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mardi, août 20, 2019

Politique : comment savoir qui a raison ? Comment faire passer la bonne politique ?

Je suis en train de lire The collapse of the third republic, de William Shirer, dont je vous ai déjà parlé.

C'est rageant : des hommes voient les dangers, les vrais, tels que la suite de l'histoire les révèlera et proposent des solutions pas idiotes mais ne sont pas écoutés, ou peu, dans le brouhaha des analyses et des propositions contradictoires.

Ils arrivent que certains soient à la fois dans l'erreur grave et dans la bonne analyse. C'est le cas de Winston Churchill : il a reconnu lui-même que son refus de dévaluer et son retour à l'étalon-or, en tant que Chancelier de l'Echiquier, étaient une faute gravissime et comptent parmi les causes majeures de la seconde guerre mondiale. En même temps, il a eu parfaitement raison, presque tout seul, à propos de l'Allemagne et de Hitler.

Or, le retour à l'étalon-or de Churchill est pour moi du même acabit qu'aujourd'hui le rafistolage permanent de l'Euro : une faute lourde à cause du refus de solder les comptes d'une politique qui a échoué. Les psycho-rigides veulent maintenir l'illusion. Ils refusent de renoncer à l'idée qui a fait leur carrière et leur fortune. Ils ne veulent pas se résoudre à prendre nos pertes : oui, si la Grande-Bretagne avait été forte, elle aurait pu retourner à l'étalon-or. Oui, si la fédération européenne était une bonne idée, il faudrait garder l'Euro. Mais la Grande-Bretagne n'était plus forte et la fédération européenne se révèle une mauvaise idée.

L'idée européiste de monnaie unique, on pouvait éventuellement y croire (après tout, j'ai voté pour, une erreur de jeunesse, avant que de m'en repentir). En tout cas, on essayé. Maintenant, il faut démonter l'édifice mal branlé et passer à autre chose.

Ma politique est simple : transformer l'Euro en monnaie commune en réintroduisant les monnaies nationales, faire banqueroute sur les dettes, arrêter l'immigration et remettre de l'autorité et de la transmission dans la vie (école, famille, justice). Les suites immédiates seraient terribles, mais ce n'est pas ma politique qui en serait la cause, ce serait les longues années de politique folle qu'il s'agit de solder.

Avant que d'en arriver là, se pose une question incontournable : comment faire passer cette politique de salut public qui fait peur (et je comprends bien pourquoi) ?

Arrivé à ce point, la lecture de Shirer pousse au désespoir. La bonne volonté et l'intelligence ne suffisent pas. Le caractère non plus. Il faut que tout cela soit réuni dans le même homme et qu'en plus il soit au bon endroit, au bon moment, avec les bons appuis.

Tardieu manque d'habileté, Daladier de caractère, Reynaud de conviction. Il y a bien un homme possédant toutes ces qualités. Mais Charles De Gaulle végète dans un poste subalterne.

Bref, pas riant, l'avenir.

Certes, tout n'est pas perdu :


lundi, juillet 09, 2018

UE, Euro : la déliquescence plutôt que l'explosion

Des scénarios crédibles de fin de l'UE et de l'Euro commencent à apparaître et certains de leurs éléments sont déjà en action.

UE : aucune sortie formelle, mais des pays qui choisissent de plus en plus d'en faire à leur tête. Qui participent à telle action commune, mais pas à telle autre. Qui transposent les directives à leur façon. Qui financent à géométrie variable. Qui reprennent leur parole, etc. Et le cercle vicieux s'auto-entretient : moins les pays participent aux actions communes, moins cela vaut le coup de faire l'effort d'y participer. Le bilatéralisme revient. Tuant de fait l'UE.

Euro : c'est plus dur, mais, là encore, un scénario graduel se met en place. Sous le choc de la prochaine crise, des pays s'affranchissent de plus en plus des règles communes, jusqu'au jour où l'un d'eux introduit une monnaie parallèle.

mercredi, juin 06, 2018

La soeur latine campagnolise








On remarquera que toute l'actualité n'arrive pas jusqu'à Campagnol, puisque Combaz semble ignorer qu'il n'y aura pas d'élections en septembre !

vendredi, mai 18, 2018

La guerre contre l'Italie a commencé

Vous savez que, depuis un certain temps, je pense que la libération des peuples européens du joug bruxello-berlinois viendra d'Italie.

