Affichage des articles dont le libellé est Le Pen. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Le Pen. Afficher tous les articles

vendredi, novembre 16, 2018

Les gilets jaunes et les foies jaunes

Une jacquerie qui ne débouche pas sur une révolution n'a aucun intérêt. Elle renforce même le pouvoir en place.

Zemmour, Naulleau et leur orchestre laissent entendre exactement la même chose.

Edouard Husson, dans un article d'Atlantico,  met le doigt là où ça fait mal (1) : pas un de nos politiciens, pas un, pas même Marine Le Pen, n'a les couilles de se mettre réellement à dos l'establishment pour prendre une vraie défense des Français d'en bas.

Comprenez bien : faire le Trump, cela a des conséquences funestes très concrètes. Ca n'a rien d'aisé. Chaque passage dans les médias est une guerre, on n'est plus invité dans les diners en ville, on se fait plus insulter que féliciter par les puissants, on est persécuté par les contrôles fiscaux, on perd l'espoir d'enrichissantes sinécures et de lucratives conférences, les ors des palais nationaux s'éloignent ... C'est la mort sociale.

C'est pourquoi aucune organisation, aucun parti, ne prendra la fronde des gilets jaunes en charge pour la transformer en révolution.

Les manifestations des gilets jaunes n'ont donc presque aucun intérêt (j'explique ce « presque » en fin de billet) puisqu'elles n'auront pas de traduction politique. Si les gilets jaunes étaient sérieux, ils ne manifesteraient pas comme des cons aux ronds-points, ils auraient voté Le Pen en 2002 et en 2017. Non pas parce que les Le Pen sont la solution mais parce qu'ils sont la seule chance de rupture offerte à nos suffrages.

Quand on vote depuis trente ans pour les candidats du Système (ou qu'on les laisse passer par abstention), il ne faut pas se plaindre ensuite que le Système perdure.

Cette révolte des gilets jaunes permet aussi de mesurer la décadence de la France. Quand on compare la désormais fameuse Jacline et Pierre Poujade, il n'y a pas photo. Poujade avait un discours plus construit et s'exprimait mieux.

Alors, pourquoi « presque » sans intérêt ?

Parce que ce gouvernement manque tant de jugement qu'il en devient vulnérable. Face à un gouvernement pas constitué exclusivement de crétins cupides et narcissiques, ces manifestations des gilets jaunes n'auraient aucune chance. Mais, justement, ce gouvernement est constitué exclusivement de crétins cupides et narcissiques. Alors, une grosse bourde bien conséquente est toujours possible.

Bref, à mes yeux, ces manifestations pourraient être l'occasion pour le gouvernement de manifester (!) une fois de trop sa nullité.

Une petite utilité annexe : pour les derniers qui se faisaient des illusions, c'est un révélateur. Ils savent maintenant que les syndicats font partie de la France d'en haut.

Enfin, un satisfecit (si je ne m'envoie pas des roses, qui le fera ?). Cela fait des mois que je répète que la contestation surprendra, sera originale, car le pouvoir a verrouillé les formes de contestation institutionnalisées (pauvre Wauquiez, pauvres syndicats).


Même analyse de François Bousquet :

Les gilets jaunes, nouveaux «ploucs émissaires» ?

**********************
Toutes ces protestations (et les protestations antifiscales furent de très loin les plus nombreuses) - des Jacques, Croquants et autres Nu-pieds jusqu'aux boutiquiers poujadistes - raconte la même histoire depuis le MoyenÂge tardif où elles commencèrent, avec la naissance de l'État : celle d'un échec programmé, tant il est dans la nature de ces soulèvements d'être des phénomènes irruptifs, spontanés et passagers. Au nom de quoi la révolte des gilets jaunes échapperait-elle à cette fatalité de l'échec ? Tout l'appelle, au grand regret des populistes, jusqu'à la composition socioprofessionnelle du mouvement (interclassiste), mêlant artisans, ouvriers, intérimaires, auto-entrepreneurs, chauffeurs routiers, ce qui n'est pas sans évoquer les « fureurs paysannes », lesquelles réunissaient « les trois ordres du royaume reportés à l'échelle du clocher », comme l'a dit un historien.

