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vendredi, février 21, 2020

Souverainistes, ne soyons pas les bigots de l'étatisme !

Guillaume Bigot : « La violence verbale de Nicolas Sarkozy révèle la faiblesse du projet européiste »






Beaucoup de souverainistes, la plupart même, Zemmour, Le Pen, Asselineau, ne comprennent pas que le cercle vicieux, qui lie depuis les années 70 l'Etat et la dissolution de la France, n'est pas seulement idéologique mais fonctionnel.

1) Moi, l'Etat, j'organise l'abolition des frontières, le Petit (culturel) et le Grand (démographique) Remplacements.

2) Cette politique crée des problèmes économiques et sociaux énormes. Notamment, une dissolution du lien social, de l'affectio societatis.

3) Toujours moi, l'Etat, je me propose pour résoudre les problèmes que j'ai créés. J'accrois ainsi mes pouvoirs, en particulier, mes pouvoirs d'immixtion dans les relations sociales. Les liens sociaux, remplacés par les interventions de l'Etat, s'atténuent encore plus.

4) Bien sûr, les problèmes sociaux s'aggravent. Le cercle vicieux est enclenché.

5 ) l'Etat je-me-mêle-de-tout-et-surtout-de-ce-qui-ne-me-regarde-pas ayant accru hors de proportion ses pouvoirs, il est libre de laisser entrer autant de futurs assistés qu'il veut, qui justifieront son assistanat intrusif.

6) Le pli est pris : à chaque problème, une intervention supplémentaire de l'Etat, qui dissoudra encore plus les liens sociaux. L'Etat est une machine infernale froide, qui a pris son indépendance et règne sur un territoire et des sujets, sans considération d'incarnation et d'identité.

C'est pourquoi, contrairement à ce que croient les souverainistes cités plus haut, il ne suffira pas de prendre le pouvoir puis l'Etat tel qu'il est et de l'orienter dans une nouvelle direction. Il faudra casser la logique étatiste, il faudra casser l'Etat-nounou, sinon l'administration finira toujours par être la plus forte, par avoir les politiques à l'usure.

Autrement dit, il faudra être libéral en interne, quitte à être protectionniste vis-à-vis de l'extérieur, ce qui était la politique de De Gaulle, tout bêtement.

Boris Johnson et Dominic Cummings l'ont bien compris en Grande-Bretagne. Ils ont un programme ambitieux pour casser la bureaucratie tentaculaire.





dimanche, août 07, 2016

Petit mais agile et musclé

Depuis à peu près dix ans, je suis persuadé que l’avenir politique est aux petits Etats. La question a déjà été abordée sur ce blog.

Le raisonnement est le suivant : les grosses bureaucraties étaient nécessaires quand l’information était rare et chère, pour centraliser les précieuses données et faire des économies d’échelle dans le traitement de celles-ci. Maintenant que l’information est abondante et quasi-gratuite, le mouvement s’inverse, l’avenir est aux entités capables d’exploiter l’information disponible, donc agiles et réactives, c’est-à-dire petites. D’où les succès de la Suisse, de la Suède, de l’Islande, de Singapour … Et les relatifs échecs des pays plus gros (les pays fédéraux méritent à eux seuls un débat).

Le Brexit, l’indépendance de l’Ecosse, de la Catalogne, de la Corse, me semble dans un certain sens de l’histoire même si j’ai des objections dans chaque cas. Quant à l’UE, c’est évidemment à mes yeux une idée du XIXème siècle portée par des hommes nés au XIX ème siècle, prolongée au XXème siècle par des individus dont la principale caractéristique est de se tromper sur tout avec un aplomb stupéfiant, aucun intérêt.

La seule limite à ce raisonnement est militaire : en général, ce sont les plus grosses armées, donc les plus gros Etats, qui gagnent les guerres. On remarquera que la Suisse et Singapour sont très armés.

Cet article aborde beaucoup de sujets, dont celui-ci :

Olivier Rey : « Le discours sur les droits de l'homme est devenu fou »

C'est moi qui souligne :

*************
Il est indéniable que ce qu'on appelle aujourd'hui l'élite compte presque exclusivement des ravis de la planétarisation. Cela étant, ces soi-disant dirigeants dirigent très peu : leur rôle est d'accompagner le mouvement, de le favoriser, d'y adapter la société. C'est le sens, par exemple, du «En Marche !» d'Emmanuel Macron. En marche vers quoi ? Peu importe, l'important est d'«aller de l'avant», même si cela suppose d'accentuer encore les ravages. Les lois sociétales participent de ce « marchisme ». Par exemple, la famille à l'ancienne est un des derniers lieux de résistance au mouvement de contractualisation généralisée. Tout ce qui peut la démantibuler est donc bon à prendre, « va dans le bon sens ».

[…]

Politique vient de polis qui, en grec, désignait la cité. Pour les Grecs, les Perses étaient des barbares non parce qu'ils auraient été ethniquement inférieurs, mais parce qu'ils vivaient dans un empire. La politique ne s'épanouit qu'à des échelles limitées, au-delà desquelles elle dépérit. C'est pourquoi le grand argument qui a été seriné aux Européens, que leurs nations étaient trop petites pour exister encore politiquement et devaient transférer leur souveraineté à une entité continentale, où la politique retrouverait ses droits, a été une pure escroquerie. La politique n'a pas été transférée des nations à l'Union européenne, elle s'est simplement évaporée - à vrai dire tel était, sous les «éléments de langage» destinés à le masquer, le but recherché.

