Je suis Adam Tooze avec grand intérêt :
Beyond the crash: "Politics don’t matter; market forces shape our world." So ran the dominant ethos before 2008. Adam Tooze, the author of a landmark book, says it was always an illusion.
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mercredi, août 15, 2018
dimanche, juillet 08, 2018
Crise de 2008 : nouveau monde ou dernière crise du XXème siècle ?
Adam Tooze (dont j'explore en ce moment le blog) prépare un livre sur le changement de monde économico-financier. Je n'ai pas réussi à aller jusqu'au bout de son précédent (The wages of destruction) pourtant passionnant (1), mais trop abscons.
Tooze remarque que la crise de 2008 est la faillite de la macro-économie classique et des comptes nationaux. En effet, la crise n'est absolument pas venue des déséquilibres entre nations (déficit budgétaire américain, excédents allemands et chinois, ...) comme s'y attendaient à tort les macro-économistes.
La crise est venue du système financier mondialisé qu'il est impossible d'analyser correctement à travers les comptes nationaux. Une banque peut avoir des actifs à New-York et des dettes à Hong-Kong, les deux interagissent d'une manière que ne peuvent pas prendre en compte les agrégats nationaux (PIB, balance commerciale et compagnie).
Il émet donc deux hypothèses de travail :
1) Le schéma classique « L'économie "réelle" provoque une crise financière qui en devient le symptôme aggravé » est devenue faux. La crise de 2008 est une crise de financiers entre eux qui s'est transmise à l'économie "réelle", et non l'inverse.
2) Ce qui compte, ce n'est pas la macro-économie entre nations mais les relations entre ensembles économiques indépendamment des frontières (relations des assureurs avec les banques par exemple). Il propose donc d'inventer une nouveau terme : « macro-finance ».
C'est nouveau. Mais c'est aussi l'ancien monde, celui de Bretton Woods : cette internationalisation de la finance qui se rit des frontières pourrait bien être à la fin de son histoire et non à son début.
Si, comme on leur en prête l'intention, la Chine et la Russie détrônent le roi-dollar, les comptes nationaux retrouveront leur importance classique.
*************
(1) : sa thèse est que le calendrier hitlérien a eu comme fil directeur les contraintes économiques. En 1939, la politique allemande de réarmement atteignait ses limites, il fallait entrer en guerre avant que les Alliés ne rattrapent leur retard. Une fois la France soumise et exploitée, il était nécessaire de conquérir les ressources russes pour faire face aux empires britannique et américain.
Tooze remarque que la crise de 2008 est la faillite de la macro-économie classique et des comptes nationaux. En effet, la crise n'est absolument pas venue des déséquilibres entre nations (déficit budgétaire américain, excédents allemands et chinois, ...) comme s'y attendaient à tort les macro-économistes.
La crise est venue du système financier mondialisé qu'il est impossible d'analyser correctement à travers les comptes nationaux. Une banque peut avoir des actifs à New-York et des dettes à Hong-Kong, les deux interagissent d'une manière que ne peuvent pas prendre en compte les agrégats nationaux (PIB, balance commerciale et compagnie).
Il émet donc deux hypothèses de travail :
1) Le schéma classique « L'économie "réelle" provoque une crise financière qui en devient le symptôme aggravé » est devenue faux. La crise de 2008 est une crise de financiers entre eux qui s'est transmise à l'économie "réelle", et non l'inverse.
2) Ce qui compte, ce n'est pas la macro-économie entre nations mais les relations entre ensembles économiques indépendamment des frontières (relations des assureurs avec les banques par exemple). Il propose donc d'inventer une nouveau terme : « macro-finance ».
C'est nouveau. Mais c'est aussi l'ancien monde, celui de Bretton Woods : cette internationalisation de la finance qui se rit des frontières pourrait bien être à la fin de son histoire et non à son début.
Si, comme on leur en prête l'intention, la Chine et la Russie détrônent le roi-dollar, les comptes nationaux retrouveront leur importance classique.
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(1) : sa thèse est que le calendrier hitlérien a eu comme fil directeur les contraintes économiques. En 1939, la politique allemande de réarmement atteignait ses limites, il fallait entrer en guerre avant que les Alliés ne rattrapent leur retard. Une fois la France soumise et exploitée, il était nécessaire de conquérir les ressources russes pour faire face aux empires britannique et américain.
mercredi, juin 13, 2018
Trump à la fourmi allemande : « Vous avez amassé tout l’été, hé bien maintenant, payez »
L’Europe est devenue, à la quatrième tentative, un Reich allemand par deux mécanismes que vous devez connaître, sinon vous ne comprenez rien à l’actualité :
1) L’Euro est une monnaie sous-évaluée de 30 % pour les Allemands, ce qui leur permet de faire une concurrence déloyale au monde entier. En interne européen, parce que les parités d’entrée dans l’Euro étaient trop favorables à l’Allemagne (merci les inspecteurs du trésor français. Il faut être sur-diplomé pour faire des conneries de cette taille. Un homme ordinaire n’arrive pas à être aussi con), ce qui leur a permis de tuer l’industrie française et de blesser à mort l’industrie italienne. En externe, parce que les pays méditerranéens plombent l’Euro. Parlez en aux Chinois et aux Américains. Les Allemands devraient tous les jours dirent merci à genoux aux Grecs et aux Espagnols (1).
La preuve que l’Euro est le tabou de la domination allemande : Merkel ne fait pas chier Macron parce que, lui, il reste soumis, il ne parle pas de contourner de l’Euro. En revanche, dès que les Grecs et les Italiens évoquent la remise en cause de l’Euro, c’est la schlague.
2) Par des accords de libre-échange avec le monde entier qui permettent aux Allemands de profiter à plein de leur monnaie sous-évaluée en même temps qu’ils achèvent les autres industries européennes.
v Or, ce sont ces deux instruments de la domination allemande que Trump retourne contre l’Allemagne.
L’Euro est sous-évalué, Trump en tire la conséquence en mettant des droits de douane sur les voitures européennes (et non seulement allemandes, c’est la punition collective) qui compensent cette sous-évaluation et, en plus, les accords de libre-échange que nous avons signés se retournent contre nous et nous empêchent de faire des rétorsions ciblées.
Et pendant ce temps-là, le Brexit fait tanguer un des marchés les plus importants pour l’automobile allemande. Le moment est bien choisi pour attaquer.
Ceux qui taxent Trump d’incohérence me font bien marrer, c’est comme s’ils se baladaient avec une pancarte « Je suis con comme un balai. Je ne comprends rien à Trump, je me laisse avoir par son cinéma ». D'ailleurs, les journaux français l'ont passé sous silence : au G7, Trump a proposé d'abolir tous les droits de douane. Merkel s'est empressé de faire la sourde oreille.
Cela fait des années que j’écris que le mercantilisme allemand finira mal. La Deutsche Bank est un risque majeur, hénaurme, pour toute l’économie mondiale et c’est en relation directe avec le mercantilisme. Si, au lieu d’amasser les bons du trésor grecs, italiens, français, qui ne vaudront bientôt plus rien et feront couler la DB, les Allemands avaient consommé l’argent gagné avec leurs BMW et leurs Mercedes ou s’ils l’avaient redonné aux pays méditerranéens, ils ne seraient pas au bord du cataclysme financier.
Si le gouvernement italien est habile, il va profiter de l’été pour creuser à la pelleteuse le déficit public, plaçant les Allemands devant un dilemme : soit la BCE paye et c’est la fête du slip, l’Euro dévalue encore plus (2) et cette fois trop pour les Allemands, dont les économies deviennent de la monnaie de singe, soit la BCE refuse de payer, l’Italie fait banqueroute et la Deutsche Bank saute. Il se pourrait bien que les Italiens apprennent aux Allemands le dicton de Bernard Tapie « Quand vous devez 10 000 € à votre banque, la banque vous tient. Quand vous lui devez un trillion, c’est vous qui tenez la banque ».
Evidemment, le clou du spectacle, le bouquet final, serait que les Italiens répudient de toute façon, quelle que soit la réaction allemande, une partie de leur dette. Nous n’en sommes pas là. Mais ce genre de choses arrive plus vite qu’on ne pense.
