent, cela impliquait de voter Le Pen. Et alors ? Je préfère être noyé à moitié que noyé complètement.
En 2005, nous avons enfin saisi notre chance, mais c'était pour accepter sans broncher d'être enculés par Sarkozy en 2008.
Et les Gilets Jaunes des ronds-points, qui les a soutenus ?
Ami, qui te plains si fort aujourd'hui des bureaucrates inféodés à Bruxelles, des ministres incompétents et corrompus, des affairistes de la santé, peux-tu me rappeler tes dix derniers votes, en commençant par le tout dernier ? Où étais tu quand il y avait un service à rendre sur un rond-point ? Qu'as tu fait quand tu avais à choisir entre ton patrimoine et ton pays ?
Et moi-même, en faisant ce compte, je ne suis pas très fier. Et je peux bien vous dire que d'avoir senti venir la catastrophe (billet de 2013) ne me console d'absolument rien.
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dimanche, mars 29, 2020
samedi, janvier 25, 2020
Le nouveau mal français : la baisse du niveau de vie.
Le nouveau mal français : la baisse du niveau de vie.
L'INSEE affirme que le pouvoir d'achat augmente, alors que les Français pensent qu'il diminue.
L'INSEE ment-elle ? Pas vraiment, mais elle utilise des méthodes orientées, pour rendre pratiquement impossible, par exemple, le constat d'une baisse du pouvoir d'achat ou d'un avantage du protectionnisme. L'article explique la méthode pour le pouvoir d'achat.
Mais il y a d'autres moyens pour évaluer la réalité cachée par l'INSEE : en vingt ans, l'âge moyen d'un acheteur de voiture neuve est passé de 44 ans à 56 ans.
L'illusion statistique de l'INSEE explique en grande partie le vote Macron : votent Macron les cadres supérieurs et les retraités qui sont suffisamment cons pour croire qu'ils ont plus d'intérêts communs avec les milliardaires à la Niel-Drahi qu'avec les Gilets Jaunes.
Les années qui viennent vont cruellement les démentir mais, en attendant, ils votent comme il faut pour maintenir ce qui nous tue.
Je sais bien qu'il n'est pas facile de voter pour cette dinde de Le Pen pour éviter Macron ou un de ses semblables. Mais il faut avoir les couilles de faire ce qu'il faut. Une fois qu'on a compris que la mission de Macron est de gérer l'appauvrissement des Français et la disparition de la France, on hésite moins.
L'INSEE affirme que le pouvoir d'achat augmente, alors que les Français pensent qu'il diminue.
L'INSEE ment-elle ? Pas vraiment, mais elle utilise des méthodes orientées, pour rendre pratiquement impossible, par exemple, le constat d'une baisse du pouvoir d'achat ou d'un avantage du protectionnisme. L'article explique la méthode pour le pouvoir d'achat.
Mais il y a d'autres moyens pour évaluer la réalité cachée par l'INSEE : en vingt ans, l'âge moyen d'un acheteur de voiture neuve est passé de 44 ans à 56 ans.
L'illusion statistique de l'INSEE explique en grande partie le vote Macron : votent Macron les cadres supérieurs et les retraités qui sont suffisamment cons pour croire qu'ils ont plus d'intérêts communs avec les milliardaires à la Niel-Drahi qu'avec les Gilets Jaunes.
Les années qui viennent vont cruellement les démentir mais, en attendant, ils votent comme il faut pour maintenir ce qui nous tue.
Je sais bien qu'il n'est pas facile de voter pour cette dinde de Le Pen pour éviter Macron ou un de ses semblables. Mais il faut avoir les couilles de faire ce qu'il faut. Une fois qu'on a compris que la mission de Macron est de gérer l'appauvrissement des Français et la disparition de la France, on hésite moins.
Libellés :
l'imposture Macron,
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lundi, août 14, 2017
Un tournant raté
Une de mes rubriques préférées, bien qu'elle ne soit pas très fournie, est celle de la France argentine, car c'est celle qui illustre le mieux notre comportement : un pays, comme l'Argentine d'il y a un siècle, qui était une puissance et qui, à force de rater les tournants de l'histoire, de prendre les mauvaises décisions, finit par sortir de l'histoire.
Je ne compte d'ailleurs pas l'élection d'Emmanuel Macron au rang de ces tournants ratés puisqu'il n'y avait aucun candidat majeur portant la bonne politique. Le dernier tournant raté, et costaud, c'est le quinquennat désastreux de Nicolas Sarkozy.
A ma collection de tournants ratés, j'ajoute cette citation, trouvée dans Destined for war (au passage, je m'étonne que ce billet n'ait pas été commenté, alors que c'est le plus lourd de conséquences de cette année et qu'il est d'une actualité brûlante) :
« Il eut suffit que nous soutenions vigoureusement la Confédération pour que nous ayons face à nous, non plus un pays mais deux. Et la Grande-Bretagne serait toujours la première puissance du monde. »
Lord Salisbury, Premier Ministre britannique
Je ne compte d'ailleurs pas l'élection d'Emmanuel Macron au rang de ces tournants ratés puisqu'il n'y avait aucun candidat majeur portant la bonne politique. Le dernier tournant raté, et costaud, c'est le quinquennat désastreux de Nicolas Sarkozy.
