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mardi, mars 10, 2020

Les nains, les géants et les crises.

Eric Zemmour face à Michel Maffesoli sur CNEWS :

« Les grands hommes d’Etat comme Bonaparte, Churchill ou De Gaulle savaient se servir des crises : ils les chevauchaient ! Aujourd’hui, les responsables politiques sont tétanisés, ils les fuient ! »

C'est d'autant plus clair que De Gaulle a été tout à fait explicite sur le sujet : il aimait les crises parce qu'elles déverrouillaient les situations établies, lui ouvraient des espaces de liberté, des possibilités d'action.

Maffesoli et Zemmour sont tombés d'accord pour dire que Sarkozy, Hollande et Macron étaient des nains qui avaient peur des crises et tentaient de les minimiser au lieu de les exploiter pour changer radicalement les choses, bref pour faire de la grande politique.

Ils ont pris comme exemple la crise de 2008. Sarkozy en a eu peur, il a tenté d'en minimiser les conséquences. Bien sûr, De Gaulle en aurait au contraire profité pour sortir de l'Euro et pour reprendre la main sur les banques.

Je peux même vous faire le discours :

Françaises, Français,

La crise économique en cours bouleverse les idées qui guident les pays occidentaux depuis trente ans.

[…]

En conséquence, la France sort du système monétaire de l'Euro et retrouve sa monnaie historique, le Franc. J'ai demandé à M. le ministre des finances et  à M. le ministre des affaires étrangères de mettre en oeuvre cette décision en coordination avec nos partenaires européens.

Le pays va être mis à l'épreuve durant quelques mois. Mais la souveraineté monétaire retrouvée nous paiera de tout, en permettant à notre pays de prospérer dans un monde globalisé.

C'est facile : je m'inspire du discours du plan Pinay-Rueff en 1958.

On connait le dialogue en conseil des ministres entre Antoine Pinay, ministre des finances, et Charles De Gaulle président de la république :

Pinay : M. le président, les Français vont râler.

De Gaulle : Et alors ?

Pinay : M. le président, j'ai peur de ne pas être d'accord.

De Gaulle : Et moi, M le ministre, j'ai peur que vous ne soyez plus ministre.

Bien évidemment, Pinay s'est couché et a donné son nom à un plan qui lui faisait peur.



Nous n'avons plus d'hommes d'Etat de ce calibre. Mais aussi, plus le même peuple.

C'est pourquoi je mets dans le même sac les électeurs de Macron des deux tours : je pense qu'il y a une différence de degré, non de nature. A des politiciens pusillanimes et trouillards correspondent des électeurs pusillanimes et trouillards.

Qui saura chevaucher les orages ?

vendredi, février 21, 2020

Guillaume Bigot : « La violence verbale de Nicolas Sarkozy révèle la faiblesse du projet européiste »

Guillaume Bigot : « La violence verbale de Nicolas Sarkozy révèle la faiblesse du projet européiste »

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Nicolas Sarkozy est coutumier des rodomontades non suivies d’effets. Mais à la rage de l’impuissance en général, s’ajoute celle propre à toute idéologie confrontée à un réel qui refuse de se conformer à ses prédictions et oukases.

À cet égard, l’européisme, comme tout système de nature idéologique se révèle incapable de s’adapter, d’admettre ses échecs, de reconnaître ses erreurs, bref, de composer avec le réel.
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mardi, octobre 18, 2016

La cause du peuple (P. Buisson)

Matthieu Bock-Coté a publié la recension de La cause du peuple que je m'apprêtais à vous écrire. C'est pourquoi je vais en citer de larges extraits :

Mathieu Bock-Côté : après la polémique, ce qui restera du livre de Patrick Buisson

Seul bémol, je trouve le style Buisson assez lourd et non dénué de préciosités.

Mais son livre reste un plaisir parce que, comme Zemmour, il a intériorisé l'histoire de France et en a une vision globale et personnelle. On est loin des pédanteries et des pinaillages, c'est-à-dire, des idioties, des demi-intellectuels gauchistes.

