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jeudi, mars 19, 2020

France et coronavirus : importe le tiers-monde, deviens le tiers-monde.






Coronavirus: «La pandémie est révélatrice du déclin français»

FIGAROVOX/TRIBUNE - La crise sanitaire en cours révèle les fragilités stratégiques françaises, plaide le spécialiste de philosophie politique Jean-Loup Bonnamy. Selon lui, la Corée, qui était en 1950 un pays du Tiers-Monde, est aujourd’hui un pays développé. La France, au contraire, régresse.
Une pharmacie parisienne débordée par les effets de la pandémie, mars 2020
Une pharmacie parisienne débordée par les effets de la pandémie, mars 2020 PHILIPPE LOPEZ/AFP
Ancien élève de l’École normale supérieure, Jean-Loup Bonnamy est agrégé de philosophie, et spécialiste de philosophie politique.

La crise du coronavirus est le révélateur des fragilités stratégiques de la société française. Procédons à une rapide comparaison. La Corée du Sud, géographiquement proche de la Chine, a été l’un des pays les plus précocement et les plus massivement touchés. Cependant, la maladie y est désormais contenue, le nombre de nouveaux cas quotidiens décroît nettement et la mortalité est extrêmement faible (moins de 0,8 %). Et pourtant, la Corée du Sud a refusé le confinement et n’a pris aucune mesure contraignante. Même les restaurants sont ouverts. S’inscrivant dans le même schéma, le Japon, Hong-Kong, Taïwan et Singapour affichent un bilan spectaculaire dans leur lutte contre l’épidémie sans sacrifier ni leur économie ni les libertés fondamentales.
Pourquoi la France ne réagit-elle pas comme la Corée? Il nous faut regarder la vérité en face: la Corée, qui était en 1950 un pays du Tiers-Monde, encore plus pauvre que bien des pays africains, est aujourd’hui un pays développé. La France ne l’est plus. Derrière les illusions du PIB, nous avons perdu en richesse réelle. Comme le souligne Emmanuel Todd dans son nouveau livre, lorsqu’on revient de Corée, du Japon, d’Allemagne ou de Scandinavie et qu’on arrive en France, on est frappé par la régularité des accidents de train ou des pannes d’escalator. Dysfonctionnements typiques des pays sous-développés.
Les Français sont confinés chez eux car notre système de santé est à bout et n’a pas les capacités d’accueil suffisantes pour gérer l’afflux des nouveaux malades.
La stratégie gagnante de la Corée du Sud face au Coronavirus passe avant tout par des tests massifs: dépister le maximum de personnes infectées, les soigner, les isoler. En Corée du Sud, vous serez testé même si vous ne présentez aucun symptôme. En France, au contraire, même si vous présentez tous les symptômes du coronavirus, il sera très dur d’être testé, car les moyens de dépistage sont insuffisants. D’ailleurs, il n’y pas que face au coronavirus que les Coréens nous surclassent. Notre pays se désindustrialise tandis que le Pays du matin calme affiche les plus insolents succès industriels (Samsung, LG...). Les jeunes sud-coréens écrasent les petits Français aux tests PISA. Il faut dire aussi qu’un enseignant coréen est deux fois mieux payé que son homologue français et que l’indiscipline n’est pas tolérée dans les classes des pays asiatiques. Vivant sous la menace constante des typhons et de son inquiétant voisin du nord, elle n’a pas la moindre envie de se laisser aller. C’est parce qu’elle est mieux organisée au quotidien, plus fonctionnelle, plus performante, plus industrialisée et qu’elle a moins de failles stratégiques que la Corée parvient à gérer la crise du coronavirus.