La nation mérite d'être défendue parce que c'est la seule échelle où une vie politique existe encore un peu. En même temps, des nations comme la France, l'Allemagne ou le Royaume-Uni sont déjà trop grandes pour que la politique y joue pleinement son rôle. Dans les années 1850, Auguste Comte déplorait l'unification italienne comme un mouvement rétrograde, et pensait qu'à l'inverse, c'était la France qui aurait dû se diviser en dix-sept petites républiques (soixante-dix en Europe). Selon lui, c'était seulement après s'être ancrées dans une vie à cette dimension que les petites patries auraient été à même de se réunir de façon féconde, afin de traiter ensemble les questions qui outrepassent leur échelle.

Aujourd'hui la Suisse, avec ses huit millions d'habitants et sa vie cantonale, est l'État européen où la démocratie est la plus vivace. Et historiquement, les cités de la Grèce classique, entre le VIe et le IVe siècle avant notre ère, ainsi que les cités-États italiennes de la Renaissance (Florence comptait moins de 100 000 habitants du temps de sa splendeur) constituent des réussites inégalées, qui montrent qu'en étant ouvertes sur le monde, des patries de petite taille sont capables de resplendir dans tous les domaines. Le problème est que même si beaucoup de petits États sont préférable à quelques gros, un gros État dispose d'un avantage: il est en mesure d'écraser un voisin plus petit. De là la tendance à la croissance en taille, quand bien même tout le monde, au bout du compte, devrait y perdre.

L'Autrichien Leopold Kohr (lauréat du prix Nobel alternatif en 1983) demeure malheureusement très méconnu. En 1957, dans son livre The Breakdown of Nations, il écrivait: « Il n'y a pas de détresse sur terre qui puisse être soulagée, sauf à petite échelle. […] C'est pourquoi par l'union ou par l'unification, qui augmente la taille, la masse et la puissance, rien ne peut être résolu. Au contraire, la possibilité de trouver des solutions diminue au fur et à mesure que le processus d'union avance. Pourtant, tous nos efforts collectivisés et collectivisants semblent précisément dirigés vers ce but fantastique - l'unification. Qui, bien sûr, est aussi une solution. La solution de l'effondrement spontané».

Les choses étant ce qu'elles sont, je crains qu'il ne faille en passer par de tels effondrements. Quand je dis cela, je me fais traiter de Cassandre. Je rappellerai toutefois que dans la mythologie grecque, les mises en garde de Cassandre étaient toujours fondées, le problème étant que personne ne la croyait. Ainsi, malgré ses avertissements, les Troyens firent-ils entrer le cheval de bois dans leur ville. On ne peut pas dire que cela leur ait réussi. Par ailleurs, si les effondrements qui se préparent ont de quoi faire peur, car ils engendreront de nombreuses souffrances, la perspective n'est pas seulement négative : ils peuvent aussi être l'occasion pour les peuples d'échapper aux fatalités présentes, et de revenir à la vie.
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mardi, novembre 15, 2011

Monétisation des dettes publiques, une très mauvaise idée... à la mode

La monétisation de la dette, c'est toujours cette pensée magique, anti-économique, comme la fumeuse histoire d'abolition de la loi de 1973, qui fait croire qu'il y aurait quelque part une source de richesses gratuite qui permet de rembourser nos dettes sans efforts ni souffrances.

Comme Vincent Bénard en a déjà causé, allez voir chez Vincent :

Monétisation des dettes publiques, une très mauvaise idée... à la mode

samedi, novembre 12, 2011

Je ris jaune

Trouvé chez mon camarade h16.

C'est dur de se faire donner la leçon par un Chinois. J'en veux à nos dirigeants (et à beaucoup de mes compatriotes) pour nous avoir mis dans une telle position.

mardi, novembre 08, 2011

Etes-vous prêts à un effort personnel pour redresser les comptes du pays ?

Etes-vous prêts à un effort personnel pour redresser les comptes du pays ?

C'est la question que pose Le Figaro à ses lecteurs. Comme 47 %, j'ai répondu Non :

1) La question est biaisée : il ne s'agit pas tant que redresser les comptes du pays que ceux de l'Etat, la nuance n'est pas anodine. Pour ma part, j'ai très peu contribué aux déficits de l'Etat, je suis même prêt à parier que ma contribution est largement positive.

2) Pour consentir d'un coeur joyeux au sacrifice, j'ai besoin d'un minimum de justice : je ne vois pas pourquoi je ferais le moindre effort pour que les salariés de la SNCF ou de la Banque de France ou les élus de tout acabit puissent garder leurs conditions de travail et de retraite exhorbitantes, en un mot, leurs privilèges. Sans parler d'un tas de prestations d'assistanat à mes yeux illégitimes, comme l'AME à des immigrés illégaux qu'on devrait expulser manu militari.

3) Pour consentir d'un coeur joyeux au sacrifice, j'ai besoin d'espérer un minimum d'efficacité : tant que la réduction des déficits se fera par la augmentation des impots et non par la réduction des dépenses, il est vain d'espérer cette efficacité. En effet, l'expérience des pays étrangers montre que la priorité doit être donnée à la réduction des dépenses.

Ma réponse est donc claire : c'est non pour l'instant. Il y a des sacrifices plus prioritaires que le mien. Mes conditions sont sans ambiguïté.

J'ajoute que je ne suis pas borné comme un syndicaliste : je suis prêt à interpréter mes conditions d'une manière souple, mais j'attends une indication nette que les décisions vont dans le bons sens.

Bien sûr, tout cette discussion est oiseuse à l'échelle individuelle : le fisc ne me demande pas si je suis content ou non avant de me piquer mes sous. En revanche, cette discussion devient essentielle à l'échelle collective : si une forte proportion de Français est persuadée que les impots sont injustes et inefficaces, donc illégitimes, il y a peu de chances que les conséquences soient positives (l'exemple grec est caricatural mais parlant : l'Etat et les impôts étant considérés comme illégitimes, frauder n'est pas réprouvé).

jeudi, août 11, 2011

Crise économique, une solution simple : la faillite

La crise économique se prolonge à cause des débiteurs insolvables qui ne peuvent pas rembourser leurs dettes mais sont néanmoins soutenus à bout de bras. Le pire est cette idée désastreuse de résoudre le problème en monétisant.