Tsipras et May ont manqué de couilles face aux coups de force européistes parce qu’ils n’avaient pas une vision claire de leur ennemi. Ce n’est pas le cas du nouveau gouvernement italien, dont les déclarations sont nettes. Reste à passer aux actes.
La France, elle, est dans les choux, avec une classe dirigeante qui ne croit pas qu’il soit souhaitable et possible de s’opposer à l’Allemagne. Collabo un jour, collabo toujours .
************
(1) : je vous rappelle le texte sans ambiguïtés le texte de Bruno Bertez :
Avant toute chose il faut souligner le comportement honteux des Allemands.
Le Spiegel ose écrire que « l’Italie peut être comparée à un mendiant qui tend la main mais qui oublie de dire merci ».
Les Allemands ont perdu tout contrôle, ils sont hors d’eux et cela les conduit à dire n’importe quoi.
Le pire est qu’ils sont tellement intoxiqués par leur idéologie et leur culture qu’ils ne voient même pas en quoi ils sont scandaleux. Ce n’est pas une question de politesse et de respect, bien que cette question de pose, non c’est une question de capacité de raisonnement ; les Allemands sont incapables de comprendre que ce sont eux qui devraient dire merci : nous les laissons faire , parce que nous sommes lâches. Ils pillent notre demande, ils détruisent nos économies et notre tissu social et ils se permettent de nous insulter !
Les excédents allemands sont contraire à la nature du système international fondé sur les changes flottants. Ils sont d’un autre temps, du temps ancien du mercantilisme, ils sont contraires au présupposé d’interdépendance. Le système actuel implique que les déséquilibres se corrigent par les mouvements du change, si vous êtes excédentaire, votre change s’apprécie. si vous êtes déficitaire, votre change faiblit et le retour à l’équilibre se fait par le mouvement du change, c ‘est cela le système. Il n’y a normalement pas de place pour des excédents considérables durables sauf chez les pays voyous.
Les Allemands sont des pillards, des profiteurs. Ils appartiennent à un système monétaire de changes flottants mais leur change ne s’apprécie pas malgré des excédents jamais vus dans l’histoire.
Pourquoi ? Parce que en même temps ce change est celui des italiens, des Espagnols, des Français et grâce à cette situation le change européen est une péréquation, il est maintenu bas, très bas, anormalement bas, c’est un change de dumping.
Les Allemands bénéficient en quelque sorte d’un change qui n’est pas le leur! Si les Allemands avaient leur propre change, il ne serait pas à 1, 17 contre le dollar, il serait à 1,70 !
Cette situation qui a été fort justement relevée par les conseillers de Trump et les think tanks américains permet aux Allemands des excédents considérables. Les excédents des Allemands sont bonifiés … par les faiblesses des pays déficitaires. Les Allemands devraient dire merci, mille fois merci, à genoux, à ces pays et singulièrement à l’Italie car c’est grâce à elle qu’ils sont hyper-prospères. C’est l’Italie qui en quelque sorte leur donne les moyens d’être arrogants.
Les mouvements de change doivent corriger déséquilibres, c’est la règle du jeu dans notre système ; mais les Allemands ne respectent nullement les règles de base du système , ce sont des tricheurs ils jouent dans un système et en profitent mais en même temps ils n’acceptent pas les responsabilités qui en découlent.
Car dans ce système européen idiot il faut le dire et le redire, conçu par des incapables, dans ce système pour être corrects et combler les déséquilibres, les Allemands devraient entretenir un niveau de demande interne bien supérieur au niveau qu’ils entretiennent. Ils devraient être non pas en excédent budgétaire mais en déficit chronique afin de soutenir la demande de l’eurozone et ainsi faciliter les rééquilibrages des pays dits faibles. Mais que non, non seulement on triche sur la monnaie et le change mais en plus on fait une politique de déflation dont la conséquence ne peut être que l’asphyxie des économies partenaires.
(2) : l’alternative à la dévaluation monétaire, c’est la déflation salariale. Et ça ne marche jamais, jamais, jamais. Cela mène toujours aux drames et aux révolutions (en ce moment, la sécession catalane). La raison en est très simple : la dévaluation monétaire porte sur tout le monde et reste, relativement, indolore tandis que la déflation salariale porte sur les seuls salariés et est douloureuse. Entre une solution juste et indolore et une solution injuste et douloureuse, laquelle à votre avis est la meilleure ? Il n’y a même pas besoin d’être intelligent pour le comprendre, il suffit de connaître l’histoire (Allemagne et France années 30, par exemple). Les Allemands de Schröder ont fait une fausse déflation salariale puisqu’ils ont été aidés par la sous-évaluation de l’Euro (toujours la même leçon de l’histoire, De Gaulle 1958, Thatcher 1978, Suède 1990 : il est impossible de faire passer de vraies réformes sans dévaluation monétaire, c’est trop douloureux).
1) L’Euro est une monnaie sous-évaluée de 30 % pour les Allemands, ce qui leur permet de faire une concurrence déloyale au monde entier. En interne européen, parce que les parités d’entrée dans l’Euro étaient trop favorables à l’Allemagne (merci les inspecteurs du trésor français. Il faut être sur-diplomé pour faire des conneries de cette taille. Un homme ordinaire n’arrive pas à être aussi con), ce qui leur a permis de tuer l’industrie française et de blesser à mort l’industrie italienne. En externe, parce que les pays méditerranéens plombent l’Euro. Parlez en aux Chinois et aux Américains. Les Allemands devraient tous les jours dirent merci à genoux aux Grecs et aux Espagnols (1).
La preuve que l’Euro est le tabou de la domination allemande : Merkel ne fait pas chier Macron parce que, lui, il reste soumis, il ne parle pas de contourner de l’Euro. En revanche, dès que les Grecs et les Italiens évoquent la remise en cause de l’Euro, c’est la schlague.
2) Par des accords de libre-échange avec le monde entier qui permettent aux Allemands de profiter à plein de leur monnaie sous-évaluée en même temps qu’ils achèvent les autres industries européennes.
v Or, ce sont ces deux instruments de la domination allemande que Trump retourne contre l’Allemagne.
L’Euro est sous-évalué, Trump en tire la conséquence en mettant des droits de douane sur les voitures européennes (et non seulement allemandes, c’est la punition collective) qui compensent cette sous-évaluation et, en plus, les accords de libre-échange que nous avons signés se retournent contre nous et nous empêchent de faire des rétorsions ciblées.
Et pendant ce temps-là, le Brexit fait tanguer un des marchés les plus importants pour l’automobile allemande. Le moment est bien choisi pour attaquer.
Ceux qui taxent Trump d’incohérence me font bien marrer, c’est comme s’ils se baladaient avec une pancarte « Je suis con comme un balai. Je ne comprends rien à Trump, je me laisse avoir par son cinéma ». D'ailleurs, les journaux français l'ont passé sous silence : au G7, Trump a proposé d'abolir tous les droits de douane. Merkel s'est empressé de faire la sourde oreille.
Cela fait des années que j’écris que le mercantilisme allemand finira mal. La Deutsche Bank est un risque majeur, hénaurme, pour toute l’économie mondiale et c’est en relation directe avec le mercantilisme. Si, au lieu d’amasser les bons du trésor grecs, italiens, français, qui ne vaudront bientôt plus rien et feront couler la DB, les Allemands avaient consommé l’argent gagné avec leurs BMW et leurs Mercedes ou s’ils l’avaient redonné aux pays méditerranéens, ils ne seraient pas au bord du cataclysme financier.
Si le gouvernement italien est habile, il va profiter de l’été pour creuser à la pelleteuse le déficit public, plaçant les Allemands devant un dilemme : soit la BCE paye et c’est la fête du slip, l’Euro dévalue encore plus (2) et cette fois trop pour les Allemands, dont les économies deviennent de la monnaie de singe, soit la BCE refuse de payer, l’Italie fait banqueroute et la Deutsche Bank saute. Il se pourrait bien que les Italiens apprennent aux Allemands le dicton de Bernard Tapie « Quand vous devez 10 000 € à votre banque, la banque vous tient. Quand vous lui devez un trillion, c’est vous qui tenez la banque ».
