Je suis Adam Tooze avec grand intérêt :
Beyond the crash: "Politics don’t matter; market forces shape our world." So ran the dominant ethos before 2008. Adam Tooze, the author of a landmark book, says it was always an illusion.
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mercredi, août 15, 2018
dimanche, juillet 08, 2018
Crise de 2008 : nouveau monde ou dernière crise du XXème siècle ?
Adam Tooze (dont j'explore en ce moment le blog) prépare un livre sur le changement de monde économico-financier. Je n'ai pas réussi à aller jusqu'au bout de son précédent (The wages of destruction) pourtant passionnant (1), mais trop abscons.
Tooze remarque que la crise de 2008 est la faillite de la macro-économie classique et des comptes nationaux. En effet, la crise n'est absolument pas venue des déséquilibres entre nations (déficit budgétaire américain, excédents allemands et chinois, ...) comme s'y attendaient à tort les macro-économistes.
La crise est venue du système financier mondialisé qu'il est impossible d'analyser correctement à travers les comptes nationaux. Une banque peut avoir des actifs à New-York et des dettes à Hong-Kong, les deux interagissent d'une manière que ne peuvent pas prendre en compte les agrégats nationaux (PIB, balance commerciale et compagnie).
Il émet donc deux hypothèses de travail :
1) Le schéma classique « L'économie "réelle" provoque une crise financière qui en devient le symptôme aggravé » est devenue faux. La crise de 2008 est une crise de financiers entre eux qui s'est transmise à l'économie "réelle", et non l'inverse.
2) Ce qui compte, ce n'est pas la macro-économie entre nations mais les relations entre ensembles économiques indépendamment des frontières (relations des assureurs avec les banques par exemple). Il propose donc d'inventer une nouveau terme : « macro-finance ».
C'est nouveau. Mais c'est aussi l'ancien monde, celui de Bretton Woods : cette internationalisation de la finance qui se rit des frontières pourrait bien être à la fin de son histoire et non à son début.
Si, comme on leur en prête l'intention, la Chine et la Russie détrônent le roi-dollar, les comptes nationaux retrouveront leur importance classique.
*************
(1) : sa thèse est que le calendrier hitlérien a eu comme fil directeur les contraintes économiques. En 1939, la politique allemande de réarmement atteignait ses limites, il fallait entrer en guerre avant que les Alliés ne rattrapent leur retard. Une fois la France soumise et exploitée, il était nécessaire de conquérir les ressources russes pour faire face aux empires britannique et américain.
Tooze remarque que la crise de 2008 est la faillite de la macro-économie classique et des comptes nationaux. En effet, la crise n'est absolument pas venue des déséquilibres entre nations (déficit budgétaire américain, excédents allemands et chinois, ...) comme s'y attendaient à tort les macro-économistes.
La crise est venue du système financier mondialisé qu'il est impossible d'analyser correctement à travers les comptes nationaux. Une banque peut avoir des actifs à New-York et des dettes à Hong-Kong, les deux interagissent d'une manière que ne peuvent pas prendre en compte les agrégats nationaux (PIB, balance commerciale et compagnie).
Il émet donc deux hypothèses de travail :
1) Le schéma classique « L'économie "réelle" provoque une crise financière qui en devient le symptôme aggravé » est devenue faux. La crise de 2008 est une crise de financiers entre eux qui s'est transmise à l'économie "réelle", et non l'inverse.
2) Ce qui compte, ce n'est pas la macro-économie entre nations mais les relations entre ensembles économiques indépendamment des frontières (relations des assureurs avec les banques par exemple). Il propose donc d'inventer une nouveau terme : « macro-finance ».
C'est nouveau. Mais c'est aussi l'ancien monde, celui de Bretton Woods : cette internationalisation de la finance qui se rit des frontières pourrait bien être à la fin de son histoire et non à son début.
Si, comme on leur en prête l'intention, la Chine et la Russie détrônent le roi-dollar, les comptes nationaux retrouveront leur importance classique.
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(1) : sa thèse est que le calendrier hitlérien a eu comme fil directeur les contraintes économiques. En 1939, la politique allemande de réarmement atteignait ses limites, il fallait entrer en guerre avant que les Alliés ne rattrapent leur retard. Une fois la France soumise et exploitée, il était nécessaire de conquérir les ressources russes pour faire face aux empires britannique et américain.
samedi, décembre 22, 2012
La sortie de crise idéale
Je décris cette sortie de crise idéale par pur plaisir intellectuel, je sais qu'elle n'a aucune chance de recevoir un début de commencement de réalité :
> privatisation de l'économie, réduction de l'Etat aux fonctions régaliennes. Privatisation d'EDF, de la SNCF, de l'éducation, de la santé, des assurances sociales etc. Suppression du statut de la fonction publique (sauf pour les fonctions régaliennes). Diminution des impôts et des déficits.
> Réduction du mille-feuilles administratif et social-clientéliste (division par deux de tout : nombre de couches, de communes, d'élus).
> sortie de l'Euro.
> banqueroute des deux-tiers.
> fermeture des frontières à l'immigration extra-européenne.
> privatisation de l'économie, réduction de l'Etat aux fonctions régaliennes. Privatisation d'EDF, de la SNCF, de l'éducation, de la santé, des assurances sociales etc. Suppression du statut de la fonction publique (sauf pour les fonctions régaliennes). Diminution des impôts et des déficits.
> Réduction du mille-feuilles administratif et social-clientéliste (division par deux de tout : nombre de couches, de communes, d'élus).
> sortie de l'Euro.
> banqueroute des deux-tiers.
> fermeture des frontières à l'immigration extra-européenne.
dimanche, octobre 07, 2012
Baltikum (2)
J'ai oublié deux points dans mon précédent billet :
> en postface, Venner publie le récit de sa visite à Ernst Von Salomon quelques mois avant sa mort. C'est étrange de voir ce bourgeois, qui fut un reitre, dans la RFA châtrée (un des fondateurs des Corps Francs finit sa vie comme organisateur du festival de Bayreuth).
> il est à la mode chez certains pompeux imbéciles de prétendre que l'Allemagne d'aujourd'hui est traumatisée par l'hyper-inflation des années 20 et d'autres imbéciles tout aussi pompeux de répondre que le vrai drame, c'est la déflation des années 30 qui amena Hitler au pouvoir.
Débat oiseux et sans intérêt : l'Allemagne des années 20 et 30 était en plein chaos et il est académique de débattre si, dans la tempête, telle vague est plus dangereuse que telle autre.
D'ailleurs, rechercher l'aversion actuelle de l'Allemagne à l'inflation dans un quelconque traumatisme historique prouve qu'on est un con qui n'a rien compris à la situation de 2012. Si l'Allemagne refuse l'inflation, ce n'est pas par traumatisme historique mais par intérêt : tous les pays vieillissants redoutent l'inflation.
D'autre part, je suis stupéfait de constater que l'Allemagne est en train de conquérir l'hégémonie continentale européenne, ce qu'elle avait échoué à faire en deux guerres mondiales.
Bien sûr, la France est associée à cette hégémonie. Comme vassal obéissant. Je ne suis pas sûr que les Français s'en réjouissent, heureusement nos intelligents politiciens font bien attention de ne pas demander l'avis de ces abrutis (qu'ils sont tout de même bien contents de trouver quand il s'agit de raquer les impôts confiscatoires dont ils se repaissent, rappelons le au passage).
> en postface, Venner publie le récit de sa visite à Ernst Von Salomon quelques mois avant sa mort. C'est étrange de voir ce bourgeois, qui fut un reitre, dans la RFA châtrée (un des fondateurs des Corps Francs finit sa vie comme organisateur du festival de Bayreuth).
> il est à la mode chez certains pompeux imbéciles de prétendre que l'Allemagne d'aujourd'hui est traumatisée par l'hyper-inflation des années 20 et d'autres imbéciles tout aussi pompeux de répondre que le vrai drame, c'est la déflation des années 30 qui amena Hitler au pouvoir.