Le fact checking n'est que la version cuistre et journalistique, sans exclure des explications plus déshonorantes,  de « Le sage montre la lune, l'imbécile regarde le doigt ». Par exemple, peu importe qu'il y ait 4 millions de musulmans en Franc ou 8 millions, quand on compte en millions, c'est déjà trop.

Chesterton a écrit tout un livre sur un poète sans une seule citation exacte (!) et, pourtant, les spécialistes de ce poète considèrent son analyse comme excellente. Je ne suis pas en train de plaider en faveur de l'inexactitude mais de l'intelligence.

Les pseudo-penseurs le nez sur le guidon m'insupportent de plus en plus. C'est pourquoi j'ai plaisir à lire Zemmour et Buisson.

Et maintenant, citons Bock-Coté :


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« Un brulot ». Un « livre à charge ». Un « règlement de comptes », ajoutèrent certains. C'est ainsi qu'on a accueilli La cause du peuple (Perrin, 2016), le dernier livre de Patrick Buisson, en prenant bien la peine de rappeler, comme à l'habitude, tout son parcours idéologique, comme s'il fallait mettre en garde le commun des lecteurs contre lui. Ces mises en garde faites, on a tout fait pour réduire cet ouvrage à une compilation de confidences et d'indiscrétions, comme s'il se livrait à la manière d'un petit tas de secret sur la Sarkozie. En gros, ce serait un livre de ragots. Comment ne pas voir là une autre preuve que la plupart du temps, les journalistes ne lisent pas vraiment les livres dont ils parlent? Ou s'ils les ont lu, qu'ils se fichent bien de l'essentiel. Ou alors, peut-être ont-ils décidé d'enterrer celui qu'on veut à tout prix faire passer pour un mauvais génie? Chose certaine, ils ne se sont pas intéressés à l'analyse de notre situation historique que Buisson a pris la peine d'élaborer sur plus de 400 pages, avec un bonheur d'écriture indéniable: on se contentera d'y coller une sale petite étiquette radioactive pour en faire un infréquentable personnage. Le vrai pouvoir de la gauche médiatique, c'est de décerner des certificats de respectabilité auxquels on prête encore de la valeur.

Et c'est dommage. Très dommage. Car La cause du peuple est probablement un des livres les plus importants paru ces dernières années - j'ajouterais, un des plus passionnants.

[…]

Qu'il s'agisse de la question de l'autorité de l'État, de l'immigration ou des questions sociétales, Buisson revient toujours à la charge en rappelant une chose fondamentale : le peuple français fait une expérience pénible de sa désagrégation : ce constat est vrai pour l'ensemble des peuples occidentaux. Il voit ses symboles s'égrener, ses repères se brouiller, son identité s'émietter. Il se sent de plus en plus devenir étranger chez lui. Ses aspirations profondes sont étouffées, et mêmes déniées. On les présente comme autant d'archaïsmes ou de phobies alors qu'il s'agit d'invariants anthropologiques que la civilisation avait traditionnellement prise en charge et mise en forme. La vocation du politique, nous dit Buisson, est d'abord conservatrice: il s'agit de préserver une communauté humaine, qui est une œuvre historique vivante, et non pas toujours de la réformer pour l'adapter à la mode du jour. Il y a dans le cœur humain un désir de permanence qu'on doit respecter. Lorsqu'on le nie, on pousse l'homme à la solitude extrême, puis à la détresse.

[…]

C'est en puisant directement dans la légitimité populaire que Buisson entend régénérer le pouvoir, le déprendre des nombreuses gangues qui l'enserrent comme le droit européen ou international ou encore, les nombreux corporatismes qui entravent la poursuite de l'intérêt général. Mais, ajoute-t-il, la gauche ne pense pas trop de bien de ce retour au peuple, puisque depuis très longtemps, elle se méfie des préjugés du peuple, qui se montre toujours trop attaché à ses coutumes: elle rêve d'une démocratie sans le peuple pour la souiller de ses mœurs. C'est l'histoire du rapport entre le progressisme et le peuple dans la modernité. Dans le cadre de la campagne de 2012, Buisson cherchera quand même à convaincre Nicolas Sarkozy de miser sur une politique référendaire qui pourrait faire éclater le dispositif annihilant la souveraineté. Il n'y parviendra pas vraiment, même s'il poussera le président-candidat à renouer avec une posture transgressive.