Examinons nos fragilités les plus criantes. Première faiblesse : notre système hospitalier. Si les Français sont aujourd’hui confinés chez eux, ce n’est pas à cause de l’épidémie en elle-même, dont le taux de mortalité est très faible. Mais c’est parce que notre système de santé est à bout et n’a pas les capacités d’accueil suffisantes pour gérer l’afflux des nouveaux malades. Désorganisé par le double effet des 35 heures et des restrictions budgétaires, notre hôpital est déjà saturé en temps normal. Il n’est donc pas surprenant qu’il ne puisse gérer un stress imprévu.
Notre pays peut offrir seulement six lits d’hôpital pour mille habitants, contre neuf en 1996, soit une baisse de 30 %. Au contraire, la Corée du Sud affiche un ratio de 14 pour 1 000, un chiffre qui n’a cessé d’augmenter puisqu’il a été multiplié par sept en 30 ans. Les Coréens ont donc 2,3 fois plus de lits d’hôpital par habitant que les Français. Autre chiffre alarmant : la France dispose seulement de 5 000 lits équipés d’un ventilateur, l’Allemagne, elle, en compte 25 000. En janvier, avant la crise actuelle, 1 000 médecins hospitaliers, dont 600 chefs de service, avaient symboliquement remis leur démission pour protester contre le manque de moyens.
Seule la création monétaire massive (« planche à billets  ») nous permettra de relever le défi de l’investissement.
Après la crise, il faudra donc massivement investir dans notre système de santé en augmentant le budget des hôpitaux, le nombre de lits disponibles, les effectifs du personnel. Le même effort financier devra aussi être consenti en direction de nos infrastructures (routes, ponts, etc.), de l’Armée et des Forces de l’ordre. Étant donné le surendettement de l’État, il ne faudra pas passer par l’habituel circuit des marchés financiers pour trouver l’argent nécessaire. Notre dette est déjà massivement détenue par des investisseurs étrangers, ce qui est une de nos autres faiblesses stratégiques. Seule la création monétaire massive («planche à billets»), permettra de relever ce défi. Puisque l’on parle désormais de «guerre», souvenons-nous ici de deux noms: Marriner Eckles et Hjalmar Schacht. Ils furent respectivement les patrons des Banques centrales de Roosevelt et d’Hitler. Ce sont eux qui, par la création monétaire, ont relevé leurs économies du choc de la Grande Dépression puis financé le gigantesque effort de guerre.
Mais il n’y a pas que l’hôpital qui souffre. Notre système pharmaceutique est en crise, lui aussi. Nous sommes d’autant plus impardonnables que nous avions déjà connu une pénurie de médicaments en 2018-2019. Plus de 530 « médicaments d’intérêt thérapeutique majeur » connaissaient alors des ruptures de stock ou des difficultés d’approvisionnement. Aujourd’hui, 80 % des principes actifs sont fabriqués en dehors de l’UE (contre 20 % il y a 30 ans). Aucune usine de paracétamol n’existe plus en Europe. Quand les pays émergents, qui fabriquent désormais ces médicaments, ont des urgences sanitaires, ils se servent en priorité et nous n’avons plus que nos yeux pour pleurer. De même, on peut très bien imaginer qu’ils se servent un jour de ce moyen de pression contre nous dans d’éventuels bras de fer géopolitiques.
L’effort de réindustrialisation doit porter en priorité sur les médicaments afin d’assurer l’indépendance et la souveraineté de la France et de l’Europe dans le domaine pharmaceutique.
Économiquement, il faut réindustrialiser notre pays et relocaliser une partie de la production de biens pour réduire notre dépendance vis-à-vis de l’étranger. Cet effort de réindustrialisation doit porter en priorité sur les médicaments afin d’assurer l’indépendance et la souveraineté de la France et de l’Europe dans le domaine pharmaceutique. Ainsi on créera des emplois, on améliorera notre balance commerciale et on protégera notre santé et notre puissance stratégique. Certains secteurs sont trop précieux pour être laissés aux seules mains du marché.
De même, nous sommes actuellement confrontés à une pénurie de gel hydroalcoolique. En théorie, cette pénurie ne devrait pas arriver dans une société fonctionnelle et bien organisée. Et si elle survient quand même, elle ne devrait pas être un problème, car n’importe quel préparateur en pharmacie peut fabriquer ce produit de base. Un simple CAP suffit. Mais dans la pratique, le métier de préparateur en pharmacie est en voie de disparition (comme le soulignait un article du Figaro en juillet 2015). La crise de l’enseignement professionnel, la réglementation bureaucratique de plus en plus stricte et le principe de précaution rendent désormais très compliquée l’embauche d’un préparateur, détruisant ce savoir-faire si basique mais pourtant si essentiel.
Là aussi des enseignements doivent être tirés afin de réduire cette fragilité. Nous devons, durant les périodes de calme, constituer des stocks stratégiques de masques et de gel hydroalcoolique, qui pourraient être distribués en cas de crise, sur le modèle des stocks stratégiques de carburant. Nous devons aussi réhabiliter le métier de préparateur en pharmacie et supprimer les nouvelles normes qui, depuis une quinzaine d’années, entravent son exercice.
La fracture socio-géographique du territoire français entrave notre réactivité face à la crise.
Autre problème: la fracture socio-géographique du territoire français, déjà mise en évidence par la crise des Gilets Jaunes. Comme l’a bien vu Christophe Guilluy, le pays est divisé entre des métropoles bien intégrées à la mondialisation et des territoires périphériques. Or, les métropoles sont dépendantes du travail de gens qui vivent dans les territoires périphériques: infirmiers, policiers, enseignants...tous ces acteurs vitaux ont été chassés des grandes villes (dans lesquelles ils travaillent mais où ils n’habitent plus) par les coûts prohibitifs de l’immobilier.
Face à la crise sanitaire, cette fracture entrave notre réactivité et n’a pas encore été prise en compte par les autorités. Ainsi, la SNCF réduit depuis le dimanche 15 mars son offre de transport, y compris sur les trains de banlieue et les TER. Mais en faisant cela, elle supprime des trains que prennent un grand nombre d’infirmiers et de brancardiers pour venir travailler dans les grandes villes. La nouvelle grille horaire ne tient absolument pas compte du planning des soignants. Par exemple, sur la ligne P du Transilien, le train de 05h04 qui relie Château-Thierry à Paris est supprimé. Les commentaires sur les réseaux sociaux sont éloquents: « Les soignants commencent à 06h45 et finissent à 21h15. Impossible d’arriver à l’heure au travail si on nous supprime le 05h04 » ou encore « Pourquoi supprimer le 05h04 ? Je suis infirmier et beaucoup d’infirmiers et d’aide-soignants le prennent. On va devoir encore mettre notre vie en péril pour venir travailler, passer des journées de dingue, arriver en retard et faire attendre l’équipe de nuit qu’on doit relever. » Une fois la crise passée, nous devrons revoir en profondeur l’aménagement du territoire, faire revenir une partie des classes populaires dans les grandes villes et nous assurer que notre réseau de transport puisse assurer une mobilité pertinente, même en cas de crise.
Avec le coronavirus, l’Europe va (re)découvrir d’autres mots : frontières, stratégie, souveraineté.
La guerre, les épidémies font partie de la vie de l’humanité depuis des millénaires. L’Europe croyait y avoir échappé. Elle pensait donc qu’elle pouvait accumuler les failles stratégiques sans en payer un jour les conséquences. Obsédée par le marché, l’assurance et le droit, elle a cru au conte de la « fin de l’histoire ». Avec le coronavirus, elle va (re)découvrir d’autres mots: frontières, stratégie, souveraineté. Espérons simplement que nous saurons tirer au plus vite les leçons de la crise actuelle [Je n’y crois pas du tout. Les Français sont devenus cons. Ils sont tout prêts à revoter pour un beau parleur dans le genre de Macron].