Débat oiseux et sans intérêt : l'Allemagne des années 20 et 30 était en plein chaos et il est académique de débattre si, dans la tempête, telle vague est plus dangereuse que telle autre.
D'ailleurs, rechercher l'aversion actuelle de l'Allemagne à l'inflation dans un quelconque traumatisme historique prouve qu'on est un con qui n'a rien compris à la situation de 2012. Si l'Allemagne refuse l'inflation, ce n'est pas par traumatisme historique mais par intérêt : tous les pays vieillissants redoutent l'inflation.
D'autre part, je suis stupéfait de constater que l'Allemagne est en train de conquérir l'hégémonie continentale européenne, ce qu'elle avait échoué à faire en deux guerres mondiales.
Bien sûr, la France est associée à cette hégémonie. Comme vassal obéissant. Je ne suis pas sûr que les Français s'en réjouissent, heureusement nos intelligents politiciens font bien attention de ne pas demander l'avis de ces abrutis (qu'ils sont tout de même bien contents de trouver quand il s'agit de raquer les impôts confiscatoires dont ils se repaissent, rappelons le au passage).
mardi, novembre 15, 2011
Monétisation des dettes publiques, une très mauvaise idée... à la mode
La monétisation de la dette, c'est toujours cette pensée magique, anti-économique, comme la fumeuse histoire d'abolition de la loi de 1973, qui fait croire qu'il y aurait quelque part une source de richesses gratuite qui permet de rembourser nos dettes sans efforts ni souffrances.
Comme Vincent Bénard en a déjà causé, allez voir chez Vincent :
Monétisation des dettes publiques, une très mauvaise idée... à la mode
Comme Vincent Bénard en a déjà causé, allez voir chez Vincent :
Monétisation des dettes publiques, une très mauvaise idée... à la mode
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crise,
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Fin de l'Etat-mamma
dimanche, octobre 09, 2011
Recapitalisation des banques : erreur historique
Comme l'explique très bien Charles Gave, l'exigence de recapitalisation des banques conjuguée aux normes de fonds propres plus sévères Bâle III est une erreur historique aux conséquences dramatiques :
> aucune recapitalisation ne peut sauver une banque mal gérée de la faillite suite à une cascade de défauts souverains.
> en conjuguant deux exigences qui vont dans le sens d'un assèchement du crédit, on risque de mettre l'économie en panne sèche.
Et comme nous sommes déjà en crise, rajouter à la crise ne peut qu'aboutir à un drame. Nous sommes dans la même configuration que les pays s'accrochant à l'étalon-or dans les années 20 : les remèdes proposés aggravent le mal au point de le rendre mortel. Nous connaissons la suite : les trop fameuses zeures les plus sombres ...
La solution est pourtant connue. Hélas, elle contrarie le lobby des banquiers qui tient dans sa main les gouvernements européens :
> faillite ordonnée des banques (conversion forcée des dettes en capital)
> éclatement des banques en question (pas de «too big tobe saved»)
> mon dada : banques en commandite obligatoire (dirigeants responsables sur leurs biens propres à vie).
Nous sommes dirigés par la lie de nos sociétés.
> aucune recapitalisation ne peut sauver une banque mal gérée de la faillite suite à une cascade de défauts souverains.
> en conjuguant deux exigences qui vont dans le sens d'un assèchement du crédit, on risque de mettre l'économie en panne sèche.
Et comme nous sommes déjà en crise, rajouter à la crise ne peut qu'aboutir à un drame. Nous sommes dans la même configuration que les pays s'accrochant à l'étalon-or dans les années 20 : les remèdes proposés aggravent le mal au point de le rendre mortel. Nous connaissons la suite : les trop fameuses zeures les plus sombres ...
La solution est pourtant connue. Hélas, elle contrarie le lobby des banquiers qui tient dans sa main les gouvernements européens :
> faillite ordonnée des banques (conversion forcée des dettes en capital)
> éclatement des banques en question (pas de «too big tobe saved»)
> mon dada : banques en commandite obligatoire (dirigeants responsables sur leurs biens propres à vie).
Nous sommes dirigés par la lie de nos sociétés.
mercredi, octobre 05, 2011
Regarde les banques tomber (épisode 2 : le retour de la vengeance de la dette pourrie, et elle est pas contente) ?
Va-t-on vers un enchainement de chutes de banques, comme en 2008 ? Je ne crois pas.
Certes, la faillite ordonnée des banques pourries serait une saine solution, à la fois juste et efficace.
Mais les gouvernements sont dans la main du lobby bancaire, qui a réussi à convaincre nos gouvernants qu'une des leçons (fausse, mais nos gouvernants n'ont aucune culture économique) de la crise de 1929 est qu'il ne faut jamais laisser tomber les banques.
En réalité, la leçon est que la faillite des banques doit être ordonnée, ce qui est très différent.
A cela s'ajoute le problème du «too big to fail / too big to be saved» : les banques islandaises et des centaines de banques régionales américaines ont fait faillite depuis 2008 sans conséquence funeste car elles n'avaient pas une taille dangereuse. Et cela a assaini partiellement le système.
L'idéal pour les banques mammouthesques est de les démanteler par un coup de force pour éviter la panique des marchés en profitant, par exemple, d'un week-end prolongé.
Mais le temps est fini où ce genre d'affaires pouvaient se régler entre le Président, le ministre des finances et le président de la banque de France. Aujourd'hui, il faudrait élargir ce complot à tant de monde que le secret, essentiel à l'affaire, ne pourrait être préservé.
Ne nous le cachons : ne pas pouvoir agir de manière secrète et décisive est un handicap peut-être mortel de notre démocratie jacassante et plaideuse.
Puisque la décision juste et efficace est exclue, nous prendrons la décision injuste et inefficace, à savoir «faire marcher la planche à billets», faire racheter les dettes pourries par la BCE. Elle a de plus l'avantage d'être démagogique.
Elle spolie les épargnants et décourage les investisseurs ? On s'en fout : combien de voix aux élections ?
Les banques naufragées seront donc secourues au détriment des contribuables, des créanciers de l'Etat, des épargnants et des investisseurs.
Comme l'indiquait ce matin à BFM Jean-Pierre Petit (un des très rares économistes à avoir vu juste depuis longtemps), la crise que l'Europe traverse est avant tout une crise intellectuelle et morale, l'économie n'est qu'un symptôme. Nous payons notre préférence pour les vieilles générations sur les jeunes, pour les situations acquises sur l'innovation, pour le loisir sur le travail, pour la consommation sur la production, pour l'endettement sur l'épargne, pour l'assistanat sur la prévoyance, pour le communisme sur le libéralisme.
Les efforts nécessaires sont dificiles mais pas impossibles. Le drame est que nous n'y pensons même pas : de l'extrême gauche à l'extrême droite, pas un seul parti ne propose une de ses idées qui permettraient de nous en sortir (1).
************
(1) : à part le FN avec la sortie de l'Euro, mais dans un contexte étatiste et protectionniste fou.
Certes, la faillite ordonnée des banques pourries serait une saine solution, à la fois juste et efficace.
Mais les gouvernements sont dans la main du lobby bancaire, qui a réussi à convaincre nos gouvernants qu'une des leçons (fausse, mais nos gouvernants n'ont aucune culture économique) de la crise de 1929 est qu'il ne faut jamais laisser tomber les banques.
En réalité, la leçon est que la faillite des banques doit être ordonnée, ce qui est très différent.
A cela s'ajoute le problème du «too big to fail / too big to be saved» : les banques islandaises et des centaines de banques régionales américaines ont fait faillite depuis 2008 sans conséquence funeste car elles n'avaient pas une taille dangereuse. Et cela a assaini partiellement le système.
L'idéal pour les banques mammouthesques est de les démanteler par un coup de force pour éviter la panique des marchés en profitant, par exemple, d'un week-end prolongé.
Mais le temps est fini où ce genre d'affaires pouvaient se régler entre le Président, le ministre des finances et le président de la banque de France. Aujourd'hui, il faudrait élargir ce complot à tant de monde que le secret, essentiel à l'affaire, ne pourrait être préservé.