A ma collection de tournants ratés, j'ajoute cette citation, trouvée dans Destined for war (au passage, je m'étonne que ce billet n'ait pas été commenté, alors que c'est le plus lourd de conséquences de cette année et qu'il est d'une actualité brûlante) :
« Il eut suffit que nous soutenions vigoureusement la Confédération pour que nous ayons face à nous, non plus un pays mais deux. Et la Grande-Bretagne serait toujours la première puissance du monde. »
Lord Salisbury, Premier Ministre britannique
La France, de droite, vraiment ?
La droite aurait gagné la bataille des idées. Ca me fait bien rire.
Le pouvoir est de gauche, version multiculturaliste, licencieuse et mondialiste. Et la seule opposition véritable est constituée de nostalgiques de Staline.
Effectivement, c'est aveuglant : la droite a gagné la bataille des idées !
Le pouvoir est de gauche, version multiculturaliste, licencieuse et mondialiste. Et la seule opposition véritable est constituée de nostalgiques de Staline.
Effectivement, c'est aveuglant : la droite a gagné la bataille des idées !
dimanche, février 26, 2017
Elections : les Français sont capables du pire
Un collègue à qui je disais que les Français ne seraient pas assez bêtes pour élire Macron, que tout de même le Brexit et Trump permettaient de garder espoir en la démocratie, m'a fait remarquer que les Français ont élu Mitterrand (quand les Britanniques et les Américains élisaient Thatcher et Reagan), réélu Mitterrand, élu et réélu Chirac, élu Hollande ...
Il y a de simples constats qui sont déprimants.
Il y a de simples constats qui sont déprimants.
Libellés :
La France argentine,
la France qui coule,
nihilisme politique,
politique
mardi, janvier 31, 2017
Macron : le changement, c’est maintenant (enfin … presque)
Un type qui vient de la gauche sociétale, européiste, technocrate, capitaliste de connivence, qui propose de tout changer mais dont tous les non-imbéciles comprennent très vite qu’il sera élu pour surtout ne toucher à rien, ça ne vous rappelle personne (personne, c’est le cas de le dire) ?
Mais oui ! Mais c’est bien sûr ! Mou-Président !
Macron est un Hollande en plus sexy et il n’a pas besoin de régime amaigrissant. A part ça, je ne vois pas ce qui le différencie de François Hollande. Je suis même prêt à parier qu’il a un scooter.
Voici ce qu’en dit Atlantico (je souligne) :
************
Eric Verhaghe : Certes, [Macron] chasse majoritairement sur les terres du centre, qu'il s'agisse du centre droit ou du centre gauche. Il chasse surtout sur les terres de l'élite, inquiète des grands nettoyages qui ont commencé ces dernières semaines. Les évictions de Juppé, de Sarkozy, de Hollande, sont un signe qui ne trompe pas. Il indique la fin d'un cycle politique et la tendance au renouvellement en profondeur qui se manifeste. Pour tous les hiérarques qui sont en place et qui craignent pour leur avenir, la candidature Macron est une aubaine. Elle leur demande peu de ralliement idéologique, peu d'engagement moral, et elle leur offre une espérance (trompeuse selon moi, mais comme une bouée de sauvetage). Que demander de plus ?
Thomas Porcher : Se prétendre « hors système » est devenu une mode. Je pense que personne n’est dupe. Quelqu’un qui a fait l’ENA, a été haut-fonctionnaire, puis banquier tout en conservant sa place de fonctionnaire, conseiller à l’Elysée et ministre de l’économie sans être élu n’a rien d’un « anti-système ». Emmanuel Macron est entrée en politique par la grande porte, il n’a jamais distribué des tracts sur un marché. Il fait partie de ces élites qui se reconnaissent entre eux, s’entraident, prétendent savoir ce qui est bon pour les français sans pour autant en connaître le quotidien.
Eric Verhaeghe : L'affirmation du hors système est évidemment une forfanterie, entre le comique de situation et le produit marketing. Macron est en lui-même l'incarnation du système et l'incarnation de tout ce que le système aime. Il est bien élevé, et le fait que Bergé se positionne parfaitement derrière lui n'ajoute qu'à cette incarnation d'une sorte d'idéal aristocratique. Il a tout pour plaire et il correspond à tous les stéréotypes de la classe dominante. Dans ces conditions, il ne peut faire illusion que dans les milieux bobos ou aisés, qui s'imaginent être antisystèmes parce qu'ils fument des joints ou détestent Donald Trump. En réalité, les "petites gens" qui détestent le système ne se reconnaîtront jamais dans les amis de Pierre Bergé. Ils préfèreront toujours le Front National. De ce point de vue, l'analyse très parisienne d'une émergence de Macron comme alternative me paraît fausse. Cette imposture devrait d'ailleurs éclater à mesure que les ralliements du Parti Socialiste s'accumuleront. Il sera de plus en plus difficile pour Macron de cacher qu'il est un homme du système, porté par le système.
