mercredi, mai 25, 2011

The problem of democracy (A. de Benoist)

Cela fait un peu mal de trouver seulement en anglais le livre d'un francophone.

Je résume.

La similitude entre démocratie grecque et démocratie moderne est seulement dans le nom. En effet, la citoyenneté était conditionnée par l'appartenance au demos, c'est-à-dire, au vu de la difficulté de devenir athénien (par exemple), par l'ethnie. La démocratie était directe et s'adressait à un peuple homogène. Seuls certains cantons suisses ont reproduit cette forme de démocratie.

Au contraire, la démocratie moderne est indirecte et s'adresse à des individus atomisés sous la coupe de l'Etat. Une collection d'individus ne fait pas un peuple. Les gens, ce n'est pas le peuple.

La démocratie moderne est en opposition avec le peuple, elle le dissout en intérêts divergents entre citoyens réduits à des porteurs de droits.

Or, le peuple n'est pas une notion creuse (voir l'exemple athénien), il y a des circonstances où l'ensemble des individus forme un tout qui dépasse la superposition des individus : une histoire collective, une culture collective, qui rejaillissent sur les individus en une appartenance.

Cette appartenance à une collectivité permet dans une certaine mesure de sacrifier les intérêts particuliers. Ce qu'on perd comme individu, on le gagne comme patriote. Mais si on ne se sent plus appartenir, le sacrifice des intérêts particuliers ne reçoit plus aucune compensation et l'on sombre dans l'égoïsme forcené.

La loi de la majorité (1) n 'est qu'un moyen imparfait de s'approcher de la volonté générale, il ne faut pas l'idolâtrer, elle n'est pas le coeur de la démocratie. Plus la population est hétérogène, plus les modes de vie, les intérêts et les opinions divergent, plus l'idéal démocratique s'éloigne.

A. de Benoist conclut que le mélange des ethnies interdit de fait une authentique démocratie à l'ancienne : la population est trop hétérogène pour que le fond commun nécessaire au bon fonctionnement de la démocratie existe (2).

C'est bien ce qu'on retrouve aujourd'hui en France. Sous une apparence démocratique, nous vivons en réalité dans une oligarchie, une caste bien-pensante imposant, par le monopole et par la répétition, son discours.

On ne peut à la fois être immigrationniste et démocrate. C'est pourquoi notre gauche actuelle se réclame des très fumeuses «valeurs républicaines», et non des valeurs démocratiques : elle a, de fait, choisi l'immigration contre la démocratie. Fidèle à sa tradition historique héritée du marxisme-léninisme (l'avant-garde du Parti éclairant le peuple abruti), notre gauche a pour idéal une aristocratie hypocrite (3) guidant un peuple de métèques (au sens grec).

(1) : fausse majorité, d'ailleurs. Rappelons qu'un président de la république française est élu par 10 % environ des Français en âge de voter.

(2) : les USA furent une démocratie en réduisant l'hétérogénéité (massacre des Indiens, esclavage des noirs). La question se pose de son statut actuel.

(3) : mais, quelquefois, la vérité fait surface, comme dans les ahurissantes déclarations défendant l'apparatchik Strauss-Kahn mis en cause par une «soubrette».

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