Ne nous le cachons : ne pas pouvoir agir de manière secrète et décisive est un handicap peut-être mortel de notre démocratie jacassante et plaideuse.
Puisque la décision juste et efficace est exclue, nous prendrons la décision injuste et inefficace, à savoir «faire marcher la planche à billets», faire racheter les dettes pourries par la BCE. Elle a de plus l'avantage d'être démagogique.
Elle spolie les épargnants et décourage les investisseurs ? On s'en fout : combien de voix aux élections ?
Les banques naufragées seront donc secourues au détriment des contribuables, des créanciers de l'Etat, des épargnants et des investisseurs.
Comme l'indiquait ce matin à BFM Jean-Pierre Petit (un des très rares économistes à avoir vu juste depuis longtemps), la crise que l'Europe traverse est avant tout une crise intellectuelle et morale, l'économie n'est qu'un symptôme. Nous payons notre préférence pour les vieilles générations sur les jeunes, pour les situations acquises sur l'innovation, pour le loisir sur le travail, pour la consommation sur la production, pour l'endettement sur l'épargne, pour l'assistanat sur la prévoyance, pour le communisme sur le libéralisme.
Les efforts nécessaires sont dificiles mais pas impossibles. Le drame est que nous n'y pensons même pas : de l'extrême gauche à l'extrême droite, pas un seul parti ne propose une de ses idées qui permettraient de nous en sortir (1).
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(1) : à part le FN avec la sortie de l'Euro, mais dans un contexte étatiste et protectionniste fou.
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lundi, août 29, 2011
Les vieux cons
Ces vieux qu'on adore détester
Je trouve cet article juste. Les vieux que je fréquente dans des associations ressemblent beaucoup (pas tous) à cette description. Il faut dire que notre génération de vieux est particulièrement détestable : il s'agit des soixante-huitards qui se sont comportés comme prétendument Louis XV, après nous le déluge.
Une des questions politiques qui va devenir brulante est : comment les jeunes vont-ils faire pour ne plus payer pour les vieux ? Et inversement : comment les vieux vont-ils faire pour obliger les jeunes à continuer de payer ?
Les jeunes qui payent pour les vieux, c'est une nouveauté : jusqu'à il y a un demi-siècle, les vieux passaient la main relativement vite. Ils ne vivaient pas pendant des décennies au crochet des jeunes.
Cet enjeu court en filigrane des questions apparemment économiques de la crise. En effet, les vieux sont les rentiers de leur placements immobiliers et de leurs «droits acquis» sur les jeunes.
Or, c'est bien la question qui se pose aujourd'hui : cherche-t-on comme depuis trente ans à favoriser une économie de rente (pas d'inflation, immobilier qui grimpe, emprunts d'Etat qui rapportent plus que les actions, retraites précoces, chômage des jeunes, zéro dynamisme) ou va-t-on basculer vers une économie dynamique, auquel cas les placements immobiliers et les droizacquis des vieux prendront un sacré coup de fusil ?
On peut d'ailleurs poser la même question à propos de la lubie de la décroissance des écolos : la décroissance est favorable aux vieux qui, comme par hasard, constitue une grosse part des électorats socialiste et écolo.
Je trouve cet article juste. Les vieux que je fréquente dans des associations ressemblent beaucoup (pas tous) à cette description. Il faut dire que notre génération de vieux est particulièrement détestable : il s'agit des soixante-huitards qui se sont comportés comme prétendument Louis XV, après nous le déluge.
Une des questions politiques qui va devenir brulante est : comment les jeunes vont-ils faire pour ne plus payer pour les vieux ? Et inversement : comment les vieux vont-ils faire pour obliger les jeunes à continuer de payer ?
Les jeunes qui payent pour les vieux, c'est une nouveauté : jusqu'à il y a un demi-siècle, les vieux passaient la main relativement vite. Ils ne vivaient pas pendant des décennies au crochet des jeunes.
Cet enjeu court en filigrane des questions apparemment économiques de la crise. En effet, les vieux sont les rentiers de leur placements immobiliers et de leurs «droits acquis» sur les jeunes.
Or, c'est bien la question qui se pose aujourd'hui : cherche-t-on comme depuis trente ans à favoriser une économie de rente (pas d'inflation, immobilier qui grimpe, emprunts d'Etat qui rapportent plus que les actions, retraites précoces, chômage des jeunes, zéro dynamisme) ou va-t-on basculer vers une économie dynamique, auquel cas les placements immobiliers et les droizacquis des vieux prendront un sacré coup de fusil ?
On peut d'ailleurs poser la même question à propos de la lubie de la décroissance des écolos : la décroissance est favorable aux vieux qui, comme par hasard, constitue une grosse part des électorats socialiste et écolo.
samedi, août 27, 2011
Crise des dettes étatiques : les pauvres vont morfler, c'est bien fait pour leur gueule. Salauds de pauvres !
Petite nouvelle au passage :
Le bénéfice net trimestriel du groupe public La Poste a plongé de 21,2 % en raison d'une provision de 158 millions d'euros prise du fait de la perte de valeur des titres grecs que détient sa filiale bancaire.
La Poste est une des banques les plus lestées en créances étatiques dont on n'est pas sûr de revoir la couleur un jour.
Résumons l'effet de la crise sur les pauvres :
> leurs banques vont faire faillite et ils vont se retrouver le bec dans l'eau, car, eux, ils n'ont pas les moyens de planquer leur argent en Suisse ou d'acheter de l'or.
> les prestations d'assistanat vont en prendre un coup (mauvaise nouvelle à court terme, c'en est une bonne à long terme).
> leurs impôts, notamment TVA et la CSG, vont grimper en flèche.
> ils vont connaître un regain de chomdu.
> les prix, logement, essence et bouffe, vont faire un bond olympique.
Bref, tout est nominal : les pauvres vont en prendre plein la gueule tandis que les riches s'en sortiront.
Non, ce qui est choquant, c'est que les riches socialistes vont venir nous faire la leçon et étaler leur générosité et leur belle âme. Cela, c'est vraiment insupportable. C'est dégueulasse à vomir. Je préfère les riches de droite : eux au moins ne viennent pas nous emmerder.
Le bénéfice net trimestriel du groupe public La Poste a plongé de 21,2 % en raison d'une provision de 158 millions d'euros prise du fait de la perte de valeur des titres grecs que détient sa filiale bancaire.
La Poste est une des banques les plus lestées en créances étatiques dont on n'est pas sûr de revoir la couleur un jour.
Résumons l'effet de la crise sur les pauvres :
> leurs banques vont faire faillite et ils vont se retrouver le bec dans l'eau, car, eux, ils n'ont pas les moyens de planquer leur argent en Suisse ou d'acheter de l'or.
> les prestations d'assistanat vont en prendre un coup (mauvaise nouvelle à court terme, c'en est une bonne à long terme).
> leurs impôts, notamment TVA et la CSG, vont grimper en flèche.
> ils vont connaître un regain de chomdu.
> les prix, logement, essence et bouffe, vont faire un bond olympique.
Bref, tout est nominal : les pauvres vont en prendre plein la gueule tandis que les riches s'en sortiront.
Non, ce qui est choquant, c'est que les riches socialistes vont venir nous faire la leçon et étaler leur générosité et leur belle âme. Cela, c'est vraiment insupportable. C'est dégueulasse à vomir. Je préfère les riches de droite : eux au moins ne viennent pas nous emmerder.
samedi, août 20, 2011
L'ère des consequences
Dans son discours du 12 novembre de1936, Winston Churchill déclarait aux Communes : «Le temps de la procrastination, des demi-mesures, des expédients apaisants et étonnants, approche de sa fin. Nous entrons dans l'ère des conséquences».