On a fait grand cas de la politisation du mouvement, à tout le moins de sa récupération partisane ou syndicale, mais la vérité, c'est que la révolte des gilets jaunes, pareille en cela à la plupart des révoltes (ce en quoi elles constituent l'exact antonyme des révolutions), est plus impolitique encore qu'elle n'est faiblement politisée. Or, c'est de politique qu'a besoin la France périphérique pour la tirer de son marasme économique et identitaire. L'homme ou la femme politique qui sera capable de tenir ce langage sera assurément susceptible d'en recueillir les suffrages. Les gilets jaunes auront alors vengé les ploucs émissaires.
**********************















**********************
(1) : « Ce qui surprend le plus nos commentateurs, c’est l’efficacité de Trump. Comme ils ont pris pour argent comptant la propagande électorale démocrate, ils ne comprennent pas comment quelqu’un dont on leur dit qu’il est en fait stupide, incapable de se concentrer, instable etc…. arrive à faire tout ce qu’il a annoncé.

De ce point de vue, les Russes ou les Chinois sont beaucoup plus réalistes. Ils ne sous-estiment pas Trump. Ils le prennent au sérieux. J’ai été frappé, lors d’un récent voyage en Chine, d’entendre beaucoup d’interlocuteurs se demander à haute voix comment ils allaient limiter les dégâts que leur inflige la politique de Trump. La question n’était pas de savoir si Trump était simplet ni même s’il avait raison ou tort – au royaume des idées politiques - mais quel allait être l’effet sur la croissance chinoise d’une modification des traités commerciaux.

Nous sommes étonnés parce qu’en France nous n’avons pas connu de président efficace en économie depuis Georges Pompidou. Dans un entretien récent au journal Le Point, Nicolas Sarkozy évoque avec une certaine envie les régimes autoritaires qui auraient la durée et l’efficacité pour eux ; et dans le même entretien, il a tendance à minimiser les succès de Trump, qui se contenterait d’aller « de deal en deal » avec une certaine efficacité.

Mais le nœud du problème est bien là : accepter de regarder Trump avec recul et équanimité, cela revient à accepter que nos gouvernements démocratiques pourraient être efficaces. Nous devrions nous réjouir des leçons venues des Etats-Unis : sauf que cela voudrait dire, pour nos politiques, se couper, comme Trump l’a fait, d’une partie de l’establishment, pour quelques années de navigation solitaire. Nos dirigeants n’y sont pas prêts. »
**********************

mardi, mai 31, 2016

L'impasse Front National

Marine Le Pen : un jour sans fin

Je fais exactement la même analyse et le même pronostic que Guillaume Perrault.

C'est pourquoi je suis persuadé que l'UMPSFN existe. J'appelle ainsi la situation bloquée qui fait que le FN est la meilleure garantie que l'UMPS continuera à régner, quelle que soit son impopularité.

Marine Le Pen a une grande gueule, mais à part ça ? Et Florian Philippot, tout énarque qu'il est, a plus d'ambition que d'intelligence.

Robert Ménard et Marion Maréchal me semblent bien plus futés.

jeudi, mars 17, 2016

Polygamie et mariage gay : Marine Le Pen désavoue sa nièce

Polygamie et mariage gay : Marine Le Pen désavoue sa nièce

Chez les Le Pen, l'intelligence a sauté une génération. On peut dire bien des choses de Jean-Marie Le Pen et de Marion Maréchal, mais pas qu'ils sont bêtes. On peut dire bien des choses de Marine Le Pen, mais pas qu'elle est intelligente.


dimanche, août 09, 2015

Je suis d'accord avec Jean-Marie Le Pen

Les obsessions de Jean-Marie Le Pen m'agacent mais ses analyses sont parfois justes , comme celles-ci :

************
[Jean-Marie Le Pen] qualifie de «leurre» la politique de «dédiabolisation» du FN conduite par sa fille, qu'il juge sous influence du vice-président du parti, Florian Philippot, «son mauvais génie». Cette ligne politique, estime-t-il, favorise la tentative de reconquête du pouvoir de Nicolas Sarkozy, qui a notamment lancé dans une interview à Valeurs Actuelles un appel aux électeurs du FN pour qu'ils se détournent de ce parti. «L'évolution nouvelle de la ligne du FN dégage (...) un espace à la droite dure et cela favorise en effet Sarkozy, analyse-t-il. Il entre dans la brèche. On connaît ses qualités de manoeuvrier».
************

Mais, de toute façon le FN n'a que de mauvaises options devant lui :

  • soit il reste fidèle à lui-même et peut espérer prendre le pouvoir à la suite d'une très hypothétique explosion.
  • soit il se «dédiabolise» et il renforce le système qu'il était censé combattre.
En tout cas, Marine Le Pen est une conne : aucune finesse, aucun talent manoeuvrier.

jeudi, janvier 08, 2015

Charlie : Jean-Marie Le Pen a du bon sens

Jean-Marie Le Pen: L'union nationale inclut-elle le Front national ?