L'Italie a le pouvoir de faire sauter l'Euro et l'UE et s'y prépare :

Why Italy could yet blow the Euro and European Union apart

Les euro-tyrans sont des enculés de première bourre et des abrutis de compétition mais le pouvoir, ils savent ce que c'est et ont bien compris que le leur était menacé par l'Italie. Alors ils ripostent avec l'artillerie lourde :

LA GUERRE CONTRE L’ITALIE, SA SOUVERAINETÉ ET SES CHOIX EST LANCÉE, LA FINANCE EN PREMIÈRE LIGNE SUITE ..AVEC FIL DE MISES À JOUR

Tout le blabla sur le soft power, c'est pour les naïfs. Ils font sentir leur pouheur very hard.

La stratégie italienne (potentielle : je ne suis pas sûr qu'on aille au-delà des rodomontades. Les Italiens auront peut-être droit à des Tsipras version latine) me paraît claire : creuser les déficits sans retenue et placer le Reich devant une alternative douloureuse. Soit la reich-chancelière autorise la BCE à les financer et c'est une capitulation en rase campagne, soit la banqueroute force l'Italie à sortir de l'Euro et c'est la fin de cette monnaie maudite. Un classique, la dissuasion du fou au fort.

Un scénario possible : l'Italie creuse ses dettes et menace de faire banqueroute si la BCE ne fait pas encore plus de la cavalerie et la reich-chancelière cède pour sauver les reich-banques (comme Charles Gave l'a expliqué, le mercantilisme allemand est une connerie monumentale). Le signal donné désastreux, c'est la fête du slip dans tous les pays du sud. L'électeur allemand est fou de rage et le Reich accepte enfin que les pays de mendiants ré-introduisent des monnaies nationales parallèlement à l'Euro.

L'autre scénario (plus probable) : les grandes gueules italiennes baissent leur froc comme Tsipras. Jusqu'au prochain coup.

Nous vivons des temps intéressants.

Comme d'habitude depuis cinquante ans, la France sera en retard sur l'histoire et restera soumise à Berlin quand tous les autres auront repris leur indépendance. Nous (nos technocrates) nous ferons une fierté d'imbéciles masochistes qui n'ont rien compris de rester scotchés au Reich le plus longtemps possible. Collabos un jour, collabos toujours. Merci les technocrates paumés.

L'histoire se répète : en 1940, nos technocrates n'ont rien compris à la situation stratégique mondiale car incapables d'élever leur horizon. Idem aujourd'hui. Pris entre la Russie, la Chine et les Etats-Unis, nous avons plus que jamais besoin d'une Europe forte et ce n'est certainement pas en favorisant un grand Reich pan-européen que nous y arriverons. C'est en favorisant ce qui a fait la force historique de l'Europe :  l'émulation entre nations libres.

Addendum :

Je m'aperçois que je n'ai pas décrit le scénario que j'estime le plus probable. Les dirigeants italiens baisseront leur froc, mais non sans avoir au préalable augmenté le bordel ambiant au sein de l'UE. Les européistes auront gagné du temps et ils ne pourront s'empêcher de faire les triomphants (il n'y a qu'à voir comment ils se délectent des problèmes du Brexit) mais l'édifice aura une lézarde de plus. Et la prochaine crise (il y a toujours une prochaine crise) donnera des grands coups de boutoir.

Aujourd'hui, je ne crois plus à l'écroulement soudain de l'UE et de l'Euro, la machine à travestir la réalité et à contrôler les peuples est trop puissante. En revanche, je crois qu'ils vont se vider de leur substance jusqu'au jour où les abandonner paraîtra le plus facile, la ligne de moindre résistance, où nous aurons tellement d'autres préoccupations que cela fera deux lignes dans les journaux.

jeudi, mars 09, 2017

Programme économique du FN : écoutons les experts, vraiment ?

Gros tir de barrage dans les Echos et le Figaro contre le programme économique du FN. Les experts affirment : le protectionnisme c'est la guerre, la sortie de l'Euro c'est la misère.

Il y a juste quelques petits problèmes :

1) Les « experts » en question, ne sont-ce pas les mêmes qui n'ont pas vu la crise de 2008 et nous prédisaient des catastrophes en cas de Brexit et de Trump ? Crédibilité zéro. Et pour une raison claire : ils sont payés par des organismes (banques, instituts du grand patronat) qui ont intérêt à nous convaincre que nous vivons dans le meilleur des mondes, puisqu'ils en profitent avec une cupidité insatiable, et que nous ne devons surtout rien changer (des fois qu'ils profiteraient moins du nouveau monde).