Evidemment, le clou du spectacle, le bouquet final, serait que les Italiens répudient de toute façon, quelle que soit la réaction allemande, une partie de leur dette. Nous n’en sommes pas là. Mais ce genre de choses arrive plus vite qu’on ne pense.
Tsipras et May ont manqué de couilles face aux coups de force européistes parce qu’ils n’avaient pas une vision claire de leur ennemi. Ce n’est pas le cas du nouveau gouvernement italien, dont les déclarations sont nettes. Reste à passer aux actes.
La France, elle, est dans les choux, avec une classe dirigeante qui ne croit pas qu’il soit souhaitable et possible de s’opposer à l’Allemagne. Collabo un jour, collabo toujours .
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(1) : je vous rappelle le texte sans ambiguïtés le texte de Bruno Bertez :
Avant toute chose il faut souligner le comportement honteux des Allemands.
Le Spiegel ose écrire que « l’Italie peut être comparée à un mendiant qui tend la main mais qui oublie de dire merci ».
Les Allemands ont perdu tout contrôle, ils sont hors d’eux et cela les conduit à dire n’importe quoi.
Le pire est qu’ils sont tellement intoxiqués par leur idéologie et leur culture qu’ils ne voient même pas en quoi ils sont scandaleux. Ce n’est pas une question de politesse et de respect, bien que cette question de pose, non c’est une question de capacité de raisonnement ; les Allemands sont incapables de comprendre que ce sont eux qui devraient dire merci : nous les laissons faire , parce que nous sommes lâches. Ils pillent notre demande, ils détruisent nos économies et notre tissu social et ils se permettent de nous insulter !
Les excédents allemands sont contraire à la nature du système international fondé sur les changes flottants. Ils sont d’un autre temps, du temps ancien du mercantilisme, ils sont contraires au présupposé d’interdépendance. Le système actuel implique que les déséquilibres se corrigent par les mouvements du change, si vous êtes excédentaire, votre change s’apprécie. si vous êtes déficitaire, votre change faiblit et le retour à l’équilibre se fait par le mouvement du change, c ‘est cela le système. Il n’y a normalement pas de place pour des excédents considérables durables sauf chez les pays voyous.
Les Allemands sont des pillards, des profiteurs. Ils appartiennent à un système monétaire de changes flottants mais leur change ne s’apprécie pas malgré des excédents jamais vus dans l’histoire.
Pourquoi ? Parce que en même temps ce change est celui des italiens, des Espagnols, des Français et grâce à cette situation le change européen est une péréquation, il est maintenu bas, très bas, anormalement bas, c’est un change de dumping.
Les Allemands bénéficient en quelque sorte d’un change qui n’est pas le leur! Si les Allemands avaient leur propre change, il ne serait pas à 1, 17 contre le dollar, il serait à 1,70 !
Cette situation qui a été fort justement relevée par les conseillers de Trump et les think tanks américains permet aux Allemands des excédents considérables. Les excédents des Allemands sont bonifiés … par les faiblesses des pays déficitaires. Les Allemands devraient dire merci, mille fois merci, à genoux, à ces pays et singulièrement à l’Italie car c’est grâce à elle qu’ils sont hyper-prospères. C’est l’Italie qui en quelque sorte leur donne les moyens d’être arrogants.
Les mouvements de change doivent corriger déséquilibres, c’est la règle du jeu dans notre système ; mais les Allemands ne respectent nullement les règles de base du système , ce sont des tricheurs ils jouent dans un système et en profitent mais en même temps ils n’acceptent pas les responsabilités qui en découlent.
Car dans ce système européen idiot il faut le dire et le redire, conçu par des incapables, dans ce système pour être corrects et combler les déséquilibres, les Allemands devraient entretenir un niveau de demande interne bien supérieur au niveau qu’ils entretiennent. Ils devraient être non pas en excédent budgétaire mais en déficit chronique afin de soutenir la demande de l’eurozone et ainsi faciliter les rééquilibrages des pays dits faibles. Mais que non, non seulement on triche sur la monnaie et le change mais en plus on fait une politique de déflation dont la conséquence ne peut être que l’asphyxie des économies partenaires.
(2) : l’alternative à la dévaluation monétaire, c’est la déflation salariale. Et ça ne marche jamais, jamais, jamais. Cela mène toujours aux drames et aux révolutions (en ce moment, la sécession catalane). La raison en est très simple : la dévaluation monétaire porte sur tout le monde et reste, relativement, indolore tandis que la déflation salariale porte sur les seuls salariés et est douloureuse. Entre une solution juste et indolore et une solution injuste et douloureuse, laquelle à votre avis est la meilleure ? Il n’y a même pas besoin d’être intelligent pour le comprendre, il suffit de connaître l’histoire (Allemagne et France années 30, par exemple). Les Allemands de Schröder ont fait une fausse déflation salariale puisqu’ils ont été aidés par la sous-évaluation de l’Euro (toujours la même leçon de l’histoire, De Gaulle 1958, Thatcher 1978, Suède 1990 : il est impossible de faire passer de vraies réformes sans dévaluation monétaire, c’est trop douloureux).
Libellés :
4ème reich,
Ca Trump énormément,
économie,
Europe allemande,
stratégie
jeudi, mai 24, 2018
mercredi, avril 04, 2018
Chine-USA : le duel des éclopés
Si vous trouvez que Trump est seulement un gros con, vous regardez trop la télé (je triche avec la plus parfaite mauvaise foi, puisque, quoi que vous fassiez, sauf si vous la foutez sur la gueule de quelqu’un qui le mérite, votre percepteur par exemple, je dirai toujours que vous regardez trop la télé).
Guerre commerciale : quand le monde s’éveillera, la Chine tremblera. La Chine pourrait vite s'essouffler face aux offensives des Etats-Unis.
Guerre commerciale : quand le monde s’éveillera, la Chine tremblera. La Chine pourrait vite s'essouffler face aux offensives des Etats-Unis.
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dimanche, octobre 08, 2017
Et vivent les Etats-nations !
Mon petit coeur de Français saigne que ce débat ait lieu outre-Atlantique, mais c'est le prix à payer d'être une nation vassale : zéro vie intellectuelle.
Edouard Husson dans Atlantico :
***********
Il aura fallu attendre que les Américains le disent ...
La révolution part du coeur de la forteresse libérale : Dani Rodrik, titulaire d'une chaire dotée par la Fondation Henry Ford et consacrée à l'économie politique internationale, président de la International Economic Association, construit depuis plusieurs années une thèse qui va à l'encontre de la pensée dominante : l'Etat-Nation est indispensable au bon fonctionnement, sur le long terme, de l'économie de marché et de la mondialisation. On trouvera une bonne synthèse de ses analyses dans un article de vulgarisation que l'auteur a publié récemment et intitulé "Pourquoi les Etats-nations sont une bonne chose".
Retenons quelques idées fortes :
1. Le marché ne peut pas se donner à lui-même ses propres règles.
2. l'Etat national est le plus à même de fixer le cadre de l'économie de marché : il a fait ses preuves pour le démarrage des économies industrielles et il reste aujourd'hui un instrument puissant.
3. L'économie mondialisée, en démantelant ou en court-circuitant l'Etat-nation s'est privée d'un moteur profond de la croissance : la compétition entre des systèmes qui ont chacun leur cohérence, héritée de l'histoire, pour accueillir l'investissement, cultiver l'innovation, stimuler le commerce et développer la consommation.
Quelques remarques, tout d'abord, sur notre capacité collective à ne pas entendre le débat d'idées tel qu'il peut se dérouler ailleurs. Dani Rodrik n'en est pas à sa première formulation. Les éditions La Découverte avaient fait paraître à la fin des années 2000 un ouvrage de Dani Rodrik intitulé "Nations et mondialisation", qui avait relativement peu attiré l'attention. Pourtant le livre impliquait une possible réponse à la crise mondiale qui venait de commencer. Si les équipes de Nicolas Sarkozy avaient été un peu curieuses, elles auraient trouvé dans l'ouvrage un moyen élégant de surmonter la contradiction inhérente au sarkozysme : l'impossibilité de rendre la priorité aux intérêts des Français dans le système de l'Union Européenne tel qu'il a évolué depuis le début des années 1990.