[…]

On me pardonnera de le redire, mais on aurait tort de voir dans cet ouvrage essentiel une bête charge contre un homme désaimé. En fait, quiconque recense La cause du peuple est condamné à ne rendre que partiellement compte de l'exceptionnelle réflexion qui s'y trouve. Buisson, en fait, fait le portrait de la misère d'une époque qui a le culot de se croire presque irréprochable alors qu'elle pousse les hommes à la misère affective et spirituelle et finalement, à une solitude si violente qu'elle représente peut-être la pire misère qui soit. En creux, il formule un programme de redressement qui est moins fait de mesures ciblées que d'un appel à renouer avec une idée de l'homme autrement plus riche que celle qui domine en modernité avancée: il n'y aura pas de réforme politique sans réforme intellectuelle et morale, dirait-on. L'homme politique ne doit plus voir devant lui une société flottant dans un éternel présent où se meuvent des individus bardés de droits mais un peuple historiquement constitué. Et il doit moins se présenter comme un habile gestionnaire du présent que comme un homme incarnant le passé, le présent et l'avenir d'une civilisation.

Si Nicolas Sarkozy savait parler et faire de bons discours, il ne savait finalement pas incarner sa fonction et encore moins son pays. À lire Patrick Buisson, c'était un comédien de talent qui n'avait pas de vocation sacrificielle. Buisson a échoué a en faire le grand homme qu'il aurait peut-être pu être. Pouvait-il en être autrement? On comprend pourquoi la figure du général de Gaulle hante les pages de La cause du peuple. Mais il ajoute: «de n'avoir pas réussi la mission que je m'étais donnée ne prouve rien. D'autres, je le sais, viendront après moi pour dire et redire que ne font qu'un la cause du peuple et l'amour de la France» (p.442). Un pays dure tant que dure dans le cœur des hommes le désir qu'il persévère dans son être: la flamme de la résistance doit toujours être portée pour un jour le faire renaître mais il arrive qu'ils soient bien peu nombreux à la maintenir. Ce qui habite Patrick Buisson, manifestement, c'est l'espérance d'une renaissance française.

La cité a quelque chose de sacré: à travers elle, l'homme fait l'expérience d'une part essentielle de lui-même, qui le transcende, qui le grandit, qui l'anoblit. « Aimer la France, dit-il, ce n'est pas aimer une forme morte, mais ce que cette forme recèle et manifeste d'impérissable ». Et Buisson ajoute: « Ce n'est pas ce qui mourra ou ce qui est déjà mort qu'il nous faut aimer, mais bien ce qui ne peut mourir et qui a traversé l'épaisseur des temps. Quelque chose qui relève du rêve, désir et vouloir d'immortalité. Quelque chose qui dépasse nos pauvres vies. Et qui transcende notre basse époque. Infiniment » (p.442-443). La cité est gardienne d'une part de l'âme humaine et elle ne saurait bien la garder sans un véritable ancrage anthropologique. Mais elle ne saurait, heureusement, se l'approprier complètement et il appartient aux hommes qui croient à la suite du monde de la cultiver, d'en faire le cœur de leur vie, pour transmettre ce que l'homme ne peut renier sans se renier lui-même, pour honorer ce qu'on ne saurait oublier sans s'avilir intimement.
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samedi, mars 12, 2016

François Hollande ne préparerait-il pas un coup de Jarnac ?

François Hollande ne préparerait-il pas un coup de Jarnac ?

J'ai trouvé cet article assez marrant.

Postulat : Hollande n'a une chance d'être ré-élu que si Sarkozy  est le candidat de la droite. Problème : comment Hollande peut-il faire pour favoriser Sarkozy ?

Facile : dissoudre l'assemblée nationale et nommer Sarkozy premier ministre après la victoire de la droite et Sarko 2 devient le candidat « naturel » de la droite.

Ensuite, le temps fait son oeuvre, Sarkozy premier ministre devient impopulaire, Hollande lui savonne la planche de façon très mitterrandienne et hop, Hollande est ré-élu. Les Français sont tellement cons !