Je préfère un Charles Gave à mille de ces « experts », qui depuis longtemps ont vendu leur âme pour un plat de lentilles.

2) Il y a dans tous les raisonnements de ces pseudo-experts un biais. Ils pensent toujours toutes choses égales par ailleurs. Or, c'est justement l'objet d'un vrai changement de politique de changer tout ou presque. Ainsi, la sortie de la France de l'Euro, ça n'existe pas.  La France ne resterait pas isolée face à des pays restés dans l'Euro. Si la France revenait au Franc, l'Euro éclaterait. Il ne peut donc y avoir sortie de la France de l'Euro mais seulement disparition de l'Euro.

Tous ces scénarios catastrophes des « experts » ne tiennent guère la route. Ils remplissent une fonction d'idéologie et de propagande, pas d'honnête débat.

Cela ne veut pas dire que la situation ne peut pas être pire qu'aujourd'hui. Cela veut juste dire que continuer dans la voie actuelle est le chemin de l'horreur économique sans fin, ce qui est un excellent moyen d'empirer notre situation. Alors, on peut choisir la fin de l'horreur, même si elle comporte de gros risques, le risque c'est la vie.

Sur le coté étatiste du programme du FN, je suis plus réservé, c'est le moins qu'on puisse dire, mais, comme par hasard, c'est la partie le moins attaquée (les connivents profitent beaucoup de l'Etat).

jeudi, avril 30, 2015

Le social-libéralisme, voilà l'ennemi !

Le social-libéralisme, voilà l'ennemi !

Pour une fois je suis d'accord avec l'analyse économique d'Eric Zemmour. Est-ce moi qui me suis rapproché de lui ou l'inverse ? Je ne sais.

Deux articles connexes :

Rémunérations des dirigeants du CAC 40 : un mauvaisrapport qualité-prix

Archer est beaucoup plus cinglant que Zemmour :

Qu'on le veuille ou non, et par-delà le talent de ces capitaines de grands groupes, il faut savoir demeurer en phase avec la société au sein de laquelle vous évoluez. C'est ce qu'avaient compris feu François Michelin, Xavier Fontanet (Essilor) ou Bertrand Collomb (Lafarge) à la suite du regretté Olivier Lecerf. C'est ce que ne parviendra jamais à intégrer Carlos Ghosn dont la rémunération globale chez Renault est de 7,2 millions d'euros et de 7,4 millions chez Nissan.

Notre société, certes capitaliste et matérialiste, peut elle se satisfaire de payer quelqu'un plus d'un million par mois à la lumière d'un chiffre simple que les analystes financiers gomment parfois: il y a dix ans, Renault produisait (et vendait) près d'un million de véhicules en France. Aujourd'hui, la firme au losange est endeçà de 400.000 unités. Était-il si génial de délocaliser à tour de bras et de se focaliser sur du low-cost ? Pourquoi avoir tué la stratégie de redressement de Raymond Lévy qui n'excluait pas le haut de gamme ou l'alliance avec Volvo en 1988?  Un jour, un bilan de l'ère d'un manager fort soucieux de ses intérêts (n'est-il pas de surcroît patron de Lada en Russie...) devra être établi.


C'est un de mes points d'accord avec la CGT (si, si) : Carlos Ghosn est un enfoiré de compétition, cupide, avide, narcissique, égoïste, inhumain, froid, sans scrupules ... Un escroc de grand chemin qui a compris qu'il y avait plus d'argent à se faire dans les couloirs des ministères et dans les salles des conseils d'administration qu'en casant des assurances-vie bidons aux dans les maisons de retraite de Carpentras.

Et Emmanuel Macron aussi :

De nos jours, les temps ont changé et un ministre de l'Économie a fait inscrire dans sa fameuse future loi Macron un allègement de la fiscalité relative aux attributions d'actions. Chacun pensera librement: on peut vouloir vivre comme un footballeur ou comme Jean Guitton. On peut vouloir introduire une loi innovante ou à l'inverse glisser des dispositions qui ménagent l'appréciation que les hautes sphères dirigeantes privées ressentent à votre égard. Une vraie application du principe de précaution appliquée à la notion de carrière personnelle, en somme.

«C'est pas ma faute» : le livre que doit lire Agnès Saal







mardi, août 16, 2011

Combien de temps l'Euro va-t-il survivre ? Dix ans ?