Ce que Churchill voulait dire, c'est que l'histoire n'est pas linéaire. Elle va à sauts et à gambades. Pendant des années, les mauvaises décisions peuvent s'accumuler sans dommages visibles, puis, comme une digue s'écroule sous la pression que les irresponsables n'ont pas empêché de monter, les funestes conséquences arrivent toutes en même temps. 2011 est une de ces années de conséquences.
Nous payons le prix de l'insouciance, de la lâcheté et de la bêtise, les nôtres et celles des autres. Nous n'en sommes qu'au début.
Ce que Churchill voulait dire, c'est que l'histoire n'est pas linéaire. Elle va à sauts et à gambades. Pendant des années, les mauvaises décisions peuvent s'accumuler sans dommages visibles, puis, comme une digue s'écroule sous la pression que les irresponsables n'ont pas empêché de monter, les funestes conséquences arrivent toutes en même temps. 2011 est une de ces années de conséquences.
Nous payons le prix de l'insouciance, de la lâcheté et de la bêtise, les nôtres et celles des autres. Nous n'en sommes qu'au début.
Crise : le piège mental
Face à la crise, les dirigeants occidentaux, notamment Barack Hussein Obama, Nicolas Sarkozy et Angela Merkel ont choisi la technique du bouc-émissaire. C'est donc la faute des affreux banquiers et des méchants spéculateurs.
Politiquement, une telle réaction se comprend. Elle a le mérite de la simplicité, de l'efficacité et, qualité suprême, de reporter la faute sur d'autres que soi. Néanmoins, elle a un gros défaut : étant totalement erronée en qu'analyse de la crise, elle ne permet pas de trouver des solutions.
Nous vivons une faillite intellectuelle et morale de l'Occident vieillissant qui se traduit en termes économiques par le naufrage des Etats-providences confrontés à la montée des pays de l'ancien tiers-monde.
Dans cette histoire, le rôle des banquiers est anecdotique. On peut leur reprocher leur cupidité et leur incompétence, mais, si ce sont des crimes, les trois-quarts de la population devraient être en prison.
Nos dirigeants, ayant refusé de poser un diagnostic correct, bien aidés en cela par les merdias, attitude d'ailleurs symptomatique de la faillite intellectuelle et morale dont je parle, sont aujourd'hui à poil pour proposer une politique de sortie de crise. Ils en sont réduits à des bouffonneries tragiques comme la taxe sur les transactions financières et les Euro-obligations.
Nos gouvernants sont finis, ils se sont piégés eux-mêmes. En effet, ils ont émis leur faux diagnostic avec tant d'assurance, le menton en avant, le regard mâle de l'aigle des steppes qui voit plus loin que le vulgus pecus, accompagné de grands moulinets avec les bras et force menace de buchers infernaux, qu'il leur est impossible de se dédire.
Pour trouver, peut-être, des hommes capables de nous sortir de la merde, il va donc falloir attendre que ceux qui nous y ont mis passent la main. Et, d'ici là, ne compter que sur nous-mêmes
Politiquement, une telle réaction se comprend. Elle a le mérite de la simplicité, de l'efficacité et, qualité suprême, de reporter la faute sur d'autres que soi. Néanmoins, elle a un gros défaut : étant totalement erronée en qu'analyse de la crise, elle ne permet pas de trouver des solutions.
Nous vivons une faillite intellectuelle et morale de l'Occident vieillissant qui se traduit en termes économiques par le naufrage des Etats-providences confrontés à la montée des pays de l'ancien tiers-monde.
Dans cette histoire, le rôle des banquiers est anecdotique. On peut leur reprocher leur cupidité et leur incompétence, mais, si ce sont des crimes, les trois-quarts de la population devraient être en prison.
Nos dirigeants, ayant refusé de poser un diagnostic correct, bien aidés en cela par les merdias, attitude d'ailleurs symptomatique de la faillite intellectuelle et morale dont je parle, sont aujourd'hui à poil pour proposer une politique de sortie de crise. Ils en sont réduits à des bouffonneries tragiques comme la taxe sur les transactions financières et les Euro-obligations.
Nos gouvernants sont finis, ils se sont piégés eux-mêmes. En effet, ils ont émis leur faux diagnostic avec tant d'assurance, le menton en avant, le regard mâle de l'aigle des steppes qui voit plus loin que le vulgus pecus, accompagné de grands moulinets avec les bras et force menace de buchers infernaux, qu'il leur est impossible de se dédire.
Pour trouver, peut-être, des hommes capables de nous sortir de la merde, il va donc falloir attendre que ceux qui nous y ont mis passent la main. Et, d'ici là, ne compter que sur nous-mêmes
jeudi, août 11, 2011
Crise économique, une solution simple : la faillite
La crise économique se prolonge à cause des débiteurs insolvables qui ne peuvent pas rembourser leurs dettes mais sont néanmoins soutenus à bout de bras. Le pire est cette idée désastreuse de résoudre le problème en monétisant.
Il y a une solution bien plus simple, plus juste et qui se révélerait bien plus efficace : la faillite :
> banqueroute des Etats insolvables. Défaut des 2/3. Réduction drastique de toutes les missions non régaliennes. Et on sortirait de l'Euro.
> mise en faillite des banques insolvables par substitution forcée dette contre capital. On en profiterait pour obliger les banques à une structure en commandite.
Cette solution a l'avantage d'être rapide, de régler les problèmes à la racine et de permettre de repartir sur de bonnes bases.
Cette solution se heurte à deux difficultés :
> intellectuelle. Nos gouvernants et leurs conseillers n'en auront jamais l'idée.
> pratique. D'une manière ou d'une autre, il faut mettre l'Etat de droit et ses lenteurs entre parenthèses. En effet, ces décisions doivent être actées en un week-end pour être plus rapides que la panique.
La vraie difficulté est la première car il ne manque pas de technocrates pour trouver des solutions pratiques si l'idée de la faillite était acquise.
Il y a une solution bien plus simple, plus juste et qui se révélerait bien plus efficace : la faillite :
> banqueroute des Etats insolvables. Défaut des 2/3. Réduction drastique de toutes les missions non régaliennes. Et on sortirait de l'Euro.
> mise en faillite des banques insolvables par substitution forcée dette contre capital. On en profiterait pour obliger les banques à une structure en commandite.
Cette solution a l'avantage d'être rapide, de régler les problèmes à la racine et de permettre de repartir sur de bonnes bases.
Cette solution se heurte à deux difficultés :
> intellectuelle. Nos gouvernants et leurs conseillers n'en auront jamais l'idée.
> pratique. D'une manière ou d'une autre, il faut mettre l'Etat de droit et ses lenteurs entre parenthèses. En effet, ces décisions doivent être actées en un week-end pour être plus rapides que la panique.
La vraie difficulté est la première car il ne manque pas de technocrates pour trouver des solutions pratiques si l'idée de la faillite était acquise.
dimanche, février 13, 2011
Ce n’est pas Roosevelt qui a mis fin à la récession, mais les baisses d'impôts de 1945 !
J'en ai un peu ma claque que tous les commentateurs keynésiens, c'est-à-dire tous les commentateurs puisque les autres n'ont pas droit au micro, nous répètent les prodigieux bienfaits de l'Etat-mammouth.
Bienfaits si extraordinaires que le père Reagan et la mère Thatcher provoquèrent une grande prospérité en filant des coups de hache à la pauvre bête (bête au comble de la pauvreté, mais pas sans défense).
Dans leur mythologie, nos keynésiens ont leur Atlantide, la terre bénie des dieux disparue dans les flots : l'Amérique du New Deal.
Bien que cette idée soit coulée depuis des années elle ressort régulièrement, il convient donc de lui remettre régulièrement un coup de massue :
Ce n’est pas Roosevelt qui a mis fin à la récession, mais les baisses d'impôts de 1945 !
Bienfaits si extraordinaires que le père Reagan et la mère Thatcher provoquèrent une grande prospérité en filant des coups de hache à la pauvre bête (bête au comble de la pauvreté, mais pas sans défense).
Dans leur mythologie, nos keynésiens ont leur Atlantide, la terre bénie des dieux disparue dans les flots : l'Amérique du New Deal.