Il y a une solution bien plus simple, plus juste et qui se révélerait bien plus efficace : la faillite :

> banqueroute des Etats insolvables. Défaut des 2/3. Réduction drastique de toutes les missions non régaliennes. Et on sortirait de l'Euro.

> mise en faillite des banques insolvables par substitution forcée dette contre capital. On en profiterait pour obliger les banques à une structure en commandite.

Cette solution a l'avantage d'être rapide, de régler les problèmes à la racine et de permettre de repartir sur de bonnes bases.

Cette solution se heurte à deux difficultés :

> intellectuelle. Nos gouvernants et leurs conseillers n'en auront jamais l'idée.

> pratique. D'une manière ou d'une autre, il faut mettre l'Etat de droit et ses lenteurs entre parenthèses. En effet, ces décisions doivent être actées en un week-end pour être plus rapides que la panique.

La vraie difficulté est la première car il ne manque pas de technocrates pour trouver des solutions pratiques si l'idée de la faillite était acquise.

samedi, août 06, 2011

Crise de dettes, où qu'on en est ?

Bon, voilà, je résume les épisodes précédents :

Valéry, François III, François III bis, Jacquot I, Jacquot I bis, Sarko 1er, ils prenaient leur pied avec le pouvoir.

Ils ne savaient pas bien quoi en faire d'intéressant quand ils l'avaient. En revanche ils goutaient fort la menue monnaie du pouvoir : les huissiers à chaine, les motards, les palais somptueux, les avions du GLAM, et plus que tout l'encens de la Cour : les «amis» à l'échine courbée quémandant un regard du maitre, les sourires en coin des complices de filouterie, les femmes offertes, souvent par elles-mêmes, quelquefois par leurs maris, et les foules de militants enamourés (les cons).

Mais pour que tout ce grand bonheur continue, il y avait une condition : acheter des électeurs. Donc trouver de l'argent.

Ni une, ni deusse, à tout problème, sa solution :

1) Matraquer d'impôts les imbéciles qui sont suffisamment crétins pour travailler au lieu d'essayer de vivre au crochet de la communauté, comme font les gens intelligents. Ceux-là, ils sont si bêtes qu'on ne les entend même pas gueuler quand le fisc les étrangle.

2) Endetter l'Etat : l'Etat, c'est tout le monde et personne. Et après nous, le déluge.

Ne boudons pas notre plaisir : cette technique a fonctionné pendant quarante ans au-delà de toutes les espérances. On en arrosé des journaleux, des copains, des coquins. On en a fait des virées en Falcon avec des bains de pieds au champagne.

Seulement voilà : pour s'endetter, il faut des créanciers qui acceptent de vous prêter de l'argent.

Au Moyen-Age, c'était facile : le trésor royal s'endettait jusqu'au cou, puis, quand il devenait impossible de rembourser, le roi convoquait une chambre ardente, on pendait un ou deux créanciers au gibet de Montfaucon et on repartait sur de bonnes bases.

C'était le bon temps. Maintenant que les créanciers sont à Hong-Kong ou à Dubai, pour les trainer jusqu'au gibet de Montfaucon, il va falloir se lever tôt.

Heureusement, les rois de France, toujours eux, avaient plus d'un tour dans leur sac : rembourser les dettes, pourquoi pas ? Mais en monnaie de singe. C'est évidemment la solution très socialistes que préconise Mâme Martine. Cette solution a le léger défaut de spolier ceux qui travaillent et qui épargnent, mais si les socialistes devaient se préoccuper des abrutis qui épargnent, où irait-on ?

Ne rigolez pas : les socialistes n'ont aucun scrupule, aucune morale, donc ils revendiquent sans retenue leur mentalité de voleurs, mais les autres ne pensent pas différemment, ils sont juste plus sournois.

Au fait, je n'ai entendu personne évoquer la solution universellement connue pour rembourser ses dettes : dépenser moins et travailler plus. C'est que je dois être dur d'oreille.

Bref, amis crétins qui travaillez pour financer les feignasses de toutes sortes, vous allez en baver des ronds de chapeau. Et en plus, on ne vous dira même pas merci. Au contraire, on vous enfoncera en vous traitant de sales capitalistes et de mangeurs d'enfants de bons-à-rien.

Tant d'ingratitude mériterait que nous nous prenions nos cliques et nos claques et que nous allions vivre dans ces pays où l'on insulte pas ceux qui travaillent pour faire vivre les oisifs. Ah bon ? C'est déjà ce que fait la moitié des jeunes diplômés français ? Il ne faut pas désespérer de la jeunesse.

mercredi, août 03, 2011

La dette, c'est pas compliqué

A propos des dettes étatiques, la classe jacassante nous balance à la figure un brouillard de mots, pour masquer une réalité triviale.

Revenons à des choses simples :

> quand on dépense plus que l'on gagne, on a besoin de trouver des créanciers pour prêter de l'argent.

> pour les Etats, ces créanciers sont les fameux marchés.

> l'emprunteur est dépendant de ses créanciers. Ce sont donc les politiciens, par leur comportement irresponsable, qui ont mis les Etats dans la dépendance des marchés.

> quand la dette enfle démesurément, les créanciers finissent par prendre peur et refusent de prêter, ou alors à des taux prohibitifs. C'est la crise de dette.

> pour conjurer ce danger, il y a un moyen simple : ne pas dépenser plus que l'on gagne.

> pour arriver à cet équilibre budgétaire, deux voies : dépenser moins, gagner plus.