Il est hasardeux de faire des prédictions sur l'Euro, néanmoins, je m'y risque, par goût du sport.

Dans dix ans, à plus ou moins un an, des pays commenceront à sortir de la zone Euro.

Voici mon analyse : l'Euro est un outil politique pour forcer la main des peuples. La fin de l'Euro sera donc politique. Or, les mandats électoraux en Europe tournent autour de cinq ans.

Il faudra bien deux mandats pour qu'arrive au pouvoir dans un pays européen un parti ayant fait explicitement campagne pour la sortie de l'Euro.

Maintenant, il se peut q'au début 2012, la cour de Karlsruhe décide que les sauvetages par la BCE sont inconstitutionnels, que l'Allemagne doit s'en retirer et l'Euro n'existera plus en juin 2012.

lundi, août 15, 2011

Et maintenant, les Eurobonds ...

En Europe, on a plein de petits pots de merde, les dettes étatiques. Les géniaux politiciens qui nous dirigent ont une idée fantastique : mettre tous ces petits pots de merde en commun dans un grand pot de merde, une piscine de merde, baptisé Eurobonds.

Jusqu'à la lie, nous boirons le calice. Pas une seule fois, nous aurons une réaction intelligente sans y être absolument forcés.

L'Euro mourra, mais l'agonie sera, comme prévu, très longue et très douloureuse.

Le seul espoir réside dans l'opposition allemande : Angela Merkel est une fausse vertueuse, qui, à chaque fois, tortille du cul mais finit par céder aux idées à la con des PIGs et des eurocrates français.

samedi, août 06, 2011

Crise de dettes, où qu'on en est ?

Bon, voilà, je résume les épisodes précédents :

Valéry, François III, François III bis, Jacquot I, Jacquot I bis, Sarko 1er, ils prenaient leur pied avec le pouvoir.

Ils ne savaient pas bien quoi en faire d'intéressant quand ils l'avaient. En revanche ils goutaient fort la menue monnaie du pouvoir : les huissiers à chaine, les motards, les palais somptueux, les avions du GLAM, et plus que tout l'encens de la Cour : les «amis» à l'échine courbée quémandant un regard du maitre, les sourires en coin des complices de filouterie, les femmes offertes, souvent par elles-mêmes, quelquefois par leurs maris, et les foules de militants enamourés (les cons).

Mais pour que tout ce grand bonheur continue, il y avait une condition : acheter des électeurs. Donc trouver de l'argent.

Ni une, ni deusse, à tout problème, sa solution :

1) Matraquer d'impôts les imbéciles qui sont suffisamment crétins pour travailler au lieu d'essayer de vivre au crochet de la communauté, comme font les gens intelligents. Ceux-là, ils sont si bêtes qu'on ne les entend même pas gueuler quand le fisc les étrangle.

2) Endetter l'Etat : l'Etat, c'est tout le monde et personne. Et après nous, le déluge.

Ne boudons pas notre plaisir : cette technique a fonctionné pendant quarante ans au-delà de toutes les espérances. On en arrosé des journaleux, des copains, des coquins. On en a fait des virées en Falcon avec des bains de pieds au champagne.

Seulement voilà : pour s'endetter, il faut des créanciers qui acceptent de vous prêter de l'argent.

Au Moyen-Age, c'était facile : le trésor royal s'endettait jusqu'au cou, puis, quand il devenait impossible de rembourser, le roi convoquait une chambre ardente, on pendait un ou deux créanciers au gibet de Montfaucon et on repartait sur de bonnes bases.

C'était le bon temps. Maintenant que les créanciers sont à Hong-Kong ou à Dubai, pour les trainer jusqu'au gibet de Montfaucon, il va falloir se lever tôt.

Heureusement, les rois de France, toujours eux, avaient plus d'un tour dans leur sac : rembourser les dettes, pourquoi pas ? Mais en monnaie de singe. C'est évidemment la solution très socialistes que préconise Mâme Martine. Cette solution a le léger défaut de spolier ceux qui travaillent et qui épargnent, mais si les socialistes devaient se préoccuper des abrutis qui épargnent, où irait-on ?

Ne rigolez pas : les socialistes n'ont aucun scrupule, aucune morale, donc ils revendiquent sans retenue leur mentalité de voleurs, mais les autres ne pensent pas différemment, ils sont juste plus sournois.

Au fait, je n'ai entendu personne évoquer la solution universellement connue pour rembourser ses dettes : dépenser moins et travailler plus. C'est que je dois être dur d'oreille.