Bien que cette idée soit coulée depuis des années elle ressort régulièrement, il convient donc de lui remettre régulièrement un coup de massue :
Ce n’est pas Roosevelt qui a mis fin à la récession, mais les baisses d'impôts de 1945 !
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samedi, janvier 29, 2011
Le père de famille, le trader et l'expert (M. de Scitivaux)
Ce petit livre de juin 2009 est ce que j'ai lu de plus clair sur la crise que nous venons de subir.
Voici le mécanisme infernal :
> comme Charles Gave, Marc de Scitivaux est convaincu que la crise actuelle trouve ses racines dans la crise asiatique de 1995.
> suite à la crise de 1995, les pays asiatiques ont changé de politique. Ils ont adopté une approche mercantiliste. Grâce à des excédents commerciaux et des changes bloqués (folie illibérale empêchant les mécanismes de marché d'ajustement monétaire), ils se sont retrouvés à la tête de masses colossales de capitaux. Cette prospérité asiatique a entrainé l'inflation des matières premières. Les pétro-monarchies se sont elles aussi retrouvés avec d'immenses capitaux.
> au lieu d'investir ces capitaux chez eux, les nouveaux riches les ont investis dans le pays qui offre à leurs yeux le meilleur équilibre rendement / risque / innovation / protection, à savoir les Etats-Unis. Comme l'a fait remarqué Ben Bernanke lui-même, le fait que la propriété privée soit considérée comme moins respectée en Europe a empêché la diversification.
> conséquence logique de cet afflux de capitaux, les taux d'intérêt se sont écroulés, à des plus bas historiques. Deux types d'acteurs en ont profité pour s'endetter au-delà du raisonnable dans tous les pays occidentaux. Greenspan, qui a régulièrement monté les taux courts (sans effet sur les taux longs : c'était le célèbre conondrum), n'est pas le coupable idéal qu'on croit. En revanche, Bernanke, qui a baissé les taux court trop tôt, a favorisé le dernier run de spéculation, la goutte d'eau qui fait déborder le vase. Le reproche qu'on peut faire à Greenspen est d'avoir été trop optimiste sur la nature humaine : il a averti, mais avertir ne suffit pas, il fallait sanctionner. Les banques ont été conduites à prendre des risques inconsidérés par le fait que les managers ne sont pas les propriétaires et qu'elles espéraient qu'en cas de crise les Etats les sauveraient. Greenspan aurait du être plus directif sur ces deux sujets.
> les Etats, notamment Européens, ont aggravé leur tendance à offrir des services non-payés, c'est-à-dire financés par l'endettement. Scitivaux remarque au passage que la dette publique américaine n'est pas très élevée et que la plupart des commentateurs, avec une incompétence généralisée, confondent le plafond de dette voté par le Congrès, qui comprend les futures retraites, et la dette réelle.
> les particuliers ont nourri une bulle immobilière, notamment aux USA, où une loi absurde oblige les banques à prêter à ceux qui n'en ont pas les moyens . Ce sont les désormais fameux subprimes.
> pendant ce temps, la population vieillissait et les fonds de pension, handicapés par cette baisse des taux, avaient du mal à servir les pensions promises.
> C'est alors que les petits génies matheux des banques inventèrent les CDO. Cette tambouille diabolique de créances risquées et de créances saines étaient censée offrir les rendements des créances risquées et le faible risque des créances saines. Les gestionnaires de fonds de pension se sont jetés dessus. En réalité, le produit était tellement complexe que les vendeurs ne savaient pas vraiment ce qu'ils vendaient tandis que les acheteurs ne savaient pas vraiment ce qu'ils achetaient. Encore une folie.
> personne n'y comprenant rien, tout le monde s'est fié aux agences de notation. Mais on se méprend sur leur fonction : malheureusement, celles-ci ne prévoient pas l'avenir mais se basent sur l'historique. Pour les produits nouveaux, comme les CDO, qui n'ont par définition pas d'historique, leurs avis ne vaut rien. Mais ça n'arrangeait personne de comprendre ce défaut des agences de notation.
> les banques avaient avantage à alimenter la bulle. Pour tout le monde, y compris un économiste, mieux vaut dire comme la meute (se tromper quand tout le monde se trompe ne porte pas à conséquence) que de se distinguer et de prendre le risque d'avoir tort tout seul. Pour Scitivaux, la faillite des économistes à prédire la crise vient plus d'un manque de courage que d'un manque d'intelligence.
> les nouvelles régulations des banques (qui se réfèrent beaucoup aux agences de notation) et les nouvelles normes comptables, à la fois excessivement complexes et atrocement pro-cycliques, ont transformé une crise locale, les subprimes, en crise systémique, par le relais des faillites, avérées ou potentielles, des banques.
On remarquera à toutes les étapes les mécanismes illibéraux qui ont aggravé la crise.
On constate également que, à des degrés divers, nous sommes tous coupables de la crise, nous avons tous d'une manière où d'une autre essayé d'avoir des «repas gratuits», ne serait-ce qu'en profitant de la bulle immobilière ou de services publics financés par l'endettement. Cette crise est le fruit d'une faillite de la raison qui a touché tous les pays occidentaux.
Un des problèmes les plus graves, que, je pense, certains d'entre vous, lecteurs, subissent tous les jours, est la disjonction de plus en plus fréquente des intérêts des dirigeants et des intérêts de l'entité qu'ils dirigent. Un dirigeant qui sait qu'il ne sera plus à son poste dans deux ans ne peut avoir les mêmes intérêts qu'une société qui a vocation à exister encore dans vingt ans.
De Scitivaux propose la méthode Galliffet. Galliffet a réprimé la Commune. Il n'était vraiment de gauche ! Pourtant, il fut dreyfusard. Il s'en expliquait simplement : «Je ne connais pas Dreyfus. Je ne connais pas le dossier. Mais je connais mes collègues de l'état-major : si ils pensent tous que Dreyfus est coupable, c'est sûrement qu'il est innocent.»
Une telle méthode est bien adaptée à l'économie : elle est tellement complexe qu'une idée à la mode qui fait l'unanimité, donc qui est assez simple pour être comprise par les imbéciles, a de bonnes chances d'être fausse.
Au passage, Marc de Scitivaux n'a pas de mots assez durs pour fustiger la chasse aux boucs-émissaires à laquelle se livrent nos politiciens et dont Nicolas Sarkozy semble s'être fait une spécialité.
Il cite une déclaration de Nicolas Sarkozy terrifiante : le président y explique que ce n'est pas la peine de lire des livres d'économies car la crise est tellement nouvelle qu'on ne peut rien en apprendre du passé. En dehors du mépris des études dont ces mots témoignent, ils révèlent une erreur d'analyse radicale : au contraire, cette crise est au fond comme toutes les crises d'endettement, seule la surface des choses changent.
Cette citation de Tocqueville est tellement appropriée que cela devrait tirer des larmes de rage à tout citoyen un peu émotif : «Une idée fausse mais claire et précise aura toujours plus de puissance dans le monde qu'une idée vraie mais complexe».
Marc de Scitivaux, qui a passé quelques années dans des ministères, affirme qu'aucune crise ne coutera aussi cher aux Français que les plans pour «revitaliser» l'industrie.
Cette incompétence de nos politiciens à analyser correctement la crise met en danger la démocratie. D'autant plus que, si la crise mondiale est finie, la crise des dettes étatiques européennes continue.
Seule bonne nouvelle : la reprise mondiale permettra peut-être d'étaler les efforts européens et à la démocratie de survivre en Europe, car là est bien l'enjeu.
Marc de Scitivaux qui, dès 1990, avait écrit que les Etats-providence ne survivraient pas à la mondialisation n'a pas bougé d'un iota sur ce sujet.
Voici le mécanisme infernal :
> comme Charles Gave, Marc de Scitivaux est convaincu que la crise actuelle trouve ses racines dans la crise asiatique de 1995.