Je trouve souvent que Jean-Marie Le Pen cède trop à son goût de la provocation, mais là, c'est impeccable.

mercredi, janvier 15, 2014

Marine Le Pen baisse dans les sondages : elle l'a bien cherché

Marine Le Pen a un argument électoral imparable : elle n'a jamais exercé le pouvoir. L'UMPS est directement comptable des désastres des trente dernières années. Au stade où nous en sommes, nous ne risquons pas grand'chose à essayer un nouveau cheval.

Cet argument est très difficile à contrer. De quelle réussite, même en demi-teinte, peut se prévaloir l'UMPS qui lui permettrait d'affirmer que cela sera pire avec Mme Le Pen ?

Encore faut-il que la nouveauté en soit vraiment une. Que l'alternative propose réellement une nouvelle politique et qu'elle soit crédible.

Or, la stratégie de la «dédiabolisation» porte en elle le risque de la banalisation.

Au début, c'est rigolo, l'attrait de la nouveauté de la respectabilité médiatique provoque une poussée de fièvre dans les sondages mais après ? Une fois l'attrait de la nouveauté épuisé, on rejoint les autres guignols dans le discrédit, puisqu'ona le même comportement qu'eux (voir tout récemment encore l'argument spécieux de la vie privée dans l'affaire des galipettes de Julie et François).

Et les idées, peuvent-elles faire la différence ? Donnent-elles consistance à l'argument que Marine Le Pen serait un vrai changement ?

Sur l'Europe, sur la sortie de l'Euro et sur l'immigration, incontestablement.

Mais sur la politique économique ? Marine Le Pen nous promet un Etat plus protecteur. N'est-ce pas exactement ce que l'UMPS nous promet depuis trente ans ? En économie, Marine Le Pen nous propose donc encore un peu plus de ce qui ne cesse d'échouer.

Or ce point enlève toute perspective positive à sa politique économique : sortie de l'Euro plus protectionnisme, c'est l'autarcie. Si l'Albanie ou la Corée du Nord font rêver des Français, je ne crois pas qu'ils soient en majorité.

La bonne politique économique qui lui aurait à la fois permis de garder sa cohérence et son originalité, c'est le libéralisme tendance poujadiste de son père (auquel elle pouvait ajouter certains penchants régionalistes). Sortie de l'Euro plus réduction de l'Etat plus grand saut dans le combat de la mondialisation, là des perspectives positives s'ouvraient. Car je ne crois pas le Français plus con que le Coréen (du sud), l'Anglais ou le Suédois.

Evidemment, une telle proposition aurait choqué certains électorats qu'elle cherche à conquérir, fonctionnaires, ouvriers, mais elle avait cinq ans pour en faire la pédagogie.

Cela lui aurait permis de briser à terme le plafond de 20 % qu'elle peine à dépasser dans les élections qui comptent (pas les européennes).

Aujourd'hui, Marine Le Pen, avec sa banalisation, court le risque d'être mise dans le même sac que les autres, comme vendeuse de soupe. Or, un positionnement vraiment à contre-courant (ses positions sur l'immigration sont à contre-courant de la nomenklatura, pas des Français) lui aurait donné une autre étoffe.

Je sais que certains commentateurs vont me sauter sur le poil sur le thème «Tu prends tes désirs pour des réalités : Marine Le Pen ne baisse pas dans les sondages par manque de libéralisme».

Et pourtant, si. Je le crois.

Je crois qu'elle pourra faire de gros scores parce qu'elle n'a pas été usée par le pouvoir mais que, sur la durée, son manque de cohérence et de vision l'empêchera de dépasser un plafond de 20-25 %. C'est assez pour perturber le jeu politique. Pas assez pour prendre le pouvoir. Il lui manquera la stature que lui aurait donné un programme cohérent avec une vision qui tient la route.

Et puis, on peut douter de quelqu'un qui s'entoure de chevènementistes, c'est-à-dire de champions toutes catégories du plantage électoral.

Jean-Marie Le Pen était politiquement suicidaire : à chaque fois qu'il a eu une chance de gagner la respectabilité, il a sorti une grosse connerie qui l'a fait reculer de quelques années. Mais je pense qu'il était un analyste politique plus fin que sa fille.

dimanche, novembre 17, 2013

Economie : la démagogie gauchiste du FN

Economie : la démagogie gauchiste du FN

Je suis en entièrement d'accord avec cet article, sauf sur la sortie de l'Euro.

L'Euro est une aberration économique et une saloperie politique. Sortir de l'Euro, c'est un premier pas pour arrêter de fuir nos responsabilités.