************
Les Français n’ont, en majorité, pas vraiment envie d’élire un hollande bis.
Bref, si la fausse droite osait pour une fois être de droite et se montrait agressive avec Macron, elle aurait un boulevard. Mais, comme elle n’a pas de couilles et pas de projet authentiquement alternatif (pas d’arrêt de l’immigration, pas d’éclatement de l’Euro, pas de démantèlement de la Sécu, pas d’emprisonnement de la technocratie), elle est bien foutue de perdre cette élection imperdable.
Je reconnais une qualité à Macron : il a eu l'intelligence d'éviter les primaires, intelligence que ni Valls ni Sarkozy n'ont eu.
Éric Zemmour : "Emmanuel Macron donne l'asile politique à tous les perdants de la primaire"
L’honnêteté m’oblige à dire que je me suis fait pipi dessus en entendant ça.
C’est ce que je dis depuis le début : ces primaires n’ont aucune légitimité, les élections présidentielles françaises sont à deux tours, pas à six. Ces primaires ne peuvent amener que des conneries.
Enfin, à quelque chose malheur est bon : tous les couillons qui ont voté aux primaires ont contribué à renflouer l’UMP et le PS. C’est-y pas beau ?
Mais oui ! Mais c’est bien sûr ! Mou-Président !
Macron est un Hollande en plus sexy et il n’a pas besoin de régime amaigrissant. A part ça, je ne vois pas ce qui le différencie de François Hollande. Je suis même prêt à parier qu’il a un scooter.
Voici ce qu’en dit Atlantico (je souligne) :
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Eric Verhaghe : Certes, [Macron] chasse majoritairement sur les terres du centre, qu'il s'agisse du centre droit ou du centre gauche. Il chasse surtout sur les terres de l'élite, inquiète des grands nettoyages qui ont commencé ces dernières semaines. Les évictions de Juppé, de Sarkozy, de Hollande, sont un signe qui ne trompe pas. Il indique la fin d'un cycle politique et la tendance au renouvellement en profondeur qui se manifeste. Pour tous les hiérarques qui sont en place et qui craignent pour leur avenir, la candidature Macron est une aubaine. Elle leur demande peu de ralliement idéologique, peu d'engagement moral, et elle leur offre une espérance (trompeuse selon moi, mais comme une bouée de sauvetage). Que demander de plus ?
Thomas Porcher : Se prétendre « hors système » est devenu une mode. Je pense que personne n’est dupe. Quelqu’un qui a fait l’ENA, a été haut-fonctionnaire, puis banquier tout en conservant sa place de fonctionnaire, conseiller à l’Elysée et ministre de l’économie sans être élu n’a rien d’un « anti-système ». Emmanuel Macron est entrée en politique par la grande porte, il n’a jamais distribué des tracts sur un marché. Il fait partie de ces élites qui se reconnaissent entre eux, s’entraident, prétendent savoir ce qui est bon pour les français sans pour autant en connaître le quotidien.
Eric Verhaeghe : L'affirmation du hors système est évidemment une forfanterie, entre le comique de situation et le produit marketing. Macron est en lui-même l'incarnation du système et l'incarnation de tout ce que le système aime. Il est bien élevé, et le fait que Bergé se positionne parfaitement derrière lui n'ajoute qu'à cette incarnation d'une sorte d'idéal aristocratique. Il a tout pour plaire et il correspond à tous les stéréotypes de la classe dominante. Dans ces conditions, il ne peut faire illusion que dans les milieux bobos ou aisés, qui s'imaginent être antisystèmes parce qu'ils fument des joints ou détestent Donald Trump. En réalité, les "petites gens" qui détestent le système ne se reconnaîtront jamais dans les amis de Pierre Bergé. Ils préfèreront toujours le Front National. De ce point de vue, l'analyse très parisienne d'une émergence de Macron comme alternative me paraît fausse. Cette imposture devrait d'ailleurs éclater à mesure que les ralliements du Parti Socialiste s'accumuleront. Il sera de plus en plus difficile pour Macron de cacher qu'il est un homme du système, porté par le système.
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Les Français n’ont, en majorité, pas vraiment envie d’élire un hollande bis.
Bref, si la fausse droite osait pour une fois être de droite et se montrait agressive avec Macron, elle aurait un boulevard. Mais, comme elle n’a pas de couilles et pas de projet authentiquement alternatif (pas d’arrêt de l’immigration, pas d’éclatement de l’Euro, pas de démantèlement de la Sécu, pas d’emprisonnement de la technocratie), elle est bien foutue de perdre cette élection imperdable.
Je reconnais une qualité à Macron : il a eu l'intelligence d'éviter les primaires, intelligence que ni Valls ni Sarkozy n'ont eu.
Éric Zemmour : "Emmanuel Macron donne l'asile politique à tous les perdants de la primaire"
L’honnêteté m’oblige à dire que je me suis fait pipi dessus en entendant ça.
C’est ce que je dis depuis le début : ces primaires n’ont aucune légitimité, les élections présidentielles françaises sont à deux tours, pas à six. Ces primaires ne peuvent amener que des conneries.