Bref, amis crétins qui travaillez pour financer les feignasses de toutes sortes, vous allez en baver des ronds de chapeau. Et en plus, on ne vous dira même pas merci. Au contraire, on vous enfoncera en vous traitant de sales capitalistes et de mangeurs d'enfants de bons-à-rien.

Tant d'ingratitude mériterait que nous nous prenions nos cliques et nos claques et que nous allions vivre dans ces pays où l'on insulte pas ceux qui travaillent pour faire vivre les oisifs. Ah bon ? C'est déjà ce que fait la moitié des jeunes diplômés français ? Il ne faut pas désespérer de la jeunesse.

lundi, juillet 25, 2011

L'Etat dans l'ADN de la France ?

Marine Le Pen a déclaré, pour justifier son programme socialiste, que l'Etat est dans l'ADN de la France. Cette image suppose que l'étatisme était un ferment de la France dès les origines.

L'affirmation est spécieuse : il n'est guère possible de comparer l'Etat monarchique et l'Etat actuel.

Quoi de commun entre l'Etat de Louis XIV dont en pleine guerre les dépenses représentaient 15 % du PIB et l'Etat actuel qui, avec 57 % du PIB, n'arrive plus à maintenir une justice, une police et une armée dignes de ce nom ? Quoi de commun entre l'Etat de Colbert, qui comptait autant de fonctionnaires qu'une de nos régions de 2011, et l'Etat actuel qui emploie un quart de la population active ?

Et je suis remonté à Louis XIV pour être gentil, il passe pour le plus étatiste de nos rois. On peut venir plus près de nous : en 1872, les dépenses publiques représentaient 11 % du PIB.

De plus, on peut retourner l'image : avec le même ADN, on peut faire un beau corps bien développé ou une tumeur cancéreuse.

Et puisqu'on parle de l'histoire de France, on notera avec intérêt que les périodes les plus prospères ne furent pas nécessairement les plus interventionnistes, que l'on songe au début du 18ème siècle ou au Second Empire.

Que l'Etat ait été important dans le développement de la France ne signifie en rien que son expansion sans frein soit à coup sûr une bonne chose, que la situation actuelle soit incontestablement enviable.

Bref, Marine Le Pen a décidément presque tout faux en économie. Le seul point avec lequel je m'accorde, c'est la sortie de l'Euro.

...

dimanche, juillet 24, 2011

La Grande-Bretagne, la nouvelle Suisse ?

A euro crisis... but also an opportunity for Britain

Daniel Hannan propose une stratégie qui, si j'étais grand-breton, m'intéresserait fort :

> la Grande-Bretagne a une vocation naturelle à être le refuge de ceux qui fuient la crise de l'Euro. Or, cette place est prise par la Suisse. Pourquoi ? Parce que la Grande-Bretagne est corsetée par trop de traités européens.

> les mécanismes mis en place pour sauver l'Euro sont illégaux au regard des traités existants.

> la Grande-Bretagne se sert de cette illégalité pour obtenir la levée des contraintes qui la gênent : «OK, je ferme les yeux sur vos magouilles mais, en contrepartie, vous me déliez de telle, telle et telle obligation».

Le problème de cette idée, pas mauvaise du point de vue britannique, c'est qu'une fois qu'on a mis sur la table l'argument de l'illégalité du sauvetage de l'Euro, même comme simple menace, on ouvre la boite de Pandore.

Il est vrai que le problème pourrait être définitivement réglé par les Allemands : si, comme il n'est pas impossible, la cour constitutionnelle de Kralsruhe déclare le sauvetage de l'Euro illégal, tout l'édifice européiste s'écroule.

« L’Europe ne fait même plus semblant d’agir dans la légalité »

« L’Europe ne fait même plus semblant d’agir dans la légalité »

On trouve ici une confirmation dans les faits que sauvetage de l'Euro et démocratie sont incompatibles et que l'oligarchie a décidé de sauver l'Euro en sacrifiant la démocratie.

vendredi, juillet 22, 2011

Zone Euro : rien n'est réglé mais les européistes gagnent du temps

En organisant un défaut de la Grèce, les européistes gagnent du temps.

Mais rien n'est fondamentalement réglé. En effet, le vice fondamental de la zone Euro persiste, il est de prétendre que les Grecs sont des Allemands, juste un peu moins blonds.