En revanche, une foois sortis de l'Euro, nous devrons tout faire pour retrouve une monnaie et une économie fortes, c'est-à-dire que nous devrons cesser de plébisciter le socialisme, ce chemin infaillible vers la pauvreté.

Addendum :

Je pense que le tournant étatiste de Marine Le Pen est au FN ce que Pearl Harbour fut au Japon : une belle victoire tactique et une grande défaite stratégique.

En effet, à court terme, c'est une incontestable réussite, elle ramasse les voix de tous les oubliés auxquels l'Etat ne pense jamais.

Mais, à long terme, si elle propose quasiment la même chose que ce que les autres font depuis trente ans, elle finira aussi discréditée qu'eux.

On me dira : et la fin de l'immigration ? Et la sortie de l'Euro ? Et le protectionnisme ?

La fin de l'immigration est primordiale, fondamentale, c'est la priorité noumbère ouane,  pour des raisons sociales et politiques. C'est tout simplement la survie de la France qui est en jeu.

Cependant, économiquement, c'est 30 milliards par an d'économies. Ce n'est pas une paille, certes. Mais ce n'est pas non plus la fin de nos problèmes.

Quant à la sortie de l'Euro, c'est un moyen de retrouver notre souveraineté et des marges de manoeuvre, mais cela ne résout nos problèmes de compétitivité qu'à court terme, le temps que les changes s'ajustent.

Enfin, le protectionnisme. Où cela a-t-il jamais fonctionné ? Au Venezuela ? En Argentine ? On me dira : «Et la Corée du Sud ?». Le protectionnisme y a été partiel et destiné à se préparer au combat de la mondialisation pour des gens qui travaillaient 60 heures par semaine. Dans cette situation transitoire, cela a marché. Mais le protectionnisme pour que les fonctionnaires territoriaux puissent continuer à se la couler douce pour l'éternité, c'est condamné à l'échec.

En réalité, notre économie meurt de ce que nous n'affrontons pas ses problèmes en face et que nous ne les traitons pas au fond. Depuis trente ans, nous choisissons la facilité court-termiste «Encore un instant, M. le bourreau».

Avec son programme étatiste jusqu'au grotesque, c'est la suite logique que nous propose Marine le Pen. Proposant la suite de ce qui ne cesse d'échouer, elle se condamne à éclater un jour comme une baudruche recevant un coup d'épingle.

Le drame de la France serait qu'elle éclate après avoir été élue.

samedi, mai 25, 2013

Une Le Pen ? Pas celle qu'on croit

Marion Maréchal-Le Pen est un peu jeune, mais je la trouve d'un autre calibre que sa tante, qui reste, quand tout est dit, très enfant de 68.

J'ai souvent écrit que je comptais beaucoup sur les vertus des changement de générations. C'est valable aussi pour le Front National.

Bien sûr, Mlle Maréchal  est très loin de la maturité politique.

Nous verrons bien.

dimanche, septembre 23, 2012

Les errements de Marine Le Pen

Marine Le Pen a provoqué une émotion médiatique par une déclaration sans queue ni tête sur l'interdiction de la kippa et du voile dans l'espace public. Concevoir la laïcité comme l'exclusion de la religion de l'espace public est absurde.

Ce que recherchait Mme Le Pen est évidemment le bruit médiatique pour lui-même, le bruit pour le bruit.

En cela, elle égale dans la bassesse les grands partis qu'elle critique. C'est, à mon avis, une grave erreur.


mercredi, avril 25, 2012

L'erreur de calcul de Marine Le Pen

La stratégie de Marine Le Pen est limpide.

Elle favorise François Hollande en poussant au vote blanc des lepénistes. Par ce biais, elle espère provoquer un éclatement de l'UMP et devenir, pour 2017, le nouveau pôle ou, du moins, un des deux pôles, de la droite française.

C'est en quelque sorte la stratégie Carter.

Ce calcul me semble complètement erroné.

Marine Le Pen se trompe sur son propre électorat : la frayeur d'avoir provoqué l'élection de François Hollande poussera bon nombre d'électeurs du FN à «voter utile» aux législatives, c'est-à-dire UMP.

Le FN a un ancrage local très restreint. Les législatives ne sont donc pas une élection pour lui, le passé le prouve. Ce que Marine Le Pen aura gagné comme influence aux présidentielles, elle le perdra aux législatives. Mettre un socialiste pour cinq ans à la présidence pour une satisfaction d'un mois, c'est cher payé les petits plaisirs de Mme Le Pen.

