lundi, décembre 27, 2010

Le coeur rebelle (D. Venner)

Dominique Venner, sexagénaire, revient sur le jeune homme qu'il a été, engagé dans un commando de chasse en Algérie, puis membre de l'OAS projetant d'assassiner De Gaulle, puis détenu à la Santé.

Nul doute que la prison puis les années l'ont fait réfléchir. Il en ressort une vision faite de contradictions, comme souvent la vie.

Il reconnaît que la guerre est une chose horrible et, pourtant, il pense qu'il manque quelque chose dans la formation de tout homme qui n'a pas participé à une guerre. Il se sent plus d'accointances avec des guerriers de camps opposés qu'avec des puceaux de la guerre.

Avec le recul, il considère que sa participation à la guerre d'Algérie était une défense aux avant-postes de la civilisation occidentale dans la lutte millénaire qui l'oppose à la civilisation musulmane. Dans ces guerres de civilisation, la bonne défense se fait au-delà des frontières. Défendre ses frontières, c'est déjà avoir trop reculé. Sans aller jusqu'à écrire que les accords d'Evian sont l'équivalent moderne de la chute de Constantinople, il y voit un très mauvais signe.

Ce qui ne l'empêche pas de donner raison à De Gaulle dans sa célèbre tirade sur Colombey-les-deux-mosquées.

Ayant tour à tour admiré De Gaulle puis projeté de l'assassiner, il présente son analyse dans La grandeur et le néant.

L'abandon des harkis et des pieds-noirs restera une tache indélébile dans la vie de Charles De Gaulle. Il est difficile de ne pas penser que la paix en Algérie aurait pu se faire en évitant ces massacres.

Mais Venner partage la responsabilité : ce crime de De Gaulle (appelons les choses par leur nom) n'aurait pu avoir lieu sans la totale indifférence des Français de métropole et la non moins totale froideur de l'appareil d'Etat. N'oubliez jamais la phrase de De Gaulle (justement): «L'Etat est le plus froid des monstres froids».

Aujourd'hui, quand on me parle de l'indispensable protection de l'Etat, je ne peux m'empêcher de songer à ces Français émasculés et égorgés, à ces Françaises violées et éventrées, alors que la gendarmerie était à deux pas avec l'ordre de ne pas intervenir, à ces harkis débarquant à Marseille renvoyés à la mort par l'administration (1).

Plutôt que de devoir compter sur la protection de l'Etat, en laquelle je n'ai aucune confiance, je préférerai qu'on me laisse les moyens de me défendre.

Remarquons qu'une des raisons de De Gaulle de refuser les harkis était son opposition à l'immigration algérienne. On trouvera donc ironique qu'un prétendu gaulliste, Jacques Chirac, soit à l'origine du funeste regroupement familial.

On a bien pitié du sort des juifs pendant la guerre, on en accuse l'administration française, bien souvent à tort, et on s'en repent. Mais, là, où nul envahisseur ne faisait pression, où l'administration française est pleinement coupable, nulle repentance.


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(1) : on estime les massacres de harkis après la guerre à 60 000 / 70 000 (pour donner une comparaison, c'est du même ordre de grandeur que les pertes de l'armée française en 1940).

6 commentaires:

Anonyme a dit…

La citation est de Nietzsche:"L'Etat, c'est le plus froid de tous les monstres froids. Il ment froidement, et voici le mensonge qui rampe de sa bouche: Moi, l'Etat, je suis le peuple"

fboizard a dit…

Merci, je ne savais pas.

De Gaulle l'a citée.

Anthony Naar a dit…

Il y a un point où Venner se trompe : sa défense aux avants-poste de la civilisation occidentale était un combat perdu d'avance, un pays de 40 millions d'habitants ne pouvant tenir un pays de 10 (ledit pays croissant à toute vitesse qui plus est). Pour garder l'Algérie, il aurait fallu faire aux algériens ce que les américains ont fait aux amerindiens. Comme ça n'a pas été fait, il était inutile de s'acharner dans un combat perdu d'avance.

Anonyme a dit…

Que la fiente de l'humanité Boizard promeuve l'hitléro-vermine Venner n'a rien d'étonnant. Son ridicule casque sur les oreilles dissimule mal ses traits de constipé pétainiste chronique. Ses dragées Fuca, c'est son blog, qu'il nous repeint régulièrement.

Avec sa hollandaise qui commence à trouver qu'il pue trop de la gueule, il ne passera pas l'hiver, le francky.

Il faut dire qu'il est tellement con, à un point... Songez donc : il s'imagine que son avis a de l'importance, et les seuls qui l'approuvent
sont des tarés du calibre des fumiers racistes Naar ou Marchenoir. Hi hi hi !

Obsédé Textuel a dit…

Un "courageux" anonyme mignon tout plein !

François Delpla a dit…

Je déteste l'autodéfense, l'agressivité verbale ou non, et l'anonymat !

Je suis précisément en désaccord avec l'idée qu'on pouvait dénouer le drame algérien en sauvant tous les harkis et je lui oppose cette question : quel chirurgien aurait séparé les siamois avec moins d'effusion de sang et comment diable s'y serait-il pris ?

Si, il y a un scénario possible : le modèle sud-africain, qui a mis lui-même des décennies à trouver sa voie. Mais Ferhat Abbas n'était pas Mandela et surtout aucun De Klerk ne s'est trouvé pour finir par appeler les Pieds-noirs au compromis.