> suite à la crise de 1995, les pays asiatiques ont changé de politique. Ils ont adopté une approche mercantiliste. Grâce à des excédents commerciaux et des changes bloqués (folie illibérale empêchant les mécanismes de marché d'ajustement monétaire), ils se sont retrouvés à la tête de masses colossales de capitaux. Cette prospérité asiatique a entrainé l'inflation des matières premières. Les pétro-monarchies se sont elles aussi retrouvés avec d'immenses capitaux.
> au lieu d'investir ces capitaux chez eux, les nouveaux riches les ont investis dans le pays qui offre à leurs yeux le meilleur équilibre rendement / risque / innovation / protection, à savoir les Etats-Unis. Comme l'a fait remarqué Ben Bernanke lui-même, le fait que la propriété privée soit considérée comme moins respectée en Europe a empêché la diversification.
> conséquence logique de cet afflux de capitaux, les taux d'intérêt se sont écroulés, à des plus bas historiques. Deux types d'acteurs en ont profité pour s'endetter au-delà du raisonnable dans tous les pays occidentaux. Greenspan, qui a régulièrement monté les taux courts (sans effet sur les taux longs : c'était le célèbre conondrum), n'est pas le coupable idéal qu'on croit. En revanche, Bernanke, qui a baissé les taux court trop tôt, a favorisé le dernier run de spéculation, la goutte d'eau qui fait déborder le vase. Le reproche qu'on peut faire à Greenspen est d'avoir été trop optimiste sur la nature humaine : il a averti, mais avertir ne suffit pas, il fallait sanctionner. Les banques ont été conduites à prendre des risques inconsidérés par le fait que les managers ne sont pas les propriétaires et qu'elles espéraient qu'en cas de crise les Etats les sauveraient. Greenspan aurait du être plus directif sur ces deux sujets.
> les Etats, notamment Européens, ont aggravé leur tendance à offrir des services non-payés, c'est-à-dire financés par l'endettement. Scitivaux remarque au passage que la dette publique américaine n'est pas très élevée et que la plupart des commentateurs, avec une incompétence généralisée, confondent le plafond de dette voté par le Congrès, qui comprend les futures retraites, et la dette réelle.
> les particuliers ont nourri une bulle immobilière, notamment aux USA, où une loi absurde oblige les banques à prêter à ceux qui n'en ont pas les moyens . Ce sont les désormais fameux subprimes.
> pendant ce temps, la population vieillissait et les fonds de pension, handicapés par cette baisse des taux, avaient du mal à servir les pensions promises.
> C'est alors que les petits génies matheux des banques inventèrent les CDO. Cette tambouille diabolique de créances risquées et de créances saines étaient censée offrir les rendements des créances risquées et le faible risque des créances saines. Les gestionnaires de fonds de pension se sont jetés dessus. En réalité, le produit était tellement complexe que les vendeurs ne savaient pas vraiment ce qu'ils vendaient tandis que les acheteurs ne savaient pas vraiment ce qu'ils achetaient. Encore une folie.
> personne n'y comprenant rien, tout le monde s'est fié aux agences de notation. Mais on se méprend sur leur fonction : malheureusement, celles-ci ne prévoient pas l'avenir mais se basent sur l'historique. Pour les produits nouveaux, comme les CDO, qui n'ont par définition pas d'historique, leurs avis ne vaut rien. Mais ça n'arrangeait personne de comprendre ce défaut des agences de notation.
> les banques avaient avantage à alimenter la bulle. Pour tout le monde, y compris un économiste, mieux vaut dire comme la meute (se tromper quand tout le monde se trompe ne porte pas à conséquence) que de se distinguer et de prendre le risque d'avoir tort tout seul. Pour Scitivaux, la faillite des économistes à prédire la crise vient plus d'un manque de courage que d'un manque d'intelligence.
> les nouvelles régulations des banques (qui se réfèrent beaucoup aux agences de notation) et les nouvelles normes comptables, à la fois excessivement complexes et atrocement pro-cycliques, ont transformé une crise locale, les subprimes, en crise systémique, par le relais des faillites, avérées ou potentielles, des banques.
On remarquera à toutes les étapes les mécanismes illibéraux qui ont aggravé la crise.
On constate également que, à des degrés divers, nous sommes tous coupables de la crise, nous avons tous d'une manière où d'une autre essayé d'avoir des «repas gratuits», ne serait-ce qu'en profitant de la bulle immobilière ou de services publics financés par l'endettement. Cette crise est le fruit d'une faillite de la raison qui a touché tous les pays occidentaux.
Un des problèmes les plus graves, que, je pense, certains d'entre vous, lecteurs, subissent tous les jours, est la disjonction de plus en plus fréquente des intérêts des dirigeants et des intérêts de l'entité qu'ils dirigent. Un dirigeant qui sait qu'il ne sera plus à son poste dans deux ans ne peut avoir les mêmes intérêts qu'une société qui a vocation à exister encore dans vingt ans.
De Scitivaux propose la méthode Galliffet. Galliffet a réprimé la Commune. Il n'était vraiment de gauche ! Pourtant, il fut dreyfusard. Il s'en expliquait simplement : «Je ne connais pas Dreyfus. Je ne connais pas le dossier. Mais je connais mes collègues de l'état-major : si ils pensent tous que Dreyfus est coupable, c'est sûrement qu'il est innocent.»
Une telle méthode est bien adaptée à l'économie : elle est tellement complexe qu'une idée à la mode qui fait l'unanimité, donc qui est assez simple pour être comprise par les imbéciles, a de bonnes chances d'être fausse.
Au passage, Marc de Scitivaux n'a pas de mots assez durs pour fustiger la chasse aux boucs-émissaires à laquelle se livrent nos politiciens et dont Nicolas Sarkozy semble s'être fait une spécialité.
Il cite une déclaration de Nicolas Sarkozy terrifiante : le président y explique que ce n'est pas la peine de lire des livres d'économies car la crise est tellement nouvelle qu'on ne peut rien en apprendre du passé. En dehors du mépris des études dont ces mots témoignent, ils révèlent une erreur d'analyse radicale : au contraire, cette crise est au fond comme toutes les crises d'endettement, seule la surface des choses changent.
Cette citation de Tocqueville est tellement appropriée que cela devrait tirer des larmes de rage à tout citoyen un peu émotif : «Une idée fausse mais claire et précise aura toujours plus de puissance dans le monde qu'une idée vraie mais complexe».
Marc de Scitivaux, qui a passé quelques années dans des ministères, affirme qu'aucune crise ne coutera aussi cher aux Français que les plans pour «revitaliser» l'industrie.
Cette incompétence de nos politiciens à analyser correctement la crise met en danger la démocratie. D'autant plus que, si la crise mondiale est finie, la crise des dettes étatiques européennes continue.
Seule bonne nouvelle : la reprise mondiale permettra peut-être d'étaler les efforts européens et à la démocratie de survivre en Europe, car là est bien l'enjeu.
Marc de Scitivaux qui, dès 1990, avait écrit que les Etats-providence ne survivraient pas à la mondialisation n'a pas bougé d'un iota sur ce sujet.
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mardi, janvier 18, 2011
Politique : le danger des visions folles
Hitler avait une vision des juifs et de leurs méfaits qui nous paraît folle aujourd'hui mais qui lui a permis de construire une politique cohérente et d'obtenir les résultats criminels que vous savez.
Aujourd'hui, une bonne part de la population française, y compris parmi les dirigeants, est victime de visions fantasmagoriques porteuse de décisions cauchemardesques :
> «les races n'existent pas et tous les hommes ont vocation à vivre ensemble». On remarquera que c'est le symétrique, tout aussi fou, de la vision hitlérienne. En réalité, les races existent (1) mais elles n'expliquent pas tout. Elles ne sont qu'une composante des sociétés humaines aux multiples facettes. Le danger de cette vision, gros de guerres civiles, est dans«les hommes (sous-entendu, de différentes races qui n'existent pas) ont vocation à vivre ensemble» : l'histoire prouve exactement le contraire.