Dani Rodrik fait souvent allusion au système de Bretton Woods, comme à un point d'équilibre entre Etats-nations et ouverture mondiale des économies. Ou plutôt, il insiste sur le fait que la mondialisation qui se mettait progressivement en marche à cette époque fonctionnait très bien parce qu'elle s'appuyait sur les Etats-nations. Si l'on applique le raisonnement à l'Europe, cela revient à penser que le Marché Commun était infiniment plus efficace, dans son fonctionnement, que l'Europe de Maastricht. C'est retrouver un constat fait par tous les historiens : la dynamique du capitalisme européen est née de la concurrence entre les Etats-nations qui émergent à partir de la fin du Moyen-Age. Le système de Maastricht est à l'opposé parce qu'il impose à dix-huit pays d'adopter un système monétaire qui est le fruit d'un équilibre très particulier, celui de la société allemande.
Relisons brièvement l'histoire économique et politique des quarante dernières années et nous verrons que d'autres chemins étaient possibles :
- En 1971, Richard Nixon casse le système de Bretton Woods en mettant fin à la convertibilité du dollar en or. Il était probablement impossible de rassembler une coalition d'Etats prêts à ramener Washington à la table de négociation d'un nouveau Bretton Woods. En revanche, il fallait en tirer la conclusion que le contrôle de la monnaie et de la politique de change pour une nation était essentiel dans un monde où les Etats-Unis tendaient à imposer leurs règles monétaires. Or c'est exactement le contraire qu'ont initié Valéry Giscard d'Estaing et Raymond Barre: ils se sont ralliés aux règles monétaires allemandes, les plus opposées à la conception américaine de la monnaie. La RFA a fait le choix, depuis quarante ans, d'une stabilité monétaire absolue (théoriquement) dans un monde de changes flottants ; elle n'a pu se permettre cette incongruité que parce qu'elle n'a pas eu pendant longtemps de salaire minimum ; et puis, surtout, parce que le reste de son environnement européen a accepté de renoncer à la flexibilité monétaire. Ce faisant, l'Europe a perdu une de ses forces : la compétition entre des systèmes à la fois proches et différents, qui tiraient la croissance vers le haut grâce à l'intensification du commerce entre eux.
- Le thatchérisme n'est pas du tout ce que l'on dit. Pour la "Dame de Fer", il n'y avait pas de capitalisme efficace possible en dehors de l'Etat-nation. Peut-être étonnerait-on Dani Rodrik en ressortant certains discours de Margaret Thatcher, dans lesquels celle-ci insiste sur le fait que le marché ne fonctionne pas sans un certain nombre de règles fixées par l'Etat. Le modèle qu'elle avait en tête était celui d'une économie touours plus ouverte, certes mais où les Etats-nations s'entendaient pour réguler les forces du marché. La Dame de Fer voulait avoir le droit chez elle de privatiser autant qu'elle le voulait. Mais elle ne voulait pas forcément imposer son modèle aux autres. Elle réclamait l'établissement de règles simples et d'accords équitables entre nations. En 1990, elle proposa à François Mitterrand que la France et la Grande-Bretagne veillent ensemble à ce que l'absoption par l'Allemagne de l'Ouest de l'ancienne RDA ne crée pas de déséquilibres pour la bonne marche de la Communauté Européenne. Mitterrand, non seulement, ne saisit pas la main tendue mais il bascula du côté allemand, plongeant notre pays dans un inévitable alignement sur des règles que nous n'avions pas choisies. Margaret Thatcher, isolée, fut mise en minorité dans son propre parti, où l'on avait tendance, de plus en plus, à détacher les enjeux du marché de l'Etat-nation. S'amorça une séquence qui vient de se terminer avec le vote du Brexit. On a toutes les raisons de penser que la France, mais aussi l'Europe, seraient aujourd'hui plus prospères si François Mitterrand avait choisi Margaret Thatcher plutôt qu'Helmut Kohl.
- Dani Rodrick a beaucoup travaillé sur la Turquie dans l'économie internationale. Il est évidemment sensible au fait que les pays dits émergents, tirent leur force d'un modèle national au sein duquel le marché peut se déployer. A des degrés différents, en tenant compte de leur histoire et de leur équilibre social, les BRICS et bien d'autres pays sont en train de changer le visage de la mondialisation : ils la rendent polycentrique. Si l'on suit le raisonnement de Rodrick sur les vertus de la compétitions entre les variantes du capitalisme que mettent en place les Etats-nations, le monde devrait être plus prospère dans les décennies qui viennent si l'Occident n'entrave pas l'émergence de sociétés ouvertes en Asie et en Afrique.
Quand on regarde de plus près, en même temps, la Grande-Bretagne, après Margaret Thatcher, a largement gardé un point d'équilibre national : elle n'est pas entré dans l'euro; elle a su rendre à Londres un rôle de capitale financière internationale. Dans ce cadre-là, le Brexit est beaucoup moins dramatique que ce qu'on voudrait nous faire croire : il s'agit largement, pour les Britanniques, de tirer les leçons d'une phase de la mondialisation où la désindustrialisation a atteint un point critique et les inégalités sociales sont devenues insupportables. Les Britanniques n'entendent pas renoncer au commerce mondial, au contraire, mais ils veulent ajuster les règles, retrouver un équilibre social. L'élection de Donald Trump, que cela plaise ou non, envoie un message du même type. Au lieu de nous fixer sur les hésitations de Theresa May ou les outrances de Donald Trump, il nous faudrait prendre conscience qu'un débat en profondeur est lancé dans les sociétés anglophones sur l'absence de contrepoids démocratiques et étatiques suffisants aux marchés tels qu'ils fonctionnent aujourd'hui. C'est dans cet environnement en train de se modifier que des voix comme celles de Dani Rodrick, modérées, raisonnables mais sans concession du point de vue de l'analyse scientifique, peuvent rencontrer une audience croissante.
La France de 2017, celle qui a élu Emmanuel Macron, est obsédée par le "modèle allemand" et seulement superficiellement amie de la Grande-Bretagne et des Etats-Unis. Alors qu'il faudrait faire le contraire : nous inspirer largement des débats d'outre-Atlantique et revenir à une Europe des Etats-nations dans laquelle l'Allemagne n'est qu'un pays parmi d'autres.
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Edouard Husson dans Atlantico :
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Il aura fallu attendre que les Américains le disent ...
La révolution part du coeur de la forteresse libérale : Dani Rodrik, titulaire d'une chaire dotée par la Fondation Henry Ford et consacrée à l'économie politique internationale, président de la International Economic Association, construit depuis plusieurs années une thèse qui va à l'encontre de la pensée dominante : l'Etat-Nation est indispensable au bon fonctionnement, sur le long terme, de l'économie de marché et de la mondialisation. On trouvera une bonne synthèse de ses analyses dans un article de vulgarisation que l'auteur a publié récemment et intitulé "Pourquoi les Etats-nations sont une bonne chose".
Retenons quelques idées fortes :
1. Le marché ne peut pas se donner à lui-même ses propres règles.
2. l'Etat national est le plus à même de fixer le cadre de l'économie de marché : il a fait ses preuves pour le démarrage des économies industrielles et il reste aujourd'hui un instrument puissant.
3. L'économie mondialisée, en démantelant ou en court-circuitant l'Etat-nation s'est privée d'un moteur profond de la croissance : la compétition entre des systèmes qui ont chacun leur cohérence, héritée de l'histoire, pour accueillir l'investissement, cultiver l'innovation, stimuler le commerce et développer la consommation.
Quelques remarques, tout d'abord, sur notre capacité collective à ne pas entendre le débat d'idées tel qu'il peut se dérouler ailleurs. Dani Rodrik n'en est pas à sa première formulation. Les éditions La Découverte avaient fait paraître à la fin des années 2000 un ouvrage de Dani Rodrik intitulé "Nations et mondialisation", qui avait relativement peu attiré l'attention. Pourtant le livre impliquait une possible réponse à la crise mondiale qui venait de commencer. Si les équipes de Nicolas Sarkozy avaient été un peu curieuses, elles auraient trouvé dans l'ouvrage un moyen élégant de surmonter la contradiction inhérente au sarkozysme : l'impossibilité de rendre la priorité aux intérêts des Français dans le système de l'Union Européenne tel qu'il a évolué depuis le début des années 1990.