Elle se trompe sur l'UMP : elle emploie jusqu'à plus soif l'expression UMPS mais n'en tire pas toutes les conséquences. Si elle croit qu'une défaite suffira à sortir l'UMP de l'orbite socialiste, elle se fourvoie ; les défaites face à François Mitterrand sont là pour le montrer. La défaite n'est pas un argument assez fort pour rapprocher du FN la droite soumise à la gauche.

Au mieux, elle obtiendra quelques ralliements individuels vite oubliés.

Et enfin, il y a l'intérêt de la France : installer pour cinq ans une hégémonie socialiste dans la perspective fumeuse de droitiser la politique me paraît totalement con. Mais l'intérêt de la France, qui s'en soucie ?

Elle prend le risque de se bayrouiser : en faisant passer d'abord ses rancoeurs, ses aigreurs et ses manoeuvres politicardes, elle perdra sa crédibilité.

Il arrive aux électeurs d'avoir la mémoire longue : elle pourrait bien payer en 2017 d'avoir fait élire Hollande. Quand on proclame si fort son attachement à la France et que, dans l'action, on se consacre exclusivement les petits calculs crapuleux de son parti, on prend le risque d'un retour de bâton.

Que devrait faire Marine Le Pen ?

Simplissime : favoriser l'élection de Nicolas Sarkozy en ne laissant aucun doute sur son rôle de faiseuse de roi et en profiter pour négocier cette implantation locale qui manque tant au FN.

Il ne reste plus qu'à espérer que les électeurs du FN seront plus intelligents que leur présidente.

Un dernier mot : Jacques Chirac est le politicien le plus calamiteux de la Vème République, même devant François Mitterrand. Avec son funeste quinquennat, il aura réussi à rétablir le règne des partis que la constitution faisait tout pour éviter.

Addendum du 26/04 : preuve que je ne suis pas encore mûr pour faire de la politique, j'ai oublié un point élémentaire. Le financement. Quitter l'UMP pour le FN, c'est quitter un  parti riche pour un parti pauvre. Encore un argument contre la stratégie Marine.

Comme les 500 signatures, les lois sur le financement des partis sont un instrument qui fige le paysage politique.




jeudi, mars 01, 2012

Marine naufragée du radeau de la Méluche ?

Je n'ai pas la télé, mais j'ai ouï que Marine Le Pen avait été tabassée par Jean-Luc Mélenchon.

Et il n'est pas indifférent qu'elle ait été déstabilisée sur son programme économique.

En effet, je suis persuadé que les idées comptent lors d'une campagne présidentielle et que celles de Marine Le Pen sont gravement incohérentes.

Sortir de l'Euro ? Très bien, je suis pour. Mais il faut assumer que cela provoque de l'inflation.

Et, surtout, surtout, la sortie de l'Euro n'est pas cohérente avec le protectionnisme. En effet, si l'on sort de l'Euro, c'est pour récupérer l'arme monétaire dans la compétition mondiale, c'est pour mieux se battre dans cette compétition, ce n'est pas pour sortir de cette guerre économique.

Il me semble que les programmes des autres candidats sont très irréalistes mais pas aussi incohérents : quand François la gélatine veut plus de profs et plus d'impots, il est complètement irréaliste, mais pas incohérent.

Je ne saurais jamais ce qu'aurait donné une campagne de Marine Le Pen avec un programme économique poujadiste (anti-impots, pro-commerçants et entrepreneurs). C'est dommage. Je pense qu'à condition de partir tôt pour faire la pédagogie, elle avait une chance.

dimanche, novembre 13, 2011

Pour en finir avec la polémique sur la loi Pompidou-Giscard de 1973 (2)

Pour en finir avec la polémique sur la loi Pompidou-Giscard de 1973 (2)

Voilà qui règle définitivement la question à mes yeux : la loi de 1973 abolie + la finance de 2011 = tout pouvoir à l'Etat. J'ai apprécié la petite pique «Imaginez qu'un gouvernement de gauche, délivré de la la loi 1973, utilise la planche à billets (donc l'inflation, donc la spoliation des Français qui travaillent et qui épargnent) pour financer le logement gratuit de tous les immigrés, y compris les clandestins».

samedi, novembre 05, 2011

Pour en finir avec la polémique sur la loi Pompidou-Giscard de 1973

Le mythe lepéniste autour de la loi de 1973 est le suivant.

Au milieu de la cour de la Banque de France, pousse un arbre magique dont les fruits toujours renouvelés sont des liasses de billets neufs. Avant cette funeste année 1973, l'Etat français pouvait librement cueillir ces fruits et tout allait pour le mieux dans le meilleur des modes : la France ne connaissait ni banqueroute, ni hyper-inflation, ni impôts confiscatoires, ni crise économique et tout le monde avait trois orgasmes (minimum) par jour.