samedi, juillet 21, 2018

#BalanceTonPorc : vive la « libération de la parole » (presque) !

Les allusions au fait que les faveurs publiques au bénéfice d'Alexandre Benalla seraient (le conditionnel est de moi) la contrepartie de faveurs privées, autrement dit que Benalla serait le mignon d'E. Macron, circulent sur internet sans retenue. Même le Figaro laisse passer des commentaires en ce sens.

Je ne sais qu'en penser. Cette information/hypothèse est dégradante pour la France. Mais, en même temps (comme dirait l'autre), elle permet de comprendre bien des choses. Votre avis ?

Au fait, d'après le Salon Beige, il se pourrait que cette affaire soit sortie par la préfectorale, un rien agacée que sa majesté Narcisse-Jupiter ait voulu faire de l'abruti de 26 ans un sous-préfet.

Le problème que nous pose Macron est simplissime : depuis Giscard, nos présidents sont là pour se servir et non pour servir (ce qui a une explication politique : quand on a délégué son pouvoir a des instances supra-nationales, ne reste plus que la petite monnaie du prestige, les satisfactions d'amour-propre). De plus, les trois derniers ont été des adolescents attardés, des enfants sans père (il était soit physiquement soit symboliquement absent), Narcisse-Jupiter étant l'archétype.

Mais, comme d'habitude, les scandales sont périphériques, ce qui protège le Système. L'affaire Benalla ne met en cause aucune politique gouvernementale (sauf la racaillophilie, très bien décrite par Aldo, mais vous avez voté pour. Ce n'est certes pas rien, mais pas non plus l'essentiel).

« En tant que tiers-mondiste ... » :

dimanche, septembre 03, 2017

Gloire à Gégé !

Depardieu, notre Cyrano

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Le paradoxe est que cet ambassadeur est désormais plus à l’aise à l’étranger que chez nous, tant son exubérance, sa verve rabelaisienne, son appétit insatiable, son “énormité” qui ne rentre dans aucun cadre paraissent de plus en plus décalés dans un pays qui semble s’ingénier à se rétrécir, se résigner à être un pays en toute chose “moyen”. Au point d’avoir accepté la nationalité russe que lui a offerte Poutine, les grands espaces de l’anticonformisme russe se montrant mieux adaptés à sa truculence. Lorsque Depardieu fut accusé d’exil fiscal pour avoir acheté une propriété en Belgique, le Premier ministre de l’époque, Jean-Marc Ayrault, alla jusqu’à qualifer ce geste d’« assez minable » — parole d’expert, probablement.