Dani Rodrik fait souvent allusion au système de Bretton Woods, comme à un point d'équilibre entre Etats-nations et ouverture mondiale des économies. Ou plutôt, il insiste sur le fait que la mondialisation qui se mettait progressivement en marche à cette époque fonctionnait très bien parce qu'elle s'appuyait sur les Etats-nations. Si l'on applique le raisonnement à l'Europe, cela revient à penser que le Marché Commun était infiniment plus efficace, dans son fonctionnement, que l'Europe de Maastricht. C'est retrouver un constat fait par tous les historiens : la dynamique du capitalisme européen est née de la concurrence entre les Etats-nations qui émergent à partir de la fin du Moyen-Age. Le système de Maastricht est à l'opposé parce qu'il impose à dix-huit pays d'adopter un système monétaire qui est le fruit d'un équilibre très particulier, celui de la société allemande.
Relisons brièvement l'histoire économique et politique des quarante dernières années et nous verrons que d'autres chemins étaient possibles :
- En 1971, Richard Nixon casse le système de Bretton Woods en mettant fin à la convertibilité du dollar en or. Il était probablement impossible de rassembler une coalition d'Etats prêts à ramener Washington à la table de négociation d'un nouveau Bretton Woods. En revanche, il fallait en tirer la conclusion que le contrôle de la monnaie et de la politique de change pour une nation était essentiel dans un monde où les Etats-Unis tendaient à imposer leurs règles monétaires. Or c'est exactement le contraire qu'ont initié Valéry Giscard d'Estaing et Raymond Barre: ils se sont ralliés aux règles monétaires allemandes, les plus opposées à la conception américaine de la monnaie. La RFA a fait le choix, depuis quarante ans, d'une stabilité monétaire absolue (théoriquement) dans un monde de changes flottants ; elle n'a pu se permettre cette incongruité que parce qu'elle n'a pas eu pendant longtemps de salaire minimum ; et puis, surtout, parce que le reste de son environnement européen a accepté de renoncer à la flexibilité monétaire. Ce faisant, l'Europe a perdu une de ses forces : la compétition entre des systèmes à la fois proches et différents, qui tiraient la croissance vers le haut grâce à l'intensification du commerce entre eux.
- Le thatchérisme n'est pas du tout ce que l'on dit. Pour la "Dame de Fer", il n'y avait pas de capitalisme efficace possible en dehors de l'Etat-nation. Peut-être étonnerait-on Dani Rodrik en ressortant certains discours de Margaret Thatcher, dans lesquels celle-ci insiste sur le fait que le marché ne fonctionne pas sans un certain nombre de règles fixées par l'Etat. Le modèle qu'elle avait en tête était celui d'une économie touours plus ouverte, certes mais où les Etats-nations s'entendaient pour réguler les forces du marché. La Dame de Fer voulait avoir le droit chez elle de privatiser autant qu'elle le voulait. Mais elle ne voulait pas forcément imposer son modèle aux autres. Elle réclamait l'établissement de règles simples et d'accords équitables entre nations. En 1990, elle proposa à François Mitterrand que la France et la Grande-Bretagne veillent ensemble à ce que l'absoption par l'Allemagne de l'Ouest de l'ancienne RDA ne crée pas de déséquilibres pour la bonne marche de la Communauté Européenne. Mitterrand, non seulement, ne saisit pas la main tendue mais il bascula du côté allemand, plongeant notre pays dans un inévitable alignement sur des règles que nous n'avions pas choisies. Margaret Thatcher, isolée, fut mise en minorité dans son propre parti, où l'on avait tendance, de plus en plus, à détacher les enjeux du marché de l'Etat-nation. S'amorça une séquence qui vient de se terminer avec le vote du Brexit. On a toutes les raisons de penser que la France, mais aussi l'Europe, seraient aujourd'hui plus prospères si François Mitterrand avait choisi Margaret Thatcher plutôt qu'Helmut Kohl.
- Dani Rodrick a beaucoup travaillé sur la Turquie dans l'économie internationale. Il est évidemment sensible au fait que les pays dits émergents, tirent leur force d'un modèle national au sein duquel le marché peut se déployer. A des degrés différents, en tenant compte de leur histoire et de leur équilibre social, les BRICS et bien d'autres pays sont en train de changer le visage de la mondialisation : ils la rendent polycentrique. Si l'on suit le raisonnement de Rodrick sur les vertus de la compétitions entre les variantes du capitalisme que mettent en place les Etats-nations, le monde devrait être plus prospère dans les décennies qui viennent si l'Occident n'entrave pas l'émergence de sociétés ouvertes en Asie et en Afrique.
Quand on regarde de plus près, en même temps, la Grande-Bretagne, après Margaret Thatcher, a largement gardé un point d'équilibre national : elle n'est pas entré dans l'euro; elle a su rendre à Londres un rôle de capitale financière internationale. Dans ce cadre-là, le Brexit est beaucoup moins dramatique que ce qu'on voudrait nous faire croire : il s'agit largement, pour les Britanniques, de tirer les leçons d'une phase de la mondialisation où la désindustrialisation a atteint un point critique et les inégalités sociales sont devenues insupportables. Les Britanniques n'entendent pas renoncer au commerce mondial, au contraire, mais ils veulent ajuster les règles, retrouver un équilibre social. L'élection de Donald Trump, que cela plaise ou non, envoie un message du même type. Au lieu de nous fixer sur les hésitations de Theresa May ou les outrances de Donald Trump, il nous faudrait prendre conscience qu'un débat en profondeur est lancé dans les sociétés anglophones sur l'absence de contrepoids démocratiques et étatiques suffisants aux marchés tels qu'ils fonctionnent aujourd'hui. C'est dans cet environnement en train de se modifier que des voix comme celles de Dani Rodrick, modérées, raisonnables mais sans concession du point de vue de l'analyse scientifique, peuvent rencontrer une audience croissante.
La France de 2017, celle qui a élu Emmanuel Macron, est obsédée par le "modèle allemand" et seulement superficiellement amie de la Grande-Bretagne et des Etats-Unis. Alors qu'il faudrait faire le contraire : nous inspirer largement des débats d'outre-Atlantique et revenir à une Europe des Etats-nations dans laquelle l'Allemagne n'est qu'un pays parmi d'autres.
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lundi, juillet 24, 2017
Robotisation ? Travailleurs intellectuels, attention !
On peut dire que presque tous les travailleurs manuels qui pouvaient être remplacés par des robots l'ont été. Ou, en tout cas, ce mouvement est bien avancé.
Aujourd'hui, les travailleurs manuels qui restent sont beaucoup moins menacés. Il va falloir très longtemps avant qu'un robot vienne chez vous réparer la plomberie.
En revanche, ce sont désormais les métiers intellectuels qui sont menacés. Ceux qui nécessitent le recours à un gros historique et à beaucoup de documentation, comptable, juriste, médecin, peuvent de plus en plus être remplacés par des systèmes-experts.
La fameuse destruction créatrice, que ces gens-là appréciaient lorsqu'elle touchait l'OS de chez Renault, se rapproche de ceux qui donnent le ton du débat public, les intellectuels et les demi-intellectuels.
Cette peur diffuse explique peut-être pourquoi la démondialisation n'est plus si anathème. Mais il est trop tard. Quand les robots vous feront concurrence chez vous et non en Chine, il ne servira à rien de plaider la démondialisation. C'est fermer la porte de l'écurie après que le cheval se soit échappé.
Aujourd'hui, les travailleurs manuels qui restent sont beaucoup moins menacés. Il va falloir très longtemps avant qu'un robot vienne chez vous réparer la plomberie.
En revanche, ce sont désormais les métiers intellectuels qui sont menacés. Ceux qui nécessitent le recours à un gros historique et à beaucoup de documentation, comptable, juriste, médecin, peuvent de plus en plus être remplacés par des systèmes-experts.
La fameuse destruction créatrice, que ces gens-là appréciaient lorsqu'elle touchait l'OS de chez Renault, se rapproche de ceux qui donnent le ton du débat public, les intellectuels et les demi-intellectuels.
Cette peur diffuse explique peut-être pourquoi la démondialisation n'est plus si anathème. Mais il est trop tard. Quand les robots vous feront concurrence chez vous et non en Chine, il ne servira à rien de plaider la démondialisation. C'est fermer la porte de l'écurie après que le cheval se soit échappé.