Malheureusement, à l'aide de cette loi de 1973, de vilains banquiers (il y a toujours quelque part des vilains banquiers pour expliquer les malheurs du monde - laissez entendre par des airs de conspirateur qu'ils sont juifs) ont privé l'Etat français, par pur sadisme, de l'accès à l'arbre magique et, depuis, tout va de mal en pis.

Bien entendu, nous sommes dans la pensée magique (les Etats les plus prospères font bien attention à ne pas monétiser leur dette), c'est pourquoi il est assez difficile d'argumenter.

Je pense que la grande faiblesse du programme économique de Marine Le Pen, alors que l'incompétence de ses concurrents lui ouvrait un boulevard, lui coutera cher.

Je suis entièrement d'accord avec cet article à part la taxation de 100 % des plus-values immobilières corrigées de l'inflation :

Pour en finir avec la polémique sur la loi Pompidou-Giscard de 1973

mercredi, octobre 19, 2011

Pourquoi je ne crois pas à un score exceptionnel de Marine Le Pen aux présidentielles de 2012

Commençons par un préliminaire : à mes yeux, les sondages n'ont aucune espèce de pertinence. Donc ce n'est pas la peine de me bassiner avec tel ou tel sondage.

Voici comment, à six mois de l'élection (c'est-àdire dans le flou), je vois le vote Le Pen :

> les raisons traditionnelles du vote Le Pen sont plus fortes que jamais. Elle fera donc un gros score.

> cependant, pour chasser au-delà de ses terres traditionnelles, Marine Le Pen doit prouver sa crédibilité. Or, elle se positionne sur le créneau surpeuplé de l'Etat-nounou, elle fait dans la surenchère protectionniste. Comme c'est la crèmerie de l'UMPS depuis trente ans, ils y seront toujours meilleurs qu'elle. De plus, les Français sentent obscurément, même si ils n'osent se l'avouer, que c'est la salade qu'on leur vend depuis trente ans et qui échoue tant et plus.

Marine Le Pen avait une idée audacieuse, la sortie de l'Euro, elle aurait du pousser l'audace jusqu'à expliquer que le libéralisme économique est adapté à un pays maitre de sa monnaie (et elle aurait pu rassurer en insistant sur les fonctions régaliennes de l'Etat). Elle aurait eu un programme neuf, cohérent et audacieux.

Avec beaucoup de pédagogie et du temps, elle aurait pu faire passer ce programme. Ca tombait bien, elle a commencé sa campagne avant les autres.

Au lieu de quoi elle propose de faire la même chose que depuis trente ans avec en plus l'idée risquée de sortir de l'Euro. Elle s'arrête au milieu du gué. Elle est trop audacieuse pour ce que son programme a de convenu, elle est trop convenue pour ce que son programme a d'audacieux.

Bref, elle fera 18-19 %. Ca sera bien, mais insuffisant pour être au deuxième tour.

lundi, juillet 25, 2011

L'Etat dans l'ADN de la France ?

Marine Le Pen a déclaré, pour justifier son programme socialiste, que l'Etat est dans l'ADN de la France. Cette image suppose que l'étatisme était un ferment de la France dès les origines.

L'affirmation est spécieuse : il n'est guère possible de comparer l'Etat monarchique et l'Etat actuel.

Quoi de commun entre l'Etat de Louis XIV dont en pleine guerre les dépenses représentaient 15 % du PIB et l'Etat actuel qui, avec 57 % du PIB, n'arrive plus à maintenir une justice, une police et une armée dignes de ce nom ? Quoi de commun entre l'Etat de Colbert, qui comptait autant de fonctionnaires qu'une de nos régions de 2011, et l'Etat actuel qui emploie un quart de la population active ?

Et je suis remonté à Louis XIV pour être gentil, il passe pour le plus étatiste de nos rois. On peut venir plus près de nous : en 1872, les dépenses publiques représentaient 11 % du PIB.

De plus, on peut retourner l'image : avec le même ADN, on peut faire un beau corps bien développé ou une tumeur cancéreuse.

Et puisqu'on parle de l'histoire de France, on notera avec intérêt que les périodes les plus prospères ne furent pas nécessairement les plus interventionnistes, que l'on songe au début du 18ème siècle ou au Second Empire.

Que l'Etat ait été important dans le développement de la France ne signifie en rien que son expansion sans frein soit à coup sûr une bonne chose, que la situation actuelle soit incontestablement enviable.

Bref, Marine Le Pen a décidément presque tout faux en économie. Le seul point avec lequel je m'accorde, c'est la sortie de l'Euro.