Ce scénario, qui n'a rien d'invraisemblable, se heurte à un obstacle : Hollande n'est pas Mitterrand.

Mitterrand était un salaud. Hollande est un minable.

Bien qu'il soit obsédé par sa ré-élection, il n'aura jamais les couilles de dissoudre.




mercredi, février 17, 2016

En Syrie, l'heure de vérité

En Syrie, l'heure de vérité

Cela me fend le coeur. Si la France était resté aussi fidèle que la Russie à sa tradition politique en Orient, elle serait aujourd'hui un des pivots diplomatiques de cette région au lieu d'être reléguée sur la touche.

On peut aller vers l'orient compliqué avec des idées simples. Encore faut-il que ce soit les bonnes.

Merci Sarkozy et Hollande, les deux abrutis, ignares, incultes, petits magouilleurs sans vision, qui sont responsables et coupables de cette déchéance de rationalité.




jeudi, juillet 30, 2015

Libye : allons-nous être contraints de soutenir Al-Qaida contre Daesh ?

Libye : allons-nous être contraints de soutenir Al-Qaida contre Daesh ?

Lugan décape, comme d'habitude.

L'affaire libyenne est une raison suffisante pour que plus jamais je ne vote Sarkozy.






samedi, juillet 11, 2015

Des tribunaux islamiques en France (et payés par le contribuable, comme de juste)

Bientôt des tribunaux islamiques à Mayotte, payés par les Français !

Nous le devons à Sarkozy. Je dis cela pour tous ceux qui croient qu'il a une différence avec Hollande autre que de style.

Tous ces bobos discours sur «la république» et «la laïcité» ne veulent dire qu'une chose  : «combattons les catholicisme et favorisons l'islam».

Et dire qu'un de mes collègues s'offusque de La nuit du ramadan de la mairie de Paris. Il n'a encore rien vu, le pauvre !

Pendant ce temps, un général américain a trouvé plus dangereux que l'EIIL : l'islamisation de l'Europe. On ne peut guère lui donner tort.






vendredi, mai 01, 2015

Les "Républicains" ? Marc de Scitivaux réagit à la proposition de Nicolas Sarkozy

Marc de Scitivaux, ça envoie du steak, comme dirait un de mes collègues (salut François).

Sarkozy et ses guignols sont habillés pour les hivers 2016, 2017, 2018 et les suivants.



Les "Républicains" ? Marc de Scitivaux réagit à... par

vendredi, avril 17, 2015

Sarko tombe à l’eau

Un seul hêtre (un buisson, plus exactement) vous manque et tout est dépeuplé. Nicolas Sarkozy se perd dans le marécage centriste, celui où on ne prononce jamais les mots tabous : Français, France, nation, pays, frontière, identité, invasion migratoire, souveraineté, drapeau, tradition, combattre, histoire, racines, ennemi, étranger etc …


samedi, février 07, 2015

Sarko Grande Gueule Petits Bras est de retour

Nicolas Sarkozy relance le débat sur l'«islam de France»

Je suis d'accord avec Zemmour : Sarkozy, en perdant Buisson, a perdu sa ligne directrice et, donc, a tout perdu.

Sarkozy, comme Marine Le Pen, croit qu'on gagne les élections en séduisant les medias, c'est-à-dire en penchant à gauche.

Cela a fonctionné pour François Hollande parce qu'il n'y avait pas de paradoxe, parce que l'entente était naturelle.

Cela ne fonctionnera jamais pour Sarkozy et Le Pen : ils ne feront jamais assez, ils ne ne donneront jamais assez de gages de politiquement correct aux medias et ils perdront leurs électeurs.

Comme dit Buisson, Sarkozy est fini.



mardi, novembre 11, 2014

Le moteur de la haine contre Sarkozy

Je pense que, lorsqu'on l'analyse avec un certain détachement, avec sérénité et objectivité, on voit que Nicolas Sarkozy est dans la moyenne de nos politiciens, ni vraiment pire, ni franchement meilleur.