C'est une manière imagée de dire que faire monnaie unique dans une association entre pays aux compétitivités très différentes, sans transferts financiers ni humains, est vouée à l'échec. C'est un non-sens Èconomique, et aussi, dans ce cas précis, politique.

Pour que l'Euro n'explose pas, il faudrait que les Allemands donnent (non pas prêtent) de l'argent aux Grecs tous les ans et que, en contrepartie, l'Allemagne exerce un contrôle sur la Grèce, comme la France fait avec les Antilles.

Or, pour qu'un tel transfert soit politiquement acceptable des deux cotés, il faudrait que les peuples grecs et allemands se sentent une solidarité supra-nationale. Cette solidarité existe au niveau des élites, pas au niveau des peuples.

C'est pourquoi, pour sauver l'Euro, les élites doivent contrarier les peuples. Autrement dit, le dilemme de l'Europe est clair : on peut sauver ou l'Euro ou la démocratie, pas les deux à la fois.

Les zélites ont choisi depuis longtemps : le fonctionnement des institutions européennes prouve qu'elles sacrifient la démocratie à la construction européiste.

Mais les peuples supporteront-ils encore longtemps la souffrance qu'on leur inflige au nom de l'idéologie européiste ? Pour l'instant, on leur bourre le mou en leur jurant que la sortie de l'Euro serait une catastrophe mais que se passra-t-il quand ils se diront que rester dans l'Euro est aussi une catastrophe ?

Sauront-ils jeter leurs zélites à la mer avec leur idéologie européiste ? J'en suis persuadé : en 1970, personne n'aurait parié un kopek sur le retournement libéral des années 80. Les vents politiques tournent plus vite qu'on croit.

vendredi, juillet 15, 2011

L'Euro, comment s'en débarrasser ? (JJ Rosa)

Je suis d'accord avec JJ Rosa sur son analyse de la montée vers l'Euro.

Les raisons que ses partisans ont martelées n'en sont pas les raisons véritables. En effet, les coûts de change au sein de la future zone Euro étaient négligeables par rapport aux autres coûts de transaction. Les supprimer grâce à l'Euro n'avait donc pas grand intérêt.

En revanche, l'Euro permet la cartellisation des gros débiteurs de la zone Euro : États, banques, multinationales. Le fameux pacte de stabilité n'est pas autre chose qu'un cartel d'Etats émetteurs de dettes. Et comme dans tout cartel, chaque membre a intérêt à tricher, ce qu'a fait la Grèce. Cependant, la monnaie unique favorise la surveillance des membres du cartel (Etats, banques, multinationales) entre eux.

Les mammouths ont toujours une préférence pour le cartel et la rente. Il n'y a rien de moins libéral dans les faits qu'un grand patron.

De plus, les lobbies et les technocrates y trouvent leur compte : leur pouvoir est multiplié par le nombre de membres de la zone.

Autrement dit, ceux qui qualifient l'Euro de "néolibéral" se trompent d'analyse : l'Euro est patronal tendance CAC40.

Je suis encore d'accord avec JJ Rosa pour dire que les bienfaits de la sortie de l'Euro sont sciemment sous-évalués et les méfaits hystériquement sur-évalués par la classe jacassante. Il voit à la sortie de l'Euro une période de rattrapage digne des trente glorieuses.

Cependant, je diverge sur sa méthode de sortie de l'Euro : saisir l'occasion d'une dépréciaton de l'Euro. C'est en théorie économique excellent, mais c'est politiquement douteux. En effet, quand l'Euro est bas, la pression pour l'abandonner diminue, on peut temporiser et Dieu sait que les partisans de l'Euro sont passés maitres en procrastination.

La sortie de l'Euro se fera dans une certaine douleur (moins qu'on dit). C'est un drame supplémentaire en France que la sortie de l'euro soit défendue par Marine Le Pen, qui a des conceptions économiques suicidaires.

mardi, juillet 12, 2011

Naufrage de l'Euro : à quelque chose malheur est bon

Les salopards (à moins qu'ils ne soient des crétins) du genre de Jean-Marc Sylvestre qui nous rigolaient au nez il y a quelques années en disant qu'«un Etat ne fait pas faillite», qui nous disaient il y a quelques semaines encore que «l'éclatement de l'Euro est une hypothèse exagérée» sont réduits au silence par les derniers événements.

Ca nous fait des vacances.

dimanche, juillet 10, 2011

La fin de la Belgique, préfiguration de la fin de l'Euro

La Belgique se meurt.