Enfin, à quelque chose malheur est bon : tous les couillons qui ont voté aux primaires ont contribué à renflouer l’UMP et le PS. C’est-y pas beau ?
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mardi, janvier 17, 2017
Brexit means Brexit (enfin !) ... et pendant ce temps, la classe jacassante française est en extase devant Macron
Enfin ! Le discours de Theresa May d'aujourd'hui a été clair :
1) La Grande-Bretagne sort du marché unique européen (sauf éventuellement pour la finance et l'automobile), de la cour européenne des droits de l'homme et de la cour européenne de justice afin de retrouver sa souveraineté judiciaire et sa souveraineté sur la politique migratoire, qui est un enjeu plus important que l'économie.
2) En cas de position non-coopérative de l'UE, les deux parties souffriront et la Grande-Bretagne sortira son arme atomique : la guerre fiscale.
3) L'accord final sera soumis au Parlement. Ce point me chagrine, il rend un retour en arrière théoriquement possible. Mais dans deux ans, bien des choses auront changé.
Ce n'est pas tous les jours qu'on entend un discours dont on devine qu'il est historique (Jacques Sapir : « Le ‘Brexit dur' et la rupture avec lemarché unique, un événement historique ») :
Pendant ce temps, la France discute de Fillon, Macron, Le Pen, surtout Macron, dont aucun ne propose vraiment de changer de politique, même plus Le Pen. La France va, une fois de plus depuis 1981, rater un tournant de l'histoire.
J'en pleurerais de rage.
1) La Grande-Bretagne sort du marché unique européen (sauf éventuellement pour la finance et l'automobile), de la cour européenne des droits de l'homme et de la cour européenne de justice afin de retrouver sa souveraineté judiciaire et sa souveraineté sur la politique migratoire, qui est un enjeu plus important que l'économie.
2) En cas de position non-coopérative de l'UE, les deux parties souffriront et la Grande-Bretagne sortira son arme atomique : la guerre fiscale.
3) L'accord final sera soumis au Parlement. Ce point me chagrine, il rend un retour en arrière théoriquement possible. Mais dans deux ans, bien des choses auront changé.
Ce n'est pas tous les jours qu'on entend un discours dont on devine qu'il est historique (Jacques Sapir : « Le ‘Brexit dur' et la rupture avec lemarché unique, un événement historique ») :
Pendant ce temps, la France discute de Fillon, Macron, Le Pen, surtout Macron, dont aucun ne propose vraiment de changer de politique, même plus Le Pen. La France va, une fois de plus depuis 1981, rater un tournant de l'histoire.
J'en pleurerais de rage.
samedi, juin 18, 2016
Avons nous mérité ce qui nous arrive ?
La question de notre responsabilité collective me hante.
Le point de vue de Soljenitsyne (transmis par Curmudgeon) :
« Et voyez comment nous avons ensuite brûlé dans les camps, pensant : comment les choses se seraient-elles passées si chaque agent de sécurité, lorsqu'il sortait la nuit pour effectuer une arrestation, avait été incertain quant à savoir s'il rentrerait vivant et s'il n'avait pas plutôt à faire ses adieux à sa famille ? Ou si, pendant les périodes de vagues d'arrestations massives, comme par exemple à Leningrad, lorsqu'ils ont arrêté un quartier entier de la ville, le peuple n'était pas simplement resté assis dans ses souliers, blanc de terreur au moindre claquement de porte de palier et au moindre pas dans les escaliers, mais avait compris qu'ils n'avaient plus rien à perdre, et avaient courageusement barricadé les escaliers et les corridors avec en embuscade une douzaine d'hommes armés de haches, de marteaux, de pieux ou de tout ce qui leur tombait sous la main ? Les Autorités auraient très vite souffert d'un gros manque de personnel et de moyens de transport, et malgré la soif (de sang) de Staline, la maudite machine aurait été arrêtée! Si.. si seulement.. Nous n'avons pas assez aimé la liberté. Et plus encore - nous n'étions même pas conscients de la réalité de la situation.. Nous avons purement et simplement mérité tout ce qui nous est arrivé ensuite. »
Le point de vue de Soljenitsyne (transmis par Curmudgeon) :
« Et voyez comment nous avons ensuite brûlé dans les camps, pensant : comment les choses se seraient-elles passées si chaque agent de sécurité, lorsqu'il sortait la nuit pour effectuer une arrestation, avait été incertain quant à savoir s'il rentrerait vivant et s'il n'avait pas plutôt à faire ses adieux à sa famille ? Ou si, pendant les périodes de vagues d'arrestations massives, comme par exemple à Leningrad, lorsqu'ils ont arrêté un quartier entier de la ville, le peuple n'était pas simplement resté assis dans ses souliers, blanc de terreur au moindre claquement de porte de palier et au moindre pas dans les escaliers, mais avait compris qu'ils n'avaient plus rien à perdre, et avaient courageusement barricadé les escaliers et les corridors avec en embuscade une douzaine d'hommes armés de haches, de marteaux, de pieux ou de tout ce qui leur tombait sous la main ? Les Autorités auraient très vite souffert d'un gros manque de personnel et de moyens de transport, et malgré la soif (de sang) de Staline, la maudite machine aurait été arrêtée! Si.. si seulement.. Nous n'avons pas assez aimé la liberté. Et plus encore - nous n'étions même pas conscients de la réalité de la situation.. Nous avons purement et simplement mérité tout ce qui nous est arrivé ensuite. »
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Soljenitsyne
samedi, juin 11, 2016
Trump, le Brexit et le FN
Trump et le Brexit et bien d'autres symptômes montrent que les pays occidentaux sont peut-être à l'aube d'un virage politique, à savoir la fin de la « mondialisation heureuse ».