> pour gagner plus, on peut essayer d'augmenter les taux d'imposition, solution préférée des socialistes. Mais l'expérience (pas seulement la théorie) prouve qu'à partir d'un certain niveau de rançonnage fiscal, l'augmentation des taux d'imposition n'augmente pas les recettes : le parasite étatique tue l'économie libre dont il vit.

> pour gagner plus, on peut aussi essayer de favoriser la prospérité. Mais pour générer de la croissance, le moyen sûr est de libéraliser l'économie et de diminuer les dépenses publiques et les impôts.

> on en vient donc à la seule vraie solution pour éviter la crise de dette : dépenser moins.

> Seulement voilà : l'essentiel des dépenses publiques sert à acheter des électeurs pour le socialisme (avoué ou honteux) en créant des dépendances (600 Mds €/ an en France).

> Or, si il est facile de créer des dépendances, il est très douloureux de les supprimer. C'est pourquoi la crise de dette ne sera pas évitée.

> Une fois qu'on ne trouve plus de créanciers ou qu'on ne peut pas payer les taux demandés, que se passe-t-il ? C'est la banqueroute. L'Etat ne peut plus payer ses factures ni rembourser ses dettes.

> Ensuite, soit la banqueroute balaye ceux qui ont créé les problèmes et les réformes salvatrices deviennent possibles (cf Canada) ou alors ils s'accrochent et la pays décline (cf Argentine).

dimanche, juillet 17, 2011

Un État fort, régalien, nationaliste et désendetté

Notre État actuel, mou, envahissant dans le privé mais fuyant ses fonctions régaliennes, mondialiste et endetté auprès de l'étranger est le principal facteur de troubles de notre société. C'est lui qui essaie de faire advenir l'homme nouveau, déraciné, cosmopolite, sans engagements d'aucune sorte, tout entier dans le présent, libre de se choisir (même son sexe), réduit à sa fonction de producteur-consommateur.

C'est donc un projet politique à part entière que le retour d'un État régalien, ne s'occupant que de police, justice, défense (1), diplomatie, mais s'en occupant bien (ainsi serait rétablie la saine séparation entre publics et privé), désendetté (l'endetté est esclave de ses créanciers (2)), nationaliste et fort dans les domaines où il est légitime.

Bien sûr, une partie des Français, les néo-néo comme les appelait Philippe Muray, déjà transformés en zombies par le mondialisme, seront les farouches opposants de cette politique qui met en cause leur existence.

Cependant, la Chine, l'Inde et la Russie ne renoncent pas à faire de la politique à l'ancienne, nationaliste, puissance contre puissance. Si nous voulons survivre en tant que nation, il faudra bien que l'Etat abandonne les conneries genre "mariage" homosexuel pour revenir à des préoccupations et des missions moins clownesques (mais très sérieuses dans leur clownerie : tous les moyens sont bons pour faire advenir l'abruti mondialisé).

Évidemment, comme à chaque fois que nous attendons d'être bousculés par l'extérieur plutôt que de nous réformer nous-mêmes, il y aura beaucoup de larmes versées.

Mais, je ne doute pas, à la lueur des précédents historiques, qu'une élite du cœur et de la tête surgira du désastre.

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(1) : défense de la France, de son territoire et de ses intérêts, pas de valeurs universelles à la con, pas de charte internationale au sein d'organismes supra-nationaux.

(2) : voyez le mépris soigneusement calibré avec lequel la Chine traite les USA.

mercredi, juin 22, 2011

Gérer les faillites bancaires

Cet article de Vincent Bénard est fondamental. Nos gouvernants soutiennent la Grèce à bout de bras avec nos sous par cynisme et incompétence. Cynisme : ils ne veulent pas avouer que le jeu qu'ils nous ont imposé, l'Euro, était un jeu de dupes. Incompétence : ils sont terrifiés à l'idée d'une série de faillites de grandes banques. Or, il existe des moyens de mettre les grandes banques en faillite sans que le reste de l'économie souffre trop.

Gérer les faillites bancaires

dimanche, avril 24, 2011

La religion de l'Etat

Ce que je vais raconter là n'a rien d'original, c'est juste pour fixer les idées à un an de l'élection présidentielle.

Sur BFM, Jacques Delpla fait remarquer que la France est le dernier pays occidental à vivre dans le déni des déficits publics, à faire comme si de rien n'était.

Pour qui s'intéresse à l'actualité étrangère, le contraste est effectivement frappant. Pourquoi ce déni ?

Bien sûr, il y a des raisons sordides, la France pratique plus qu'aucun pays le social-clientélisme : j'achète les voix des citoyens-électeurs en offrant de l'assistanat que je ne fais pas payer à son juste prix grâce aux déficits.

On a créé de toutes pièces des clientèles dépendantes, comment retirer le pot de miel et leur faire comprendre que «mon coco, c'est fini, maintenant, tu te démerdes tout seul dans la vie» ?

Ce sont les politiciens qui ont créé ce problème, qui nous ont mis dans cette merde, qu'ils débrouillent pour le résoudre.

Cependant, ces errements n'ont été possibles parce qu'il y avait un substrat philosophique.

La France est le pays qui a inventé la guerre philosophique contre le catholicisme et son remplacement par la religion de l'Etat.

A un paradis futur, on a substitué l'espérance d'un monde meilleur, d'une fusion fraternelle, par l'intermédiaire de la politique, dont l'Eglise est l'Etat. Le culte de l'être suprême était une tentative éphémère parce que grossière, mais l'esprit est resté.

Bien qu'inventé par les Anglais, l'Etat-providence (appellation très appropriée) s'insérait admirablement dans cette philosophie : la providence étatique remplace la providence divine.