Deux peuples ne partageant ni la langue, ni les valeurs, ni la politique, ni les racines, ni la religion, forcés de cohabiter par des technocrates, avec les uns qui vivent aux dépens des autres : Grecs et Allemands ? Non, Wallons et Flamands.

La Belgique existe depuis plus longtemps et que l'Euroland. Elle est pourtant engagée sur la voie de la disparition. Funeste présage pour l'Euroland.

Quelle leçon en tirer ? La force du fait accompli est très grande. Une réunion idiote et artificielle, basée sur des principes irréalistes, peut se faire en un instant, par un traité. Mais, la séparation, même quand elle est voulue par la majorité, est longue, douloureuse et très couteuse.

C'est d'autant plus long et douloureux qu'ils se trouvent toujours des imbéciles, des véreux et des prébendiers pour lutter contre l'inéluctable séparation et augmenter la durée et le coût de celle-ci. Pour la Belgique comme pour l'Euroland, ces néfastes vivent à Bruxelles.

La séparation ne peut se faire rapidement qu'à la faveur de bouleversements historiques, la chute du mur de Berlin pour la Tchécoslovaquie, par exemple.

L'Euro finira un jour, mais pas demain. Le processus sera très long et très douloureux. A moins qu'un miracle fasse disparaître en une nuit les technocrates européistes. Dans ce cas, la disparition de l'Euro sera très rapide et beaucoup moins douloureuse.

Le mécanisme à l'oeuvre derrière la séparation de la Belgique comme derrière la dissolution de l'Euroland est simple : le temps des empires est fini. En notre ère d'information généralisée et de transport bon marché, plus besoin d'être gros pour exister. La Suisse en donne la preuve tous les jours. Les Etats-Unis d'Europe sont une idée du XIXème siècle (d'ailleurs promue par des gens nés au XIXème siècle).

Vous me direz : et la Chine ? Et l'Inde ?

Hé bien quoi ? Croyez vous que ces pays immenses n'ont pas en eux des ferments de dissolution ? Attendez qu'ils soient prospères, que les écarts entre ethnies se soient accrus.

Puisque les forces centripètes s'affaiblissent, les forces centrifuges prennent le dessus : on préfère rester avec qui nous ressemble.

Remarquez bien que cela est une bonne chose. En effet, l'homogénéité ethnique est une nécessité démocratique : pour qu'il y ait une démocratie, il faut qu'il y ait un peuple qui sente tel. On ne fait pas un pas un peuple, et donc pas une démocratie, avec des «z'y va» qui «niquent la France».

Au fait, puisqu'on en parle : deux peuples ne partageant ni la langue, ni les valeurs, ni la politique, ni les racines, ni la religion, forcés de cohabiter par des technocrates, avec les uns qui vivent aux dépens des autres, ça ne vous rappelle rien ?

Quand vous aurez savouré la fin de l'Euro, quand vous aurez apprécié la séparation de la Belgique, vous adorerez la sécession des banlieues françaises (qui est déjà entamée).

samedi, juillet 09, 2011

Trichet prêche dans le désert ... ou perd les pédales ?

AFP du 9/07/2011 :

Le président de la Banque centrale européenne, Jean-Claude Trichet, a estimé que l'Union européenne avait fait preuve de "négligence coupable" en n'imposant pas le respect du Pacte de stabilité et de croissance et qu'il avait eu le sentiment de "prêcher dans le désert".

"On a pratiqué en matière de gouvernance économique une négligence coupable. Le Pacte de stabilité et de croissance, notamment en France, n'a jamais été considéré comme absolument indispensable", a-t-il affirmé vendredi au cours d'un débat organisé lors des Rencontres économiques d'Aix.

"Quand on a une monnaie unique et pas de budget fédéral, il faut avoir une surveillance très attentive des politiques budgétaires" et à cet égard, "j'ai eu le sentiment de prêcher dans le désert", a-t-il ajouté.


Je trouve ces déclarations intéressantes car elles prouvent que Trichet n'a rien compris ou que, s'il a compris, il n'ose pas l'avouer.

En effet, imposer la monnaie des Allemands aux Grecs et aux Français conduit nécessairement à des déficits budgétaires en Grèce et en France pour compenser le différentiel de compétitivité.

On pourrait aussi imaginer que la compétitivité des Grecs et des Français rattrape celle des Allemands, mais c'est une illusion : il s'agit toujours du vieux fantasme des européistes de transformer les Grecs en Allemands.