> «la France est victime du libéralisme». La France est peut-être victime du mondialisme, mais c'est différent (2). Dans un pays qui crève de trop de collectivisme, combattre le libéralisme ne peut qu'amener des catastrophes économiques et sociales.
Je crains qu'à partir des ces deux folies, nous soyons bien partis pour faire exactement le contraire de ce qui est souhaitable : protectionnisme économique et immigration massive au lieu d'ouverture économique et immigration restreinte.
Mais le pire n'est jamais sûr : il se peut que des gens intelligents prennent des décisions intelligentes. Il y a un siècle, la France connaissait une période de grande prospérité dans un contexte libéral : Peugeot, Renault, Citröen ...
Que faire ? L'idéologie étant imperméable aux faits, il faut se battre contre les mauvaises idées mais sans attendre de résultats immédiats. A court terme,il faut tenter d'imposer ponctuellement de bonnes mesures pour grignoter l'idéologie sur le mode «cause toujours». Par exemple, le statut d'auto-entrepreneur d'Hervé Novelli était une bonne idée et qui était trop petite pour apparaître sur l'écran-radar des grands penseurs anti-libéraux.
Je pense que les difficultés à venir, suscitées par la crise, que nous nommons financière par facilité, seront favorables à cette infiltration libérale. Le discours restera probablement socialiste, pas la réalité.
**************
(1) : pour ne pas qu'on me refasse trente-six fois la discussion : je me fous de ce que dit la biologie sur le sujet (à supposer qu'elle nie l'existence de races, ce qui n'est pas si sûr). La question est sociologique : tant qu'on mettra un Suédois de souche et un Sénégalais de souche côte à côte et que l'un pensera «je suis blanc» et l'autre «je suis noir», les races existeront.
(2) : il ne serait jamais venu à l'idée de Tocqueville, Say ou Bastiat de se revendiquer «citoyens du monde». Ils n'étaient pas assez bêtes pour cela : la cosmopolitisme est une forme de bêtise puisqu'il est basé sur l'incompréhension de la diversité des hommes et des cultures.
Aujourd'hui, une bonne part de la population française, y compris parmi les dirigeants, est victime de visions fantasmagoriques porteuse de décisions cauchemardesques :
> «les races n'existent pas et tous les hommes ont vocation à vivre ensemble». On remarquera que c'est le symétrique, tout aussi fou, de la vision hitlérienne. En réalité, les races existent (1) mais elles n'expliquent pas tout. Elles ne sont qu'une composante des sociétés humaines aux multiples facettes. Le danger de cette vision, gros de guerres civiles, est dans«les hommes (sous-entendu, de différentes races qui n'existent pas) ont vocation à vivre ensemble» : l'histoire prouve exactement le contraire.
> «la France est victime du libéralisme». La France est peut-être victime du mondialisme, mais c'est différent (2). Dans un pays qui crève de trop de collectivisme, combattre le libéralisme ne peut qu'amener des catastrophes économiques et sociales.
Je crains qu'à partir des ces deux folies, nous soyons bien partis pour faire exactement le contraire de ce qui est souhaitable : protectionnisme économique et immigration massive au lieu d'ouverture économique et immigration restreinte.
Mais le pire n'est jamais sûr : il se peut que des gens intelligents prennent des décisions intelligentes. Il y a un siècle, la France connaissait une période de grande prospérité dans un contexte libéral : Peugeot, Renault, Citröen ...
Que faire ? L'idéologie étant imperméable aux faits, il faut se battre contre les mauvaises idées mais sans attendre de résultats immédiats. A court terme,il faut tenter d'imposer ponctuellement de bonnes mesures pour grignoter l'idéologie sur le mode «cause toujours». Par exemple, le statut d'auto-entrepreneur d'Hervé Novelli était une bonne idée et qui était trop petite pour apparaître sur l'écran-radar des grands penseurs anti-libéraux.
Je pense que les difficultés à venir, suscitées par la crise, que nous nommons financière par facilité, seront favorables à cette infiltration libérale. Le discours restera probablement socialiste, pas la réalité.
**************
(1) : pour ne pas qu'on me refasse trente-six fois la discussion : je me fous de ce que dit la biologie sur le sujet (à supposer qu'elle nie l'existence de races, ce qui n'est pas si sûr). La question est sociologique : tant qu'on mettra un Suédois de souche et un Sénégalais de souche côte à côte et que l'un pensera «je suis blanc» et l'autre «je suis noir», les races existeront.
(2) : il ne serait jamais venu à l'idée de Tocqueville, Say ou Bastiat de se revendiquer «citoyens du monde». Ils n'étaient pas assez bêtes pour cela : la cosmopolitisme est une forme de bêtise puisqu'il est basé sur l'incompréhension de la diversité des hommes et des cultures.
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samedi, janvier 15, 2011
Le salaud de la mondialisation
Ce matin, sur BFM, avec son habituel sens de la formule, Marc de Scitivaux a déclaré qu'il y avait dans la mondialisation un salaud. Que l'Allemagne s'en était aperçu mais pas la France. Ce salaud, c'est le client.
Le client qui achète quand il a envie, et qui n'achète pas quand il n'a pas envie. Le client qui papillonne. Le client qui fait pression sur les prix.
Conformément à ce qu'ont toujours prédit les économistes libéraux, dont le fameux Bastiat inconnu des ignares du Monde, la libéralisation profite au client.
Mais comme la France n'accepte pas la mondialisation, elle ne l'a toujours pas comprise.
Ce qui fait, suivant l'adage, que la France vend ce qu'elle fabrique tandis que l'Allemagne fabrique ce qui se vend.
En France, tout à notre étatisme, nous croyons encore aux gros contrats entre Etats, à coup de grandes claques dans le dos et de petites magouilles, nous sommes toujours persuadés que la politique prend encore le pas sur l'économie. Mais ça ne fonctionne plus, même pour des avions de combat ou des centrales nucléaires.
Certes, la politique compte encore, mais moins qu'avant (et la position politique de la France est moins forte). C'est bien d'être copain avec le cheik Ben Bidule mais ça ne suffit plus. Le cheik Ben Bidule est désormais entouré de commissions d'experts payés pour faire jouer la concurrence. Et nous avons un métro de retard, surtout nos gouvernants, qui sont à la ramasse.
Les contrats à la papa comme du temps des Barbouzes, c'est fini.
L'obsession de nos gouvernants et de nos législateurs, chaque fois qu'ils votent une loi et promulguent un décret, devrait être «Est-ce que cela attire les entrepreneurs et les capitaux ? est-ce que cela nous aide à innover et à vendre ?» Nul doute que cette obsession assumée avec constance pendant quelques années nous mènerait loin.
Hélas, hélas, nous en sommes très éloignés.
L'obsession de nos gouvernants est toute différente quand ils prennent des décisions : «Est-ce que cela nous permet d'entretenir notre clientèle électorale ? Est-ce que cela retarde encore un peu le moment où nous réduirons la voilure de l'Etat-providence ?»
Pauvre France.
Le client qui achète quand il a envie, et qui n'achète pas quand il n'a pas envie. Le client qui papillonne. Le client qui fait pression sur les prix.
Conformément à ce qu'ont toujours prédit les économistes libéraux, dont le fameux Bastiat inconnu des ignares du Monde, la libéralisation profite au client.
Mais comme la France n'accepte pas la mondialisation, elle ne l'a toujours pas comprise.
Ce qui fait, suivant l'adage, que la France vend ce qu'elle fabrique tandis que l'Allemagne fabrique ce qui se vend.
En France, tout à notre étatisme, nous croyons encore aux gros contrats entre Etats, à coup de grandes claques dans le dos et de petites magouilles, nous sommes toujours persuadés que la politique prend encore le pas sur l'économie. Mais ça ne fonctionne plus, même pour des avions de combat ou des centrales nucléaires.