Mais cette idée fantasmatique se heurte à la réalité : la divinité faite de main d'homme, qui permettrait aux hommes de s'abstraire des malheurs de la condition humaine, n'existe pas. Les déficits publics ne sont que la manifestation visible de cette impasse intellectuelle très profonde.

C'est pourquoi je doute qu'une campagne électorale suffise pour faire revenir la France à la réalité, qui est que ce n'est pas à l'Etat de soigner les maux de la vie, tout simplement parce qu'il n'en a pas et ne peut en avoir la capacité. Trop de mauvaises habitudes ont été prises.

Mais, à défaut de devenir soudainement droits (1) et intelligents et de nous remettre en cause, nous serons forcés par les circonstances à revenir sur terre. Cela sera très douloureux.

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(1) : car la foi en l'Etat-providence n'est pas seulement une faillite intellectuelle, c'est une faillite morale.

dimanche, février 27, 2011

Exposition France

Très belle exposition sur le France, au musée de la marine à Paris. Voyez aussi le site dédié.

Le France est un condensé de la France : techniquement audacieux, un style fantastique, mais commercialement en retard et coulé par l'acharnement de l'administration et des syndicats.

Comme le raconte Valeurs Actuelles, le fisc n'avait rien trouvé de mieux que de faire des contrôles fiscaux aux passagers français, brillante idée commeciale ! Quant aux syndicalistes, l'un d'entre eux est venu déclarer à la radio qu'il préférait ruiner le France que de perdre ses avantages zacquis.

Bravo ! Ils ont réussi.

Ne croyez pas que quoi que ce soit ait changé : l'administration et les syndicats sont toujours des boulets mortels. Les ports français, les chantiers navals, le fret ferroviaire et le système éducatif en sont morts, et il n'est pas exclu qu'Air France en meurt.

Tant que la France n'aura pas connu un moment thatcherien, nous resterons un pays à la traîne, oscillant perpétuellement entre le drame et la médiocrité.

Charles Gave est optimist
e. Espérons qu'il a raison.

samedi, janvier 29, 2011

Le père de famille, le trader et l'expert (M. de Scitivaux)

Ce petit livre de juin 2009 est ce que j'ai lu de plus clair sur la crise que nous venons de subir.

Voici le mécanisme infernal :

> comme Charles Gave, Marc de Scitivaux est convaincu que la crise actuelle trouve ses racines dans la crise asiatique de 1995.

> suite à la crise de 1995, les pays asiatiques ont changé de politique. Ils ont adopté une approche mercantiliste. Grâce à des excédents commerciaux et des changes bloqués (folie illibérale empêchant les mécanismes de marché d'ajustement monétaire), ils se sont retrouvés à la tête de masses colossales de capitaux. Cette prospérité asiatique a entrainé l'inflation des matières premières. Les pétro-monarchies se sont elles aussi retrouvés avec d'immenses capitaux.

> au lieu d'investir ces capitaux chez eux, les nouveaux riches les ont investis dans le pays qui offre à leurs yeux le meilleur équilibre rendement / risque / innovation / protection, à savoir les Etats-Unis. Comme l'a fait remarqué Ben Bernanke lui-même, le fait que la propriété privée soit considérée comme moins respectée en Europe a empêché la diversification.

> conséquence logique de cet afflux de capitaux, les taux d'intérêt se sont écroulés, à des plus bas historiques. Deux types d'acteurs en ont profité pour s'endetter au-delà du raisonnable dans tous les pays occidentaux. Greenspan, qui a régulièrement monté les taux courts (sans effet sur les taux longs : c'était le célèbre conondrum), n'est pas le coupable idéal qu'on croit. En revanche, Bernanke, qui a baissé les taux court trop tôt, a favorisé le dernier run de spéculation, la goutte d'eau qui fait déborder le vase. Le reproche qu'on peut faire à Greenspen est d'avoir été trop optimiste sur la nature humaine : il a averti, mais avertir ne suffit pas, il fallait sanctionner. Les banques ont été conduites à prendre des risques inconsidérés par le fait que les managers ne sont pas les propriétaires et qu'elles espéraient qu'en cas de crise les Etats les sauveraient. Greenspan aurait du être plus directif sur ces deux sujets.

> les Etats, notamment Européens, ont aggravé leur tendance à offrir des services non-payés, c'est-à-dire financés par l'endettement. Scitivaux remarque au passage que la dette publique américaine n'est pas très élevée et que la plupart des commentateurs, avec une incompétence généralisée, confondent le plafond de dette voté par le Congrès, qui comprend les futures retraites, et la dette réelle.

> les particuliers ont nourri une bulle immobilière, notamment aux USA, où une loi absurde oblige les banques à prêter à ceux qui n'en ont pas les moyens . Ce sont les désormais fameux subprimes.

> pendant ce temps, la population vieillissait et les fonds de pension, handicapés par cette baisse des taux, avaient du mal à servir les pensions promises.

> C'est alors que les petits génies matheux des banques inventèrent les CDO. Cette tambouille diabolique de créances risquées et de créances saines étaient censée offrir les rendements des créances risquées et le faible risque des créances saines. Les gestionnaires de fonds de pension se sont jetés dessus. En réalité, le produit était tellement complexe que les vendeurs ne savaient pas vraiment ce qu'ils vendaient tandis que les acheteurs ne savaient pas vraiment ce qu'ils achetaient. Encore une folie.

> personne n'y comprenant rien, tout le monde s'est fié aux agences de notation. Mais on se méprend sur leur fonction : malheureusement, celles-ci ne prévoient pas l'avenir mais se basent sur l'historique. Pour les produits nouveaux, comme les CDO, qui n'ont par définition pas d'historique, leurs avis ne vaut rien. Mais ça n'arrangeait personne de comprendre ce défaut des agences de notation.