Bref, l'Euro implique nécessairement un creusement des déficits budgétaires des pays les moins compétitifs jusqu'à l'éclatement final, comme l'avait anticipé il y a quinze ans déjà Milton Friedman.

Autrement dit, en critiquant les déficits budgétaires, Trichet met le doigt sur le vice de construction de l'Euro. D'où ma question : est-ce qu'il n'a toujours pas compris ?

dimanche, juin 26, 2011

La solution française pour la Grèce

La solution française pour la Grèce consiste à ce que les politiciens français donnent aux politiciens grecs les sous des contribuables français en faisant bien attention de ne pas demander l'avis des légitimes propriétaires de cet argent. Bien sûr, comme c'est maquillé derrière une indécrottable complexité, ça va passer comme une lettre à la poste. Pourquoi se gêner ?

C'est super hyoer génial ! Encore, encore ! Bis ! Bis !

mercredi, juin 22, 2011

L'Euro sauvé par la Chine ? (Ce n'est pas une contrepèterie)

Certains me tiennent le raisonnement suivant : les Chinois n'ont pas intérêt à ce que les pays européens, gros clients, fassent banqueroute. Ils vont donc acheter la dette des Etats européens.

Cela ne me paraît pas idiot mais appelle quelques remarques :

> il me semble que c'est déjà le processus en cours depuis quelques années et que nous en atteignons le bout.

> à mesure que la consommation intérieure chinoise prend le relais de la consommation européenne, cette manoeuvre perd de son intérêt pour les Chinois.

> les Chinois demandent des contreparties dont je ne suis pas sûr qu'elles sont politiquement acceptables pour les européens.

> certes, les Chinois acceptent des risques de pertes sur la dette américaine et sur la dette européenne pour accroitre leur pouvoir politique, c'est la technique du noeud coulant. Mais ils ne peuvent à eux seuls financer ces deux zones économiques.

> Enfin, l'aide chinoise éventuelle ne règle pas le problème majeur du différentiel de compétitivité entre membres de la zone Euro.

Sans nier que cette analyse explique la possible prolongation du foutoir sur les dettes européennes, je pense qu'elle éclaire plus le passé que l'avenir : la complaisance chinoise explique pourquoi la crise de dettes a été si longue à se déclencher, pas comment elle va se résoudre. Il est illusoire de croire que l'épargne mondiale va continuer à s'investir dans les pays occidentaux juste par pure bonté, pour empêcher notre niveau de vie de nantis de baisser. Chine ou pas Chine, on n'a jamais vu une dette monter jusqu'au ciel, tout a une fin.

Bref, je reste convaincu qu'un ou plusieurs Etats européens vont faire défaut (d'une certaine manière, la Grèce fait déjà défaut, puisque ses dettes sont payées par d'autres) et que l'Euro se réduira jusqu'à n'être plus que la monnaie d'une nouvelle ligue hanséatique. Et cela ne sera pas la fin du monde.

Je pense que les banquiers qui disent à leurs clients que l'Euro n'est pas agonisant sont de mauvais banquiers ou des banquiers menteurs (ou les deux à la fois : les performances des banquiers auxquels j'ai eu à faire ne m'incitent pas à une grande estime pour la profession).

Il me semble que, pour être banquier, il faut le même genre de qualités que pour être politicien, ce qui, sous ma plume, est tout sauf un compliment. D'ailleurs, les gens qui ne savent rien faire, comme Daniel Bouton ou Jean-Marie Messier, finissent banquiers. Ils semblent meilleurs en lobbying auprès des Etats pour se faire sauver avec l'argent du contribuable que dans leur métier de base de banquiers, puisque, en cas de banqueroutes de plusieurs Etats européens, hypothèse tout à fait prévisible, pour ne pas dire prévue (par Milton Friedman il y a dix ans, par exemple), les grosses banques seraient en faillite.

Le droit de faillite est l'essence du capitalisme : c'est parce que l'échec n'est pas un saut dans l'inconnu mais une situation régie par le droit qu'il est possible de prendre des risques. Autrement dit, je préfère une mise en faillite de la BNP ou de la Société Générale, et les quelques mois (et non les quelques années, comme prétendent les banksters pour nous bourrer le mou et nous forcer à les sauver de leurs mauvaises décisions) de chaos qui s'en suivraient à la prolongation, aux frais du contribuable, envers et contre tout, de banques mal gérées. En effet, ces quelques mois de chaos seraient payés par un assainissement de la situation financière pour un demi-siècle.



Ce billet est dédié à Florence L.