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vendredi, juin 24, 2016
Et maintenant, l'indépendance de l'Ecosse ?
Au vu des résultats opposés en Ecosse et en Angleterre sur le Brexit, il paraît de plus en plus difficile d'envisager qu'elles restent ensemble encore longtemps.
Depuis quelques années, je soutiens que le temps des grosses entités est passé, que l'avenir, économique au moins, est au petites entités agiles, capables d'exploiter une information quasi-gratuite.
« L'union fait la force » est un slogan politique et économique du passé. Aujourd'hui, « mieux vaut être seul que mal accompagné ». La bonne taille me semble autour de la dizaine de millions d'habitants.
J'aimerais bien voir ma théorie mise en pratique.
Depuis quelques années, je soutiens que le temps des grosses entités est passé, que l'avenir, économique au moins, est au petites entités agiles, capables d'exploiter une information quasi-gratuite.
« L'union fait la force » est un slogan politique et économique du passé. Aujourd'hui, « mieux vaut être seul que mal accompagné ». La bonne taille me semble autour de la dizaine de millions d'habitants.
J'aimerais bien voir ma théorie mise en pratique.
lundi, septembre 28, 2015
La fin de l’économie de bulles ?
Nous vivons dans une économie de bulles spéculatives (immobilier, voitures de collection, « art » contemporain, actions, obligations etc.) alimentées par l’argent « gratuit » des banques centrales. Plus on est près du robinet, plus on touche (banquiers, capitalistes de connivence, hauts fonctionnaires, etc.) Ca dure depuis environ trente ans avec une accélération dans les années 90.
La cause fondamentale est bien connue : financer les déficits étatiques abyssaux, c’est-à-dire préserver le Système en évitant de solder les comptes de la faillite social-clientéliste. Ne pas oublier qu’en France, la grande libération de « mon ennemi la finance sans visage » est due à un certain Laurent F., premier ministre.
Or, depuis plusieurs mois, la Fed, la banque centrale américaine, envoie des signaux « Ce coup-ci, les gars, ça y est, on va commencer à fermer le robinet ». A chaque fois, quelle surprise, la main tremble et la fermeture, même minime, du robinet est repoussée au trimestre suivant.
Je ne crois pas à cette fin de l’économie de bulles : ce que des économistes martiens considéreraient comme des défauts (déformations des prix, écrasement des rendements, encouragement à l’endettement, pression sur les bas salaires) est vu par les apprentis sorciers comme des avantages.
On en revient encore et toujours au bon sens thatcherien : « Le socialisme vit de l'argent des autres. Il s'arrête quand les autres n'ont plus d'argent ». Et le corollaire est « Tant que les autres ont de l'argent, le socialisme continue ».
Pour que le socialisme s'arrête, il faut un épuisement total de l'hôte sur lequel ce parasite vit, c'est pourquoi il est pire qu'Attila.
La cause fondamentale est bien connue : financer les déficits étatiques abyssaux, c’est-à-dire préserver le Système en évitant de solder les comptes de la faillite social-clientéliste. Ne pas oublier qu’en France, la grande libération de « mon ennemi la finance sans visage » est due à un certain Laurent F., premier ministre.
Or, depuis plusieurs mois, la Fed, la banque centrale américaine, envoie des signaux « Ce coup-ci, les gars, ça y est, on va commencer à fermer le robinet ». A chaque fois, quelle surprise, la main tremble et la fermeture, même minime, du robinet est repoussée au trimestre suivant.
Je ne crois pas à cette fin de l’économie de bulles : ce que des économistes martiens considéreraient comme des défauts (déformations des prix, écrasement des rendements, encouragement à l’endettement, pression sur les bas salaires) est vu par les apprentis sorciers comme des avantages.
On en revient encore et toujours au bon sens thatcherien : « Le socialisme vit de l'argent des autres. Il s'arrête quand les autres n'ont plus d'argent ». Et le corollaire est « Tant que les autres ont de l'argent, le socialisme continue ».
Pour que le socialisme s'arrête, il faut un épuisement total de l'hôte sur lequel ce parasite vit, c'est pourquoi il est pire qu'Attila.
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Naufrage de l'Etat-mamma
samedi, juin 13, 2015
Dollar, le privilège américain
Discussion avec quelqu'un qui n'y comprenait rien. Résumons.
Tant que le dollar est la monnaie des échanges internationaux, le déficit commercial américain est une nécessité vitale pour le commerce mondial.
En effet, comment les Américains exportent-ils les dollars qui permettent les transactions partout dans le monde ? En achetant des biens à l'étranger. S'ils cessent d'acheter des biens à l'étranger, les étrangers cessent de recevoir les dollars qu'ils utilisent ensuite pour leurs transactions et le commerce mondial se prend une claque.
C'est ce qui est en train de se passer avec la remontée du dollar. Notamment, les pays dits émergents qui ont emprunté en dollars sont asphyxiés. Avec la crise de l'agonie de l'Euro, les années jusqu'à 2020 vont être intéressantes.
Bien fait pour leur gueule, ils n'avaient qu'à tirer les leçons des crises précédentes et ne pas emprunter en dollars, quoiqu'il leur en coutât.
Il y a des gens qui ont compris et qui essaient de substituer leur monnaie au dollar comme monnaie internationale :les Européens les Chinois. Ils rament mais ils essaient.
Les dollars reviennent ensuite aux Etats-Unis sous forme d'achats de bons du trésor américains (un déficit budgétaire a toujours pour pendant un déficit commercial. En France aussi : si on voulait vraiment réduire le déficit commercial, il suffirait que l'Etat français cesse de vivre à crédit).
Tant que le dollar est la monnaie des échanges internationaux, le déficit commercial américain est une nécessité vitale pour le commerce mondial.
En effet, comment les Américains exportent-ils les dollars qui permettent les transactions partout dans le monde ? En achetant des biens à l'étranger. S'ils cessent d'acheter des biens à l'étranger, les étrangers cessent de recevoir les dollars qu'ils utilisent ensuite pour leurs transactions et le commerce mondial se prend une claque.
C'est ce qui est en train de se passer avec la remontée du dollar. Notamment, les pays dits émergents qui ont emprunté en dollars sont asphyxiés. Avec la crise de l'agonie de l'Euro, les années jusqu'à 2020 vont être intéressantes.
Bien fait pour leur gueule, ils n'avaient qu'à tirer les leçons des crises précédentes et ne pas emprunter en dollars, quoiqu'il leur en coutât.
Il y a des gens qui ont compris et qui essaient de substituer leur monnaie au dollar comme monnaie internationale :
Les dollars reviennent ensuite aux Etats-Unis sous forme d'achats de bons du trésor américains (un déficit budgétaire a toujours pour pendant un déficit commercial. En France aussi : si on voulait vraiment réduire le déficit commercial, il suffirait que l'Etat français cesse de vivre à crédit).
vendredi, mai 08, 2015
Les premières secousses du krach obligataire tant redouté et tant espéré ?
Comme d'habitude, il ne faut pas compter sur les journaux français pour nous informer des événements importants :
Violent bond moves signal tectonic shifts in global markets
Sont-ce les les premières secousses du krach obligataire tant redouté et tant espéré ?
Tant redouté parce que les pays occidentaux sont gangrenés par la paresse, la peur, l'assistanat et le clientélisme et qu'un krach obligataire serait un sevrage brutal des têteurs de mamelles étatiques. Cela ne serait pas sans dégénérer en troubles sociaux, puis politiques. Au point que je ne serai pas surpris que la dictature molle du système devienne plus dure.
Tant espéré car ce krach crèverait la bulle d'irréalité et de mensonge dans laquelle nous vivons depuis quelques décennies. Certains sont persuadés que cette bulle est de nature spirituelle et qu'aucun événement matériel ne peut la dégonfler. J'en suis beaucoup moins sûr : l'homme ne vit pas seulement d'idées. Quand le gîte et le couverts sont menacés, les esprits peuvent changer, de manière rapide et violente.
Violent bond moves signal tectonic shifts in global markets
Sont-ce les les premières secousses du krach obligataire tant redouté et tant espéré ?