Nul n’est prophète en son pays, sans doute ; il n’en est pas moins stupéfiant de voir Depardieu être devenu une figure polémique dans un pays dont il incarne si bien une part du génie.
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Certes, Dandrieu a raison : une part du désamour de la France pour Depardieu vient de son refus de se laisser rétrécir dans un pays qui ne demande qu'à disparaître, qu'à mourir en paix.

Mais il n'y a pas que cela.

En même temps que les Français sont devenus minables, ils sont devenus snobs.

Alors le fils illettré d'alcolo de Chateauroux ... ils font la tronche comme une gouine à qui on dit qu'elle sent la bite. Ils préfèrent une snobinarde grotesque comme Deneuve.

Tant pis si je reste seul à aimer Depardieu. On est bien, seul.

Après, on peut discuter de son talent d'acteur, qui a diminué avec l'âge, à mon avis, comme Gabin (manque de motivation ?). Comparez :
















dimanche, février 12, 2017

Pendant que les médias nous emmerdent avec Théo-la-matraque, n'oublions pas le malheureux M. Gaudin


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Le barman de l'Assemblée agressé à Paris est toujours dans le coma

 Par Ludwig Gallet avec AFP., publié dans L'Express le 08/02/2017 à 18:39 , mis à jour à 19:06

Un barman de l'Assemblée nationale a été violemment agressé en fin de semaine dernière à Paris alors qu'il portait secours à deux femmes âgées elles-mêmes prises à partie. 

L'Assemblée nationale a rendu hommage ce mercredi à Jean-Michel Gaudin, chef de rang à la buvette de l'hémicycle. Il aurait été violemment agressé en fin de semain dernière alors qu'il portait secours à deux femmes âgées elles-même agressées.

A l'Assemblée nationale, l'émotion est vive. Les députés ont rendu hommage mercredi à un agent de l'institution très grièvement blessé après une agression vendredi d'"une brutalité effrayante", selon les mots de son président, Claude Bartolone, dans l'hémicycle. Agé de 53 ans, ce grand-père originaire de l'Aveyron travaillait en temps que chef de rang à la buvette de l'hémicycle, rapporte notamment Centre Presse ce mercredi.  

A L'Express, une source judiciaire précise que la victime de l'agression se trouve toujours dans le coma. Une enquête a été confiée à la police judiciaire. Pour l'heure, aucun individu n'a été interpellé. 

"Vendredi dernier, un agent de notre Assemblée, Jean-Michel Gaudin, chef de rang à la buvette parlementaire, a été sauvagement attaqué dans le quartier de la Bastille, alors qu'il portait secours avec un grand courage à deux personnes âgées agressées par quatre individus", a annoncé le président de l'Assemblée nationale à l'ouverture de la séance des questions au gouvernement. 

"Il a été roué de coups »

"Il a été roué de coups avec une brutalité effrayante. Très gravement blessé, il demeure aujourd'hui dans un état critique, son pronostic vital est engagé", a-t-il indiqué. "Je voudrais dire notre émotion, notre révolte face à une telle sauvagerie et notre soutien dans cette terrible épreuve", a ajouté le président de l'Assemblée au nom des députés, qui se sont levés pour applaudir. La photo de Jean-Michel Gaudin a été projetée sur les écrans dans l'hémicycle. 
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Dommage. En plus, il avait un boulot de rêve.

Les députés lui ont rendu hommage, c'est bien. Mais ont-ils réfléchi à leurs responsabilités dans ce fait divers (immigration, politique pénale, etc?) ?

mercredi, janvier 25, 2017

Les chinoiseries de Trump

Chine, la muraille de Trump. Quand Donald montre l’exemple aux Occidentaux

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C’est peu dire que Jean-Marc Ayrault n’a pas eu cette audace : « Attention à la Chine. C’est un grand pays. Il peut y avoir des désaccords avec la Chine mais on ne parle pas comme ça à un partenaire », a commenté notre poltron ministre des Affaires étrangères.
Il apparaît donc que le rapport de forces que Trump cherche à obtenir ne tranche pas notablement avec la politique asiatique de Barack Obama, qui visait à établir un véritable « containment », tant militaire qu’économique, de l’Empire du Milieu. À la différence près que Trump joue franc-jeu, casse les codes, s’interdit de faire dans la dentelle, préférant l’irritante « Tweet Diplomatie » au discret « téléphone rouge ». Plein de bon sens, Trump s’est d’ailleurs étonné sur Twitter qu’on ne puisse prendre au téléphone la dirigeante d’un pays auquel on livre des missiles Patriot par centaines… 

Par le style, Trump – installé dans sa « Trump tower » mais pas encore à la Maison-Blanche, c’est important – s’autorise ainsi un surcroît de liberté inédit dans une relation avec Pékin historiquement fondée sur la pleutrerie des Occidentaux, méthode qui n’a guère montré son efficacité. Il faudra s’y faire. À Pékin comme à Paris …
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samedi, octobre 22, 2016

Le Bataclan, et après ?