On notera que ce virage n'est nullement incompatible avec la libéralisation de l'économie intérieure (l'anti-capitalisme de connivence). En effet, la robotisation pourrait bien entrainer une baisse violente des échanges commerciaux au niveau mondial. Plus besoin d'ouvriers chinois à 10 000 km si les robots de l'usine d'à coté peuvent faire le même boulot.
Je ne sais si cette anecdote est vraie mais elle est bien trouvée : un ministre japonais visite une usine automobile flambant neuve. « Mais pourquoi avez vous donné un jour de congé aux ouvriers pour ma visite ? ». « Non, monsieur le ministre. Tous les ouvriers sont là ».
Bien sûr, la France va rater ce virage, à cause de la collusion UMPSFN (n'en remettez pas une couche sur le FN, j'en ai soupé des commentaires répétitifs interminables qui n'apportent rien. Désormais, je censurerai les commentaires nombreux, longs comme un jour sans pain et sans intérêt, bref polluants. A bons entendeurs ..), comme elle a raté le virage libéral des années 80 à cause du chiraco-mitterrandisme.
Maintenant, que pouvons nous faire pour éviter cela ? Je me sens démuni.
La tentation de la facilité, les tournants manqués et le funeste destin
On notera que ce virage n'est nullement incompatible avec la libéralisation de l'économie intérieure (l'anti-capitalisme de connivence). En effet, la robotisation pourrait bien entrainer une baisse violente des échanges commerciaux au niveau mondial. Plus besoin d'ouvriers chinois à 10 000 km si les robots de l'usine d'à coté peuvent faire le même boulot.
Je ne sais si cette anecdote est vraie mais elle est bien trouvée : un ministre japonais visite une usine automobile flambant neuve. « Mais pourquoi avez vous donné un jour de congé aux ouvriers pour ma visite ? ». « Non, monsieur le ministre. Tous les ouvriers sont là ».
Bien sûr, la France va rater ce virage, à cause de la collusion UMPSFN (n'en remettez pas une couche sur le FN, j'en ai soupé des commentaires répétitifs interminables qui n'apportent rien. Désormais, je censurerai les commentaires nombreux, longs comme un jour sans pain et sans intérêt, bref polluants. A bons entendeurs ..), comme elle a raté le virage libéral des années 80 à cause du chiraco-mitterrandisme.
Maintenant, que pouvons nous faire pour éviter cela ? Je me sens démuni.
La tentation de la facilité, les tournants manqués et le funeste destin
mercredi, avril 27, 2016
Nuit de debout et primaires partout : les deux visages du somnambulisme politique français
Nuit de debout et primaires partout : les deux visages du somnambulisme politique français
En résumé, la citation de Céline Pina corrigée. Elle a dit : "En France, il n'y a plus que les islamistes et le Front National pour faire de la politique." J'enlève le Front National.
En résumé, la citation de Céline Pina corrigée. Elle a dit : "En France, il n'y a plus que les islamistes et le Front National pour faire de la politique." J'enlève le Front National.
Libellés :
La France argentine,
La lie,
Maréchal Juppé nous voilà !
samedi, septembre 26, 2015
Un graphique pour le pape François (et quelques autres ...)
Posté par un gentil commentateur :
Deux pays qui partent du même point il y a un siècle. D'un coté, l'Argentine qui mène une politique corporatiste et protectionniste, de l'autre les Etats-Unis qui mènent une politique libérale.
Un siècle plus tard, le revenu par habitant d'un de ces pays est le triple de l'autre. Lequel, à votre avis ? Hé oui, les Etats-Unis.
Le libéralisme économique, ça marche.
Deux remarques :
1) Les imbéciles peuvent confondre le capitalisme de connivence actuel avec le libéralisme. Mais si vous venez sur ce blog, c'est que vous n'êtes pas des imbéciles.
Nous vivons dans le régime du faux et du mensonge : un régime de libre-échangisme parfois féroce mais sans véritable liberté. Nous n'avons jamais été aussi encadrés et contrôlés que depuis nous sommes censés vivre dans un régime de «concurrence libre et non faussée». C'est cette articulation entre fausse liberté et contrainte insidieuse qu'il faut penser pour comprendre notre monde.
Je pense que la solution passe par la disparition de l'Etat-mamma, prêt à tout et bon à rien, qui néglige ses missions régaliennes au profit d'une immixtion toujours plus approfondie et toujours plus illégitime dans nos vies.