Pourtant, sa personne suscite dans la classe jacassante une haine hors de proportion avec ce qui se pratique pour les autres politiciens. Par exemple, François Hollande, malgré tout le discrédit qui le touche, est très loin d'être aussi violemment attaqué dans sa personne que Nicolas Sarkozy.

J'en suis venu à penser que l'anti-sarkozysme est une haine de classe. La France d'en haut déteste Nicolas Sarkozy parce qu'il essaie de séduire la France d'en bas.

A cet égard, le destin de Marine Le Pen est intéressant : depuis qu'elle a fait allégeance aux totems et grigris de la classe jacassante, ce qu'on appelle la dédiabolisation, les medias l'emmerdent beaucoup moins.

Comprenez moi bien : il s'agit uniquement d'image, de perception, car, en réalité, Nicolas Sarkozy fait autant partie de la France d'en haut que les autres, comme l'a amplement prouvé le conformisme technocratique de sa politique entre 2007 et 2012.

Mais la France d'en haut perçoit bien que si elle veut continuer à étouffer la France d'en bas, elle doit la priver de tout espoir, colmater la moindre brèche, même illusoire.

mardi, septembre 23, 2014

Zemmour : Sarkozy en Louis XVI


Éric Zemmour : "Le référendum, rideau de fumée... par rtl-fr

Nombre d'éditorialistes l'ont souligné : pour avoir une chance sérieuse de mener une politique bonne pour la France après 2017, s'il était élu, Nicolas Sarkozy doit dire non pas «J'ai changé» mais «J'ai compris pourquoi j'ai perdu en 2012, c'est pour telle et telle raison précise, et j'en ai tiré les leçons», sous-entendu, «je ne recommencerai pas».

Or, il semble bien qu'il en soit totalement incapable de cette analyse.

vendredi, septembre 19, 2014

Sur le «retour» de Sarkozy

l’inéluctable retour de Sarkozy

Eric Zemmour
Il n’avait pas le choix. Son retour était inéluctable. Un retour à épisodes. Le retour dans le bureau du juge d’instruction. Dans les pages Justice des médias. Un retour encouragé, programmé par le pouvoir socialiste en dépit de ses dénégations hypocrites et vertueuses. Sarkozy avait le choix entre le retour chez le juge et le retour à la tête de l’UMP. On aura donc le juge et l’UMP, mais celui-ci servant de bouclier contre celui-là. Il y a du Berlusconi dans Sarkozy. La menace des juges italiens poussa « Sua Emittenza » à se lancer en politique. A créer Forza Italia sur les ruines de la Démocratie chrétienne. A être à deux reprises président du Conseil.
Sarkozy pourrait être tenté d’imiter son ancien ami transalpin. Fonder un nouveau parti après avoir achevé une UMP minée par les divisions et les scandales. Faire monter une nouvelle génération. Des jeunes et des femmes, de la diversité. Il trouvera sans peine un clone de Najat, une nouvelle Rachida ou Rama. Tout changer pour que rien ne change.
C’est l’épée de Damoclès qui pend au-dessus de la tête de l’ancien Président. Se contenter de dire : je reviens. Je fus et je serai. L’anti-hollandisme sera à Sarkozy ce que l’anti-sarkozysme fut à Hollande. Un marchepied d’une redoutable efficacité ; mais un piège mortel. Un écran de fumée qui fait croire à Sarkozy que son seul retour suffira à tout changer. Mais c’est oublier que Sarkozy à l’Elysée n’a nullement réglé les contradictions fondamentales qui minent notre pays : entre la Ve République et l’Europe ; entre la liberté de mouvement des marchandises et des capitaux et notre modèle social ; entre la maîtrise de l’immigration, de la délinquance, et les rigueurs incapacitantes de l’Etat de droit.
Sarkozy cède au fantasme si français de l’homme providentiel. Mais les deux plus grands hommes providentiels de l’Histoire de France, de Gaulle et Bonaparte, avaient pris la précaution de renverser la table. De Gaulle établit de nouvelles règles du jeu institutionnel. Bonaparte forgea un code civil et une organisation administrative de l’Etat. Ils ne crurent pas, eux, que leur intelligence, leur énergie, leur autorité - pourtant infiniment supérieures à celles de Sarkozy - suffiraient à imposer leurs volontés.
En faisant de son retour le seul changement, en ne croyant qu’aux personnes, les conseillers de Sarkozy le poussent à suivre la doxa dominante, européiste et multiculturaliste. Le refus apparent des idéologies est une idéologie. Faire de l’ancien Président le rempart anti-FN conduira à la chiraquisation de Sarkozy, à sa transformation en un candidat du centre. Pour la plus grande fureur de l’électorat populaire et la plus grande joie de Marine Le Pen.