Nous approchons du premier anniversaire des attentats du Bataclan et ce qu'on peut en dire n'est pas folichon :

1) Concernant les événements, encore beaucoup de points obscurs : défaillance des services de renseignements ? Y-avait-il une troisième voiture ? Pourquoi l'intervention policière a-t-elle tant tardé  (à part la courageuse initiative de l'inspecteur de la BAC et de son adjoint) ? etc.

Des témoignages des uns et des autres, y compris devant la commission parlementaire, on comprend que les fautes, les erreurs et les défaillances ont atteint ce soir là un niveau préoccupant. Ceux qui savent semblent s'être attaché à jeter un voile pudique sur tout cela, mais on devine beaucoup dans les non-dits et les silences gênés. Autant qu'on sache, il n'y a pas eu de sanction, ni même réellement de remise en cause, et surtout pas au sommet de l'Etat.

2) Aucune des multiples causes menant aux attenttas du Bataclan n'a été traitée : ni l'organisation (ou plutôt, la désorganisation) des services, ni la politique migratoire, ni la politique pénale, ni la politique vis-à-vis de l'islam, etc.

Autrement dit, nous Français, nous n'avons tiré aucune leçon collective de ces effroyables attentats. Ce n'est pas brillant. C'est surtout le symptôme d'une société de plus en plus dysfonctionnelle.

samedi, juin 27, 2015

En France, pendant ce temps là ...

L'absentéisme atteint des sommets dans la fonction publique

Aucun rapport direct avec les attentats, bien sûr, mais tout cela est tout de même symptomatique d'une société dysfonctionnelle et du fait que le premier facteur de dysfonctionnement de la société française, c'est l'Etat.




samedi, novembre 01, 2014

Niall Ferguson : les institutions ou les hommes ?

Vous savez que le problème des institutions me turlupine depuis longtemps.

A la question «Qui est coupable de la décadence ? Les hommes au pouvoir ou les institutions dans lesquelles ils se meuvent ?», Niall Ferguson dans The civilization, the west and the rest, tranche sans hésiter : les institutions.

Son argument : il compare les pays divisés (Allemagne de l'ouest et Allemagne de l'est, les deux Corée, Taïwan, Singapour et la Chine). La culture et les hommes sont identiques, ce qui change, ce sont sont les institutions, et les résultats sont spectaculairement divergents.

Jean-Pierre Petit, sur BFM, emploie souvent cet argument : il y a des hommes intelligents partout, ce qui change, ce sont les institutions. La différence fondamentale entre le Suède et le Zimbabwe, ce sont les institutions.

Bien sûr, on peut reboucler en disant que c'est la responsabilité des hommes de corriger les mauvaises institutions, mais l'expérience prouve que c'est très difficile une fois qu'on a laissé la situation se dégrader, ce qui est le cas de la France.

C'est pourquoi la France est engagée dans une décadence de long terme. En revanche, si elle est redressée un jour, le sursaut se fera dans la brutalité et la violence : il y a trop de privilèges à casser pour qu'il en soit autrement.

samedi, avril 12, 2014

Les Français sont prêts aux réformes ? Laissez moi rire !

J'entends souvent «Les Français sont prêts aux réformes, ce sont les politiques qui ne le sont pas». Il m'est arrivé, dans des moments d'égarement, de tenir aussi ce discours.

Un intervenant de BFM a fort bien résumé la situation.

Les Français sont prêts aux réformes mais pas les mêmes : la moitié veut plus d'Etat et plus d'impôts (pour les autres), l'autre moitié veut moins d'Etat et moins d'impôts (et j'ai peur que ces deux moitiés ne soient pas égales). Tous sont unanimes pour penser que les réformes ne devraient pas tomber sur eux (certains avec plus de motifs que d'autres).

Etre prêt aux réformes, surtout chez les autres, ce n'est pas être prêt aux réformes. Etre prêt aux réformes, c'est l'être pour tout le monde, y compris soi.

Bien sûr, il ne faut pas être bête : tout en France n'a pas un égal besoin de réformes. Diluer les réformes, les étendre à tous sans discernement, c'est aussi un moyen de ne pas réformer.