Tant redouté parce que les pays occidentaux sont gangrenés par la paresse, la peur, l'assistanat et le clientélisme et qu'un krach obligataire serait un sevrage brutal des têteurs de mamelles étatiques. Cela ne serait pas sans dégénérer en troubles sociaux, puis politiques. Au point que je ne serai pas surpris que la dictature molle du système devienne plus dure.
Tant espéré car ce krach crèverait la bulle d'irréalité et de mensonge dans laquelle nous vivons depuis quelques décennies. Certains sont persuadés que cette bulle est de nature spirituelle et qu'aucun événement matériel ne peut la dégonfler. J'en suis beaucoup moins sûr : l'homme ne vit pas seulement d'idées. Quand le gîte et le couverts sont menacés, les esprits peuvent changer, de manière rapide et violente.
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Naufrage de l'Etat-mamma
samedi, janvier 03, 2015
The year of dollar danger for the world
The year of dollar danger for the world
Je suis curieux de voir si tout ou partie de ces prédictions se réaliseront.
Je suis curieux de voir si tout ou partie de ces prédictions se réaliseront.
dimanche, avril 20, 2014
lundi, avril 07, 2014
Banqueroute, sortie de l'Euro et libéralisation : le cocktail magique (que, hélas, nous ne boirons pas)
Voici un article sur la banqueroute :
La banqueroute ou la mort ?
Je pense que le trio magique est :
● Banqueroute : liquidation des erreurs du passé et punition des créanciers qui ont encouragé le surendettement.
● Libéralisation : préparation de l'avenir et non-répétition des erreurs du passé (1).
● Sortie de l'Euro : retour de la souveraineté monétaire.
Cette politique forme pourtant un tout cohérent (je ne détaille pas les arguments : en général, les commentateurs le font mieux que moi !).
La tentation est évidemment grande de sortir de l'Euro et de faire banqueroute pour éviter la libéralisation. C'est alors la recette sûre pour suivre la route de l'Espagne, de l'Argentine et de la Grèce vers la banqueroute à répétition.
Mais, comme sus-mentionné, mon programme est cohérent : la France se jette dans la mondialisation non pas comme un veau à l'abattoir mais comme un pirate le couteau entre les dents.
Cependant, je sais bien que cela n'arrivera pas : il n'y a pas de cojones et de matière grise pour cette politique. Et puis, elle suppose un goût de la vérité, sur notre «modèle social», sur l'Euro, qui est totalement inimaginable chez des politiciens qui considèrent que leur métier, c'est de mentir bien, avec aplomb.
Même si le surendettement et l'assistanat entretiennent la veulerie et la bassesse, il ne faut pas inverser les causes : le naufrage moral, la fuite devant l'effort, viennent d'abord, le surendettement n'est qu'une conséquence.
******************
(1) : la diminution très forte de l'immigration, qui est un boulet économique et social, et une menace pour notre civilisation, fait partie du programme de non-répétition des erreurs passées.
La banqueroute ou la mort ?
Je pense que le trio magique est :
● Banqueroute : liquidation des erreurs du passé et punition des créanciers qui ont encouragé le surendettement.
● Libéralisation : préparation de l'avenir et non-répétition des erreurs du passé (1).
● Sortie de l'Euro : retour de la souveraineté monétaire.
Cette politique forme pourtant un tout cohérent (je ne détaille pas les arguments : en général, les commentateurs le font mieux que moi !).
La tentation est évidemment grande de sortir de l'Euro et de faire banqueroute pour éviter la libéralisation. C'est alors la recette sûre pour suivre la route de l'Espagne, de l'Argentine et de la Grèce vers la banqueroute à répétition.
Mais, comme sus-mentionné, mon programme est cohérent : la France se jette dans la mondialisation non pas comme un veau à l'abattoir mais comme un pirate le couteau entre les dents.
Cependant, je sais bien que cela n'arrivera pas : il n'y a pas de cojones et de matière grise pour cette politique. Et puis, elle suppose un goût de la vérité, sur notre «modèle social», sur l'Euro, qui est totalement inimaginable chez des politiciens qui considèrent que leur métier, c'est de mentir bien, avec aplomb.
Même si le surendettement et l'assistanat entretiennent la veulerie et la bassesse, il ne faut pas inverser les causes : le naufrage moral, la fuite devant l'effort, viennent d'abord, le surendettement n'est qu'une conséquence.
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(1) : la diminution très forte de l'immigration, qui est un boulet économique et social, et une menace pour notre civilisation, fait partie du programme de non-répétition des erreurs passées.
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jeudi, avril 03, 2014
Pourquoi veut-on nous faire croire que la déflation est le mal absolu ?
Je n'ai pas d'avis précis sur l'article de Philippe Herlin, je n'ai pas assez réfléchi au sujet de la déflation, mais il est dans la tonalité générale de ce que je pense. Quand j'entends la classe jacassante communier dans l'horreur de la déflation, je me pose des questions. Elle est une boussole qui indique le sud.
Pourquoi veut-on nous faire croire que la déflation est le mal absolu ?
Pourquoi veut-on nous faire croire que la déflation est le mal absolu ?
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vendredi, avril 12, 2013
Panne de la consommation ? Excellente nouvelle
Les démagogues de tout poil et les économistes à équations fausses se lamentent d'une «panne de la consommation».
C'est absurde. Comme est absurde l'idée keynéso-socialiste (c'est-à-dire idiote) sous-jacente «la consommation tire la croissance». C'est une illusion statistique d'abrutis qui ont placé une foi de charbonnier dans les chiffres et les modèles mathématiques, qui les vénèrent comme des idoles et les interrogent comme des oracles.
La croyance absurde «l'épargne c'est mal, la consommation c'est bien» devrait entrainer la condamnation immédiate au supplice de l'entonnoir.
On ne voit vraiment pas en quoi la consommation à crédit de produits importés (électronique, automobile) ou improductifs (immobilier) peut avoir un quelconque intérêt économique. Cela sert juste à alimenter une folie court-termiste gageant et dilapidant le capital accumulé.
Le secret de l'économie durable et responsable n'est pas un secret : «les profits (et l'épargne) d'aujourd'hui font les investissements de demain qui font les emplois d'après-demain».
Alors, si la consommation baisse pour augmenter l'épargne et l'investissement, c'est bien. Ensuite, une fois la situation rétablie, pour ne pas tomber dans l'erreur mercantiliste, il faut savoir ré-investir et consommer, mais nous n'en sommes pas là.
Si la consommation baisse parce que les Français s'appauvrissent et sont accablés d'impôts, c'est autre chose ...
C'est absurde. Comme est absurde l'idée keynéso-socialiste (c'est-à-dire idiote) sous-jacente «la consommation tire la croissance». C'est une illusion statistique d'abrutis qui ont placé une foi de charbonnier dans les chiffres et les modèles mathématiques, qui les vénèrent comme des idoles et les interrogent comme des oracles.
La croyance absurde «l'épargne c'est mal, la consommation c'est bien» devrait entrainer la condamnation immédiate au supplice de l'entonnoir.
On ne voit vraiment pas en quoi la consommation à crédit de produits importés (électronique, automobile) ou improductifs (immobilier) peut avoir un quelconque intérêt économique. Cela sert juste à alimenter une folie court-termiste gageant et dilapidant le capital accumulé.
Le secret de l'économie durable et responsable n'est pas un secret : «les profits (et l'épargne) d'aujourd'hui font les investissements de demain qui font les emplois d'après-demain».
Alors, si la consommation baisse pour augmenter l'épargne et l'investissement, c'est bien. Ensuite, une fois la situation rétablie, pour ne pas tomber dans l'erreur mercantiliste, il faut savoir ré-investir et consommer, mais nous n'en sommes pas là.
Si la consommation baisse parce que les Français s'appauvrissent et sont accablés d'impôts, c'est autre chose ...
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mardi, mars 19, 2013
mercredi, février 20, 2013
8 leçons d'histoire économique (JM Daniel)
Un livre plaisant. Il manque un peu de fil conducteur, mais il recèle des informations et des anecdotes instructives.
samedi, janvier 19, 2013
Sur les innovations de rupture
Sur les innovations de rupture
Excellent blog.