vendredi, juillet 04, 2014

De quoi l'antisarkozysme rabique est-il le nom ?

Suite à mon premier billet sur le sujet :

Vous savez que je ne porte pas Nicolas Sarkozy dans mon coeur mais je m'efforce de lui opposer des critiques rationnelles, proportionnées.

Or, il y a un type de critiques qui me dérange et suscite ma perplexité : l'antisarkozysme viscéral, qui s'attaque à la personne, au physique, insulte ou, plus subtilement (mais cela revient au même), qui voit Sarkozy tout en noir.

Je sais bien qu'il faut être con comme un balai pour croire que la politique est rationnelle, qu'elle se fait à coups de débat argumenté. Non, la politique se fait avec des images, des impressions, des connotations, des amalgames. Mais, tout de même, cet oubli total de la rationalité chez quelques uns dès qu'on prononce «Sarkozy» m'intrigue.

Nicolas Sarkozy est l'homme que certains aiment haïr, pourquoi ?

C'est presque une étude psychanalytique collective qu'il faudrait faire.

Bien sûr, derrière l'antisarkozysme viscéral de beaucoup, il y a finalement des petits intérêts personnels bien rationnels. Mais cela ne me suffit pas comme explication.

Je pense que le fond du problème est le style Sarkozy, indépendamment de ses idées et de ses actions politiques : agité, vibrionnant. Je pense à René Char : «La France a des réactions d'épave dérangée dans son sommeil». Par son style, Sarkozy nous empêche de mourir en paix, bourgeoisement, à cause de toute l'énergie dont il éclabousse l'écran.

Je n'emploie pas «bourgeoisement» par hasard : je pense qu'il y a dans l'antisarkozysme viscéral un mépris de classe. La classe jacassante méprise celui qui est toujours par certains cotés un «petit chose», bien qu'issu d'une famille bourgeoise. La maitresse de maison Bilger lui en voudra toujours de s'essuyer les doigts sur la nappe et le regardera toujours de haut, comme un parvenu qu'on tolère à cause de son argent mais qui ne sera jamais des nôtres. On remarque que Marine Le Pen, qui répond bien à tous les codes de la bourgeoisie (et ne menace aucune rente) est désormais moins victime d'un discours haineux que Nicolas Sarkozy.

Bref, je pense que la racine profonde de l'antisarkozysme viscéral, c'est que Nicolas Sarkozy est encore un peu vivant alors que la bourgeoisie aimerait bien qu'on laisse mourir la France en paix.

Le destin de Nicolas Sarkozy m'indiffère car je ne crois pas qu'il soit le sauveur de la France. En revanche, les réactions qu'il suscite ne laissent pas de m'inquiéter car elles révèlent que la France ne supporte plus l'énergie. Or, si sauveur il devait y avoir, il serait nécessairement énergique comme Nicolas Sarkozy.

La France, ou du moins la partie qu'on en entend, n'a plus en envie de vivre et c'est cela que révèle, à mon sens, l'antisarkozysme rabique.

jeudi, juillet 03, 2014

Fil Anti-sarkozysme primaire

J'ai mes raisons de ne pas aimer Nicolas Sarkozy, que mes fidèles lecteurs connaissent. Mais, du moins, j'essaie de rester dans le domaine du rationnel, de l'argumenté.

Or, ce qui me frappe, chez certains, c'est justement que l'antisarkozysme sort du domaine du rationnel.

Je peux le comprendre de Philippe Bilger, par exemple, puisque Nicolas Sarkozy avait mis en cause son frère, aujourd'hui décédé. Nous sommes alors dans le sentimental.