La priorité des priorité, c'est l'Etat et tout ce qui tourne autour, le «social» et compagnie.

Je désespère des Français : je pense que nous ne sommes pas assez intelligents pour faire de nous-mêmes ce qu'il faut pour notre pays, il faudra des chocs extérieurs pour nous faire bouger (et il n'est même pas sûr que cela soit dans le bon sens). Chaque fois depuis trente ans que les Français ont eu le choix entre l'effort et le laisser-aller, ils ont choisi le laisser-aller.

Je dis souvent que la France est dans un déclin de long terme à l'espagnole, mais le contre-exemple argentin est peut-être meilleur : un pays qui a des atouts, qui fut grand, mais qui, à force de mal-gouvernance, de choix chaque fois démagogiques et désastreux, glisse vers le tiers-monde.

mercredi, septembre 18, 2013

La France de 2050

Ce texte est longuet, le style peu percutant. Mais je suis entièrement d'accord avec le fond du propos :

La France de 2050

mercredi, juin 27, 2012

ONG, quelle légitimité ?

A chaque coin de l'actualité, on rencontre une ONG. Quelle est la légitimité de ces groupements d'intérêts, autrement dit, de ces lobbys ?

A ma connaissance, elle est inexistante.

samedi, mai 21, 2011

Deux visions de la guerre d'Algérie

Deux visions de la guerre d'Algérie s'opposent, dont nous pouvons peut-être tirer des enseignements pour aujourd'hui :

> la vision gaullienne : l'Algérie n'est pas la France. Elle est un boulet économique et diplomatique. Et si la France ne s'en sépare pas, elle sera submergée par la vague démographique, «Colombey-les-deux-mosquées».

> la vision civilisationnelle : l'Algérie n'est pas la France, mais dans, la guerre millénaire entre islam et chrétienté, notre civilisation se défend sur les glacis extérieurs, sur les limes. Abandonner l'Algérie, c'est donner un signal de faiblesse.

J'étais du coté gaullien, tout en rationalité immédiate.

Mais, ayant lu Le coeur rebelle de Dominique Venner, étant en train de lire Les récits de guerre de Jean Lartéguy, constatant que, à cause de l'abandon de l'Algérie ou malgré lui (c'est bien ce qu'il s'agit de déterminer), la prophétie de Colombey-les-deux-mosquées est en train de s'avérer fâcheusement, j'en viens à me demander si la vision romantique n'a pas l'intelligence du long terme.

Je laisse ma pensée vagabonder : si, à l'exemple du Rivage des Syrtes, nous entretenions une petite guerre aux confins, dans une partition algérienne, peut-être notre civilisation agonisante serait-elle maintenue un peu plus longtemps en vie ?

L'Afrique du Sud a renoncé à l'apartheid, mais qu'est-elle devenue ? Une fausse nation, plongeant progressivement dans l'anarchie et la corruption. Les blancs qui faisaient la richesse de ce pays le quittent, en envoyant leurs enfants à l'étranger. L'apartheid était affreux, mais il établissait un ordre. La fin de l'apartheid laisse place au désordre, est-ce mieux ? Je ne sais pas.

Par une pensée incongrue, je compare Hélie de Saint-Marc et Dominique Strauss-Kahn : il y a une distance infinie entre les deux. Ils représentent deux mondes que rien ne rapproche. Hélie de Saint-Marc illustre jusqu'à la caricature l'ortho-civisme, le civisme qui consiste à se tenir droit. Au contraire, DSK est la vivante image du désordre des moeurs, des valeurs et des comportements.

Qu'il me soit permis de préférer le monde perdu du premier.

Bien sûr, l'histoire étant ce qu'elle est, tout cela est fantaisie de ma part. Mais il en faut quelquefois, n'est-ce pas ?

Quant à tirer des leçons pour aujourd'hui, je laisse chacun le faire pour son compte.

lundi, décembre 27, 2010

Une bonne chronique d'Ivan Rioufol

Dans Le Figaro :

Le Mediator, symbole des alertes ignorées.

L' année 2010 se clôt sur le drame sanitaire du Mediator, médicament dangereux, maintenu trente-trois ans sur le marché malgré les alertes ignorées par les experts et les autorités compétentes. Ces démissions en chaîne pourraient avoir causé près de 2000 décès. Or cette issue, rendue possible par la dissimulation d'une réalité, peut être comparée aux processus d'endormissement qui ont conduit aux désastres sociaux, éducatifs, culturels, produits par trente ans de politiques indifférentes aux résultats et aux mises en garde. Le syndrome du Mediator symbolise les défaillances de ceux qui avaient mission de protéger les gens.