...

vendredi, juin 24, 2011

Débat Fourest, Joffrin, Le Pen

Débat Le Pen

Ah si, les journalistes pouvaient être le dixième aussi pugnaces avec les membres de l'oligarchie qu'ils le sont avec Marine Le Pen ...

Ceci dit, je trouve que Marine Le Pen a été nulle : elle est prise dans ses contradictions. A force de vouloir donné des gages au progressisme, elle perd sa cohérence et ne peut plus se défendre. Par exemple, sur la question des maghrébins dans l'armée, elle aurait du assumer.

Elle a lâché la proie pour l'ombre : pour se débarrasser de l'image sulfureuse de son père, elle a mis le doigt dans l'engrenage des concessions aux valeurs gauchistes. Elle ne tiendra pas la distance.

Plus que jamais, je suis persuadé que le prochain président s'appellera Sarkozy.

vendredi, janvier 21, 2011

Le programme économique du FN est totalement con (copyright Bob M.)

Mon camarade Bob Marchenoir, que beaucoup d'entre vous connaissent, s'est déchainé sur Causeur, à propos du programme économique du FN. Il confirme un de ses slogans préférés : la France est tellement de gauche que même l'extrême-droite y est de gauche.


Robert Marchenoir dit :
21 janvier 2011 à 18:25

» Face à des partis de gouvernement qui proposent comme unique horizon la réduction des déficits, etc »

Elisabeth Lévy sera bien aimable de nous indiquer qu’est-ce que les »partis de gouvernement » proposent pour réduire la dette. Je parle de mesures sérieuses, capables de remplir leur objectif. Pas de formules magiques et incantatoires.

Quel est le « parti de gouvernement » qui propose de réduire massivement la dépense publique ? Ce qui est évidemment la seule façon de réduire les déficits ? Et qui ne peut passer que par une réduction massive du nombre des fonctionnaires ?

Il n’y a pas pénurie de « partis de gouvernement » qui annoncent des économies sur les trombones et les machines a café.

Il n’y a pas pénurie de « partis de gouvernement » qui annoncent des augmentations d’impôts pour « faire payer les riches » (Hollande) et « utiliser l’arme fiscale » (Marine le Pen).

Autant pisser dans un violon.

Robert Marchenoir dit :
21 janvier 2011 à 18:58

« Car elle [Marine Le Pen] compte revenir sur la loi de 1973 ce qui signifie emprunter directement à la banque de France et rembourser à la banque de France. » (Eclair)

Oui, oui. La vieile scie qui traîne sur la section « économie » (faut le dire vite) de F.Desouche. Et puis la Banque de France prêtera à taux zéro, selon les mêmes économistes national-socialistes.

En fait, l’argent, c’est un truc qui pousse sur un arbre dans la cour de la Banque de France. Et ce sont ces salopards d’ultra-libéraux antlanto-sionistes (sous l’impulsion de Pompidou et du Juif Rotschild) qui ont barricadé l’accès à l’arbre magique planté dans la cour de la Banque de France.

C’est pourquoi le peuple souffre.

En d’autres termes, il suffit d’imprimer des assignats, de la fausse monnaie : voilà ce que vous nous proposez. Je suppose que c’est cela, le virage « républicain » de Marine le Pen : le vol institutionnalisé au plus haut sommet de l’Etat. Remarquez, on y est déjà. Dans les principes, il n’y a pas de changement.

C’est un peu ce que font aussi les Etats-Unis en ce moment, où la Réserve fédérale rachète la dette de l’Etat. Une auto-pipe, en quelque sorte.

La vertu budgétaire ne peut en aucun cas consister à ne pas dépenser plus que ce que l’impôt rapporte ; ce serait trop simple ; ce serait de droite.

Robert Marchenoir dit :
21 janvier 2011 à 19:18

« Vous voyez marchenoir dans notre monde l’argent est virtuel. Plus vous etes proche de la source plus vous pouvez en avoir facilement. »

Oui, c’est ça. c’est bien ce que je disais. Mélange de mentalité de voleur et de pensée magique. Ravages du dérérébrage contemporain. L’argent, c’est rien. Il suffit de déincher où se trouve le robinet, de l’ouvrir en grand et de se mettre dessous.

La seule notion que l’argent pourrait avoir un lointain rapport avec le travail, et donc avec la production, n’effleure pas un instant notre ami Eclair.