Mais les autres ? Nicolas Sarkozy ne me semble pas pire que les politiciens ordinaires et, pourtant, les attaques qu'il subit sont sans commune mesure.

C'est pourquoi j'aimerais bien que vous me donniez votre avis en commentaire.

lundi, mars 17, 2014

Libye : à quand le procès de Bernard-Henri Lévy et de Nicolas Sarkozy ?

J'attends avec impatience le tribunal pénal international qui fera un procès à Nicolas Sarkozy et à Bernard-Henri Lévy pour l'éclatement de la Libye, le chaos, l'anarchie et la guerre civile qui s'en suivent.

Bien sûr, je sais que cela n'arrivera pas. Et pourtant, cela serait mérité.

J'ai une opinion mitigée de Nicolas Sarkozy, ni admirateur invétéré ni ennemi farouche, mais je pense que sa politique libyenne est une bourde gigantesque qui s'apparente à un crime.

Notons que François Hollande est capable des mêmes conneries : il n'a pas tenu à sa volonté de ne pas les répéter en Syrie, mais à l'intervention russe et au manque de soutien américain.

François Hollande et Nicolas Sarkozy ont un point commun. Qu'est leur métier, leur domaine d'expertise ? Le truc dont personne ne doute qu'ils y ont un savoir-faire, une opinion personnelle, un avis ? C'est l'électoralisme.

Pour le reste, ils sont des terrains vierges sur lequel s'opposent des conseillers et, avec un peu de chance, un avis pas trop débile l'emporte. Mais si, par malheur, un conseiller illuminé prend l'ascendant, ils n'ont guère de freins intérieurs, étant incultes et n'ayant réfléchi à rien en dehors de «comment me faire élire ?», pour les empêcher de prendre des décisions absurdes.

Ca fout les jetons.

vendredi, janvier 31, 2014

Pourquoi Sarkozy ne reviendra pas


Sarkozy tentera de revenir mais échouera :

1) A cause de la forme  : pour revenir, il faut être parti. Or, Sarkozy ne parvient pas à laisser aller et à faire vraiment silence. Il a besoin d'être le centre du monde et qu'on parle  de lui, cela le perdra.

2) A cause du fond : Sarkozy n'a pas d'être politique. Un peu comme Hollande en période électorale, il est un écran blanc. Il est tour libéral et protectionniste, progressiste et conservateur, européiste et patriote.






jeudi, mai 31, 2012

Déjà, la nostalgie

Je trouve excellente cette chronique de Stéphane Denis dans Valeurs Actuelles. Elle traduit exactement mon sentiment.

L'allusion à l'invasion de la Pologne est une reprise de Woody Allen : «Quand j'écoute trop Wagner, j'ai envie d'envahir la Pologne.»



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Déjà, la nostalgie 

Stéphane Denis

le jeudi, 31/05/2012

– Comment trouvez-vous le nouveau gouvernement ?

– Un peu cheap.

 – Ce n’est pas une raison pour parler anglais.

– Pardonnez-moi, je ne trouve pas l’équivalent en français. Petit bras, peut-être.

– Vous voulez parler du style ? De François Hollande dans sa Citroën hybride ou de Duflot en jean ?

– Pas vraiment. Duflot a eu raison de mettre un jean, pour une fois il était propre et il lui va bien. Si ça plaît au président de se ridiculiser dans une voiture trop petite pour remonter les Champs-Élysées déserts, on aurait dit les Bidochon sur la route des vacances, c’est son affaire. Non, c’est autre chose. Un mélange d’amateurisme et d’entre-soi.

– C’est vrai, on a l’impression qu’ils n’ont jamais rien vu.

– Mais ils n’ont jamais rien vu. Ce sont des socialistes : ils vivent entre eux, avec des problèmes de socialistes, dans des réunions de socialistes, en parlant le socialiste.

– J’ai compris. Vous êtes comme les journaux qui les soutiennent, comme Laurent Joffrin qui les met en garde dans le Nouvel Observateur, vous les trouvez trop gentils.