> les banques avaient avantage à alimenter la bulle. Pour tout le monde, y compris un économiste, mieux vaut dire comme la meute (se tromper quand tout le monde se trompe ne porte pas à conséquence) que de se distinguer et de prendre le risque d'avoir tort tout seul. Pour Scitivaux, la faillite des économistes à prédire la crise vient plus d'un manque de courage que d'un manque d'intelligence.

> les nouvelles régulations des banques (qui se réfèrent beaucoup aux agences de notation) et les nouvelles normes comptables, à la fois excessivement complexes et atrocement pro-cycliques, ont transformé une crise locale, les subprimes, en crise systémique, par le relais des faillites, avérées ou potentielles, des banques.

On remarquera à toutes les étapes les mécanismes illibéraux qui ont aggravé la crise.

On constate également que, à des degrés divers, nous sommes tous coupables de la crise, nous avons tous d'une manière où d'une autre essayé d'avoir des «repas gratuits», ne serait-ce qu'en profitant de la bulle immobilière ou de services publics financés par l'endettement. Cette crise est le fruit d'une faillite de la raison qui a touché tous les pays occidentaux.

Un des problèmes les plus graves, que, je pense, certains d'entre vous, lecteurs, subissent tous les jours, est la disjonction de plus en plus fréquente des intérêts des dirigeants et des intérêts de l'entité qu'ils dirigent. Un dirigeant qui sait qu'il ne sera plus à son poste dans deux ans ne peut avoir les mêmes intérêts qu'une société qui a vocation à exister encore dans vingt ans.

De Scitivaux propose la méthode Galliffet. Galliffet a réprimé la Commune. Il n'était vraiment de gauche ! Pourtant, il fut dreyfusard. Il s'en expliquait simplement : «Je ne connais pas Dreyfus. Je ne connais pas le dossier. Mais je connais mes collègues de l'état-major : si ils pensent tous que Dreyfus est coupable, c'est sûrement qu'il est innocent.»

Une telle méthode est bien adaptée à l'économie : elle est tellement complexe qu'une idée à la mode qui fait l'unanimité, donc qui est assez simple pour être comprise par les imbéciles, a de bonnes chances d'être fausse.

Au passage, Marc de Scitivaux n'a pas de mots assez durs pour fustiger la chasse aux boucs-émissaires à laquelle se livrent nos politiciens et dont Nicolas Sarkozy semble s'être fait une spécialité.

Il cite une déclaration de Nicolas Sarkozy terrifiante : le président y explique que ce n'est pas la peine de lire des livres d'économies car la crise est tellement nouvelle qu'on ne peut rien en apprendre du passé. En dehors du mépris des études dont ces mots témoignent, ils révèlent une erreur d'analyse radicale : au contraire, cette crise est au fond comme toutes les crises d'endettement, seule la surface des choses changent.

Cette citation de Tocqueville est tellement appropriée que cela devrait tirer des larmes de rage à tout citoyen un peu émotif : «Une idée fausse mais claire et précise aura toujours plus de puissance dans le monde qu'une idée vraie mais complexe».

Marc de Scitivaux, qui a passé quelques années dans des ministères, affirme qu'aucune crise ne coutera aussi cher aux Français que les plans pour «revitaliser» l'industrie.

Cette incompétence de nos politiciens à analyser correctement la crise met en danger la démocratie. D'autant plus que, si la crise mondiale est finie, la crise des dettes étatiques européennes continue.

Seule bonne nouvelle : la reprise mondiale permettra peut-être d'étaler les efforts européens et à la démocratie de survivre en Europe, car là est bien l'enjeu.

Marc de Scitivaux qui, dès 1990, avait écrit que les Etats-providence ne survivraient pas à la mondialisation n'a pas bougé d'un iota sur ce sujet.

mardi, janvier 18, 2011

Politique : le danger des visions folles

Hitler avait une vision des juifs et de leurs méfaits qui nous paraît folle aujourd'hui mais qui lui a permis de construire une politique cohérente et d'obtenir les résultats criminels que vous savez.

Aujourd'hui, une bonne part de la population française, y compris parmi les dirigeants, est victime de visions fantasmagoriques porteuse de décisions cauchemardesques :

> «les races n'existent pas et tous les hommes ont vocation à vivre ensemble». On remarquera que c'est le symétrique, tout aussi fou, de la vision hitlérienne. En réalité, les races existent (1) mais elles n'expliquent pas tout. Elles ne sont qu'une composante des sociétés humaines aux multiples facettes. Le danger de cette vision, gros de guerres civiles, est dans«les hommes (sous-entendu, de différentes races qui n'existent pas) ont vocation à vivre ensemble» : l'histoire prouve exactement le contraire.

> «la France est victime du libéralisme». La France est peut-être victime du mondialisme, mais c'est différent (2). Dans un pays qui crève de trop de collectivisme, combattre le libéralisme ne peut qu'amener des catastrophes économiques et sociales.

Je crains qu'à partir des ces deux folies, nous soyons bien partis pour faire exactement le contraire de ce qui est souhaitable : protectionnisme économique et immigration massive au lieu d'ouverture économique et immigration restreinte.

Mais le pire n'est jamais sûr : il se peut que des gens intelligents prennent des décisions intelligentes. Il y a un siècle, la France connaissait une période de grande prospérité dans un contexte libéral : Peugeot, Renault, Citröen ...

Que faire ? L'idéologie étant imperméable aux faits, il faut se battre contre les mauvaises idées mais sans attendre de résultats immédiats. A court terme,il faut tenter d'imposer ponctuellement de bonnes mesures pour grignoter l'idéologie sur le mode «cause toujours». Par exemple, le statut d'auto-entrepreneur d'Hervé Novelli était une bonne idée et qui était trop petite pour apparaître sur l'écran-radar des grands penseurs anti-libéraux.