Par exemple, la faillite de Kodak. Ce n'est pas que la direction de Kodak n'a pas vu venir l'appareil photo numérique (explication simpliste).
Kodak a bien vu le mouvement, il détient même des brevets pour appareils numériques qui font la valeur résiduelle de l'entreprise en faillite.
Mais la direction a été incapable de lâcher son métier traditionnel qui, étant mature, lui rapportait d'excellentes marges, pour investir massivement en hommes, en capital et en image de marque dans le numérique (donc laisser tomber le métier traditionnel au moment où ses marges étaient les plus importantes).
C'est le dilemme du naufragé qui doit lâcher sa bouée pour agripper le rebord du canot de sauvetage.
Au contraire, Kodak a mis tous ces profits à essayer de maintenir un métier qu'il savait pourtant condamné. Et plus Kodak était efficace dans son métier et plus il reculait le moment de se remettre en cause. Alors que cette efficacité était elle-même un signe alarmant : cela montrait que le métier ne réservait plus aucune surprise, donc plus aucune voie d'innovation incrémentale.
Excellent blog.
Par exemple, la faillite de Kodak. Ce n'est pas que la direction de Kodak n'a pas vu venir l'appareil photo numérique (explication simpliste).
Kodak a bien vu le mouvement, il détient même des brevets pour appareils numériques qui font la valeur résiduelle de l'entreprise en faillite.
Mais la direction a été incapable de lâcher son métier traditionnel qui, étant mature, lui rapportait d'excellentes marges, pour investir massivement en hommes, en capital et en image de marque dans le numérique (donc laisser tomber le métier traditionnel au moment où ses marges étaient les plus importantes).
C'est le dilemme du naufragé qui doit lâcher sa bouée pour agripper le rebord du canot de sauvetage.
Au contraire, Kodak a mis tous ces profits à essayer de maintenir un métier qu'il savait pourtant condamné. Et plus Kodak était efficace dans son métier et plus il reculait le moment de se remettre en cause. Alors que cette efficacité était elle-même un signe alarmant : cela montrait que le métier ne réservait plus aucune surprise, donc plus aucune voie d'innovation incrémentale.
dimanche, décembre 23, 2012
Le temps béni du colbertisme
Les imbéciles économiques à la Zemmour ou à la Dupont-Aignan nous font en ce moment un coup de nostalgie colbertiste. Ah, la manufacture des Gobelins. Ah, la verrerie de Saint-Gobain (qui est devenue une moderne multinationale, voyez comme le colbertisme était visionnaire).
Parlons-en du temps béni du colbertisme.
C'était le temps où les Provinces-Unies, dix fois moins peuplées que la France, mais adonnées à un capitalisme privé déchainé et à un commerce débridé, pouvaient se poser en rival crédible. Ah vraiment, elle est belle la réussite du colbertisme.
Le pays en est resté ruiné, il a fallu le vil affairisme (que méprisent tant nos prudes nationalistes) de la Régence pour rétablir un peu les comptes.
S'il est arrivé que la France fût la puissance dominante en Europe, ce n'est pas à cause d'une politique économique judicieuse qui lui aurait donné les moyens de la puissance. C'est grâce à sa démographie qui en faisait la Chine de l'Europe. Il n'y a pas une gloire immense à rivaliser avec des pays deux à dix fois moins peuplés que vous. La supériorité démographique enfuie après les guerres napoléoniennes et après l'union allemande, la France est rentrée dans le rang.
Les chantres du colbertisme nous font aussi régulièrement un «trip» Trente Glorieuses et économie dirigée. Les Trente Glorieuses, cette époque de rattrapage, en partie financée par les Américains ? On peut d'ailleurs longuement débattre de savoir si cette époque était réellement moins libérale que la nôtre (puisque c'est le point qui tracasse nos étatistes : démontrer que l'économie «dirigée» (1) est préférable à l'économie libérale).
Ah, et enfin, l'apothéose : le pompidolisme. Le TGV, Airbus, les centrales nucléaires ... Une telle réussite que nous en vivons encore quarante ans après. C'est dire si l'économie française est créative : elle n'a rien crée de marquant en quarante ans (à part Meetic). Quelle réussite, l'économie dirigée !
Examinons les périodes d'expansion de l'économie française.
Le Troisième Empire ? Un fin d'artifice économique. Manque de pot, c'est une ère libérale. Mais on peut me rétorquer que c'était aussi une époque de rattrapage.
Alors, pas de période où la France ne fut, économiquement, ni à la traine ni en rattrapage ?
Oh si. Il y en a une.
Elle nous a laissé des noms comme Blériot, Michelin, Renault, Citroen. Tous des noms d'entrepreneurs, et pas de hauts fonctionnaires, vous remarquerez. Au début du siècle dernier, après une longue stagnation, l'économie redémarre sous l'impulsion d'entrepreneurs audacieux. Et la France n'est pas à la traine dans les industries naissantes, automobile, aviation, mais plutôt à la pointe.
Mais il faut avoir l'esprit particulièrement mal tourné, comme moi, pour voir une relation entre cette prospérité inédite et le je-m'en-foutisme de l'Etat de l'époque en matière économique. Pas de «ministère du redressement productif», pas d'«emplois d'avenir» ...
************
(1) : les mauvaises langues feront une analogie entre l'«économie dirigée» et la «bataille conduite», qui était la doctrine de l'armée française en 1940, avec le succès que l'on sait.
Parlons-en du temps béni du colbertisme.
C'était le temps où les Provinces-Unies, dix fois moins peuplées que la France, mais adonnées à un capitalisme privé déchainé et à un commerce débridé, pouvaient se poser en rival crédible. Ah vraiment, elle est belle la réussite du colbertisme.
Le pays en est resté ruiné, il a fallu le vil affairisme (que méprisent tant nos prudes nationalistes) de la Régence pour rétablir un peu les comptes.
S'il est arrivé que la France fût la puissance dominante en Europe, ce n'est pas à cause d'une politique économique judicieuse qui lui aurait donné les moyens de la puissance. C'est grâce à sa démographie qui en faisait la Chine de l'Europe. Il n'y a pas une gloire immense à rivaliser avec des pays deux à dix fois moins peuplés que vous. La supériorité démographique enfuie après les guerres napoléoniennes et après l'union allemande, la France est rentrée dans le rang.
Les chantres du colbertisme nous font aussi régulièrement un «trip» Trente Glorieuses et économie dirigée. Les Trente Glorieuses, cette époque de rattrapage, en partie financée par les Américains ? On peut d'ailleurs longuement débattre de savoir si cette époque était réellement moins libérale que la nôtre (puisque c'est le point qui tracasse nos étatistes : démontrer que l'économie «dirigée» (1) est préférable à l'économie libérale).
Ah, et enfin, l'apothéose : le pompidolisme. Le TGV, Airbus, les centrales nucléaires ... Une telle réussite que nous en vivons encore quarante ans après. C'est dire si l'économie française est créative : elle n'a rien crée de marquant en quarante ans (à part Meetic). Quelle réussite, l'économie dirigée !
Examinons les périodes d'expansion de l'économie française.
Le Troisième Empire ? Un fin d'artifice économique. Manque de pot, c'est une ère libérale. Mais on peut me rétorquer que c'était aussi une époque de rattrapage.
Alors, pas de période où la France ne fut, économiquement, ni à la traine ni en rattrapage ?
Oh si. Il y en a une.
Elle nous a laissé des noms comme Blériot, Michelin, Renault, Citroen. Tous des noms d'entrepreneurs, et pas de hauts fonctionnaires, vous remarquerez. Au début du siècle dernier, après une longue stagnation, l'économie redémarre sous l'impulsion d'entrepreneurs audacieux. Et la France n'est pas à la traine dans les industries naissantes, automobile, aviation, mais plutôt à la pointe.
Mais il faut avoir l'esprit particulièrement mal tourné, comme moi, pour voir une relation entre cette prospérité inédite et le je-m'en-foutisme de l'Etat de l'époque en matière économique. Pas de «ministère du redressement productif», pas d'«emplois d'avenir» ...
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(1) : les mauvaises langues feront une analogie entre l'«économie dirigée» et la «bataille conduite», qui était la doctrine de l'armée française en 1940, avec le succès que l'on sait.
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