Cette disparition se fera-t-elle par le naufrage (l'anarchie et la guerre civile) ou par une reprise en main de l'Etat (un Etat fort mais seulement régalien) ? Je ne sais.
En tout cas, la disparition à terme de l'Etat-mamma ne fait aucun doute, il est caprice d'enfants gâtés qui cassent leurs jouets : il vit à crédit, financier, démographique, politique, intellectuel, culturel, moral ... Il épuise le capital accumulé pendant des siècles. Quand il ne restera plus rien, il s'écroulera.
2) Je pense que l'économisme ne doit pas envahir toutes les relations sociales et politiques. Je ne suis pas libertarien. Mais il y a de la marge de manoeuvre dans nos contrées. Nous sommes plus menacés par le péril communiste que par le danger libertarien.
Deux pays qui partent du même point il y a un siècle. D'un coté, l'Argentine qui mène une politique corporatiste et protectionniste, de l'autre les Etats-Unis qui mènent une politique libérale.
Un siècle plus tard, le revenu par habitant d'un de ces pays est le triple de l'autre. Lequel, à votre avis ? Hé oui, les Etats-Unis.
Le libéralisme économique, ça marche.
Deux remarques :
1) Les imbéciles peuvent confondre le capitalisme de connivence actuel avec le libéralisme. Mais si vous venez sur ce blog, c'est que vous n'êtes pas des imbéciles.
Nous vivons dans le régime du faux et du mensonge : un régime de libre-échangisme parfois féroce mais sans véritable liberté. Nous n'avons jamais été aussi encadrés et contrôlés que depuis nous sommes censés vivre dans un régime de «concurrence libre et non faussée». C'est cette articulation entre fausse liberté et contrainte insidieuse qu'il faut penser pour comprendre notre monde.
Je pense que la solution passe par la disparition de l'Etat-mamma, prêt à tout et bon à rien, qui néglige ses missions régaliennes au profit d'une immixtion toujours plus approfondie et toujours plus illégitime dans nos vies.
Cette disparition se fera-t-elle par le naufrage (l'anarchie et la guerre civile) ou par une reprise en main de l'Etat (un Etat fort mais seulement régalien) ? Je ne sais.
En tout cas, la disparition à terme de l'Etat-mamma ne fait aucun doute, il est caprice d'enfants gâtés qui cassent leurs jouets : il vit à crédit, financier, démographique, politique, intellectuel, culturel, moral ... Il épuise le capital accumulé pendant des siècles. Quand il ne restera plus rien, il s'écroulera.
2) Je pense que l'économisme ne doit pas envahir toutes les relations sociales et politiques. Je ne suis pas libertarien. Mais il y a de la marge de manoeuvre dans nos contrées. Nous sommes plus menacés par le péril communiste que par le danger libertarien.
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La France argentine,
pape François
jeudi, novembre 13, 2014
La politique économique de Marine Le Pen provoquerait une catastrophe
Le « marinopenisme » est un marxisme péroniste
La seule option économique de Marine Le Pen avec laquelle je suis d'accord est la sortie de l'Euro.
Pour le reste, Marine Le Pen est hélas tout à fait fidèle au destin argentin que je vois à la France (La tentation de la facilité, les tournants manqués et le funeste destin et La France argentine).
Addendum pour certains commentateurs :
Les voies de la prospérité n'ont rien de secret : elles sont connues depuis longtemps. Liberté économique et respect du droit de propriété (qui vont d'ailleurs ensemble).
A part la sortie de l'Euro, une sorte de libération monétaire, Marine Le Pen ne propose que des restrictions de liberté et des atteintes au droit de propriété, fidèle en cela à la politique suivie depuis quarante ans, c'est la recette certaine de la ruine.
La seule option économique de Marine Le Pen avec laquelle je suis d'accord est la sortie de l'Euro.
Pour le reste, Marine Le Pen est hélas tout à fait fidèle au destin argentin que je vois à la France (La tentation de la facilité, les tournants manqués et le funeste destin et La France argentine).
Addendum pour certains commentateurs :
Les voies de la prospérité n'ont rien de secret : elles sont connues depuis longtemps. Liberté économique et respect du droit de propriété (qui vont d'ailleurs ensemble).
A part la sortie de l'Euro, une sorte de libération monétaire, Marine Le Pen ne propose que des restrictions de liberté et des atteintes au droit de propriété, fidèle en cela à la politique suivie depuis quarante ans, c'est la recette certaine de la ruine.
samedi, novembre 01, 2014
Niall Ferguson : les institutions ou les hommes ?
Vous savez que le problème des institutions me turlupine depuis longtemps.
A la question «Qui est coupable de la décadence ? Les hommes au pouvoir ou les institutions dans lesquelles ils se meuvent ?», Niall Ferguson dans The civilization, the west and the rest, tranche sans hésiter : les institutions.
Son argument : il compare les pays divisés (Allemagne de l'ouest et Allemagne de l'est, les deux Corée, Taïwan, Singapour et la Chine). La culture et les hommes sont identiques, ce qui change, ce sont sont les institutions, et les résultats sont spectaculairement divergents.