Le rejet des élites, fil rouge de cette année, est le fruit de ces comportements. Durant des décennies, la France silencieuse a été l'objet de l'indifférence des puissants et de leurs conseillers. Ces jours-ci, les pouvoirs publics reprochent à Météo-France d'avoir sous-estimé les chutes de neige. Mais la gauche et la droite n'ont jamais tenu compte des avis des annonciateurs d'orages qui s'alarmaient d'une mondialisation non maîtrisée. Les bouleversements économiques et identitaires se soldent par les faillites de l'État providence et de la société multiculturelle. Or ces déclins étaient prévisibles.

Un procès en incompétence s'est ouvert, au sein du peuple, contre ses représentants et leurs partis. L'erreur pour 2011 serait d'y répondre par le mépris. Car ce populisme qui s'installe a des raisons de se plaindre du déclassement de la France, de la paupérisation de la classe moyenne, des tensions identitaires, du décrochage de l'Éducation nationale qui fait fuir les enseignants, du recul du sentiment d'appartenance chez de nouveaux compatriotes, etc. L'UMP et le PS doivent répondre à ces sujets, s'ils veulent faire barrage au FN.

La perte de confiance oblige les politiques à revenir vers les citoyens, à redécouvrir l'humilité de la démocratie, à abandonner les dogmes saugrenus. Mais ont-ils saisi l'enjeu? «La réalité est qu'il n'y a pas assez d'immigrés», assure le politologue libéral Dominique Reynié (Le Monde 19-20 décembre) en dépit du fiasco de l'intégration. Pour leur part, Christian Jacob et Jean-François Copé, responsables de la majorité, ont trouvé opportun, lundi, de s'opposer aux élus UMP qui voulaient une loi menaçant de prison les députés fraudeurs sur la réalité de leur patrimoine. Le syndrome du Mediator n'a pas fini ses ravages…

Accepter la réalité

Marine Le Pen va exploiter ce divorce, au nom des Français oubliés. Même si son parti n'est guère sérieux dans ses visions économiques à l'emporte-pièce, la vie quotidienne reste son meilleur allié. Il ne se passe plus de jour sans qu'un fait illustre la déculturation des déshérités, le viol de la laïcité par de nouveaux intégrismes, le glissement vers le grand banditisme de certaines cités. À Grenoble, lundi soir, une famille de La Villeneuve a été séquestrée et dévalisée à son domicile par des jeunes encagoulés qui ont jeté le sapin de Noël à terre. Ces habitants expliquent vouloir quitter désormais, à leur tour, ce quartier jadis modèle, qui se ghettoïse par l'insécurité et la terreur qui y règnent.

Ces évidences sont niées par le discours conformiste, qui cite Marseille en exemple de «vivre ensemble» alors que la ville se déchire. Mais il devient absurde de persister dans ces fables, au prétexte de ne pas vouloir faire le jeu du FN. Les politiques, qui aimeraient ne voir dans ces désordres que des causes sociales pouvant se corriger par des prestations du même nom, sont contraints de se frotter aux élémentaires exercices de lucidité sur la difficulté que rencontre la France à se faire respecter, chez elle, de peuples étrangers à sa culture. Quand une enquête CSA assure que l'origine ethnique est le principal critère de discrimination au travail, elle passe sous silence le handicap essentiel que constitue, pour la «diversité», la méconnaissance ou le refus des codes sociaux.

Assises sur l'islamisation

Ce syndrome du Mediator, adepte de la tête dans le sable, peut être mortel pour les politiques. Sauront-ils, par exemple, corriger leur abandon face aux minorités ethnico-religieuses qui entendent négocier en permanence leurs relations avec la nation? «S'il n'y a pas un sursaut, nous allons vers une catastrophe et nous entrons dans une ère de barbarie», estimait plus généralement l'académicienne et helléniste, Jacqueline de Romilly, morte samedi à 97 ans. Mais il n'est déjà plus possible de s'inquiéter, comme elle le faisait, de «l'avenir de notre civilisation», sans être soupçonné, par la pensée automatique, de visées réactionnaires, extrémistes, racistes, xénophobes, islamophobes.

Ainsi, la quasi-totalité des médias a qualifié d'extrême droite les Assises sur l'islamisation, qui se sont déroulées samedi à Paris sous protection policière. Pourtant, rien n'était plus hétéroclite que cette assemblée de citoyens unis par le même souci de préserver la République laïque, une et indivisible, des incursions de l'islam politique. «Je rêve du jour où la France exportera sa laïcité au lieu de laisser les fondamentalistes importer leur salafisme, leur khomeynisme, leur évangélisme outre-Atlantique», écrit l'écrivain franco-iranienne Fariba Hachtroudi (Le Monde de vendredi). C'est à ce recul que se prêtent les belles âmes qui, y compris à l'UMP, diabolisent ceux qui sonnent le tocsin.