Je pense que les difficultés à venir, suscitées par la crise, que nous nommons financière par facilité, seront favorables à cette infiltration libérale. Le discours restera probablement socialiste, pas la réalité.

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(1) : pour ne pas qu'on me refasse trente-six fois la discussion : je me fous de ce que dit la biologie sur le sujet (à supposer qu'elle nie l'existence de races, ce qui n'est pas si sûr). La question est sociologique : tant qu'on mettra un Suédois de souche et un Sénégalais de souche côte à côte et que l'un pensera «je suis blanc» et l'autre «je suis noir», les races existeront.

(2) : il ne serait jamais venu à l'idée de Tocqueville, Say ou Bastiat de se revendiquer «citoyens du monde». Ils n'étaient pas assez bêtes pour cela : la cosmopolitisme est une forme de bêtise puisqu'il est basé sur l'incompréhension de la diversité des hommes et des cultures.

samedi, janvier 08, 2011

Voler ne suffira pas

J'entends beaucoup ces temps-ci : «La dette publique française n'est pas grave parce que les Français, eux, épargnent. On leur prendra leur épargne pour rembourser la dette.»

Le cynisme de cette mentalité de voleurs me choque, mais il est empreint de réalisme.

En effet, avant l'élection présidentielle de 2002, Henri Guaino, proche conseiller de Nicolas Sarkozy, avait écrit dans Les Echos un article précisément sur ce thème.

J'avais été encore plus choqué de l'impudence qu'il y avait à afficher cette position de canaille que par le fait, dont je ne doutais déjà pas, que nous étions gouvernés par des bandits de grand chemin.

Examinons les choses de plus près. Voler l'épargne des Français, c'est bel et bon, mais comment ?

L'épargne des Français est essentiellement constituée d'immobilier et de fonds en euros, c'est-à-dire de dettes étatiques.

Cela suggère trois escroqueries :

1) Taxer l'immobilier au point de pousser les Français à vendre leur logement (sinon, ce n'est pas l'épargne qu'on vole mais le revenu).

2) la banqueroute : ne pas rembourser les dettes existantes, c'est une manière de s'emparer de l'épargne placée en dettes.

3) l'inflation. Elle se profile à l'horizon, mais croire que c'est une solution, c'est ne rien avoir compris à la nature de l'Etat-providence. En effet, après une guerre, on rétablit les finances publiques et on efface la dette avec l'inflation. Mais il est dans la nature de l'Etat-providence de s'endetter : il consiste à acheter des électeurs avec des services qu'on ne fait pas payer à leur juste prix. Les finances publiques ne sont donc jamais rétablies et l'inflation ne règle rien, puisque l'ancienne dette est bien effacée, mais une nouvelle dette encore plus chère est créée.

On constate en réfléchissant que ces trois «solutions» pour spolier l'épargne des Français ne règlent rien. Elles achètent du temps (il est vrai que c'est tout ce qui compte pour nos politicards : prolonger son mandat, profiter le plus longtemps possible des délices du luxe républicain) mais à un prix effarant (effondrement de l'immobilier, banqueroute, inflation galopante).

Comme les Trois Mousquetaires qui étaient quatre, il existe une quatrième solution : les pays émergents achètent notre dette parce que nous sommes leurs clients et qu'ils n'ont pas envie que nous nous écroulions brutalement.

Cette idée témoigne d'une naïveté ou d'une bassesse écœurantes. Naïveté si vous croyez que la Chine et les monarchies pétrolières sont altruistes et n'exigeront pas des contreparties terribles en termes de pouvoir et d'influence. Bassesse si, dénué de naïveté, vous préférez cette soumission à l'effort qui consisterait à ramener les finances publiques à l'équilibre.

C'est une idée typique de nos élites dénationalisés. Pour elles, que nous soyons gouvernés par des Chinois (1) ou des Arabes est sans importance puisqu'à leurs yeux la France n'existe déjà plus (comme dit Henri Biraud dans un Taxi pour Tobrouk : «Mon père a la légalité dans le sang : si les Chinois débarquaient, il se ferait mandarin, si nous étions gouvernés par les nègres, il se mettrait un os dans le nez et si nous étions gouvernés par les Grecs ...»). Je doute que les Français fassent preuve d'autant de placidité que nos élites devant cette perte d'indépendance.

Comme je le dis souvent, dans les comptes publiques d'une nation, on lit sa morale. Vu le niveau navrant d'immoralité que nous avons atteint, nul doute que toutes ces mauvaises idées seront essayées tour à tour ou simultanément.

Mais elles échoueront. Nous serons forcés de démonter le social-clientélisme et de rétablir l'équilibre des comptes publics, pour une raison simple. Comme dans les romans policiers, le coupable est toujours celui qui a l'air le plus innocent : le vieillissement de la population.

En effet, continuer à supporter l'Etat-providence et son endettement chronique dans un contexte de vieillissement aboutirait à un appauvrissement dont je doute fort qu'il soit toléré très longtemps.

La banqueroute et le rétablissement des finances publiques est la voie optimiste. En effet, les pays qui nous ont précédés dans cette voie difficile prouvent qu'à l'horizon d'une décennie, c'est le choix de la prospérité.

Mais avant d'en arriver là, nous aurions épuisé les artifices de la voie pessimiste, celle des petits arrangements et des grosses ficelles.

Ce billet est dédié à l'épouse de Christophe.

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(1) : les Chinois utilisent le fait d'être créanciers de l'Etat pour faire pression pour acheter des biens locaux. Quand l'Etat français sera endetté de 30 % auprès des Chinois, il sera plus difficile de refuser de lui vendre Renault. Ils ont déjà acheté le port du Pirée en Grèce, les relations avec l'Angola au Portugal. Et bien entendu, les Chinois ont les moyens d'acheter nos gouvernants (encore un des nombreux signes qui augurent mal de l'avenir des démocraties).

lundi, janvier 03, 2011

Ah, ces salauds de marchés dont on a tant besoin ...