Jean-Pierre Petit, sur BFM, emploie souvent cet argument : il y a des hommes intelligents partout, ce qui change, ce sont les institutions. La différence fondamentale entre le Suède et le Zimbabwe, ce sont les institutions.
Bien sûr, on peut reboucler en disant que c'est la responsabilité des hommes de corriger les mauvaises institutions, mais l'expérience prouve que c'est très difficile une fois qu'on a laissé la situation se dégrader, ce qui est le cas de la France.
C'est pourquoi la France est engagée dans une décadence de long terme. En revanche, si elle est redressée un jour, le sursaut se fera dans la brutalité et la violence : il y a trop de privilèges à casser pour qu'il en soit autrement.
A la question «Qui est coupable de la décadence ? Les hommes au pouvoir ou les institutions dans lesquelles ils se meuvent ?», Niall Ferguson dans The civilization, the west and the rest, tranche sans hésiter : les institutions.
Son argument : il compare les pays divisés (Allemagne de l'ouest et Allemagne de l'est, les deux Corée, Taïwan, Singapour et la Chine). La culture et les hommes sont identiques, ce qui change, ce sont sont les institutions, et les résultats sont spectaculairement divergents.
Jean-Pierre Petit, sur BFM, emploie souvent cet argument : il y a des hommes intelligents partout, ce qui change, ce sont les institutions. La différence fondamentale entre le Suède et le Zimbabwe, ce sont les institutions.
Bien sûr, on peut reboucler en disant que c'est la responsabilité des hommes de corriger les mauvaises institutions, mais l'expérience prouve que c'est très difficile une fois qu'on a laissé la situation se dégrader, ce qui est le cas de la France.
C'est pourquoi la France est engagée dans une décadence de long terme. En revanche, si elle est redressée un jour, le sursaut se fera dans la brutalité et la violence : il y a trop de privilèges à casser pour qu'il en soit autrement.
jeudi, octobre 02, 2014
La France argentine
Je vois à la France un destin à l'espagnole, même si j'ai évoqué d'autres pays. Jean-Pierre Petit pense plutôt à l'Argentine :
La France argentine
On remarque que l'invité patronal ne comprend pas le point de vue de JP Petit. Quand il argue de la prétendue excellence du système éducatif français, il est dans le prêt-à-penser le plus grotesque.
Mais, Argentine ou Espagne, peu importe. Je suis d'accord avec Jean-Pierre Petit sur l'essentiel : la France ne vit pas une crise passagère mais une décadence de long terme.
Cette décadence se traduit dans l'ordre intellectuel par le règne du mensonge collectif, par l'incapacité à débattre des réalités et non de constructions fantasmatiques.
Il y avait récemment dans le Figaro un pilote d'Air France défendant sa grève. C'était très logique, cohérent. Sauf que ce beau raisonnement s'appliquait à un monde qui n'existe pas et à des postulats faux.
********
Pêle-mêle, presque hors-sujet :
Incendie d'un centre de perception des impôts : jusqu'où ira la révolte fiscale ?
Je rappelle qu'en France, les révoltes fiscales n'ont jamais abouti à des baisses d'impôts durables, les profiteurs des impôts pesant plus lourd sur le pouvoir que les contribuables inorganisées.
La France argentine
On remarque que l'invité patronal ne comprend pas le point de vue de JP Petit. Quand il argue de la prétendue excellence du système éducatif français, il est dans le prêt-à-penser le plus grotesque.
Mais, Argentine ou Espagne, peu importe. Je suis d'accord avec Jean-Pierre Petit sur l'essentiel : la France ne vit pas une crise passagère mais une décadence de long terme.
Cette décadence se traduit dans l'ordre intellectuel par le règne du mensonge collectif, par l'incapacité à débattre des réalités et non de constructions fantasmatiques.
Il y avait récemment dans le Figaro un pilote d'Air France défendant sa grève. C'était très logique, cohérent. Sauf que ce beau raisonnement s'appliquait à un monde qui n'existe pas et à des postulats faux.
********
Pêle-mêle, presque hors-sujet :
Incendie d'un centre de perception des impôts : jusqu'où ira la révolte fiscale ?
Je rappelle qu'en France, les révoltes fiscales n'ont jamais abouti à des baisses d'impôts durables, les profiteurs des impôts pesant plus lourd sur le pouvoir que les contribuables inorganisées.
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la décadence,
La France argentine,
règne du mensonge
vendredi, mars 15, 2013
La tentation de la facilité, les tournants manqués et le funeste destin
Chine :
Première puissance mondiale, et de très loin, avec des jonques beaucoup plus évoluées que les caravelles européennes, la Chine du début du XVème siècle aurait pu découvrir le Nouveau Monde. Mais l'empereur Ming décide la fermeture.
La Chine commence tout juste à s'en remettre (cinq siècles).
Italie :
« Quelques mois d'hésitation et de division des Etats italiens de la fin du XVe siècle ont coûté à l'Italie la perte de son indépendance pendant trois siècles».