Soumission

Quand Libération, mercredi, défend les prières dans les rues, l'électorat de gauche peut s'estimer trahi par cette soumission à un culte. Une élimination du PS dès le premier tour [je n'y crois pas, mais sait-on jamais ?] de 2012 pourrait être le prix de cette capitulation si elle devait se confirmer.

Joyeux Noël et bonne année !

samedi, octobre 23, 2010

France / Grande-Bretagne : hélas !

J'aime mon pays et je souffre de le voir inférieur à l'ex-colonie normande d'outre-Manche.

Comparons :

Grande Bretagne

France

Débat pendant la campagne électorale

Echange des «petites phrases», des slogans creux, des anathèmes, des tabous et des insultes pendant la campagne électorale


Le gouvernement nouvellement élu est prêt et «entre dans le dur» aussitôt.

Le gouvernement nouvellement élu s’amuse de broutilles, tergiverse, fanfaronne, s’embrouille dans l’amateurisme de «gestes symboliques» et engage les réformes quand il est trop tard.


Bénéficie d’une presse quelquefois de caniveau mais d’opinions diversifiées

Souffre d’une presse unanimement gauchiste et bien-pensante


Affronte la réalité économique du monde tel qu’il est

Se réfugie dans le radicalisme de la contestation du monde tel qu’il est pour justifier l’immobilisme. Puisqu’on ne peut pas tout changer, il ne faut rien changer.


Affronte les problèmes en termes pragmatiques

Se réfugie dans les grandes généralités sans substance (pour ou contre le libéralisme ?)


Pose des choix économiques clairs, précis et honnêtes

N’a aucun scrupule à raconter n’importe quoi (exemple «De l’argent, y en a, y a qu’à le prendre là où il est») sans que personne ait le souci d’intervenir


Ne pose aucun interdit a priori

La longue liste des tabous et des intouchables réduit les choix ouverts à pratiquement rien


N’hésite pas à anticiper des catastrophes

Tout va très bien, Madame la marquise

Prend des mesures drastiques mais qui ont des chances de fonctionner du fait de leur ampleur

De mesurette en mesurette, on coupe la queue du chien en dix fois et on n’obtient aucun résultat


Fait des choix

Saupoudre des mesures inefficaces pour ne pas avoir à choisir telle catégorie plutôt que telle autre


Invoque la grandeur de la Grande-Bretagne et le courage des Britanniques

Invoque la contrainte extérieure et l’«Europe»


Ce tableau désastreux est celui de notre faillite institutionnelle, celle de nos maîtres politico-médiatiques. Mais, heureusement, la France toute entière n'est pas dans cette faillite.

Je persiste, contre tout le bruit médiatique, à croire qu'il existe une part du pays capable d'entendre :

«J’ai décidé de remettre nos affaires en ordre réellement et profondément. [...] Notre pays va se trouver à l’épreuve [mais] le rétablissement visé est tel qu’il peut nous payer de tout [...] Sans cet effort et ces sacrifices, nous resterions un pays à la traîne, oscillant perpétuellement entre le drame et la médiocrité.»

samedi, septembre 25, 2010

Mouvements de fond, contingence, optimisme et avenir

La vie d'une nation est le royaume de la contingence.

On nous dit, ce que je veux bien admettre, que nos guerres révolutionnaires sont le résultat du dynamisme démographique de la France d'alors. Il n'empêche que, sans Napoléon, elles auraient été fort différentes. Et on peut aussi s'interroger sur ce qui provoque les mouvements de fond : pourquoi le dynamisme démographique, par exemple ?

Tout cela pour dire qu'effectivement, si l'on prolonge les courbes démographiques et économiques, la France ressemblera dans vingt ans à l'Afrique, avec toute la charge d'arriération, d'obscurantisme et de malheurs que cela suppose.

Mais, justement, si il y a une chose dont je suis bien sûr, c'est qu'on ne peut pas prédire grand'chose en prolongeant les courbes, que l'histoire est faite de ruptures.

L'esprit occidental est d'une fécondité exceptionnelle. Je n'arrive pas me persuader qu'un pays qui possède l'arme atomique se laissera submerger par des gens qui viennent de pays où l'on n'a pas encore inventé la roue.

Je suis jaloux de la maestria stratégique que montrent les Chinois, mais je pense que nous sommes capables de les égaler.