Vous êtes fonctionnaire, je suppose ? Ecolier ? Allocataire social ? Ca m’étonnerait que vous ayiez jamais tenu un stand de frites, en tous cas. Vous auriez au moins quelques notions rudimentaires d’économie.

samedi, décembre 18, 2010

2012, Marine et moi

Voici un commentaire que j'ai posté sur Justice au singulier :

Je suis tenté de voter pour Marine Le Pen, par désespoir. Je n'ai bien entendu pas encore pris ma décision (2012, c'est loin).

Je reconnais qu'elle est volontiers caricaturale et que ses idées économiques, pour le peu qu'on en connaît, sont stupides.

Et pourtant ...

Dans les autres partis, personne ne parle de la France et des Français, pour la France et pour les Français.

C'est toujours l'Autre qu'il faut défendre, qui est une chance, et l'ouverture, et patati patata.... Et ceux qui, comme moi, considèrent qu'on doit d'abord défendre les siens, que les chances pour la France, ce sont les Français de France, qu'avant d'ouvrir, il faut protéger ? Qui parle pour eux ?

La démocratie française est malade de politiciens détachés et dénationalisés. Pour eux, se revendiquer français, c'est obligatoirement se montrer franchouillard.

Je me languis d'un parti de gouvernement véritablement conservateur comme il en existe dans d'autres démocraties, un parti de l'ordre qui pourrait se revendiquer du travail, de la famille et de la patrie, si cette devise n'avait pas servi à couvrir une trahison.

C'est dans ce désarroi de ne trouver aucun parti de gouvernement qui corresponde, même de loin, à mes convictions que je suis tenté de voter pour Marine Le Pen.

Je ne crois pas être le seul Français à souffrir de ce qui est ressenti comme une folle inversion des valeurs : des Français qui ne sont plus chez eux, une justice qui protège les voleurs, les assassins et les récidivistes, des politiciens qui se préoccupent plus d'Europe que de France, les mauvais élèves qui dictent leur loi à l'école, les individus aux mœurs déréglées cités en exemple, l'économie dirigée par la collusion des banquiers et des hauts fonctionnaires, la technologie vendue à nos concurrents...

On n'en finirait pas de citer les raisons qui, avec plus ou moins de justesse, alimentent le trouble des Français.

Mais tant va la cruche à l'eau qu'à la fin elle se casse : à force d'expliquer aux Français que leurs craintes sont illégitimes, qu'ils doivent se taire et ne pas poser certaines questions, qu'ils sont cons comme des bûches et quasiment fascistes, le microcosme politico-médiatique se prépare des lendemains qui déchantent. S'il y a une justice, on ne méprise pas un vieux peuple sans devoir un jour s'en repentir.


Bien sûr, le Front National n'est pas un parti de gouvernement : beaucoup de ses critiques sont justes, mais la plupart de ses propositions manquent de profondeur.

De plus, il présente le défaut majeur de ne pas avoir compris l'articulation entre l'Etat providence, l'invasion migratoire et l'européisme. Il croit qu'on peut sauver l'Etat providence en expulsant les immigrés et en sortant de l'Europe bruxelloise, mais c'est le contraire : le bruxellisme et l'invasion migratoire légitiment l'Etat providence. Pour arrêter l'invasion migratoire et sortir de l'UE, il faut retrouver un Etat efficace et droit.

lundi, novembre 01, 2010

JM Le Pen au CFJ

JM Le Pen au CFJ

On notera ce compte-rendu particulièrement intelligent et objectif de l'Huma (les commentaires en sont fermés, bien entendu) :

Le Pen vante le nazisme devant de futurs journalistes

> j'ai écouté tout l'entretien (par moment barbant). Je n'ai à aucun moment entendu vanter le nazisme. Il est vrai que l'Huma a toujours eu des difficultés auditives : on disait «goulag», elle entendait «lendemains qui chantent». Le Sonotone ne passera pas par l'Huma.

> censurer des commentaires. On est dans la droite ligne du Parti : vous avez le droit de tout dire à condition que ça soit la même chose que nous.

Et il y en a peut-être qui se demandent encore pourquoi l'Huma ne survit que grâce à des perfusions d'argent public ...

Sinon, dans cet entretien, il n'y a pas de nouveautés :

> Jean-Marie Le Pen parle toujours un excellent français (comme François Bayrou). Ca change de l'écorcheur hongrois (il écorche le français, bien entendu).

> certains petits cons d'apprentis journalistes sont des Edwy Plenel ou des Laurent Mauduit en herbe, toujours prêts à tordre les propos de Le Pen dans le sens polémique qui les arrange.

> Jean-Marie Le Pen présente toujours beaucoup d'incohérences que des questions ont tenté de mettre en lumière.

> le niveau global des questions ne m'a pas paru fantastique. Peut-être est-ce à mettre sur le compte de la jeunesse.