(Luigi Einaudi, président de la République italienne dans les années 1950)
Il n'est pas sûr que l'Italie en soit complètement remise (quatre siècles).
Espagne :
A la fin du XVIIème siècle, le poids de la bureaucratie et la résistance des nobles à toute réforme font rater à l'Espagne les tout débuts de la révolution industrielle.
Elle ne s'en est toujours pas remise (trois siècles).
Argentine :
En 1913, le revenu par habitant de l'Argentine est égal à celui de la France et de l'Allemagne (!). Après les difficultés de l'entre deux-guerres, Juan Peron est élu en 1946 président, sur un programme socialiste, protectionniste et corporatiste. L'Argentine rate complètement les «Trente Glorieuses».
Elle ne s'en est toujours pas remise (soixante-dix ans).
France :
Après quarante ans de colonisation à rebours, d'assistanat à outrance, de corporatisme, de social-clientélisme, de démission européiste, la France est au bord de la banqueroute. Paralysé par les blocages du système qui l'a fait président et par ses propres insuffisances, François Hollande ne tente même pas de réformer le pays.
La France est en train de rater le tournant de la deuxième mondialisation, celle du savoir et de la créativité, après celle de la matière et de l'industrie.
S'en remettra-t-elle un jour ?
*******************
Addendum : j'ai voulu ci-dessus rester bref et percutant. J'ajoute un mot d'explication.
La différence entre rater un tournant et prendre ponctuellement quelques mauvaises décisions, c'est que la ratage de tournant forme un tout cohérent qui nous engage tout entier dans une autre voie, qui est une impasse.
Aucun des ratages de tournant n'est arrivé comme un cheveu sur la soupe. Chaque fois, il venait de loin.
Surtout, l'histoire n'est pas linéaire, elle connait des moments d'immobilité et d'autres d'accélération. Prendre de mauvaises décisions en période d'accélération a des conséquences beaucoup plus fortes que les mauvaises décisions en période d'immobilité.
Et je pense que nous sommes en période d'accélération.
Je maintiens un petit espoir, car il faut garder la foi. Mais ma raison me dit que le tournant est déjà raté, que la France (plus largement, l'Europe) est partie pour plusieurs siècles de déclin et d'arriération. Ou pour la disparition en tant que civilisation majeure. Nous rejoindrons peut-être les cités grecques et Byzance.
Première puissance mondiale, et de très loin, avec des jonques beaucoup plus évoluées que les caravelles européennes, la Chine du début du XVème siècle aurait pu découvrir le Nouveau Monde. Mais l'empereur Ming décide la fermeture.
La Chine commence tout juste à s'en remettre (cinq siècles).
Italie :
« Quelques mois d'hésitation et de division des Etats italiens de la fin du XVe siècle ont coûté à l'Italie la perte de son indépendance pendant trois siècles».
(Luigi Einaudi, président de la République italienne dans les années 1950)
Il n'est pas sûr que l'Italie en soit complètement remise (quatre siècles).
Espagne :
A la fin du XVIIème siècle, le poids de la bureaucratie et la résistance des nobles à toute réforme font rater à l'Espagne les tout débuts de la révolution industrielle.
Elle ne s'en est toujours pas remise (trois siècles).
Argentine :
En 1913, le revenu par habitant de l'Argentine est égal à celui de la France et de l'Allemagne (!). Après les difficultés de l'entre deux-guerres, Juan Peron est élu en 1946 président, sur un programme socialiste, protectionniste et corporatiste. L'Argentine rate complètement les «Trente Glorieuses».
Elle ne s'en est toujours pas remise (soixante-dix ans).
France :
Après quarante ans de colonisation à rebours, d'assistanat à outrance, de corporatisme, de social-clientélisme, de démission européiste, la France est au bord de la banqueroute. Paralysé par les blocages du système qui l'a fait président et par ses propres insuffisances, François Hollande ne tente même pas de réformer le pays.
La France est en train de rater le tournant de la deuxième mondialisation, celle du savoir et de la créativité, après celle de la matière et de l'industrie.
S'en remettra-t-elle un jour ?
*******************
Addendum : j'ai voulu ci-dessus rester bref et percutant. J'ajoute un mot d'explication.
La différence entre rater un tournant et prendre ponctuellement quelques mauvaises décisions, c'est que la ratage de tournant forme un tout cohérent qui nous engage tout entier dans une autre voie, qui est une impasse.
Aucun des ratages de tournant n'est arrivé comme un cheveu sur la soupe. Chaque fois, il venait de loin.
Surtout, l'histoire n'est pas linéaire, elle connait des moments d'immobilité et d'autres d'accélération. Prendre de mauvaises décisions en période d'accélération a des conséquences beaucoup plus fortes que les mauvaises décisions en période d'immobilité.
Et je pense que nous sommes en période d'accélération.
Je maintiens un petit espoir, car il faut garder la foi. Mais ma raison me dit que le tournant est déjà raté, que la France (plus largement, l'Europe) est partie pour plusieurs siècles de déclin et d'arriération. Ou pour la disparition en tant que civilisation majeure. Nous rejoindrons peut-être les cités grecques et Byzance.
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