– Mais ils ne sont pas trop gentils. Ils ne sont pas gentils du tout. Ils sont extrêmement sectaires, pour commencer. Prenez M. Musca, secrétaire général de l’Élysée du président Sarkozy. Il aurait dû être nommé à la direction de la Caisse des dépôts et consignations. Pour un secrétaire général battu, il y avait là quelque chose de naturel, qui tient à parts égales du dépôt et de la consignation : M. Musca était confié à l’État qu’il avait servi en attendant que la chance lui sourie à nouveau. Le président Sarkozy n’a pas voulu le faire avant le résultat de l’élection, alors qu’il le pouvait, c’était l’usage. Cette délicatesse charmante vient de recevoir sa récompense : le président Hollande va en nommer un autre. Un à lui. Vous verrez que ce sera tout le temps comme cela. Entre socialistes, vous dis-je.

– Qu’est-ce que parler le socialiste ?

– Des mots comme “république” ou “responsabilité” prononcés sur un ton définitif, plus personne dès qu’il faut prendre une décision, une grande détermination sur les principes et une grande souplesse dans leur application. On baigne là-dedans depuis trois semaines.

– C’est tout ?

– Non, il y a aussi le recours universel à l’argent des autres, mais nous en avons déjà parlé.

– Pourtant, qu’il s’agisse de Bruxelles, de Chicago, de Berlin, le président Hollande se montre partout très ferme.

– Oui, il a pris 10 kilos.

– Je croyais que vous l’aimiez bien.

– Je l’aime beaucoup. Je crois simplement qu’il a une haute idée de lui-même depuis qu’il a été élu et que cela suffit à son horizon.

– Allons donc, il sait se montrer impitoyable. Tenez, il a fait signer par les ministres une charte de déontologie.

– Et dans le quart d’heure trois d’entre eux se sont fait pincer, mais c’est le problème des chartes de déontologie : la charte c’est pour le public, la déontologie, c’est pour les autres. En maintenant si jovialement Ayrault, Montebourg et Taubira en place, François Hollande a fait preuve d’un cynisme dont j’avais oublié qu’il fût capable.

– Cependant les médias saluent le retentissement mondial de son élection, les perspectives qu’il a ouvertes en Europe, l’enthousiasme du pays rassemblé.

– Vous voulez parler des médias français. Il faut les comprendre : les uns se sont retournés, les autres ont fait campagne contre le président Sarkozy ; il faut bien qu’ils trouvent aujourd’hui son successeur remarquable, que dis-je, surhumain ! Mais cela dit, je me demande…

– Oui ?

– Je ne sens pas beaucoup de conviction dans ces articles. On dirait que leurs auteurs cherchent à se persuader. Je flaire même un léger doute.

– Allons donc ! Vous n’allez pas regretter l’ancien régime ?

– Mais si ! La fausse modestie du nouveau m’horripile, sa vertu m’exaspère et son perpétuel “Nous verrons après une vaste concertation” me donne envie d’envahir la Pologne. Quand je pense aux foucades du président Sarkozy, son style épouvantable, son entregent international… Nous ne connaissions pas notre bonheur !

Stéphane Denis

jeudi, mai 03, 2012

Sarkozy bouc-émissaire : j'ai honte des Français

Je suis conservateur.

Je suis ce que Thomas Sowell appelle un tenant de la vision tragique : je ne crois pas au progrès de l'homme, je pense que les hommes d'une tribu juive du IIème siècle avant Jésus-Christ, d'une ville de la Renaissance italienne ou les Français du XXIème siècle ne sont ni meilleurs ni pires. Je pense que cela demande un effort gigantesque pour garder une parcelle de civilisation.

Bien que dépourvu d'illusions, j'ai honte de la campagne électorale que nous vivons.

Si Nicolas Sarkozy perdait les élections argument contre argument, je ne trouverais pas grand'chose à redire.

Mais non, pas du tout.

Nicolas Sarkozy a été chargé de tous les péchés de la tribu, couvert d'injures, d'insultes, d'anathèmes, dans un climat d'hystérie qui n'est pas sans rappeler les transes, et maintenant, on s'apprête à l'expédier dans le désert en espérant qu'ainsi tous les problèmes de la tribu disparaîtront.

J'ai honte.

Exorcismes