C'est bien connu, les marchés sont des salauds.

Alors, laissons les tomber ? Ah ben non. On ne peut pas : d'après la très officielle Agence France Trésor, l'Etat français va émettre 184 Mds € de dettes en 2011, soit la bagatelle 7 Mds € toutes deux semaines.

Et auprès de qui va-t-on faire la quête ? Auprès des salauds de marchés. Je soupçonne qu'on ne les hait tant que parce qu'on en a tant besoin.

Nicolas Sarkozy a-t-il réformé ?

Dans la préparation des élections de 2012, j'ai entendu l'argumentaire suivant :

«Nicolas Sarkozy a réformé plus que vous ne croyez. Certes, ce n'est pas facile de réformer en France, alors, il doit biaiser (avec deux i), ça brouille le tableau. Mais croyez moi, il a beaucoup réformé.»

Qu'en penser ?

J'ai une réponse simple et qui, me semble-t-il, va à l'essentiel. Le drame de la France est d'être socialisée. Toute réforme positive est donc, d'une manière ou d'une autre, une désocialisation. Et toute désocialisation se traduit par une baisse de la proportion de dépenses publiques dans le PIB.

Autrement dit, la question «Sarkozy a-t-il réformé ?» peut être traduite par «Pendant le mandat de Nicolas Sarkozy, la part des dépenses publiques dans le PIB a-t-elle diminué ?»

Et la réponse à cette question, vous la connaissez.

lundi, décembre 20, 2010

Le cercle vicieux : Etat-providence, immigration, mondialisme

Ce que je vais raconter là est évident à mes yeux, évident aux yeux de beaucoup de lecteurs, mais il reste encore certains commentateurs auxquels mon raisonnement échappe, peut-être parce que je me suis mal expliqué. Essayons de clarifier.

Etat-providence, immigration et mondialisme ont partie liée. Certains disent : «Fermons nos frontières, excluons les immigrés des prestations sociales, et ainsi nous sauverons notre bien-aimé Etat-providence». A mon avis, ce raisonnement est erroné et j'ai bien pourtant bien peur que ça soit celui du FN.

Commençons par le cercle vicieux :

> l'Etat-providence a besoin qu'il y ait des pauvres pour justifier son existence, d'où son appétence pour l'immigration, inépuisable réservoir de pauvres. Ainsi, il y a symbiose entre l'immigration et l'Etat-providence : l'Etat fournit aux immigrés des services inaccessibles dans leurs pays et, en retour, ceux-ci fournissent à l'assistanat sa raison d'être.

> l'Etat-providence est par nature déficitaire : ses coûts sont énormes et tout politicien normalement constitué hésite à faire porter la totalité sur ses électeurs contribuables. Il faut donc trouver des créanciers, et, après avoir fait appel à l'épargne national, on fait appel à l'épargne étrangère : il devient impossible de fermer les frontières.

> le mondialisme fournit l'idéologie justifiant ce cercle vicieux : puisque, selon cette idéologie, les hommes sont interchangeables et peuvent s'installer partout sans problèmes, faisons venir d'ailleurs de la main d'œuvre bon marché.

Où pèche le raisonnement de ceux qui pensent que fermer les frontières et exclure les étrangers de l'Etat-providence résoudraient nos problèmes ?

Certes, ils ont raison au premier abord : JP Gourevitch a estimé à -27 Mds d'€ le bilan annuel de l'immigration africaine et nord-africaine pour l'Etat français (au sens large). L'exclusion des immigrés des prestations sociales réduirait les déficits. Mais on remarque qu'ils ne seraient pas annulés pour autant.

Plus grave : le mécanisme infernal serait toujours en place. Au bout de cinq ans, de dix ans, de quinze ans, de vingt ans, le système se chercherait de nouveaux clients (probablement au nom de «il faut une main d'œuvre bon marché pour payer nos retraites et, ce coup ci, nous ne recommencerons pas les erreurs de l'immigration de peuplement. Promis, craché, juré.») et de nouveaux financements à l'étranger.

Pour casser ce cercle vicieux, je préconise «le libéralisme dans un seul pays», c'est-à-dire zéro déficit public, un Etat minimal, des assurances sociales privées, mais une liberté d'installation des étrangers restreinte. Même si j'ai quelquefois des doutes sur la question, la liberté de circulation des capitaux et des marchandises, sans naïveté, pourrait rester la règle.

Je ne doute pas que les Français, délivrés de l'effet débilitant de l'Etat-providence (1), trouveraient en eux toutes les ressources pour faire à nouveau de la France un pays prospère et admiré.

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(1) : je rappelle à ceux qui prétendent que l'identité française serait l'addition du camembert et de la Sécu que l'Etat-Providence existe depuis moins de trois générations et que la fin de celui-ci ne signifie pas, bien au contraire, la fin de la solidarité.

jeudi, décembre 09, 2010

Cantona aurait pu avoir raison

En conseillant de retirer son argent pour faire «une révolution à la Spagiarri», Cantona a été puéril, plombé par la ridicule nostalgie révolutionnaire qui imprègne tant de Français (je ne vois vraiment de quoi être nostalgique : la révolution est une horreur, c'est la populace qui prend un bain de sang).

En revanche, si Cantona avait eu une logique plus intelligente, si il avait conseillé de retirer son argent des banques françaises et de le mettre dans des banques suisses ou hongkongaises, il n'aurait rien fait d'autre que mettre à la portée des petites gens le conseil que les gestionnaires de fortune donnent à leurs clients.