Certes, la politique compte encore, mais moins qu'avant (et la position politique de la France est moins forte). C'est bien d'être copain avec le cheik Ben Bidule mais ça ne suffit plus. Le cheik Ben Bidule est désormais entouré de commissions d'experts payés pour faire jouer la concurrence. Et nous avons un métro de retard, surtout nos gouvernants, qui sont à la ramasse.
Les contrats à la papa comme du temps des Barbouzes, c'est fini.
L'obsession de nos gouvernants et de nos législateurs, chaque fois qu'ils votent une loi et promulguent un décret, devrait être «Est-ce que cela attire les entrepreneurs et les capitaux ? est-ce que cela nous aide à innover et à vendre ?» Nul doute que cette obsession assumée avec constance pendant quelques années nous mènerait loin.
Hélas, hélas, nous en sommes très éloignés.
L'obsession de nos gouvernants est toute différente quand ils prennent des décisions : «Est-ce que cela nous permet d'entretenir notre clientèle électorale ? Est-ce que cela retarde encore un peu le moment où nous réduirons la voilure de l'Etat-providence ?»
Pauvre France.
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dimanche, janvier 09, 2011
A la télé française : «La crise, c'est la faute aux banques, à Reagan et à Thatcher»
J'apprends par hasard que la télévision française va diffuser une émission expliquant que la crise, c'est la faute de Reagan, de Thatcher, des banques et de la cupidité.
Qu'on pût soutenir cette thèse il y a deux ans dans la panique de la crise, on le tolère, mais aujourd'hui, avec deux ans de recul ? C'est un comble de bêtise.
Je rappelle juste deux objections :
> la banque fait partie des professions les plus contrôlées. Si le contrôle a failli, la faute est-elle chez les contrôlés ou chez les contrôleurs ? Ou dans le principe même du contrôle ?
> on voit bien aujourd'hui que le fond de la crise, c'est le basculement du monde vers l'est et la tentative désespérée des occidentaux de maintenir leur niveau de vie par l'endettement plutôt que par le travail. L'agent de cette tentative fut dans la plupart des cas l'Etat-providence. C'est pourquoi les Etats occidentaux qui ont réformé leur Etat-providence avant la crise s'en sortent remarquablement bien, tandis que les autres sont au bord de la banqueroute. Reagan et Thatcher ont probablement fourni vingt-cinq ans de sursis à leur pays.
Evidemment, je perds mon temps : qu'est-ce qu'un Pierre Arditi peut comprendre à tout cela ?
Il est navrant que la télévision française diffuse des thèses aussi simplistes.
Qu'on pût soutenir cette thèse il y a deux ans dans la panique de la crise, on le tolère, mais aujourd'hui, avec deux ans de recul ? C'est un comble de bêtise.
Je rappelle juste deux objections :
> la banque fait partie des professions les plus contrôlées. Si le contrôle a failli, la faute est-elle chez les contrôlés ou chez les contrôleurs ? Ou dans le principe même du contrôle ?
> on voit bien aujourd'hui que le fond de la crise, c'est le basculement du monde vers l'est et la tentative désespérée des occidentaux de maintenir leur niveau de vie par l'endettement plutôt que par le travail. L'agent de cette tentative fut dans la plupart des cas l'Etat-providence. C'est pourquoi les Etats occidentaux qui ont réformé leur Etat-providence avant la crise s'en sortent remarquablement bien, tandis que les autres sont au bord de la banqueroute. Reagan et Thatcher ont probablement fourni vingt-cinq ans de sursis à leur pays.
Evidemment, je perds mon temps : qu'est-ce qu'un Pierre Arditi peut comprendre à tout cela ?
Il est navrant que la télévision française diffuse des thèses aussi simplistes.
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samedi, janvier 08, 2011
jeudi, décembre 09, 2010
Quand arrêtons nous les conneries ?
Nous vivons en Europe une crise de l'endettement étatique et de la supranationalité.
Certains proposent d'émettre des «Eurobonds» et de porter le fonds «de sauvetage», qui n'est rien que de la dette supplémentaire, de 750 Mds d'€ à 1 500 Mds d'€. Bref de soigner la peste par la peste.
Quand arrêtons nous les conneries ?
Certains proposent d'émettre des «Eurobonds» et de porter le fonds «de sauvetage», qui n'est rien que de la dette supplémentaire, de 750 Mds d'€ à 1 500 Mds d'€. Bref de soigner la peste par la peste.
Quand arrêtons nous les conneries ?
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Que faire ?
Que faire ?
> objectif : assainir les banques françaises. Moyen : par un coup de force légal, convertir les dettes des banques en capital. Obliger les banques à une structure en commandite (dirigeants responsables sur leurs biens propres).
> objectif : favoriser la croissance. Moyen : baisser massivement les impots sur l'économie vivante. Baisses d'impôts gagées sur une baisse correspondante des dépenses publiques, notamment sur les 650 milliards de social-clientélisme et sur l'éducation nationale, parce qu'en plus de porter le malheur économique, ces dépenses sont immorales.
Addendum du 9/12 : l'Islande, qui a laissé ses banques faire faillite il y a deux ans, sort de la crise et aura un budget en excédent cette année. Certes, elle a dévalué sa monnaie de 30 %.
Mais tout de même, cela invite à la réflexion : quand on dit que les Etats européenns sauvent les banques, c'est faux ; en réalité, ils sauvent les banquiers fautifs et imprudents, les protègent de leurs propres folies aux frais des contribuables.
Ceux qui nous décrivent la faillite de banques européennes comme un cataclysme ont intérêt à ce journalisme d'épouvante. Mais la faillite des banques régionales américaines montre que ce n'est pas si grave à condition que cette faillite soit ordonnée.
Si les banques françaises faisaient faillite, il y aurait moyen que les déposants (qui sont créanciers de leurs banques) ne soient pas les premiers touchés.
Malheureusement, de telles décisions supposent l'impossible : que nos dirigeants politiques s'extraient du microcosme dont ils font partie aussi bien que les banquiers. Ces décisions supposent une élévation des perspectives, de la morale et de la réflexion qui semble hors d'atteinte de nos politiciens.
On dit souvent que, si les bonnes décisions ne sont pas prises, c'est par manque de courage. Je crois qu'on néglige trop le rôle de la bêtise, de l'étroitesse d'esprit et de l'incompétence.
> objectif : assainir les banques françaises. Moyen : par un coup de force légal, convertir les dettes des banques en capital. Obliger les banques à une structure en commandite (dirigeants responsables sur leurs biens propres).
> objectif : favoriser la croissance. Moyen : baisser massivement les impots sur l'économie vivante. Baisses d'impôts gagées sur une baisse correspondante des dépenses publiques, notamment sur les 650 milliards de social-clientélisme et sur l'éducation nationale, parce qu'en plus de porter le malheur économique, ces dépenses sont immorales.
Addendum du 9/12 : l'Islande, qui a laissé ses banques faire faillite il y a deux ans, sort de la crise et aura un budget en excédent cette année. Certes, elle a dévalué sa monnaie de 30 %.
Mais tout de même, cela invite à la réflexion : quand on dit que les Etats européenns sauvent les banques, c'est faux ; en réalité, ils sauvent les banquiers fautifs et imprudents, les protègent de leurs propres folies aux frais des contribuables.
Ceux qui nous décrivent la faillite de banques européennes comme un cataclysme ont intérêt à ce journalisme d'épouvante. Mais la faillite des banques régionales américaines montre que ce n'est pas si grave à condition que cette faillite soit ordonnée.
Si les banques françaises faisaient faillite, il y aurait moyen que les déposants (qui sont créanciers de leurs banques) ne soient pas les premiers touchés.
Malheureusement, de telles décisions supposent l'impossible : que nos dirigeants politiques s'extraient du microcosme dont ils font partie aussi bien que les banquiers. Ces décisions supposent une élévation des perspectives, de la morale et de la réflexion qui semble hors d'atteinte de nos politiciens.
On dit souvent que, si les bonnes décisions ne sont pas prises, c'est par manque de courage. Je crois qu'on néglige trop le rôle de la bêtise, de l'étroitesse d'esprit et de l'incompétence.
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